|


















-
|
|
Conversion -
Ethique - Folie -
Inquiétante étrangeté -
Jouissance - Objet -
Opéra - Psychopathologie
- Sublimation - Symptôme
- Vérité
-
-
Conversion
- Titre : La conversion esthétique
- Auteur : Gérard Haddad
- Source :
http://www.med.univ-angers.fr/services/AARP
-
- On a tout dit et tout écrit sur les années 1890-1900,
pendant lesquelles Freud inventait la psychanalyse : ses rencontres, ses
références, ses amitiés, l’hypnose et l’hystérie.
Un détail semble avoir échappé aux recherches freudologiques, mais qui
n’a pas échappé à mon épouse : les nombreux voyages, une dizaine pendant
ces années là, que Freud, qui pourtant détestait le train, fit en
Italie. Freud visita longuement l’Italie plus de vingt fois dans son
existence. Ils paraissent en effet marginaux, ces voyages, appartenant à
la sphère des loisirs de Freud.
En vérité, ses véritables loisirs, ses moments de repos, Freud les
passait plutôt dans les montagnes autrichiennes, dans la cueillette des
champignons. Les voyages en Italie, souvent épuisants, relèvent d’une
expérience très particulière qui appartient de plein droit au processus
de création qui aboutira à la découverte de la psychanalyse. Il s’agit
de préciser la nature de cette expérience et de ce qu’elle a produit en
Freud. Elle fut de l’ordre d’une mutation subjective que nous
appellerons conversion esthétique par analogie avec la conversion
hystérique, les deux phénomènes ayant une grande affinité et un même
ressort.
La réflexion sur l’esthétique n’a pas toujours eu bonne presse en
psychanalyse.
Ainsi Freud parlant un jour d’un patient aux goûts raffinés aura cette
remarque peu obligeante – et certainement juste – que l’esthétisme de
ce patient résultait d’une forte pulsion anale refoulée.
Lacan, pourtant féru en matière d’art, avait eu un jour, en ouverture à
une rencontre de son Ecole Freudienne à la Maison de la Chimie, ce
persiflage à propos de Lagache qui l’avait taquiné par ces mots : «
Après ce séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, il vous faudrait
traiter de l’esthétique de la psychanalyse. » Lacan paraissait, des
années plus tard, encore agacé par ce conseil qui pourtant avait son
intérêt. >
lire le texte
Ethique
- Titre : L’éthique analytique et la fonction du
tableau (Ou le beau et le regard dans le rapport de l’homme au réel)
- Auteur : Rémi Brassié
- Source :
http://pagesperso-orange.fr/espace-cpp
(Extrait) - L’éthique analytique : du désir au réel.
Dans un premier temps, pour éclairer la question du rapport au réel
en tant qu’il concerne l’éthique analytique, je reprendrai quelques
repères du séminaire que Lacan a tenu sur L’éthique de la psychanalyse.
Il y met en valeur la notion de das Ding en tant que chez Freud c’est,
dans le rapport à l’objet, quelque chose qui concerne la catégorie de
réel. Lacan essaie de cerner ce champ de das Ding comme « ce qui du réel
pâtit du signifiant (VII‑142) », le premier extérieur (VII‑64 & 65). On
entend, là derrière, la notion d’objet perdu de Freud. Lacan aura de
nombreuses formules pour resserrer ce champ de das Ding et le faire
apparaître comme l’au-delà du principe de plaisir, à savoir un champ
infranchissable (VII‑252). Devant lui, le désir de l’homme, qui oriente
toute son expérience, rencontre une barrière. Et cette barrière tient à
ce que la jouissance nous demeure interdite, que l’objet perdu freudien
l’est irrémédiablement. Il n’y a de sujet que séparé de son objet,
c'est‑à‑dire dans l’incomplétude.
