












|
|
Acte - Acting-out
- Affect - Agalma -
Agressivité -
Aliénation - Amour -
Analité - Analysant -
Analyse - Analyste
- Angoisse - Anxiété
- Aphanisis -
Aphasie - Aufhebung -
Autopunition -
Autre -
ACTE
1953 - Fonction et champ de la parole… - 150 - Comment la parole
épuiserait-elle le sens de la parole (...) sinon dans l'acte qui l'engendre.
[Goethe:] "Au commencement était l'action" se renverse à son tour : c'était
bien le verbe qui était au commencement, et nous vivons dans sa création,
mais c'est l'action de notre esprit qui continue cette création en la
renouvelant toujours. -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 126 - La parole pleine est
parole qui fait acte.- 270 - Pour autant qu'il S'agit pour le sujet de se
faire reconnaître, un acte est une parole.
1960/61 - Le Transfert - 14 - au mieux, l'acte ne présente au désir
que son exploit, sa geste héroïque 1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - une
manifestation signifiante où s'inscrit, ce qu'on pourrait appeler l'état du
désir
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - Qu'est-ce que le symptôme, c'est la
fuite du robinet. Le passage à l'acte c'est l'ouvrir, mais l'ouvrir sans
savoir ce qu'on fait. - Quelque chose se produit qui libère une cause -
Quant à l'acting-out, (...) ce n'est pas le fait d'ouvrir le robinet, (...)
c'est simplement la présence ou non du jet.
1964 - Les quatre concepts… - 133 - le transfert est la mise en acte
de la réalité de l'inconscient.
ACTING-OUT
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 270 - On qualifie
d'acting-out quoi que ce soit qui se passe dans le traitement. - S'ils [les
patients] agissent [par ex. se marient...], c'est à l'adresse de leur
analyste. - Pour autant qu'ils 'agit pour le sujet de se faire reconnaître,
un acte est une parole.
1955/56 - Les psychoses - 93 - J'entérine l'acting-out comme
équivalent à un phénomène hallucinatoire du type délirant qui se produit
quand vous symbolisez prématurément, quand vous abordez quelque chose dans
l'ordre de la réalité et non à l'intérieur du registre symbolique.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - Quand il se
produit dans une analyse, il est toujours adressé à l'analyste, et à
l'analyste en tant qu'en somme il n'est pas trop mal placé, mais qu'il n'est
pas non plus tout à fait à sa place.
1960/61 - Le Transfert - 393 - l'acting out est ce type d'action par
où, à tel moment du traitement [ANALYSE] (...) le sujet exige une réponse
plus juste.
1962/63 - L'angoisse - 23/01/63 - Le transfert sans l'analyse, c'est
l'acting-out, l'acting-out sans l'analyse, c'est le transfert.
AFFECT
1962/63 - L'angoisse - 14/11/61 - L'angoisse est un affect. -
[l'affect] n'est pas l'être donné dans son immédiateté, ni non plus le sujet
sous une forme en quelque sorte brute. Il n'est (...) en aucun cas
protopathique. -
1962/63 - L'angoisse - 14/11/61 - On le retrouve déplacé, fou,
inversé, métabolisé, mais il n'est pas refoulé. Ce qui est refoulé, ce sont
les signifiants qui l'amarrent.
1963 - Les noms du père - 20/11/63 - ce dont le sujet est dans
l'angoisse affecté, c'est (...) par le désir de l'Autre. Il en est affecté
d'une façon que nous devons dire immédiate, non dialectisable et c'est en
ceci que l'angoisse est, dans l'affect du sujet, ce qui ne trompe pas.
AGALMA
1960/61 - Le Transfert 169 - [Le mot désigne aussi la statuette d'un
dieu, et même plutôt ce qui est caché à l'intérieur] - Je vous donne la clé
de la question en vous disant que c'est la fonction fétiche de l'objet qui
est toujours accentuée. - il s'agit du sens brillant , du sens galant , car
ce mot vient de gal , éclat en vieux français. En un mot de quoi s'agit-il ?
- sinon de ce dont nous, analystes, avons découvert la fonction sous le nom
de l'objet partiel.
AGRESSIVITE
1938 - Les complexes familiaux- 40 - Ainsi la non-violence du suicide
primordial engendre la violence du meurtre imaginaire du frère. [intrusion]
L'image du frère non sevré n'attire une agression spéciale que parce qu'elle
répète dans le sujet l'imago de la situation maternelle et avec elle le
désir de la mort [masochisme]. Ce phénomène est secondaire à
l'identification.
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 102 - Thèse I : L'agressivité
se manifeste dans une expérience qui est subjective dans sa constitution
même.1948 - L'agressivité en psychanalyse - 103 - Thèse II :
L'agressivité, dans l'expérience, nous est donnée comme intention
d'agression et comme image de dislocation corporelle, et c'est sous de tels
modes qu'elle se démontre efficiente.
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 106 - Thèse III : Les ressorts
d'agressivité décident des raisons qui motivent la technique de l'analyse. -
107 - c'est la participation à son mal que le malade attend de nous. -
[Mais] Seuls les saints sont assez détachés de la plus profonde des passions
communes pour éviter les contrecoups agressifs de la charité. - Nous devons
pourtant mettre en jeu l'agressivité du sujet à notre endroit, puisque ces
intentions, on le sait, forment le transfert négatif qui est le nœud
inaugural du drame analytique. Ce transfert représente chez le patient le
transfert imaginaire sur notre personne d'une des imagos plus ou moins
archaïques - 108 - Loin de l'attaquer de front, la maïeutique analytique
adopte un détour qui revient en somme à induire dans le sujet une paranoïa
dirigée - opérer la projection de ce que Mélanie Klein appelle les mauvais
objets internes , mécanisme paranoïaque certes, mais ici bien systématisé,
filtré en quelque sorte et étanché à mesure. - Encore, répétons-le, cette
imago ne se révèle-t-elle que pour autant que notre attitude offre au sujet
le miroir pur d'une surface sans accidents.
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 110 - Thèse IV : L'agressivité
est la tendance corrélative d'un mode d'identification que nous appelons
narcissique et qui détermine la structure formelle du moi de l'homme et du
registre d'entités caractéristiques de son monde. - [Cf. le stade du miroir
où apparaît l'] 113 - imago salutaire ; elle est valorisée de toute la
détresse originelle, liée à la discordance intra-organique et relationnelle
du petit d'homme, durant les six premiers mois - [Entre six mois et deux ans
et demi, l'enfant vit dans une totale identification à l'autre] L'enfant qui
bat dit avoir été battu, celui qui voit tomber pleure. Cette forme se
cristallisera (...) dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui
détermine l'éveil de son désir pour l'objet du désir de l'autre - Aussi bien
les deux moments se confondent-ils où le sujet se nie lui-même et où il
charge l'autre, et l'on y découvre cette structure paranoïaque du moi qui
trouve son analogue dans les négations fondamentales, mises en valeur par
Freud dans les trois délires de jalousie, d'érotomanie et d'interprétation.
C'est le délire même de la belle âme misanthrope [Alceste], rejetant sur le
monde le désordre qui fait son être. - 116 - [donc] une agressivité liée à
la relation narcissique et aux structures de méconnaissance et
d'objectivation [objection] systématiques qui caractérisent la formation du
moi . - Nul besoin dès lors de chercher plus loin la source de cette énergie
dont Freud, à propos du problème de la répression, se demande d'où
l'emprunte le moi , pour la mettre au service du "principe de réalité". Nul
doute qu'elle ne provienne de la "passion narcissique" - Tout comme
l'oppression insensée du surmoi reste à la racine des impératifs motivés de
la conscience morale, la furieuse passion, qui spécifie l'homme, d'imprimer
dans la réalité son image est le fondement obscur des médiations
rationnelles de la volonté. - 119 - C'est à toutes les phases génétiques de
l'individu (...) que nous retrouvons ce moment narcissique dans le sujet, en
un avant où il doit assumer une frustration libidinale et un après où il se
transcende dans une sublimation normative.
1951 - Quelques réflexions sur l'Ego - La libido (...), entrant dans
l'identification narcissique, révèle là sa signification. sa dimension
caractéristique est l'agressivité. / [Ne surtout pas ramener l'agressivité à
la capacité à l'agression :] - ils peuvent représenter deux contraires.
1955/56 - Les psychoses - 107 - Si la relation agressive intervient
dans cette formation qui s'appelle le moi, c'est qu'elle en est
constituante, c'est que le moi est d'ores et déjà par lui-même un autre,
qu'il s'instaure dans une dualité interne au sujet. Le moi est ce maître que
le sujet trouve dans un autre, et qui s'instaure dans sa fonction de
maîtrise [plutôt que fonction de "synthèse", puisque de synthèse il n'y a
justement pas dans le conflit qui oppose les pulsions au moi] au cœur de
lui-même.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - à l'abris du
trait d'esprit quelque chose s'est satisfait, qui est cette tendance
agressive du sujet qui ne se manifesterait pas autrement. Il ne serait pas
permis de parler (...) grossièrement d'un confrère en littérature [par ex.,
sinon par un trait d'esprit, piquant ou méchant] -
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 809 - Quoi qu'il en
soit, ce que le sujet trouve en cette image altérée de son corps [moi],
c'est le paradigme de toutes les formes de la ressemblance qui vont porter
sur le monde des objets une teinte d'hostilité en y projetant l'avatar de
l'image narcissique, qui, de l'effet jubilatoire de sa rencontre au miroir,
devient dans l'affrontement au semblable le déversoir de la plus intime
agressivité.
ALIENATION
1955/56 - Les psychoses - 230 - [psychose] Supposons pour le sujet
(...) l'impossibilité d'assumer la réalisation du signifiant père au niveau
symbolique. Que lui reste-t-il ? Il lui reste l'image à quoi se réduit la
fonction paternelle. C'est une image qui ne s'inscrit dans aucune
dialectique triangulaire, mais dont la fonction de modèle, d'aliénation
spéculaire, donne tout de même au sujet un point d'accrochage - Dans la
mesure où le rapport reste sur le plan imaginaire, duel et démesuré, il n'a
pas la signification d'exclusion réciproque que comporte [dans le meilleur
des cas] l'affrontement spéculaire, mais l'autre fonction, qui est celle de
la capture imaginaire. - 231 - L'image prend en elle-même et d'emblée la
fonction sexualisée, sans avoir besoin d'aucun intermédiaire, d'aucune
identification à la mère ni à qui que ce soit. Le sujet adopte alors cette
position intimidée que nous observons chez le poisson ou le lézard. -
L'aliénation est ici radicale, elle n'est pas liée à un signifié néantisant
(...) mais à un anéantissement du signifiant. - [D'où ces compensations,
parfois, sous forme d'] identifications purement conformistes à des
personnages qui lui donneront le sentiment de ce qu'il faut faire pour être
un homme. - [jusqu'à ce que ces compensations, "béquilles imaginaires",
elles-mêmes lâchent.] -
1964 - Les quatre concepts… - 214 - L'aliénation est liée de façon
essentielle à la fonction du couple des signifiants. - à savoir que le
signifiant est ce qui représente le sujet pour l'autre signifiant. D'où il
résulte qu'au niveau de l'autre signifiant [S2], le sujet s'évanouit. - cf.
schéma p.215 - 216 - [Fort-da] Dans les deux phonèmes, s'incarnent les
mécanismes proprement de l'aliénation - qui s'expriment (...) au niveau du
fort. Pas de fort sans da et, si l'on peut dire, sans Dasein. - Mais
justement (...) il n'y a pas de Dasein avec le fort . Cad qu'on n'a pas le
choix. Si le petit sujet peut s'exercer à ce jeu du fort-da, c'est justement
qu'il ne s'y exerce pas du tout, car nul sujet ne peut saisir cette
articulation radicale. Il s'y exerce à l'aide d'une petite bobine, cad avec
l'objet "a". La fonction de l'exercice avec cet objet se réfère à une
aliénation, et non pas à une quelconque et supposée maîtrise.
