Etudes lacaniennes

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Psychanalyse et ...

 

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Conversion - Ethique - Folie - Inquiétante étrangeté - Jouissance - Objet - Opéra - Psychopathologie - Sublimation - Symptôme - Vérité

 

 

 
 

Conversion

Titre : La conversion esthétique
Auteur : Gérard Haddad
Source : http://www.med.univ-angers.fr/services/AARP
 
On a tout dit et tout écrit sur les années 1890-1900, pendant lesquelles Freud inventait la psychanalyse : ses rencontres, ses références, ses amitiés, l’hypnose et l’hystérie.
Un détail semble avoir échappé aux recherches freudologiques, mais qui n’a pas échappé à mon épouse : les nombreux voyages, une dizaine pendant ces années là, que Freud, qui pourtant détestait le train, fit en Italie. Freud visita longuement l’Italie plus de vingt fois dans son existence. Ils paraissent en effet marginaux, ces voyages, appartenant à la sphère des loisirs de Freud.
En vérité, ses véritables loisirs, ses moments de repos, Freud les passait plutôt dans les montagnes autrichiennes, dans la cueillette des champignons. Les voyages en Italie, souvent épuisants, relèvent d’une expérience très particulière qui appartient de plein droit au processus de création qui aboutira à la découverte de la psychanalyse. Il s’agit de préciser la nature de cette expérience et de ce qu’elle a produit en Freud. Elle fut de l’ordre d’une mutation subjective que nous appellerons conversion esthétique par analogie avec la conversion hystérique, les deux phénomènes ayant une grande affinité et un même ressort.
La réflexion sur l’esthétique n’a pas toujours eu bonne presse en psychanalyse.
Ainsi Freud parlant un jour d’un patient aux goûts raffinés aura cette remarque peu obligeante ­– et certainement juste – que l’esthétisme de ce patient résultait d’une forte pulsion anale refoulée.
Lacan, pourtant féru en matière d’art, avait eu un jour, en ouverture à une rencontre de son Ecole Freudienne à la Maison de la Chimie, ce persiflage à propos de Lagache qui l’avait taquiné par ces mots : « Après ce séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, il vous faudrait traiter de l’esthétique de la psychanalyse. » Lacan paraissait, des années plus tard, encore agacé par ce conseil qui pourtant avait son intérêt. > lire le texte

 

Ethique

Titre : L’éthique analytique et la fonction du tableau (Ou le beau et le regard dans le rapport de l’homme au réel)
Auteur : Rémi Brassié
Source : http://pagesperso-orange.fr/espace-cpp

(Extrait) - L’éthique analytique : du désir au réel.
Dans un premier temps, pour éclairer la question du rapport au réel en tant qu’il concerne l’éthique analytique, je reprendrai quelques repères du séminaire que Lacan a tenu sur L’éthique de la psychanalyse. Il y met en valeur la notion de das Ding en tant que chez Freud c’est, dans le rapport à l’objet, quelque chose qui concerne la catégorie de réel. Lacan essaie de cerner ce champ de das Ding comme « ce qui du réel pâtit du signifiant (VII‑142) », le premier extérieur (VII‑64 & 65). On entend, là derrière, la notion d’objet perdu de Freud. Lacan aura de nombreuses formules pour resserrer ce champ de das Ding et le faire apparaître comme l’au-delà du principe de plaisir, à savoir un champ infranchissable (VII‑252). Devant lui, le désir de l’homme, qui oriente toute son expérience, rencontre une barrière. Et cette barrière tient à ce que la jouissance nous demeure interdite, que l’objet perdu freudien l’est irrémédiablement. Il n’y a de sujet que séparé de son objet, c'est‑à‑dire dans l’incomplétude.
Le bien…
C’est sur cette limite que Lacan fait intervenir les notions de bien et de beau. Le bien c’est la première limite pour le désir. Dans le champ lacanien il se caractérise plus par sa valeur de jouissance que par sa valeur d’usage. On peut donc en disposer ou les défendre, ce qui revient toujours au même : se défendre d’en jouir (VII‑270). C’est en cela que le bien dresse une muraille puissante sur la voie de notre désir (VII‑270). Et qu’il n’est qu’un leurre quant à la satisfaction recherchée. Le potlatch, ce fait social dont nous parle Marcel Mauss[3] et que Lacan évoque dans son séminaire, témoigne d’ailleurs d’une manière particulière de maintenir le désir en reculant devant les biens, en y renonçant ou en quelque sorte, en renonçant à la jouissance qu’ils recèlent. A ce niveau des biens, parce qu’ils fournissent matière à répartition et constituent le domaine de la naissance du pouvoir (VII‑269), on voit se poser le problème du politique. C’est un champ à explorer : le bien, dans le registre de l’expérience humaine appelle en lui‑même à une régulation de la jouissance. > lire le texte

