Etudes lacaniennes 

un site de  Didier Moulinier

Lacan et Spinoza

 

 

Lectures de Lacan

 
Accueil
Lacan et Foucault
Lacan et Platon
Lacan et Spinoza
Lacan et Aristote
Lacan et Descartes (1)
Lacan et Descartes (2)
Lacan et Hegel (1)
Lacan et Hegel (2)
Lacan et Marx
Lacan et Heidegger (1)
Lacan et Heidegger (2)
Lacan et Joyce
Lacan et Kierkegaard
Lacan et Lévi-Strauss
Lacan et Jakobson
Lacan et Kojève
Lacan et Henri Ey
Lacan et Lévinas
Lacan et "Freud"
Badiou et Lacan
Deleuze et Lacan
Derrida et Lacan
Milner et Lacan
Roustang et Lacan

 

 

 

Autre - Cause de soi - Choix - Désir - Ethique - Liberté - Parallélisme


 

 

Autre

Titre : Spinoza : comment rompre avec les traditions ?
Auteur : Hubert Ricard
Source : http://www.freud-lacan.com
 
(...) Revenons au dispositif cartésien pour tenter de mieux apprécier le pas de Spinoza. Sans doute Descartes a-t-il isolé le sujet de la science ; mais il est resté prisonnier d'une conception religieuse du grand Autre ; chez lui l'ego est solidaire du Dieu de la religion29. Il se préserve moins lui-même, dit Lacan, du Dieu trompeur, qu'il ne préserve " son partenaire " - le Dieu de la religion - qu'il institue au-delà de la vérité en lui conférant " le privilège exorbitant de ne garantir les vérités éternelles qu'à en être le créateur30 ". On aurait là un exemple de l'attitude religieuse, où le sujet " coupe son accès à la vérité " " en laissant à Dieu la charge de la cause31 ". C'est précisément ce sacrifice que Spinoza a pu ne pas faire ; il est le résistant sublime dont Lacan fait aussi l'éloge, celui qui a pu ne pas engager l'objet de son désir dans la recherche du témoignage du désir du Dieu obscur32. Son non à la religion a bien une portée subjective. Au-delà de la désimaginarisation de l'Autre que j'ai évoquée plus haut, il y a plus essentiellement le refus de considérer l'Autre comme le garant de la bonne foi et de la vérité. Spinoza sait très bien que la vérité se fonde sur rien - Verum index sui - et, comme nous allons le voir, que le signifiant est cause de soi. > lire le texte

 

Cause de soi

Titre :  SéminaireXVbis/1968.01.10
Auteur : Jacques Lacan
Source : http://lutecium.org
 
Dieu est cause de soi, nous dit Spinoza. Croyait-il si bien dire ? Pourquoi pas, après tout. C’était quelqu’un de très fort. Il est bien certain que le fait qu’il ait conféré à Dieu d’être cause de soi, a dissipé par là toute l’ambiguïté du cogito qui pourrait bien avoir une prétention semblable, au moins dans l’esprit de certains. [ ] S’il y a quelque chose que nous rappelle l’expérience analytique, c’est que si ce mot de cause de soi veut dire quelque chose, c’est précisément de nous indiquer que le soi, ou ce qu’on tel, autrement dit le sujet, il faut bien que tout le monde en convienne , puisque, même là, en tel champ anglo-saxon où vraiment l’on peut dire qu’on ne comprend rien à rien à ces questions, le mot self a dû sortir, qui ne s’adapte nulle part dans la théorie psychanalytique, rien n’y correspond, le sujet dépend de cette cause qui le fait divisé et qui s’appelle l’objet a. Voilà qui signe ce qu’il est si important de signer : que le sujet n’est pas cause de soi, qu’il est conséquence de la perte et qu’il faudrait qu’il se mette dans la conséquence de la perte, celle qui constitue l’objet a, pour savoir ce qui lui manque. > lire le texte

 

Choix

Titre : LE CHOIX DU SUJET EN PSYCHANALYSE
Auteur : Eduardo Mahieu
Source : http://www.psicomundo.com

 

CHOIX ET PHILOSOPHIE

Ainsi donc, le terme choix engage avec lui toute une tradition de réflexions philosophiques: c'est la liberté du sujet qui est en question. Pour Aristote, dans Ethique à Nicomaque, le choix ou choix délibéré (proairésis), est un acte volontaire spontané, du désir et du souhait. Pour Descartes, détermination en connaissance de cause: seul le choix éclairé est la vraie expression de la liberté. Dans l'Ethique, Spinoza signale que l'idée de choix désigne une illusion de l'imagination. Le courant existentialiste le considère comme le pouvoir de décision coextensif à la conscience. Finalement Marx et Engels et le matérialisme dialectique, s'occupent de la question, pour prendre le même parti que Spinoza (Dictionnaire de Philosophie, Ed. Armand Colin, 1995).

