Etudes lacaniennes

un site de  Didier Moulinier

 

 

 

Nietzschéisme

 

 

Psychanalyse et ...

 

Accueil
Anti-psychiatrie
Anthropologie
Art
Criminologie
Déconstruction
Ethique
Internet
Judaïsme
Littérature
Mathématiques
Nietzschéisme
Phénoménologie
Psychothérapie
Sciences sociales
Théâtre
Théologie
Topologie
Traduction

 

 

 

 

 
 

 

 

Catharsis

Titre : Philologie grecque et formation de la théorie psychanalytique : Sigmund Freud et Theodor Gomperz
Auteur : Jacques Le Rider
Source : http://www.cairn.info
 
(Extrait) - L’étape suivante du « destin allemand » de la catharsis est La Naissance de la tragédie de Nietzsche. Au chapitre 22, Nietzsche rend hommage à Goethe, tout en revenant à une conception plus proche de la lettre d’Aristote et en reprenant des thèmes schopenhauériens : la catharsis est à présent définie comme un « déchirement intime » qui trouve sa résolution dans une « primordiale et suprême joie artistique au sein de l’Un-primordial », joie de l’anéantissement et de l’engloutissement de l’existence [2]. (...)
Entre Goethe et Nietzsche, le chaînon le plus important de la discussion sur la catharsis avait été Jacob Bernays ( 1824-1881), l’oncle de Martha Freud. Dans sa thèse publiée en 1857, Grundzüge der verlorenen Abhandlung des Aristoteles über Wirkung der Tragödie (« Aspects fondamentaux du traité perdu d’Aristote sur l’effet de la tragédie [4]»), Bernays renouvelait l’interprétation de la Poétique d’Aristote. Disons-le d’emblée : Bernays excita l’ire et l’antisémitisme de bien des experts qui lui reprochaient de réduire l’idéal culturel qu’aurait formulé Aristote à des platitudes matérialistes et médicales et de ravaler les édifiantes satisfactions morales éprouvées par le spectateur de la tragédie à un vulgaire plaisir. (...)
Nietzsche connaissait évidemment très bien cet écrit et les autres travaux de Jacob Bernays. Dans sa correspondance, on trouve quelques allusions très critiques et méprisantes à Bernays : Nietzsche n’appréciait pas ce philologue qui avait, avec Usener, pris la succession de son maître Ritschl à l’université de Bonn [6], même s’il concédait que Bernays était le plus brillant de sa génération [7]. C’est surtout cette lettre de Nietzsche à Erwin Rohde, datée de Bâle, le 7 décembre 1872, qui frappe par sa dureté et ses pointes antisémites : « Mon livre [ La Naissance de la tragédie] est effectivement épuisé. Dernière nouvelle : Jacob Bernays a déclaré que ce ne sont que ses idées, seulement sous une forme très exagérée. Je trouve ça divinement impudent de la part de ce Juif cultivé et intelligent, mais j’y vois aussi un signe amusant du fait que “les malins à la ronde” ont déjà flairé quelque chose. Les Juifs sont partout, et sur ce terrain également, en avance, tandis que ce brave Allemand d’Usener reste dans le brouillard, bête à cornes à la traîne du troupeau [8]. »
On le voit, Nietzsche n’avait pas encore surmonté le point de vue antisémite qui constituait un véritable « code culturel » de l’époque bismarckienne. Le document est doublement intéressant : d’une part, il signale une constante de la réception des thèses de Bernays sur la catharsis, consistant à critiquer « l’esprit juif » qui parlerait à travers elles; d’autre part il attire l’attention sur une indéniable convergence entre Nietzsche et Bernays. Mais qui dit convergence entre Nietzsche et Bernays, dit aussi convergence entre Nietzsche et Freud… C’est un exemple de plus de cette proximité mêlée de répulsion qui caractérise l’attitude de Freud envers Nietzsche, une attitude que je crois indissociable de l’identité juive de Freud [9]. > lire le texte

 

Freudisme

Titre : Freud et Niezsche (4è de couverture du livre)
Auteur : Paul-Laurent Assoun
Source : Quadrige (PUF), 1998
 
