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Bien dire - Désir - Désir de l'analyste (1) - Désir de l'analyste (2) - Jouissance - Politique - Pratique sociale - Prochain - Psychanalyste - Silence - Sujet - Surmoi - Tragédie

 

 
 

Bien dire

Titre : L’éthique du Bien-dire
Auteur : Martin Pigeon
Source : http://www.elm.qc.ca
 
L’éthique, de toujours, se réfère à la question du Bien et à ses conditions d’accès. Elle interroge les limites à l’intérieur desquelles peut être jugée bonne une action ainsi que la raison qui préside à ce jugement.
Mais qu’entend-t-on par Bien ?
La position de Kant demeure sans doute encore celle qui illustre le mieux le statut qui est accordé au Bien : Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe d’une législation universelle[iii]. Est bien ce qui peut l’être pour tous.
L’universalité du Bien pose problème lorsque cet idéal ne parvient pas à être partagé de tous les membres de la société. L’histoire nous montre que ces derniers – à moins d’en être exclus, et les lieux d’exclusion ne manquent pas, comme l’a montré Foucault – sont forcés d’accepter le Bien, c’est-à-dire de renoncer à la réalisation de leur désir. Forcés par certains discours et ses effets : fascisme, capitalisme (société de consommation de biens), idéologies modernes (de gauche ou de droite), etc.
Actuellement, l’universalité du Bien relève du discours de la science. Le Bien est maintenant prouvé scientifiquement et ce, grâce au réel que la science arrive à cerner et à objectiver. Ce qui fait figure de Bien pour les gens de Hong Kong l’est donc aussi pour ceux de Chibougamau ! À l’heure de la globalisation, à l’heure où nous pouvons “ communiquer ” avec le monde entier tout en restant assis devant notre écran cathodique, s’amenuise la différence. Plus les moyens de communication se perfectionnnent, moins, dirait-on, la parole a de portée ! Plus la science se développe, moins il y a de prise de risque (sinon calculée, ainsi vend-on de l’assurance), moins il y a d’affrontement face à “ l’être-pour-la-mort ” (sinon par le biais d’une identification imaginaire, que ce soit à un Jacques Villeneuve, à un intellectuel engagé...) ; bref, plus les lieux potentiellement subjectivants diminuent. Ce que disait Lacan à propos du lieu d’appui de la science ne cesse de se démontrer : la forclusion de la subjectivité et de la vérité comme cause.
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Désir

Titre : Le désir est éthique
Auteur : Christian Hoffmann
Source : http://www.chez.com/apertura

Le projet de J. Lacan dans son séminaire sur l’Ethique (1), comme P. Lacoue-Labarthe (2) l’a clairement repéré, est de “ franchir la ligne ” (3). C’est par un “ retour à Antigone ” (4) que Lacan dans ce séminaire arrive à obtenir ce franchissement “ historiale ” qui consiste à “ fonder un au-delà de l’éthique du Bien — le désir est l’ennemi du bien, c’est-à-dire du plaisir — ce qu’il nommera l’éthique tragique de la psychanalyse ” (5).
En quoi ce “ franchissement ” de la ligne du Bien serait-il historique ? Force est de reconnaître maintenant un au-delà du “ malaise dans la culture ” de Freud. Le monde du bien s’est historiquement révélé comme celui du mal. Il y va donc dans le projet de Lacan d’un nouvel “ espoir ” (6). Le Beau serait un accès au champ de l’au-delà du Bien. L’écriture du mot Esthéthique — avec deux h — proposée par P. Lacoue-Labarthe, rend compte de cette visée de l’objet vers “ l’Autre Chose ” par le “ cerne ” et le “ lustre ” qui l’élève au Sublime (7).
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Désir de l'analyste (1)

Titre : SYMPTÔME, ÉTHIQUE et DÉSIR D'ANALYSTE
Auteur : Claude DUMÉZIL
Source : http://www.etatsgeneraux-psychanalyse.net
 
