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Bien dire - Désir
- Désir de l'analyste (1) -
Désir de l'analyste (2) -
Jouissance - Politique -
Pratique sociale -
Prochain - Psychanalyste -
Silence - Sujet -
Surmoi - Tragédie
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Bien dire
- Titre : L’éthique du Bien-dire
- Auteur : Martin Pigeon
- Source :
http://www.elm.qc.ca
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L’éthique,
de toujours, se réfère à la question du Bien et à ses conditions
d’accès. Elle interroge les limites à l’intérieur desquelles peut être
jugée bonne une action ainsi que la raison qui préside à ce jugement.
Mais qu’entend-t-on par Bien ?
La position de Kant demeure sans doute encore celle qui illustre le
mieux le statut qui est accordé au Bien : Agis de telle sorte que la
maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe
d’une législation universelle[iii]. Est bien ce qui peut l’être pour
tous.
L’universalité du Bien pose problème lorsque cet idéal ne parvient pas à
être partagé de tous les membres de la société. L’histoire nous montre
que ces derniers – à moins d’en être exclus, et les lieux d’exclusion ne
manquent pas, comme l’a montré Foucault – sont forcés d’accepter le
Bien, c’est-à-dire de renoncer à la réalisation de leur désir. Forcés
par certains discours et ses effets : fascisme, capitalisme (société de
consommation de biens), idéologies modernes (de gauche ou de droite),
etc.
Actuellement, l’universalité du Bien relève du discours de la science.
Le Bien est maintenant prouvé scientifiquement et ce, grâce au réel que
la science arrive à cerner et à objectiver. Ce qui fait figure de Bien
pour les gens de Hong Kong l’est donc aussi pour ceux de Chibougamau ! À
l’heure de la globalisation, à l’heure où nous pouvons “ communiquer ”
avec le monde entier tout en restant assis devant notre écran
cathodique, s’amenuise la différence. Plus les moyens de communication
se perfectionnnent, moins, dirait-on, la parole a de portée ! Plus la
science se développe, moins il y a de prise de risque (sinon calculée,
ainsi vend-on de l’assurance), moins il y a d’affrontement face à “
l’être-pour-la-mort ” (sinon par le biais d’une identification
imaginaire, que ce soit à un Jacques Villeneuve, à un intellectuel
engagé...) ; bref, plus les lieux potentiellement subjectivants
diminuent. Ce que disait Lacan à propos du lieu d’appui de la science ne
cesse de se démontrer : la forclusion de la subjectivité et de la vérité
comme cause. >
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Désir
- Titre : Le désir est éthique
- Auteur : Christian Hoffmann
- Source :
http://www.chez.com/apertura
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Le projet de J. Lacan dans son séminaire sur l’Ethique (1), comme P.
Lacoue-Labarthe (2) l’a clairement repéré, est de “ franchir la ligne ”
(3). C’est par un “ retour à Antigone ” (4) que Lacan dans ce séminaire
arrive à obtenir ce franchissement “ historiale ” qui consiste à “
fonder un au-delà de l’éthique du Bien — le désir est l’ennemi du bien,
c’est-à-dire du plaisir — ce qu’il nommera l’éthique tragique de la
psychanalyse ” (5).
En quoi ce “ franchissement ” de la ligne du Bien serait-il historique ?
Force est de reconnaître maintenant un au-delà du “ malaise dans la
culture ” de Freud. Le monde du bien s’est historiquement révélé comme
celui du mal. Il y va donc dans le projet de Lacan d’un nouvel “ espoir
” (6). Le Beau serait un accès au champ de l’au-delà du Bien. L’écriture
du mot Esthéthique — avec deux h — proposée par P. Lacoue-Labarthe, rend
compte de cette visée de l’objet vers “ l’Autre Chose ” par le “ cerne ”
et le “ lustre ” qui l’élève au Sublime (7). >
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Désir de l'analyste (1)
- Titre : SYMPTÔME, ÉTHIQUE et DÉSIR D'ANALYSTE
- Auteur : Claude DUMÉZIL
- Source :
http://www.etatsgeneraux-psychanalyse.net
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- J'évoquerai la boutade de Lacan: "La Psychanalyse,
c'est le traitement que l'on attend d'un psychanalyste". D'une telle
formulation se dévoile une conception de la psychanalyse comme
structure, celle de la cure.
