|

















-
|
|
Antiphilosophie -
Autre - Conversion -
Discours - Herméneutique
- Homme - Médiévisme -
Perversion - Phallophanie
- Sujet - Vertu
-
-
Antiphilosophie
- Titre : L'idée d'une antiphilosophie à partir de
la triplicité monothéiste
- Auteur : Jean-Louis Blaquier
- Source : privées
-
- L’objet de l’étude ouvre une voie intéressante en ce
que la méthode d’écriture, hyper laïque, profane, venue de
l’expérience psychanalytique creuse l'idée d'une antiphilosophie à
partir de la triplicité monothéiste.
La philosophie est grecque et, comme telle, ne peut que méconnaître la
révolution monothéiste. Il s’agit donc de montrer à partir d'auteurs
apparemment aussi divers, qu’hétérogènes comme Socrate, Pascal, Spinoza,
Nietzsche, Freud, Heidegger, Foucault, Derrida, Deleuze… comment
la triplicité monothéiste travaille sourdement les énoncés,
l’archive du discours de la philosophie.
« Sourdement » ou bruit assourdissant devant le réel en mouvement dénié
ou forclos lequel ne manque de rien en ce qui concerne son retour
catastrophique ou désastreux sur ce qu’on appelle la culture ou la
civilisation. En effet, le discours philosophique reste souvent aveugle,
sourd ou muet devant ce travail : sous le principe de raison qu’ordonne
le discours philosophique, il y a le creuset du délire, de la folie et
le recensement incessant des figures pathologiques à l’échelle de
l’individuel ou du collectif. Jamais les lieux du discours (Ecoles,
jardin, café, université…) n’ont annulé bien au contraire la
multiplication des liens sociaux et symboliques qu’ils renouvellent ou
inventent. Mais rien n’est plus difficile que d’écouter du réel ce qui
vient faire événement.
"Sourdement" encore, au-delà de l’œuvre de Freud et de Lacan, parce que
la philosophie n'entend pas toujours ce travail qui mobilise autant la
puissance du maître que la force de l’esclave. Il s’agit donc de
transformer les événements en énoncés, les énoncés en production de
sujets d’énonciation. Telle est la claire perspective antiphilosophique
qui, si elle mobilise la philosophie, c'est-à-dire la met en mouvement,
en même temps l'excède.
- (...)
- Le niveau de la contradiction, entre les trois
religions du Livre n’est moins celui de la structure que celui de l’«
enveloppe formelle» du symptôme. Le réel, c’est la structure d’où
l’espoir, le « rêve » même de Lacan à produire le noeud (borroméen)
comme figure de l’impossible et de l’amour impossible (que les
dispositifs religieux tissent au-dessus de tous les abîmes mythologiques
notamment le Sexe et la Mort). Ce constat peut nous dispenser de la
naïveté (hégélienne) de croire que la dernière venue serait la plus
accomplie, la religion des Frères (ou la plus débile après la religion
du Père (Moïse) ou du Fils (Jésus). Qu’on passe chacune de ses
consistances au rasoir d’Occam (non pas une “épistémologie de la
religion”, ce contre-sens laïque, mais une critique, au sens kantien du
mot), on pourrait s’apercevoir que ces “contradictions” se résolvent en
congruences selon le grammage des textes et surtout selon la capacités
de leur interprétation au sein d’un espace démocratique, désir politique
sur lequel Freud n’a jamais
cédé. Les écrits politiques et les positions d’Althusser sur le retour
de Lacan à Freud, par exemple, en attestent.
Les « nœuds borroméens » sont une métaphore de RSI, antiphilosophie
radicale. Ce recours illustre le fait que le savoir du psychanalyste
s’empare d’une figure topologique repérée dans les armoiries de la
famille des Borromés caractérisée par le nouage de trois ronds dont il
suffit de couper l’un d’eux pour que les deux autres soient libres.