J'évoquerai la boutade de Lacan: "La Psychanalyse, c'est le traitement que l'on attend d'un psychanalyste". D'une telle formulation se dévoile une conception de la psychanalyse comme structure, celle de la cure.
Ce point est déterminant dans l'abord de la question du symptôme, aussi bien en clinique que dans ce que peut dire le psychanalyste du malaise, celui de la psychanalyse ou celui de la civilisation.
Le psychanalyste incarne une fonction, presque au sens mathématique du terme (et non au sens d'un fonctionnaire). L'opératoire de cette fonction dans la cure s'éclaire en considérant celle-ci comme une structure dynamique résultant de la rencontre, dans un espace transférentiel donné, de la structure initiale d'un patient avec un désir d'analyste.
Certaines analyses didactiques ou certaines "passes" soulignent une "symptômatisation" de ce désir dans son devenir et ses effectuations les moins discutables. Rappelons que Lacan formalisait la réalité psychique et le complexe d'Oedipe dans le symptôme comme quatrième élément nécessaire pour faire tenir l'enchaînement borroméen des trois registres Réel, Symbolique et Imaginaire dont on connait l'incidence dans le rapport au social et dans les variations de la clinique. > lire la suite

 

Désir de l'analyste (2)

Titre : L’éthique et le désir de l’analyste
Auteur : Annie Tardits
Source : www.cairn.info
 
En janvier 1964, quelques semaines après son excommunication et quelques jours avant la reprise de son séminaire, Lacan intitule sa communication au colloque d’Enrico Castelli sur « Technique et casuistique » : « Du “Trieb” de Freud et du désir du psychanalyste 1 ». Sur le fond d’une référence à l’analyse profane, il interroge : quel peut être le désir de l’analyste ? Quelle peut être la cure à laquelle il se voue ? » La notion d’un désir de l’analyste, à distinguer du désir de devenir analyste, sera déterminante dans l’invention par Lacan d’un nouveau dispositif pour la formation du psychanalyste, le dispositif de la passe. Si ce dispositif tente de cerner l’émergence de ce désir dans l’analyse et le tracé de l’acte qui le met en jeu, il peut être éclairant de cerner l’émergence de cette notion d’un désir que Lacan qualifiera en 1974 de « désir inédit » et de saisir son enjeu pour la formation des psychanalystes. > lire la suite

 

Jouissance

Titre : Ethique et jouissance
Auteur : Didier Moulinier
Source : Etudes-lacaniennes.net
 
L’éthique de la psychanalyse est une éthique du désir, un désir articulé à la jouissance au moyen de la parole. La parole est d’abord celle de la loi : “c’est la Loi qui ordonne de désirer tout en rendant inaccessible l’objet (absolu) du désir, la Chose" (Braunstein). La loi du désir se fonde sur une double négation. D’une part il y a l’interdiction, par l’instance paternelle, d’une jouissance de la mère ou même d’une satisfaction totale dans l’ordre sexuel, attendu qu’un tel “rapport” n’existe pas parce que la signification du Nom-du-père et plus généralement du Phallus, dans son unicité, c’est que justement le signifiant de la femme reste manquant. L’impossibilité de la jouissance absolue exige un déplacement de l’Œdipe et une radicalisation de la faute. S’il faut passer outre au désir de l’Autre réel (équivalant à la jouissance de la mère) pour désirer, alors le sujet est d’emblée en faute par rapport à cette jouissance première. D’autre part, après l’absence de la mère vient le meurtre du père et une culpabilité secondaire, la seule que l’on retienne généralement quand on évoque le complexe d’Œdipe. Mais justement il s’agit de ne pas en rester à une culpabilité œdipienne de type névrotique. Si elle interdit la jouissance de la mère, la loi du père commande de désirer sans préciser la nature de ce qui est désirable. En tant que parole cette loi ouvre un espace de discours et laisse “entendre” qu’une jouissance peut en découler, s’en détacher. > lire la suite

 

Politique

Titre : Psychanalyse : une passion politique
Auteur : Nicole-Edith Thévenin
Source : http://multitudes.samizdat.net
 
