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Anthropologie
- Bureaucratie - Désir -
Dialectique
Anthropologie
- Titre : Des fondements anthropologiques de la
psychanalyse
- Auteur : Didier Moulinier
- Source :
www.etudes-lacaniennes.net
On se propose
ici d'examiner la séquence historique Hegel/Kojève/Lacan sur la question des
fondements anthropologiques de la psychanalyse, en commençant toutefois par
le lien initial entre dialectique et anthropologie (au sens philosophique
classique du terme). Si pour Hegel l'anthropologie fait partie intégrante de
la dialectique phénoménologique et encyclopédique, la lecture proposée par
Kojève de la Phénoménologie de l'esprit a permis d'humaniser
l'ensemble du procès dialectique. En effet, pour Kojève, l'Esprit universel
n'est pas autre chose que l'"Homme intégral". "Indépendamment de ce qu'en
pense Hegel, écrit-il, la Phénoménologie est une anthropologie
philosophique. Son thème, c'est l'homme en tant qu'humain, l'être réel dans
l'histoire" . Selon Kojève, la perfection même du Système fait apparaître
une ambiguïté, une contradiction non résolue où se joue l'historicité de
l'homme. Il s'agit de savoir si l'expérience humaine, faite d'une succession
de prises de conscience au cours desquelles l'Esprit se réalise, est
vraiment productrice et créatrice - l'homme historique est alors ce qu'il
devient (notion judéo-chrétienne) - ou si l'évolution historique se contente
de réaliser une Idée préexistante et éternelle - l'homme devient alors ce
qu'il est (notion antique, païenne) ; Kojève les oppose encore comme la
morale de la "conversion" et la morale "stoïque" de la "permanence" . Il est
vrai que Hegel n'est pas un métaphysicien classique, chez lui l'essence
n'est pas séparable de l'existence ni même de l'effectivité, et donc
l'Esprit ne peut se réaliser que dans et par l'Histoire, l'Homme ne peut
faire l'économie des expériences que décrit la Phénoménologie.
Tâchons de structurer la négativité humaine à partir d'une définition
générale de la Dialectique avec ses trois composantes. La pensée de
l'entendement s'arrête à ce que Hegel appelle la "détermination spécifique",
soit la catégorie logique de l'Identité. C'est donc le propre de l'homme
d'avoir une "identité". Mais pour parvenir à la vérité dans le discours, la
pensée doit entreprendre la suppression dialectique de ces déterminations
spécifiques : c'est le stade second dit "dialectique", au sens étroitement
négatif ou négateur du terme. L'être réel concret est donc au moins à la
fois Identité et Négativité. L'homme seul, en tant que libre, a la
possibilité de se nier lui-même comme donné et devenir Autre dans le monde
de l'Action. Enfin la dimension spéculative de la raison correspond au
principe de Totalité. L'être qui se nie lui-même en devenant autre ne perd
pourtant pas son identité, au contraire il devient totalement lui-même. Dans l'Œuvre, il voit
apparaître le résultat de l'Action. C'est comme
totalité que l'être devient pleinement et proprement dialectique. Mais
au-delà du deuxième moment qui est celui de la négativité, on atteint avec
la totalité une négativité seconde et plus radicale, puisque la totalité qui
représente la conscience de soi et l'achèvement de l'histoire ne peut que
signifier la conscience de la mort puis la mort effective. L'autre nom de la
totalité dialectique est donc la "finitude humaine". Or cette catégorie
déduite de la totalité traduit pourtant bien mieux la négativité proprement
dite, et Kojève s'en rend bien compte lorsqu'il écrit par exemple : "on peut
dire que la Dialectique hégélienne est résumée tout entière par une seule
catégorie fondamentale, qui est celle de la Suppression-dialectique (Aufheben)"
. Au fond Kojève force un peu la dialectique, ou plutôt la bloque
volontairement sur le deuxième moment "négateur" qui est aussi celui de
l'humaine liberté. Kojève adresse à Hegel la critique suivante : à
dialectiser essentiellement la totalité, ou à totaliser la dialectique,
Hegel serait amené à considérer les deux sous-moments de l'Esprit, la nature
et l'homme (ou l'histoire) comme également dialectiques. Ainsi Hegel aurait
eu le tort d'étendre son ontologie dialectique à la totalité de la nature,
retrouvant par là les erreurs du monisme antique et prêtant le flan aux
critiques stigmatisant l'idée même de système.
