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Lacan et Joyce

 

 

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Analyste - Folie - Lettre - Noeud borroméen - Nom-du-père - Sinthome - Symptôme

 


 

Analyste

Titre : Ce que Joyce était pour Lacan
Auteur : Franz Kaltenbeck
Source : http://aleph.asso.fr
 
En répondant aux questions de quelques participants de son séminaire, Lacan déclara dans la séance du 13 avril 1976[1][1] : « Je pense qu’effectivement le psychanalyste ne peut pas se concevoir autrement que comme un sinthome. C’est pas la psychanalyse qui est un sinthome, c’est le psychanalyste ».
Est-ce qu’on s’est déjà aperçu de la portée de cette réponse qui semble jouer sur le paradoxe : comment un symptôme peut-il agir sur d’autres symptômes ?
Or, pour Lacan Joyce, était, lui aussi, un symptôme. Il donna à une célèbre conférence le titre : « Joyce, le symptôme».
L’analyste devrait donc se rendre compte – non sans frayeur – qu’il a de la concurrence de taille.
Si Joyce, soit son œuvre, est un symptôme il ne suffit peut-être plus de vouloir parquer le symptôme dans la seule psychopathologie. Il risque d’en déborder.
Ce que Lacan nomme en 1975 « le sinthome » est un terme équivoque. Négatif, invalidant ? Sans doute ! Mais aussi excessif, voire « monstrueux » et en tout cas dépassant le tout, comme Finnegans Wake.
Quant aux analystes ils auraient intérêt à prendre acte de ce véritable transfert que Lacan a développé sur Joyce, son rival. > lire la suite

 

Folie

Titre : Joyce était-il fou ?
Auteur : Valentin Nusinovici
Source : http://www.freud-lacan.com

De tout ce que Lacan a dit et écrit à propos de Joyce on ne retient souvent qu'un diagnostic et un schéma. Diagnostic d'une psychose restée pratiquement latente grâce à l'activité littéraire et schéma des trois ronds R, S, I maintenus par le rond du sinthome dans un nouage pseudo-borroméen.
A réduire ainsi la lecture lacanienne du "cas" Joyce on tire des indications concernant la clinique des psychoses non déclenchées (on a ainsi pu en faire le cas type de la psychose non déclenchée) et d'autres sur l'intérêt de favoriser la constitution d'un sinthome, mais on s'intéresse peu à ce qui serait le rapport à l'analyse de patients dont on jugerait le cas proche ou comparable à celui de Joyce, génie mis à part.
"Joyce était-il fou ?" C'est la question que pose Lacan dans la 6eme leçon du séminaire Le sinthome (le 10 février 1976). Il prévient qu'il ne va pas la résoudre ce qui ne l'empêche pas de parler à la fin de la leçon de folie (il n'utilise pas le terme de psychose) et de parler aussi de Verwerfung de fait.
Dans les leçons suivantes il parlera de "soupçon" à propos du rapport de Joyce à la parole, parole qui semble lui être imposée (17 février) de même qu'à propos de son rapport au corps, de son "laisser tomber du corps" (11 mai). Beaucoup interprétent ces passages comme une affirmation de la psychose. > lire la suite

 

Lettre

Titre : La rencontre d’un psychanalyste et d’un poète
Auteur : Liliane Fainsilber
Source : http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber

Lacan nous a fait cette confidence, celle d’avoir rencontré Joyce chez Adrienne Monnier et d’avoir assisté à la première lecture de la traduction française d’Ulysse. C’était l’année de ses vingt ans.
A letter, a litter
Bien longtemps après, en 1971, c’est avec un jeu de mots de Joyce que Lacan introduira la difficile question qu’il soulève des rapports de la lettre et du signifiant dans son grand texte Lituraterre.
A une lettre près, a letter devient pour Joyce, a littter, que Lacan n’hésite pas à traduire d’un mot bien rude " une ordure ". Puis articulé à ce jeu de mot et sans s’en expliquer plus, Lacan nous rappelle qu’une des admiratrices de Joyce avait voulu lui payer, lui offrir une psychanalyse, en le confiant au reste à Jung, " une psychanalyse, comme on le ferait d’une douche ".
Mais c’est pour rajouter aussitôt : " Au jeu que nous évoquons, il n’y eut rien gagné, y allant tout droit au mieux de ce qu’on peut attendre d’une psychanalyse à sa fin ".
Cette affirmation de Lacan, concernant Joyce, est reprise presque mot pour mot, dans le dernier texte qui concerne cette rencontre de Lacan et de Joyce, celui qu’il a appelé Joyce le symptôme. Il est encore trop tôt pour la citer, faute de pouvoir la replacer dans son contexte. Mais on peut déjà remarquer que ce jeu de mots de Joyce a letter, a litter y garde son poids, l’éclaire dans l’après coup, en raison de ce que Lacan met en évidence de la fonction de l’objet a.