Le bien…
C’est sur cette limite que Lacan fait intervenir les notions de bien et
de beau. Le bien c’est la première limite pour le désir. Dans le champ
lacanien il se caractérise plus par sa valeur de jouissance que par sa
valeur d’usage. On peut donc en disposer ou les défendre, ce qui revient
toujours au même : se défendre d’en jouir (VII‑270). C’est en cela que
le bien dresse une muraille puissante sur la voie de notre désir
(VII‑270). Et qu’il n’est qu’un leurre quant à la satisfaction
recherchée. Le potlatch, ce fait social dont nous parle Marcel Mauss[3]
et que Lacan évoque dans son séminaire, témoigne d’ailleurs d’une
manière particulière de maintenir le désir en reculant devant les biens,
en y renonçant ou en quelque sorte, en renonçant à la jouissance qu’ils
recèlent. A ce niveau des biens, parce qu’ils fournissent matière à
répartition et constituent le domaine de la naissance du pouvoir
(VII‑269), on voit se poser le problème du politique. C’est un champ à
explorer : le bien, dans le registre de l’expérience humaine appelle en
lui‑même à une régulation de la jouissance. >
lire
le texte
Folie
- Titre : DE LA PART DE LA DERAISON DANS LA CREATION
ARTISTIQUE
- Auteur : Michel Horassius
- Source :
http://pagesperso-orange.fr/cimpsyaix
-
- Dés l'antiquité, Aristote, s'est intéressé aux
rapports entre le génie et la folie... ce qui me permet de l'évoquer dés
le début de mon intervention et je lui en suis très reconnaissant car on
ne conçoit pas de conférence sérieuse qui ne commence en citant Aristote
ou Platon... Aristote, donc, se posait la question suivante "pour quelle
raison, tous ceux qui ont été des hommes d'exception en ce qui concerne
la philosophie, la science de l'état, la poésie et les arts sont-ils
manifestement mélancoliques ? ". Il ne faisait pas allusion à l'état "
de rêverie colorée de tristesse " que nous appelons mélancolie, dans le
langage courant, mais à la mélancolie qui est, pour la psychiatrie, une
dépression affirmée.
Il ne semble pas avoir proposé de réponse à sa question et il faut
attendre le 19e siècle pour que créativité et maladie mentale soient à
nouveau rapprochées. Il a fallu attendre ce que l'on peut appeler la
"naissance scientifique" de la psychiatrie, à laquelle les médecins
français ont apporté une contribution essentielle, pour pouvoir décrire
et classifier les troubles de l'esprit présentés par leurs malades, ces
premiers psychiatres s'attachèrent à analyser tous les comportements des
patients. Assez rapidement leur attention fut attirée par une certaine
dimension artistique des productions des aliénés au point que certains
d'entre eux en vinrent à se demander, comme l'avait fait Aristote, s'il
n'existait pas un lien entre l'art et la folie et à se poser la question
de la nature de ce lien. Question d'importance qui ne cesse, depuis,
d'occuper les esprits et de nourrir de nombreuses controverses qui ont
dépassé le champ psychiatrique.
Dans une première période le jeu a consisté pour certains auteurs, à
débusquer des traces de folie dans l'oeuvre et la vie d'artistes et
d'écrivains connus. Pour cela ils se servaient des connaissances
psychiatriques récentes qu'ils avaient plus ou moins bien assimilées et
qu'ils réduisaient, souvent, à des notions simplistes sans valeur
clinique. Passe encore pour des créateurs souffrant de troubles mentaux
avérés, pour qui nous avons des documents cliniques indiscutables, comme
Schuman, Nerval, Hölderlin... pour ne citer que les plus célèbres. Mais
la démarche était beaucoup plus discutable quand il s'agissait
d'artistes au comportement seulement particulier et dont, un siècle
après, on débat, toujours : " Etaient-ils réellement malades ? Et dans
ce cas, de quoi souffraient-ils ? ". Van Gogh, et bien d'autres en sont
de bons exemples. >
lire la suite
Inquiétante étrangeté
- Titre : L'idée d'une antiphilosophie à partir de
la triplicité monothéiste
- Auteur : anonyme
- Source :
http://www.cnac-gp.fr/education
-
- En 1919, Freud écrit un texte fondamental pour
l’approche de l’œuvre d’art, il s‘agit de Das Unheimlisch, traduit en
français par L’Inquiétante étrangeté. Dans cette étude, la psychanalyse
se mesure à l’esthétique, entendue non seulement comme doctrine du beau
mais aussi « comme la science des qualités de notre sensibilité ». Freud
souligne : « La psychanalyse étudie d’autres couches de la vie psychique
et s’intéresse peu à ces mouvements émotifs qui (…) forment pour la
plupart la trame de l’esthétique. » L’intérêt porté au domaine de
l’inquiétante étrangeté fait donc exception.