1964 - Les quatre concepts… - 188 - Tout surgit de la structure du
signifiant. Cette structure se fonde de ce que j'ai d'abord appelé la
fonction de la coupure, et qui s'articule maintenant, dans le développement
de mon discours, comme fonction topologique du bord. La relation du sujet à
l'Autre s'engendre tout entière dans un processus de béance. - Ce processus
est circulaire, mais, de sa nature, sans réciprocité. Pour être circulaire,
il est dissymétrique. - Le signifiant se produisant au champ de l'Autre fait
surgir le sujet de sa signification. Mais il ne fonctionne comme signifiant
qu'à réduire le sujet en instance à n'être plus qu'un signifiant, à le
pétrifier du même mouvement où il l'appelle à fonctionner, à parler, comme
sujet. - 189 - Là est proprement la pulsation temporelle où s'institue ce
qui est la caractéristique du départ de l'ics comme tel - la fermeture. -
[Terme de Jones : l'aphanisis] Jones, qui l'a inventée, l'a prise pour
quelque chose d'assez absurde, la crainte de voir disparaître le désir. Or
l'aphanisis est à situer d'une façon plus radicale au niveau où le sujet se
manifeste dans ce mouvement de biparition que j'ai qualifié de léthal. D'une
autre façon encore, j'ai appelé ce mouvement le fading du sujet. - L'erreur
piagétique (...) est une erreur qui gît dans la notion de ce qu'on appelle
le discours égocentrique de l'enfant, défini comme stade où il manquerait
(...) la réciprocité. La réciprocité est bien loin de l'horizon de ce qui
doit nous nécessiter à ce moment-là, et la notion du discours égocentrique
est un contre-sens. L'enfant (...) ne parle pas pour lui, comme on le dit.
Sans doute, il ne s'adresse pas à l'autre, si on utilise ici la répartition
théorique qu'on nous déduit de la fonction du je et du tu. mais il faut
qu'il y en ait d'autres là [des enfants, par exemple] (...) ils ne
s'adressent pas à tel ou tel, ils parlent, si vous me permettez le mot, à la
cantonade. - Nous retrouvons donc ici la constitution du sujet au champ de
l'Autre - Si on le saisit dans sa naissance au champ de l'Autre, la
caractéristique du sujet de l'ics est d'être, sous le signifiant qui
développe ses réseaux, ses chaîne et son histoire, à une place indéterminée.
1964 - Position de l'inconscient - 840-844 - les deux opérations
fondamentales où il convient de formuler la causation du sujet. Opération
qui s'ordonnent à un rapport circulaire, mais pour autant non-réciproque. La
première, l'aliénation, est le fait du sujet. - Prenons pour origine cette
donnée qu'aucun sujet n'a de raison d'apparaître dans le réel, sauf à ce
qu'il y existe des êtres parlants. - Le registre du signifiant s'institue de
ce qu'un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant. C'est la
structure, rêve, lapsus et mot d'esprit, de toutes les formations de l'ics.
Et c'est aussi celle qui explique la division originaire du sujet. Le
signifiant se produisant au lieu de l'Autre non encore repéré, y fait surgir
le sujet de l'être qui n'a pas encore la parole, mais au prix de le figer.
Ce qu'il y avait là de prêt à parler (...) disparaît de n'être plus qu'un
signifiant. - Que l'Autre soit pour le sujet le lieu de sa cause
signifiante, ne fait ici que motiver la raison pourquoi nul sujet ne peut
être cause de soi. - L'aliénation réside dans le division du sujet que nous
venons de désigner dans sa cause. - cette structure est celle d'un vel
[principe en mathématiques de la réunion] - Cette réunion est telle que le
vel que nous disons d'aliénation n'impose un choix entre ses termes qu'à
éliminer l'un d'entre eux - [style:] "la bourse ou la vie" (...) "la liberté
ou la mort".
AMOUR
1953 - Les écrits techniques de Freud - 130 - [Le transfert] Il ne
s'agit pas de l'amour en tant qu'Eros (...) mais de l'amour-passion (...)
comme une sorte de catastrophe psychologique.
1953 - Les écrits techniques de Freud - 162 - L'amour est un
phénomène qui se passe au niveau de l'imaginaire, et qui provoque une
véritable subduction du symbolique, une sorte de d'annulation, de
perturbation de la fonction d'idéal du moi. - 163 - L'Ich-Ideal , en tant
que parlant, peut venir se situer dans le monde des objets au niveau de l'Ideal-Ich
- Vous pensez bien qu'au moment où cette confusion se produit, il n'y a plus
aucune espèce de régulation possible de l'appareil. Autrement dit, quand on
est amoureux, on est fou - coup de foudre - coïncidence de l'objet avec
l'image fondamentale
1955/56 - Les psychoses - 52/53 - [ Je l'aime. ] - [négation] La
première façon de nier cela, c'est de dire - ce n'est pas moi qui l'aime,
c'est elle , ma conjointe, mon double - le sujet fait porter son message par
un autre [l'alter ego] - qui dans l'intervalle a changé de sexe. - Dans le
délire de JALOUSIE, on trouve au premier plan cette identification à l'autre
avec interversion du signe de sexuation. - La seconde, c'est de dire - ce
n'est pas lui que j'aime, c'est elle . - autre type d'aliénation, non plus
inverti, mais diverti. L'autre auquel s'adresse l'érotomane [EROTOMANIE]
(...) [est un objet très vague et très éloigné] si bien qu'on a pu parler de
lien mystique ou d'amour platonique - Troisième possibilité - je ne l'aime
pas, je le hais . - [comme pour le 2ème cas, l'inversion n'est pas
suffisante, il faut aussi une projection] à savoir - il me hait - Et nous
voilà dans le délire de PERSECUTION. - 54 - C'est une aliénation convertie,
en ce sens que l'amour est devenu la haine. L'altération profonde de tout le
système de l'autre, sa démultiplication, le caractère extensif des
interprétations sur le monde, vous montre ici la perturbation proprement
imaginaire portée à son maximum.
1955/56 - Les psychoses - 287 - pour le psychotique [psychose] une
relation amoureuse est possible qui l'abolit comme sujet, en tant qu'elle
admet une hétérogénéité radicale de l'Autre. Mais cet amour est aussi un
amour mort.
1956/57, La relation d'objet - (8) - ce qui est demandé comme signe
d'amour, n'est jamais que quelque chose qui ne vaut que comme signe ; ou
pour aller encore plus loin, il n'y a pas de plus grand don possible, de
plus grand signe d'amour que le don de ce qu'on n'a pas - ce qui établit la
relation d'amour, c'est que ce don est donné si l'on peut dire pour rien -
Il n'y a en effet dans le don d'amour que quelque chose de donné pour rien,
et qui ne peut être que rien - Autrement dit (...) derrière ce que [l'homme]
donne il y a tout ce qui lui manque - Ce qui fait le don, c'est que le sujet
sacrifie au-delà de ce qu'il a. -
1956/57, La relation d'objet - (8) [Si les croyants aiment un Dieu
qui est censé être plénitude et toute puissance, c'est au contraire parce
que, comme Dora qui aime son père] cet être qui est censé être pensé comme
un être qui est un tout, il lui manque sans aucun doute le principal dans
l'être, c'est-à-dire l'existence - Il n'y a aucune raison d'aimer Dieu, si
ce n'est que peut-être il n'existe pas. [voir applications aux cas Dora et
de l'homosexuelle p.113-115] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - pour qu'il y
ait la possibilité de parler de la relation du comique, il faut que nous
placions cette relation de la demande à sa satisfaction, non plus dans un
moment instantané [ou fulgurant, comme c'est le cas dans le mot d'esprit],
mais dans quelque chose qui lui donne sa stabilité et sa constance, sa voie
dans son rapport à un autre déterminé. - la solution fondamentale [à ce
problème], celle que tous les êtres humains cherchent (...), puisque tout
dépend de l'autre (...) en somme la solution c'est d'avoir un autre tout à
soi. C'est ce qu'on appelle l'amour. - Or le problème de l'autre et de
l'amour est au centre du comique. - [Or] c'est en fin de compte pour revenir
à la jouissance et à la plus élémentaire - [notamment avoir quelqu'un de
disponible] pour les besoins du sexe, et tous les besoins cachés en général.
Voilà ce que vous voyez sur la scène Aristophanesque - La nouvelle comédie
[elle] est quelque chose qui nous montre les gens engagés en général de la
façon la plus fascinée et la plus butée, sur quelque objet métonymique. -
L'amour est un sentiment comique. - toutes les passions s'équivalent, toutes
les passions sont également métonymiques. C'est le principe de la comédie de
les poser comme telles -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 07/05/58 - en accédant à
la place du désir, l'autre ne devient pas du tout comme on nous le dit,
l'objet total, mais le problème est celui-ci : c'est qu'il devient
totalement objet, en tant qu'instrument du désir. C'est bien ce qu'il
devient, et il s'agit de maintenir comme compatible [cela avec la] (...)
position de l'autre en tant qu'Autre, cad en tant que lieu de la parole,
celui auquel s'adresse la demande, (...) celui dont l'irréductibilité
radicale d'autre se manifeste en tant qu'il peut donner l'amour, cad quelque
chose qui est d'autant plus totalement gratuit, qu'il n'y a aucun support de
l'amour, que comme je vous l'ai dit : donner son amour, c'est (...) donner
comme tel rien de ce qu'on a -
1958 - La direction de la cure... - 627 - Le désir est ce qui se
manifeste dans l'intervalle que creuse la demande en deçà d'elle-même, pour
autant que le sujet en articulant la chaîne signifiante, amène au jour le
manque à être avec l'appel d'en recevoir le complément de l'Autre, si
l'Autre, lieu de la parole, est aussi le lieu de ce manque. - ce qui est
ainsi donné à l'Autre de combler et qui est proprement ce qu'il n'a pas,
puisqu'à lui aussi l'être manque, est ce qui s'appelle l'amour, mais c'est
aussi la haine et l'ignorance. - 628 - C'est l'enfant que l'on nourrit avec
le plus d'amour qui refuse la nourriture et joue de son refus comme d'un
désir (anorexie mentale). - En fin de compte, l'enfant en refusant de
satisfaire à la demande de la mère, n'exige-t-il pas que la mère ait un
désir en dehors de lui, parce que c'est là la voie qui lui manque vers le
désir ?
1958/59 - Le désir et son interprétation - 12/11/58 - si en effet le
désir semble entraîner avec soi un certain quantum d'amour, c'est justement
et très précisément, et très souvent d'un amour qui se présente (...) comme
conflictuel -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 07/01/59 - le désir se
trouve au delà de la relation amoureuse de la part de l'homme. J'entends
pour autant que la femme symbolise le phallus, que l'homme y retrouve le
complément de son être - ce que la femme trouve dans l'homme, c'est le
phallus réel, et donc son désir y trouve toujours sa satisfaction. Mais
justement c'est dans la mesure où la satisfaction se produit sur le plan
réel que ce que la femme effectivement aime, et non pas désire, c'est (…)
l'homme en tant qu'il est privé de phallus, en tant précisément que de par
sa nature d'être achevé, d'être parlant, il est châtré.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 153 - L'amour courtois est
en effet une forme exemplaire, un paradigme de sublimation. - 178 - L'objet,
nommément ici l'objet féminin, s'introduit par la porte très singulière de
la privation, de l'inaccessibilité. - 180 - Ce que la création de la poésie
courtoise tend à faire, c'est à situer, à la place de la CHOSE [en cette
époque plutôt rude que courtoise...] (...) un objet que l'appellerai
affolant, un partenaire inhumain.[la Dame] - 182 - Ce qu'il s'agit de
projeter comme tel, c'est une certaine transgression du désir. C'est ici
qu'entre en jeu la fonction éthique de L'ÉROTISME. - [soit sur le plan
sexuel les] techniques de la retenue, de la suspension, de l'amor
interruptus . - Or le paradoxe de ce qu'on peut appeler l'effet de Vorlust ,
des plaisirs préliminaires, c'est justement qu'ils subsistent à l'encontre
de la direction du principe de plaisir. C'est pour autant qu'est soutenu le
plaisir de désirer, cad, en toute rigueur, le plaisir d'éprouver un
déplaisir. - 184 - c'est aussi à la place de la Chose que Breton fait surgir
l'amour fou.
1960-61 - Le Transfert - 24 - 1 La cellule analytique, même
douillette, n'est rien de moins qu'un lit d'amour - 25 - j'entends partir de
l'extrême de ce que suppose le fait de s'isoler avec un autre pour lui
apprendre quoi ? - ce qui lui manque. - Je ne suis là, en fin de compte,
pour son bien, mais pour qu'il aime. Est-ce à dire que je doive lui
apprendre à aimer ? Assurément, il paraît difficile d'en élider la nécessité
-
1960-61 - Le Transfert - 50 - Et cet autre dont vous vous êtes occupé
si mal, est-ce pour en avoir fait, comme on dit, seulement votre objet ?