 

Folie

Titre : DE LA PART DE LA DERAISON DANS LA CREATION ARTISTIQUE
Auteur : Michel Horassius
Source : http://pagesperso-orange.fr/cimpsyaix
 
Dés l'antiquité, Aristote, s'est intéressé aux rapports entre le génie et la folie... ce qui me permet de l'évoquer dés le début de mon intervention et je lui en suis très reconnaissant car on ne conçoit pas de conférence sérieuse qui ne commence en citant Aristote ou Platon... Aristote, donc, se posait la question suivante "pour quelle raison, tous ceux qui ont été des hommes d'exception en ce qui concerne la philosophie, la science de l'état, la poésie et les arts sont-ils manifestement mélancoliques ? ". Il ne faisait pas allusion à l'état " de rêverie colorée de tristesse " que nous appelons mélancolie, dans le langage courant, mais à la mélancolie qui est, pour la psychiatrie, une dépression affirmée.
Il ne semble pas avoir proposé de réponse à sa question et il faut attendre le 19e siècle pour que créativité et maladie mentale soient à nouveau rapprochées. Il a fallu attendre ce que l'on peut appeler la "naissance scientifique" de la psychiatrie, à laquelle les médecins français ont apporté une contribution essentielle, pour pouvoir décrire et classifier les troubles de l'esprit présentés par leurs malades, ces premiers psychiatres s'attachèrent à analyser tous les comportements des patients. Assez rapidement leur attention fut attirée par une certaine dimension artistique des productions des aliénés au point que certains d'entre eux en vinrent à se demander, comme l'avait fait Aristote, s'il n'existait pas un lien entre l'art et la folie et à se poser la question de la nature de ce lien. Question d'importance qui ne cesse, depuis, d'occuper les esprits et de nourrir de nombreuses controverses qui ont dépassé le champ psychiatrique.
Dans une première période le jeu a consisté pour certains auteurs, à débusquer des traces de folie dans l'oeuvre et la vie d'artistes et d'écrivains connus. Pour cela ils se servaient des connaissances psychiatriques récentes qu'ils avaient plus ou moins bien assimilées et qu'ils réduisaient, souvent, à des notions simplistes sans valeur clinique. Passe encore pour des créateurs souffrant de troubles mentaux avérés, pour qui nous avons des documents cliniques indiscutables, comme Schuman, Nerval, Hölderlin... pour ne citer que les plus célèbres. Mais la démarche était beaucoup plus discutable quand il s'agissait d'artistes au comportement seulement particulier et dont, un siècle après, on débat, toujours : " Etaient-ils réellement malades ? Et dans ce cas, de quoi souffraient-ils ? ". Van Gogh, et bien d'autres en sont de bons exemples. > lire la suite

 

Inquiétante étrangeté

Titre : L'idée d'une antiphilosophie à partir de la triplicité monothéiste
Auteur : anonyme
Source : http://www.cnac-gp.fr/education
 
