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Acte - Agression sexuelle - Aveu - Civilisation - Culpabilité - Guerre - Inconscient - Psychiatrie - Vérité

Séminaire

 

 

 

Acte

Titre : La psychanalyse et les « agirs »
Auteur : Claude Balier
Source : http://www.spp.asso.fr
 
Le terme « agirs » est employé ici dans le même sens que « actings » ou « passages à l'acte », soit une substitution de la pensée par l'acte. Une confusion a toujours existé entre l'action, ou mise en acte de la pensée et réalisation d'un acte pour remplacer le travail de mentalisation.
P.L. Assoun (1985), en étudiant l'acte chez Freud, remarque qu'il n'a pas été réellement traité en tant que tel, le souci de Freud étant de le rattacher aux mouvements psychiques sous-jacents. Il est beaucoup plus question de l'action comme aboutissement des motions pulsionnelles après l'intervention du travail psychique. C'est la définition de » l'action spécifique » par laquelle une excitation sexuelle se transforme soit en poussée et décharge accompagnée de satisfaction lorsqu'elle rencontre l'objet, fût-ce de façon hallucinatoire, soit en angoisse lorsqu'elle en est empêchée par des processus internes.
Pour cet auteur, on retrouve les actes sous forme d'actes symptômes comme expression de motivations inconscientes, ou d'actes-répétition animés par la compulsion de répétition (reprises d'un traumatisme initial) ; quant aux actes du pervers, ils tendent à annuler toute intériorité. > lire la suite

 

Agression sexuelle

Titre : Psychothérapie psychodynamique des auteurs d’agressions sexuelles
Auteur : CLaude Balier
Source : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr
 
Les déviations sexuelles ont fait l’objet, de tout temps, de réactions affectives violentes qui occultent un essai de compréhension du phénomène. A la condamnation à être brûlés vifs des sodomites, a succédé au cours des âges l’emprisonnement du marquis de Sade et bien plus généralement, jusque dans les années récentes, un déni de la fréquence de tels actes, viols, incestes, pédophilie, exhibitionnisme… Du temps même de Freud parlant de l’enfant « pervers polymorphe », il était bien plus question du « pervers instinctif » de Dupré (1911), coupant court à toute analyse pathologique.
La célèbre réflexion de Freud : « la névrose est le négatif de la perversion », a pu laissé entendre que celle-ci était caractérisée par un comportement figé au niveau d’une régression à une pulsion partielle, inaccessible à une analyse. Or si le refoulement est effectivement absent, Freud a montré, avec le fétichisme (14) que d’autres systèmes défensifs étaient en cause, tel le déni de réalité et le clivage du Moi.
Au reste, le terme d’agression sexuelle dépasse largement celui de perversion. Et c’est ici que s’est instaurée une confusion qui a gêné le travail d’analyse clinique, en séparant ce qui était de l’ordre de la criminologie et de la psychiatrie.
J’ai souligné (Balier 1996) (4) à maintes reprises le fait que les classifications internationales des maladies mentales (DSM IV et CIM 10) ne considéraient le viol comme un trouble d’ordre psychiatrique que s’il était accompagné de sadisme, soit dans 10 % des cas. Le viol est pourtant l’exemple même de l’agression sexuelle, et le considérer simplement comme un dépassement des limites permises de l’acte sexuel est une aberration. Récemment un livre conçu au Quebec (21), contenant des chapitres de grande valeur écrits par des auteurs de diverses nationalités, avec comme objectif l’étude clinique et psychodynamique du passage à l’acte, a pris le parti d’éliminer les actes ayant pour support essentiel un « pôle délinquant », dans le souci de bien demeurer dans le fait psychiatrique. C’est donc renoncer à une étude globale de la personnalité pour comprendre la violence et séparer arbitrairement en deux l’individu en fonction de l’identité des intervenants, criminologues ou psychiatres. Tout se passe comme s’il n’y avait rien à comprendre dans ce « pôle délinquant », hormis l’impact des faits sociaux. Or précisément le renouveau de l’intérêt pour la compréhension psychologique des auteurs d’agressions sexuelles vient de la prise de conscience d’une augmentation significative des incarcérations de ces auteurs au cours des années 1989 à 1992 (5). > lire la suite

 

Aveu

Titre : Compulsion d’aveu et criminologie : "Le besoin d'avouer"
Auteur : Théodore Reik
Source : http://aejcpp.free.fr
 