La négativité se manifeste surtout comme désir de reconnaissance et lutte à
mort, négation de soi-même comme donné naturel. Mais la négativité
dialectique par excellence, où l'homme se révèle en tant qu'individu libre
historique, n'est pas autre chose que la mort - la finitude. La mort de
l'homme lui appartient totalement par la pensée, elle est par principe une
auto-suppression (totalité qui consiste en une négativité), voire à la
limite un suicide. Dans son texte "L'idée de la mort dans la philosophie de
Hegel", Kojève cite un passage célèbre de la préface de la Phénoménologie
de l'esprit où il voit "la clef de la compréhension du système hégélien"
. Le texte de Hegel est le suivant : "D'après mon avis, qui ne doit se
justifier que par l'exposé du Système lui-même, tout dépend de qu'on exprime
et comprenne le Vrai non pas comme substance, mais tout autant comme sujet".
Hegel veut dire qu'il ne suffit pas de décrire l'Etre-statique-donné, qu'on
appelle "substance", mais qu'il faut rendre compte de la révélation de
l'Etre par le discours dans sa totalité, ce qui est le fait du "Sujet du
Discours", ce discours universel nommé proprement philosophie. Une nouvelle
fois, Kojève rabat ce Sujet sur l'Homme concret, historique, fini,
s'écartant de l'universalisme hégélien. A juste titre d'ailleurs car il n'y
a pas de "Sujet universel" qui tienne - ce que montrera Lacan. Pour autant
on ne peut pas dire qu'A. Kojève dispose lui-même du concept de "Sujet",
ignorant celui qui se trame du côté de Freud et qui apparaît progressivement
chez Lacan. Le sujet analytique, le sujet de l'inconscient va intégrer les
données anthropologiques finies en s'inscrivant dans une logique qui, on va
le voir, doit encore beaucoup à la dialectique.
Durant la période de gestation de la pensée "lacanienne" classique - celle
du primat du symbolique - l'influence de Kojève creusant le thème de la
finitude fut tout aussi déterminante que la subversion freudienne de
l'anthropologie avec la théorie de la sexualité. On ne peut pas exposer la
conception lacanienne de l'analyse comme dialectique, ni celle du sujet
divisé, sans premièrement tenir compte de ces considérations très
"humaines". Kojève représente le Sage sachant ne pas savoir - sujet fini
d'un désir infini - mais quand même feignant le Savoir absolu : d'où la
comparaison qui s'impose avec l'analyste mis à la place du sujet supposé
savoir. L'analyste (ou le Sage ironique) reste Autre car il représente ce
"Maître absolu" qu'est la mort ou le désir de désir pur. Plus aucune trace
ici de la dialectique qui chez Hegel identifiait le fini et l'infini et
permettait une réalisation du Savoir absolu, en prévoyant un terme au désir.
La dialectique de Kojève au contraire infinitise le désir mais le restitue à
l'être fini par excellence, l'homme, qui acquiert sa liberté en désirant sa
mort, en prenant conscience de sa mort. Pour Lacan en revanche, il n'est nul
besoin de conscience de soi ou de conscience de la mort, car le désir de
mort lui-même se réduit à un désir de l'Autre ("le désir de l'homme est le
désir de l'Autre" ) : il est donc inconscient. Comme Freud, et contre
Heidegger, la finitude humaine n'est pas rapportée par Lacan à la mort et à
l'angoisse de la mort, mais d'emblée à la catastrophe de la naissance
(l'"inconvénient d'être né", comme le dit Cioran) et à la misère originelle.