(Extrait) Lorsque Lacan s’interroge sur le statut éthique de la psychanalyse, nous répondons par une autre question l’inconscient a-t-il un fondement éthique ? Or l’inconscient n’est-ce pas ce qui échappe à tout fondement ? On peut en analyser les processus et mécanismes, on ne peut le réduire à une catégorie. Et lorsque Freud, épouvanté par la guerre, découvre la pulsion de mort inhérente à l’inconscient et que Lacan la lie à la jouissance, on peut dire que l’inconscient se moque de l’éthique.
La véritable éthique de l’inconscient ne se cherche pas dans ce qu’il est, mais dans, ce qu’il réfute, dans ce qu’il fait voler en éclats et ce qu’il produit, elle est dans le geste de sa découverte et de sa fondation. L’inconscient a bien un « fondement d’ordre épistémique » (Ph. Julien). Et c’est dans ce déplacement qu’il faut voir l’éthique de la psychanalyse. Elle fait de l’inconscient non plus l’envers du conscient, sa simple face cachée, mais un ailleurs structuré, un objet scientifique, elle inaugure un enjeu : celui de la vérité (Althusser). C’est sur ce déplacement de Freud que Lacan travaille, et lorsque Lacan travaille sur ce déplacement pour nous le faire entendre, il est lui-même obligé de se déplacer à l’intérieur des champs de forces idéologiques qui sont à l’oeuvre dans l’interprétation que l’on donne de la découverte freudienne pour la mieux « digérer ». Annexions diverses par la psychologie, la biologie, la philosophie, la sociologie... dont nous parle Althusser et qui signe la « retombée en enfance »[7] de la psychanalyse. Ce travail lacanien de différenciations et de démarcations, c’est un travail du politique. Il a des effets idéologiques et théoriques subversifs. C’est à suivre l’ordre de l’inconscient lui-même (en en construisant les concepts) que Lacan en restitue sa dimension radicale, c’est-à-dire politique, dans le sens où en effet politique veut dire dialectique. Dialectique ne signifie pas seulement qu’il n’y a pas de tout globalisant, mais renvoie à la question de ce qui fait écart (comment et pourquoi) là où l’on tendrait à fonder, et qui institue le contradictoire (l’inouï en ce sens, ou encore l’impossible), là où l’on voudrait la réconciliation et l’utopie. L’inconscient est donc un savoir « dys-harmonique » et « les formations de l’inconscient (symptôme, rêve, acte manqué, trait d’esprit) ont ce trait commun d’introduire une négativité » [8]. > lire le texte

 

Pratique sociale

Titre : L'association EFEPS (texte de présentation)
Auteur : EFEPS (Ethique freudienne et pratique sociale)
Source : http://www.lutecium.org
 
Nous procédons d’un constat. La pratique sociale traite avec le transfert, même et parce que son espace est distinct de celui des visées de la cure analytique. Ce constat trouve ses racines contemporaines au carrefour du domaine médico-social et de la psychanalyse. De la rencontre de ses deux espaces, pratiques et théoriques, naquirent les structures intermédiaires. Ces pratiques s’avèrent nouvelles non pas dans les formes de leurs organisations sociales ou médicales, mais par l’interrogation du praticien de sa présence auprès de ses clients. Le transfert devient ainsi le pivot d’une question celle du praticien dans ses rapports avec les autres
L’association EFEPS (Ethique freudienne et pratique sociale) a pour objet la mise au travail des pratiques sociales dans leur référence éthique à la psychanalyse. Le retour à Freud opéré par J. Lacan constitue le tranchant et le socle de cette référence.
Historiquement déjà son enseignement est à la source des premières structures intermédiaires : M. Manoni et B. Durey participèrent tous deux aux travaux de l’Ecole Freudienne de Paris, avant de créer les premiers lieux.
Mais surtout, l’enseignement structural de Jacques Lacan permet de situer des perspectives de conceptualisation de la pratique sociales et de ses effets, ratés compris. L’éthique du désir, loin de proposer un savoir aussi sophistiqué soit-il opère une articulation ou peuvent se penser les effets transférentiels de la pratique sociale, sans y coller les concepts analytiques forgés pour la cure. > lire la suite

 

Prochain

Titre : L'amour du prochain et la réponse freudienne
Auteur : Jean-Claude Encalado
Source : http://www.lacanian.net
 