Plût au ciel que, ces autres, vous les eussiez traités comme des objets,
dont on apprécie le poids, le goût et la substance. Vous seriez aujourd'hui
moins troublés par leur mémoire. Vous leur auriez rendu justice, hommage,
amour. Vous les auriez aimés au moins comme vous-mêmes, à ceci près que vous
vous aimez mal. Mais ce n'est même pas le sort des mals aimés que nous avons
eu en partage. Vous en aurez fait sans doute, comme on dit, des sujets -
comme si c'était là la fin du respect qu'ils méritaient, respect comme on
dit, de leur dignité, respect dû à vos semblables. Je crains que cet emploi
neutralisé de ce terme, nos semblables, soit bien autre chose que ce dont il
s'agit dans la question de l'amour. Ces semblables, je crains que le respect
que vous leur donnez aille trop vite au renvoi à leurs lubies de résistance,
à leurs idées butées, à leur bêtise de naissance - à leurs oignons, quoi.
Qu'ils se débrouillent.
1960/61 - Le Transfert - 173 - cet autre, en tant qu'objet de désir,
est peut-être l'addition d'un tas d'objets partiels, ce qui n'est pas du
tout pareil qu'un objet total. - ce fond que l'on appelle le ça, n'est
peut-être qu'un vaste trophée de tous ces objets. Non, à l'horizon de notre
ascèse à nous, de notre modèle de l'amour, nous avons mis de l'autre. Nous
aimons l'autre pour lui-même. Du moins quand on est arrivé au but et à la
perfection. Le stade génital bénit tout ça. - 174 - nous prenons l'autre
pour un sujet et non pas pour purement et simplement notre objet. -
niaiserie analytique - vocabulaire existentialo-analytique - Je ne sache pas
qu'après avoir donné une connotation si péjorative au fait de considérer
l'autre comme un objet, quelqu'un ait jamais fait la remarque que de le
considérer comme un sujet, ce n'est pas mieux. - si un objet en vaut un
autre, pour le sujet c'est encore bien pire. Car ce n'est pas simplement un
autre sujet qu'il vaut - un sujet, strictement, en est un autre.
1960/61 - Le Transfert - 132 - L'important est que ce soit dans la
perspective du poète tragique que nous soit fait sur l'amour le seul
discours qui soit ouvertement et complètement dérisoire. - 134 - chaque fois
qu'il se manifeste comme amour pur et simple, et non comme amour noir, amour
de jalousie, [l'amour] est irrésistiblement comique. - 138 - [Inversement
c'est Aristophane le comique qui en parle] dans son sens de passion, avec un
accent presque moderne.
1960/61 - Le transfert - 203 - Tout le problème est de s'apercevoir
du rapport qui lie l'Autre auquel est adressée la demande d'amour, à
l'apparition du désir. L'Autre [devient alors] (...) quelque chose qui en
représente, à proprement parler, une déchéance - je veux dire, quelque chose
qui est de la nature de l'objet.
1960/61 - Le Transfert - 394 - ce n'est pas simplement que l'amour
est souvent coupable, c'est qu'on aime pour échapper à la culpabilité. -
l'amour est au fond besoin d'être aimé par celui ou celle-là qui pourrait
vous rendre coupable. - 395 - l'incidence, je ne dis pas de l'idéal du moi,
mais bel et bien du surmoi comme tel -
1960-61 - Le Transfert - 414 - La dimension, la perspective, le
registre de l'amour se développe, se profile, s'inscrit, dans ce que l'on
peut appeler l'inconditionnel de la demande.
1960-61 - Le Transfert - 79 - après toutes les belles choses qu'Agathon
à son tour aura dites de l'amour - D'un seul trait, Socrate sape tout cela à
la base, en ramenant les choses à leur racine, qui est ceci - Amour ? Amour
de quoi ? De l'amour nous passons ainsi au désir, et la caractéristique du
désir, (...) en tant qu'Eros désire, c'est que ce dont il s'agit,
c'est-à-dire ce qu'il est censé porter avec lui, le beau lui-même, il en
manque. - il est identique par lui-même au manque. - 141 - Oui ou non
l'amour est-il amour de quelque chose ou de rien ? - Il ne s'agit pas de
savoir de quoi l'amour descend, de qui, de quel dieu - Non, il s'agit de
savoir, sur le plan de l'interrogation du SIGNIFIANT, de quoi, comme
signifiant, l'amour est le corrélatif. - 142 - [ex.] quand on parle d'un
père, on parle obligatoirement d'un fils. - Nous sommes là sur le terrain
propre de la dialectique socratique, qui consiste à interroger le signifiant
sur la cohérence du signifiant. Là, Socrate est fort. - S'il passe la parole
à Diotime, pourquoi ne serait-ce pas parce que, concernant l'amour, les
choses ne sauraient aller plus loin avec la méthode proprement socratique ?
- 144 - [Diotime] pourquoi pas, la femme qui est en lui? - 147 - Ce qui est
bien joli dans ce mythe, c'est la manière dont l'Aporia engendre Amour avec
Poros. - c'est le masculin qui est désirable, c'est le féminin qui est
actif. - Il est évident qu'il s'agit bien de cela, puisque la pauvre Aporia
par définition et par structure n'a rien à donner, que son manque [son
désir], aporia , constitutif. - 157 - la féminine Aporia, c'est l'erastès ,
la désirante originelle [elle ne peut pas être d'abord désirée puisqu'elle
n'a rien...]
1960-61 - Le Transfert - 53 - ce qui caractérise l'érastès, l'amant
(...) n'est-ce pas essentiellement ce qui lui manque ? [ce qui lui manque
d'abord, c'est bien sûr un savoir sur ce manque, puisqu'il ne sait pas ce
qui lui manque] - Et d'autre part, l'érôménos, l'objet aimé, ne s'est-il pas
toujours situé comme celui qui ne sait pas ce qu'il a, ce qu'il a de caché,
et qui fait son attrait ? - observez qu'il n'y a aucune coincidence. Ce qui
manque à l'un n'est pas ce qu'il y a, caché, dans l'autre [l'inscience : les
inconscients, ça ne communique pas]. C'est là tout le problème de l'amour.
1960-61 - Le Transfert - [métaphore] C'est en tant que la fonction de
l'érastès, de l'aimant, pour autant qu'il est le sujet du manque, vient à la
place, se substitue à la fonction de l'érôménos, l'objet aimé, que se
produit la signification de l'amour. - 67 [et] quand c'est vous qui étiez
d'abord l'éroménos, l'objet aimé, et que soudain vous devenez l'érastès,
celui qui désire. - 68 - Aussi bien cette symétrie n'en est pas une, car en
tant que la main se tend [désirante], c'est vers un objet. La main qui
apparaît de l'autre côté est le miracle [de l'amour] - [il en résulte que
même si l'amour apporte en quelque sorte une "réponse" au DÉSIR, la
structure de l'amour est bien initialement de désir] - 179 - [Dès l'entrée
d'Alcibiade] il va être question de faire l'ÉLOGE, épaïnos , de l'autre, et
c'est précisément en cela, quant au dialogue, que réside le passage de la
métaphore. L'éloge de l'autre se substitue non pas à l'éloge de l'amour,
mais à l'amour lui-même [faire l'éloge c'est faire l'amour, c'est déjà
aimer] - 183 - le fait que Socrate se refuse à entrer lui-même dans le jeu
de l'amour est étroitement lié à ceci (...) que, pour lui, il n'y a rien en
lui qui soit aimable. Son essence est ce vide, ce creux - [au contraire d'Agathon
qui, lui, est "plein"... comme un
œuf] A savoir que, sauf
concernant les choses de l'amour, il ne sait rien. - 190 - [Accessoirement -
et c'est là qu'il faut
interpréter - Alcibiade s'est tourné vers Agathon et le met en garde contre
Socrate ; mais l'on voit que tel est le but, depuis le départ, d'Alcibiade :
draguer Agathon ; il aura fallu pour cela que Socrate fasse l'éloge d'Agathon
- c'est cela le "désir de l'analyste" - afin de] faire passer [c'est cela le
transfert], moi Socrate, l'image de toi aimant, c'est par là que tu vas
entrer dans la voie des identifications supérieures que trace le chemin de
la beauté. Ce serait oublier que] le désir dans sa racine et son essence,
c'est le désir de l'Autre, et c'est ici à proprement parler qu'est le
ressort de la naissance de l'amour, si l'amour, c'est ce qui se passe dans
cet objet vers lequel nous tendons la main par notre propre désir, et qui,
au moment où notre désir fait éclater son incendie, nous laisse apparaître
un instant cette réponse, cette autre main qui se tend vers nous comme son
désir.
1960-61 - Le Transfert - 46 - Il y a deux choses dans mon discours
passé que j'ai notées concernant l'amour, et je vous les rappelle. La
première est que l'amour est un sentiment comique [le tragique renverrai à
une conception de l'amour divin, plato et néoplatonicien]. - La seconde
(...) c'est que l'amour, c'est de donner ce qu'on a pas. [exit la
complémentarité] - l'amour grec nous permet de dégager dans la relation de
l'amour les deux partenaires au neutre. Il s'agit de ce quelque chose de pur
qui s'exprime naturellement au genre masculin - saisir le moment de bascule,
de retournement où de la conjonction du désir avec son objet en tant
qu'inadéquat, doit surgir cette signification qui s'appelle l'amour -
[l'amour surgit comme signification parce qu'il est transfert de a à z, cad
comme métaphore, simple 'transport' ou substitut de ce qu'il en est
réellement du désir et qui ne peut qu'échouer à son objet] -
1960-61 - Le Transfert - 71 - [le discours de PAUSANIAS ou "psychologie du
riche"] c'est sur le plan (...) d'une acquisition, d'un profit, d'un
acquérir d'une possession, que se produira la rencontre de ce couple, qui va
articuler à jamais cet amour dit supérieur [destiné à s'"enrichir"
mutuellement], cet amour qui, même quand nous aurons changé les partenaires,
s'appellera pour la suite des siècles l'amour PLATONIQUE. - 72 - Le riche
existait avant le bourgeois - à savoir la dépense de luxe - la psychologie
du riche repose tout entière sur ceci, que ce dont il s'agit dans son
rapport avec l'autre, c'est de la valeur.
1961/62 - L'identification - 21/02/62 - Le sujet dont il s'agit,
celui dont nous suivons la trace est le sujet du désir et non pas le sujet
de l'amour pour la simple raison qu'on n'est pas sujet de l'amour : on est
ordinairement, on est normalement sa victime, c'est tout à fait différent.
En d'autres termes, l'amour est une force naturelle - L'amour, c'est une
réalité, c'est pour cela que je vous dis "les dieux sont réels". L'Amour,
c'est Aphrodite qui frappe. On le savait très bien dans l'Antiquité. Cela
n'étonnait personne.
1962/63 - L'angoisse - 21/11/61 - je t'identifie, toi à qui je parle,
toi-même, à l'objet qui te manque à toi-même, c'est-à-dire que par ce
circuit où je suis obligé pour atteindre l'objet de mon désir, j'accomplis
justement pour lui [toi] ce qu'il cherche. - 13/03/63 - seul l'amour permet
à la jouissance de condescendre au désir - l'amour est la SUBLIMATION du
désir -
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - ce qu'il [l'obsessionnel] entend
qu'on aime, c'est de lui, une certaine image. Cette image, il la donne à
l'autre et tellement qu'il s'imagine que, si cette image venait à faire
défaut, l'autre ne saurait plus à quoi se raccrocher. C'est le fondement de
ce que j'ai appelé ailleurs, la dimension altruiste de cet amour mythique
fondé sur une mythique oblativité.
1964 - Les quatre concepts… - 228 - Le Transfert est impensable,
sinon à prendre son départ dans le SSS. - [Celui-ci] Il est supposé savoir
ce à quoi nul ne saurait échapper, dès lors qu'il la formule - (...) la
signification. - le sujet est supposé savoir, de seulement être sujet du
désir. Or, que se passe--til ? Il se passe ce qu'on appelle (...) effet de
transfert. Cet effet est d'amour. - comme tout amour, il n'est repérable
(...) que dans le champ du narcissisme. Aimer, c'est essentiellement vouloir
être aimé. - 229 - sa fonction de tromperie. L'amour, sans doute, est un
effet de T, mais c'en est la face de RESISTANCE. Nous sommes liés à attendre
cet effet de T pour pouvoir interpréter, et en même temps, nous savons qu'il
ferme le sujet à l'effet de notre interprétation. - l'effet d'aliénation
(...) est ici absolument manifeste. - Cela veut dire que le T n'est pas, de
sa nature, l'ombre de quelque chose qui eût été auparavant vécu. Bien au
contraire, le sujet, en tant qu'assujetti au désir de l'analyste, désire le
tromper de cet assujettissement, en se faisant aimer de lui - C'est
pourquoi, derrière l'amour dit de T, nous pouvons dire que ce qu'il y a,
c'est l'affirmation du lien du désir de l'analyste au désir du patient.