Ce point est déterminant dans l'abord de la question du symptôme,
aussi bien en clinique que dans ce que peut dire le psychanalyste du
malaise, celui de la psychanalyse ou celui de la civilisation.
Le psychanalyste incarne une fonction, presque au sens mathématique du
terme (et non au sens d'un fonctionnaire). L'opératoire de cette
fonction dans la cure s'éclaire en considérant celle-ci comme une
structure dynamique résultant de la rencontre, dans un espace
transférentiel donné, de la structure initiale d'un patient avec un
désir d'analyste.
Certaines analyses didactiques ou certaines "passes" soulignent une "symptômatisation"
de ce désir dans son devenir et ses effectuations les moins discutables.
Rappelons que Lacan formalisait la réalité psychique et le complexe
d'Oedipe dans le symptôme comme quatrième élément nécessaire pour faire
tenir l'enchaînement borroméen des trois registres Réel, Symbolique et
Imaginaire dont on connait l'incidence dans le rapport au social et dans
les variations de la clinique. >
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Désir de l'analyste (2)
- Titre : L’éthique et le désir de l’analyste
- Auteur : Annie Tardits
- Source :
www.cairn.info
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En janvier
1964, quelques semaines après son excommunication et quelques jours
avant la reprise de son séminaire, Lacan intitule sa communication au
colloque d’Enrico Castelli sur « Technique et casuistique » : « Du
“Trieb” de Freud et du désir du psychanalyste 1 ». Sur le fond d’une
référence à l’analyse profane, il interroge : quel peut être le désir de
l’analyste ? Quelle peut être la cure à laquelle il se voue ? » La
notion d’un désir de l’analyste, à distinguer du désir de devenir
analyste, sera déterminante dans l’invention par Lacan d’un nouveau
dispositif pour la formation du psychanalyste, le dispositif de la
passe. Si ce dispositif tente de cerner l’émergence de ce désir dans
l’analyse et le tracé de l’acte qui le met en jeu, il peut être
éclairant de cerner l’émergence de cette notion d’un désir que Lacan
qualifiera en 1974 de « désir inédit » et de saisir son enjeu pour la
formation des psychanalystes. >
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Jouissance
- Titre : Ethique et jouissance
- Auteur : Didier Moulinier
- Source : Etudes-lacaniennes.net
-
- L’éthique de la psychanalyse est une éthique du
désir, un désir articulé à la jouissance au moyen de la parole. La
parole est d’abord celle de la loi : “c’est la Loi qui ordonne de
désirer tout en rendant inaccessible l’objet (absolu) du désir, la
Chose" (Braunstein). La loi du désir se fonde sur une double négation.
D’une part il y a l’interdiction, par l’instance paternelle, d’une
jouissance de la mère ou même d’une satisfaction totale dans l’ordre
sexuel, attendu qu’un tel “rapport” n’existe pas parce que la
signification du Nom-du-père et plus généralement du Phallus, dans son
unicité, c’est que justement le signifiant de la femme reste manquant.
L’impossibilité de la jouissance absolue exige un déplacement de l’Œdipe
et une radicalisation de la faute. S’il faut passer outre au désir de
l’Autre réel (équivalant à la jouissance de la mère) pour désirer, alors
le sujet est d’emblée en faute par rapport à cette jouissance première.
D’autre part, après l’absence de la mère vient le meurtre du père et une
culpabilité secondaire, la seule que l’on retienne généralement quand on
évoque le complexe d’Œdipe. Mais justement il s’agit de ne pas en rester
à une culpabilité œdipienne de type névrotique. Si elle interdit la
jouissance de la mère, la loi du père commande de désirer sans préciser
la nature de ce qui est désirable. En tant que parole cette loi ouvre un
espace de discours et laisse “entendre” qu’une jouissance peut en
découler, s’en détacher. >
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Politique
- Titre : Psychanalyse : une passion politique
- Auteur : Nicole-Edith Thévenin
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
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- (Extrait) Lorsque Lacan
s’interroge sur le statut éthique de la psychanalyse, nous répondons par
une autre question l’inconscient a-t-il un fondement éthique ? Or
l’inconscient n’est-ce pas ce qui échappe à tout fondement ? On peut en
analyser les processus et mécanismes, on ne peut le réduire à une
catégorie. Et lorsque Freud, épouvanté par la guerre, découvre la
pulsion de mort inhérente à l’inconscient et que Lacan la lie à la
jouissance, on peut dire que l’inconscient se moque de l’éthique.