Ce concept apparenté à celui de peur, d’angoisse, d’effroi, présente
néanmoins un sens qui lui est propre. L’inquiétante étrangeté est
l’effroi en tant qu’il se rattache aux choses connues depuis longtemps,
les choses familières qui, dans certaines conditions, deviennent
inquiétantes. Un des procédés les plus sûrs pour susciter ce sentiment
est de douter si la personne que l’on a devant soi est un être vivant ou
un automate. Les thèmes du double, de l’image de soi au miroir, de la
répétition obstinée des mêmes faits s’y rattachent. Mais l’argument
décisif, avance toujours Freud, est celui que l’on a dans le conte
d’Hoffmann, L’Homme au sable. Dans ce conte nous retrouvons une des plus
grandes peurs enfantines, la peur de perdre la vue, dont l’analyse des
rêves ainsi que des mythes montre, selon Freud, qu’elle se rattache à
l’angoisse de castration, sentiment fort et puissamment ancré dans
l’inconscient humain.
Pour Freud, est « unheimlisch » tout ce qui devrait rester caché et qui
se manifeste, c’est le symbole qui se défait et qui renvoie à ce qu’il
était tenu symboliser. Ce sentiment, qui serait peu répandu dans la vie
courante, trouverait dans l’art ses plus importantes manifestations. Ce
sera, en effet, à partir de textes littéraires, les Contes fantastiques
d’Hoffmann, que Freud va bâtir son article.
L’écriture, comme aussi la peinture, la sculpture ou la photographie
surréaliste véhiculent au plus haut point ce sentiment. Des exemples
ayant trait aux arts plastiques illustrent ce parcours. >
suite
Jouissance
- Titre : Le temps de lire et de penser - Art et
Psychanalyse (argument du colloque des Samedi 11 et dimanche 12 décembre
2004 à Tourcoing)
- Auteur : Franz Kaltenbeck
- Source :
http://www.psychanalyse-en-mouvement.net
-
- La psychanalyse partage avec l'art l'ambition de
transformer la jouissance. L'art en fait chiffre, signe, image ou
sculpture ; la psychanalyse déchiffre la jouissance et doit pour cela
passer par l'inconscient pour interpréter et traiter le symptôme.
Dans la névrose, la jouissance est vécue comme un excès qui cause
l'angoisse. Le sujet lui donne alors une connotation négative, il craint
que la castration ne réponde à son jouir. L'art nous offre, par contre
un champ où cet excès et cette négativité paraissent apprivoisés. Ainsi
Lacan affirme-t-il du peintre : « …il donne quelque chose en pâture à
l'œil, mais il invite celui auquel le tableau est présenté à déposer là
son regard, comme on dépose les armes [1]». Mais il arrive aussi que
l'art exacerbe l'angoisse, qu'elle refuse de servir la pacification et
nous renvoie à la souffrance, à la terreur, à la vie menacée. Pourtant,
même dans ce cas, il ne procède pas sans réflexion. S'il évoque
l'insoutenable il le donne aussi à penser. «Le psychanalyste n'éprouve
que rarement l'impulsion de se livrer à des investigations esthétiques…
», affirme Freud au début de L'inquiétante étrangeté (1919). Il ne
pouvait pourtant pas s'abstenir de faire des recherches sur l'art.
Pourquoi ? Il répond à cette question dans son article « Le Moïse de
Michel-Ange » (1914), en déclarant qu'il voulait saisir pourquoi des
œuvres poétiques ou les arts plastiques, plus rarement la peinture,
exerçaient sur lui un « fort effet ». Il croyait donc pouvoir produire
un savoir sur la jouissance que lui procuraient ces œuvres d'art. La
psychanalyse n'a pas seulement affaire aux pulsions et aux affects
refoulés, elle est aussi concernée par la sensibilité. Ainsi Freud ne
limite pas l'esthétique à la « théorie du beau » mais la définit aussi
comme « la théorie des qualités de notre sensibilité [2] ». Lacan ne dit
pas autre chose quand il enseigne à ses élèves que l'esthétique « c'est
ce que vous sentez », en précisant qu'elle n'est pas transcendantale
[3]. Il la réfère plutôt au corps, mais pas à n'importe lequel.
Appartenant à la dimension de l'Imaginaire, ce corps est aussi lié au
Symbolique et au Réel [4]. Des historiens d'art, tels que Daniel Arasse
ou Hubert Damisch mais aussi un philosophe comme Slavoj Zizek se sont
inspirés de cette idée d'une esthétique qui ne refoule pas le corps. Or,
ni dans la psychanalyse ni dans l'art, le corps ne saurait être abordé
de manière naïve. Décerné par le langage comme un lieu où se produit le
sens, c'est un corps complexe : morcelé, désirant, sexué, ce corps est
devenu depuis longtemps un objet de la science. Celle-ci met sa
singularité en question quand elle le branche sur le monde virtuel. La
psychanalyse ne s'applique pas à l'art mais au symptôme clinique qui est
l'expression d'une satisfaction sauvage et douloureuse de la pulsion.