Je me réfère ici à un ouvrage classique sur la question de l'amour du prochain dans la théologie chrétienne, "Eros et agapè" d'Anders Nygren (1). Ce, afin de montrer comment Freud reprend la problématique de cette loi paulinienne. Résumons donc rapidement ce livre.
La loi d'amour (agapè) dit: " Tu aimeras le seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur ", et " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. "
Cette loi n'est pas nouvelle ; elle se trouve déjà dans l'Ancien Testament. Mais le christianisme en donne un sens tout nouveau. En effet, dans le christianisme, ce commandement prend une portée universelle, là où, dans le judaïsme, elle n'était que particulière. " Ce que le judaïsme affirmait, le christianisme le niait. Alors que les juifs appliquaient à la lettre le principe de la justice distributive: "Oeil pour oeil, dent pour dent", le commandement de Dieu était: "Vous ne résisterez pas au mal" (Mathieu, 5, 38). Là où les juifs interprétaient le commandement d'aimer en disant: "Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi", le christianisme commandait: "Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent." "
Pour le juif, dit Nygren, l'amour de Dieu se déduit de la qualité du sujet: si le sujet est bon, juste, pieux, fidèle, il mérite nécessairement l'amour de Dieu. La qualité du sujet ainsi impose à l'Autre de l'aimer. Un lien étroit associe l'homme pieux à la loi de Dieu et à l'amour de Dieu. Il y a une solidarité entre ces termes. Inversement, l'impie, le pécheur, l'injuste contrevient à la loi de Dieu, et du coup ne mérite pas Son amour.
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Psychanalyste

Titre : De l'éthique du psychanalyste
Auteur : Antoine Fratini
Source : Guide du Mieux-Etre : De l'éthique du psychanalyste
 
Tout d'abord, la psychanalyse étant fondamentalement une forme particulière de conversation et de confrontation personnelle visant la connaissance de soi, un psychanalyste, même s'il se réclame d'une école spécifique, se doit de rester le plus libre possible dans l'orientation de ses pensées, intérêts et actions. Ceci afin de garantir l'authenticité de son écoute et de ses interventions auprès de ses analysants. Il doit en effet pouvoir parler et écouter de tout sans être dans l'obligation (qui peut être aussi bien intérieure comme exterieure à lui même, car les institutions psychanalytiques font souvent de la politique) de rendre des comptes à quelqu'un d'autre que lui. Il faut bien admettre, et c'est pour cette raison précisément que Lacan décida à un moment donné d'en finir avec l'école qu'il avait fondé à Paris, que ce qui se déroule dans les associations de psychanalyse, du fait des hiérarchies et des clans qui s'y produisent, tourne souvent à la comédie. On s'y forme à l'analyse dite "didactique" en sachant combien cela va vous couter dès le départ, aussi bien en termes économiques que de temps. > lire la suite

 

Silence

Titre : Le silence et l'éthique
Auteur : Francoise Fonteneau
Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/ecf-messager
 
(Extrait) Une éthique s’annonce, convertie au silence, par l’avenue non de l’effroi mais du désir ; et la question est de savoir comment la voie de bavardage de l’expérience analytique y conduit*. Lacan écrit cela dans un texte de 1960, l’année même ou il tient son Séminaire sur L’éthique de la psychanalyse. A cette époque, il déclare qu’aucune éthique ne semble évidente en ce qui concerne la psychanalyse, le psychanalyste. Qu’est-ce a dire ? Pas d’équivalent de serment d’Hippocrate, de déclaration des droits du patient et de l’analyste, de code juridique, etc. *Rien de plus qu’une vague déontologie assez discrète dans la mesure ou la société reste discrète aussi a son égard* et ou les institutions, du temps de Lacan en tous les cas, n’ont pas construit de système éthique visible. Lacan note toutefois deux choses : 1) que cette institution, du fait de son indépendance vis-a-vis des instances médicales et universitaires, a pu rester a l’écart ; qu’il s’agit alors pour elle, a une époque ou son savoir est beaucoup plus lie au savoir universitaire, de ne pas se compromettre dans de nouvelles ségrégations plus contemporaines, celle du savoir peut-etre ; 2) de ne pas perdre de vue le point fort de sa théorie et de sa pratique, *la subversion du sujet qu’annonce la psychanalyse* ; nous sommes dans la particularité et nous ne devons pas perdre de vue que c’est un sujet qui peut et doit surgir, et non pas quelqu’individu forge et adapte aux normes d’une société, d’une époque, de ses modes et désirs conformes. La psychanalyse doit donc pour cela, dit Lacan, forger une éthique. > lire le texte. > lire le texte