La véritable éthique de l’inconscient ne se cherche pas dans ce qu’il
est, mais dans, ce qu’il réfute, dans ce qu’il fait voler en éclats et
ce qu’il produit, elle est dans le geste de sa découverte et de sa
fondation. L’inconscient a bien un « fondement d’ordre épistémique » (Ph.
Julien). Et c’est dans ce déplacement qu’il faut voir l’éthique de la
psychanalyse. Elle fait de l’inconscient non plus l’envers du conscient,
sa simple face cachée, mais un ailleurs structuré, un objet
scientifique, elle inaugure un enjeu : celui de la
vérité (Althusser). C’est sur ce déplacement de Freud que Lacan
travaille, et lorsque Lacan travaille sur ce déplacement pour nous le
faire entendre, il est lui-même obligé de se déplacer à l’intérieur des
champs de forces idéologiques qui sont à l’oeuvre dans l’interprétation
que l’on donne de la découverte freudienne pour la mieux « digérer ».
Annexions diverses par la psychologie, la biologie, la philosophie, la
sociologie... dont nous parle Althusser et qui signe la « retombée en
enfance »[7] de la psychanalyse. Ce travail lacanien de différenciations
et de démarcations, c’est un travail du politique. Il a des effets
idéologiques et théoriques subversifs. C’est à suivre l’ordre de
l’inconscient lui-même (en en construisant les concepts) que Lacan en
restitue sa dimension radicale, c’est-à-dire politique, dans le sens où
en effet politique veut dire dialectique. Dialectique ne signifie pas
seulement qu’il n’y a pas de tout globalisant, mais renvoie à la
question de ce qui fait écart (comment et pourquoi) là où l’on tendrait
à fonder, et qui institue le contradictoire (l’inouï en ce sens, ou
encore l’impossible), là où l’on voudrait la réconciliation et l’utopie.
L’inconscient est donc un savoir « dys-harmonique » et « les formations
de l’inconscient (symptôme, rêve, acte manqué, trait d’esprit) ont ce
trait commun d’introduire une négativité » [8]. >
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Pratique sociale
- Titre : L'association EFEPS (texte de
présentation)
- Auteur : EFEPS (Ethique freudienne et pratique
sociale)
- Source :
http://www.lutecium.org
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- Nous procédons d’un constat. La pratique sociale
traite avec le transfert, même et parce que son espace est distinct de
celui des visées de la cure analytique. Ce constat trouve ses racines
contemporaines au carrefour du domaine médico-social et de la
psychanalyse. De la rencontre de ses deux espaces, pratiques et
théoriques, naquirent les structures intermédiaires. Ces pratiques
s’avèrent nouvelles non pas dans les formes de leurs organisations
sociales ou médicales, mais par l’interrogation du praticien de sa
présence auprès de ses clients. Le transfert devient ainsi le pivot
d’une question celle du praticien dans ses rapports avec les autres
L’association EFEPS (Ethique freudienne et pratique sociale) a pour
objet la mise au travail des pratiques sociales dans leur référence
éthique à la psychanalyse. Le retour à Freud opéré par J. Lacan
constitue le tranchant et le socle de cette référence.
Historiquement déjà son enseignement est à la source des premières
structures intermédiaires : M. Manoni et B. Durey participèrent tous
deux aux travaux de l’Ecole Freudienne de Paris, avant de créer les
premiers lieux.
Mais surtout, l’enseignement structural de Jacques Lacan permet de
situer des perspectives de conceptualisation de la pratique sociales et
de ses effets, ratés compris. L’éthique du désir, loin de proposer un
savoir aussi sophistiqué soit-il opère une articulation ou peuvent se
penser les effets transférentiels de la pratique sociale, sans y coller
les concepts analytiques forgés pour la cure. >
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Prochain
- Titre : L'amour du prochain et la réponse
freudienne
- Auteur : Jean-Claude Encalado
- Source :
http://www.lacanian.net
-
-
Je me réfère ici à un ouvrage classique sur la question de l'amour du
prochain dans la théologie chrétienne, "Eros et agapè" d'Anders Nygren
(1). Ce, afin de montrer comment Freud reprend la problématique de cette
loi paulinienne. Résumons donc rapidement ce livre.
