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Géométrie (1) -
Géométrie (2) -
Géométrie (3) - Inconscient (1) -
Inconscient (2) - Lettres
- Nombres - Raison
graphique - Science
Géométrie (1)
- Titre : Entretien avec Alain Cochet
- Auteur : Alain Cochet et Giancarlo Calciolari
- Source :
http://www.transfinito.eu
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- (Extrait) - Pouvez vous dire quelle est la
parabole de votre recherche dans vos deux livres, Lacan géomètre et
Nodologie lacanienne?
Avec Lacan géomètre, il s’agit d’une convergence de trajectoires
entre le développement des mathématiques au cours de l’histoire et le
développement des concepts dans l’enseignement de Lacan. On peut s’en
étonner, mais je m’explique. Il y a d’abord chez Lacan la découverte de
l’imaginaire, qui met en évidence les effets spéculaires, notamment, la
formation du Moi, le sujet anticipant dans l’image spéculaire ce qui le
complète comme unité. Ensuite, il y a la découverte du symbolique chez
Lacan. Il montre quel l’être humain n’est pas uniquement pris dans
l’imaginaire comme l’est l’animal, par exemple. L’homme est dépendent de
chaînes symboliques qui le déterminent, et pas seulement à la naissance,
mais bien avant celle-ci.
Ensuite, progressivement dans son enseignement, vient la question du
réel, celle de sa place. Qu’est ce que le réel? C’est l’ impossible,
nous dit-il. Impossible à imaginairiser, impossible à symboliser. Le
réel est ce qui revient toujours à la même place. C’est un peu comme ça
qu’il le définit dans un premier temps. Ce réel fuit toujours, quelque
soit ce qu’on entend en faire.
Or, si on suit l’histoire des mathématiques, on ne peut qu’être frappé
par l’identité de trajectoire. On a dans un premier temps quelque chose
qui se trouve relié à l’imaginaire : la géométrie grecque, euclidienne
ou pré euclidienne dans certains éléments. Puis vient un intérêt
particularisé pour les nombres. Cela vient beaucoup plus tard, et émerge
de la culture arabe. Les indiens, entre temps, inventent le zéro.
On voit apparaître l’algèbre chez les arabes, soit une certaine façon de
faire de la grammaire avec les nombres. Mais le maniement de l’algèbre,
c’est aussi un enseignement sur les modes métaphoriques et métonymique
de calculer à partir des nombres. Il y a là un rapport à faire avec le
langage, qui bien sûr est marqué par des métaphores et de métonymies.
L’important est que l’algorithme soit référé, chez Al Kowaritzmi, à la
notion d’inconnue. Quelque chose nous porte vers un sens à découvrir.
Bien sûr, encore aujourd’hui, nous avons du mal à définir ce qu’est un
nombre. Comment se fait-il que le langage véhicule des nombres, se
demande Lacan ? >
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Géométrie (2)
- Titre : Lacan et la géométrie. Réponse d’Alain
Cochet
- Auteur : Alain Cochet
- Source :
http://www.transfinito.eu
-
-
"Tout ce qui pour chacun de nous constitue la réalité, la réalité dont
on ne peut pas ne pas tenir compte, la réalité de la concierge, la
réalité du copain, la réalité du voisin, la réalité de... du fait que
vous êtes là à m’écouter, Dieu sait pourquoi, enfin : tout ça c’est du
fantasme.Il n’y a aucune autre raison à aucun de vos actes présents,
passés comme futurs, que du fantasme, hein ! Vous vous croyez obligés de
faire des trucs qui ressemblent à ce que fait le voisin.
L’accès au réel, ce n’est pas commode en raison de ça. Heureusement,
dans les coins où l’on s’y attendrait le moins, à savoir au niveau où
l’on déconne si bien, dans la logique, il arrive de temps en temps qu’on
serre les choses d’un peu plus près, d’un peu plus sérieux et, Dieu
merci, il y a là la mathématique, et alors on arrive à s’apercevoir de
ce que je vous ai dit tout à l’heure, c’est-à-dire qu’il y a des
impasses.
L’impossible, il n’est que là que nous pouvons avoir une petite idée de
ce qui serait un réel qui ne serait pas fantasmatique. On ne voit pas
autrement où nous pourrions en avoir la moindre idée.
C’est donner une très grande portée à cet appareil, de premier abord si
décevant, qu’est le langage.
Le langage signifie, et comme chacun sait, ça va pas loin.