ANALITE
1960/61 - Le Transfert - 241 - C'est d'une discipline du besoin qu'il
s'agit - C'est ce mouvement qui, si je puis dire, légitime le besoin comme
don à la mère - 256 - ce que le sujet peut donner est exactement lié à ce
qu'il peut retenir - 241 - je vous ai fait remarquer que le terme même
d'oblativité est un fantasme d'obsessionnel. Tout pour l'autre dit
l'obsessionnel, et c'est bien ce qu'il fait, car étant dans le perpétuel
vertige de la destruction de l'autre, il n'en fait jamais assez pour que
l'autre se maintienne dans l'existence. Nous en voyons ici la racine. Le
stade anal se caractérise en ceci, que le sujet ne satisfait un besoin que
pour la satisfaction d'un autre. - 242 - Remarquez-en la conséquence - la
marge de la place qui reste au sujet, autrement dit le désir, vient dans
cette situation à être symbolisée par ce qui est emporté dans l'opération.
Le désir, littéralement, s'en va aux chiottes. La symbolisation du sujet
comme ce qui s'en va dans le pot ou dans le trou, nous la rencontrons dans
l'expérience, comme liée le plus profondément à la position du désir anal.
244 - fantasme fondamental de l'obsessionnel - C'est sur le fondement [c'est
le caca de le dire] de sa propre élimination qu'il fonde tout ce fantasme. -
242 - C'est dans la relation anale que l'autre comme tel prend pleinement
dominance. Et c'est justement ce qui fait que le sexuel se manifeste dans le
registre propre à ce stade. Nous pouvons l'entrevoir, à rappeler son
antécédent, qualifié de sadique-oral. Parler de stade sadique-oral, en
effet, c'est rappeler en somme que la vie est en son fond assimilation
dévoratrice comme telle. - 243 - Il y a, au stade anal, comme un reflet de
ce fantasme. L'autre étant posé comme le second terme doit apparaître comme
existence offerte à cette béance. Irons-nous jusqu'à dire que la souffrance
s'y implique ? C'est une souffrance bien particulière. - je dirai qu'il
s'agit d'une souffrance attendue par l'autre. La suspension de l'autre
imaginaire au-dessus du gouffre de la souffrance, est ce qui forme la pointe
et l'axe de l'érotisation sado-masochiste. [D'accord, mais de quelle
béance/souffrance s'agit-il in concreto, si j'ose dire : est-ce de traiter
l'autre "comme une merde" ? ou bien de "lui envoyer sa merde à la figure"
("figure" initialement "explosive" de toute VIOLENCE !) ? et sans doute de
se prendre soi même pour un étron...] C'est dans cette relation que
s'institue au stade anal ce qui n'est plus seulement le pôle sexuel, mais va
être le partenaire sexuel. - [c'est que] dans le premier mode de son
aperception, l'autre doit être, comme tel, livré à un tiers pour se
constituer comme sexuel - le sexuel reste indéterminé entre ce tiers et cet
autre. - le témoin sujet à ce point pivot du stade anal, est (...) la mère
[il semble bien qu'elle occupe plus exactement les deux rôles, de l'autre et
du tiers, du fait qu'elle soit une demande]
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - l'objet (a) [comme objet anal] se
trouve à être le premier support dans le rapport à l'autre de la
subjectivation - c'est ce qui va l'identifier primordialement au désir de
retenir. La première forme évolutive du désir s'apparente ainsi et comme
telle à l'ordre de l'inhibition.
1962/63 - L'angoisse - 19/06/63 - par rapport à ce stade [1er stade,
oral], au niveau anal, c'est pour la première fois qu'il [le sujet] a
l'occasion de se reconnaître en quelque chose. - ce petit tas de merde, il
est obtenu à la demande, il est admiré : "quel beau caca", mais cette
demande implique aussi du même coup, qu'il soit, si je puis dire, désavoué,
parce que ce beau caca, […c'est pas propre!] - Nous nous trouvons donc bien
là au niveau d'une reconnaissance, ce qui est là dans ce premier rapport
dans la demande de l'autre, c'est à la fois lui et ça ne doit pas être lui -
[cette ambivalence du caractère anal de l'objet le rend d'autant plus apte à
symboliser, plus tard, le phallus]
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - [obsession] cet objet qu'il ne peut
s'empêcher de retenir comme le bien qui le fait valoir et qui n'est, aussi,
de lui, que le déjet, la déjection, voilà les deux faces par où il détermine
le sujet même comme compulsion et comme doute. C'est de cette oscillation
même entre ces deux points extrêmes - c'est en fin de compte entièrement à
la merci de l'autre, ici au sens duel du petit autre, que se trouve le
sujet.
ANALYSANT
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 124 - C'est cette victime
émouvante, évadée (...) c'est à cet être de néant que notre tâche
quotidienne est d'ouvrir à nouveau la voie de son sens - [analyste]
1958 - La direction de la cure... - 617 - Il me demande..., du fait
qu'il parle : sa demande est intransitive, elle n'emporte aucun objet. -
[Même la demande de guérir, d'être analyste, ou autre] peut attendre. Sa
demande présente n'a rien à faire avec cela, ce n'est même pas la sienne,
car après tout, c'est moi qui lui est offert de parler. (Le sujet seul ici
est transitif.) / J'ai réussi en somme ce que dans le champ du commerce
ordinaire, on voudrait pouvoir réaliser aussi aisément : avec de l'offre
j'ai créé la demande.
ANALYSE
1936 - Au-delà du principe de réalité - 81 - Si l'on veut reconnaître
une réalité propre aux réactions psychiques, il ne faut pas commencer par
choisir entre elles, il faut commencer par ne plus choisir. - Ainsi se
constitue ce qu'on peut appeler l'expérience analytique : sa première
condition se formule en une loi de non-omission , (...) incomplète sans la
seconde, ou loi de non-systématisation , qui, posant l'incohérence comme
condition de l'expérience, accorde une présomption de signification à tout
un rebour de la vie mentale - 82 - ces deux lois (...) apparaissent chez
Freud (...) comme loi de s'association libre -
1936 - Au-delà du principe de réalité - 82 - Le donné de cette
expérience est d'abord du langage, un langage c'est-à-dire un signe. - le
langage avant de signifier quelque chose, signifie pour quelqu'un. - 83 -
Par le seul fait qu'il [l'analyste] est présent et qu'il écoute, cet homme
qui parle s'adresse à lui, et puisqu'il impose à son discours de ne rien
vouloir dire, il y reste ce que cet homme veut lui dire . - Il [l'analyste]
y reconnaît alors une intention, parmi celles qui représentent une certaine
tension du rapport social - Cette intention (...) est exprimée, mais
incomprise du sujet, dans ce que le discours rapporte du vécu, et ceci aussi
loin que le sujet assume l'anonymat moral de l'expression : c'est la forme
du symbolisme ; [ou bien] elle est conçue, mais niée par le sujet, dans ce
que le discours affirme du vécu, et ceci aussi loin que le sujet systématise
sa conception : c'est la forme de la dénégation. Ainsi l'intention
s'avère-t-elle, dans l'expérience, inconsciente en tant qu'exprimée,
consciente en tant que réprimée. [suite à Image] -
1936 - Au-delà du principe de réalité - 83 - Mais poursuivons la
décomposition de l'expérience. L'auditeur y entre donc en situation
d'interlocuteur . Ce rôle [pourtant] (…) le psychanalyste s'y refuse
patiemment. - 84 - Mais dans sa réaction même au refus de l'auditeur, le
sujet va trahir l'image qu'il lui substitue. Par son imploration, par ses
imprécations, par ses insinuations, par ses provocations et par ses ruses,
par les fluctuations de l'intention dont il le vise et que l'analyste
enregistre, immobile mais non impassible, il lui communique le dessin de
cette image. - 85 - Dès lors, en effet, l'analyste agit en sorte que le
sujet prenne conscience de l'unité de l'image qui se réfracte en lui - Il
opère sur les deux registres de l'élucidation intellectuelle par
l'interprétation , de la manœuvre affective par le transfert - Travail
d'illusionniste, nous dirait-on, s'il n'avait justement pour fruit de
résoudre une illusion. - un double mouvement par où l'image , d'abord
diffuse et brisée, est régressivement assimilée au réel, pour être
progressivement désassimilée du réel, c'est-à-dire restaurée dans sa réalité
propre. -
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 106 - Thèse III : Les ressorts
d'agressivité décident des raisons qui motivent la technique de l'analyse. -
107 - c'est la participation à son mal que le malade attend de nous. -
[Mais] Seuls les saints sont assez détachés de la plus profonde des passions
communes pour éviter les contrecoups agressifs de la charité. - Nous devons
pourtant mettre en jeu l'agressivité du sujet à notre endroit, puisque ces
intentions, on le sait, forment le transfert négatif qui est le nœud
inaugural du drame analytique. Ce transfert représente chez le patient le
tranfert imaginaire sur notre personne d'une des imagos plus ou moins
archaïques - 108 - Loin de l'attaquer de front, la maïeutique analytique
adopte un détour qui revient en somme à induire dans le sujet une paranoIa
dirigée - opérer la projection de ce que Mélanie Klein appelle les mauvais
objets internes , mécanisme paranoïaque certes, mais ici bien systématisé,
filtré en quelque sorte et étanché à mesure. - Encore, répétons-le, cette
imago ne se révèle-t-elle que pour autant que notre attitude offre au sujet
le miroir pur d'une surface sans accidents.
1953 - Le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel - [RSI] Voilà comment
une analyse pourrait, très schématiquement, s'inscrire depuis son début
jusqu'à la fin [voir schéma p.14 du dialogue] - [1) rS : réaliser
(illusoirement) le symbole, en la personne de l'analyste. 2) rI :
réalisation de l'image, cad instauration du narcissisme comme résistance.
3) iI : imagination/image, ou captation de l'image (cf. éthologie) "C'est la
partie propre de l'analyse, c'est ce qu'on appelle (à tort) "la
communication des ics. L'analyste doit être capable de comprendre le jeu que
joue son sujet. Il doit comprendre qu'il est lui-même l'épinoche mâle ou
femelle, selon la danse que mène son sujet". 4) iR : "i est transformé en R
/ C'est la phase de résistance, de transfert négatif". 5) iS : l'imagination
du symbole : par exemple le rêve "est une image symbolisée". 6) sS : la
"symbolisation du symbole" - "C'est l'analyste qui doit faire ça. [En
fonction de ce qu'il est] Il n'a pas de peine : il est déjà lui-même un
symbole. Il est préférable qu'il le fasse avec complétude, culture et
intelligence. [Cad soit cultivé ] 7) SI : "commence l'élucidation du
symptôme par l'interprétation". 8) SR : " qui est, en somme, le but de toute
santé, qui est non pas (comme on le croit) de s'adapter à un réel plus ou
moins bien défini, ou bien organisé, mais de faire reconnaître sa propre
réalité, autrement dit son propre désir. Comme je l'ai maintes fois
souligné, le faire reconnaître par ses semblables ; cad de le symboliser. 9)
rR. - "Le rR est son travail [à l'analyste], improprement désigné sous le
terme de cette fameuse "neutralité bienveillante" dont on parle à tort et à
travers, et qui veut tout simplement dire que, pour un analyste, toutes les
réalités, en somme, sont équivalentes ; que toutes sont des réalités. Ceci
part de l'idée que tout ce qui est RÉEL est rationnel, et inversement." 10)
rS : retour à la case départ. - si l'analyste est humainement valable, ça ne
peut être que circulaire. Et une analyse peut comprendre plusieurs fois ce
cycle.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 195 - [l'argent] par où la
réalité intervient dans l'analyse - [quant à sa valeur symbolique : cf. le]
lien de la parole au don constituant de l'échange primitif.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 128 - Ainsi c'est une
ponctuation heureuse qui donne son sens au discours du sujet. C'est pourquoi
la suspension de la séance dont la technique actuelle fait une halte
purement chronométrique et comme telle indifférente à la trame du discours,
y joue le rôle d'une scansion qui a toute la valeur d'une intervention pour
précipiter les moments concluants. - 197 - Témoin pris à partie de la
sincérité du sujet, dépositaire du procès-verbal de son discours, référence
de son exactitude, garant de sa droiture, gardien de son testament,
tabellion de ses codicilles, l'analyste participe du scribe. Mais il reste
le maître de la verite [parole] dont ce discours est le progrès. C'est lui,
avant tout, qui en ponctue, avons-nous dit, la dialectique. - La suspension
de la séance ne peut pas ne pas être éprouvée par le sujet comme une
ponctuation dans son progrès. Nous savons comment il en calcule l'échéance
pour l'articuler à ses propres délais, voire à ses échappatoires, comment il
l'anticipe en le soupesant à la façon d'une arme, en la guettant comme un
abri. - la ponctuation posée fixe le sens -
1953 - Les écrits techniques de Freud - dans l'analyse (...) ça va
dans le bon ordre - de l'avenir au passé. Vous pourriez croire que vous êtes
en train de chercher le passé du malade dans une poubelle, alors qu'au
contraire, c'est en fonction du fait que le malade a un avenir que vous
pouvez aller dans le sens régressif. - 181 - Et alors, comment expliquer le
retour du refoulé? Si paradoxal que ce soit, il n'y a qu'une façon de le
faire - ça ne vient pas du passé, mais de l'avenir. - 182 - ce que nous
voyons sous le retour du REFOULE est le signal effacé de quelque chose qui
ne prendra sa valeur que dans le futur, par sa réalisation symbolique, son
intégration à l'histoire du sujet. Littéralement, ce ne sera jamais qu'une
chose qui, à un moment donné d'accomplissement, aura été .