En 1919, Freud écrit un texte fondamental pour l’approche de l’œuvre d’art, il s‘agit de Das Unheimlisch, traduit en français par L’Inquiétante étrangeté. Dans cette étude, la psychanalyse se mesure à l’esthétique, entendue non seulement comme doctrine du beau mais aussi « comme la science des qualités de notre sensibilité ». Freud souligne : « La psychanalyse étudie d’autres couches de la vie psychique et s’intéresse peu à ces mouvements émotifs qui (…) forment pour la plupart la trame de l’esthétique. » L’intérêt porté au domaine de l’inquiétante étrangeté fait donc exception.
Ce concept apparenté à celui de peur, d’angoisse, d’effroi, présente néanmoins un sens qui lui est propre. L’inquiétante étrangeté est l’effroi en tant qu’il se rattache aux choses connues depuis longtemps, les choses familières qui, dans certaines conditions, deviennent inquiétantes. Un des procédés les plus sûrs pour susciter ce sentiment est de douter si la personne que l’on a devant soi est un être vivant ou un automate. Les thèmes du double, de l’image de soi au miroir, de la répétition obstinée des mêmes faits s’y rattachent. Mais l’argument décisif, avance toujours Freud, est celui que l’on a dans le conte d’Hoffmann, L’Homme au sable. Dans ce conte nous retrouvons une des plus grandes peurs enfantines, la peur de perdre la vue, dont l’analyse des rêves ainsi que des mythes montre, selon Freud, qu’elle se rattache à l’angoisse de castration, sentiment fort et puissamment ancré dans l’inconscient humain.
Pour Freud, est « unheimlisch » tout ce qui devrait rester caché et qui se manifeste, c’est le symbole qui se défait et qui renvoie à ce qu’il était tenu symboliser. Ce sentiment, qui serait peu répandu dans la vie courante, trouverait dans l’art ses plus importantes manifestations. Ce sera, en effet, à partir de textes littéraires, les Contes fantastiques d’Hoffmann, que Freud va bâtir son article.
L’écriture, comme aussi la peinture, la sculpture ou la photographie surréaliste véhiculent au plus haut point ce sentiment. Des exemples ayant trait aux arts plastiques illustrent ce parcours. > suite

 

Jouissance

Titre : Le temps de lire et de penser - Art et Psychanalyse (argument du colloque des Samedi 11 et dimanche 12 décembre 2004 à Tourcoing)
Auteur : Franz Kaltenbeck
Source : http://www.psychanalyse-en-mouvement.net
 
La psychanalyse partage avec l'art l'ambition de transformer la jouissance. L'art en fait chiffre, signe, image ou sculpture ; la psychanalyse déchiffre la jouissance et doit pour cela passer par l'inconscient pour interpréter et traiter le symptôme.
Dans la névrose, la jouissance est vécue comme un excès qui cause l'angoisse. Le sujet lui donne alors une connotation négative, il craint que la castration ne réponde à son jouir. L'art nous offre, par contre un champ où cet excès et cette négativité paraissent apprivoisés. Ainsi Lacan affirme-t-il du peintre : « …il donne quelque chose en pâture à l'œil, mais il invite celui auquel le tableau est présenté à déposer là son regard, comme on dépose les armes [1]». Mais il arrive aussi que l'art exacerbe l'angoisse, qu'elle refuse de servir la pacification et nous renvoie à la souffrance, à la terreur, à la vie menacée. Pourtant, même dans ce cas, il ne procède pas sans réflexion. S'il évoque l'insoutenable il le donne aussi à penser. «Le psychanalyste n'éprouve que rarement l'impulsion de se livrer à des investigations esthétiques… », affirme Freud au début de L'inquiétante étrangeté (1919). Il ne pouvait pourtant pas s'abstenir de faire des recherches sur l'art. Pourquoi ? Il répond à cette question dans son article « Le Moïse de Michel-Ange » (1914), en déclarant qu'il voulait saisir pourquoi des œuvres poétiques ou les arts plastiques, plus rarement la peinture, exerçaient sur lui un « fort effet ». Il croyait donc pouvoir produire un savoir sur la jouissance que lui procuraient ces œuvres d'art. La psychanalyse n'a pas seulement affaire aux pulsions et aux affects refoulés, elle est aussi concernée par la sensibilité. Ainsi Freud ne limite pas l'esthétique à la « théorie du beau » mais la définit aussi comme « la théorie des qualités de notre sensibilité [2] ». Lacan ne dit pas autre chose quand il enseigne à ses élèves que l'esthétique « c'est ce que vous sentez », en précisant qu'elle n'est pas transcendantale [3]. Il la réfère plutôt au corps, mais pas à n'importe lequel. Appartenant à la dimension de l'Imaginaire, ce corps est aussi lié au Symbolique et au Réel [4]. Des historiens d'art, tels que Daniel Arasse ou Hubert Damisch mais aussi un philosophe comme Slavoj Zizek se sont inspirés de cette idée d'une esthétique qui ne refoule pas le corps. Or, ni dans la psychanalyse ni dans l'art, le corps ne saurait être abordé de manière naïve. Décerné par le langage comme un lieu où se produit le sens, c'est un corps complexe : morcelé, désirant, sexué, ce corps est devenu depuis longtemps un objet de la science. Celle-ci met sa singularité en question quand elle le branche sur le monde virtuel. La psychanalyse ne s'applique pas à l'art mais au symptôme clinique qui est l'expression d'une satisfaction sauvage et douloureuse de la pulsion. Dans l'art se créent des œuvres qui sont, elles aussi, des symptômes puisqu'il faut les déchiffrer. Mais ces symptômes éveillent nos désirs en proposant des langages et images nouveaux à notre sensibilité. Ils nous donnent ainsi des aperçus sur les régions les plus opaques de notre propre jouissance.

