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Dialectique - Fétiche - Formalisation - Plus-de-jouir (1) - Plus-de-jouir (2) - Retour à Marx - Symptôme

 

 

 

Dialectique

Titre : La Dialectique. Présentation et comparaison des dialectiques de Hegel, Marx et Lacan
Auteur : Jean Zin
Source : http://perso.orange.fr/marxiens

(Extrait) - La confrontation de la dialectique avec les trois dimensions lacaniennes fait du Symbolique le premier temps, correspondant à la différenciation du sujet et de l'Autre, sa position pratique symbolique comme séparation et pure égalité avec soi-même. Le deuxième temps est celui de l'Imaginaire où l'extériorité est intériorisée et où le sujet s'identifie à son image actuelle, opposé aux autres sujets dans une lutte imaginaire (sous les yeux d'un tiers) et trouvant dans le corps l'incarnation du désir de l'Autre. Ce moment imaginaire de l'opposition et de la conscience de soi (identification) est dépassé par le Réel qui vient faire trou dans la représentation, l'abstraction imaginaire se donnant comme simple moment d'un processus de représentation, renvoyé à son énonciation constituante (contra-diction); sauf à se nouer dans le Sinthome qui renforce l'absorption du sujet dans l'objet, sa fascination première, garantissant l'éternité d'une "réalité psychique" un peu tordue mais qui est négation de la temporalité elle-même, c'est-à-dire du sujet du désir. La dialectique n'est plus simple description, ni méthode d'action ou de connaissance mais solidarité constitutive du sujet, de sa reproduction (ontologie). L'universalité des concepts en jeu menace toujours cette pure abstraction de n'être qu'une tautologie. Mais énoncer cette ontologie comme vérité détachée de la pratique ne peut que barrer tout accès à sa temporalité alors que la théorie psychanalytique n'est rien sans la pratique analytique elle-même. > lire le texte

 

Fétiche

Titre : Réponses de J.Lacan à un groupe d’étudiants de la Faculté des Lettres de Paris (1966)
Auteur : Jacques Lacan
Source : Cahiers pour l’analyse n° 3, Paris, Seuil, octobre 1975
 
(Extrait) - Sujet du désir aliéné, vous voulez dire sans doute ce que j’énonce comme : « le désir de – est le désir de l’Autre », ce qui est juste, à ceci près qu’il n’y a pas de sujet de désir. Il y a le sujet du fantasme, c’est à dire une division du sujet causée par un objet, c’est à dire bouchée par lui, ou plus exactement l’objet dont la catégorie de la cause tient la place dans le sujet.
Cet objet est celui qui manque à la considération philosophique pour se situer, c’est à dire pour savoir qu’elle n’est rien.
Cet objet est celui que nous arrivons dans la psychanalyse à ce qu’il saute de sa place, comme le ballon qui échappe de la mêlée pour s’offrir à la marque d’un but.
Cet objet est celui après quoi l’on court dans la psychanalyse, tout en mettant toute la maladresse possible à sa saisie théorique.
C’est seulement quand cet objet, celui que j’appelle l’objet petit a, et que j’ai mis au titre de mon cours de cette année comme l’objet de la psychanalyse, aura son statut reconnu, qu’on pourra donner un sens à la prétendue visée que vous attribuez à la praxis révolutionnaire d’un dépassement par le sujet de son travail aliéné. En quoi peut-on bien dépasser l’aliénation de son travail ? C’est comme si vous vouliez dépasser l’aliénation du discours.
Je ne vois à dépasser cette aliénation que l’objet qui en supporte la valeur, ce que Marx appelait en une homonymie singulièrement anticipée de la psychanalyse, le fétiche, étant entendu que la psychanalyse dévoile sa signification biologique.
Or cet objet causal est celui dont la coupe réglée prend forme éthique dans l’embourgeoisement qui scelle à l’échelle planétaire le sort de ce qu’on appelle, non sans pertinence, les cadres.
Trouvez là un linéament de ce qui pourrait faire passer votre question à l’état d’ébauche.
Mais pour éviter toute méprise, prenez acte que je tiens que la psychanalyse n’a pas le moindre droit à interpréter la pratique révolutionnaire – ce qui se motivera plus loin –, mais que par contre la théorie révolutionnaire ferait bien de se tenir pour responsable de laisser vide la fonction de la vérité comme cause, quand c’est là pourtant la supposition première de sa propre efficacité.
Il s’agit de mettre en cause la catégorie du matérialisme dialectique et l’on sait que pour ce faire les marxistes ne sont pas forts, quoique dans l’ensemble ils soient aristotéliciens, ce qui n’est déjà pas si mal.
Seule ma théorie du langage comme structure de l’inconscient, peut être dite impliquée par le marxisme, si toutefois vous n’êtes pas plus exigeant que l’implication matérielle dont notre dernière logique se contente, c’est à dire que ma théorie du langage est vraie quelle que soit la suffisance du marxisme, et qu’elle lui est nécessaire quel que soit le défaut qu’elle y laisse.
Ceci pour la théorie du langage que le marxisme implique logiquement.
Pour celle qu’il a impliqué historiquement, je n’ai guère encore à vous offrir dans ma modeste information de ce qui se passe au-delà d’un certain rideau doctrinal, que trente pages de Staline qui ont mis fin aux ébats du marrisme (du nom du philologue Marr qui tenait le langage pour une « superstructure »).
Énoncés du bon sens premier concernant le langage et nommément sur ce point qu’il n’est pas une superstructure, par quoi le marxiste se place désormais concernant le langage très au dessus du néopositivisme logicien.
Le minimum que vous puissiez m’accorder concernant ma théorie du langage, c’est, si cela vous intéresse, qu’elle est matérialiste : le signifiant, c’est la matière qui se transcende en langage.
Je vous laisse le choix d’attribuer cette phrase à un Bouvard communiste ou à un Pécuchet qu’émoustillent les merveilles de l’A.D.N.