Nous avons vu que, sous l'influence du monde extérieur et du surmoi, le besoin d'expression s'est transformé en une puissance psychique remarquable, la compulsion d'aveu. Celle-ci a sur la vie des êtres humains des conséquences qui méritent toute notre attention. Il serait fort intéressant d'étudier les diverses modalités d'expression de cette tendance en liaison avec les facteurs d'ordre varié qui les déterminent et d'en évaluer la signification dans tous les domaines de la vie individuelle et sociale.
Cette tâche déborderait toutefois largement le cadre de ces conférences, et comme je ne suis pas en mesure de pousser l'examen en profondeur, je me limiterai à attirer votre attention, au cours des causeries qui vont suivre, sur le rôle spécifique tenu par la compulsion d'aveu dans l'évolution et la structuration psychique de nos institutions sociales les plus importantes.
J'en profiterai pour mettre l'accent sur certains problèmes soulevés par l'analyse de ces différentes institutions dans cette perspective nouvelle, problèmes dont la solution incombe, évidemment, aux spécialistes respectifs de chaque domaine. D'un autre côté, je me permettrai de souligner que la théorie développée ici peut contribuer de façon décisive à répondre à ces questions qui relèvent d'autres branches du savoir.
Mes observations porteront en premier lieu sur la criminologie et le droit criminel ainsi que nous y conduit logiquement la convergence de plusieurs traits intrinsèques aussi bien externes qu'internes du matériel sur lequel nous travaillons. L'étroite connexion intime existant entre le besoin de punition en tant que phénomène affectif et le châtiment en tant que réalité sociale, entre l'aveu inconscient en tant que concept psychologique et l'aveu en tant que concept juridique, justifie la priorité que nous accordons à la criminologie. > lire la suite

 

Civilisation

Titre : La psychanalyse et le malaise dans la civilisation
Auteur : Marie-Jeanne Segers
Source : http://www.freud-lacan.com
 
Dès les premiers temps de sa découverte de la psychanalyse, Freud a porté sa pratique hors du cabinet privé. Par la suite, il ne refusera jamais que la psychanalyse prenne en considération d'autres domaines et d'autres situations issues du " malaise dans la civilisation ". Freud a exploré, tout au long de son oeuvre, les productions et les modes de penser humains. Il a démontré largement la fécondité de cette exploration, qu'il s'agisse du cas Schreber, de Léonard de Vinci, des études socio-anthropologiques, de Moïse, de l'art et de la religion.
En ce qui concerne l'intérêt de la psychanalyse pour la criminalité, la situation se présente actuellement d'une manière chaotique. Par exemple, Freud ne cite pas la criminalité parmi les extensions possibles de la psychanalyse. Il pose cependant deux crimes au fondement de l'humanité, le parricide et l'union incestueuse avec la mère, et leur interdit à l'articulation de la nature et de la culture. J. Lacan n'a pas traité longuement de la criminalité. Il débute cependant son oeuvre par l'étude d'un cas (Aimée) où une tentative d'homicide intervient dans le cadre d'une psychose paranoïde et par le commentaire du double crime des soeurs Papin. Ceci l'amène à faire état du mode " paranoïaque " de toute connaissance, ce qui donnera lieu au développement de son fameux " stade du miroir ". Enfin, il est l'auteur d'importantes contributions sur l'agressivité (1948) et la criminologie (1950). > lire la suite

 

Culpabilité

Titre : Le crime chez le jeune Lacan : petite note d’archéologie psychanalytique
Auteur : Markos Zafiropoulos
Source : http://213.161.196.111 (CAIRN)
 
Dès sa thèse de 1932 De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité [1], la question du crime est au cœur des recherches du jeune Lacan soutenant devant le jury de ses pairs la valeur de « cette discipline nouvelle qu’est la Psychanalyse » (T, 248) pour objectiver la loi des phénomènes psychologiques dont le sens ne s’attrape guère par la voie de l’intentionnalité, si ce n’est dans le registre de l’illusion que le clinicien doit bien se garder de partager avec son patient.
Écartant donc toute « projection psychologique », qui dans un tel domaine menace le praticien, Lacan prend son départ de la guérison clinique de sa patiente Aimée qui voit disparaître, vingt jours après son emprisonnement, le délire ayant motivé le coup porté contre « une des actrices les plus appréciées du public parisien » (T, 153).
Ce qui frappe Lacan, c’est la manière dont brutalement s’évanouit le délire d’Aimée. Et il remarque que cette chute de la conviction délirante s’observe chez « les délirants dits passionnels après accomplissement de leur hantise meurtrière » (T, 250), ce qui n’est pas exactement le cas de sa patiente car, pour Aimée, il faudra attendre vingt jours d’inclusion pénitentiaire dans le monde des délinquants pour qu’elle réalise son acte, qu’une mutation subjective opère et qu’elle laisse alors le délire en plan. > lire la suite (accès payant)

