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Antiphilosophie - Autre - Conversion - Discours - Herméneutique - Homme - Médiévisme - Perversion - Phallophanie - Sujet - Vertu

 

 

 
 

Antiphilosophie

Titre : L'idée d'une antiphilosophie à partir de la triplicité monothéiste
Auteur : Jean-Louis Blaquier
Source : privées
 
L’objet de l’étude ouvre une voie intéressante en ce que la méthode  d’écriture, hyper laïque, profane, venue de l’expérience  psychanalytique creuse l'idée d'une antiphilosophie à partir de la  triplicité monothéiste.
La philosophie est grecque et, comme telle, ne peut que méconnaître la  révolution monothéiste. Il s’agit donc de montrer à partir d'auteurs apparemment aussi divers, qu’hétérogènes comme Socrate, Pascal, Spinoza, Nietzsche, Freud, Heidegger, Foucault, Derrida, Deleuze…  comment la triplicité monothéiste travaille sourdement les énoncés,  l’archive du discours de la philosophie.
« Sourdement » ou bruit assourdissant devant le réel en mouvement dénié  ou forclos lequel ne manque de rien en ce qui concerne son retour catastrophique ou désastreux sur ce qu’on appelle la culture ou la civilisation. En effet, le discours philosophique reste souvent aveugle, sourd ou muet devant ce travail : sous le principe de raison qu’ordonne le discours philosophique, il y a le creuset du délire, de la folie et le recensement incessant des figures pathologiques à l’échelle de l’individuel ou du collectif. Jamais les lieux du discours (Ecoles, jardin, café, université…) n’ont annulé bien au contraire la multiplication des liens sociaux et symboliques qu’ils renouvellent ou inventent. Mais rien n’est plus difficile que d’écouter du réel ce qui vient faire événement.
"Sourdement" encore, au-delà de l’œuvre de Freud et de Lacan, parce que la philosophie n'entend pas toujours ce travail qui mobilise autant la puissance du maître que la force de l’esclave. Il s’agit donc de transformer les événements en énoncés, les énoncés en production de sujets d’énonciation. Telle est la claire perspective antiphilosophique qui, si elle mobilise la philosophie, c'est-à-dire la met en mouvement, en même temps l'excède.
(...)
Le niveau de la contradiction, entre les trois religions du Livre n’est moins celui de la structure que celui de l’« enveloppe formelle» du symptôme. Le réel, c’est la structure d’où l’espoir, le « rêve » même de Lacan à produire le noeud (borroméen) comme figure de l’impossible et de l’amour impossible (que les dispositifs religieux tissent au-dessus de tous les abîmes mythologiques notamment le Sexe et la Mort). Ce constat peut nous dispenser de la naïveté (hégélienne) de croire que la dernière venue serait la plus accomplie, la religion des Frères (ou la plus débile après la religion du Père (Moïse) ou du Fils (Jésus). Qu’on passe chacune de ses consistances au rasoir d’Occam (non pas une “épistémologie de la religion”, ce contre-sens laïque, mais une critique, au sens kantien du mot), on pourrait s’apercevoir que ces “contradictions” se résolvent en congruences selon le grammage des textes et surtout selon la capacités de leur interprétation au sein d’un espace démocratique, désir politique sur lequel Freud n’a jamais
cédé. Les écrits politiques et les positions d’Althusser sur le retour de Lacan à Freud, par exemple, en attestent.
Les « nœuds borroméens » sont une métaphore de RSI, antiphilosophie radicale. Ce recours illustre le fait que le savoir du psychanalyste s’empare d’une figure topologique repérée dans les armoiries de la famille des Borromés caractérisée par le nouage de trois ronds dont il suffit de couper l’un d’eux pour que les deux autres soient libres. Ainsi les rapports entre le réel, l’imaginaire et le symbolique et dans la manière dont se dénouent - se rompt - ce nouage de trois, il détermine telle ou telle pathologie. Cette figure traduit aussi sa formule de l’amour : " Je te demande de refuser ce que je t’offre parce que ce n’est pas ça ".
Dans ce noeud, ce noeud que je profère, dans ce noeud, ce noeud fait du Symbolique et de l'Imaginaire en tant que c'est seulement quelque chose qui avec, avec… fait trois, qui les noue, c'est du Réel qu'il s'agit.« Qu'ils soient trois, c'est à cela que tient le Réel. Pourquoi le Réel est-il trois ? C'est une question que je fonde, que je justifie de ceci : qu'il n'y a pas de rapport sexuel. En d'autres termes, que je le précise, que je le précise de ceci, qui puisse s'écrire, moyennant quoi, moyennant quoi ce qui s'écrit, c'est que, par exemple, il n'existe pas de "f", de "f" tel qu'entre x et y qui, ici, signifient le fondement de tels des êtres parlants, à se choisir comme de la partie mâle ou femelle, ceci, cette fonction qui ferait le rapport, cette fonction de l'homme par rapport à la femme, cette fonction de la femme par rapport à l'homme, il n'en existe pas qui puisse s'écrire. »
La question de la ternarité dans le procès monothéiste est une version du réel, de la fonction antiphilosophique du Nom du Père. La dimension du reél ou du signifiant en psychanalyse est littéralement déconstruction des logiques tribales, claniques, nationalistes, c’est la raison pour laquelle l’apport de RSI de Lacan à la philosophie redistribue le rapport de la philosophie elle-même à la religion, au droit, à la culture, à la civilisation... Le sujet de la psychanalyse
est démocratique en ce que la Chose publique peut se déconstruire par les multitudes même si la logique des peuples résistent par définition à la déconstruction par l’action des signfiants dans la structure aux noms, à l’Autre, à l’Un. Freud l’a répérée très tôt: la politique de l’analyste est du côté du lien, de ce qui fait lien mais un lien déterritorialisé au maximum de la peste oedipienne.