La loi d'amour (agapè) dit: " Tu aimeras le seigneur, ton Dieu, de tout
ton coeur ", et " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. "
Cette loi n'est pas nouvelle ; elle se trouve déjà dans l'Ancien
Testament. Mais le christianisme en donne un sens tout nouveau. En
effet, dans le christianisme, ce commandement prend une portée
universelle, là où, dans le judaïsme, elle n'était que particulière. "
Ce que le judaïsme affirmait, le christianisme le niait. Alors que les
juifs appliquaient à la lettre le principe de la justice distributive:
"Oeil pour oeil, dent pour dent", le commandement de Dieu était: "Vous
ne résisterez pas au mal" (Mathieu, 5, 38). Là où les juifs
interprétaient le commandement d'aimer en disant: "Tu aimeras ton
prochain et tu haïras ton ennemi", le christianisme commandait: "Aimez
vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent." "
Pour le juif, dit Nygren, l'amour de Dieu se déduit de la qualité du
sujet: si le sujet est bon, juste, pieux, fidèle, il mérite
nécessairement l'amour de Dieu. La qualité du sujet ainsi impose à
l'Autre de l'aimer. Un lien étroit associe l'homme pieux à la loi de
Dieu et à l'amour de Dieu. Il y a une solidarité entre ces termes.
Inversement, l'impie, le pécheur, l'injuste contrevient à la loi de
Dieu, et du coup ne mérite pas Son amour. >
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Psychanalyste
- Titre : De l'éthique du psychanalyste
- Auteur : Antoine Fratini
- Source :
Guide du Mieux-Etre : De l'éthique du psychanalyste
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Tout
d'abord, la psychanalyse étant fondamentalement une forme particulière
de conversation et de confrontation personnelle visant la connaissance
de soi, un psychanalyste, même s'il se réclame d'une école spécifique,
se doit de rester le plus libre possible dans l'orientation de ses
pensées, intérêts et actions. Ceci afin de garantir l'authenticité de
son écoute et de ses interventions auprès de ses analysants. Il doit en
effet pouvoir parler et écouter de tout sans être dans l'obligation (qui
peut être aussi bien intérieure comme exterieure à lui même, car les
institutions psychanalytiques font souvent de la politique) de rendre
des comptes à quelqu'un d'autre que lui. Il faut bien admettre, et c'est
pour cette raison précisément que Lacan décida à un moment donné d'en
finir avec l'école qu'il avait fondé à Paris, que ce qui se déroule dans
les associations de psychanalyse, du fait des hiérarchies et des clans
qui s'y produisent, tourne souvent à la comédie. On s'y forme à
l'analyse dite "didactique" en sachant combien cela va vous couter dès
le départ, aussi bien en termes économiques que de temps. > lire
la suite
Silence
- Titre : Le silence et l'éthique
- Auteur : Francoise Fonteneau
- Source :
http://fr.groups.yahoo.com/group/ecf-messager
-
- (Extrait) Une éthique s’annonce, convertie au
silence, par l’avenue non de l’effroi mais du désir ; et la question est
de savoir comment la voie de bavardage de l’expérience analytique y
conduit*. Lacan écrit cela dans un texte de 1960, l’année même ou il
tient son Séminaire sur L’éthique de la psychanalyse. A cette époque, il
déclare qu’aucune éthique ne semble évidente en ce qui concerne la
psychanalyse, le psychanalyste. Qu’est-ce a dire ? Pas d’équivalent de
serment d’Hippocrate, de déclaration des droits du patient et de
l’analyste, de code juridique, etc. *Rien de plus qu’une vague
déontologie assez discrète dans la mesure ou la société reste discrète
aussi a son égard* et ou les institutions, du temps de Lacan en tous les
cas, n’ont pas construit de système éthique visible. Lacan note
toutefois deux choses : 1) que cette institution, du fait de son
indépendance vis-a-vis des instances médicales et universitaires, a pu
rester a l’écart ; qu’il s’agit alors pour elle, a une époque ou son
savoir est beaucoup plus lie au savoir universitaire, de ne pas se
compromettre dans de nouvelles ségrégations plus contemporaines, celle
