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Autre -
Cause de soi - Choix -
Désir - Ethique -
Liberté - Parallélisme
Autre
- Titre : Spinoza : comment rompre avec les
traditions ?
- Auteur : Hubert Ricard
- Source :
http://www.freud-lacan.com
-
- (...) Revenons au dispositif cartésien pour tenter de mieux
apprécier le pas de Spinoza. Sans doute Descartes a-t-il isolé le sujet
de la science ; mais il est resté prisonnier d'une conception religieuse
du grand Autre ; chez lui l'ego est solidaire du Dieu de la religion29.
Il se préserve moins lui-même, dit Lacan, du Dieu trompeur, qu'il ne
préserve " son partenaire " - le Dieu de la religion - qu'il institue
au-delà de la vérité en lui conférant " le privilège exorbitant de
ne garantir les vérités éternelles qu'à en être le créateur30 ". On
aurait là un exemple de l'attitude religieuse, où le sujet " coupe
son accès à la vérité " " en laissant à Dieu la charge de la
cause31 ". C'est précisément ce sacrifice que Spinoza a pu
ne pas faire ; il est le résistant sublime dont Lacan fait aussi
l'éloge, celui qui a pu ne pas engager l'objet de son désir dans la
recherche du témoignage du désir du Dieu obscur32. Son non à la religion
a bien une portée subjective. Au-delà de la désimaginarisation de
l'Autre que j'ai évoquée plus haut, il y a plus essentiellement le refus
de considérer l'Autre comme le garant de la bonne foi et de la
vérité. Spinoza sait très bien que la vérité se fonde sur rien -
Verum index sui - et, comme
nous allons le voir, que le signifiant est cause de soi. >
lire le texte
Cause de soi
- Titre : SéminaireXVbis/1968.01.10
- Auteur : Jacques Lacan
- Source :
http://lutecium.org
-
- Dieu est cause de soi, nous dit Spinoza. Croyait-il si bien dire ?
Pourquoi pas, après tout. C’était quelqu’un de très fort. Il est bien
certain que le fait qu’il ait conféré à Dieu d’être cause de soi,
a
dissipé par là toute l’ambiguïté du cogito qui pourrait bien avoir une
prétention semblable, au moins dans l’esprit de certains. [ ] S’il y a
quelque chose que nous rappelle l’expérience analytique, c’est que si ce
mot de cause de soi veut dire quelque chose, c’est précisément de nous
indiquer que le soi, ou ce qu’on
tel, autrement dit le sujet, il faut bien que tout le monde en convienne
, puisque, même là, en tel champ anglo-saxon où vraiment l’on peut dire
qu’on ne comprend rien à rien à ces questions, le mot self a dû sortir,
qui ne s’adapte nulle part dans la théorie psychanalytique, rien n’y
correspond, le sujet dépend de cette cause qui le fait divisé et qui
s’appelle l’objet a. Voilà qui signe ce qu’il est si important de signer
: que le sujet n’est pas cause de soi, qu’il est conséquence de la perte
et qu’il faudrait qu’il se mette dans la conséquence de la perte, celle
qui constitue l’objet a, pour savoir ce qui lui manque. >
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Choix
- Titre : LE CHOIX DU SUJET EN PSYCHANALYSE
- Auteur : Eduardo Mahieu
- Source :
http://www.psicomundo.com
CHOIX ET PHILOSOPHIE
Ainsi donc, le terme choix engage avec lui
toute une tradition de réflexions philosophiques: c'est la liberté du
sujet qui est en question. Pour Aristote, dans Ethique à Nicomaque, le
choix ou choix délibéré (proairésis), est un acte volontaire
spontané, du désir et du souhait. Pour Descartes, détermination en
connaissance de cause: seul le choix éclairé est la vraie expression de
la liberté. Dans l'Ethique, Spinoza signale que l'idée de choix désigne
une illusion de l'imagination. Le courant existentialiste le considère
comme le pouvoir de décision coextensif à la conscience. Finalement Marx
et Engels et le matérialisme dialectique, s'occupent de la question,
pour prendre le même parti que Spinoza (Dictionnaire de Philosophie, Ed.
Armand Colin, 1995).