(1998) - "Freud et Nietzsche". Cette conjonction a été perçue et accréditée depuis longtemps, à vrai dire dès l'origine de la psychanalyse, dès qu'on s'est avisé des résonances d'une oeuvre et d'un verbe à l'autre. Comment ne pas percevoir, au moins intuitivement, à quel point tel énoncé nietzschéen "sonne freudien ... Mais le fil de l'analogie, si obstinément tissé soit-il, n'en est que plus ténu, d'avoir comme l'ouvrage de Pénélope à être éternellement défait et dénoué. Il faut décidément passer de l'analogie à la confrontation [...]. Cela suppose en premier lieu de rapporter la confrontation Nietzsche-Freud au contexte global du rapport du fondateur de la psychanalyse à la philosophie et aux philosophes [...]. Dans une seconde perspective, il faut restituer à Nietzsche son privilège... la relation à Nietzsche engage jusquà l'identité du projet freudien qui trouve à se définir par position et opposition, donc " en parenté " à ce projet philosophique privilégié [...]. C'est vers la rencontre personnelle de Freud et de Nietzsche qu'il convient de s'orienter, préalable pour affronter la confrontation systématique des thèmes et des pensées. Instinct et Pulsion - Psychologie nietzschéenne et psychanalyse freudienne - Amour et sexualité - Inconscient et conscience - Le rêve et le symbolisme - Névrose et moralité - Culture et civilisation - La thérapeutique : la transvaluation et la loi - Volonté de Puissance et Pulsion de mort. Qu'était la philosophie, qui étaient les philosophes pour le fondateur de la psychanalsye ?

 

Généalogie

Titre : La place de Nietzsche dans la généalogie de la psychanalyse
Auteur : Thierry Simonelli
Source : http://www.psychanalyse.lu
 
J'ai choisi le terme de « place » à dessein. Il ne s'agira pas de rechercher une influence directe de Nietzsche sur Freud, ni de déterminer la fonction de la pensée nietzschéenne au sein de la théorie psychanalytique. Mon approche reste extérieure. Je ne m'intéresserai qu'à la place qu'occupe Nietzsche dans le mouvement historico-philosophique du déclin de la philosophie transcendantale en Allemagne. Je reprendrai à mon compte la perspective de la généalogie de la psychanalyse développée par Odo Marquard (I)[1]. Par la suite, je m'intéresserai de plus près à un certain nombre de textes de Nietzsche (II), afin d'y faire surgir une position philosophique qui me permettra d'esquisser très brièvement une nouvelle perspective historique sur la psychanalyse (III). > lire la suite

 

Idiotie

Titre : Freud, La parole vagabonde
Auteur : Jean-Paul Dollé
Source : http://www.magazine-litteraire.com
 
En Lou Salomé se rejoignent les trois enjeux de notre temps : Freud, la poésie (Rilke) et le désespoir de pensée (Nietzsche). Lou Salomé un jour dit à Freud : Mon cher Sigmund, vous avez manqué votre vocation ; vous auriez dû être artiste. Freud dit, comme toujours : vous avez raison, admettant que l'analyse est une sorte d'art.
La psychanalyse est le symptôme que ça ne pense plus, qu'il n'y a plus rien dans la tête, parce qu'il y a un Freud, qui s'en rend mieux compte que les autres, parce qu'il est un « raté ». Dès son origine, la parole psychanalytique est une parole brouillée, comme on dit que les œufs sont brouillés. Freud dit encore : « J'ai tout appris dans Schreber ». Qu'est-ce qui fait que je ne suis pas le Président Schreber, qu'est-ce qui fait que ce que je dis n'est pas le délire du Président Schreber ? Rien ne me l'assure. D'ailleurs ce que je dis, c'est peut-être un Président Schreber sans hystérie et qui fait rire.
Qu'est-ce qu'on fait quand on est un « idiot » et qu'on n'est pas bête ? On fait un groupe. A l'époque il y en a deux. Il y en a un qui est moins « idiot » que Freud, mais plus bête que Freud, c'est Lénine, et puis il y a Freud qui, en plus de son « idiotie », a la judaïté qui lui colle à la peau.
La psychanalyse c'est cet homme-là, qui a fait cette pensée-là, cette « idiotie-là », cet acte héroïque de dire sa misère, de dire son « imbécillité », de n'avoir même plus peur de son amour-propre, de considérer que la parole ne sert à rien. Simplement, peut-être, à se mouiller. Il était dans la plus profonde solitude, dans le plus profond tragique. C'est pourquoi d'ailleurs quand ses élèves ont voulu - comme toujours les élèves sont beaucoup plus bêtes que le maître - analyser Nietzsche, Freud a expliqué : « Je ne peux pas lire Nietzsche, ça me fait horriblement mal à la tête. Quand je le lis, il me précède. Nietzsche est inanalysable ». > lire le texte

 

Maladie

Titre : Nietzsche, Freud et la psychanalyse
Auteur : Ariane Bilheran
Source : http://ariane.bilheran.free.fr
 
