Etudes lacaniennes

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Antisémitisme - Exil - Freud - Lacan - Sionisme - Talmud

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Antisémitisme

Titre : Psychanalyse de l'antisémitisme contemporain (compte-rendu)
Auteur : Gilbert Guindon
Source : http://assr.revues.org 
 
La revue Pardès est un espace multidisciplinaire de réflexion sur les questions juives. Le numéro 37, consacré au thème de l'antisémitisme contemporain selon la perspective psychanalytique, présente, sous la direction de Shmuel Trigano, les textes de onze psychanalystes qui explorent la manifestation d'un phénomène permanent mais cyclique, celui de la crise antisémite observée en Europe depuis l'année 2000. Certes, le problème a une dimension sociale et politique, mais il va au-delà de la crise du Moyen-Orient. La psychanalyse est appelée à éclairer ce qui se trame dans la conscience européenne mais aussi dans l'inconscient collectif. Manifestation symbolique des mythes, haine des origines, meurtre du Père, conflits psychiques..., à défaut de trouver des réponses, la psychanalyse offre une multitude d'explications.
Guy Sapriel reprend la question des mythes et du fonctionnement inconscient de l'assimilation entre les images pathogènes du Père et le juif. L'antisémitisme serait une trace mnésique universelle et transgénérationelle dont l'expression permanente varie selon les circonstances sociopolitiques. Georges Gaghnochi met l'emphase sur la compulsion de répétition qui agit dans la dénonciation de la puissance juive pour expliquer les injustices envers le monde arabo-mulsuman. La piste explorée par Jean-Pierre Winter est celle de la perversion devant l'incomplétude de l'être : l'antisémitisme sert à reconstituer l'unité devant l'autre. Selon Olivier Nicolle, il faut regarder du côté des réactions défensives archaïques qui s'expriment face à l'angoisse identitaire d'une construction collective faisant du juif un traître aux desseins belliqueux. > lire la suite

 

Exil

Titre : L’exil : une métaphore du cheminement analytique
Auteur : Monique Selz
Source : http://www.cairn.info/revue-le-coq-heron
 
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me faut donner quelques éléments historiques à l’origine de ma démarche.
Questionner les rapports existant entre psychanalyse et judaïsme remonte à la période de mes premiers pas dans la psychanalyse. C’est en effet au cours de ma première analyse que je fus amenée à m’interroger sur ce que signifiait pour moi être juive. Je me souviens d’ailleurs de l’effet formidablement stimulant qu’avait eu sur moi le livre d’A. Finkielkraut, Le juif imaginaire [1]. C’était comme une brutale ouverture vers des lieux restés jusque-là inexplorés, mais qui m’attiraient avec force.
En effet, mon enfance et mon adolescence m’avaient plutôt orientée vers les sentiers ombragés du christianisme, c’est du moins ainsi qu’ils m’apparaissaient alors, comme une façon de masquer ou d’obturer cette inscription juive qui était la mienne, de quelque côté de ma famille que je me tourne. Je sais bien que je ne suis pas la seule de ma génération à qui est arrivé ce genre d’aventure, de détournement d’origine, dirais-je.
Ce que je veux spécifier ici, c’est à quel point l’expérience analytique, sur ce sujet-là entre autres, fut pour moi la découverte, la rencontre, la prise de contact avec quelque chose dont on m’avait en quelque sorte exilée : ma judéité. > lire la suite
 

 

Freud

Titre : Judéité, errance et nomadisme : sur le devenir juif de Freud
Auteur : Betty Bernardo Fuks
Source : http://www.cairn.info/revue-essaim
 