1953 - Fonction et champ de la parole… - 193 - [sa] durée ne peut être
anticipée pour le sujet que comme indéfinie. - ´[1] nous ne pouvons prévoir
du sujet quel sera son temps pour comprendre - 194 - [2] la fixation d'un
terme équivaut à une projection spatialisante, où il [le sujet] se trouve
d'ors et déjà aliéné en lui-même -
1953 - Fonction et champ de la parole… - 186 - Pour savoir comment
répondre au sujet dans l'analyse, la méthode est de reconnaître d'abord la
place où est son ego , [moi] cet ego que Freud lui-même a défini comme ego
formé d'un nucleus verbal, autrement dit de savoir par qui et pour qui le
sujet pose sa question . Tant qu'on ne le saura pas, on risquera le
contresens sur le désir qui y est à reconnaître et sur l'objet à qui
s'adresse ce désir.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 123 - la psychanalyse n'a
qu'un médium : la parole du patient. L'évidence du fait n'excuse pas qu'on
le néglige. Or toute parole appelle réponse. - même si elle ne rencontre que
le silence, pourvu qu'elle ait un auditeur, et (...) c'est là le cœur de sa
fonction en psychanalyse. - 135 - quand le sujet s'engage dans l'analyse, il
accepte une position plus constituante en elle-même que toutes les consignes
dont il se laisse plus ou moins leurrer : celle de l'interlocution -- 146 -
dès que l'analyse est engagée dans la voie du transfert (...) chaque rêve du
patient s'interprète comme provocation, aveu larvé ou diversion, par sa
relation au discours analytique, et qu'à mesure du progrès de l'analyse, ils
se réduisent toujours plus à la fonction d'élements du dialogue qui s'y
réduisent - 184 - L'analyse ne peut avoir pour but que l'avènement d'une
parole vraie et la réalisation par le sujet de son histoire dans sa relation
à un futur.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 18 - Le progrès de Freud,
sa découverte, est dans la façon de prendre un cas dans sa singularité . -
la dimension propre de l'analyse, c'est la réintégration par le sujet de son
histoire - 19 - L'histoire est le passé pour autant qu'il est historisé dans
le présent - 20 - en fin de compte, ce dont il s'agit, c'est moins de se
souvenir que de réécrire [reconstruire] l'histoire. - 29 - L'analyse est une
expérience du particulier.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 312 - [voir schéma]
[sujet]
1954 - Introduction et réponse au commentaire de Jean Hyppolite... -
373 (Note 1) Le sujet (...) commence l'analyse en parlant de lui sans vous
parler à vous, ou en parlant à vous sans parler de lui. Quand il pourra vous
parler de lui, l'analyse sera terminée.
1954 - Introduction et réponse au commentaire de Jean Hyppolite... -
373 - c'est en tant que le sujet arrive à la limite de ce que le moment
permet à son discours d'effectuer de la parole, que se produit (...) la
résistance à la dialectique analytique. Car ce moment et cette limite
s'équilibrent dans l'émergence, hors du discours du sujet, du trait qui peut
le plus particulièrement s'adresser à vous dans ce qu'il est en train de
dire. Et cette conjoncture est promue à la fonction de ponctuation de sa
parole. [D'où l'ineptie de "toute analyse des résistances" si cette
"résistance" est constitutive de l'analyse (elle n'est pas à analyser)] - la
parole du sujet bascule vers la présence de l'auditeur. - [Comme le remarque
Freud : quand le sujet s'interrompt dans son discours, vous pouvez être sûr
qu'une pensée l'occupe qui se rapporte à l'analyste. -
1954 - Réponse au commentaire de Jean Hyppolite... - 398 - analyse
des résistances qui consiste à s'attaquer au monde (aux patterns ) du sujet
pour le remodeler sur celui de l'analyste, au nom de l'analyse des défenses.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 287 - N'y a-t-il pas une
autre conception de l'analyse, qui permette de conclure qu'elle est autre
chose que le remembrement d'une partialisation fondamentale imaginaire du
sujet ? - L'analyse doit viser au passage d'une vraie parole, qui joigne le
sujet à un autre sujet, de l'autre côté du mur du langage. 288 - C'est la
relation dernière du sujet à un Autre véritable, à l'Autre qui donne la
réponse qu'on n'attend pas, qui définit le point terminal de l'analyse. - à
cette seule condition que le moi de l'analyste veuille bien ne pas être là,
à cette seule condition que l'analyste ne soit pas un miroir vivant, mais un
miroir vide
1955 - Intervention après l'exposé de J. Favez-Boutonnier... - Que
celui [le mot] de reconnaissance lui doive lui être substitué [au terme de
"prise de conscience], comment ceci n'est-il pas évident pour tous ceux qui
pratiquent une technique, dont le premier principe est qu'elle ne peut être
exercée par le sujet isolé, mais toujours avec quelqu'un ? -
1955 - La Chose freudienne - 419 - l'objectivation en matière
psychologique est soumise dans son principe à une loi de méconnaissance -
C'est-à-dire que ce n'est pas de lui [l'analysant] que vous avez à lui
parler, car il suffit à cette tâche, et ce faisant, ce n'est même pas à vous
qu'il parle : si c'est à lui que vous avez à parler, c'est littéralement
d'autre chose, c'est-à-dire d'une chose autre que ce dont il s'agit quand il
parle de lui, et qui est la chose qui vous parle, chose qui, quoi qu'il
dise, lui resterait à jamais inaccessible, si d'être une parole qui
s'adresse à vous elle ne pouvait évoquer en vous sa réponse et si, d'en
avoir entendu le message sous cette forme inversée, vous ne pouviez, à le
lui retourner, lui donner la double satisfaction de l'avoir reconnu et de
lui en faire reconnaître la vérité.
1955 - Variantes de la cure-type - 361 - C'est que l'analyse, de
progresser essentiellement dans le non-savoir, se rattache, dans l'histoire
de la science, à son état d'avant sa définition aristotélicienne et qui
s'appelle la dialectique.
1955/56 - Les psychoses - 23 - Authentifier ainsi tout ce qui dans le
sujet est de l'ordre de l'imaginaire [comme étant du réel], c'est à
proprement parler faire de l'analyse l'antichambre de la folie, et nous
n'avons qu'à admirer que cela ne mène pas à une aliénation plus profonde -
sans doute, ce fait indique-t-il assez que, pour être fou, il y faut quelque
prédisposition, sinon quelque condition. - 24 - Ne devient pas fou qui veut
. -
1955/56 - Les psychoses - 167 - les soubassement kleiniens de
l'imaginaire, à savoir le complexe oral - [cela se traduit dans l'analyse
par] une sorte d'incorporation ou dévoration imaginaire, qui ne peut être,
étant donné que la relation analytique est une relation de parole, qu'une
incorporation du discours de l'analyste. - [cf. l'expression "dévorer les
livres..."]
1957 - Intervention après la communication de G. Favez... - La
guérison y a tout de même un caractère de bienfait de surcroît - comme je
l'ai dit au scandale de certaines oreilles - mais le mécanisme n'est pas
orienté vers la guérison comme but.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 16/04/58 - J'appelle ici
symptôme dans son sens le plus général, aussi bien le symptôme morbide que
le rêve - Ce que j'appelle symptôme, c'est ce qui est analysable. - Freud
(...) nous apprend (...) à ce propos que le symptôme parle dans la séance,
le Ça parle dont je vous parle tout le temps - Plus tard il a dit que les
borborgmes de ses patients venaient se faire entendre et parler dans la
séance, et avaient une signification de paroles. - dans les séances, même
les douleurs en tant qu'elles réapparaissent, qu'elles s'accentuent (...)
font partie du discours du sujet, qu'il mesure au ton, à la modulation de
ses sujets - [ceci suppose que 1) tout ce qui (non)dit est parole, 2) ces
paroles sont des symptômes car tout symptôme est parole.]
1958 - La direction de la cure... - 618 - si l'amour, c'est donner ce
qu'on n'a pas, il est bien vrai que le sujet peut attendre qu'on le lui
donne, puisque que le psy n'a rien d'autre à lui donner. Mais même ce rien;
il ne le lui donne pas, et cela vaut mieux : et c'est pourquoi ce rien, on
le lui paie [ARGENT], et largement de préférence, pour bien montrer
qu'autrement [s'il avait quelque chose à donner] cela ne vaudrait pas cher.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/07/59 - notre désir
[d'analyste] doit se limiter à ce vide, à cette place que nous laissons au
sujet pour qu'il s'y situe, à la coupure - la coupure qui est sans doute le
mode le plus efficace de l'intervention, et de l'interprétation
analytique. - dans cette coupure il y a (...) cet objet phallique latent à
tout rapport de demande comme signifiant du désir.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/07/59 - Nous
nourrissons le désir du sujet pour un autre que nous, nous nous trouvons
dans cette situation paradoxale d'être les entremetteurs, les accoucheurs
[cf. Socrate!], ceux qui président à l'avènement du désir.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 04/02/59 - [comme aux
échecs] ce qui se passe c'est la progressive réduction du nombre des
signifiants qui sont dans le coup. - pour qu'on sente bien où est la
position du sujet dans leur intérieur.
1960 - Remarque sur le rapport de Daniel Lagache - 680 (schéma)
[autre]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 351 - la fonction du désir
doit rester dans un rapport fondamental avec la mort. Je pose la question -
la terminaison de l'analyse, la véritable, j'entends celle qui prépare à
devenir analyste, ne doit-elle pas à son terme affronter celui qui la subit
à la réalité de la condition humaine ? - la détresse, où l'homme dans ce
rapport à lui-même qui est sa propre mort - mais au sens où je vous ai
appris à la dédoubler cette année -, n'a à attendre d'aide de personne.
1960-61 - Le Transfert - 20 - l'Intersubjectivité n'est-elle pas ce
qui est le plus étranger à la rencontre analytique ? Y pointerait-elle que
nous nous y dérobons, sûrs qu'il faut l'éviter. - 21 - éviter toute attitude
qui prête à imputation de réconfort, a fortiori de séduction. - 21 - Le
patient lui-même le sait, il l'appelle, il se veut surpris ailleurs.
1960-61 - Le Transfert - 24 - 1 La cellule analytique, même
douillette, n'est rien de moins qu'un lit d'amour - 25 - j'entends partir de
l'extrême de ce que suppose le fait de s'isoler avec un autre pour lui
apprendre quoi ? - ce qui lui manque. - Je ne suis là, en fin de compte,
pour son bien, mais pour qu'il aime. Est-ce à dire que je doive lui
apprendre à aimer ? Assurément, il paraît difficile d'en élider la nécessité
-
1960/61 - Le Transfert - 393 - l'acting out est ce type d'action par
où, à tel moment du traitement (...) le sujet exige une réponse plus juste.