Ainsi les rapports entre le réel, l’imaginaire et le symbolique et dans
la manière dont se dénouent - se rompt - ce nouage de trois, il
détermine telle ou telle pathologie. Cette figure traduit aussi sa
formule de l’amour : " Je te demande de refuser ce que je t’offre parce
que ce n’est pas ça ".
Dans ce noeud, ce noeud que je profère, dans ce noeud, ce noeud fait du
Symbolique et de l'Imaginaire en tant que c'est seulement quelque chose
qui avec, avec… fait trois, qui les noue, c'est du Réel qu'il s'agit.«
Qu'ils soient trois, c'est à cela que tient le Réel. Pourquoi le Réel
est-il trois ? C'est une question que je fonde, que je justifie de ceci
: qu'il n'y a pas de rapport sexuel. En d'autres termes, que je le
précise, que je le précise de ceci, qui puisse s'écrire, moyennant quoi,
moyennant quoi ce qui s'écrit, c'est que, par exemple, il n'existe pas
de "f", de "f" tel qu'entre x et y qui, ici, signifient le fondement de
tels des êtres parlants, à se choisir comme de la partie mâle ou
femelle, ceci, cette fonction qui ferait le rapport, cette fonction de
l'homme par rapport à la femme, cette fonction de la femme par rapport à
l'homme, il n'en existe pas qui puisse s'écrire. »
La question de la ternarité dans le procès monothéiste est une version
du réel, de la fonction antiphilosophique du Nom du Père. La dimension
du reél ou du signifiant en psychanalyse est littéralement
déconstruction des logiques tribales, claniques, nationalistes, c’est la
raison pour laquelle l’apport de RSI de Lacan à la philosophie
redistribue le rapport de la philosophie elle-même à la religion, au
droit, à la culture, à la civilisation... Le sujet de la psychanalyse
est démocratique en ce que la Chose publique peut se déconstruire par
les multitudes même si la logique des peuples résistent par définition à
la déconstruction par l’action des signfiants dans la structure aux
noms, à l’Autre, à l’Un. Freud l’a répérée très tôt: la politique de
l’analyste est du côté du lien, de ce qui fait lien mais un lien
déterritorialisé au maximum de la peste oedipienne.
Autre
- Titre : Le loup dans la bergerie. Théologie et
psychanalyse exposées au champ de l’Autre
- Auteur : Raymond Lemieux
- Source :
Revue Théologiques
-
- Beaucoup
l’attesteront : l’expérience du divan a changé leur vie. En bien ou en
mal ? C’est selon. Il n’y a pas de changement sans désorganisation, pas
de renouvellement sans rupture. Faire l’expérience du divan, c’est
accepter de mettre ses croyances et ses amours en danger. La technique
même du travail analytique par association spontanée impose de tout
laisser venir au langage, d’apprendre à refuser la censure, d’abord
celle qui est liée aux habitudes de vie. Les représentations du monde
qui font vivre tout en faisant souffrir, dont on se satisfait malgré
leurs insuffisances, risquent donc d’y passer. Ne vaut-il pas mieux
garder hermétiquement fermé le couvercle sur la marmite de
l’inconscient, de crainte qu’une fois ouvert, ses débordements
n’anéantissent, comme une coulée de lave
en fusion, les jardins trop bien cultivés de la vie ?
- La
psychanalyse est un loup dans la bergerie. Le croyant qui s’y adonne
peut très bien se retrouver, en cours ou en bout de course,
désillusionné. Il faut prendre le mot en son sens littéral : ce qu’il
considérait être sa foi lui paraît être alors une construction
défensive, ordonnée au refoulement de ses fantasmes, aliénation de son
désir et de sa subjectivité. Que peut-il faire alors sinon mettre cette
«foi » en balance ? Qu’arrivet- il si, en passant ses croyances au
crible de la critique, il découvre qu’il n’y avait jamais adhéré
librement mais qu’il les avait subies, supportées comme une histoire
imposée? Qu’arrive-t-il s’il en vient à la conclusion que derrière les
constructions de son imaginaire, il n’y a rien ? >
lire la suite
Conversion
- Titre : Réversibilité(s) de la conversion ou la
littérature entre religion et psychanalyse
- Auteur : Julia Peslier
- Source :
http://www.fabula.org
-
- (...)