On peut même lui donner quelque chose qui aille au-delà de la
signification, c’est-à-dire essayer de lui donner un sens : et à la
vérité on n’a encore jamais rien trouvé de mieux que de lui donner le
sens de la jouissance. >
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Géométrie (3)
- Titre : Les non dupes errent
- Auteur : Jacques Lacan
- Source :
http://perso.orange.fr/espace.freud
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- (Extait) -
More geometrico.
La géométrie, enfin, la plus bête de la terre, celle qu'on vous a
enseignée au lycée, n'est-ce pas, celle qui procède du découpage à la
scie de l'espace : vous sciez l'espace en deux, puis après ça l'ombre de
sciage vous la coupez par une ligne, n'est-ce pas, et après ça vous
marquez un point... bon ! C'est quand même amusant, n'est-ce pas que
more geometrico ait paru comme ça pendant des siècles être le modèle de
la logique. Je veux dire que c'est ce que Spinoza écrit en tête de
l'Ethique. Enfin, c'était comme ça avant que la logique en ait pris
quand même certaines leçons, des leçons telles qu'on en est quand même
arrivé à vider l'intuition, n'est-ce pas, et que, actuellement, c'est
quand même à l'extrême enfin que, dans un livre de mathématiques, de ces
mathématiques modernes enfin que l'on sait exécrables, au dire de
certains, on peut se passer pendant beaucoup de chapitres de la moindre
figure. Mais quand même, et c'est bien là l'étrange, on y vient. On
finit toujours par y venir.
Alors j'avance, j'avance ceci pour vous cette année : on y vient, on y
vient toujours, ce n'est pas parce que la géométrie se fait dans
l'espace intuitif, n'est-ce pas, la géométrie des Grecs enfin, dont on
peut dire que... c'était pas mal, mais enfin que ça cassait pas les
manivelles.
C'est pour une autre raison qu'on y vient.
Singulièrement, je vous la dirai : c'est qu'il y a trois dimensions de
l'espace habité par le parlant et que ces trois dit-mansions, telles que
je les écris, s'appellent le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel. C'est
pas tout à fait comme les coordonnées cartésiennes, c'est pas parce
qu'il y en a trois, ne vous y trompez pas. Les coordonnées cartésiennes
relèvent de la vieille géométrie. C'est parce que... c'est parce que
c'est un espace, le mien, tel que je le définis de ces trois
dit-mansions, c'est un espace dont les points se déterminent tout
autrement. Et c'est ce que j'ai essayé, comme ça dépassait peut-être mes
moyens, c'est peut-être ça qui m'a donné l'idée de laisser tomber la
chose, c'est une géométrie où les points, pour ceux qui étaient là,
j'espère, l'année dernière, dont les points se déterminent du coinçage
de ce dont vous vous souvenez peut-être, que j'ai appelé "mes ronds de
ficelle".
Parce qu'il y a peut-être un autre moyen que de faire un point, que de
commencer par scier l'espace et puis ensuite déchirer la page, et puis
avec la ligne qui, on ne sait pas d'où, flotte entre les deux, casser
cette ligne et dire : c'est là le point, c'est-à-dire nulle part,
c'est-à-dire rien. C'est peut-être s'apercevoir que, rien qu'à en
prendre trois de ces ronds de ficelle tel que je vous l'ai expliqué,
quand ils sont trois, bien que si vous en coupiez un, les deux autres ne
sont pas liés, ils peuvent, rien que d'être trois, avant ce trois les
deux restant séparés, rien que d'être trois, se coincer de façon à être
inséparables... D'où le coinçage. Le coinçage s'écrit quelque chose
comme ça : à savoir, que si vous tirez quelque part sur un quelconque de
ces ronds de ficelle, vous voyez qu'il y a un point, un point qui est
"quelque part par là" où les trois se coincent.
C'est un petit peu différent de tout ce qu'on a élucubré jusqu'ici more
geometrico, car ça exige, car ça exige qu'il y ait trois ronds, trois
ronds de ficelle, quelque chose d'autrement consistant que ce vide avec
lequel on opère sur l'espace.
Il en faut trois, toujours, en tout cas pour déterminer un point.
Je vous réexpliquerai ça mieux encore, c'est-à-dire en long et en large,
mais je vous fais remarquer que ça part, ça part, cette notion, d'une
autre façon d'en opérer avec l'espace, avec l'espace que nous habitons
réellement... si l'inconscient existe.
Je pars d'une autre façon de considérer l'espace et qu'en qualifiant ces
trois dimensions, en les épinglant des termes mêmes que j'ai paru
jusqu'ici fortement différencier des termes de Symbolique, d'Imaginaire
et de Réel, ce que je suis en train d'avancer, c'est qu'on peut les
faire strictement équivalents.