1964 - Les quatre concepts… - 243 - l'opération et la manœuvre du
transfert sont à régler
d'une façon qui maintienne la distance entre le point d'où le sujet se voit
aimable, - et cet autre point où le sujet se voit causé comme manque par
"a", et où "a" vient boucher la béance que constitue la division inaugurale
du sujet. - 244 [cf. schéma] - Toute analyse que l'on doctrine comme devant
se terminer par l'identification à l'analyste révèle (...) que son véritable
moteur est élidé. Il y a un au-delà à cette identification, et cet au-delà
est défini par la rapport et la distance de l'objet petit "a" au grand I
idéalisant de l'identification. - Freud donne ainsi son statut à l'hypnose
en superposant à la même place l'objet "a" comme tel et ce repérage
signifiant qui s'appelle l'idéal du moi. - 245 - l'objet y est (...) le
regard de l'hypnotiseur. - [D'une façon générale, cf. ] la fonction du regard,
de ses relations fondamentales à la tache, du fait qu'il y a déjà dans le
monde quelque chose qui regarde avant qu'il y ait une vue pour le voir -
Vous saisissez du même coup la fonction du regard dans l'hypnose, qui peut
être remplie en somme par un bouchon de cristal, ou n'importe quoi, pour peu
que ça brille. Définir l'hypnose par la confusion, en un point, de
signifiant idéal où se repère le sujet avec le "a", c'est la définition
structurale la plus assurée qui ait été avancée. Or, qui ne sait que c'est
en se distinguant de l'hypnose que l'analyse s'est instituée ? car le
ressort fondamental de l'opération analytique, c'est le maintien de la
distance entre le I et le "a". si le T est ce qui, de la pulsion, écarte la
demande, le désir de l'analyste est ce qui l'y ramène. Et par cette voie, il
isole le "a", il le met à la plus grande distance possible du I que lui,
l'analyste, est appelé par le sujet à incarner. C'est de cette idéalisation
que l'analyste a à déchoir pour être le support de l'"a" séparateur, dans la
mesure où son désir lui permet, dans une hypnose à l'envers, d'incarner,
lui, l'hypnotisé. - C'est au-delà de la fonction du "a" que la courbe [de
l'analyse] se referme - A savoir, après le repérage du sujet par rapport au
"a", l'expérience du fantasme fondamental devient la pulsion. - 246 -
Comment un sujet qui a traversé le fantasme fondamental peut-il vivre la
pulsion ?
ANALYSTE
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 124 - C'est cette victime
émouvante, évadée (...) c'est à cet être de néant que notre tâche
quotidienne est d'ouvrir à nouveau la voie de son sens - [l'analysant]
1951 - Intervention sur le transfert - 226 - notre rôle [d'analyste]
: un non-agir positif en vue de l'orthodramatisation de la subjectivité du
patient.[transfert]
1953 - Fonction et champ de la parole… - 193 - l'abstention de
l'analyste, son refus de répondre, est un élément de la réalité dans
l'analyse. Plus exactement, c'est dans cette négativité en tant qu'elle est
pure, cad détachée de tout motif particulier, que réside la jointure entre
le symbolique et le réel. - Il reste que cette abstention n'est pas soutenue
indéfiniment ; quand la question du sujet a pris forme de vraie parole, nous
la sanctionnons de notre réponse, mais aussi avons-nous montré qu'une vraie
parole contient déjà sa réponse et que seulement nous doublons de notre lai
son antenne. Qu'est-ce à dire ? Sinon que nous ne faisons rien que donner à
la parole du sujet sa ponctuation dialectique.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 266 - la résistance,
c'est l'état actuel d'une interprétation du sujet. - un point idéal
abstrait. - C'est vous qui appelez ça résistance [effectivement : "ça
résiste", ça ne va pas tout seul]. Ça veut simplement dire qu'il ne peut pas
avancer plus vite, et vous n'avez rien à dire à ça. - 267 - [il y a donc une
contradiction à poser cette résistance comme un point mort par rapport à une
force, et ensuite demander sa suppression ("liquider" comme on dit). - Il
n'y a qu'une seule résistance, c'est la résistance de l'analyste. L'analyste
résiste quand il ne comprend pas à quoi il a affaire. Il ne comprend pas à
quoi il a affaire quand il croit qu'interpréter, c'est montrer au sujet ce
qu'il désire, c'est tel objet sexuel. Il se trompe. -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud… - 373 - L'analyste
participe de la nature radicale de l'Autre, en tant qu'il est ce qu'il y a
de plus difficilement accessible. - ce qui s'appelle transfert se passe très
exactement entre A et m , pour autant que le a , représenté par l'analyste,
fait défaut. - 288 - C'est la relation dernière du sujet à un Autre
véritable, à l'Autre qui donne la réponse qu'on n'attend pas, qui définit le
point terminal de l'analyse. - à cette seule condition que le moi de
l'analyste veuille bien ne pas être là, à cette seule condition que
l'analyste ne soit pas un miroir vivant, mais un miroir vide
1955 - Variantes de la cure-type - 349 - Ce que le psychanalyste doit
savoir : ignorer ce qu'il sait. - 358 - reconnaître en son savoir le
symptôme de son ignorance - [cad savoir=] censure de la vérité - Le fruit
positif de la révélation de l'ignorance est le non-savoir, qui n'est pas une
négation du savoir, mais sa forme la plus élaborée.
1955 - La Chose freudienne - 425 - [dans l'analyse américaine] il n'y
a pas d'autre discrimination de la partie saine du moi du sujet que son
accord avec votre optique [de psychanalyste] qui, pour être supposée saine,
devient ici la mesure des choses, de même qu'il n'y a pas d'autre critère de
guérison que l'adoption complète [par identification au moi de l'analyste]
par le sujet de cette mesure qui est la vôtre -
1955 - La Chose freudienne - 430 - Dans cette partie à quatre,
l'analyste agira qur les résistances significatives qui lestent, freinent et
dévient la parole, en apportant lui-même dans le quatuor le signe primordial
de l'exclusion connotant l'ou bien - ou bien - de la présence ou de
l'absence, qui dégage formellement la mort incluse dans la Bildung
narcissique. - Ceci veut dire que l'analyste intervient concrètement dans la
dialectique de l'analyse en faisant le mort, en cadavérisant sa position
comme disent les Chinois, soit par son silence là où il l'autre avec un
grand A, soit en annulant sa propre résistance là où il l'autre avec un
petit a . Dans les deux cas et sous les incidences respectives du symbolique
et de l'imaginaire, il présentifie la mort.
1955/56 - Les psychoses - 182 - [l'analyste] il est quelque part en
A. [Autre] Du moins il doit y être. S'il entre dans le couplage de la
résistance, ce qu'on lui apprend justement à ne pas faire, alors il parle
depuis a' , et c'est dans le sujet qu'il se verra. - Il s'agit pour lui
(...) d'être assez mort pour ne pas être pris dans la relation imaginaire, à
l'intérieur de laquelle il est toujours sollicité d'intervenir, et de
permettre la progressive migration de l'image du sujet vers le S, la chose à
révéler, la chose qui n'a pas de nom, qui ne peut trouver son nom que pour
autant que le circuit s'achèvera directement de S vers A.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - Quand il
[l'acting-out] se produit dans une analyse, il est toujours adressé à
l'analyste, et à l'analyste en tant qu'en somme il n'est pas trop mal placé,
mais qu'il n'est pas non plus tout à fait à sa place.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 87 - ce das Ding est
justement au centre au sens où il est exclu. - cet Autre préhistorique
impossible à oublier [chose]
1960/61 - Le transfert - 368 - La nécessité où nous sommes de
répondre au transfert intéresse-t-il notre être [d'analyste], où s'agit-il
simplement de définir une conduite à tenir, un handling (...), un how to ,
une comment faire ? cela intéresse notre être. Ne vous y trompez pas, cette
espèce de remarque massive me paraît tout ce qu'il y a de plus heurtant,
dans la mesure précisément où elle dit quelque chose de juste, et où elle le
dit d'une façon qui ferme tout de suite la porte. Elle est bien faite pour
me mettre en boule. - l'analyste joue son rôle transférentiel précisément
dans la mesure où il est pour le malade ce qu'il n'est pas sur le plan de ce
qu'on peut appeler la réalité. C'est ce qui nous permet (...) de faire
apercevoir au malade à quel point il est loin du réel, à cause de ce qu'il
produit de fictif à l'aide du transfert.
1960/61 - Le Transfert - 23 - [beau] Que les analystes eux-mêmes -
j'espère qu'ici, personne ne se sentira visé - ne se recommandent pas par un
agrément corporel, c'est en quoi la laideur socratique donne son plus noble
antécédent, en même temps, d'ailleurs, qu'elle nous rappelle que ce n'est
pas du tout un obstacle à l'amour. - [Socrate, l'analyste] franchement, il
porte toutes les marques de l'intouchable. - En somme l'analyse est la seule
praxis où le charme soit un inconvénient. Il romprait le charme. Qui donc a
entendu parler d'un analyste de charme ? -
1960/61 - Le Transfert - 128 - [la place de l'analyste] se définit
comme celle qu'il doit offrir vacante au désir du patient pour qu'il se
réalise comme désir de l'Autre. - 220 - si l'analyste réalise comme l'image
populaire, ou aussi bien l'image déontologique, de l'apathie, c'est dans la
mesure où il est possédé d'un désir plus fort que les désirs dont il
pourrait s'agir [dans le contre-transfert], à savoir d'en venir au fait avec
son patient, de le prendre dans ses bras, ou de la passer par la fenêtre. -
314 - Le désir ne peut se situer (...) que dans cette aliénation foncière,
qui n'est pas simplement liée à la lutte de l'homme avec l'homme, mais au
rapport avec le langage. Le désir de l'Autre - ce génitif est à la fois
subjectif et objectif. Désir à la place où est l'Autre, désir pour pouvoir
être à cette place - et désir de quelque altérité. - 315 - Pour satisfaire à
la recherche de l'objectif, à savoir ce que désire cet autre qui vient nous
trouver, il faut que nous nous prêtions à la fonction du subjectif, qu'en
quelque manière nous puissions, pour un temps, représenter, non point (...)
l'objet que vise le désir, mais le signifiant [phallus]. Ce qui est à la
fois bien moins, mais aussi bien plus. Il faut que nous tenions la place
vide où est appelé ce signifiant qui ne peut être qu'à annuler tous les
autres, ce Phi - il faut savoir remplir sa place, en tant que le sujet doit
pouvoir y repérer le signifiant manquant. - c'est à la place même où nous
sommes supposés savoir que nous sommes appelés à être, et à n'être rien de
plus, rien d'autre, que la présence réelle, et justement en tant qu'elle est
inconsciente. - Nous sommes [en tant qu'analystes] au dernier terme, dans
notre présence, notre propre sujet, au point où il s'évanouit, où il est
barré.
1960-61 - Le Transfert - 216 - [inconscient] c'est à la communication
des ics qu'en fin de compte il faudrait se fier pour que se produisent au
mieux chez l'analyste les aperceptions décisives. - on pourrait même
concevoir un inconscient réserve [dont le sujet averti] (...) par
l'expérience de l'analyse didactique, sache, en quelque sorte, en jouer
comme d'un instrument, comme de la caisse du violon dont par ailleurs il
possède les cordes. Ce n'est tout de même pas d'un ics brut, qu'il s'agit
chez lui, mais d'un ics assoupli, d'un ics plus l'expérience de cet ics. -
Ce n'est pas qu'il soit accessible aux hommes de bonne volonté - il ne l'est
pas. C'est dans des conditions strictement limitées que l'on peut
l'atteindre, par un détour, le détour de l'Autre, qui rend nécessaire
l'analyse, et réduit de façon infrangible les possibilités de l'auto-analyse
- 218 - Toute découverte de son propre ics se présente comme un stade de la
traduction en cours d'un ics qui est d'abord ics de l'Autre.
1960/61 - Le Transfert -460 - Il n'y a pas d'objet qui ait plus de
prix qu'un autre - c'est ici le deuil autour de quoi est centré le désir de
l'analyste. Voyez, au terme du Banquet , sur qui va se porter l'éloge de
Socrate - sur le con des cons, le plus con de tous, et même le seul con
intégral.
1960/61 - Le Transfert - 315 - le fantasme est le seul équivalent de
la découverte personnelle par où il soit possible que le sujet désigne la
place de la réponse, le S(A barré) qu'il attend du TRANSFERT, et que fasse
sens S(A barré). Dans le fantasme, le SUJET se saisit comme défaillant
devant un objet privilégié, qui est dégradation imaginaire de l'Autre en ce
point de défaillance; - il faut que, d'une certaine façon [nous analystes],
nous soyions vraiment ce S barré, que nous soyons au dernier terme celui qui
voit petit a (...), qui peut voir l'objet du désir de l'Autre -
1960/61 - Le Transfert - 388 - On a dit, et très tôt - l'analyste
prend pour l'analysé la place de son idéal du moi. - Cela ne veut pas dire
du tout que cela épuise la question, ni que l'analyste puisse d'aucune façon
s'en satisfaire - 391 - [il faut voir] la communauté analytique en tant que
masse organisée par l'idéal du moi analytique -
1961/62 - L'identification - 09/05/62 - que l'analyste dans sa
fonction ait la place du phallus, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
C'est que le phallus à l'Autre c'est très précisément ce qui incarne, non
pas le désirable, bien que sa fonction soit celle du facteur par quoi quelqu'objet
que ce soit soit introduit à la fonction d'objet du désir, mais celle du
désirant. C'est en tant que l'analyste est la présence support d'un désir
entièrement voilé qu'il est ce "Che Vuoi?" incarné.