Dans l'art se créent des œuvres qui sont, elles aussi, des symptômes
puisqu'il faut les déchiffrer. Mais ces symptômes éveillent nos désirs
en proposant des langages et images nouveaux à notre sensibilité. Ils
nous donnent ainsi des aperçus sur les régions les plus opaques de notre
propre jouissance.
Objet
- Titre : " L'objet de l'art... " (Préface à la
déclinaison des r i B osome)
- Auteur : Michèle Jung
- Source :
http://michele.jung.free.fr
-
- Psychanalyse et — eSt— Art. Avec
l'intrusion du S du signifiant, s'opère un retournement de
la figure proposée. À l'entendre ce S — sonore —, que
pouvons-nous articuler — pour nous — lorsque nous nous appliquons à ce
travail d'écriture, d’une écriture qui puisse faire figure dans une
conque de récepteur ? L’harmonie pentagonale des cinq livres d’artiste,
muraux — quinte-essence — se substitue à l’hexagone étoilé de
l(un)’alvéole de cire nécessaire à l’abeille[1]… Cire-cérumen, cause
d’un non-savoir-audire quand on sait que « leur lenteur à s’en
apercevoir montre quel cérumen les sépare de ce qu’ils entendent à ce
qu'ils en fassent parabole ». Cire-opercule du Wunderblock révélant la
trace d'un texte perdu, mesuré à la profondeur des dépressions griffées
par la pointe aiguisée, sur la cire-matière, sur le corps troué.
Alors, écoute de l'analyste — jamais absolument certaine de comprendre —
s’imposant inlassablement de graphier, avec l'idée et l'espoir d'une
lumière venant d'une trace première, toujours déjà là, exposée à être
conquise de force, fracturée, frayée. >
lire la suite
Opéra
- Titre : Le cri de l’ange ou la passion de
l’amateur d’opéra
- Auteur : Michel Poizat
- Source :
www.cartels-constituants.fr
-
- Je voudrais commencer par mettre en rapport ces deux
citations, la première extraite de Sarrasine de Balzac, la deuxième
extraite de l’interview d’un passionné d’opéra et rapportée dans mon
travail "L’opéra ou le cri de l’ange" "Quand la Zambinella chanta, ce
fut un délire. L’artiste eut froid, puis il sentit un foyer qui pétilla
soudain dans les profondeurs de son être intime, de ce que nous nommons
le cœur, faute de mot ! Il n’applaudit pas, il ne dit rien, il éprouvait
un mouvement de folie, espace de frénésie qui ne nous agite qu’à cet âge
où le désir a je ne sais quoi de terrible et d’infernal. Sarrasine
voulait s’élancer sur le théâtre et s’emparer de cette femme : sa force,
centuplée par une dépression morale impossible à expliquer, puisque ces
phénomènes se passent dans une sphère inaccessible à l’observation
humaine, tendait à se projeter avec une violence douloureuse. A le voir,
on eût dit d’un homme froid et stupide. Gloire, science, avenir,
existence, couronnes, tout s’écroula. >
lire la suite
Psychopathologie
- Titre : DU BEAU EN PSYCHOPATHOLOGIE
- Auteur : J.B. GARRE
- Source :
http://www.med.univ-angers.fr/services/AARP
-
- Le choix du thème retenu cette année mérite
probablement d’être justifié. Il peut, bien sûr, nous renvoyer à des
problématiques spécifiques de nos exercices professionnels : je pense
ici aux thérapies à médiation artistique, où l’art est sollicité comme
un bienfait, pour sa puissance de consolation, voire de véritable
reconstruction. S’intéresser à l’art et à la beauté, c’est aussi, pour
un psychiatre, s’intéresser à la créativité et c’est décider de
considérer que, si la folie est en mesure de créer, elle ne peut plus
être renfermée dans des formules purement négatives ou déficitaires.
C’est donc rejoindre la grande tradition de la psychiatrie humaniste,
c’est rejoindre la tradition de la psychiatrie phénoménologique, c’est
contribuer à préserver le visage humain de la folie.
