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Amour -
Fantasme - Idéologie -
Psychopathologie
Bibliographie
Amour
- Titre : Avec ou sans l'amour ?
- Auteur : Jean Allouch
- Source :
http://www.ecole-lacanienne.net
-
- (...) Paris, peu avant et peu après l’année 1980. Tandis que Jacques
Lacan bouleverse ce qui jusque-là valait pour sa définition du sujet
(par le signifiant), Michel Foucault met le sujet (et non plus les
dispositifs de pouvoir) au cœur même de son questionnement. Quelle
mouche a donc piqué ces deux-là, à ce moment-là, pour que le sujet
brille de nouveaux feux ? Une seule mouche ? Auraient-ils entrevu, ces
deux-là, quelque chose comme feu le sujet ? Lequel sujet allait laisser
place à l’individu. Nous y sommes. L’individu est le nom du sujet dans
la statistique ; il s’y trouve résorbé ; la statistique forclos son
rapport de soi à soi, et donc notamment toute possibilité de souci de
soi. Voici que l’on s’interroge aussi, quelque peu délirant : Lacan
décédé, Foucault aurait-il pris le relais du sujet ? Le sujet, mais quoi
donc ? Il est exclu que ne soit pas en jeu son être. Et non moins exclu
qu’il ne s’agisse pas de son être de sujet. Qu’est-ce à dire ? Lacan et
Foucault convergent au moins sur ce trait : le sujet n’est pas un donné.
Ce qui, pris positivement, se dit d’un mot : subjectivation. Foucault
déplace alors son champ historique d’investigation. Par-delà Descartes
lequel, comme récemment encore le soulignait Jean-Luc Marion, a escamoté
la question érotique et déporté l’éthique au second plan, le sujet
antique des Ier et IIe siècles, précieux en cela, offre à Foucault une
modalité (plusieurs ?) de constitution de soi qui se dispense largement
de l’érotique et clairement de l’amour : « L’erôs traditionnel, écrit
Foucault, y joue un rôle tout au plus occasionnel. ». On cherchera en
vain l’amour dans l’index thématique des Dits et écrits. Et les
travaux gay et lesbien paraissent bien eux aussi largement le négliger
Lacan, au contraire (à qui Foucault rend hommage le 3 février 1982 pour
avoir été un des rares au XXe siècle à avoir posé la question du rapport
du sujet à la vérité), et ce sera presque son dernier mot, mise sur
l’amour. Lettre du 26 janvier 1981 : « Ceci est l'École de mes Élèves,
ceux qui m'aiment encore. J'en ouvre aussitôt les portes. » Deux
propositions donc, respectivement signées Lacan et Foucault et
concernant la subjectivation, l’une avec, l’autre sans l’amour (je
n’écris pas « sans amour »). Ainsi l’amour fait-il clivage
(oui,j’accorde volontiers que, ce clivage, je le construis ici). Le
problème n’est bien entendu pas de savoir qui a raison, ou qui a perdu
la raison. Ayant aujourd’hui affaire à ce clivage (construit oui, mais
je ne l’invente pas), je ne vois rien de mieux ajusté que de le
respecter, que d’en suivre les effets, que d’en déployer les
conséquences, que d’en élucider la teneur. De là ce séminaire à deux
pieds, ce qui ne garantit pas une démarche aisée puisqu’il n’y a aucune
raison de présupposer que chacun n’avance pas à cloche-pied ; mais
aucune raison non plus d’écarter a priori la possibilité qu’une telle
démarche, subrepticement, ne dessine, au sol, quelque étrange nœud. >
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Fantasme
- Titre : Le fantasme de Foucault
- Auteur : Catherine Millot
- Source :
http://www.freud-lacan.com
-
- On m'a demandé tout à l'heure de quel
Foucault j'allais parler, je me suis alors aperçue que j'avais donné ce
titre en résonance avec le pendule de Foucault. Mais il s'agit de Michel
Foucault bien sûr dont j'ai essayé d'interroger le fantasme en tant que
théoricien.
Dans la suite de l'interrogation qui avait été la mienne sur la vocation
de l'écrivain, j'avais envie d'interroger le désir du théoricien.