C’est un des points de forte convergence de ces études que la conversion
comme expérience du corps, comme intellection sensible du lien à Dieu
plutôt que compréhension intellectuelle de son existence. Ici
littérature et psychanalyse se rejoignent pour voir dans la mélancolie
l’expression esthétique de la maladie de l’artiste en ce XIXe siècle
innervé par le romantisme. Envisagée sous son angle psychanalytique, la
conversion semble pouvoir s’appliquer à une certaine littérature : tant
Thomas Mann, que Louis-René des Forêts, Freud, Huysmans retrouvent dans
l’expression par le corps de la douleur quelque trace et résurgence d’un
conflit psychique fort. Notons toutefois que les approches purement
psychanalytiques (interventions de Pierre Boquel et d’Hervé Benhamou sur
des cas de conversion hystérique) ne permettent pas de déduire un
paradigme valable pour l’analyse littéraire. Enfermées sur leur objet –
la consultation et la maladie -, et très spécialisée dans leur usage du
terme, ces études s’intègrent mal dans la perspective comparatiste et
forment un ensemble isolé. Nancy Blake de son côté tâchera de lier
psychanalyse et analyse filmique (au sujet d’In The Mood for love) par
la problématique du désir, au cœur du conflit symbolique que vit le
couple fidèle dans le film, en s’appuyant sur les travaux de Lacan. La
conversion s’envisagerait alors comme sublimation et désincarnation de
cet amour, dont la possible consommation serait source d’obsession. Le
miroir du couple infidèle et le jeu répété par la mise en scène
amoureuse traduirait par le redoublement l’événement de la conversion
dans une esthétique du ressassement et de l’idée fixe. La folie comme
apogée d’un état mystique et plan du surhumain, devient l’état nerveux
où se joue la conversion : extrême du langage chez Louis-René des
Forêts, excès d’amour tant humain que divin chez la Marie l’Egyptienne
de Rutebeuf — « celle qui a le don d’aimer sans mesure va aimer Dieu
plus qu’il n’est possible d’aimer. L’Eros est transformé en agapè, le
transport érotique sublimé en amour de Dieu. L’un n’est que le
renversement, la « conversion » de l’autre qui a changé d’objet, mais
tout est ici affaire d’excès » (Françoise Laurent). (...) >
lire le texte
Discours
- Titre : Les fondements de la théologie. Ou le fond
manquant à la théologie
- Auteur : François Nault
- Source :
Laval théologique et philosophique (Erudit)
-
- Le problème d’un « discours
sur Dieu » aujourd’hui ne se pose plus dans le cadre
aristotélico-thomiste où il se posait hier. Walter Kasper le rappelle
fréquemment. Ce qui n’interdit pas la lecture de saint Thomas, mais la
requiert au contraire. C’est donc en partant de Thomas d’Aquin que je
voudrais proposer quelques réflexions sur le discours théologique, sur
une certaine manière de « dire Dieu ». Je voudrais aussi montrer comment
le « problème théologique » doit être posé aujourd’hui par rapport à une
certaine « pensée du langage ». >
lire
le texte
Herméneutique
- Titre : Le champ de l’herméneutique. Trajectoires
et carrefours
- Auteur : Jean-Paul Resweber
- Source :
Revue Théologiques
-
- Ce que l’on
appelle herméneutique recouvre trois démarches intellectuelles
distinctes. La première, de type méthodologique, dont l’exégèse biblique
fournit le modèle, définit les règles de l’interprétation des textes.