Lorsqu'il parle de l'"homme", Lacan est tragique. Mais si le lacanisme est
(peut-être) un humanisme tragique, le "kojèvisme" reste un humanisme
philosophique ou une forme de sagesse désabusée. Kojève rabat l'Esprit
hégélien sur l'Homme en tant que destiné à vivre pour la mort, à éprouver sa
finitude, ou encore, selon une formule heideggerienne reprise par Kojève, à
"vivre-dans-le-monde". Ce qui définit pour Heidegger la finitude. Mais par
ailleurs Kojève assimile purement et simplement l'"étant fini" à l'"homme"
ou à "la réalité humaine", ce que ne fait pas Heidegger, l'analytique
existentiale du Dasein étant par principe tout le contraire d'une
anthropologie.
Finalement, voyons ce que Lacan retient de l'interprétation kojèvienne de
Heidegger. Quel lien dessiner, autrement dit, entre la logique hégélienne,
l'ontologie heideggerienne, la sagesse kojèvienne et le tragique lacanien ?
C'est la double question essentielle du Sujet et du Réel qui se trouve ici
soulevée. Pour Hegel, il suffit de rappeler que le réel est rationnel et
réciproquement, ce qui suppose la dialectique et un terme unitaire à
celle-ci. La lecture de Kojève consiste alors à bloquer cette dialectique
identitaire sur l'opposition de deux termes : l'Homme comme sujet ou
conscience de soi (dans la prise de conscience de la mort, etc.) d'une part,
la Vie naturelle et immédiate d'autre part. Concernant la différence
heideggerienne de l'être et de l'étant, le coup de force de Kojève consiste
à inclure sa propre différence (réalité humaine/réalité donnée) dans le seul
étant. De son côté, Lacan accentue incontestablement le dualisme qui ressort
de la lecture kojèvienne de Hegel avec son opposition irrémédiable et
irrelevable entre le "réel" et le "symbolique". Seulement la vraie
originalité de Lacan réside dans son concept de "sujet", qui inclut les
dimensions du réel et du symbolique. Nous soutenons que ce que Lacan appelle
le sujet correspond à une accentuation de la finitude, tant du point de vue
de Heidegger que de celui de Kojève. Du Dasein, Lacan retient surtout l'être
parlant (ou "parlêtre"), sauf que celui-ci ne diffère pas seulement de
lui-même puisqu'il est en outre divisé, précisément entre une parole et un
être. De la "réalité humaine" selon Kojève, disons que Lacan retient surtout
l'homme, voire l'"hominien", en sorte qu'il aggrave plutôt la réduction
anthropologique opérée par Kojève ; tandis que son concept de "réel"
s'éloigne de plus en plus de la simple "réalité", taxée d'imaginaire. Mais
tout cela se fait en direction de Freud : derrière l'inquiétude et le manque
il retrouve le tranchant du désir, sous l'être-pour-la-mort il découvre la
pulsion de mort. Désormais le désir mène la danse à lui seul, et la
conscience se réduit à n'en être qu'une figure - pas même une étape -
associée au moi narcissique. D'autre part, l'élément structural fonctionne
comme le grain de sable enraillant ou plutôt bloquant la dialectique
hégélienne, mais permettant de définir structurellement l'imaginaire comme
agressivité primordiale, rivalité et lutte à mort (selon la dialectique du
maître et de l'esclave, extraite en tant que telle de la geste dont elle
fait partie), bref comme narcissisme fondamental.