Cependant, dans un premier temps, le sujet de ce colloque étant la
perversion, je vais essayer de reprendre les termes à propos de
Foucault, les repérages structuraux que j'ai dégagés dans mon ouvrage
sur Gide Genet et Mishima. Ces repérages structuraux, je les avais
construits à partir des termes freudiens, repris par Lacan, de désaveu
de la castration et de clivage du moi. J'avais articulé le désaveu de la
castration à un mécanisme plus général que celui qui est en jeu dans le
fétichisme qui permet de rendre compte de l'ensemble des perversions, et
qui consiste dans la transmutation de la souffrance en jouissance,
correspondant au fond masochiste de toute perversion. Quant au clivage
du moi, je l'ai articulé à ce que Gide a quasiment théorisé avec la
notion de bipolarité. Ce dernier montre et illustre lui-même par sa vie
et son oeuvre que ce véritable dédoublement du moi, à distinguer de la
division du sujet, s'articule selon une bipolarité qui met en relation
des termes à la fois extrêmes et opposés.
Freud avait mis en relation désaveu et clivage du moi. Le désaveu de la
castration que Freud situe au principe du fétichisme consiste à soutenir
en même temps deux propositions contradictoires d'une part que la
castration existe et d'autre part qu'elle n'existe pas. Le clivage du
moi s'articule avec ces deux propositions contradictoires. Le moi se
clive parce qu'il y a une partie qui soutient une proposition, tandis
que l'autre partie soutient l'autre. >
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Idéologie
- Titre : Inconscient et Idéologie : De Foucault à
Lacan
- Auteur : Christophe Scudéri
- Source :
http://stl.recherche.univ-lille3.fr
-
- (...) L'enjeu récurrent qui selon moi n'a cessé de hanter plus ou
moins explicitement ce séminaire sur l'Idéologie est celle d'une
pratique de la philosophie qui se veut une philosophie pratique à savoir
une philosophie qui ne serait pas seulement le jeu jubilatoire d'une
pensée pure et intemporelle, qui ne serait pas exclusivement l'échange
en circuit fermé de thèses, d'objections et d'idées dans une sorte de
déconnexion d'avec le champ du social et de son histoire mais une
philosophie qui, si elle ne peut être une intervention directe et
quasi-immédiate dans et sur le champ social, serait au minimum une
activité directement connectée sur ce champ dans lequel elle oeuvre (au
double sens à la fois d'action de la philosophie sur ce champ et
d'inscription de cette philosophie dans ce champ depuis lequel elle
surgit comme philosophie, son action sur le champ étant d'ailleurs
étroitement lié au fait même que c'est depuis ce champ
socio-historiquement constitué qu'elle surgit). Bien évidemment si cette
question émerge comme la question qui traverse ce séminaire, c'est
d'abord et avant tout au regard du thème choisi cette année à savoir
l'Idéologie. Car qu'est-ce-que l'Idéologie sinon la dénonciation de la
philosophie comme spéculation pure (que cette philosophie prenne la
forme sous Condillac d'une "ancienne métaphysique" de type
post-scolastique ou qu'elle s'incarne dans la Critique critique comme
quintessence de la philosophie allemande chez Marx) et l'élaboration du
contre-projet d'une philosophie "à hauteur d'homme" (comme l'écrit
Condillac dans son "Essai sur l'origine des connaissances humaines"
(1746)) ou plus radicalement comme chez Marx d'un ancrage du
philosophique (et pas seulement de cette discipline qui se nomme
philosophie) dans les conditions historico-sociales de son surgissement
(depuis lesquelles elle apparaît et donc agit comme philosophique). Avec
l'Idéologie, avec le thème de l'Idéologie, se pose donc bien l'enjeu
d'un acte philosophique (= une pratique de la philosophie) qui se
voudrait en même temps action politique au sens premier d'une
intervention dans la cité humaine (et donc transformation de cette cité)
(=une philosophie pratique). >
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Psychopathologie
- Titre : Entretien avec Roland Gori
- Auteur : A. Vanier et M. Zafiropoulos
- Source :
http://www.medspe.com
-
- (...) M. Z. : Reprenons votre diagnostic : qu’est-ce que c’est
que la santé totalitaire ?