Si nous voulons approcher cette question épineuse de la relation entre psychanalyse et judaïsme, maintes fois exploitée de façon discutable par ceux qui prétendaient psychanalyser le judaïsme, judéiser la psychanalyse ou construire d’ennuyeuses psychobiographies sur le maître de Vienne, il nous faut introduire dans la discussion le terme judéité [1]. À la différence du terme judaïsme englobant l’ensemble des traditions culturelles et religieuses d’un peuple et ne désignant comme juifs que les personnes nées d’une mère juive ou converties à la religion judaïque, la judéité signifie le mode particulier selon lequel une personne s’affirme en tant que juif. Renvoyant à quelque chose de strictement subjectif, ce mot exprime la manière dont tout un chacun définit, par l’originalité de certains traits, le judaïsme.
Il nous faut également tenir compte de la définition proposée par J. Derrida : se fondant, du point de vue conceptuel, sur la lecture qu’il donne lui-même de la lettre de Freud à Fliess, connue comme Lettre 52, où il met en évidence l’idée freudienne que le psychique est l’effet d’inscriptions qui insistent et se répètent, causant effort de liaison, de recréation constante d’un trait, Derrida considère la judéité comme une expression qui fonde un acte, une manière de devenir autre. Il s’agit d’un devenir [2], c’est-à-dire d’un mouvement à travers lequel le sujet s’implique dans une désidentification, dans la rupture de modèles fixes et immuables et dans l’exil ininterrompu de soi-même. En d’autres termes, la judéité renvoie à la recherche permanente du non-identique par le sujet, à une construction qui échappe aux contingences de la naissance : il s’agit d’une expérience d’étrangeté. > lire la suite

 

Lacan

Titre : Grandeur et limites de LACAN interrogeant le judaïsme
Auteur : Gérard Haddad
Source : http://psythere.free.fr
 
Nous, lacaniens, sommes nés du schisme qui s’est produit en 1963 dans l’institution psychanalytique. Pour la plupart d’entre nous, et pour moi en particulier, sans ce schisme, nous n’aurions sans doute jamais pu devenir analystes. Le riziculteur que j’étais au moment de ma première rencontre avec Lacan aurait-il jamais pu postuler à une analyse didactique auprès de l’Institut de psychanalyse de Paris ?
De même que l’interrogation du moment de surgissement de la psychanalyse, tel qu’on peut en particulier le saisir à travers les lettres de Freud à Fliess, est une démarche souvent féconde, il m’a semblé qu’interroger le schisme d’où émergea le lacanisme est une démarche essentielle, nécessaire. Je m’étonne donc que cette démarche n’ait pas suscité plus de curiosité chez les « lacaniens ».
Pourquoi Lacan a-t-il été dépossédé de sa fonction de didacticien si brillamment assurée jusque là, a-t-il été « excommunié » comme il aimait dire ? Ce qui est étrange, c’est qu’il a lui-même proposé son interprétation de cet acte dramatique, qu’il l’a répété, mais que, là aussi, cela n’intéresse pas les lacaniens.
C’est à ce scotome bien symptomatique que j’ai donc décidé de m’attaquer et que j’ai tenté de traiter en deux ouvrages qui forment un diptyque, le récit de mon analyse, paru sous le titre « Le jour où Lacan m’a adopté », et l’interrogation de la question du judaïsme dans l’œuvre de Lacan, objet de cet ouvrage « Le péché originel de la psychanalyse », les deux étant étroitement articulés, le premier formant la propédeutique du second, la définition du lieu d’où je parle en tant que sujet. > lire la suite

 

Sionisme

Titre : Freud, le judaïsme et le sionisme
Auteur : Sadi Lakhdari
Source : http://www.cairn.info/revue-outre-terre
 