C'est une question que se pose Freud à la fin de la Science des rêves, à
l'avant-dernière page : il se pose la question de ce en quoi ce qu'il
appelle, et on voit bien qu'il ne l'appelle plus avec tellement de
certitude, qu'il ne l'épingle plus de quelque chose qui la séparerait,
ce qu'il appelle réalité, qu'il qualifie de "psychique": qu'est-ce que
ça peut avoir à faire avec le réel ?
Alors là, il vacille, il vacille encore un peu, et il s'accroche à la
réalité matérielle, mais qu'est-ce que ça veut dire, la "réalité
matérielle" dans ses rapports avec la "réalité psychique" ? >
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Inconscient (1)
- Titre : Lacan, l’Inconscient et les Mathématiques.
Variations sur la logique de l’inconscient
- Auteur : Agnès SOFIYANA
- Source :
http://www.psychanalyse-paris.com
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- Aristote (384-322 av. J-C.) était étudiant à
l’Académie de Platon et il s’était fait remarqué par le maître qui
l’avait surnommé « intelligence ».
Il se distinguait particulièrement en logique, où il surpassait son
maître. La logique, à l’école de Platon, était définie comme l’art de
raisonner. Que ce soit dans le domaine des mathématiques ou dans celui
de la rhétorique, la logique était utilisé comme un art de convaincre
par le discours. Comme le disait Leibniz, « la démonstration est un
raisonnement par lequel une proposition devient certaine ». L’art
d’Aristote consistait déjà à explorer les formes de pensées susceptibles
d’aboutir à une proposition dont on ne puisse mettre en doute la
véracité.
Devant le talent d’Aristote, Platon le chargea d’enseignement de la
rhétorique et de la culture générale. Au fil des ans, Aristote se
détacha du maître allant parfois jusqu’à le critiquer ouvertement.
Peut-être peut-on y voir là le meurtre du père symbolique ?
Plus tard, Aristote s’installe sur l’île de Lesbos - l’île de Sappho -
et fonde sa propre école où il enseigne les sciences et la philosophie.
Il consacre la majorité de son temps à l’étude de la biologie, et des
animaux en particulier, et met au point une méthode de recherche
efficace et rigoureuse. Il prône l’observation systématique des faits
avant toute réflexion. Ainsi, il dissèque, vivisectionne, découpe,
tripatouille, etc. de petits cadavres d’animaux.
C’est dans son ouvrage intitulé plus tard par Diogène Laërce (poète et
doxographe grec - début 3ème siècle) Traités de logique ou Organon
(instrument, méthodologie du savoir) qu’Aristote expose de manière
systématique les formes de la pensée et de la démonstration comme
conditions de la science. Ce traité est resté la référence occidentale
de la logique jusqu’au 19ème siècle. >
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Inconscient (2)
- Titre : L'amour du tout aujourd'hui
- Auteur : Jean-Michel Vappereau
- Source :
http://www.eetopologie.org
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- L’inconscient, Freud nous dit qu’il s’agit du premier
trait caractérisant la psychanalyse. Nous voulons souligner par là
combien il importe pour le discours analytique de disposer d’une
définition correcte de l’inconscient.
Pour Lacan l’Ics. freudien devient le parlêtre, en quoi il dit bien
qu’il faut l’entendre comme ce qui paraît toujours pour celui qui ne
peut que paraître. Qu’il paraisse avec constance, nous voulons le
montrer. De ce paraître, nous entendons donner ici la formulation
mathématique la plus réduite. Encore faut-il la présenter au lecteur.
Parler du premier trait caractéristique, — Freud parle du premier
Schibboleth de la psychanalyse —, laisse supposer qu’ils y en aient
d’autres. Il y en a un autre, c’est la sexualité.
Depuis Freud, elle se présente sous l’aspect insupportable de la
castration... Nous montrons ce dont il retourne, en démontrant comment
cette énigme se résout en une condensation, comme l’illustre chaque
métaphore. Nous donnons donc les premiers linéaments d’une mathématique
de la structure de la métaphore, telle qu’elle ne doive plus rien à
l’analogie.
De plus, d’eux deux, l’un ne va pas sans l’autre.
Les définitions de l’Ics et de la castration... s’éclairent à approcher
la psychanalyse par les voies d’une logique. Traitant du langage sous
l’aspect de la vérité du discours, la logique est depuis peu devenue
mathématique.