 

Objet

Titre : " L'objet de l'art... " (Préface à la déclinaison des r i B osome)
Auteur : Michèle Jung
Source : http://michele.jung.free.fr
 
Psychanalyse et — eSt— Art. Avec l'intrusion du S du signifiant, s'opère un retournement de la figure proposée. À l'entendre ce S — sonore —, que pouvons-nous articuler — pour nous — lorsque nous nous appliquons à ce travail d'écriture, d’une écriture qui puisse faire figure dans une conque de récepteur ? L’harmonie pentagonale des cinq livres d’artiste, muraux — quinte-essence — se substitue à l’hexagone étoilé de l(un)’alvéole de cire nécessaire à l’abeille[1]… Cire-cérumen, cause d’un non-savoir-audire quand on sait que « leur lenteur à s’en apercevoir montre quel cérumen les sépare de ce qu’ils entendent à ce qu'ils en fassent parabole ». Cire-opercule du Wunderblock révélant la trace d'un texte perdu, mesuré à la profondeur des dépressions griffées par la pointe aiguisée, sur la cire-matière, sur le corps troué.
Alors, écoute de l'analyste — jamais absolument certaine de comprendre — s’imposant inlassablement de graphier, avec l'idée et l'espoir d'une lumière venant d'une trace première, toujours déjà là, exposée à être conquise de force, fracturée, frayée. > lire la suite

 

Opéra

Titre : Le cri de l’ange ou la passion de l’amateur d’opéra
Auteur : Michel Poizat
Source : www.cartels-constituants.fr
 
Je voudrais commencer par mettre en rapport ces deux citations, la première extraite de Sarrasine de Balzac, la deuxième extraite de l’interview d’un passionné d’opéra et rapportée dans mon travail "L’opéra ou le cri de l’ange" "Quand la Zambinella chanta, ce fut un délire. L’artiste eut froid, puis il sentit un foyer qui pétilla soudain dans les profondeurs de son être intime, de ce que nous nommons le cœur, faute de mot ! Il n’applaudit pas, il ne dit rien, il éprouvait un mouvement de folie, espace de frénésie qui ne nous agite qu’à cet âge où le désir a je ne sais quoi de terrible et d’infernal. Sarrasine voulait s’élancer sur le théâtre et s’emparer de cette femme : sa force, centuplée par une dépression morale impossible à expliquer, puisque ces phénomènes se passent dans une sphère inaccessible à l’observation humaine, tendait à se projeter avec une violence douloureuse. A le voir, on eût dit d’un homme froid et stupide. Gloire, science, avenir, existence, couronnes, tout s’écroula. > lire la suite

 

Psychopathologie

Titre : DU BEAU EN PSYCHOPATHOLOGIE
Auteur : J.B. GARRE
Source : http://www.med.univ-angers.fr/services/AARP
 
Le choix du thème retenu cette année mérite probablement d’être justifié. Il peut, bien sûr, nous renvoyer à des problématiques spécifiques de nos exercices professionnels : je pense ici aux thérapies à médiation artistique, où l’art est sollicité comme un bienfait, pour sa puissance de consolation, voire de véritable reconstruction. S’intéresser à l’art et à la beauté, c’est aussi, pour un psychiatre, s’intéresser à la créativité et c’est décider de considérer que, si la folie est en mesure de créer, elle ne peut plus être renfermée dans des formules purement négatives ou déficitaires. C’est donc rejoindre la grande tradition de la psychiatrie humaniste, c’est rejoindre la tradition de la psychiatrie phénoménologique, c’est contribuer à préserver le visage humain de la folie.
C’est aussi rejoindre la leçon de Hans Prinzhorn (1886-1933) qui commence à constituer, alors qu’il est assistant à la clinique universitaire de Heidelberg, une collection d’art psychopathologique de cinq mille pièces émanant de quatre cent cinquante cas et dont le grand ouvrage Expressions de la folie paraît en 1922. Il nous donne une première indication précieuse sur la nature du beau : la Gestaltung, autrement dit le pouvoir configuratif à l’œuvre dans l’œuvre d’art ou la capacité manifestée par l’artiste à mettre en forme. On trouve d’ailleurs une intuition comparable chez Freud, dans le peu de lignes que ce dernier consacre à la notion de « prime de séduction » attachée à la perception esthétique. La beauté serait d’abord une belle forme lisible. > lire le texte

