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Causalité -
Destin - Inconscient -
Modalité - Pensée -
Représentation -
Singularité - Vérité
Causalité
- Titre : Non-psychanalyse > Causalité
- Auteur : Didier Moulinier
- Source :
http://etudes.lacaniennes.free.fr
-
- On se propose
d'examiner le problème de la causalité dans le cadre d'une stratégie
lacanienne qui, épistémologiquement, tente de concilier l'inconciliable
: Aristote et Descartes. Lacan se sert principalement des concepts et
principes aristotéliciens relatifs à la causalité, conservant la
quadrilogie mais problématisant surtout la "cause matérielle", tout en
reliant cette logique à la démarche moderne et cartésienne de la
philosophie du sujet, laquelle à son tour s'en trouve bouleversée. Lacan
interroge ou plutôt "secoue" l'imposante synthèse aristotélicienne comme
s'il en espérait quelque révélation majeure sur la structure du sujet de
l'inconscient. Trois ou quatre exemples. La "matière" (hylè) selon
Aristote, ce quasi non-être a t-il quelque chose à voir avec le "réel"
non-symbolisable que suppose la notion freudienne de "pulsion de mort" ?
Que veut dire Lacan en affirmant qu'"Aristote a tout à fait loupé la
question de la causalité matérielle" : cela signifie-t-il qu'il cherche
lui-même à établir une causalité matérielle générale qu'aurait manquée
Aristote en se cantonnant à une cause matérielle parmi d'autres espèces
de cause ? Du côté de la "forme", maintenant, ne peut-on voir dans
l'assomption des êtres en direction d'une réalité essentielle mais
inaccessible (le premier moteur immobile, Dieu), les conditions d'une
théorie du désir de l'Autre où la cause se maintenant toujours séparée
institue le manque chez les sujets ? >
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Destin
- Titre : Figures du destin
- Auteur : Un livre de Danielle Eleb (ed.
Erès)
- Source :
http://www.iforep.fr
-
- Si la découverte freudienne de l’inconscient nous a
appris à voir dans les symptômes une figure, au sens de la figure du
destin, cet ouvrage soutient l’hypothèse d’un « destin des temps
modernes ». La problématique lacanienne du hasard et du réel renouvelle
le sens et l’usage de la catégorie du destin, à partir de
l’interprétation d’ Automaton et Tuché dans la physique d’Aristote. A
une causalité signifiante du sujet qui est de l’ordre de l’ Automaton,
Lacan articule la Tuchéau sens de la bonne ou mauvaise rencontre,
rencontre avec le réel.
D’Aristote à Freud, puis de Freud à Lacan, la rencontre est un élément à
la fois déterminant et aléatoire de la causalité du sujet ; l’expérience
analytique révèle un autre sens au destin du sujet. Si ce sujet est bien
celui de l’inconscient, il n’en est pas moins désirant. Ainsi, ce qui se
produit « comme au hasard » vient à la rencontre du fantasme. Le
fantasme masque un réel premier, déterminant ; ce réel, Lacan le fait
hasard.
Une rencontre va se faire avec l’amour ou avec le transfert qui est non
pas une pure répétition du passé dans le présent mais un amour traversé
par une perte. En ce sens le destin du sujet peut se rejouer dans la
cure. L’amour de transfert actualise l’insconscient non réalisé, entre
être et non-être. Lacan suspend la certitude d’un étant au profit d’une
éthique, de ce qui devrait être et non de ce qui est.
Ce sont les figures du destin – Gradiva, OEdipe, Hamlet, celles du deuil
et de la mélancolie, celle du cas clinique d’Helene Deutsch « La névrose
hystérique de destinée » – qui incarnent ces destins singuliers, entre
la causalité signifiante du sujet et la rencontre du réel. >
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Inconscient
- Titre : DANS LE CHAMP FREUDIEN L'INCONSCIENT EST
DE LACAN
- Auteur : Cancina Pura H.