CHOIX ET DAS DING
Mais pour Lacan, en psychanalyse cette
question du choix de la névrose s'articule avec La Chose: "C'est par
rapport à ce Das Ding originel que se fait la première
orientation, le premier choix, la première assise de l'orientation
subjective, que nous appellerons à l'occasion Neurosenwhal, le
choix de la névrose" (Séminaire VII, p.68). C'est aussi par rapport à ce
Das Ding originel que la psychose prend position. Cependant, rien
ne permet de conclure que Lacan prend ici le parti de Descartes contre
celui de Spinoza. Comme le signale ailleurs Miller "Le choix de la
psychose - je ne dis pas qui le fait - est le choix à vrai dire
impensable d'un sujet qui fait objection au manque-à-être qui le
constitue dans le langage" (Produire le Sujet, Actes de l'E.C.F.). Qui
fait le choix, donc? >
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Désir
- Titre : Variations sur le désir (1) : Deleuze,
Guattari / Freud, Lacan / Vasse, Girard, Oughourlian
- Auteur : Jean-Paul Kornobis
- Source :
http://home.nordnet.fr/~jpkornobis/Textes/Desir2.html
-
- Que ce soit pour Freud, Lacan ou ... Girard, le désir
est abordé négativement comme manque (on retrouve cette notion déjà chez
Platon). A la suite d'Aristote et surtout avec Spinoza et Nietzsche, le
désir devient une force positive (le conatus chez Spinoza) que Deleuze,
plus proche de nous, reprendra, combattant ainsi la doxa
platonicienne. Avec Félix Guattari, ils rejetteront avec force les
concepts de : Zones érogènes, phantasme, phallus, castration, complexe
d'Oedipe. Seul, Lacan semble trouver un peu de grâce à leurs yeux :
On ne peut pas dire qu'ils soient très gais, voyez le regard mort qu'ils
ont, leur nuque raide (seul Lacan a gardé un certain sens du rire, mais
il avoue qu'il est forcé de rire tout seul". Pour Deleuze (comme
pour Nietzsche et Spinoza), la joie et le rire sont les critères
déterminants pour apprécier la valeur d'une pensée. Pour lui, le désir
Oedipien est en soi innocent, même si cela finit mal. En libérant le
désir de la culpabilité, Deleuze lui redonne la puissance dionysiaque;
pour lui (Anti-Oedipe et Mille plateaux) et avec Félix Guattari, la
psychanalyse est une entreprise de répression du désir qui n'est
déterminé par aucun sujet et ne vise aucun objet; Le désir ne manque
de rien, il ne manque pas de son objet. C'est plutôt le sujet qui manque
au désir, ou le désir qui manque de sujet fixe, il n'y a de sujet fixe
que par la répression. Le désir et son objet ne font qu'un, c'est la
machine, en temps que machine de machine (l'Anti-Oedipe, p.43). Pour
Deleuze, toute morale peut se résumer: à "ne pas être indigne de ce qui
nous arrive" (cf l'Amor fati),ce qui n'implique pas une
résignation fataliste mais plutôt une sorte de renaissance, en devenant
le fils de ses propres évènements (logique du sens 21e série).
Ne pas céder sur son désir, aller au-delà du principe de plaisir, voilà
le point commun avec Lacan; le culte du plaisir est la mort du désir,
car il le rabat sur l'expérience du manque. L'idée de Deleuze est celle
d'une ascèse du désir plutôt qu'une éthique, car cette dernière suppose
toujours un référent. L'ascèse se retrouve dans le Zen et l'amour
courtois; ce dernier a deux ennemis, qui se confondent : la
transcendance religieuse du manque, l'interruption hédoniste
qu'introduit le plaisir comme décharge (Dialogues, p. 120). En
retenant la figure d'Oedipe à Colone, "oubliée" par Freud, Deleuze
souligne que : Le grand secret c'est quand on n'a plus rien à cacher,
et que personne alors ne peut vous saisir (Dialogues p.58); en
chacun de nous, il y a une voie tracée pour un héros, et c'est justement
comme homme du commun qu'il l'accomplit (Lacan, L'Ethique...p 368)
Ethique
- Titre : COURS Vl du 29 novembre 1988
- Auteur : Péraldi
- Source :
http://www.psicomundo.com
-
- (...) L'autre grand registre de la
philosophie de Spinoza concerne la dévalorisation de toutes les valeurs,
et surtout du bien et du mal (au profit du "bon" et du "mauvais"). Tout
ce qu'en faisant appel à un jugement extérieur, à une influence
extérieure parce que nous méconnaissons la puissance de la pensée
inconsciente, nous désignons en fait comme le mal n'est, en fait, qu'une
manifestation d'une discordance interne ou entre individus: "mauvaise
rencontre, indigestion, empoisonnement, intoxication, décomposition de
rapport" : le mauvais. Le bien, par contre, est manifesté par une
recomposition des rapports, ce que Lacan dans sa thèse nomme des
rapports de compréhension; c'est-à-dire au lieu d'un conflit
discordantiel des puissances de la pensée ou du corps, une
recomposition harmonique et significative où la puissance de la pensée
(la puissance est aussi le désir chez Spinoza) de l'autre soutiendra la
recomposition de ma propre puissance (de mon désir). Telle est l'éthique
de Spinoza : une éthologie du bon et du mauvais, bien au-delà de la
morale du Bien et du Mal. Telle est l'éthique dont nous verrons qu'elle
constituera pour Lacan l'un des fondements de l'éthique de la
psychanalyse, mais dont nous allons voir qu'elle sous-tend,
implicitement, bien des prises de positions théoriques de la thèse. >
lire le texte
Liberté
- Titre : Le sujet et son acte (9è séance)
- Auteur : Pierre-Henri Castel
- Source :
http://pierrehenri.castel.free.fr
-
- C’est là qu’on est à la limite de ce que
j’ai pu dire cette année : dans cette idée d’aliénation et de
séparation, vous sentez bien que Lacan est un lecteur de Spinoza.