Elle convoque des disciplines variées, allant de la philologie aux
sciences humaines en passant par la grammaire, la logique et la
rhétorique, afin de restituer le sens du texte qui est supposé exprimer
les intentions de l’auteur. Friedrich Schleiermacher pose les bases
d’une telle pratique qui porte aussi bien sur la lecture du Nouveau
Testament ou la traduction de Platon que sur les textes des
présocratiques. Outre l’analyse grammaticale, il recourt à une analyse
technique qui, centrée sur le style, met en évidence l’usage créatif que
l’auteur fait de la langue1. Mais cet art de comprendre reste trop
psychologique, tributaire qu’il est d’une théorie du « moi » parlant.
C’est Wilhelm Dilthey qui donne à la méthode une assise plus objective :
la compréhension des «monuments écrits » prend sans doute appui sur les
données de l’histoire, mais elle considère celles-ci comme autant de
témoignages de vie2. En orientant l’herméneutique vers le déchiffrement
historique du vécu, il dépasse aussi bien le subjectivisme de
Schleiermacher que le positivisme de l’historicisme ambiant. Il
transforme ainsi la méthode en une démarche épistémologique qui
s’applique à découvrir les critères fondamentaux de l’interprétation. En
s’attelant à ce travail de légitimation que poursuivront Martin
Heidegger et Paul Ricoeur, Dilthey élargit, d’une part, le champ de
l’herméneutique, en lui assignant pour objet non seulement le texte,
mais aussi les multiples secteurs du monde vécu et, d’autre part, il
enrichit les outils de l’interprétation, en faisant appel aux nouvelles
sciences humaines. On peut, enfin, entendre par herméneutique, comme
c’est le cas de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la
théologie, une démarche philosophique, qui englobe les deux démarches
précédentes. C’est en nous situant dans cette dernière perspective que
nous suivrons les trois trajectoires herméneutiques de la
phénoménologie, de la psychanalyse et de la théologie et que nous
dégagerons les lieux communs ou les carrefours, où elles se recoupent. >
lire la suite
Homme
- Titre : Sujets à croire. Questions de théologie et
de psychanalyse. Hommage à Roland Sublon
- Auteur : René Heyer (dir.)
- Source :
Travaux du Centre d'études et de recherches interdisciplinaires en
théologie – n° 5
-
- Présentation de l'ouvrage. Le sujet n’est pas
l’homme. Mais l’homme, l’homme de la modernité, s’est installé de façon
décisive en position de sujet. A-t-il pour autant pris la place de Dieu
? S’il n'est plus certifié dans sa croyance, le sujet qui s’assure de
lui-même et de son savoir n’en reste pas moins affronté à l’in-croyable,
à l’im-pensé, à l’in-conscient.
Tel est le défi devant lequel se rencontrent, dans ce livre,
psychanalystes in-formés de la tradition chrétienne et théologiens
ouverts à la conceptualité psychanalytique. Un ordre donné se
présenterait-il, un ordre des symboles naturels sur quoi tabler et à
partir des normes duquel rectifier l’imaginaire des sociétés et de
l’individu ? Quant au Dieu qui se révèle à l’homme, est-il celui qui
l’écrase de sa supériorité, en sorte que l’incarnation n’aurait lieu que
comme un semblant ? On l’entrevoit : l’hérésie chrétienne ordinaire et
les tentations des clercs de la psychanalyse ne sont pas sans
accointances.
De semblables fascinations naturalistes aussi bien qu’autoritaires, ce
n’est pas quelque séduction nouvelle qui nous en délivrera. Telle est la
leçon de Roland Sublon : le prophète est menteur, parce que parlant ; il
ne nous dispense pas, en d’autres termes, de faire foi à son témoignage
en justifiant à notre tour, loin de toute persuasion enthousiaste, nos
convictions. Cette leçon est ici déclinée, au milieu d’autres
intervenants, par quelques-uns des élèves et amis du théologien et
psychanalyste, dans des domaines aussi variés que la mystique, la
psychiatrie, la philosophie, le droit canonique, la morale sociale.