- Source :
http://www.lutecium.org "
-
- Sur le mont Nebo la loi nous a été donnée " dit Lacan
citant Joyce(1) . Si les commandements ont été donnés à Moïse dans le
Mont Sinaï, quelle est la loi qui lui fut donnée au Nebo ? Moïse fut
condamné à ne pas entrer dans la terre promise. C'est son successeur
Josué (Icho-súa, Jahvé sauve) qui le ferait. L'Exode fut à Moïse, la
terre promise, à Josué.
" Loi de l'amour et de la perversion "(2): le Père sauve.
Dans le champ freudien l'inconscient est de Lacan(3), mais Lacan n'est
pas Josué.
Au sommet de son " nœud bo ", quelle est la torsion que Lacan imprime à
la loi de l'amour au père et quelle en est sa conséquence ?
Il n'y a pas de terre promise comme il n'y en a pas eu de perdue :
l'objet manque à son origine.
Dans l'inconscient freudien la première marque de jouissance, qui opère
comme fondement signifiant du réseau et point de départ de la
répétition, est la marque d'une jouissance sexuelle et incestueuse. Elle
retient le Lust de la première rencontre comme modèle de fusion entre
l'enfant et sa mère. Les pulsions sexuelles et les formations de
l'inconscient battent pour retrouver la jouissance perdue de la première
et la plus complète fusion sexuelle.
L'inconscient selon Lacan se soutient de sa conception de la répétition
basée sur sa révision d'Aristote, faite par sa lecture des stoïciens. Il
révise la relation qu'Aristote établit entre l'automaton -le réseau des
signifiants- et ce qu'il désigne comme la tyche qui, pour Lacan, sera la
rencontre avec le réel. Ce qui est en jeu est la question du référent en
psychanalyse, question qui se noue à celle de l'objet et renvoie à celle
du réel. C'est le concept qui a été mis en question. >
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Modalité
- Titre : Qu’est-ce
qu’un concept en psychanalyse ? Esquisse d’une logique modale
- Auteur : Hector Yankelevitch
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
-
- Un des paradoxes, et certainement pas le moindre, de
notre civilisation, consiste à surdimensionner la figure du père dans le
fonctionnement politique et dans les institutions sociales comme si cela
répondait au caractère amoindri de sa fonction symbolique. Ceci n’étant
nullement une explication historique ni de l’histoire, mais la
constatation de ce que la fonction paternelle non seulement joue
toujours à double détente, "individuelle" et "collective", mais aussi
que, n’étant pas assurée symboliquement sur l’ "individuel", elle se
boursoufle toujours imaginairement dans le "collectif".
Le concept de métaphore paternelle que Lacan avait avancé en 1958 [2]
pour rendre compte de la nécessité de l’intervention du père afin que le
langage assure sa fonction meurtrière de la Chose s’est vite ensablé
dans une double reprise qui le dégrada soit en notion linguistique, soit
en appel forcené, en clinique, à la présence réelle du géniteur. La
finesse d’analyse clinique qui accompagnait son introduction et le
diagnostic du cul-de-sac théorique où gisait la psychanalyse d’alors
n’ont pu empêcher un destin pour le moins malencontreux à ce concept,
qui s’avérait de moins en moins pertinent au fur et à mesure qu’il
devenait un passe-partout idéologique qui dépassait largement la
communauté freudienne. Ce que son écriture, il faut le dire,
n’autorisait guère.
Dans les années 70, Lacan revient au père mythique de Totem et tabou
pour réintroduire la question paternelle avec toute la brutalité qui lui
sied, et dont sa présentation comme métaphore, qui reste vraie, avait
faussement induit à l’édulcorer. Ce faisant, tout au long d’une dizaine
d’années de séminaire, il développe une nouvelle logique [3], qui, en
empruntant les concepts et méthodes de la logique mathématisée, ne
constitue pas moins une critique de ses fléchissements métaphysiques. >
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Pensée
- Titre : Lecture de « Télévision » (I)
- Auteur : Pierre Naveau
- Source :
http://www.causefreudienne.net
Pour parler
du symptôme, Lacan se réfère au nœud du corps, de l’âme et de la pensée.