(...) Parce que, qu’est-ce que la liberté chez Spinoza ? C’est être à sa
place dans l’ordre éternel de la nature, autrement dit, c’est penser
adéquatement, c’est penser avec la connaissance des causes, et c’est ce
qui conduit Spinoza à dire que la grande erreur des hommes est de
chercher l’immortalité, puisqu’en réalité, en tant que chacun est une
essence singulière qui est une partie réelle de l’essence de la Nature,
à chaque instant de la vie, nous sommes éternels. Comme le dit Spinoza,
d’une formule que je vous donne en latin parce qu’elle est très belle
vivimus experiamurque nos aeternos esse: « nous vivons et nous
expérimentons que nous sommes éternels ». Toute la correction éthique
consiste justement à voir à quelle place de l’ordre éternel de la Nature
je suis libre parce que je suis absolument identique à cette chose qui
est à sa place dans l’ordre éternel de la Nature. Je suis donc de
manière adéquate une partie de la puissance totale de la Nature ou de
Dieu. On voit bien cette problématique philosophique que vous avez là,
sous-jacente chez Lacan, et il ne s’en est d’ailleurs jamais caché, qui
est l’identité de la liberté et de la nécessité, avec comme conséquence
éthique, le fait que nous ferions toujours la même chose en tout temps,
parce que telle est à la fois notre nature, notre puissance, et notre
liberté et notre destin désirant. C’est en cela que l’essence de l’homme
est de désirer. Et nous sommes là pour cela sans que nous puissions
faire autre chose que constater que c’est bien adéquatement à cela que
nous sommes voués, et que d’ailleurs nous le faisons avec joie, dit
Spinoza. >
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Parallélisme
- Titre : Jacques Lacan et ses philosophes
- Auteur : Arnaud Spire
- Source :
http://www.humanite.fr
-
- (...) L’étudiant Lacan avait placé sa thèse sous le signe du
philosophe Spinoza. Il se réfère à la notion de « parallélisme » telle
qu’elle apparaît dans le livre 2 de « l’Ethique » : « L’ordre et
l’enchaînement des idées est le même que l’ordre et l’enchaînement des
choses... ». Ce parrainage lui semble de nature à conforter l’idée d’une
« science de la personnalité » (4). Plus tard, il écrira un article
intitulé : « Kant avec Sade », où il invoque l’autorité du maître de
Königsberg : « La position de Spinoza, écrit-il, n’est pas tenable pour
nous. L’expérience nous montre que Kant est plus vrai, et j’ai prouvé
que sa théorie de la conscience, comme il l’écrit de la raison pratique,
ne se soutient que de donner une spécification à la loi morale qui, à
l’examiner de près, n’est rien d’autre que le désir à l’état pur,
celui-là même qui aboutit au sacrifice à proprement parler de tout ce
qui est l’objet de l’amour dans la tendresse humaine - je dis bien, non
seulement au rejet de l’objet pathologique, mais bien à son sacrifice et
à son meurtre. C’est pourquoi j’ai écrit « Kant avec Sade » (5).
Rationaliser l’irrationnel. Cette ambition neuve était sans doute trop
avancée pour l’époque puisque l’article fut jugé... « illisible ». >
lire le texte
-
03/02/06 |