Divers accès sont ainsi ménagés pour le lecteur à une œuvre aussi
exigeante qu’elle est stimulante et libre.
Fruit d’une rencontre, occasion d’un hommage, ce livre est avant tout le
lieu d’une question. Le sujet en effet, traqué, enserré, subjugué,
échappe. « Il n’est pas ici. » Car le sujet, dit Sublon, est constitué
par sa question.
Médiévisme
- Titre : Médiévisme et psychanalyse
- Auteur : Alexandre Leupin
- Source :
http://www.alexandreleupin.com
-
- Dans l’œuvre de Freud, le Moyen Âge n’existe
pratiquement pas comme référence culturelle, excepté la référence aux
Nibelungen. Il n’est donc pas étonnant que la psychanalyse freudienne
n’ait donné lieu qu’à des références occasionnelles dans le travail des
médiévistes, ou qu’elle ait passé par le filtrage des élaborations
respectives de Carl Gustav Jung et Jacques Lacan, deux psychanalystes
qui, quant à eux, furent profondément intéressés par le Moyen Âge.
D’un point de vue théorique, ces deux chefs d’école s’opposent : chez
Jung, les archétypes, manifestations collectives des sociétés humaines,
font de l’inconscient un lieu partagé entre les individus; à l’opposé,
pour Lacan, l’inconscient est une singularité non partageable, et s’il
reconnaît l’existence des archétypes (par exemple le complexe d’Œdipe),
il les situe du côté d’un ensemble symbolique par définition exprimé et
commun à une société donnée, non particuliers à un inconscient
individuel.
Jung avait un vif intérêt pour la culture médiévale, en particulier pour
les disciplines ésotériques que sont le tarot, l’alchimie et
l’astrologie (1). L’attention portée à ces survivances de la mythologie
dans la culture médiévale permet aux chercheurs qui se réclament de Jung
une analyse en profondeur de rêves fort anciens : la fusion des
principes mâle et femelle (animus et anima, dirait Jung), l’intégration
de l’homme-microcosme dans un monde-macrocosme, qui lui-même est
sexualisé par la doctrine des quatre éléments de la matière (eau et
terre féminins, air et feu masculins). L’école jungienne contribue donc
à une vaste recension des diverses formes que prit le mythe au
Moyen-Âge. Il faut reconnaître à Jung la fulgurance de nombre de ses
interprétations. L’envers de cette fécondité étonnante est parfois le
syncrétisme et l’éclectisme des références culturelles où tout semble
être dans tout. Les meilleurs jungiens évitent le chausse-trappe de
cette confusion : Jean-Claude Aubailly (2) y pallie par la finesse et la
rigueur de ses analyses littéraires, et Gérard Chandes (3), par
l’intérêt qu’il porte aux modalités historiques informant la
transmission du savoir dans l’imaginaire de la société médiévale. Quant
à l’œuvre immense et originale de Pierre Gallais, elle défie les
tentatives de classification rigide (4), bien qu’elle soit inspirée par
les recherches sur l’imaginaire de Gilbert Durand (5). >
lire la suite
Perversion
- Titre : Le sujet et son acte, 3è séance
- Auteur : Jean-Pierre Castel
- Source :
http://pierrehenri.castel.free.fr
-
-
Je vais vous proposer ce soir sur la perversion ce qu’on peut appeler
comme ça une hypothèse métapsychologique grandiose - j’ai peu de recul
pour en juger - mais qui est une tentative de construire quelque chose à
partir d’un texte de Sade - le discours de Braschi dans Juliette, que
cite Lacan dans le séminaire VII - de construire sur la notion d’acte et
de sujet quelque chose d’assez particulier.