R. G. : C’est ce que je viens de dire. Il s’agit d’un gouvernement des
corps et des âmes, une somatocratie, une biopolitique des populations,
pour reprendre les termes de Foucault, qui utilisent à un moment donné
les pratiques médicales pour reformuler dans un langage médical les
problèmes de l’existence d’un sujet dans son rapport à lui-même et aux
autres. Bref, on produit une idéologie médicalisée et médicalisante de
l’existence qui permet des pratiques sociales sécuritaires indiquant aux
populations comment il faut se comporter pour bien se porter. La
médecine depuis le XVIIIe siècle est convoquée à exercer cette fonction
de police que la psychiatrie à partir du XIXe siècle et la psychologie à
partir du XXe siècle sont venues épauler. Voilà l’argument de l’ouvrage
qui essaie de montrer dans la troisième partie que la remédicalisation
de la psychiatrie actuelle s’inscrit dans une logique qui depuis le
XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle tend à réduire le thérapeutique
au iatrique. Donc vous voyez que ce n’est pas à une critique des
médicaments, à laquelle nous nous livrons. Je ne suis pas du tout contre
les médicaments, ce n’est pas ça. Je reconnais bien volontiers que les
psychotropes sont d’excellents médicaments à condition qu’ils soient
prescrits dans une autre finalité qu’eux-mêmes, c’est-à-dire à condition
qu’ils ne soient pas prescrits dans une logique de consommation. Je suis
désolé, j’ai travaillé trop longtemps dans le système psychiatrique pour
ne pas avoir entendu parler de ce qui s’y passait avant la découverte du
Largactil, avant la découverte des neuroleptiques, avant, encore une
fois, la découverte de certains anxiolytiques ou antidépresseurs. Donc
c’est sans ambiguïté pour moi, on ne doit pas confondre une rationalité
scientifique avec les pratiques sociales qui en dérivent, qui en
dérivent dans tous les sens du terme.
Alors par exemple, si je critique les DSM-III et IV, si je critique le
rapport Inserm, c’est parce que ce sont avant tout des pratiques
sociales qui font science, qui ont les mots de la science, qui ont
l’odeur de la science, mais qui ne sont pas de la science. C’est cela
que nous avons développé dans la troisième partie : ce sont des
pratiques sociales qui utilisent le formalisme pour exploiter sans
vergogne le conformisme de la communauté scientifique afin de faire
avancer leur idéologie et leurs intérêts. Pour y parvenir, ils opèrent
dans une logique formelle qui fonctionne dès lors qu’on a accepté le
postulat de départ. Par exemple le DSM-III préparé par le groupe de
Spitzer au cours des années soixante-dix réussit à faire avancer le
credo néokraepelinien de la maladie mentale en transformant les
problèmes qu’elle pose en postulat. À la question très difficile de
savoir quel est le rapport de la psychiatrie avec la médecine, on
préfère non pas poser le problème, mais énoncer le postulat que la
psychiatrie, c’est une médecine comme les autres. À la question de
savoir si les traitements psychiatriques sont des traitements comme les
autres, on préfère là encore énoncer le postulat que ce sont des
traitements comme les autres. À la question de savoir s’ils sont
évaluables comme sont évaluables les autres protocoles thérapeutiques
médicaux, on donne la réponse aussi stupide que celle du rapport Inserm,
tellement stupide que même le Quotidien du médecin observe que dans ce
type d’études, c’est comme si “en médecine somatique, par exemple, cela
revenait à comparer toutes les méthodes de traitement des symptômes,
digestifs par exemple, sans avoir à tenir compte des maladies dans
lesquelles ils s’inscrivent”.
La médicalisation insidieuse de l’existence consiste d’une pratique
sociale qui reformule tous les drames de l’existence — sexualité,
grossesse, ménopause, souffrance, vieillesse, mort, etc. — dans des
termes qui prennent l’allure du langage médical. (...) >
lire le texte
Bibliographie 

Le pouvoir chez Lacan et Foucault La
Célibataire n° 9
Année d'édition : 29/10/2004
Un numéro exceptionnel publié à l’occasion de l’anniversaire de la
disparition de Michel Foucault.
Michel Foucault et Jacques Lacan, autour des années 1970, avaient développé
une réflexion sur le pouvoir, son concept et ses fonctions. Ce numéro de La
Célibataire qui paraît à un moment où la crise du social et du politique
atteint une évidence et une radicalité que personne, sans doute, n’avait
pressentie comme le firent Lacan et Foucault, permettra à chacun de
comprendre, au moins où - sur la question du pouvoir - nous en sommes, et
peut-être où nous sommes tout simplement.
*

Erotique de la vérité : Foucault, Lacan et la question de l'éthique
de John Rajchman
P.U.F.
*

La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? : réponse à Michel
Foucault par Jean Allouch
E.P.E.L. En
récusant qu'elle soit une psychologie (avec ou sans profondeur),
un art, une religion, une magie et même une science,
Lacan aurait-il laissé la psychanalyse comme flottant en l'air, ne
sachant plus ce qu'elle est ni où elle est ? Jacques Derrida la tenait
pour un discours instable et insituable, mais «discours» ne
va pas non plus.
Pourtant, en 1982, dans son cours sur «l'herméneutique du
sujet», Michel Foucault adressait aux psychanalystes une proposition
effective. La psychanalyse n'a pas su, notait-il, se penser
«dans le tranchant historique de l'existence de la spiritualité
et de ses exigences». Partant, elle se serait faite oublieuse de
cela même qu'elle est : une expérience spirituelle, par laquelle,
via un autre, le sujet opère sur lui-même les transformations nécessaires
pour accéder à sa vérité.