Pour ceux qui ignorent la pratique des mathématiques, ce serait une
erreur que de prendre les mathématiciens pour des calculateurs prodiges
et de confondre les mathématiques elles-mêmes avec une vaste
comptabilité, tant il ne s’agit pas en mathématiques de puissance de la
pensée. Il est certain qu’elles s’assurent de l’exactitude de leurs
écritures et que le chiffrage du nombre y joue un rôle éminent. Bien
plus juste est de constater pourtant, qu’il n’y est toujours question
que de trouver la formule la plus pertinente6, de préférence la plus
réduite, par la construction même d’une nouvelle lettre s’il le faut,
qui convient dans chaque cas, à chaque problème posé, largement au-delà
de l’arithmétique. Pratique de laquelle je dois, aussi, et du même
geste, tenter d’indiquer l’accès au lecteur. >
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Lettre
- Titre : Les petites lettres des mathématiques
- Auteur : Alain Cochet
- Source :
http://home.tele2.fr/lacanmaths/lettre.html
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- On peut sans doute dire que le surgissement d'une
doctrine du mathème chez Lacan modifie la relation qu'il entretient
jusque là avec les mathématiques. Cette relation a été constante. Pour
mémoire, on citera l'intérêt pour l'optique géométrique dans les
premiers textes, pour la théorie des jeux dans leur articulation à
l'intersubjectivité, pour la cybernétique naissante au moment de la
première description du Symbolique, pour les logiques d'Aristote, de
Boole, de Peirce, de Frege...
Si le mathème se conforme au paradigme mathématique, il est censé
assurer la transmissibilité intégrale du savoir. Or, la transmissibilité
dans le mathème est directement articulée à la lettre. Et c'est bien la
littéralité dans la mathématique que Lacan cherche à cette époque à
promotionner.
La lettre est d'abord à différencier du signifiant. Le signifiant n'a
d'existence que dans sa différence avec d'autres signifiants : il fait
partie d' un système marqué par la négativité. Le signifiant n'est pas
identique à soi, il n'est que pour un autre signifiant. Sa meilleure
définition est qu'il représente un sujet pour un autre signifiant.
La lettre, quant à elle, n'évolue pas dans un système de négativité,
elle est positive dans son ordre: elle a une physionomie, un support
sensible, un réfèrent, etc.... Elle est déplaçable et empoignable, et
donc transmissible. Elle transmet ce dont elle est le support, à la
différence du signifiant qui ne transmet rien, mais représente
seulement.
La lettre apparaît également comme effet de discours, et non comme
condition de possibilité de discours. "L'écrit ne subsiste que si
j'emploie à le présenter la langue dont j'use" dit Lacan (Sem. XX, p.
168). Le signifiant est premier, et la lettre n'intervient que comme
effet du jeu des signifiants dans un discours. >
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Nombres
- Titre : Nombres premiers, vrais réels ?
- Auteur : Alain Cochet
- Source :
http://www.transfinito.net
- Lacan revient à de nombreuses reprises sur la
question de la présence du nombre au sein du langage. La présence du
nombre y est présentée comme faisant trou dans la texture du Symbolique.
Il y a bien évidemment quelque audace à soutenir qu’il existe un rapport
possible entre le champ de la théorie des nombres en mathématiques et
celui de la psychanalyse. Nous allons pourtant développer ici l’idée
qu’il existe une homologie entre le déploiement des nombres dits «
premiers », que nous ferons relever d’une dimension de « réel du nombre
», et ce qui relève du « mystère de l’inconscient », comme s’exprime
Lacan, à savoir le réel auquel la psychanalyse a affaire à partir des
dires de l’analysant et des symptômes qu’il manifeste.
Commençons par cette indication lacanienne selon laquelle les
mathématiciens travaillent, effectuent des constructions, à partir d’un
matériau numérique dont l’essence leur échappe radicalement :
« On n’a pas fini, et on ne finira guère avant un certain temps,
d’épiloguer sur le statut des nombres entiers, mais la question de la
place, ontologique ou non, de ces nombres est totalement étrangère à
l’expérience du discours mathématique en tant qu’il opère avec eux, et
qu’il peut faire cette opération double -un, se construire et, deux, se
formaliser»(1).
- Lacan revient d’ailleurs à de nombreuses reprises sur
la question de la présence du nombre au sein du langage. La présence du
nombre y est présentée comme faisant trou dans la texture du Symbolique.