 

Formalisation

Titre : Commentaires ... de Marx à Lacan
Auteur : René Lew
Source : http://perso.orange.fr/espace.freud
 
Je soutiendrai avec un exemple le rapport direct de Lacan à Marx. Plus exactement, il m'apparaît que la lecture que Lacan fait de Freud ne va pas sans Marx. Ainsi en est-il des nombreux concepts que Lacan fonde sur le texte de Marx : symptôme, plus-de-jouir, jouissance... Pour aller plus loin, je dirai que c'est la méthode d'interrogation marxiste que Lacan rend opératoire en psychanalyse grâce à l'usage qu'il fait des solutions formelles de Marx ; et même plus sûrement : la formalisation est en soi une solution. De Lacan, je m'appuierai sur le séminaire du 12 avril 1967 (in La Logique du fantasme) qui renvoie explicitement au premier Livre du Capital (Ed. sociales, 1971).
Le fond de la question reste la structure du sujet comme modalité du signifiant. La réponse se présente comme passage des impasses de la formalisation à la formalisation des impasses, ou plus exactement des paradoxes qu'implique sa structure d'équivoque. Le refoulement primordial, qui n'est reconnu que pour des raisons de structure, demande à être spécifié en termes de structure, en termes de lecture. Si, comme la géométrie, la topologie peut être décrite comme une forme spécifiable de démonstration (J.L.), c'est qu'on suppose que son caractère spatial rend compte de sa fonction temporelle, celle qui se présente dans l'acte de lecture. Il semblerait alors que la position de lecteur active l'hétérogénéité de la science à la psychanalyse selon un lien de ce fait paradoxal. > lire la suite

 

Plus-de-jouir (1)

Titre : Le Marx de Lacan - II
Auteur : François Regnault
Source : http://www.causefreudienne.net

 

1. Il y aurait une homologie entre la plus-value selon Marx et le plus-de-jouir selon Lacan. Or, le plus-de-jouir est ce qui permet d’isoler la fonction de l’objet a. C’est en  novembre 1968 que Lacan avance cette thèse, qui  désigne le noyau dur des rapports – supposés, loin de tout « freudo-marxisme » – entre la pensée de Marx et la psychanalyse. Là commence le Marx de Lacan, de Lacan lecteur précoce du Capital.

2. Il y aurait une homonymie entre la marchandise comme fétiche selon Marx et le fétiche selon Freud. Au point qu’on peut tenir Marx pour l’inventeur de ce fétiche-là, et même si le fétichisme a une plus longue histoire. C’est la seconde question.

3. Restent le sens de l’Histoire, la Révolution, la politique issue de Marx, qui laissent Lacan sceptique, mais jamais quant au rapport de Marx à la vérité.

Notre démarche doit donc partir du noyau dur, celui du Capital de Marx quitte à revenir sur l’ « autre Marx », celui des écrits antérieurs, de l’Histoire, du matérialisme, de la dialectique. > lire la suite

 

Plus-de-jouir (2)

Titre : Actualité du plus-de-jouir : Marx avec Lacan
Auteur : Pierre-Christophe Cathelineau
Source : http://www.freud-lacan.com
 
La référence aux grands textes fondateurs est passée de mode et parmi eux celui qui avait structuré durant plus d'un siècle une certaine interprétation des évènements économiques, politiques et sociaux, Le Capital, est littéralement devenu un savoir refoulé. Les outils méthodologiques qu'il mettait à disposition de ses lecteurs ont disparu des sciences sociales même s'il en survit quelques traces dans les analyses de Pierre Bourdieu. Les classes sociales se sont éclipsées et un silence assourdissant règne désormais sur ce qui est au principe d'une accumulation dont pourtant bruit l'actualité.
Marx est d'une actualité brûlante et l'oubli dans lequel il est tombé est aujourd'hui le symptôme du rapport au discours qui à notre insu nous agit. L'analyse marxiste ne rend pas seulement compte du mode de production capitaliste, elle en donne la recette. Ces leçons ont été si bien assimilées qu'elles constituent désormais l'impensé de l'économie de marché.
Lacan ne s'y est pas trompé qui de Marx a suivi les pas, pour affiner ses propres concepts, et énoncer sur cette économie des vérités éclairantes pour notre temps. > lire la suite