Je vous rappelle que ce que j’avais essayé de proposer la dernière fois,
dont je vais essayer de vous donner une illustration et une sorte de
preuve, autant que je pourrai. J’avais associé à l’idée de névrose et de
refoulement l’idée de formation réactionnelle, à l’idée de psychose et
de délire l’idée de Verwerfung, de forclusion, et je voulais vous
proposer quelque chose d’équivalent sur la perversion, avec l’idée qu’il
y aurait une substructure particulière à l’acte liée à l’insertion
spécifique du sujet de la perversion dans un discours de la perversion.
Discours de la perversion dont je vais essayer de vous montrer que, à
partir de Sade, et spécifiquement à partir du discours de Braschi, du
pape Pie VI dans Juliette, on peut élucider la grammaire ou plus
exactement la syntaxe énonciative propre. Je veux dire que faire ça, par
rapport à ce que je vous ai proposé l’an dernier sur la perversion,
c’est certainement aller plus loin qu’identifier le noyau de
Verleugnung, de déni ou démenti que j’avais l’an dernier tenté de
rapporter à cet opérateur particulier que j’avais proposé, l’opérateur
nec, cette espèce de conjonction où la mère apparaît comme castrée et
non castrée au même moment. Eh bien, ce qui correspondrait
structurellement aux formations réactionnelles dans la névrose et au
délire dans la psychose – et voilà l’hypothèse métapsychologique que je
vais développer aujourd’hui -, ce serait une contre-éthique. Voilà ce
que je vais essayer de justifier : une contre-éthique. >
lire la suite
Phallophanie
- Titre : Phallophanies
- Auteur : Alexandre Leupin
- Source :
http://www.alexandreleupin.com (Interview
by Jacques Henric, art press
no. 262, november 2000)
Ce n'est
pas derrière un pilier de Notre-Dame qu'Alexandre Leupin a eu une
révélation, c'est à Florence, devant un Cimabue, que lui est apparue,
sur le corps du Christ crucifié, une ombre, un fantôme phallique. Sans
doute fallait-il être, comme cet auteur, à la fois médiéviste et grand
lecteur de Lacan, pour voir surgir ce que personne n'avait vu: non pas
un sexe, mais un phallus. Son étude, largement illustrée, paraît aux
éditions du Regard, sous le titre Phallophanies, la chair et le sacré.
Vous
êtes médiéviste passionné par la théologie et lecteur de Freud et Lacan.
Est-ce la théologie que vous soumettez "au risque" de la psychanalyse,
ou l'inverse?
Lisant
Lacan, j'ai retrouvé dans ses écrits, telles quelles, des formulations
de la théologie. Exemple. Le réel est impossible, se trouve
dans Saint Augustin, appliqué certes à Dieu, non à l'inconscient. La
différence est que la psychanalyse propose une anthropologisation
radicale de Dieu. Chez Saint Augustin, Dieu n'est pas dans l'homme, il
est hors monde, tandis que chez Lacan, Dieu est inconscient, il est ce
fragment d'inconscient porté par notre corps incarné. Autre différence:
l'éthique de la psychanalyse, pour opérer, doit se limiter. Il s'agit
pour elle d'aider au bonheur précaire des individus, en tant qu'ils
sont, dans le champ social, soumis à la répression, et en tant qu'ils
n'arrivent pas à dire leur désir. En revanche, l'éthique du
christianisme, devant laquelle, comme éthique de l'amour, Freud a
reculé, me semble aller beaucoup plus loin. La psychanalyse n'a pas un
projet éthique de société, elle a un projet concernant les singularités
individuelles. Le christianisme, lui, s'adresse à la communauté. Cela
dit, on peut soutenir que la théologie éclaire Lacan et que Lacan
éclaire la théologie en permettant de repenser toutes ses figures. Son
attitude à l'égard de ce qu'il appelle la «religion vraie» a été pour
moi riche d'enseignements. Elle fait brèche à ces penseurs
déchristianisés que nous sommes, victimes d'une certaine bêtise des