 

Sublimation

Titre : L'art de sublimer
Auteur : Didier Kuntz
Source : http://www.psychanalyse-en-mouvement.net
 
(Extrait) - L’art n’existe-t-il pas d’abord parce qu’il y a des choses difficiles ou impossibles à dire? Certes, la sublimation y intervient, mais la création peut être aussi envisagée à la lumière de l’aphasie motrice, et décrite comme une effection motrice, une décharge; on rejoint l’idée d’une pulsion, d’une force qui cherche à s’exprimer. L‘aphasie motrice, c’est ce trouble du langage, pas nécessairement lié à des problèmes organiques, qui rend les personnes qui en sont atteintes incapables de parler, parce qu’elles ne trouvent plus les mots, dont le sens leur échappe alors qu’elles comprennent ce qu’on leur dit, à l’inverse de l’aphasie sensorielle. Françoise Dolto se représentait les enfants comme des aphasiques; ce trouble du langage fait aussi immédiatement penser aux lapsus, qui se présentent comme des troubles aphasiques en miniature. Mais en admettant que le travail de création artistique est foncièrement un processus de symbolisation, on n’est plus nécessairement dans le cadre de la théorie de la sublimation: on sort de la théorie névrotique pour rentrer dans la dimension préoedipienne, prégénitale, et ce que l’on découvre, c’est un travail de constitution de la langue, la mise en place de cette structure que la langue représente, cette structure qu’elle est, et l’on peut dire que Freud nous a rendu un fier service en supprimant un texte vraisemblablement insuffisant, une fausse piste, pour nous laisser aller à la découverte de cette difficulté d’être sujet de la parole, difficulté que l’art exprime, qui s’exprime dans l’art. On ne peut rendre compte de l’art en psychanalyse à la seule lumière des processus de sublimation, affaires de pulsions, donc de détournements de plaisirs d’organes. Si l’art met en jeu la sublimation, c’est davantage par le biais de l’esthétique que par les processus de création eux-mêmes, que l’on peut rapprocher de ce travail d’homo habilis auquel un Denis de Rougemont a su donner toute sa portée en écrivant « penser avec les mains ». Et pour ce qui est de déterminer quel doit être le rapport quantitatif entre les éléments de l’inconscient et l’élaboration préconsciente, n'est-on pas plutôt renvoyé à ce que nos contemporains peuvent supporter comme émergence de l’inconscient, à ce qui forme le goût, -si mal nommé-, qu’aux jugements esthétiques que les analystes auront la prudence de garder par devers eux ? > lire le texte
Titre : La mauvoisine et ses troubadours (Notes de lecture Sur Das Ding et la sublimation)
Auteur : Liliane Fainsilber
Source : http://pagesperso-orange.fr/liliane.fainsilber
 
C’est autour du concept de Das Ding que Lacan pose la question de la sublimation. Ce concept isolé dans l’Esquisse se définit comme étant ce qui de l’objet, de ce premier Autre, de cette Etrangère, la mère, échappe à toute symbolisation(1).
Lacan a donc poli ce concept de Das Ding à partir d' un passage de "L'esquisse d'une psychologie scientifique", un des premiers textes de métapsychologie écrit par Freud au temps de sa correspondance avec Fliess.
Le petit nourrisson découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins lorsqu'il l'alerte par ses cris.
Cette Autre préhistorique se divise en deux parties :
L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au titre de "traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet.
L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable.
C'est là que trouve place cette formule énigmatique de Freud : "Ce que nous qualifions d’"objets" est fait de reliquats échappant au jugement". C'est aussi ce que Lacan appellera "Das Ding", "La Chose". > lire la suite

 