L’art de Lacan est d’arriver à nouer un nœud, d’une façon borroméenne,
dans la phrase suivante : « Le sujet de l’inconscient ne touche à l’âme
que par le corps, d’y introduire la pensée » (32). Aristote évoque,
quant à lui, « un entrelacement entre l’âme et le corps ». Lacan réfute
la thèse d’Aristote : L’homme ne pense pas avec son âme. Il pense à
partir de la coupure qu’opère la structure du langage. La structure du
langage est, en effet, « une cisaille qui découpe » (33). Le symptôme
hystérique : la cisaille découpe le corps. Le symptôme obsessionnel : la
cisaille découpe l’âme. D’où cette définition éclairante du symptôme
obsessionnel : C’est une pensée dont l’âme s’embarrasse, ne sait que
faire (34).
Aristote
s’interroge : L’âme est-elle harmonie ? Lacan tranche : entre la pensée
et l’âme, pas d’harmonie, mais, au contraire, une dysharmonie. >
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Représentation
- Titre : Conférence à l’Unesco. Colloque pour le
23e centenaire d’Aristote.
- Auteur : Jacques Lacan
- Source :
http://aejcpp.free.fr
-
- On met une différence entre l’objet et la
représentation. On sait cela, pour se le représenter mentalement. Il
suffit de mots qui, comme on dit, « évoquent », soit « appellent », la
représentation.
Comment Aristote conçoit-il la représentation ? Nous ne le savons que
par ce qui a retenu un certain nombre d’élèves de son temps. Les élèves
répètent ce que dit le maître. Mais c’est à condition que le maître
sache ce qu’il dit. Qui en juge sinon les élèves ? Donc ce sont eux qui
savent. Malheureusement – c’est là que je dois témoigner en tant que
psychanalyste – ils rêvent aussi.
Aristote rêvait, comme tout le monde. Est-ce lui qui s’est cru en devoir
d’interpréter le rêve d’Alexandre assiégeant Tyr? Satyros – Tyr est à
toi. Interprétation-jeu qui est typique.
Le syllogisme – Aristote s’y est exercé, – le syllogisme procède-t-il du
rêve ? Il faut bien dire que le syllogisme est toujours boiteux – en
principe triple, mais en réalité application au particulier de
l’universel. « Tous les hommes sont mortels », donc un d’entre eux l’est
aussi. Freud là-dessus arrive, et dit que l’homme le désire.
Ce qui le prouve, c’est le rêve. Il n’y a rien d’affreux comme de rêver
qu’on est condamné à vivre à répétition. D’où l’idée de la pulsion de
mort. Les freudo-aristotéliciens, mettant la pulsion de mort en tête,
supposent Aristote articulant l’universel et le particulier,
c’est-à-dire le font quelque chose comme psychanalyste. >
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Singularité
- Titre : De la singularité et d'un usage renouvelé
de l'hupokeimenon et de l'ousia
- Auteur : Pierre-Christophe Cathelineau
- Source :
http://www.freud-lacan.com
-
- Pour penser le sujet de l'inconscient, Lacan a
parfois lu Aristote à travers Heidegger. Mais loin de tirer de cette
lecture les mêmes conséquences que ce dernier, il s'est soucié
d'intégrer l'une de ses intuitions dans sa propre perspective clinique.
Aussi redécouvre-t-il la profonde ambiguïté du sujet et de la substance,
telle qu'elle a été induite par l'ambiguïté même du texte
aristotélicien. Voyons ce que devient cette difficulté avec lui.
D'emblée il donne à cette ambiguïté sa portée. Aristote aurait anticipé
par sa pensée du sujet le sujet même de l'inconscient. L'ambiguïté du
sujet et de la substance - traduite par ousia - serait une préfiguration
hésitante de la relation du sujet à son " être " c'est-à-dire l'objet-cause
de son désir. Que dit Lacan ?