La pensée freudienne est née, entre autres, sur un terreau philosophique. Freud lui-même privilégiait son rapport à la philosophie. Comprendre Freud, ce n'est pas seulement dire sa création de la psychanalyse, ou sa formation de médecin. C'est aussi comprendre sa filiation à la philosophie, et notamment à la philosophie nietzschéenne.
Mon postulat réside dans l'idée que l'étude de la notion de maladie chez Nietzsche est essentielle à éclairer certains pans de la psychanalyse freudienne, surtout en termes de psychologie collective, psychologie des foules. A cet égard, il est légitime, avant toute comparaison, d'analyser les deux comparants. Ce livre se propose, en premier lieu et comme un incontournable pour penser cette comparaison entre Nietzsche et Freud, d'étudier le versant nietzschéen. Ce que je récuse et refuse avant tout, c'est bien entendu les comparaisons hâtives, faites d'analogies, et qui ne se donnent pas les moyens de penser les deux termes de la comparaison en question.
Tout cela pour dire, en préambule, que cette étude de la notion de maladie chez Nietzsche est une étude préparatoire qui s'inscrit dans un projet personnel de trouver un langage commun pour comparer Nietzsche et Freud, langage d'autant plus nécessaire que Nietzsche a fait l'objet de vulgarisations inexactes, sinon scandaleuses et qu'il est grand temps, à nouveau, de briser quelques préjugés tenaces en la matière.
L'intérêt de cette comparaison est à penser sous l'angle de la transmission. Freud ne s'est pas fait tout seul, et heureusement pour lui (d'ailleurs, méfions-nous toujours des individus qui disent "s'être faits tout seuls"...). Car la barbarie commence là où toute transmission est rejetée. Il est important, sinon vital pour elle, que la psychanalyse ne se crée pas un mythe identitaire et narcissique d'auto-engendrement. >
lire la suite

 

Père

Titre : Freud, Nietzsche : l'énigme du Père
Auteur : Rojéro Miranda de Almeida
Source : http://leportique.revues.org
 
Extrait. (...) Freud est pourtant très soucieux de délimiter ce qui lui appartient en propre et ce qui relève d'une autre source. La peur de paraître malhonnête aux yeux du public, l'hostilité envers tout ce qui pourrait avoir trait au plagiat, à l?imitation ou à l'appropriation l'amènent à souligner, presque à chaque page, l'originalité de ses découvertes et les étapes douloureuses de son parcours. C'est comme s'il voulait sauvegarder à tout prix la paternité de ses idées, surtout lorsque cette paternité semble menacée par une autorité mâle. De Nietzsche, il dira en 1914 : « Je me suis privé du grand plaisir de lire les ouvrages de Nietzsche, et ce délibérément, afin qu?aucune antériorité d'idées ne vînt gêner l'élaboration des intuitions que me donnait la psychanalyse » 1. Or, dix ans plus tard, il reparlera de Nietzsche en ces termes : « Nietzsche, un autre philosophe dont les intuitions et les hypothèses concordent souvent de la plus étonnante façon avec les résultats péniblement acquis par la psychanalyse, je l'ai longtemps évité pour cette raison même. La question de la priorité comptait moins pour moi que la préservation de mon impartialité » 2. Du reste, dans une lettre adressé à Fliess le 1er février 1900, il ajoute, vers la fin : « Je viens d'acquérir Nietzsche, et j'espère pouvoir trouver en lui des mots pour beaucoup de choses qui en moi demeurent muettes. Mais je ne l'ai pas encore ouvert » 3.
À en juger par les citations, les allusions et les commentaires épars dans son oeuvre, il n'y a pas de doute que Freud a lu au moins quelques-uns des textes essentiels du philosophe, puisque les intuitions de ces deux penseurs se rejoignent sur des questions aussi fondamentales que celles du rêve, de la résistance, du transfert, de la compulsion de répétition, de la jouissance et des pulsions de vie et de mort. Pourtant, comment expliquer la résistance de Freud vis-à-vis de la philosophie, et de Nietzsche en particulier ? > lire le texte

 

Réealisme

Titre : De l'origine des sentiments moraux , de Paul Rée (4è de couverture)
Auteur : Présentation de l'éditeur
Source : P.U.F., 1982
 
En 1877, paraissait " un petit livre clair, propret et avisé, un petit livre d'une sagesse vieillotte " intitulé L'origine des sentiments moraux de Paul Rée. Du moins est-ce ainsi que l'un de ses lecteurs, nommé Friedrich Nietzsche, le définissait une fois devenu lui-même généalogiste de la morale. Qui pouvait deviner, dans la sobriété de ce petit traité de "psychologie morale" à la gestation duquel Nietzsche participa, la trame où devait se tisser l'évangile de Zarathoustra ? Le lecteur averti de Nietzsche devait pouvoir disposer, un siècle plus tard, de ce texte où se prépare une révolution philosophique, de façon si discrète il est vrai qu'il fallait réexhumer ce morceau de sens désaffecté que Nietzsche lui-même désigne comme le " Réealisme ", pour en faire l'archéologie. Voici donc traduit en français pour la première fois ce petit livre à grands effets, émanant d'un La Rochefoucauld allemand, au reste d'origine française. L'étude préliminaire de Paul-Laurent Assoun s'attache à reconstituer le processus décisif qui mène du " Réealisme " au nietzschéisme, réactivant ainsi le moment de la " psychologie " - événement théorique méconnu qui permet de faire retour sur la fondation d'un savoir de la pulsion, dont Freud et Nietzsche montrait le destin croisé avec la psychanalyse. Le manifeste du " Réealisme " méritait d'être réexhumé comme le document d'une fondation possible qui porte trace en même temps de sa nécessité de se réaliser ailleurs, au-delà d'elle-même : ce pourquoi il vaut la peine de passer à nouveau par le pont du " Réealisme " pour accéder au travail du sens à l'œuvre dans le projet généalogique.