1961/62 - L'identification - 27/06/62 - l'impasse de la relation
analytique, et tout spécialement dans la transmission de la vérité
analytique telle qu'elle se fait, l'analyse didactique. C'est qu'il est
impossible d'y introduire la relation au père, qu'on n'est pas le père de
son analysé. J'en ai assez dit et assez fait pour que personne n'ose plus,
au moins dans un entourage voisin du mien, risquer d'avancer qu'on peut en
être la mère. C'est pourtant de cela qu'il s'agit.
ANGOISSE
1956/57 - La relation d'objet (résumé par Pontalis) - Elle surgit
chez Hans quand il peut mesurer toute la différence qu'il y a entre ce
pourquoi il est aimé et son pénis.
1956/57 - La relation d'objet - (1) [L'objet] est si l'on peut dire,
placé sur fond d'angoisse, c'est pour autant que l'objet est instrument à
masquer - L'objet est avant tout un poste avancé contre une peur instituée
qui lui donne son rôle, sa fonction à un moment - [Dans le cas du fétiche,
même si c'est différent] Vous ne pouvez pas ne pas voir qu'ici aussi l'objet
a une certaine fonction de complémentation par rapport à quelque chose qui,
ici, se présente comme un trou, voire comme un abîme dans la réalité -
1956/57 - La relation d'objet - 446 - [Complexe de castration.
L'enfant s'aperçoit de ce qu'il a comme étant] quelque chose de misérable :
il devient dès lors la proie des significations de l'autre [c'est-à-dire
qu'il s'agit d'en répondre, de ce qu'on a, ou plutôt de ce qu'on a pas. D'où
l'angoisse. Cette réponse, c'est dans l'imaginaire qu'elle se trouve, et
c'est le père qui l'apporte (le père de Hans ne l'apporte justement pas) :
par son interdiction.]
1956/57 - La relation d'objet (résumé par Pontalis) - [Pour Hans] Les
chevaux - objet de la phobie - sortent de l'angoisse mais ce qu'ils portent
c'est la peur : ils peuvent mordre, il peuvent tomber. Loin de devoir être
considérée comme un élément primitif, la peur est toujours placée en avant
du point d'angoisse. -
1960/61 - Le Transfert - 419 - [Pour Freud, dans l'angoisse]Le moi
retire l'investissement préconscient (...) de ce qui, dans la pulsion, est
représentant. Ce cher représentant est à refouler. Il se transforme (...) en
déplaisir et Angst . - 420 - si on l'applique à notre propre formulation -
Cela veut dire que l'angoisse se produit quant l'investissement du petit a
est reporté sur le S barré. Seulement le S barré n'est pas quelque chose de
saisissable, et ne peut être conçu que comme une place - ordinairement
occupée par ce qui se produit d'homologique à l'étage inférieur du graphe,
i(a) . - 421 - Disons avec Freud que le signal d'angoisse se produit au
niveau du moi. - 422 - [ou plus exactement] un quelque part que peut occuper
le i(a) - 423 - Si l'intactitude, l'intouchabilité de cette image
[spécialement pour l'obsessionnel] n'était pas soigneusement préservée, ce
qui surgirait serait bel et bien l'angoisse. - Et l'angoisse devant quoi ? -
424 - [devant l'autre] en tant que a , non pas l'image de lui-même, mais
comme l'objet de son désir. - Sans doute l'angoisse se produit-elle
topiquement à la place définie par i(a) (...) mais il n'y a de signal
d'angoisse que pour autant qu'il se rapporte à un objet de désir, en tant
que celui-ci perturbe précisément le moi idéal -
1960/61 - Le Transfert - 424 - Dans (...) la détresse, le sujet est
purement et simplement chaviré, débordé par une situation éruptive à
laquelle il ne peut faire face d'aucune façon. Entre cela et prendre la
fuite (...) il y a une autre solution, et c'est ce que Freud nous pointe en
soulignant dans l'angoisse son caractère d'Erwartung . - Quand nous en
sommes là, l'angoisse est le dernier mode, mode radical, sous lequel le
sujet continue de soutenir, même si c'est d'une façon insoutenable, le
rapport au désir. - 425 - [Alors que dans l'hystérie et l'obsession il faut
en passer par la métaphore de l'autre] au point où le sujet se voit comme
castré, confronté au grand Autre [ainsi M.K. pour Dora, dans la phobie la
place de l'objet visée par l'angoisse est plus nette, si l'on peut dire,
puisque remplie par Grand Phi. Tout ce qui peut métaphoriser le grand Autre,
d'une manière générale, peut aussi communiquer l'angoisse:] - 426 -
L'angoisse à laquelle votre névrosé a affaire, l'angoisse comme énergie, est
une angoisse qu'il a la grande habitude d'aller chercher à la louche, à
droite ou à gauche, chez tel ou tel des grand A auxquels il a affaire. - 428
- le désir présente en lui-même un caractère dangereux, menaçant - [d'où] la
petite levée d'angoisse qui se produit chaque fois qu'il s'agit
véritablement du désir du sujet.
1961/62 - L'identification - 04/04/62 - l'angoisse c'est bête comme
chou. - l'angoisse, c'est la sensation du désir de l'Autre. - Il s'agit à
proprement parler de l'appréhension pure du désir de l'Autre comme tel si
justement je méconnais quoi ? mes insignes : à savoir que moi je suis
affublé de la dépouille du mâle. Je ne sais pas ce que je suis comme objet
pour l'Autre. L'angoisse, dit-on, est un affect sans objet, mais ce manque
d'objet, il faut savoir où il est : il est de mon côté. - Ce que la
configuration ici demande, (...) c'est un médium entre demande et désir. Ce
médium, il a un nom, ça s'appelle le phallus. [c'est] ce qui donne la mesure
de ce champ. - Je ne connais pas le désir de l'Autre : l'angoisse, mais j'en
connais l'instrument : le phallus ; et qui que je sois je suis prié d'en
passer par là et de ne pas faire d'histoires - la femme n'est pas la plus
mal partagée dans cette affaire parce qu'après tout pour elle c'est plus
simple : puisqu'elle ne l'a pas elle n'a qu'à le désirer - Car pour l'homme,
pour que son phallus puisse servir à ce fondement du champ du désir, va-t-il
falloir qu'il le demande pour l'avoir [d'où des déceptions en vue, si le
sujet s'abandonne à la demande] - cette demande n'a à proprement parler pas
de terme - encore qu'il faille, pour introduire, pour instaurer ce champ du
désir, qu'il soit demandé - comme vous le savez il n'est à proprement parler
pas au pouvoir de l'Autre d'en faire le don sur le plan de la demande
1962/63 - L'angoisse - 28/11/62 - Ce qui constitue l'angoisse, c'est
quand quelque chose, un mécanisme, fait apparaître (...) à la place qui
correspond à celle qu'occupe le "a" du désir, quelque chose (...) entendez
n'importe quoi - l'Unbeimlich, c'est ce qui apparaît à cette place. - c'est
le -phi, le quelque chose qui nous rappelle que ce dont tout part c'est de
la castration imaginaire, qu'il n'y a pas (...) d'image du manque. Quand il
apparaît quelque chose là, c'est donc, si je puis m'exprimer ainsi, que le
manque vient à manquer. - 26/03/63 - le (a) prend sa valeur de venir dans le
pot du (moins phi) - que ce vase-là devienne angoissant, pourquoi ? Parce
que ce qui vient à demi remplir le creux constitué de la castration
originelle, c'est ce petit (a) en tant qu'il vient d'ailleurs, qu'il n'est
supporté, constitué que par l'intermédiaire du désir de l'Autre. Et c'est là
que nous retrouvons l'angoisse et la forme ambiguë de ce bord qui, tel qu'il
est fait au niveau de l'autre vase, ne nous permet de distinguer ni
intérieur, ni extérieur. L'angoisse donc vient se constituer (...) dans un
rapport au-delà de ce vide d'un temps premier, si je puis dire, de la
castration. Et c'est pour cela que le sujet n'a qu'un désir quant à cette
castration première, c'est d'y retourner. -- 29/05/63 - le phallus
fonctionne partout, sauf là où on l'attend (...) nommément au stade
phallique - c'est cet évanouissement de la fonction phallique comme telle à
ce niveau où il est attendu pour fonctionner, qui est le principe de
l'angoisse de castration. D'où la notation (moins phi) dénotant cette
carence - 05/06/63 - Que le phallus ne se trouve pas là où on l'attend (...)
à savoir sur le plan de la médiation génitale, voilà ce qui explique que
l'angoisse est la vérité de la sexualité, cad ce qui apparaît chaque fois
que son flux se retire, montre le sable. La castration est le prix à payer
de cette structure, elle se substitue à cette vérité. Mais en fait, ceci est
un jeu illusoire, il n'y a pas de castration parce que (...) il n'y a pas
d'objet à castrer - Le phallus, là où il est attendu comme sexuel,
n'apparaît jamais que comme manque -
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [suite de Autre, plus bas] une voix
(...) s'incorpore - modeler notre vide - [cf. le choffar de la synagogue :]
Il modèle le lieu de notre angoisse mais observons-le seulement après que le
désir de l'autre ait pris forme de commandement. C'est pourquoi il peut
jouer sa fonction éminente à donner à l'angoisse sa résolution qui s'appelle
culpabilité ou pardon
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - l'orgasme [chez l'être humain]
coincide avec la mise hors de combat (...) de l'instrument par la
détumescence - [cf] la première intuition de Freud sur une certaine source
de l'angoisse - le coïtus interruptus [où] (...) l'instrument est mis au
jour dans sa fonction, soudain déchu, de l'accompagnement de l'orgasme, en
tant que l'orgasme est supposé signifier une satisfaction commune. -
l'angoisse est justement provoquée par (...) la mise hors de jeu de l'instrument
dans la jouissance. La subjectivité, si vous voulez, est focalisée sur la
chute du phallus. -
1962/63 - L'angoisse - 27/02/63 - ce qui échappe au masochiste et qui
le met dans le même cas que tous les pervers, c'est qu'il croit, bien sûr,
que ce qu'il cherche, c'est la jouissance de l'autre ; mais justement, parce
qu'il le croit, ce n'est pas cela qu'il cherche. Ce qui lui échappe à lui,
encore que ce soit vérité sensible (...) c'est qu'il cherche l'angoisse de
l'autre.
1962/63 - L'angoisse - 23/01/63 - c'est à savoir entre le sujet et
l'Autre si l'angoisse n'est pas le mode communication si absolu qu'à vrai
dire on peut se demander si l'angoisse n'est pas au sujet et à l'Autre ce
qui est, à proprement parler, commun. - 03/07/63 - Mais ceci [cette
angoisse] en fin de compte n'est lié qu'au niveau où je puis en donner cette
fable exemplaire où l'autre serait un radicalement autre, serait cette mante
religieuse d'un désir vorace -
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - ce caractère d'être sans cause,
mais non pas sans objet - non seulement elle n'est pas sans objet mais elle
désigne très probablement l'objet, si je puis dire, le plus profond, l'objet
dernier, la chose, c'est en ce sens (...) qu'elle est ce qui ne trompe pas.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - cette manifestation de l'angoisse
coincidant avec l'émergence même au monde de celui qui sera le sujet, c'est
le cri : le cri (...) comme rapport non pas originel mais terminal à ce que
nous devons considérer comme étant le cœur même de cet Autre, en tant qu'il
s'achève pour nous à un moment comme notre prochain.
1962/63 - L'angoisse - 27/02/63 - Le désir de l'Autre ne me reconnaît
pas, comme le croit Hegel, ce qui rend la question bien facile. Car s'il me
reconnaît, comme il ne me reconnaîtra jamais suffisamment, je n'ai qu'à user
de la violence. - Il me met en cause, m'interroge à la racine même de mon
désir à moi comme "a", comme cause de ce désir - C'est cette dimension
temporelle qui est l'angoisse, et c'est cette dimension temporelle qui est
celle de l'analyse. C'est parce que le désir de l'analyste suscite en moi
cette dimension de l'attente - Seulement pour cela, il faut savoir ce que
c'est que le désir et voir sa fonction, non pas seulement sur le plan de la
lutte, mais là où Hegel (...) n'a pas voulu aller le chercher, sur le plan
de l'amour. - le désir ne concerne pas l'objet aimé.