CHOIX ET DAS DING

Mais pour Lacan, en psychanalyse cette question du choix de la névrose s'articule avec La Chose: "C'est par rapport à ce Das Ding originel que se fait la première orientation, le premier choix, la première assise de l'orientation subjective, que nous appellerons à l'occasion Neurosenwhal, le choix de la névrose" (Séminaire VII, p.68). C'est aussi par rapport à ce Das Ding originel que la psychose prend position. Cependant, rien ne permet de conclure que Lacan prend ici le parti de Descartes contre celui de Spinoza. Comme le signale ailleurs Miller "Le choix de la psychose - je ne dis pas qui le fait - est le choix à vrai dire impensable d'un sujet qui fait objection au manque-à-être qui le constitue dans le langage" (Produire le Sujet, Actes de l'E.C.F.). Qui fait le choix, donc? > lire le texte

 

Désir

Titre : Variations sur le désir (1) : Deleuze, Guattari / Freud, Lacan / Vasse, Girard, Oughourlian
Auteur : Jean-Paul Kornobis
Source : http://home.nordnet.fr/~jpkornobis/Textes/Desir2.html
 
Que ce soit pour Freud, Lacan ou ... Girard, le désir est abordé négativement comme manque (on retrouve cette notion déjà chez Platon). A la suite d'Aristote et surtout avec Spinoza et Nietzsche, le désir devient une force positive (le conatus chez Spinoza) que Deleuze, plus proche de nous, reprendra, combattant ainsi la doxa platonicienne. Avec Félix Guattari, ils rejetteront avec force les concepts de : Zones érogènes, phantasme, phallus, castration, complexe d'Oedipe. Seul, Lacan semble trouver un peu de grâce à leurs yeux : On ne peut pas dire qu'ils soient très gais, voyez le regard mort qu'ils ont, leur nuque raide (seul Lacan a gardé un certain sens du rire, mais il avoue qu'il est forcé de rire tout seul". Pour Deleuze (comme pour Nietzsche et Spinoza), la joie et le rire sont les critères déterminants pour apprécier la valeur d'une pensée. Pour lui, le désir Oedipien est en soi innocent, même si cela finit mal. En libérant le désir de la culpabilité, Deleuze lui redonne la puissance dionysiaque; pour lui (Anti-Oedipe et Mille plateaux) et avec Félix Guattari, la psychanalyse est une entreprise de répression du désir qui n'est déterminé par aucun sujet et ne vise aucun objet; Le désir ne manque de rien, il ne manque pas de son objet. C'est plutôt le sujet qui manque au désir, ou le désir qui manque de sujet fixe, il n'y a de sujet fixe que par la répression. Le désir et son objet ne font qu'un, c'est la machine, en temps que machine de machine (l'Anti-Oedipe, p.43). Pour Deleuze, toute morale peut se résumer: à "ne pas être indigne de ce qui nous arrive" (cf l'Amor fati),ce qui n'implique pas une résignation fataliste mais plutôt une sorte de renaissance, en devenant le fils de ses propres évènements (logique du sens 21e série).
Ne pas céder sur son désir, aller au-delà du principe de plaisir, voilà le point commun avec Lacan; le culte du plaisir est la mort du désir, car il le rabat sur l'expérience du manque. L'idée de Deleuze est celle d'une ascèse du désir plutôt qu'une éthique, car cette dernière suppose toujours un référent. L'ascèse se retrouve dans le Zen et l'amour courtois; ce dernier a deux ennemis, qui se confondent : la transcendance religieuse du manque, l'interruption hédoniste qu'introduit le plaisir comme décharge (Dialogues, p. 120). En retenant la figure d'Oedipe à Colone, "oubliée" par Freud, Deleuze souligne que : Le grand secret c'est quand on n'a plus rien à cacher, et que personne alors ne peut vous saisir (Dialogues p.58); en chacun de nous, il y a une voie tracée pour un héros, et c'est justement comme homme du commun qu'il l'accomplit (Lacan, L'Ethique...p 368)

 

Ethique

Titre :  COURS Vl du 29 novembre 1988
Auteur : Péraldi
Source : http://www.psicomundo.com
 