 

Autre

Titre : Le loup dans la bergerie. Théologie et psychanalyse exposées au champ de l’Autre
Auteur : Raymond Lemieux
Source : Revue Théologiques
 
Beaucoup l’attesteront : l’expérience du divan a changé leur vie. En bien ou en mal ? C’est selon. Il n’y a pas de changement sans désorganisation, pas de renouvellement sans rupture. Faire l’expérience du divan, c’est accepter de mettre ses croyances et ses amours en danger. La technique même du travail analytique par association spontanée impose de tout laisser venir au langage, d’apprendre à refuser la censure, d’abord celle qui est liée aux habitudes de vie. Les représentations du monde qui font vivre tout en faisant souffrir, dont on se satisfait malgré leurs insuffisances, risquent donc d’y passer. Ne vaut-il pas mieux garder hermétiquement fermé le couvercle sur la marmite de l’inconscient, de crainte qu’une fois ouvert, ses débordements n’anéantissent, comme une coulée de lave
en fusion, les jardins trop bien cultivés de la vie ?
La psychanalyse est un loup dans la bergerie. Le croyant qui s’y adonne peut très bien se retrouver, en cours ou en bout de course, désillusionné. Il faut prendre le mot en son sens littéral : ce qu’il considérait être sa foi lui paraît être alors une construction défensive, ordonnée au refoulement de ses fantasmes, aliénation de son désir et de sa subjectivité. Que peut-il faire alors sinon mettre cette «foi » en balance ? Qu’arrivet- il si, en passant ses croyances au crible de la critique, il découvre qu’il n’y avait jamais adhéré librement mais qu’il les avait subies, supportées comme une histoire imposée? Qu’arrive-t-il s’il en vient à la conclusion que derrière les constructions de son imaginaire, il n’y a rien ? > lire la suite

 

Conversion

Titre : Réversibilité(s) de la conversion ou la littérature entre religion et psychanalyse
Auteur : Julia Peslier
Source : http://www.fabula.org
 