 

Sujet

Titre : Sur la psychanalyse et son éthique
Auteur : Paul Mathias
Source : http://www.cndp.fr/magphilo
 
La psychanalyse est une pratique, mais elle est également une pensée. Ce qui revient à postuler qu'elle ne met pas simplement en œuvre un ensemble de concepts techniques destinés à produire tels et tels effets thérapeutiques, mais qu'elle engendre une « vision du monde », et bien sûr une évaluation du rapport que les hommes entretiennent à leur milieu de vie et à leur civilisation. La psychanalyse ne consiste en ce sens pas seulement en un appareil épistémique d'action thérapeutique, mais bien en l'énoncé d'une vérité de l'Humanité et de l'homme en tant qu'Homme. Elle est une discipline recommandable, écrit Freud dans les Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse, « à cause de son contenu de vérité, à cause des lumières qu'elle nous donne sur ce qui concerne l'homme le plus directement, sur son être 1 ».
Un point essentiel est cependant que l'humanité est décrite dans la pensée psychanalytique en termes de sujet, celui-ci en termes de désir, et le désir en termes de discours. Et c'est à partir d'un tel postulat que la question formulée par Lacan dans le Séminaire de 1959-1960 atteint toute sa pertinence, quand il reconnaît que « nous nous trouvons devant la question de savoir ce que l'analyse permet de formuler quant à l'origine de la morale 2 ». Ce qui est une façon de provoquer la psychanalyse à énoncer une théorie éthique dans les termes et selon les exigences d'une pensée transcendantale, et non pas simplement comme la description symptomatologique d'habitudes culturelles. > lire la suite
 
 

Surmoi

Titre : Extrait d'un texte publié dans la revue La psychanalyse, 1961, N° 6, Perspectives Structurales, pp. 111-147
Auteur : Jacques Lacan
Source : http://aejcpp.free.fr/lacan
 