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - la véritable substance de
l'angoisse, le "ce qui ne trompe pas", le hors de doute, car ne vous laissez
pas prendre aux apparences, ce n'est pas parce que le lien peut vous
paraître cliniquement sensible bien sûr de l'angoisse au doute, à
l'hésitation, au jeu du ambivalent de l'obsessionnel, que c'est la même
chose. L'angoisse n'est pas le doute ; l'angoisse c'est la cause du doute. -
le doute (...) n'est fait que pour combattre l'angoisse - ce qu'il s'agit
d'éviter, c'est ce qui dans l'angoisse se tient d'affreuse certitude. [voir
tableau p. 83].
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - [Dans l'embarras, il y a un
signifiant en trop]
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - [Dans l'émoi, il y a un signifiant
en moins]
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - [c'est] au niveau du désir scopique,
que si la structure du désir est pour nous, la plus pleinement développée
dans son aliénation fondamentale, c'est là aussi que l'objet (a) est le plus
masqué et avec lui, le sujet qui est quant à l'angoisse le plus sécurisé.
[fantasme]
1962/63 - L'angoisse - 05/12/62 - l'angoisse n'est pas le signal d'un
manque, mais (...) le défaut de cet appui du manque. - ce n'est pas la
nostalgie de ce qu'on appelle le sein maternel qui engendre l'angoisse,
c'est son imminence, c'est tout ce qui nous annonce quelque chose qui nous
permettrait d'entrevoir qu'on va y rentrer. Qu'est-ce qui provoque
l'angoisse ? ce n'est (...) le rythme ni l'alternance de la présence-absence
de la mère. Et ce qui le prouve, c'est que ce jeu présence-absence l'enfant
se complaît à le renouveler - ce rapport est le plus perturbé quand il n'y a
pas de possibilité de manque, quand la mère est tout le temps sur son dos et
spécialement à lui torcher le cul, modèle de la demande -
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - cette angoisse qui est la visée
aveugle du masochiste car son fantasme la lui masque, elle n'en est pas
moins ce que nous pourrions appeler l'angoisse de Dieu - celui pour lequel
est instauré le sacrifice, cad au niveau du père -
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - Un miroir [grand A] ne s'étend pas
à l'infini, un miroir a des limites - on peut voir dans ce miroir à partir
d'un point situé, si l'on peut dire, quelque part dans l'espace du miroir
d'où il n'est pas pour le sujet aperceptible. - Autrement dit (...)
l'angoisse est ancadrée [par le fantasme]. -C'est ce surgissement de l'Heimlich
dans le cadre, qui est le phénomène de l'angoisse. Et c'est pourquoi il est
faux de dire que l'angoisse est sans objet. - 09/01/93 - "elle n'est pas
sans objet" - ce rapport de "n'être pas sans l'avoir" , ne veut pas dire
qu'on sache de quel objet il s'agit. "il n'est pas sans ressources", ça veut
dire justement que ses ressources sont obscures
1962/63 - L'angoisse - 13/03/63 - conjonction de l'orgasme et de
l'angoisse en tant que l'un et l'autre ensemble peuvent être définis par une
situation exemplaire (...) une certaine attente de l'Autre - 15/05/63 -
possibilité de la production d'un orgasme au sommet d'une situation
angoissante - est-ce que ce n'est pas dans la mesure où l'orgasme c'est la
réalisation même de ce que l'angoisse indique - que dans aucun des deux cas
ils [le point de désir et le point d'angoisse] ne coincident.
1963 - Les noms du père - 20/11/63 - L'orgasme est en lui-même
angoisse, pour autant qu'à jamais par une faille centrale le désir est
séparé de la jouissance.
1962/63 - L'angoisse - 29/05/63 - C'est parce que le phallus ne
réalise pas, si ce n'est dans son évanescence, la rencontre des désirs,
qu'il devient le lieu commun de l'angoisse.
1962/63 - L'angoisse - 13/03/63 - c'est bien du côté du réel (...)
que nous avons à chercher de l'angoisse, ce qui ne trompe pas. Ce n'est pas
à dire que le réel épuise la notion de ce que vise l'angoisse. -
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - chez le sadique l'angoisse est
moins cachée - Elle vient en avant dans le fantasme, lequel (...) fait de
l'angoisse de la victime une condition tout à fait exigée. Ce que le sadique
cherche dans l'autre [car] (...) la référence à l'autre comme tel, fait
partie de sa visée (...) quelque chose ["la peau du con" Sade] est cherché
qui est en sorte l'envers du sujet - réaliser la jouissance de DIEU.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - L'angoisse, Freud (...) l'a
désignée comme signal (...) signal articulé de ce qu'il appelle danger - ce
que j'aurai, pour vous, cette année, articulé d'original, c'est la précision
sur ce qu'est ce danger - lié au caractère de cession, du moment constitutif
de l'objet (a).
1963 - Les noms du père - 20/11/63 - ce dont le sujet est dans
l'angoisse affecté, c'est (...) par le désir de l'Autre. Il en est affecté
d'une façon que nous devons dire immédiate, non dialectisable et c'est en
ceci que l'angoisse est, dans l'affect du sujet, ce qui ne trompe pas.
1963 - Les noms du père - 20/11/63 - Dans l'angoisse, l'objet (a)
choit.
ANXIETE
1956 - Le symbolique, l'imaginaire et le réel - Entre les relations
imaginaires et symboliques il y a la distance qui sépare l'anxiété de la
culpabilité. - Dès qu'un tiers est introduit dans la relation narcissique,
apparaît la possibilité d'une médiation [symbolisation] réelle - A ce
moment, un autre registre apparaît, celui de la loi - en d'autres termes, de
la culpabilité.
APHANISIS
1958/59 - Le désir et son interprétation - 04/O2/59 - Jones fait de
l'aphanisis la substance de la crainte de la castration. - C'est [au
contraire] parce qu'il peut y avoir castration, (...) que dans le sujet
s'élabore cette dimension où il peut prendre crainte, alarme, de la
disparition possible, future de son désir. - [cad que la] prise de position
du sujet dans le signifiant implique la perte, le sacrifice d'un de ses
signifiants entre autre -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 10/06/59 - [la structure
du fantasme] il est bien entendu que c'est un temps suspendu - ce n'est pas
en tant qu'aphanisis du désir, c'est en tant qu'à la pointe du désir il y a
aphanisis du sujet -
1964 - Les quatre concepts… - 200 - Ce dont le sujet a à se libérer,
c'est de l'effet aphanisique du signifiant binaire [ce pourquoi le sujet est
représenté par un autre signifiant]
APHASIE
1955/56 - Les psychoses - 249 - opposition entre, d'une part, les
rapports de similarité ou de substitution, ou de choix (...) bref de tout ce
qui est de l'ordre du synonyme, et d'autre part les rapport de contiguïté,
d'alignement, d'articulation signifiante, de coordination syntaxique. Dans
cette perspective, l'opposition classique des aphasies sensorielles et des
aphasies motrices (...) se coordonne - 255 - [Dans la première] il y a là un
trouble de la similarité - le sujet est incapable de la métaphrase, et ce
qu'il a à dire est tout entier dans le domaine de la paraphrase. - [L'autre]
commence par les troubles de l'agrammatisme (...) et va jusqu'à une
réduction extrême du stock verbal - C'est ici essentiellement
l'articulation, la syntaxe du langage, qui, progressivement (...) se
dégrade, au point de les rendre incapables d'articuler dans une phrase
composée ce qu'ils peuvent pourtant correctement nommer. [métaphore,
métonymie]
AUFHEBUNG
1964 - Position de l'inconscient - 837 - les énoncés hégéliens (...)
sont propices à dire toujours Autre-chose. Autre-chose qui en corrige le
lien de synthèse fantasmatique, tout en conservant leur effet de dénoncer
les identifications dans leurs leurres. C'est notre A. à nous, qui
transforme celle de Hegel, son leurre à lui, en une occasion de relever, au
lieu et place des sauts d'un progrès idéal, les avatars d'un manque.
AUTOPUNITION
(PSYCHOSE D')
1932 - Thèse - 275 - L'évolution et le pronostic de la psychose
comportent non la guérison, mais la curabilité . Les guérisons spontanées
sont en effet incontestables. - Mais une condition interne est à la base
première de ces guérisons : c'est la satisfaction de la pulsion
autopunitive. - 276 - la répression pénitentière, appliquée avec le
bénéfice de l'atténuation maximum, nous semble avoir une valeur
thérapeutique égale à la prophylaxie asilaire - 278 - C'est pourquoi il nous
semble que ce type de sujet doit trouver le plus grand bienfait à une
intégration, conforme à ses capacités personnelles, dans une communauté de
nature religieuse. Il y trouvera en outre une satisfaction, soumise à des
règles, de ses tendances autopunitives. - 250 - [suite à son internement,
Aimée] La malade a "réalisé" son châtiment : elle a éprouvé la compagnie où
elle est réduite de délinquants divers, par une brutale prise de contact
avec leurs faits - Ce qu'elle "réalise" encore, c'est qu'elle s'est frappée
elle-même , et paradoxalement c'est alors seulement qu'elle éprouve le
soulagement affectif (pleurs) et la chute brusque du délire
1932 - Thèse - 252 - [paranoïa] Les persécuteurs menacent l'enfant,
"pour punir sa mère", "qui est médisante", "qui ne fait pas ce qu'elle
doit", etc. - 253 - La puissance affective du prototype [de la persécutrice]
est donnée par son existence réelle dans la vie de la malade [ici la sœur
aînée, devenant peu à peu "actrice", "femme du monde", etc] - Mais là éclate
l'identité imaginaire des thèmes de grandeur et des thèmes de persécution :
ce type de femme, c'est exactement ce qu'elle-même rêve de devenir. La même
image qui représente son idéal est aussi l'objet de sa haine. Aimée frappe
donc en sa victime son idéal extériorisé, comme la "passionnelle" frappe
l'objet unique de sa haine et de son amour. Mais l'objet qu'atteint Aimée
n'a qu'une valeur de pure symbole [c'est elle qu'elle devrait frapper], et
elle n'éprouve de son geste aucun soulagement.
AUTRE
1953 - Les écrits techniques de Freud - 100 - l'inconscient est le
discours de l'autre . / Voilà un cas où c'est absolument manifeste. Il n'y a
aucune espèce d'ics dans le sujet. C'est le discours de Mélanie Klein qui
greffe brutalement sur l'inertie moïque initiale de l'enfant les premières
symbolisations de la situation œdipienne.
1954/55 - Le moi dans
la théorie de Freud...
- 284 - [cf. schéma L] S , c'est la lettre S , mais c'est aussi le sujet, le
sujet analytique, cad pas le sujet dans sa totalité. - 285 - C'est le sujet,
non pas dan sa totalité, mais dans son ouverture. Comme d'habitude, il ne
sait pas ce qu'il dit. S'il savait ce qu'il dit, il ne serait pas là. Il est
là, en bas à droite. [En A ?] / Bien entendu, ce n'est pas là qu'il se voit
- cela n'est jamais le cas - même à la fin de l'analyse. Il se voit en a -
notre supposition de base, à nous, analystes - nous croyons qu'il y a
d'autres sujets que nous, qu'il y a des rapports authentiquement
intersubjectifs. - l'intersubjectivité, à savoir que le sujet peut nous
mentir [se diviser]. C'est la preuve décisive. Je ne dis pas que c'est le
seul fondement de la réalité de l'autre sujet, c'est sa preuve. En d'autres
termes, nous nous adressons de fait à des A 1, A 2, qui sont ce que nous ne
sommes pas, de véritables Autres, de vrais sujets. / - 286 - Ils sont de
l'autre côté du mur du langage, là où en principe je ne les atteins jamais.
Fondamentalement, ce sont eux que je vise chaque fois que je prononce une
vraie parole, mais j'atteins toujours a', a"", par réflexion. Je vise
toujours les vrais sujets, et il me faut me contenter des ombres. Le sujet
est séparé des Autres, les vrais, par le mur du langage. - Autrement dit, le
langage est aussi bien fait pour nous fonder dans l'Autre que pour nous
empêcher radicalement de le comprendre. - Le sujet ne sait pas ce qu'il dit,
et pour les meilleures raisons, parce qu'il ne sait pas ce qu'il est. -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud… - 373 - L'analyste
participe de la na |