C’est aussi rejoindre la leçon de Hans Prinzhorn (1886-1933) qui
commence à constituer, alors qu’il est assistant à la clinique
universitaire de Heidelberg, une collection d’art psychopathologique de
cinq mille pièces émanant de quatre cent cinquante cas et dont le grand
ouvrage Expressions de la folie paraît en 1922. Il nous donne une
première indication précieuse sur la nature du beau : la Gestaltung,
autrement dit le pouvoir configuratif à l’œuvre dans l’œuvre d’art ou la
capacité manifestée par l’artiste à mettre en forme. On trouve
d’ailleurs une intuition comparable chez Freud, dans le peu de lignes
que ce dernier consacre à la notion de « prime de séduction » attachée à
la perception esthétique. La beauté serait d’abord une belle forme
lisible. >
lire le texte
Sublimation
- Titre : L'art de sublimer
- Auteur : Didier Kuntz
- Source :
http://www.psychanalyse-en-mouvement.net
-
- (Extrait) - L’art n’existe-t-il pas d’abord parce
qu’il y a des choses difficiles ou impossibles à dire? Certes, la
sublimation y intervient, mais la création peut être aussi envisagée à
la lumière de l’aphasie motrice, et décrite comme une effection motrice,
une décharge; on rejoint l’idée d’une pulsion, d’une force qui cherche à
s’exprimer. L‘aphasie motrice, c’est ce trouble du langage, pas
nécessairement lié à des problèmes organiques, qui rend les personnes
qui en sont atteintes incapables de parler, parce qu’elles ne trouvent
plus les mots, dont le sens leur échappe alors qu’elles comprennent ce
qu’on leur dit, à l’inverse de l’aphasie sensorielle. Françoise Dolto se
représentait les enfants comme des aphasiques; ce trouble du langage
fait aussi immédiatement penser aux lapsus, qui se présentent comme des
troubles aphasiques en miniature. Mais en admettant que le travail de
création artistique est foncièrement un processus de symbolisation, on
n’est plus nécessairement dans le cadre de la théorie de la sublimation:
on sort de la théorie névrotique pour rentrer dans la dimension
préoedipienne, prégénitale, et ce que l’on découvre, c’est un travail de
constitution de la langue, la mise en place de cette structure que la
langue représente, cette structure qu’elle est, et l’on peut dire que
Freud nous a rendu un fier service en supprimant un texte
vraisemblablement insuffisant, une fausse piste, pour nous laisser aller
à la découverte de cette difficulté d’être sujet de la parole,
difficulté que l’art exprime, qui s’exprime dans l’art. On ne peut
rendre compte de l’art en psychanalyse à la seule lumière des processus
de sublimation, affaires de pulsions, donc de détournements de plaisirs
d’organes. Si l’art met en jeu la sublimation, c’est davantage par le
biais de l’esthétique que par les processus de création eux-mêmes, que
l’on peut rapprocher de ce travail d’homo habilis auquel un Denis de
Rougemont a su donner toute sa portée en écrivant « penser avec les
mains ». Et pour ce qui est de déterminer quel doit être le rapport
quantitatif entre les éléments de l’inconscient et l’élaboration
préconsciente, n'est-on pas plutôt renvoyé à ce que nos contemporains
peuvent supporter comme émergence de l’inconscient, à ce qui forme le
goût, -si mal nommé-, qu’aux jugements esthétiques que les analystes
auront la prudence de garder par devers eux ? >
lire le texte
- Titre : La mauvoisine et ses troubadours (Notes de
lecture Sur Das Ding et la sublimation)
- Auteur : Liliane Fainsilber
- Source :
http://pagesperso-orange.fr/liliane.fainsilber
-
- C’est autour du concept de Das Ding que Lacan pose la
question de la sublimation. Ce concept isolé dans l’Esquisse se définit
comme étant ce qui de l’objet, de ce premier Autre, de cette Etrangère,
la mère, échappe à toute symbolisation(1).
Lacan a donc poli ce concept de Das Ding à partir d' un passage de
"L'esquisse d'une psychologie scientifique", un des premiers textes de
métapsychologie écrit par Freud au temps de sa correspondance avec
Fliess.
Le petit nourrisson découvre la présence de cette Autre préhistorique,
la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses
besoins lorsqu'il l'alerte par ses cris.
Cette Autre préhistorique se divise en deux parties :
L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au titre de
"traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet.
L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable.
C'est là que trouve place cette formule énigmatique de Freud : "Ce que
nous qualifions d’"objets" est fait de reliquats échappant au jugement".