Lumières. Lacan, lui, n'a jamais considéré la religion comme un simple
complot de prêtres destiné à asservir les masses. Pour lui, la religion
est une lumière projetée sur le désir. >
lire la suite
Sujet
- Titre : « Pour vous, qui suis-je ? » La mise en
scène du sujet chez les synoptiques
- Auteur : Arthur Mettayer
- Source :
Revue Théologiques
-
- Résumé. Les évangiles de Marc, Luc et Matthieu
nous rapportent la question Qui suis-je ? posée par le personnage
Jésus. Or, la formulation de la question, et sa réponse, se transforment
d’un évangile à l’autre. Ce déplacement nous invite à un parcours, dont
le point d’arrivée et de départ est aussi le lieu où la question se
pose, lieu de l’Autre, lieu où un sujet amorce la rencontre de son
désir. Qui suis-je ? met en jeu non pas une reconnaissance de soi, ni
une quête d’identification, mais bien plutôt des déplacements provoqués
par un ou plusieurs noms où s’insurge un manque à être. Les noms de fils
de l’homme (Mc), de Christ de Dieu (Lc), de fils du Dieu vivant (Mt)
révèlent tour à tour l’écart de la demande du Qui suis-je ?, révélant
l’impossibilité du langage à dire totalement le sujet qu’il représente.
Paradoxalement, la question est de l’ordre d’une dé-subjectivation, et
non de l’attente d’un titre — comme d’un hors lieu où Christ peut être
entendu dans son irréductibilité. >
lire le texte
-
-
Vertu
- Titre : L’écriture de la
vertu Homologies entre l’acte aristotélicien et la théorisation du sujet
lacanien
- Auteur : Roland Sublon
- Source :
Revue Théologiques
-
- Résumé. L’article relit la manière dont
Aristote écrit l’éthique, fondement de son projet politique, afin de
pointer les ressemblances existant entre la démarche aristotélicienne et
la théorisation du sujet par la psychanalyse (lacanienne), et de montrer
que l’éthique d’Aristote, loin d’être fermée, principielle et
nécessariste, est ouverte à l’incertitude, et donc, très actuelle,
puisqu’elle a une structure de topologie moebienne, voire borroméenne.
Il existe une assonance entre la manière dont Aristote écrit la vertu,
la prudence, la tempérance, le plaisir et l’amitié, et la théorisation
de Lacan. Dans un premier temps, l’a. examine la construction de la
prudence chez Aristote. Métaphysique Q, 6 fournit une clé de lecture
(généralement négligée) de l’Éthique à Nicomaque, grâce aux catégories
de puissance et acte, qui permettent de penser la dimension
pulsionnelle, insaisissable, de l’agent vivant, irréductible à toute
chosification, et par ailleurs doué de parole. Or, puisque les
catégories utilisées par Aristote sont déterminées linguistiquement
(penser et parler sont indissociables), un rapprochement s’opère avec un
opérateur logique de la psychanalyse : la Lettre. Celle-ci rend compte
de la structure involutive propre à l’activité du sujet parlant, dans
l’articulation de l’identique et du différent. L’éthique n’est-elle pas
l’impossible mais nécessaire réconciliation des contraires ? Donc, la
puissance de l’éthique s’actualise par la parole, mais la vertu
(l’excellence) est indissociable de la prudence.
Dans un deuxième temps, l’articlr examine la construction de l’amitié
chez Aristote. L’agent est-il déterminé dans ces choix par un principe
idéal aux effets nécessaristes ? Prenant le contrepoids de
l’interprétation commune, menant plus loin son analyse de la prudence et
s’appuyant encore une fois sur des parallèles lacaniens, l’a. écarte
résolument cette possibilité. L’expérience exige de ne pas séparer pavqo~
et lovgo~j, ni d’en privilégier l’un au détriment de l’autre. La
topologie moebienne de Lacan permet ainsi de penser à nouveau frais,
avec Aristote, l’amitié. >
lire le texte
-
14 octobre 2005 |