 

Surhomme

Titre : Freud, Nietzsche : surhumain, trop surhumain
Auteur : Michel Klein
Source : http://leportique.revues.org
 
C'est avec Humain, trop humain que Nietzsche énonce son discours comme celui d'un psychologue-historien des sentiments moraux. L'« observation psychologique » se présente comme « une chimie » des représentations et des sentiments moraux, religieux et esthétiques, comme une analyse qui se veut froide et sereine. C'est désormais l'ensemble des phénomènes humains qui constitue le matériau à travailler. Mais il ne s'agit plus de la méthode philosophique traditionnelle qui considère l'homme actuel comme vérité éternelle. « La psychologie historique postule au contraire le devenir radical ». C'est l'objet « Nietzsche » qui doit faire l'auteur.
La nécessité a conduit aussi Freud à faire son « auto-analyse », ce qu'il dit lui-même être, au sens strict, impossible : il ne peut s'analyser lui-même que comme un étranger et par un étranger. On sait que Freud s'est « servi » de Fliess, un « ami » un peu spécial, avec lequel il a entretenu pendant longtemps des relations très étroites et une abondante correspondance, pour « faire tenir » cette fonction d?étranger, c'est-à-dire lui permettre de traverser l'expérience du transfert. « Au commencement est le transfert ». C'est le biais incontournable de la « connaissance » psychanalytique. Dès lors, il ne suffit pas de chercher à situer et à inclure le particulier dans l'universel, comme peuvent le faire la religion ou la philosophie avant Nietzsche. Il n'est pas non plus question de dissoudre le particulier dans l'universel comme tend à le faire le discours de la science. « Il s'agit, pour la psychanalyse, de reconnaître, dans le particulier du cas d'un sujet la présence d'une dimension qui a valeur universelle et de repérer jusqu'où va son action. Le particulier rejoint toujours l'universel mais il ne s'y résorbe jamais ». Là non plus, pas question de pré-dire l'avenir.
Alors que, pour Nietzsche, le tiers est le biais dont l'introduction provoque l?altération d'un pur désir, il fonde, pour Freud, l'institution de la cure comme seul dispositif permettant à un sujet d'interroger son désir. > lire le texte

 

Vie

Titre : Généalogie de la psychanalyse, par Michel Henry, PUF, 1985
Auteur : Présentation de l'ouvrage par l'éditeur du site
Source : http://www.michelhenry.com
 
(Extrait.) - Cet essai au sous-titre significatif, « le commencement perdu », est la reprise d’un séminaire donné en 1983 à l’Université d’Osaka. Il fait partie des travaux de M.H. qui ont pour point de départ une réalité contemporaine, ici la croyance régnante à l’inconscient, pilier de la psychanalyse. Cette notion tenue pour incontestable relève en réalité de « la déviance historiale » que constitue la conception de l’Etre comme extériorité, c’est-à-dire d’une méconnaissance de la nature du sujet, de ses pouvoirs, du fondement de son ipséité. Elle rejette dans un arrière monde la réalité de la vie – corps, action, affectivité – déterminant ainsi la scission conscience / inconscience qui disloque et atrophie ce sujet. Elle constitue aux temps modernes l’échec de la philosophie occidentale à se saisir de l’essence de la vie, Freud, loin d’être un initiateur, n’étant que « l’héritier tardif d’une longue tradition ». Dans une démarche qui lui est familière et dont le but n’est pas de dresser un tableau historique mais de rendre clair ce qui est en jeu, un non-sens ontologique, M.H. opère, à l’aide des principes de sa « phénoménologie matérielle », une traversée des problématiques inaugurales de Descartes, puis de la lecture faite par Heidegger de celui-ci, de Kant, Schopenhauer, Nietzsche, Freud, renouvelant brillamment leur interprétation de facon aujourd’hui très écoutée, voire « absorbée ». > lire la suite
 
 

 

23/02/2007

Accueil | Brèves du jour | Evénements | Liens psychanalytiques | Publications | Psychanalyse et... | Non-Psychanalyse | Lectures de Lacan | Lexique de Lacan | Jouissances | Perversions | Contact