(...) L'autre grand registre de la philosophie de Spinoza concerne la dévalorisation de toutes les valeurs, et surtout du bien et du mal (au profit du "bon" et du "mauvais"). Tout ce qu'en faisant appel à un jugement extérieur, à une influence extérieure parce que nous méconnaissons la puissance de la pensée inconsciente, nous désignons en fait comme le mal n'est, en fait, qu'une manifestation d'une discordance interne ou entre individus: "mauvaise rencontre, indigestion, empoisonnement, intoxication, décomposition de rap­port" : le mauvais. Le bien, par contre, est manifesté par une recomposition des rapports, ce que Lacan dans sa thèse nomme des rapports de compréhension; c'est-à-dire au lieu d'un conflit dis­cordantiel des puissances de la pensée ou du corps, une recompo­sition harmonique et significative où la puissance de la pensée (la puissance est aussi le désir chez Spinoza) de l'autre soutiendra la recomposition de ma propre puissance (de mon désir). Telle est l'éthique de Spinoza : une éthologie du bon et du mauvais, bien au-delà de la morale du Bien et du Mal. Telle est l'éthique dont nous verrons qu'elle constituera pour Lacan l'un des fondements de l'éthique de la psychanalyse, mais dont nous allons voir qu'elle sous-tend, implicitement, bien des prises de positions théoriques de la thèse. > lire le texte

 

Liberté

Titre :  Le sujet et son acte (9è séance)
Auteur : Pierre-Henri Castel
Source : http://pierrehenri.castel.free.fr
 
C’est là qu’on est à la limite de ce que j’ai pu dire cette année : dans cette idée d’aliénation et de séparation, vous sentez bien que Lacan est un lecteur de Spinoza.
(...) Parce que, qu’est-ce que la liberté chez Spinoza ? C’est être à sa place dans l’ordre éternel de la nature, autrement dit, c’est penser adéquatement, c’est penser avec la connaissance des causes, et c’est ce qui conduit Spinoza à dire que la grande erreur des hommes est de chercher l’immortalité, puisqu’en réalité, en tant que chacun est une essence singulière qui est une partie réelle de l’essence de la Nature, à chaque instant de la vie, nous sommes éternels. Comme le dit Spinoza, d’une formule que je vous donne en latin parce qu’elle est très belle vivimus experiamurque nos aeternos esse: « nous vivons et nous expérimentons que nous sommes éternels ». Toute la correction éthique consiste justement à voir à quelle place de l’ordre éternel de la Nature je suis libre parce que je suis absolument identique à cette chose qui est à sa place dans l’ordre éternel de la Nature. Je suis donc de manière adéquate une partie de la puissance totale de la Nature ou de Dieu. On voit bien cette problématique philosophique que vous avez là, sous-jacente chez Lacan, et il ne s’en est d’ailleurs jamais caché, qui est l’identité de la liberté et de la nécessité, avec comme conséquence éthique, le fait que nous ferions toujours la même chose en tout temps, parce que telle est à la fois notre nature, notre puissance, et notre liberté et notre destin désirant. C’est en cela que l’essence de l’homme est de désirer. Et nous sommes là pour cela sans que nous puissions faire autre chose que constater que c’est bien adéquatement à cela que nous sommes voués, et que d’ailleurs nous le faisons avec joie, dit Spinoza. > lire le texte

 

Parallélisme

Titre : Jacques Lacan et ses philosophes
Auteur : Arnaud Spire
Source : http://www.humanite.fr
 
(...) L’étudiant Lacan avait placé sa thèse sous le signe du philosophe Spinoza. Il se réfère à la notion de « parallélisme » telle qu’elle apparaît dans le livre 2 de « l’Ethique » : « L’ordre et l’enchaînement des idées est le même que l’ordre et l’enchaînement des choses... ». Ce parrainage lui semble de nature à conforter l’idée d’une « science de la personnalité » (4). Plus tard, il écrira un article intitulé : « Kant avec Sade », où il invoque l’autorité du maître de Königsberg : « La position de Spinoza, écrit-il, n’est pas tenable pour nous. L’expérience nous montre que Kant est plus vrai, et j’ai prouvé que sa théorie de la conscience, comme il l’écrit de la raison pratique, ne se soutient que de donner une spécification à la loi morale qui, à l’examiner de près, n’est rien d’autre que le désir à l’état pur, celui-là même qui aboutit au sacrifice à proprement parler de tout ce qui est l’objet de l’amour dans la tendresse humaine - je dis bien, non seulement au rejet de l’objet pathologique, mais bien à son sacrifice et à son meurtre. C’est pourquoi j’ai écrit « Kant avec Sade » (5). Rationaliser l’irrationnel. Cette ambition neuve était sans doute trop avancée pour l’époque puisque l’article fut jugé... « illisible ». > lire le texte
 

 

 

03/02/06

[Accueil] [Brèves du jour] [Evénements] [Liens psychanalytiques] [Publications] [Psychanalyse et...] [Non-Psychanalyse] [Lectures de Lacan] [Lexique de Lacan] [Jouissances] [Perversions] [Contact]