" Que l'objet a est-il à prendre pour manquant seulement le sujet de
la vérité qui se présente comme division, ou devons-nous comme il semble
lui décerner plus de substance, est-ce que vous ne sentez pas là où nous
trouvons à ce point nœud qui est celui qui est déjà proprement marqué
dans la logique d'Aristote et qui motive l'ambiguïté de la substance et
du sujet, de l'hupokeiménon pour autant qu'il n'est logiquement à
proprement parler rien d'autre que ce que la logique mathématique par
après a pu isoler dans la fonction de la variable, c'est à savoir ce qui
n'est rien que désignable par une proposition prédicative. L'ambiguïté
tout au long du texte aristotélicien se maintient non pas sans être
distingué à la façon d'une tresse entre cette fonction parfaitement
isolée par lui de l'hupokeiménon et celle de l'ousia qu'honnêtement il
vaudrait mieux traduire par être ou par étance, par le Wesen, à
l'occasion, que par ce mot lui-même qui ne fait que véhiculer cette dite
ambiguïté de substantia, substance. C'est bien là que nous nous trouvons
portés quand nous essayons d'articuler ce qu'il en est de la fonction de
l'objet a. " >
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Vérité
- Titre : Les non dupes errent. séminaire du 12 février 1974.
- Auteur : Jacques
Lacan
- Source :
http://www.lutecium.org
-
- Dans Aristote, on n'est pas tellement encombré par le
vrai. Il ne parle pas de vrai à propos du prédicat. Il ânonne bien sûr,
et à cause de ça on s’est cru tout à fait obligé de faire pareil, on
parle de l'homme, de l'animal, de... du vivant, à l'occasion, et encore,
je dis là des choses qui ont tout de suite un vague sens, ça s'emboîte :
l'homme, l'animal, le vivant ; tout animal est vivant, tout homme est
animal, moyennant quoi tout homme sera vivant...
Il est tout à fait clair dès ce départ, comme la suite d'ailleurs l'a
bien montré, que tout ça ne veut rien dire.
En d'autres termes, que le vrai, dans l'affaire, est tout à fait hors de
saison, déplacé.
Et ce qui le rend tangible, ce qui le rend tangible, c'est que c'est...
ces cases, n'est-ce pas, ces... qu'il remplit comme il peut avec ces par
exemple ces trois mots que je viens de dire : homme, animal, et vivant,
n'est-ce pas, il peut aussi bien mettre n'importe quoi, n'est-ce pas, le
cygne, le noir... enfin n'importe quoi d'autre, le blanc... le blanc
traîne partout, on ne sait pas qu'en faire, il est rendu manifeste dans
ce que j'ai appelé son frayage, que ces termes, tout son effort est
justement de pouvoir s'en passer, c'est-à-dire qu'il les vide de sens,
et il les vide de sens par ce moyen qu'il les remplace par des lettres à
savoir alpha, bêta, gamma, par exemple, au lieu de mes trois premiers
termes, là que je vous ai extraits, qui sont dans Aristote ... il dit,
n'est-ce pas, ça ne commence à prendre forme qu'à partir du moment où il
énoncera que tout b... tout a est b, tout gamma est b... non, tout b est
gamma, moyennant quoi tout a sera gamma.
En d’autres termes, il procédera de la façon à pouvoir qualifier deux de
ces termes, ceux qui font le joint, de moyens, moyennant quoi il pourra
établir une relation entre les deux extrêmes. C’est en cela qu'au
départ, dès le départ, se touche qu'il ne s'agit pas du vrai. Car peu
importe que tel animal soit blanc ou pas, chacun sait qu'il y a des
cygnes noirs, des cygnes, c, y, g, n, e, l'important est que quelque
chose soit articulé grâce à quoi s'introduit comme tel le Réel. >
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