Symptôme

Titre : Remarques à propos du symptômeà l'aide d'une fontaine ou d'un égouttoir
Auteur : Vincent Dachy
Source : http://membres.lycos.fr/jlacan/ornicar
 
I. Le point de départ : le statut du symptôme dans le monde moderne, relativement à la psychanalyse. Le “ monde moderne ”, y a-t-il seulement “ le monde ” ? Et “ moderne ” ... Devrions-nous confronter Hegel et Marx d’une part - une idée de l’Histoire et du Progrès ou de la Révolution gouvernées par la Raison -, avec, d’autre part, Nietzsche et sa descendance - une idée de la Fin de l’Histoire ouvrant sur un temps de passions, de séductions et d’intensités ; opposition entre une fin comme future réalisation de la Finalité et un temps pulvérisé par la fin de toute absolue finalité ? Devrions-nous plutôt suivre les développements de Heidegger concernant la Technique ? Ou peut-être vaudrait-il mieux délinéer l’alliance entre le capitalisme - comme désir causé par la plus-value - et la Science - comme le lit dans lequel le Progrès se coule en toute confiance ; et de noter le peu de place laissée aux questions de la vérité et de la particularité ? Et de noter comment un puissant Tout-savoir-Tout transforme un sujet en un objet pour la production de la plus-value. Ce n’est pas tant que le monde actuel offre davantage d’accès à (a) mais plutôt que le sujet est réduit à sa valeur de jouissance. Non, pour être aussi près que possible de la question de la modernité nous devrions probablement partir de Galilée, c’est-à-dire de la possibilité d’épeler le champ empirique ; partir, autrement dit, du projet véritablement moderne de littéralisation, de Descartes et la position moderne du sujet à Gödel qui limita le rêve de Galilée, et après. Bien entendu, le lecteur aura déjà transposé toutes ces questions au niveau de la praxis de la psychanalyse. À ce moment, je me souvins de ce que Lacan dit de l’Histoire (1). L’Histoire est un fantasme. Y a-t-il, en fin de compte, une coupure épochale, une invention “ datée ” qui ouvre (sur) une ère nouvelle, la moderne par exemple ? C’est alors que, soudainement, je rencontrai une fontaine. > lire la suite

 

Vérité

Titre : Là où je crée, je suis vrai
Auteur : Par Anne‑­Marie Viala
Source : http://pagesperso-orange.fr/espace-cpp/connexionapp
 
(Fin du texte) - Ne pas appeler. « Créer », dans le sens de Rilke. Voilà – et j’ai l’impression de ne rien avoir dit. Il y a ce que Rilke dit de l’amour, de la femme ou plutôt de la jeune fille, de l’enfance, de la chose (das Ding), du paysage… et peut-être n’est-ce pas transmissible : Lire un poète, c’est devenir et devenir, c’est lutter contre la « Ich-Schwäche » qui fait qu’on devient poète ! Mais le plus fort, c’est que cette lutte ne revigore le sujet qu’en le conduisant sans cesse à son propre désastre : il s’agit d’une altercation avec le réel.
Rilke ne peut jouir de l’existant, il refuse sa puissance, il la hait (parce qu’il « aime ») et se propose de ramener par l’œuvre d’art le visible à l’invisible (Cf : nous sommes les abeilles de l’invisible) : ce qui est impossible car il est malgré tout condamné à recréer du visible, du sensible, de l’existant… mais « autrement ». Quelle force en lui le soumet à cette tragique condamnation – le seul courage véritable ?
Conclusion : Comment lier art, psychanalyse, politique ? la psychanalyse, la politique ainsi que l’enseignement sont un art. Ils doivent leur existence au réel et naissent de la reconnaissance de la puissance du réel qui est la condition de notre liberté. Face au réel, nous sommes tous aussi démunis, tous égaux et une fraternité s’instaure. Hélas, la politique telle qu’elle est pratiquée, à l’heure actuelle, par les professionnels remplace le réel par l’inconscient (thème de la violence et de l’insécurité) (ce qu’avait déjà fait Hitler). Il faudrait inventer une politique qui laisse le pouvoir au réel – à ce qui me regarde et me questionne - une politique poétique (Cf. l’amour) Tout le monde est, face au réel, avec tout le monde ! > lire le texte

 

 

 

 

 

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Art et psychanalyse
no 7 –2006/1

 

 

 

 

 

29 décembre 2007

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