 

Retour à Marx

Titre : Entre le «retour à Freud» et le «retour à Marx»
Auteur : Dominique Lecourt
Source : http://www.revuepassages.fr
 
L'histoire des tribulations institutionnelles qui ont amené Jacques Lacan - puisque c'est de lui, bien entendu, qu'il s'agit - sur l'estrade de la salle Dussane a plus d'une fois été contée. Je n'y reviendrai pas, sinon pour noter qu'un philosophe attentif à ouvrir la philosophie sur le tout du savoir contemporain - Jean Hippolyte - joua, en tant que directeur de l'Ecole normale, un rôle décisif dans cet accueil.
Il me paraît plus intéressant de rappeler la conjonction qui s'est alors ici opérée entre ce «retour à Freud» et le «retour à Marx» que tentait au même moment un autre philosophe qui enseignait à l'Ecole depuis vingt ans, Louis Althusser.
La publication par celui-ci en 1964 d'un article sur «Freud et Lacan» dans La Nouvelle Critique, revue théorique officielle du Parti communiste français, marqua en effet une date.
Althusser prenait au sérieux la psychanalyse. Il ne se contentait pas de fustiger son «pansexualisme pervers» comme une expression de la dégénérescence idéologique de la petite- bourgeoisie, selon les formules consacrées des autorités communistes en place. > lire la suite
 
 

Symptôme

Titre : La voie du symptôme : la science avec la psychanalyse
Auteur : Radu Turcanu
Source : http://www.litura.org
 
(Extrait) - Quant au symptôme analytique, il devient l‘allogène du connu, de la connaissance, son extime, et cela grâce à ce supplément à l'anatomie qu'est le langage. En plus, ce symptôme comme élément allogène réveille le symptôme du connu même, d’où la double dimension du symptôme, à la fois individuelle et sociale. Cela explique pourquoi Lacan est allé chercher du côté de Marx une définition du symptôme. Mais, si pour Marx c'est la dimension sociale et de discours qui prévaut, avec Freud c'est la dimension sexuelle qui s'y ajoute. Et avec Lacan la distinction, ainsi que l’articulation entre symptôme social et symptôme du sujet deviennent explicites.
Un sujet vide de toute substantialité et de toute qualité n’est pourtant pas vide de toute matérialité. Il récupère sous la forme du plus-de-jouir la jouissance qui le déserte, mais cela pas sans l’amour, qui fait en sorte que la jouissance condescende au désir. Le symptôme devient ainsi la voie (voix) qui porte la substance jouissante. Il est une sorte de suppléance au manque de rapport entre jouissances, un nouage entre vérité, savoir et jouissance présenté à l’analyste comme une sorte de preuve originaire de son imposture (« voilà la chose, et en plus vous ne pouvez rien y faire » ; si ce n’est prendre à la lettre le désir que le symptôme déguise).
Tout comme le point de capiton se forme au même endroit que l’hallucination, selon la démonstration de Lacan dans le Séminaire Les Psychoses, l’amour de l’hystérique pour le père est refoulé au même endroit où le sujet de la science rejette la vérité du corps du savoir. C’est à cet endroit que se constitue et se dépose un savoir inédit, savoir inconscient écrit dans une structure de langage dont le sujet ne possède pas l’écriture. Il serait intéressant de voir en détail comment ces outils de l’analyste sont construits par Lacan à partir de ce que le sujet psychotique lui a enseigné (l’interprétation à partir de l’interprétation délirante, le point de capiton à partir de l’hallucination, la métaphore paternelle à partir de la métaphore délirante, l’acte analytique à partir du passage à l’acte, etc.).
Lacan fait de la psychanalyse non pas une science, mais tour à tour une praxis (Séminaire XI, p. 11) – retour à Marx et refonte du symptôme freudien à partir du symptôme de Marx - ; un discours, à la suite du discours de l’hystérique qu’il rapproche du discours de la science ; une « rhétification » ; un symptôme ; et même un délire. Une logique de la déraison.
Comme le délire, et comme le symptôme d'ailleurs, dans son noyau réel et en tant que symptôme primaire, la psychanalyse opère par un hors-discours, par l'interprétation, l'acte et le désir de l'analyste, même si elle-même tient d’un discours. > lire le texte
 

 

 

 

18/11/2006

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