du savoir peut-etre ; 2) de ne pas perdre de vue le point fort de sa
théorie et de sa pratique, *la subversion du sujet qu’annonce la
psychanalyse* ; nous sommes dans la particularité et nous ne devons pas
perdre de vue que c’est un sujet qui peut et doit surgir, et non pas
quelqu’individu forge et adapte aux normes d’une société, d’une époque,
de ses modes et désirs conformes. La psychanalyse doit donc pour cela,
dit Lacan, forger une éthique. > lire le texte. >
lire
le texte
Sujet
- Titre : Sur la psychanalyse et son éthique
- Auteur : Paul Mathias
- Source :
http://www.cndp.fr/magphilo
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- La psychanalyse est une pratique,
mais elle est également une pensée. Ce qui revient à postuler qu'elle ne
met pas simplement en œuvre un ensemble de concepts techniques destinés
à produire tels et tels effets thérapeutiques, mais qu'elle engendre une
« vision du monde », et bien sûr une évaluation du rapport que les
hommes entretiennent à leur milieu de vie et à leur civilisation. La
psychanalyse ne consiste en ce sens pas seulement en un appareil
épistémique d'action thérapeutique, mais bien en l'énoncé d'une vérité
de l'Humanité et de l'homme en tant qu'Homme. Elle est une discipline
recommandable, écrit Freud dans les Nouvelles
Conférences d'introduction à la psychanalyse, « à cause de son
contenu de vérité, à cause des lumières qu'elle nous donne sur ce qui
concerne l'homme le plus directement, sur son être
1 ».
Un point essentiel est cependant que l'humanité est décrite dans la
pensée psychanalytique en termes de sujet,
celui-ci en termes de désir, et le désir
en termes de discours. Et c'est à partir
d'un tel postulat que la question formulée par Lacan dans le
Séminaire de 1959-1960 atteint toute sa
pertinence, quand il reconnaît que « nous nous trouvons devant la
question de savoir ce que l'analyse permet de formuler quant à l'origine
de la morale
2 ». Ce qui est une façon de provoquer la psychanalyse à
énoncer une théorie éthique dans les termes et selon les exigences d'une
pensée transcendantale, et non pas simplement comme la description
symptomatologique d'habitudes culturelles. >
lire la suite
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Surmoi
- Titre : Extrait d'un texte publié dans la revue
La psychanalyse,
1961, N° 6, Perspectives Structurales, pp.
111-147
- Auteur : Jacques Lacan
- Source :
http://aejcpp.free.fr/lacan
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- (Extrait) IV. POUR UNE ETHIQUE
- J’ai réservé, pour conclure, la structure du Surmoi.
C’est qu’on ne peut en parler qu’à prendre de plus haut la découverte
freudienne, à savoir du point de vue de l’existence ; et d’y reconnaître
jusqu’où l’avènement du sujet qui parle, relègue le sujet de la
connaissance, celui dont la notion de l’intellect agent suffit à
rappeler que ce n’est pas d’hier qu’il est mis en question dans sa
dignité de personne. Ce n’est pas moi, je le remarque qui suis ici
responsable de ramener quiconque au carrefour de la raison pratique.
Si la proposition de Kant s’y confirme qu’il n’est que deux instances où
le sujet puisse voir figurée l’hétéronomie de son être, pour peu qu’il
les contemple « avec étonnement et respect », et ce sont « la route
étoilée au-dessus de lui, et la loi morale au dedans », les conditions
pourtant ont changé d’où cette contemplation est possible.
Les espaces infinis ont pâli derrière les petites lettres, plus sûres à
supporter l’équation de l’univers, et la seule voix au chapitre que nous
puissions y admettre hors nos savants, est celle d’autres habitants qui
pourraient nous en adresser des signes d’intelligence, – en quoi le
silence de ces espaces n’a plus rien d’effrayant.
Aussi bien avons-nous commencé d’y vider nos poubelles, entendons à en
faire cette fosse à déchets qui est le stigmate de « l’hominisation »
sur la planète, depuis la préhistoire, ô paléontologue Teilhard,
l’aviez-vous oublié ?