(...) C’est un des points de forte convergence de ces études que la conversion comme expérience du corps, comme intellection sensible du lien à Dieu plutôt que compréhension intellectuelle de son existence. Ici littérature et psychanalyse se rejoignent pour voir dans la mélancolie l’expression esthétique de la maladie de l’artiste en ce XIXe siècle innervé par le romantisme. Envisagée sous son angle psychanalytique, la conversion semble pouvoir s’appliquer à une certaine littérature : tant Thomas Mann, que Louis-René des Forêts, Freud, Huysmans retrouvent dans l’expression par le corps de la douleur quelque trace et résurgence d’un conflit psychique fort. Notons toutefois que les approches purement psychanalytiques (interventions de Pierre Boquel et d’Hervé Benhamou sur des cas de conversion hystérique) ne permettent pas de déduire un paradigme valable pour l’analyse littéraire. Enfermées sur leur objet – la consultation et la maladie -, et très spécialisée dans leur usage du terme, ces études s’intègrent mal dans la perspective comparatiste et forment un ensemble isolé. Nancy Blake de son côté tâchera de lier psychanalyse et analyse filmique (au sujet d’In The Mood for love) par la problématique du désir, au cœur du conflit symbolique que vit le couple fidèle dans le film, en s’appuyant sur les travaux de Lacan. La conversion s’envisagerait alors comme sublimation et désincarnation de cet amour, dont la possible consommation serait source d’obsession. Le miroir du couple infidèle et le jeu répété par la mise en scène amoureuse traduirait par le redoublement l’événement de la conversion dans une esthétique du ressassement et de l’idée fixe. La folie comme apogée d’un état mystique et plan du surhumain, devient l’état nerveux où se joue la conversion : extrême du langage chez Louis-René des Forêts, excès d’amour tant humain que divin chez la Marie l’Egyptienne de Rutebeuf — « celle qui a le don d’aimer sans mesure va aimer Dieu plus qu’il n’est possible d’aimer. L’Eros est transformé en agapè, le transport érotique sublimé en amour de Dieu. L’un n’est que le renversement, la « conversion » de l’autre qui a changé d’objet, mais tout est ici affaire d’excès » (Françoise Laurent). (...) > lire le texte

 

Discours

Titre : Les fondements de la théologie. Ou le fond manquant à la théologie
Auteur : François Nault
Source : Laval théologique et philosophique (Erudit)
 
Le problème d’un « discours sur Dieu » aujourd’hui ne se pose plus dans le cadre aristotélico-thomiste où il se posait hier. Walter Kasper le rappelle fréquemment. Ce qui n’interdit pas la lecture de saint Thomas, mais la requiert au contraire. C’est donc en partant de Thomas d’Aquin que je voudrais proposer quelques réflexions sur le discours théologique, sur une certaine manière de « dire Dieu ». Je voudrais aussi montrer comment le « problème théologique » doit être posé aujourd’hui par rapport à une certaine « pensée du langage ». > lire le texte

 

Herméneutique

Titre : Le champ de l’herméneutique. Trajectoires et carrefours
Auteur : Jean-Paul Resweber
Source : Revue Théologiques
 
Ce que l’on appelle herméneutique recouvre trois démarches intellectuelles distinctes. La première, de type méthodologique, dont l’exégèse biblique fournit le modèle, définit les règles de l’interprétation des textes. Elle convoque des disciplines variées, allant de la philologie aux sciences humaines en passant par la grammaire, la logique et la rhétorique, afin de restituer le sens du texte qui est supposé exprimer les intentions de l’auteur. Friedrich Schleiermacher pose les bases d’une telle pratique qui porte aussi bien sur la lecture du Nouveau Testament ou la traduction de Platon que sur les textes des présocratiques. Outre l’analyse grammaticale, il recourt à une analyse technique qui, centrée sur le style, met en évidence l’usage créatif que l’auteur fait de la langue1. Mais cet art de comprendre reste trop psychologique, tributaire qu’il est d’une théorie du « moi » parlant. C’est Wilhelm Dilthey qui donne à la méthode une assise plus objective : la compréhension des «monuments écrits » prend sans doute appui sur les données de l’histoire, mais elle considère celles-ci comme autant de témoignages de vie2. En orientant l’herméneutique vers le déchiffrement historique du vécu, il dépasse aussi bien le subjectivisme de Schleiermacher que le positivisme de l’historicisme ambiant. Il transforme ainsi la méthode en une démarche épistémologique qui s’applique à découvrir les critères fondamentaux de l’interprétation. En s’attelant à ce travail de légitimation que poursuivront Martin Heidegger et Paul Ricoeur, Dilthey élargit, d’une part, le champ de l’herméneutique, en lui assignant pour objet non seulement le texte, mais aussi les multiples secteurs du monde vécu et, d’autre part, il enrichit les outils de l’interprétation, en faisant appel aux nouvelles sciences humaines. On peut, enfin, entendre par herméneutique, comme c’est le cas de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la théologie, une démarche philosophique, qui englobe les deux démarches précédentes. C’est en nous situant dans cette dernière perspective que nous suivrons les trois trajectoires herméneutiques de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la théologie et que nous dégagerons les lieux communs ou les carrefours, où elles se recoupent. > lire la suite

 