 

Guerre

Titre : LES ENFANTS DE LA GUERRE ONT-ILS LE VIRUS DE LA VIOLENCE ?
Auteur : Fériel Berraies Guigny
Source : http://www.palestine-solidarite.org
 
Au cours des cent dernières années, les questions relatives à la vulnérabilité psychologique des enfants exposés à la guerre, ont été soit ignorées, soit sujettes à controverse. Et cela, indépendamment de l’époque, des enjeux politiques et sociaux. Durant la première guerre mondiale, très peu d’études ont exposé le cas des enfants. Cet intérêt modéré s’explique par le manque de méthodes de recherche spécifiques à cet âge. Mais aussi par le fait qu’avant la seconde guerre mondiale, les conflits n’engageaient que les militaires et non la population civile. La seconde guerre mondiale, encore plus meurtrière que la première, avec ses 38 millions de morts, dont 20 millions de civils parmi lesquels 10 millions auront péri dans les camps de concentration et de déportation nazis, sera particulièrement pourvoyeuse en chocs psychiques. > lire la suite

 

Inconscient

Titre : Psychanalyse et criminologie
Auteur : Sandor Ferenczi
Source : http://aejcpp.free.fr
 
La découverte de la vie psychique inconsciente et l'élaboration d'une méthode d'exploration de celle-ci, principaux apports de la psychologie psychanalytique, ont révolutionné non seulement la psychiatrie mais aussi toutes les branches de ce qu'on appelle les sciences de l'homme. Ces découvertes ont d'ores et déjà produit des résultats surprenants dans les domaines de l'ethnologie, de la pédagogie et de la psychologie de la création et du plaisir artistiques.
L'Association Psychanalytique Internationale et son groupe local s'efforcent depuis 1908 de rendre la nouvelle méthode d'investigation et de recherche psychologiques - au départ un procédé purement médical - accessible à tous ceux qui cherchent à appliquer la science de Freud au vaste champ de la théorie et de la pratique.
Personne jusqu'à présent n'a entrepris de reconsidérer la sociologie à la lumière de la psychanalyse; les seuls travaux parus à ce sujet sont des essais fragmentaires ou des ouvrages très généraux. Il est urgent, à mon avis, que des personnes compétentes s'attaquent à cette tâche.
Mais nous n'avons pas le droit d'attendre que cette nouvelle science sociologique auxiliaire soit peu à peu établie sur ses fondations puis élaborée jusqu'au faîte. Il faut d'emblée inscrire au programme la recherche susceptible d'aboutir à des résultats pratiques importants. Je considère que l'élaboration d'une criminologie psychanalytique est une de ces tâches > lire la suite
 
Titre : L’inconscient du crime. La « criminologie freudienne »
Auteur : Paul-Laurent Assoun
Source : http://213.161.196.111 (CAIRN)

Il s’agit de dégager la problématique freudienne du crime en sa cohérence méconnue. Le lien du créateur de la psychanalyse à la criminologie naissante – de la méthode diagnostique des signes de culpabilité au procès Halsmann en passant par la question des « simulateurs » de guerre – permet de dégager, au-delà de tout portrait-robot de la « personnalité criminelle », la signification propre de l’acte criminel, en miroir de la culpabilité névrotique. Des « criminels par conscience de culpabilité » à la figure du criminel comme « monstre narcissique » et destructivité, effet désintricateur de la pulsion de mort, se dégage la position subjective du criminel, pris dans le discours social et dans le montage fantasmatique qui le vise. Cette déconstruction permet d’interroger la signification clinique différentielle de l’acte criminel, selon ses modalités névrotiques, psychotiques et perverses. La problématique du « meurtre du père » et son corrélat – le « criminel originaire » – permet de situer les enjeux du réel inconscient du crime. Un « retour à Freud » montre ainsi sa portée et sa fécondité, en contraste avec la « psychopathologisation » du criminel dont la psychanalyse est le prête-nom. > lire la suite (accès payant)

 

Psychiatrie

Titre : La psychiatrisation de la justice est-elle une bonne chose ?
Auteur : Collectif (dossier)
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com
 