Le conflit israélo-palestinien n’aura pas épargné le monde de la recherche ni celui de la psychanalyse. Une lettre de Freud au docteur Chaim Koffler, directeur du Keren Ha-Yesod de Jerusalem [1] datée du 26 février 1930 est à l’origine d’une âpre controverse où Michael Molnar, directeur du Freud Museum de Londres, s’est vu accusé de propagande propalestinienne pour sa traduction. Une deuxième traduction a donc été mise sur le site du musée ainsi que diverses réactions dont celle de la psychanalyste new-yorkaise Yudit Jung [2]. L’incident est révélateur des passions soulevées par tout ce qui touche de près ou de loin à Israël et à la Palestine et qu’il faudra peut-être un jour analyser froidement en profondeur. La position de Freud telle qu’elle a été diversement interprétée devenait brusquement fondamentale pour appuyer l’un ou l’autre camp. Peu importe que Freud se soit déclaré peu enclin à tout engagement passionnel, rejetant tout fanatisme partisan. Ce qui compte, c’est de trouver une autorité qui cautionne une prise de position sans nuances, même si celle-ci est aux antipodes de la pensée freudienne. Cette réaction est d’autant plus étonnante que tout au long de sa vie Freud a été assez clair par rapport au judaïsme et au sionisme : depuis ses premières lettres à sa fiancée Martha Bernays jusqu’à sa dernière œuvre importante L’Homme Moïse et la religion monothéiste publiée l’année de sa mort en 1939. Dans cet ouvrage qui a déconcerté plus d’un lecteur, Freud tente de rechercher les racines de l’adoption du monothéisme par le peuple hébreu en l’attribuant à l’action d’un grand homme, Moïse, qu’il suppose égyptien et qui aurait imposé aux Hébreux une religion dérivée de celle d’Akhenaton après la mort de ce dernier. > lire la suite

 

Talmud

Titre : « Contes talmudiques » et « Le Jour où Lacan m’a adopté » de Gérard Haddad
Auteur : Lise Willar
Source : http://ecrits-vains.com
 
Michel Volle, docteur en histoire économique, a dit du livre de Gérard Haddad : «Ce livre se lit d'un trait. La phrase d'Haddad est classique. Il nous épargne le jargon dont d'autres psychanalystes se servent pour singer la profondeur. Cela facilite la lecture rapide ainsi que l'accès à une pensée, à une expérience. Le style histrionique, les calembours de Lacan m'avaient repoussé. Haddad fait découvrir d'autres facettes de cet homme : le chercheur solitaire et sérieux, le maître conscient des ambitions de ses élèves, le psychanalyste qui s'efforce de libérer ses patients de la peur de la mort et des caprices de l'affectivité. Selon Lacan, ‘ il n'y a pas que la psychanalyse. [Certains règlent leur] conflit dans la vie réelle.’ Je ne suis pas féru de psychanalyse, mais je comprends que des personnes qui souffrent de névrose en aient besoin. C'était le cas de Haddad. Lacan n'était pas juif mais passionné par le judaïsme. Il avait lu ‘ Israël et l'humanité’ d'Elijah Benamozegh, livre capital. Il a encouragé Haddad, alors agnostique, à renouer avec sa religion. Haddad passera par une crise mystique, par le sionisme etc. Il vivra quelques années en Israël où il rencontrera Yeshayahou Leibowitz qui sera son second maître. Haddad a choisi ses maîtres avec un instinct très sûr. » > lire la suite

 

 

 

 

Lire

 

 

Les montages hébreux - qui se fondent sur la Bible, le Talmud, la littérature... - s'élaborent bizarrement en une vaste mémoire qui se transmet à travers une certaine faille de l'identité. Les montages " psy " sont aussi une mémoire, celle de chacun, qui s'explore, s'étudie, et transmet parfois, outre des symptômes, une certaine faille porteuse de vie. Entre ces deux types de " montages ", quelles résonances ? Qu'est-ce qui fait tenir une transmission symbolique ? Qu'est-ce qui entretient une tradition ? N'est-ce que la culpabilité ? Ou autre chose de plus vivant ? Et si la Loi n'était pas que celle du père ? Et si ce qui la porte n'était pas la seule peur de la faute ?
 

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Ecouter

 

 

Emission de France Culture "Les vivants et les dieux" sur le thème "psychanalyse et judaïsme" ;

invité : Gérard Haddad

 

 

 

 

03/05/2008

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