 

Noeud Borroméen

Titre : "LACAN ET LA FAUTE DANS LE NŒUD"
Auteur : Christine Giraud
Source : http://aleph.asso.fr
 
A partir des fils conducteurs qui parcourent l’ensemble du séminaire de Lacan « Le Sinthome » - c’est l’ébauche d’un questionnement par rapport à la place que prend, dans l’artifice du "Sinthome" de Joyce, le nom / non du père, forclos dans la psychose et la valeur "réelle" du nœud boromméen.
Lacan poursuit dans ce séminaire avec les thèmes qui lui sont chers et notamment celui du champ de Réel. Il semble ici vouloir approfondir le R.S.I par rapport au nœud borroméen et le 4e rond. Il avance donc ici en frayant son chemin et, comme il dit, c'est un "risque absolu".
Soucieux toujours des nombres présents pour l’écouter, à plusieurs reprises, il parle de son désir d’échanger avec les participants, avoir en quelque sorte un retour pour justifier et ratifier ses peines et sa recherche.
"ce serait sympathique si on me répond, qu’on collabore ou s’intéresse.. ; ce qui devient une recherche" (p.109) Et le jour de son anniversaire, il nous dit, "je souhaiterais vérifier aujourd'hui si je sais ce que je dis... que je ne me contente pas de parler pour moi… demande que quelqu’un m’écrive pour justifier cette peine".
Pour préciser ensuite "que quelqu’un invente quelque chose que je puisse moi-même m’en servir" (p.147).
C'est qu’avant, nous dit Lacan "j’étais un peu claironnant je disais comme Picasso – je ne cherche pas je trouve…........maintenant j’ai plus de peine à frayer mon chemin" (p.109)
C’est ainsi que nous sommes sollicités à cheminer avec lui pour aller à l’encontre de ce qu’il soutient comme invention du champ du Réel, avec son support du nœud borroméen. C’est aussi, avec lui, faire le lien avec l’écrivain James Joyce et ce qui concerne la nouvelle dimension, qui est le 4ème rond. > lire la suite

 

Nom-du-père

Titre : LE SINTHOME (séminaire du 18 novembre 1975)
Auteur : Jacques Lacan
Source : http://www.lutecium.org
 
(Extrait) - Le complexe d'Oedipe, comme tel, est un symptôme. C'est en tant que le nom du père est aussi le père du nom que tout se soutient, ce qui ne rend pas moins nécessaire le symptôme. Cet (p12->) Autre, dont il s'agit, c'est ce quelque chose qui dans JOYCE, se manifeste par ceci, qu'il est, en somme, chargé de père. C'est dans le mesure ou se père, comme il s'avère dans Ulysses, il doit le soutenir pour qu'il subsiste, que JOYCE par son art, son art qui est toujours le quelque chose qui, du fond des âges, nous vient comme issu de l'artisan, c'est par son art que JOYCE fait subsister, non seulement sa famille, mais l'illustre, si l'on peut dire, et du même coup illustre ce qu'il appelle quelque part " my country " . L'esprit incréé, dit-il de sa race, c'est ce par quoi finit le Portrait de l'Artiste, c'est là se dont il se donne la mission. En ce sens, j'annonce ce que va être, cette année mon interrogation sur l'art : en quoi l'artifice peut-il viser expressément ce qui se présente d'abord comme symptôme, à savoir quoi ? mais ce que j'ai figuré dans mes deux tétraèdres, la vérité. La vérité, où est-elle dans cette occasion ? J'ai dit qu'elle était quelque part dans le discours du Maître, comme supposée dans le sujet, en tant que divisé, il est encore sujet du phantasme; C'est contrairement à ce que j'avais figuré d'abord, c'est ici, au niveau de la vérité que nous devons considérer le mi-dire, c'est-à-dire que le sujet, à cette étape, ne peut se représenter que du signifiant indice 1 (S1) , que le signifiant indice 2 (S2), c'est très précisément ce qui se représente de la, pour le figurer comme je l'ai fait tout à l'heure, de la duplicité du Symbole et du symptôme. > lire le texte