Homme

Titre : Sujets à croire. Questions de théologie et de psychanalyse. Hommage à Roland Sublon
Auteur : René Heyer (dir.)
Source : Travaux du Centre d'études et de recherches interdisciplinaires en théologie – n° 5
 
Présentation de l'ouvrage. Le sujet n’est pas l’homme. Mais l’homme, l’homme de la modernité, s’est installé de façon décisive en position de sujet. A-t-il pour autant pris la place de Dieu ? S’il n'est plus certifié dans sa croyance, le sujet qui s’assure de lui-même et de son savoir n’en reste pas moins affronté à l’in-croyable, à l’im-pensé, à l’in-conscient.
Tel est le défi devant lequel se rencontrent, dans ce livre, psychanalystes in-formés de la tradition chrétienne et théologiens ouverts à la conceptualité psychanalytique. Un ordre donné se présenterait-il, un ordre des symboles naturels sur quoi tabler et à partir des normes duquel rectifier l’imaginaire des sociétés et de l’individu ? Quant au Dieu qui se révèle à l’homme, est-il celui qui l’écrase de sa supériorité, en sorte que l’incarnation n’aurait lieu que comme un semblant ? On l’entrevoit : l’hérésie chrétienne ordinaire et les tentations des clercs de la psychanalyse ne sont pas sans accointances.
De semblables fascinations naturalistes aussi bien qu’autoritaires, ce n’est pas quelque séduction nouvelle qui nous en délivrera. Telle est la leçon de Roland Sublon : le prophète est menteur, parce que parlant ; il ne nous dispense pas, en d’autres termes, de faire foi à son témoignage en justifiant à notre tour, loin de toute persuasion enthousiaste, nos convictions. Cette leçon est ici déclinée, au milieu d’autres intervenants, par quelques-uns des élèves et amis du théologien et psychanalyste, dans des domaines aussi variés que la mystique, la psychiatrie, la philosophie, le droit canonique, la morale sociale. Divers accès sont ainsi ménagés pour le lecteur à une œuvre aussi exigeante qu’elle est stimulante et libre.
Fruit d’une rencontre, occasion d’un hommage, ce livre est avant tout le lieu d’une question. Le sujet en effet, traqué, enserré, subjugué, échappe. « Il n’est pas ici. » Car le sujet, dit Sublon, est constitué par sa question.

 

Médiévisme

Titre : Médiévisme et psychanalyse
Auteur : Alexandre Leupin
Source : http://www.alexandreleupin.com
 
Dans l’œuvre de Freud, le Moyen Âge n’existe pratiquement pas comme référence culturelle, excepté la référence aux Nibelungen. Il n’est donc pas étonnant que la psychanalyse freudienne n’ait donné lieu qu’à des références occasionnelles dans le travail des médiévistes, ou qu’elle ait passé par le filtrage des élaborations respectives de Carl Gustav Jung et Jacques Lacan, deux psychanalystes qui, quant à eux, furent profondément intéressés par le Moyen Âge.
D’un point de vue théorique, ces deux chefs d’école s’opposent : chez Jung, les archétypes, manifestations collectives des sociétés humaines, font de l’inconscient un lieu partagé entre les individus; à l’opposé, pour Lacan, l’inconscient est une singularité non partageable, et s’il reconnaît l’existence des archétypes (par exemple le complexe d’Œdipe), il les situe du côté d’un ensemble symbolique par définition exprimé et commun à une société donnée, non particuliers à un inconscient individuel.
Jung avait un vif intérêt pour la culture médiévale, en particulier pour les disciplines ésotériques que sont le tarot, l’alchimie et l’astrologie (1). L’attention portée à ces survivances de la mythologie dans la culture médiévale permet aux chercheurs qui se réclament de Jung une analyse en profondeur de rêves fort anciens : la fusion des principes mâle et femelle (animus et anima, dirait Jung), l’intégration de l’homme-microcosme dans un monde-macrocosme, qui lui-même est sexualisé par la doctrine des quatre éléments de la matière (eau et terre féminins, air et feu masculins). L’école jungienne contribue donc à une vaste recension des diverses formes que prit le mythe au Moyen-Âge. Il faut reconnaître à Jung la fulgurance de nombre de ses interprétations. L’envers de cette fécondité étonnante est parfois le syncrétisme et l’éclectisme des références culturelles où tout semble être dans tout. Les meilleurs jungiens évitent le chausse-trappe de cette confusion : Jean-Claude Aubailly (2) y pallie par la finesse et la rigueur de ses analyses littéraires, et Gérard Chandes (3), par l’intérêt qu’il porte aux modalités historiques informant la transmission du savoir dans l’imaginaire de la société médiévale. Quant à l’œuvre immense et originale de Pierre Gallais, elle défie les tentatives de classification rigide (4), bien qu’elle soit inspirée par les recherches sur l’imaginaire de Gilbert Durand (5). >
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Perversion