A l'époque du
"Stade du miroir" (1949) le soin de Lacan est surtout de distinguer le sujet
proprement dit de la capture imaginaire du moi ; il n'a de cesse de
présenter la dialectique des consciences en termes d'aliénation narcissique
où s'informerait moins le sujet que le moi-idéal. Lacan retient le principe
d'une dialectique temporelle marquée structurellement par cette discordance
: "le stade du miroir est un drame dont la poussée interne se précipite de
l'insuffisance à l'anticipation - et qui pour le sujet, pris au leurre de
l'identification spaciale, machine les fantasmes qui se succèdent d'une
image morcelée du corps à une forme que nous appellerons orthopédique de sa
totalité, - et à l'armure enfin assumée d'une identité aliénante, qui va
marquer de sa structure rigide tout son développement mental" . Pas de
synthèse finale et pas d'autonomie non plus où se substantent les thèses
existentialistes, confondant la négativité avec une liberté essentielle.
Pour Lacan, la liberté qui semble accompagner le mouvement progressif de la
conscience de soi n'est que l'autre nom de la servitude, puisque dans un
vain effort pour universaliser le particulier cette conscience se réduit en
fait à une tendance repérée par Freud comme "pulsion du moi" et associée de
façon décisive à l'instinct de mort. Voici enfin la traduction freudienne de
la "négativité dialectique", génialement soulignée par Lacan dans ces années
40, qui n'est autre que le narcissisme : "cette passion d'être un homme,
dirai-je, qui est la passion de l'âme par excellence, le narcissisme, lequel
se structure à tous ses désirs fût-ce aux plus élevés". D'après Kojève la
mort était déjà vécue par la pensée comme une auto-suppression, la
conscience de la mort culminait dans l'idée même du suicide. La thèse
freudienne de l'imaginaire narcissique, éclairée par le premier Lacan,
livrerait la vérité (analytique) de cette dialectique négative encore
philosophique, anthropologique, que Lacan aurait partiellement reprise en la
radicalisant et en la dépassant : "C'est dans ce nœud, écrit Lacan, que gît
en effet le rapport de l'image à la tendance suicide que le mythe de
Narcisse exprime essentiellement. Cette tendance suicide qui représente à
notre avis ce que Freud a cherché à situer dans sa métapsychologie sous le
nom d'instinct de mort (...)" . Dans le séminaire Les psychoses,
Lacan compare le "moi" (selon les dires d'un patient) à "un cadavre lépreux
qui traîne après lui un autre cadavre lépreux. Belle image en effet pour le
moi, commente-t-il, car il y a dans le moi quelque chose de fondamentalement
mort, et toujours doublé de ce jumeau, qui est le discours". Comment une
anthropologie philosophique survivrait-elle à cette image, sans verser dans
le désespoir littéraire d'un Cioran ? Pourtant n'est-ce pas encore pour une
raison foncièrement anthropologique que la psychanalyse ne peut s'empêcher
d'être aussi bien une dialectique, donc une philosophie ?
Bureaucratie
- Titre : Le dialogue Lacan-Kojève sur la
bureaucratie et l’Empire
- Auteur : Eric Laurent
- Source :
http://www.lacanian.net
-
- L’apport de la psychanalyse aux sciences politiques
et à l’interprétation du lien social ne se limite pas à l’Église et
l’Armée comme nous en avons trop souvent l’impression à lire la
littérature. Avant d’en arriver à l’écriture lacanienne des discours,
nous ne devrions pas oublier un maillon intermédiaire, l’analyse des
bureaucraties telle que Lacan l’a menée. Il ne l’a pas menée seul. Il a
poursuivi l’opération freudienne sur une conception de la bureaucratie
dérivée de celle d’Alexandre Kojève. Celui-ci professait une doctrine
que nous pourrions appeler "de la bureaucratie généralisée". Lacan y a
ajouté le grain de sable de la jouissance, avec des conséquences
surprenantes.