C'est aussi ce que Lacan appellera "Das Ding", "La Chose". >
lire la suite
Symptôme
- Titre : Remarques à propos du symptômeà l'aide
d'une fontaine ou d'un égouttoir
- Auteur : Vincent Dachy
- Source :
http://membres.lycos.fr/jlacan/ornicar
-
- I. Le point de départ : le statut du symptôme dans le
monde moderne, relativement à la psychanalyse. Le “ monde moderne ”, y
a-t-il seulement “ le monde ” ? Et “ moderne ” ... Devrions-nous
confronter Hegel et Marx d’une part - une idée de l’Histoire et du
Progrès ou de la Révolution gouvernées par la Raison -, avec, d’autre
part, Nietzsche et sa descendance - une idée de la Fin de l’Histoire
ouvrant sur un temps de passions, de séductions et d’intensités ;
opposition entre une fin comme future réalisation de la Finalité et un
temps pulvérisé par la fin de toute absolue finalité ? Devrions-nous
plutôt suivre les développements de Heidegger concernant la Technique ?
Ou peut-être vaudrait-il mieux délinéer l’alliance entre le capitalisme
- comme désir causé par la plus-value - et la Science - comme le lit
dans lequel le Progrès se coule en toute confiance ; et de noter le peu
de place laissée aux questions de la vérité et de la particularité ? Et
de noter comment un puissant Tout-savoir-Tout transforme un sujet en un
objet pour la production de la plus-value. Ce n’est pas tant que le
monde actuel offre davantage d’accès à (a) mais plutôt que le sujet est
réduit à sa valeur de jouissance. Non, pour être aussi près que possible
de la question de la modernité nous devrions probablement partir de
Galilée, c’est-à-dire de la possibilité d’épeler le champ empirique ;
partir, autrement dit, du projet véritablement moderne de
littéralisation, de Descartes et la position moderne du sujet à Gödel
qui limita le rêve de Galilée, et après. Bien entendu, le lecteur aura
déjà transposé toutes ces questions au niveau de la praxis de la
psychanalyse. À ce moment, je me souvins de ce que Lacan dit de
l’Histoire (1). L’Histoire est un fantasme. Y a-t-il, en fin de compte,
une coupure épochale, une invention “ datée ” qui ouvre (sur) une ère
nouvelle, la moderne par exemple ? C’est alors que, soudainement, je
rencontrai une fontaine. >
lire la suite
Vérité
- Titre : Là où je crée, je suis vrai
- Auteur : Par Anne‑Marie Viala
- Source :
http://pagesperso-orange.fr/espace-cpp/connexionapp
-
- (Fin du texte) - Ne pas appeler. « Créer », dans le
sens de Rilke. Voilà – et j’ai l’impression de ne rien avoir dit. Il y a
ce que Rilke dit de l’amour, de la femme ou plutôt de la jeune fille, de
l’enfance, de la chose (das Ding), du paysage… et peut-être n’est-ce pas
transmissible : Lire un poète, c’est devenir et devenir, c’est lutter
contre la « Ich-Schwäche » qui fait qu’on devient poète ! Mais le plus
fort, c’est que cette lutte ne revigore le sujet qu’en le conduisant
sans cesse à son propre désastre : il s’agit d’une altercation avec le
réel.
Rilke ne peut jouir de l’existant, il refuse sa puissance, il la hait
(parce qu’il « aime ») et se propose de ramener par l’œuvre d’art le
visible à l’invisible (Cf : nous sommes les abeilles de l’invisible) :
ce qui est impossible car il est malgré tout condamné à recréer du
visible, du sensible, de l’existant… mais « autrement ». Quelle force en
lui le soumet à cette tragique condamnation – le seul courage véritable
?
Conclusion : Comment lier art, psychanalyse, politique ? la
psychanalyse, la politique ainsi que l’enseignement sont un art. Ils
doivent leur existence au réel et naissent de la reconnaissance de la
puissance du réel qui est la condition de notre liberté. Face au réel,
nous sommes tous aussi démunis, tous égaux et une fraternité s’instaure.
Hélas, la politique telle qu’elle est pratiquée, à l’heure actuelle, par
les professionnels remplace le réel par l’inconscient (thème de la
violence et de l’insécurité) (ce qu’avait déjà fait Hitler). Il faudrait
inventer une politique qui laisse le pouvoir au réel – à ce qui me
regarde et me questionne - une politique poétique (Cf. l’amour) Tout le
monde est, face au réel, avec tout le monde ! >
lire le texte
à lire en ligne (accès payant)


Art et psychanalyse
no 7 –2006/1
29 décembre 2007 |