 

Sinthome

Titre : Jacques Lacan et le " sinthome " Joyce
Auteur : Pierre Bruno
Source : http://www.humanite.presse.fr
 
Retrouvons le féminin. Revenons à Encore. Dans ce séminaire, Lacan avance cette proposition que la jouissance, côté femme, n’est pas toute réglée par la loi de la castration, autrement dit que la jouissance féminine se situe, partiellement, en dehors de cette logique de la castration de tous, sauf du père en tant que réel. Soulignons-le sans attendre : la jouissance en question n’est pas un artefact théorique. Une femme peut éprouver tel délice à la fois discret et indicible alentour de l’orgasme, voire même sans l’orgasme, ce qui ne laisse pas d’être énigmatique pour l’homme, et, en tout cas, de dissymétriser impuissance masculine et frigidité féminine. Au-delà de la sphère du lit, c’est au ravissement mystique qu’il faut penser - sachant combien les femmes y ont un avantage avéré.
Dès lors, l’ensemble de la psychanalyse se déplace. Si la relation du sujet à la castration n’a plus le monopole de la structure, si avoir ou non le phallus n’est plus le seul marqueur de la différence sexuelle, et, encore, si la non-reconnaissance de la loi de castration, tout en continuant à signer la psychose, laisse entière la question d’un espace subjectif où la jouissance ne dépend plus, entièrement, de cet ordre de la castration, l’arbre du malaise dans la civilisation pourrait bien nous laisser entrevoir la forêt des équivoques. Cette marge par rapport au binôme castré-incastrable (dont Freud pensait qu’on ne pouvait sortir, bien qu’ici et là, dans son ouvre, se décèlent déjà quelques failles) change d’abord le statut du symptôme. Celui-ci reste foncièrement ce qui manifeste l’excès de la jouissance par rapport au savoir qui peut le symboliser. Cette jouissance est ainsi opaque. Elle exclut le sens. Par le sens, donc, elle pourrait non pas disparaître, mais se dévaloriser. > lire la suite

 

Symptôme

Titre : LOM du XXI siècle
Auteur : Marie-Hélène Roch
Source : http://www.lacanian.net

(Extrait) - Supposons une communauté d'expérience entre Joyce et l'analyste, celle du symptôme propre à chacun, fixant son existence; ceci, afin de faire lien avec d'autres symptômes.
C'est ce que je vous propose d'exposer en prenant comme appui cette conférence de 1975. Son édition met en relief la fonction du symptôme comme appareil du parlêtre. Joyce s'en est fait lui-même l'appareil; il est, selon l'expression de Lacan, symptomatologie; un savant. Son dire magistral démontre la fonction de nouage du symptôme et son acte de nomination. Entre celui qui affirmait qu'il était homme de lettres par nature et celui qui l'a nommé "Joyce le symptôme", il reste ce lien. Joyce avec Lacan introduit le pari de la psychanalyse du XXI siècle. Et que ce texte prenne une place d'honneur dans Autres écrits n'est pas un hasard. Nous avons pris la courbe de l'orientation lacanienne jusqu'au virage où nous sommes maintenant, celui du dernier enseignement de Lacan, de l'absence de capiton, du n†ud borroméen : "mon réel, disait-il". Sous cet angle de l'orientation, nous sommes amenés à penser le symptôme freudien comme une exception. Il est le "seul réel à ne pas exclure le sens".
Cette conférence - et la place que lui donne l'édition dans ce recueil - invite à généraliser les exceptions. Elle laisse comprendre que la singularité de chacun avec sa jouissance propre requiert de lui l'invention d'un dire nouveau au sein du discours où il s'inscrit à fin de transmission. > lire le texte

 

 


18/11/2006

 

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