(Extrait) IV. POUR UNE ETHIQUE
J’ai réservé, pour conclure, la structure du Surmoi. C’est qu’on ne peut en parler qu’à prendre de plus haut la découverte freudienne, à savoir du point de vue de l’existence ; et d’y reconnaître jusqu’où l’avènement du sujet qui parle, relègue le sujet de la connaissance, celui dont la notion de l’intellect agent suffit à rappeler que ce n’est pas d’hier qu’il est mis en question dans sa dignité de personne. Ce n’est pas moi, je le remarque qui suis ici responsable de ramener quiconque au carrefour de la raison pratique.
Si la proposition de Kant s’y confirme qu’il n’est que deux instances où le sujet puisse voir figurée l’hétéronomie de son être, pour peu qu’il les contemple « avec étonnement et respect », et ce sont « la route étoilée au-dessus de lui, et la loi morale au dedans », les conditions pourtant ont changé d’où cette contemplation est possible.
Les espaces infinis ont pâli derrière les petites lettres, plus sûres à supporter l’équation de l’univers, et la seule voix au chapitre que nous puissions y admettre hors nos savants, est celle d’autres habitants qui pourraient nous en adresser des signes d’intelligence, – en quoi le silence de ces espaces n’a plus rien d’effrayant.
Aussi bien avons-nous commencé d’y vider nos poubelles, entendons à en faire cette fosse à déchets qui est le stigmate de « l’hominisation » sur la planète, depuis la préhistoire, ô paléontologue Teilhard, l’aviez-vous oublié ?
II en est de même pour la loi morale, et pour la même raison qui nous fait cheminer de langage à parole. Et découvrir que le Surmoi en son intime impératif est bien « la voix de la conscience » en effet, c’est-à-dire une voix d’abord, et bien vocale, et sans plus d’autorité que d’être la grosse voix : la voix dont un texte au moins de la Bible nous dit qu’elle se fit entendre au peuple parqué autour du Sinaï, non sans que cet artifice n’y suggère qu’en son énonciation elle lui renvoyait sa propre (147)rumeur, les Tables de la Loi n’en restant pas moins nécessaires à connaître son énoncé.
Or sur ces tables, rien n’est écrit pour qui sait lire hormis les lois de la Parole elle-même. C’est dire qu’avec la per-sona commence bien la personne, mais où la personnalité ? Une éthique s’annonce, convertie au silence, par l’avenue non de l’effroi, mais du désir : et la question est de savoir comment la voie de bavardage de l’expérience analytique y conduit.
Nous nous tairons ici sur sa direction pratique.
Mais théoriquement est-ce bien le dégagement du Moi qu’on peut lui donner pour but ? Et qu’en attendre, si ses possibilités, pour nous servir du terme de Daniel Lagache, n’offrent en vérité au sujet que l’issue trop indéterminée qui l’écarte d’une voie trop ardue, celle dont on peut penser que le secret politique des moralistes a toujours été d’inciter le sujet à dégager en effet quelque chose : son épingle au jeu du désir. L’humanisme à ce jeu n’est plus qu’une profession dilettante.
Noscit, il sait, porte-t-il la figure d’une élision d’ignoscit, dont l’étymologie montre qu’il n’a qu’un faux préfixe, en outre ne voulant pas dire un non-savoir, mais cet oubli qui consomme le pardon ?
Nescit alors, à n’y modifier qu’une lettre, nous laisserait-il à soupçonner qu’il ne contient de négation que feinte après coup (nachträglich) ? Qu’importe, puisque pareille à celles dont la constance a fait sourire dans les objets métaphysiques, cette négation n’est qu’un masque : des premières personnes. > lire le texte complet
 

Tragédie

Titre : LA FACE CACHÉE DE L'AMOUR. Investigation philosophique de la tragédie, à la lumière de la psychanalyse
Auteur : Denise MAURANO
Source : http://www.etatsgeneraux-psychanalyse.net
 
J'ai commencé ce travail à partir d'une investigation sur l'éthique de la psychanalyse qui a été le thème de mon livre Nef du désir. Lacan affirme que la philosophie de Freud «est fondamentalement anti-humaniste" et que «Freud est à situer dans une tradition réaliste et tragique, ce qui explique que c'est à sa lumière que nous pouvons aujourd'hui comprendre et lire les tragiques grecs.»1
J'ai voulu alors, rechercher la relation entre la psychanalyse et l'art tragique. Bien que ces deux champs ne constituent aucune vision totalisante du monde, ils posent des réflexions fondamentales sur la condition humaine, réflexions qui mettent en évidence une proximité structurelle importante entre eux. J'ai décidé de chercher dans l'uvre de Freud et de Lacan les éléments pour la construction d'une conception psychanalytique du tragique, qui pourraient servir à l'élucidation de l'éthique de l'intervention psychanalytique, autant en ce qui concerne la clinique, que dans ce qui se réfère à l'insertion de la pensée psychanalytique dans la culture.
Cette pensée, loin de se diriger vers l'apologie de l'homme et de ses faits, révèle le pathos, l'étonnement devant la confrontation avec la limite humaine, avec la limite de ce qui peut être vu, ou de ce que l'on peut savoir à propos de la condition humaine. Cette limite peut être désignée par le terme grec Atè. Ce terme, selon Lacan, signale le mobile de la vraie action tragique qui indique une certaine calamité fondamentale, face à laquelle le héros, poussé par le désir, ne se retient pas malgré le risque que son dépassement comporte. Il ne s'agit pas pour la psychanalyse d'aborder cette limite en tant qu'erreur, c'est à dire en tant qu'équivoque dans l'évaluation des valeurs comme le pensait Aristote. Il s'agit de quelque chose bien plus radical que cela, quelque chose qui intervient autant dans les tragédies que dans la psychanalyse. >
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30 décembre 2006

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