Pourtant, ce ne sont pas les nombres dits « réels » en mathématiques qui
causent cet inaccès à l’ontologie des nombres. Ceux-ci sont en effet des
constructions qui supposent un maniement symbolique très rigoureux. Non,
ce qui a des effets de réel, c’est la suite des entiers elle-même. >
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Raison graphique
- Titre : Pulsion et raison graphique
- Auteur : Dominique Inarra
- Source :
http://www.cairn.info
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- Il s’agit d’apercevoir la pulsation temporelle et de
réaliser qu’elle constitue une dimension caractéristique, fondamentale
de la découverte et de l’expérience analytique. Apercevoir la pulsation
fait appel à la représentation. On la conçoit habituellement comme
psychique, mentale et l’on oublie couramment la dimension graphique à
laquelle nous nous référons sans cesse. Nous voilà donc assigné à la
tâche d’expliquer en raison cette écriture, renouveler la
cristallisation tranchante et décisive dans laquelle Freud trouve la
raison d’aller au-delà de l’expérience immédiate, ce que l’on appelle
aujourd’hui la raison freudienne.
Expliquer en termes de raison une écriture, c’est faire appel à ce que
l’on nomme la raison graphique. Il y a en effet une raison graphique à
l’œuvre dans la raison freudienne. Les analystes d’enfants le démontrent
tous les jours.
Comment considérer le fait que Freud et bien plus encore Lacan aient eu
recours à des opérations graphiques pour tracer le mouvement de leur
pensée ? J’entends par graphique ce qui se représente par des lignes,
des figures, des points, des dessins dans une surface.
Si on considère l’œuvre de Freud sur le plan de ses constructions
graphiques, on ne peut pas manquer de s’étonner lorsque l’on réalise
qu’elles se laissent classer en deux genres. Les unes ont une structure
en arbre (ex. : l’Esquisse, le schéma perceptionconscience de la lettre
52, les schémas de la Traumdeutung ); ces formations graphiques
témoignent toujours de l’effort de Freud pour saisir la structure, elles
sont linéaires. Les autres ont une structure en boucle comme le schéma
du manuscrit M qui montre le travail analytique à accomplir sur la
structure hystérique, travail qui consiste en un nombre de boucles (Schleifen)
et le schéma dit « sexuel » du manuscrit G où il montre le
fonctionnement circulaire de la tension sexuelle qui lui permet de
distinguer la mélancolie de la neurasthénie et la névrose d’angoisse. >
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Science
- Titre : Mathématiques avec Lacan
- Auteur : Nathalie Charraud
- Source :
http://www.tribunes.com
Nous aurions pu espérer, de la part de deux éminents
professeurs de physique qui se sont donnés le mal de lire une grande
partie de la littérature des études sociales de la science, un livre
stimulant et rafraîchissant, mettant en garde contre les excès éventuels
du relativisme et du postmodernisme, dans la foulée de la parodie que l'un
d'eux avait réussi à faire publier dans Social Text. Hélas, il n'en est
rien ! La mauvaise foi et le pire des effets pervers de l'éducation
scientifique telle qu'elle est inculquée dans les facultés des sciences
l'ont emporté sur l'humour et le désir éventuel d'éclairer le lecteur.
Nous sommes loin des dialogues fructueux entre Einstein et Cassirer, entre
Bergson et Bohr, entre Pascal et Fermat, entre philosophie et épistémè
tout au long des siècles, depuis l'Antiquité, et notamment, tout au long
de la période des Lumières qui est invoquée comme modèle de la rationalité
à plusieurs reprises par les auteurs. Ces derniers colportent, bien à
l'encontre des Lumières, les idéaux scientifiques dans leurs acceptions
les plus plates et les plus étroites, à faire étouffer toute once de
créativité.
Heureusement, le rôle de la science dans la Culture ne se réduit pas à
celui de gendarme de la pensée. Au contraire, Jakobson par exemple
reconnaissait des "affinités fondamentales" entre les arts, les sciences
et la nouvelle science linguistique, dans un article sur Einstein et le
langage : "Ceux d'entre nous qui s'occupaient du langage apprirent à
appliquer le principe de la relativité aux opérations linguistiques ; nous
étions normalement attirés dans cette direction par le développement
spectaculaire de la physique moderne et par la théorie et la pratique du
cubisme en peinture, où tout est fondé sur la relation et l'interaction
entre les parties et les totalités, entre la couleur et la forme, entre la
représentation et le représenté. Braque déclarait : "Je ne crois pas aux
choses, je ne crois qu'à leurs relations." (2) Jakobson évoque encore "des
similarités, mais aussi des clivages d'opinion fort instructifs".
"Peut-être les concordances les plus parlantes entre l'innovation en
physique et l'innovation en linguistique contemporaine sont-elles ces
coïncidences qui semblent dues à une évolution purement indépendante et
convergente. Ce genre de correspondances latentes révèle que ces sciences
différentes suivent des cours qui sont dans une grande mesure parallèles".
>
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13/06/2008 |