De la loi sur la rétention de sûreté à la volonté de Rachida Dati qu'il y ait un psychologue dans le jury de sélection au concours d'entrée de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), la psychiatrie prend une place de plus en plus grande dans le domaine judiciaire. Est-ce une bonne chose ? Nouvelobs.com a interrogé des personnalités de tous bords sur le sujet.
Notre question :
- La psychiatrisation de la justice est-elle une évolution heureuse ou une dérive dangereuse ?
Les réponses :
Jean-Yves Le Borgne, avocat pénaliste au barreau de Paris, président de l'association des avocats pénalistes de France :
- "Cela traduit un phénomène qui fait que la délinquance ou la criminalité sont considérées comme une anomalie, c'est-à-dire comme une pathologie. Une pathologie sociale, certainement, mais une pathologie individuelle, cela est beaucoup moins sûr. Cela traduit aussi que la normalité serait une société sans criminalité. La conclusion logique de cette réflexion aboutit donc à une intervention des médecins de l'âme, c'est-à-dire des psychiatres. La rétention de sûreté est une manière de faire croire qu'on psychiatrise la justice. Mesdames et Messieurs les psychiatres, vous laisserez-vous ainsi instrumentaliser ?
On sait que la dangerosité psychiatrique (dans le sens où l'entendent les psychiatres) n'est pas dépourvue de fondements. En revanche, la dangerosité sociale ou criminologique peut être le fait de gens parfaitement normaux. Les deux concepts sont mélangés. A partir de là, si l'on estime que certains individus n'ont pas leur place dans la société lorsqu'ils ont purgé leur peine, il resterait alors une dangerosité attachée à leur personne. Que faire pour les empêcher de passer à l'acte ? On va trouver l'excuse psychiatrique pour aller au-delà de la peine demandée par le juge. On va demander d'évaluer une dangerosité qui n'est pas psychiatrique. Qu'est-ce que c'est que cette interrogation faite à un expert dans un domaine extérieur à son domaine d'expertise ? Par ailleurs, on va lui demander d'évaluer un risque, de lire dans l'avenir. Que va-t-il faire ? Qui des juges ou des psychiatres osera dire qu'il n'y a aucun risque à libérer tel ou tel individu ? Si, par je ne sais quel fait extraordinaire, un individu condamné ayant purgé sa peine et libéré sans rétention de sûreté, récidivait, que ferait-on ? On irait chercher le juge et le psychiatre qui l'avaient jugé apte à sortir en mettant en cause leur responsabilité ? Ils jugeront donc en craignant pour leur propre responsabilité.
Par ailleurs, les individus concernés par la rétention de sûreté ont été condamnés par la justice, donc ils ne sont pas dans une situation d'irresponsabilité pénale. Ils seraient assez normaux pour être condamnés, mais trop anormaux pour être libérés. Qu'est-ce que c'est que cette catégorie ?
Cela trouve son origine dans une philosophie de la peur. Nous avons posé comme principe premier la volonté de nos concitoyens, à savoir une société dans laquelle il ne se passe rien. Nous le souhaitons tous individuellement, mais c'est une illusion qui grandit au point de vouloir devenir universelle. Nous sommes dans une sorte d'enjeu social où il faut tuer le crime dans l'œuf, où la prison n'est plus une peine mais un lieu d'enfermement. La prison n'est plus le lieu où l'on punit un coupable, mais où l'on place ceux dont on veut se protéger. Au nom du principe de précaution, on oublie la liberté." > lire la suite

 

Vérité

Titre : Introduction théorique aux fonctions de la psychanalyse en criminologie
Auteur : J. Lacan et M. Cénac
Source : http://www.ecole-lacanienne.net

Si la théorie dans les sciences physiques n’a jamais réellement échappé à cette exigence de cohérence interne qui est le mouvement même de la connaissance, les sciences de l’homme parce qu’elles s’incarnent en comportements dans la réalité même de leur objet, ne peuvent éluder la question de leur sens, ni faire que la réponse ne s’impose en termes de vérité.
Que la réalité de l’homme implique ce procès de révélation, c’est là un fait qui fonde certains à penser l’histoire comme une dialectique inscrite dans la matière ; c’est même une vérité qu’aucun rituel de protection « behaviouriste » du sujet à l’endroit de son objet, ne châtrera de sa pointe créatrice et mortelle, et qui fait du savant même, voué à la « pure » connaissance, un responsable au premier chef.
Nul ne le sait mieux que le psychanalyste, qui dans l’intelligence de ce que lui confie son sujet comme dans la manœuvre des comportements conditionnés par la technique, agit par une révélation dont la vérité conditionne l’efficace.
La recherche de la vérité n’est-elle pas d’autre part ce qui fait l’objet de la criminologie dans l’ordre des choses judiciaires, et aussi ce qui unifie ses deux faces : vérité du crime dans sa face policière, vérité du criminel dans sa face anthropologique.
De quel apport à cette recherche peuvent être la technique qui guide notre dialogue avec le sujet et les notions que notre expérience a définies en psychologie, c’est le problème qui fera aujourd’hui notre (8)propos : moins pour dire notre contribution à l’étude de la délinquance – exposée dans les autres rapports – que pour en poser les limites légitimes, et certes pas pour propager la lettre de notre doctrine sans souci de méthode, mais pour la repenser, comme il nous est recommandé de le faire sans cesse, en fonction d’un nouvel objet. > lire la suite
 
