|


















-
|
|
Père -
Pratiques sociales - Schizo-analyse -
Sociologie - Livres
Père
- Titre : Markos
Zafiropoulos, Lacan et les sciences sociales.
Le déclin du père (1938-1953) (Compte-rendu)
- Auteur : Samuel Lézé
- Source :
http://lhomme.revues.org
La
littérature psychanalytique laisse l’impression de ne cesser
d’accumuler lectures et relectures. La clinique même est lecture d’un
inconscient confrontée à la relecture des textes classiques qui en
donneraient la clé. Sans doute la psychanalyse est-elle sortie complète
de la tête de Freud. Dans son dernier ouvrage, Markos Zafiropoulos,
sociologue et psychanalyste, constate et déplore l’autoréférentialité
du champ analytique plus qu’il ne l’explique : il ne poursuit pas sur
cette piste que commencent à aborder quelques ethnologues. L’auteur ne
déroge donc pas aux lois du genre puisqu’il propose une lecture,
jusqu’alors négligée, de l’œuvre de Lacan dans son rapport aux
sciences sociales.
À travers une
lecture des lectures du jeune Lacan, l’auteur tente d’identifier dans un
corpus de textes allant de 1938 à 1953 les emprunts de Jacques Lacan aux
sciences sociales lorsqu’il n’était pas encore tout à fait freudien.
Il découvre ainsi un « Lacan durkheimien » antérieur au « Lacan
lévi-straussien » qui fera l’objet d’un prochain ouvrage. Cette
découverte aurait bien peu d’intérêt si elle ne permettait de forcer
certains problèmes à se déclarer : l’Œdipe et ses conditions sociales,
ou « les conditions sociales de l’œdipisme », selon une formulation
inattendue de Lacan1.
Zafiropoulos
prête tout d’abord attention au texte sur les « complexes familiaux »
(1938) traitant du processus de maturation subjectif qui introduit en
psychanalyse la thèse du déclin de la famille et du père
(chap. I), texte qu’il commente en détail afin de la confronter aux
thèses durkheimiennes sur la famille (la loi de contraction familiale ;
chap. II) et à ses sources : la dévaluation du père provient de la
« mise en conjugalité » (p. 62). D’où la théorie de l’anomie sociale et
de l’émergence de l’individualisme. L’auteur dénonce cette thèse,
toujours active selon lui dans le champ psychanalytique en tant
qu’« illusion patriarcale ». >
lire la suite
Pratiques sociales
- Titre : Psychanalyse et pratiques sociales ou la
preuve par la psychanalyse
- Auteur : Markos Zafiropoulos
- Source :
http://www.cairn.info
-
- Entre la psychanalyse et
les autres sciences sociales il y a une sorte d’archilien fondateur dont
la fécondité doit toujours être réévaluée de manière critique. Prendre
acte de ce lien exige aussi d’en assurer la relance faute de quoi,
privée des autres sciences sociales, la psychanalyse risque de stagner
comme une sorte de « bonne parole de plus » et privées de la
psychanalyse, les autres sciences sociales risquent de manquer ce que C.
Lévi-Strauss appelle « la preuve par le mental ». >
lire la suite
-
- Titre : "Non-psychanalyse" et pratiques sociales
- Auteur : Didier Moulinier
- Source :
Etudes lacaniennes
-
- On peut voir les sciences humaines se
donner couramment des "airs" psychanalytiques dans la mesure où, bien
souvent, elles utilisent la thèse d'un "inconscient structuré comme un
langage" sans toutefois reconnaître leur dette à l'égard de la doctrine
analytique. Hypothèse : l'"analycité" serait la condition de possibilité
des sciences humaines comme le langage est la condition de
l'inconscient. Par-delà les prétentions objectivistes de la sociologie
et des sciences "sociales" en général, par-delà l'écriture ambiguë de
l'Histoire "entre science et fiction", il reste à établir la dette
contractée par les "pratiques sociales" à l'endroit de la psychanalyse,
d'autant qu'elles sont directement confrontées à la réalité éthique et
politique du sujet. Ces pratiques d'"aide sociale", d'éducation, de
formation, etc., se fondent toutes sur le transfert mais ne peuvent ni
en produire la théorie, ni se contenter d'importer la technique inventée
par Freud (l'association libre et son écoute flottante), qu'au reste
elles dénigrent volontiers. Comme la cure, elles font intervenir acte et
structure (de langage) mais sans viser les mêmes finalités puisqu'elles
ne s'adressent pas au même : l'une parle exclusivement au sujet en tant
que tel, alors que les autres ont affaire à l'individu socialement
aliéné. Il n'empêche qu'à ce jour la seule théorie cohérente du
transfert émane de la psychanalyse, d'où la dette dont nous parlions à
son égard, d'où également l'obligation qui lui est faite de produire une
théorisation acceptable des pratiques relevant, bon gré mal gré, de son
inspiration. Aucune science objective du social, aucune "sociologie
pratique" à finalité scientifique ne pourrait rendre compte d'une
pratique centrée essentiellement sur la parole ; le rapport avec le
savoir psychanalytique devrait s'imposer de lui-même. Jeanne
Granon-Lafont affirme : "Du savoir psychanalytique, de la place de la
psychanalyse dans le savoir, notre société a conclu à la création des
professions qu'on appelle sociales" . Il s'agit maintenant d'assumer
cette filiation, en évitant que le psychanalyste ne se réfugie derrière
une double identité, une double fonction d'analyste et de travailleur
social (professeur, formateur, psychiatre...), ce "et" traduisant une
aliénation réciproque et non l'influence légitime de la psychanalyse sur
les pratiques. >
lire la suite
Schizo-analyse
- Titre : Ontologie et politique dans la conception
du lien social dans une perspective deleuzienne et guattarienne
(Thèse de doctorat en philosophie : conclusion)
- Auteur : Olivier Thouvenot
- Source : Inédit
-
- Le vitalisme ontologique et politique de Deleuze et
Guattari se retrouve dans une certaine conception du lien social
émergeant de leur philosophie. C’est que chez eux, « l’Etre est la vie.