Qu’est ce qu’une bureaucratie, en ce sens ? Nous avons oublié combien le
développement de ces organisations comme instrument de gestion s’est
généralisé dans la période de reconstruction du monde qui a suivi la
deuxième guerre mondiale. Nous limitons souvent le phénomène à celui de
l’établissement de la bureaucratie nécessaire au fonctionnement du "Welfare
State". Bien d’autres bureaucraties ont surgi et se sont installées dans
le paysage pour gérer des ensembles sociaux toujours plus vastes,
nationalement et internationalement. Il y eût les bureaucraties
destinées à gérer l'économie, les reconstructions diverses, les plans,
faits pour déjouer les crises. Puis les bureaucraties de l'industrie
financière: les banques, essentielles au dispositif anti-crises. Il faut
y ajouter le domaine qui changea de régime avec les nouvelles fonctions
de l'état-providence: l'assurance. Internationalement, tout un champ
nouveau va s'ouvrir avec les nouvelles Institutions Internationales.
D'abord les pactes militaires, bien sûr. Ensuite les Nations-Unies et
toutes leurs dépendances. Puis, tout le projet Européen, qui prît
diverses formes. Depuis la Communauté Économique du Charbon et de
l'Acier (CECA), jusqu'à la Communauté Économique Européenne (CEE). La
Russie post-stalinienne deviendra elle-même une bureaucratie, dévorée
par de multiples bureaucraties en compétition. En Amérique, les
multinationales atteignaient des degrés d’intégration inédits. Arrêtons
là. >
lire la suite
Désir
- Titre : Kojève ou Lacan
- Auteur : Thierry Simonelli
- Source :
http://www.psychanalyse.lu
Il n'est pas
difficile, et rares sont les commentateurs qui ne l'ont pas pointé, de
voir se profiler derrière la conception lacanienne du désir l'homme le
« Désir » de Kojève. Lacan, ayant assisté aux cours de Kojève à l'École
Pratique des Hautes Études, et ayant reconnu Kojève comme l'un de ses
« maîtres à penser », à côté de Heidegger, semble en effet s'être
profondément imprégné de cette Introduction si particulière à
l'œuvre de Hegel.
Dans les notes
de cours de Kojève, composées et publiées par Raymond Queneau, l'on
retrouve une grande partie des traits qui caractérisent la théorie
lacanienne. En partant du commentaire que Raymond Queneau a très
judicieusement choisi de mettre en exergue à l'Introduction à la
lecture de Hegel, on découvre, dès les premières pages un homme
caractérisé par le « Désir ». De même que celui de Lacan, le Désir de
Kojève est présupposé par toute conscience de soi (Alexandre Kojève,
Introduction à la lecture de Hegel [=IlH], p.11.). Le Désir
détermine l'homme dans son être, ou plus précisément dans l'annulation
de cet être (ibibid.), et dans son histoire (IlH, p.13).
Le Désir, pour autant qu'il est un désir « proprement humain », ne
désire pas la satisfaction de l'appétit, il ne désire pas le corps, mais
il désire « le Désir de l'autre ». Il s'ensuit, pour Kojève, que tout
Désir est toujours Désir de Désir : Désir de reconnaissance du Désir (IlH,
p.14)(1). >
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Dialectique
- Titre : Hegel, Kojeve and Lacan - The
Metamorphoses of Dialectics - Part II: Hegel and Lacan
- Auteur : Radostin Kaloianov
- Source :
http://www.academyanalyticarts.org
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- It would be incorrect to speak about a point of
contact between Hegel and Lacan. One would in vain look after such a
point. Its absence can be explained only by the presence of a mediating
interpretation. Alexandre Kojève transmits to Lacan, in a considerably
modified form, Hegel's views on dialectics in the Phenomenology of
Spirit. The result of this transmission is that it institutes the
notion of negativity as differentia specifica of Hegel's dialectic. It
equates negativity with its manifestations in man. It reduces the
Hegelian dialectic to the phenomena of desire, struggle, labor, speech
and death. Kojève's lectures imply that the only dialectical formation
in Hegel's philosophy and particularly in his Phenomenology of Spirit
is the human subject ("a nothingness that 'nihilates' in being"). This "anthropological"
presumption is the guideline of the Kojèvian interpretation of Hegel,
and becomes easily adoptable in various human sciences and philosophical
traditions: sociology, psychoanalysis, marxism, existentialism. >
lire la suite
-
18/11/2006
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