Titre : La recherche de la vérité dans un crime : les sœurs Papin
Auteur : Max Kohn
Source : http://cairn.webnext.com
 
La recherche en psychanalyse à l’Université vise-t-elle la vérité ? À partir de l’exemple des recherches récentes sur le crime des sœurs Papin (Gourmel, 2000), et du doute qui se dégage sur les faits et le diagnostic, nous nous demanderons quelle est la vérité d’un crime ? La recherche en psychanalyse à l’Université est-elle un crime ? Où est la vérité ? Psychiatrie et psychanalyse retiennent des sœurs Papin, un cas d’école de délire à deux. Le Dr Logre pensait que la forme était induite par l’aînée, Jacques Lacan l’introduit en 1933 sous une forme simultanée, et 50 ans plus tard Jean Allouch, Erik Porge, Mayette Viltard y voient une double forme, induite par Christine chez Léa, et simultanée entre Clémence Derré et Christine. L’apport persécutif du délire à deux peut aussi tenir à la cadette, réplique de sa mère, plutôt qu’à une forme paranoïde de schizophrénie chez l’aînée. Que s’est-il passé dans le crime des sœurs Papin ? Un passage à l’acte dans une psychopathologie ou alors le tragique d’une vérité qui nous échappe ? Raison de plus de faire de la recherche en psychanalyse à l’Université et s’y employer avec doute et méthode. > lire la suite (payant)

 

 

 

 

Séminaire

IHEP

 

 

- PSYCHANALYSE ET CRIMINOLOGIE -

E.N.S. – 45, rue d’Ulm – Paris 5e

2007 : les mercredis 24 octobre, 28 novembre, 19 décembre
2008 : les mercredis 23 janvier, 13 février, 12 mars, 9 avril & 30 avril, 21 mai

20 h à 22 h — Salle Cavaillès

Alors que la psychanalyse a profondément influencé les sciences humaines et accompagné, dans les discours du moins, l’inflexion progressiste de la société, force est de constater à quel point elle est, au mieux, mal comprise, au pire, tout simplement détournée voire dévoyée.

La médiatisation outrancière des affaires criminelles où la sexualité est mise en cause reflète bien ce malentendu actuel profond qui entretient la confusion entre libération et liberté, droit des victimes et victimisation, troubles psychiques et désordres publics.

Ce qui relève de la sphère du privé, comme la sexualité, et qui autrefois ressortissait davantage à la morale et à l’éducation, se voit de plus en plus soumis au contrôle de l’État sans que soient clairement reconsidérées les notions essentielles de consentement, de traumatisme, de culpabilité inconsciente, de revendication victimaire. Les nouveaux dispositifs sécuritaires mis en place progressivement révèlent peu à peu les dysfonctionnements des institutions que l’on voudrait garantes de l’ordre public : la justice et la psychiatrie. L’on attend de ces dernières qu’elles apportent des solutions collectives là où une subjectivité responsable est au coeur du problème.

Chacune des séances de ce séminaire prendra pour thème une question actuelle qui sera envisagée d’un point de vue psychanalytique, criminologique, juridique — la psychanalyse nourrissant, sous le regard du droit, la réflexion de la criminologie clinique.

 
bulletMercredi 24 octobre 2007 — La sexualité aujourd’hui : libération ou liberté
bulletMercredi 28 novembre 2007 — Délits sexuels : classification, pénalisation et dépénalisation
bulletMercredi 19 décembre 2007 — Du côté des victimes : comment échapper à l’enfermement
bulletMercredi 23 janvier 2008 — Le traumatisme en question : effraction et fantasme
bulletMercredi 13 février 2008 — Secret et transparence : de nouvelles pathologies
bulletMercredi 12 mars 2008 — Le bilan des expertises : dangerosité et récidive
bulletMercredi 9 avril 2008 — L’obligation de soin : une contradiction dans les termes
bulletMercredi 30 avril 2008 — La culpabilité inconsciente : acte et agir, déni et identification projective
bulletMercredi 21 mai 2008 — Rapport hétérogène du juridique et du psychanalytique

 

 

 

 

 

 

 

29 février 2008

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