La vie est puissance ou désir. Le désir est production. Toute production
est à la fois désirante et sociale. » Grâce à « l’accord discordant »
permis par l’imagination parmi les facultés de l’esprit et par
l’émergence du sens dans le « hiatus des points de vue », la production
de la subjectivité comme événement – émergeant à la surface d’un champ
transcendantal analogue à la surface d’inscription pour le Socius qu’est
l’inconscient comme Corps Sans Organes –, la vivacité des désirs comme «
forces d’aimer » se communiquerait à toutes les forces composantes de
l’homme comme à l’ensemble de la Nature. Le mouvement de l’esprit, mais
aussi du corps, est en effet d’aller du « connu à l’inconnu ».
Virtualiser toutes les choses en soi, tel est le devenir des forces qui
composent le libre jeu créatif de toutes les facultés humaines alors
élevées à de nouvelles puissances. Comme le sentiment du sublime chez
Kant, la socialité vécue comme rencontre du Dehors n’irait pas de soi
car elle nous confronterait à la différence radicale qu’est tout
événement, comme l’est également « l’événement de tous les événements »
qu’est la mort. Cette dernière concerne aussi les groupes sociaux dont
la tendance molaire à la reproduction territorialisée constitue le
désir. Mais ce n’est qu’ainsi qu’un individu ou un groupe deviendrait à
soi-même son propre événement, se rapprochant par la différent(c)iation
de cette dimension impersonnelle et nomade de la production de la
subjectivité comme de la vie. C’est que l’élan vital est « mouvement de
la différenciation » passant par l’homme « la raison d’être du
développement tout entier » et impliquant une ouverture de chaque terme
d’une rencontre, de l’individu comme de la société, de l’homme comme de
la nature, exprimant par là la « Nature naturante ». >
lire la suit
Sociologie
- Titre : Sociologie et psychanalyse
- Auteur : Roger Bastide
- Source :
http://w1.ens-lsh.fr
-
- L'objet scientifique se distingue de plus en plus de
l'objet concret. Il en est une reconstruction, à travers certains
postulats conventionnels, certains instruments (ou plus exactement, les
théories de ces instruments) et tout un corps complexe de concepts. On
peut donc très bien concevoir que le savant reste dans son domaine -
celui de sa spécialisation, physique, psychologique ou sociologique - de
façon à substituer progressivement au monde concret, qui est incohérent
(ou "absurde", comme disent les existentialistes), un monde, logique
(celui de la "légalité") et prenant un sens pour lui.
Mais ce concret que je chasse, il continue à me hanter quand même. Le
vieux débat médiéval sur le nominalisme et le réalisme a pu changer de
forme ; il se poursuit toujours. La science est certes une langue ; plus
exactement chaque science constitue une langue différente, spécifique ;
mais nous ajoutons qu'elle est "une langue bien faite", et nous mettons
dans ce "bien faite" toute l'ambiguïté que l'expression recouvre : "bien
faite", c'est-à-dire faite suivant les règles de la syntaxe scientifique
? "bien faite", c'est-à-dire permettant la traduction, au début et à la
fin, de l'abstrait au concret, des mots à la réalité ? Volontairement,
nous laissons flotter l'équivoque entre ces deux sens ; nous allons
successivement de la science-discours à la science-praxis ; Bachelard
définit admirablement ce jeu de cache-cache quand il parle de
"rationalisme appliqué".