Titre : Le sujet et son acte, 3è séance
Auteur : Jean-Pierre Castel
Source : http://pierrehenri.castel.free.fr
 
Je vais vous proposer ce soir sur la perversion ce qu’on peut appeler comme ça une hypothèse métapsychologique grandiose - j’ai peu de recul pour en juger - mais qui est une tentative de construire quelque chose à partir d’un texte de Sade - le discours de Braschi dans Juliette, que cite Lacan dans le séminaire VII - de construire sur la notion d’acte et de sujet quelque chose d’assez particulier.
Je vous rappelle que ce que j’avais essayé de proposer la dernière fois, dont je vais essayer de vous donner une illustration et une sorte de preuve, autant que je pourrai. J’avais associé à l’idée de névrose et de refoulement l’idée de formation réactionnelle, à l’idée de psychose et de délire l’idée de Verwerfung, de forclusion, et je voulais vous proposer quelque chose d’équivalent sur la perversion, avec l’idée qu’il y aurait une substructure particulière à l’acte liée à l’insertion spécifique du sujet de la perversion dans un discours de la perversion. Discours de la perversion dont je vais essayer de vous montrer que, à partir de Sade, et spécifiquement à partir du discours de Braschi, du pape Pie VI dans Juliette, on peut élucider la grammaire ou plus exactement la syntaxe énonciative propre. Je veux dire que faire ça, par rapport à ce que je vous ai proposé l’an dernier sur la perversion, c’est certainement aller plus loin qu’identifier le noyau de Verleugnung, de déni ou démenti que j’avais l’an dernier tenté de rapporter à cet opérateur particulier que j’avais proposé, l’opérateur nec, cette espèce de conjonction où la mère apparaît comme castrée et non castrée au même moment. Eh bien, ce qui correspondrait structurellement aux formations réactionnelles dans la névrose et au délire dans la psychose – et voilà l’hypothèse métapsychologique que je vais développer aujourd’hui -, ce serait une contre-éthique. Voilà ce que je vais essayer de justifier : une contre-éthique. >
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Phallophanie

Titre : Phallophanies
Auteur : Alexandre Leupin
Source : http://www.alexandreleupin.com (Interview by Jacques Henric, art press no. 262, november 2000)

Ce n'est pas derrière un pilier de Notre-Dame qu'Alexandre Leupin a eu une révélation, c'est à Florence, devant un Cimabue, que lui est apparue, sur le corps du Christ crucifié, une ombre, un fantôme phallique. Sans doute fallait-il être, comme cet auteur, à la fois médiéviste et grand lecteur de Lacan, pour voir surgir ce que personne n'avait vu: non pas un sexe, mais un phallus. Son étude, largement illustrée, paraît aux éditions du Regard, sous le titre Phallophanies, la chair et le sacré.

Vous êtes médiéviste passionné par la théologie et lecteur de Freud et Lacan. Est-ce la théologie que vous soumettez "au risque" de la psychanalyse, ou l'inverse?

Lisant Lacan, j'ai retrouvé dans ses écrits, telles quelles, des formulations de la théologie. Exemple. Le réel est impossible, se trouve dans Saint Augustin, appliqué certes à Dieu, non à l'inconscient. La différence est que la psychanalyse propose une anthropologisation radicale de Dieu. Chez Saint Augustin, Dieu n'est pas dans l'homme, il est hors monde, tandis que chez Lacan, Dieu est inconscient, il est ce fragment d'inconscient porté par notre corps incarné. Autre différence: l'éthique de la psychanalyse, pour opérer, doit se limiter. Il s'agit pour elle d'aider au bonheur précaire des individus, en tant qu'ils sont, dans le champ social, soumis à la répression, et en tant qu'ils n'arrivent pas à dire leur désir. En revanche, l'éthique du christianisme, devant laquelle, comme éthique de l'amour, Freud a reculé, me semble aller beaucoup plus loin. La psychanalyse n'a pas un projet éthique de société, elle a un projet concernant les singularités individuelles. Le christianisme, lui, s'adresse à la communauté. Cela dit, on peut soutenir que la théologie éclaire Lacan et que Lacan éclaire la théologie en permettant de repenser toutes ses figures. Son attitude à l'égard de ce qu'il appelle la «religion vraie» a été pour moi riche d'enseignements. Elle fait brèche à ces penseurs déchristianisés que nous sommes, victimes d'une certaine bêtise des Lumières. Lacan, lui, n'a jamais considéré la religion comme un simple complot de prêtres destiné à asservir les masses. Pour lui, la religion est une lumière projetée sur le désir. > lire la suite