II en est de même pour la loi morale, et pour la même raison qui nous
fait cheminer de langage à parole. Et découvrir que le Surmoi en son
intime impératif est bien « la voix de la conscience » en effet,
c’est-à-dire une voix d’abord, et bien vocale, et sans plus d’autorité
que d’être la grosse voix : la voix dont un texte au moins de la Bible
nous dit qu’elle se fit entendre au peuple parqué autour du Sinaï, non
sans que cet artifice n’y suggère qu’en son énonciation elle lui
renvoyait sa propre (147)rumeur, les Tables de la Loi n’en restant pas
moins nécessaires à connaître son énoncé.
Or sur ces tables, rien n’est écrit pour qui sait lire hormis les lois
de la Parole elle-même. C’est dire qu’avec la per-sona commence bien la
personne, mais où la personnalité ? Une éthique s’annonce, convertie au
silence, par l’avenue non de l’effroi, mais du désir : et la question
est de savoir comment la voie de bavardage de l’expérience analytique y
conduit.
Nous nous tairons ici sur sa direction pratique.
Mais théoriquement est-ce bien le dégagement du Moi qu’on peut lui
donner pour but ? Et qu’en attendre, si ses possibilités, pour nous
servir du terme de Daniel Lagache, n’offrent en vérité au sujet que
l’issue trop indéterminée qui l’écarte d’une voie trop ardue, celle dont
on peut penser que le secret politique des moralistes a toujours été
d’inciter le sujet à dégager en effet quelque chose : son épingle au jeu
du désir. L’humanisme à ce jeu n’est plus qu’une profession dilettante.
Noscit, il sait, porte-t-il la figure d’une élision d’ignoscit, dont
l’étymologie montre qu’il n’a qu’un faux préfixe, en outre ne voulant
pas dire un non-savoir, mais cet oubli qui consomme le pardon ?
Nescit alors, à n’y modifier qu’une lettre, nous laisserait-il à
soupçonner qu’il ne contient de négation que feinte après coup (nachträglich)
? Qu’importe, puisque pareille à celles dont la constance a fait sourire
dans les objets métaphysiques, cette négation n’est qu’un masque : des
premières personnes. > lire le texte complet
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Tragédie
- Titre : LA FACE CACHÉE DE L'AMOUR. Investigation
philosophique de la tragédie, à la lumière de la psychanalyse
- Auteur : Denise MAURANO
- Source :
http://www.etatsgeneraux-psychanalyse.net
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J'ai commencé ce travail à partir d'une investigation sur l'éthique de
la psychanalyse qui a été le thème de mon livre Nef du désir. Lacan
affirme que la philosophie de Freud «est fondamentalement
anti-humaniste" et que «Freud est à situer dans une tradition réaliste
et tragique, ce qui explique que c'est à sa lumière que nous pouvons
aujourd'hui comprendre et lire les tragiques grecs.»1
J'ai voulu alors, rechercher la relation entre la psychanalyse et l'art
tragique. Bien que ces deux champs ne constituent aucune vision
totalisante du monde, ils posent des réflexions fondamentales sur la
condition humaine, réflexions qui mettent en évidence une proximité
structurelle importante entre eux. J'ai décidé de chercher dans l'uvre
de Freud et de Lacan les éléments pour la construction d'une conception
psychanalytique du tragique, qui pourraient servir à l'élucidation de
l'éthique de l'intervention psychanalytique, autant en ce qui concerne
la clinique, que dans ce qui se réfère à l'insertion de la pensée
psychanalytique dans la culture.
Cette pensée, loin de se diriger vers l'apologie de l'homme et de ses
faits, révèle le pathos, l'étonnement devant la confrontation avec la
limite humaine, avec la limite de ce qui peut être vu, ou de ce que l'on
peut savoir à propos de la condition humaine. Cette limite peut être
désignée par le terme grec Atè. Ce terme, selon Lacan, signale le mobile
de la vraie action tragique qui indique une certaine calamité
fondamentale, face à laquelle le héros, poussé par le désir, ne se
retient pas malgré le risque que son dépassement comporte. Il ne s'agit
pas pour la psychanalyse d'aborder cette limite en tant qu'erreur, c'est
à dire en tant qu'équivoque dans l'évaluation des valeurs comme le
pensait Aristote. Il s'agit de quelque chose bien plus radical que cela,
quelque chose qui intervient autant dans les tragédies que dans la
psychanalyse. >
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30 décembre 2006 |