Ce sera naturellement dans les sciences humaines, où nous nous sentons
plus impliqués que dans celles de la nature, que cette hantise du
concret prendra ses formes les plus obsessionnelles. Il semble qu'ici,
ce soit la médecine qui donne au savant le modèle à suivre, et non plus
la linguistique. Il ne s'agit sans doute pas de nier le discours pour
réduire la compréhension de l'homme (comme pour le médecin, la
connaissance de la maladie) à une intuition ineffable ou à la pure
empathie. Mais à tendre vers la singularité, par une critique incessante
du langage même que l'on emploie, de son vocabulaire, de ses lois
grammaticales ou de ses connexions logiques. On comprendra mieux ce que
nous voulons dire, en comparant la connaissance de l'individu chez
Lévi-Strauss, dans La Pensée Sauvage, et la connaissance du malade par
son médecin traitant. Pour Lévi-Strauss, l'individu est une espèce,
comme toutes les autres, mais qui est réduite à une extension minimum
(c'est une espèce qui ne comprend qu'une seule personne) ; il obéit
pourtant aux mêmes lois générales que les autres espèces, plus étendues.
Pour le médecin, au contraire, la nomination de la maladie n'est jamais
qu'un à peu près(2), car il se trouve en présence d'un réseau de causes
et effets dans un organisme complexe, si ténu, qu'il équivaut souvent à
de la contingence pure. Et c'est pourquoi le médecin a été obligé de se
créer une autre méthode, qui est celle dite "clinique". C'est cette
"méthode clinique" qui, parfois d'ailleurs sous d'autres appellations,
comme "méthode des cas", a été acceptée par les sciences humaines - non
comme modèle unique (puisque ces sciences continuent à hésiter entre le
discours et la praxis, la distance vis-à-vis de l'objet et son
appréhension quasi-amoureuse, la transformation du subjectif en une
espèce de minéral que l'on peut cataloguer, ficher, étiqueter et sa
saisie comme Alter à travers le dialogue), mais toutefois, comme un de
ses modèles fondamentaux. >
lire la suite
Livres


Psychanalyse et Sciences sociales :
Universalité et historicité
de Paul-Laurent, Markos Zafiropoulos, & Cie
Anthropos, 2006
Psychanalyse et
sciences sociales, psychanalyse comme science sociale : tels sont les deux
pôles entre lesquels s'inscrivent les contributions réunies dans cet ouvrage
par le laboratoire de recherche " Psychanalyse et pratiques sociales " (CNRS
- Université d'Amiens - Université Paris 7). Ce sont donc à la fois les
conditions d'une recherche interdisciplinaire et la nature même de l'objet
de la psychanalyse comme discipline scientifique qui sont interrogées par
les auteurs, à partir de leur propre champ de recherche. A côté de
contributions majeures sur l'épistémologie du domaine, on trouvera des
textes sur des objets de recherche illustrant la pertinence pour les
sciences humaines et sociales de la démarche d'anthropologie psychanalytique
(angoisse sociale, totémisation de Foucault, rapports de genre, phénomènes
sectaires, pratique de la scarification).
*

CARREFOURS SCIENCES SOCIALES ET
PSYCHANALYSE : LE MOMENT MOSCOVITE
Bernard Doray Eet Jean-Marc Rennes
L'Harmattan, 1995
Ce livre
condense l'essentiel des contributions françaises à la conférence
"Psychanalyse et sciences sociales" qui s'est tenue à Moscou au printemps de
1992.
Cette rencontre s'inscrivait dans la continuité d'échanges difficiles et
passionnants dont le symposium "Sur l'inconscient" tenu à Tbilissi en 1979
avait marqué un moment symbolique important.
Elle poursuivait également un effort de confrontation largement
pluri-disciplinaire autour de la psychanalyse, dont la MIRE avait pris
l'initiative depuis plusieurs années.
L'ensemble de ces contributions françaises, regroupées autour des thèmes
majeurs tels que l'argent, le travail, les normes sociales ou la mémoire
collective, exposées par des chercheurs de disciplines très diverses dans un
souci commun de résonnance avec ce qui apparaît aujourd'hui comme l'un des
plus grands bouleversements sociaux de ce siècle, représente un document
exceptionnel. (Bernard Doray est psychiatre-psychanalyste dans un service
public de l'Essonne, il est également chargé de mission à la MIRE où il est
responsable des programmes de recherches concernant la santé mentale, et
chercheur à l'Unité 158 de l'INSERM.
Jean-Marc Rennes, sociologue était chargé de mission à la MIRE au moment de
la conférence à Moscou.
Il est actuellement responsable de la communication au Programme
interdisciplinaire de recherche sur les villes (Pir Villes/CNRS).
29/12/2007 |