 

Sujet

Titre : « Pour vous, qui suis-je ? » La mise en scène du sujet chez les synoptiques
Auteur : Arthur Mettayer
Source : Revue Théologiques
 
Résumé. Les évangiles de Marc, Luc et Matthieu nous rapportent la question Qui suis-je ? posée par le personnage Jésus. Or, la formulation de la question, et sa réponse, se transforment d’un évangile à l’autre. Ce déplacement nous invite à un parcours, dont le point d’arrivée et de départ est aussi le lieu où la question se pose, lieu de l’Autre, lieu où un sujet amorce la rencontre de son désir. Qui suis-je ? met en jeu non pas une reconnaissance de soi, ni une quête d’identification, mais bien plutôt des déplacements provoqués par un ou plusieurs noms où s’insurge un manque à être. Les noms de fils de l’homme (Mc), de Christ de Dieu (Lc), de fils du Dieu vivant (Mt) révèlent tour à tour l’écart de la demande du Qui suis-je ?, révélant l’impossibilité du langage à dire totalement le sujet qu’il représente. Paradoxalement, la question est de l’ordre d’une dé-subjectivation, et non de l’attente d’un titre — comme d’un hors lieu où Christ peut être entendu dans son irréductibilité. > lire le texte
 
 

Vertu

Titre : L’écriture de la vertu Homologies entre l’acte aristotélicien et la théorisation du sujet lacanien
Auteur : Roland Sublon
Source : Revue Théologiques
 
Résumé. L’article relit la manière dont Aristote écrit l’éthique, fondement de son projet politique, afin de pointer les ressemblances existant entre la démarche aristotélicienne et la théorisation du sujet par la psychanalyse (lacanienne), et de montrer que l’éthique d’Aristote, loin d’être fermée, principielle et nécessariste, est ouverte à l’incertitude, et donc, très actuelle, puisqu’elle a une structure de topologie moebienne, voire borroméenne. Il existe une assonance entre la manière dont Aristote écrit la vertu, la prudence, la tempérance, le plaisir et l’amitié, et la théorisation de Lacan. Dans un premier temps, l’a. examine la construction de la prudence chez Aristote. Métaphysique Q, 6 fournit une clé de lecture (généralement négligée) de l’Éthique à Nicomaque, grâce aux catégories de puissance et acte, qui permettent de penser la dimension pulsionnelle, insaisissable, de l’agent vivant, irréductible à toute chosification, et par ailleurs doué de parole. Or, puisque les catégories utilisées par Aristote sont déterminées linguistiquement (penser et parler sont indissociables), un rapprochement s’opère avec un opérateur logique de la psychanalyse : la Lettre. Celle-ci rend compte de la structure involutive propre à l’activité du sujet parlant, dans l’articulation de l’identique et du différent. L’éthique n’est-elle pas l’impossible mais nécessaire réconciliation des contraires ? Donc, la puissance de l’éthique s’actualise par la parole, mais la vertu (l’excellence) est indissociable de la prudence.
Dans un deuxième temps, l’articlr examine la construction de l’amitié chez Aristote. L’agent est-il déterminé dans ces choix par un principe idéal aux effets nécessaristes ? Prenant le contrepoids de l’interprétation commune, menant plus loin son analyse de la prudence et s’appuyant encore une fois sur des parallèles lacaniens, l’a. écarte résolument cette possibilité. L’expérience exige de ne pas séparer pavqo~ et lovgo~j, ni d’en privilégier l’un au détriment de l’autre. La topologie moebienne de Lacan permet ainsi de penser à nouveau frais, avec Aristote, l’amitié. > lire le texte

 



 
 

 

14 octobre 2005

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