Seul Lacan, ajoutait Foucault, n'aurait pas participé de cet
oubli. De là trois questions : y a-t-il lieu d'accréditer cette généalogie
de la psychanalyse que bâtit Foucault ? Qu'en est-il de
la spiritualité chez Lacan ? et chez Freud ?
*

Collectif
Coffret 3 volumes : Deleuze - Foucault -
Lacan Les Belles Lettres
Deleuze, d'Alberto Gualandi : Gilles Deleuze (1925-1995), est une des
figures les plus controversées et les plus séduisantes de la philosophie
contemporaine. Sa pensée, synonyme pour beaucoup de l’événement-Mai 68,
semble avoir été oubliée par les milieux philosophiques institutionnels.
Génie rusé ou innocent tricheur : à quoi tient la singularité de ce penseur
excentrique ?
Ce livre essaye de répondre à
cette question en soutenant que l’inactualité et le décalage de Deleuze sont
une conséquence de sa conception de l’être immanent, de son désir de coupler
de façon systématique une philosophie “égalitaire” de la Pensée-Culture à
une philosophie “univoque” de l’être-Nature.
Dans cette perspective, les
concepts deleuziens (intensité, synthèses, séries, corps-sans-organe, pli,
réseau, rhizome, éternel revenir de la différence, etc.) sont éclaircis et
rattachés, dans leur nouveauté, à la grande tradition philosophique
occidentale.
Apparaît alors une image
presque classique de l’auteur de Différence et répétition, L’anti-Oedipe,
Nietzsche et la philosophie et Spinoza et le problème de l’expression.
Alberto Gualandi, docteur en
philosophie, a publié Le problème de la vérité scientifique dans la
philosophie française contemporaine.
Foucault, de Pierre
Billouet : Michel Foucault (1926-1984), philosophe paradoxal, professeur au
Collège de France, militant politique et activiste social, a choqué un monde
mal remis de la “mort de Dieu” en lui annonçant la mort prochaine de l’homme
: l’“homme” n’est qu’un effet de discours (Les Mots et les Choses,
1966) et d’assujettissement disciplinaire (Surveiller et punir,
1975).
Foucault l’archéologue s’est
d’abord intéressé non aux “surfaces” mais aux “profondeurs” des domaines de
savoir : là où s’opèrent les ruptures qui font que, sous des homonymes, les
époques pensent en fait des objets différents. Ainsi a-t-il donné une
Histoire de la Folie, une histoire du regard médical, Naissance de la
clinique, et une histoire de la discipline, Surveiller et punir.
Dans son Histoire de la sexualité (1976, 1984), Foucault a abandonné
la méthode archéologique et cherché à définir une “esthétique de
l’existence” en relisant les Anciens.
Cet essai examine les
différentes perspectives que Foucault a données de son “œuvre” et montre
comment sa propre lecture de Kant lui a interdit de rester “nietzschéen”...
Pierre Billouet, professeur
agrégé et docteur en philosophie, a partiellement traduit et commenté
Critique de la Raison Pratique de Kant et publié Paganisme et
postmodernité : J.- F. Lyotard.
Lacan, d'Alain Vanier :
Jacques Lacan (1901-1981) était-il un des grands penseurs de notre époque,
lui qui considérait la pensée comme une maladie ? Un gourou, entraînant à sa
suite une jeunesse fascinée ? Un charlatan usant de façon illicite des
énoncés de la science, manipulant de façon peu académique la tradition
philosophique ? Un surréaliste égaré dans la pensée sérieuse ? Une figure
déroutante, assurément, n’occupant jamais la place à laquelle on voulait
l’assigner. “Celui qui a lu Freud”, disait-il de lui, et qui a ainsi,
incontestablement, réinventé la psychanalyse. On ne trouvera pas ici une
explication du personnage Lacan mais une présentation de ses concepts
majeurs – Réel-Symbolique-Imaginaire, stade du miroir, sujet, signifiant,
Autre, objet a, trait unaire, phallus, Nom-du-Père, mathème, nœud borroméen,
etc. – avec lesquels il a dérouté et entraîné sur des chemins ignorés – qui
n’appartenaient pourtant qu’à ceux qui le suivaient : tâche du psychanalyste
que Lacan a incarné sans concession.
*
et aussi...
Lacan et Foucault : sur l'antinomie de l'inconscient et de la sexualité
VERGETIS Dimitris Kopèlates
(Editeur) - 1992
18/05/2007 |