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Lexique de Lacan

 
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Index de Lacan 1962...

 

 

 

 

Bande de Moebius - Barré - Beau - Besoin - Bien - Bonheur - ça - Castration - Cause - Certitude - Chose - Colère - Comédie - Comique - Communication - Complexe - Connaissance - Conscience - Corps - Coupure - Création - Cri - Crime - Croyance - Culpabilité

 

 

 

BANDE DE MŒBIUS



1962/63 - L'angoisse - 09/01/63 - Qu'est-ce qui fait qu'une image spéculaire est distincte de ce qu'elle représente ? c'est que la droite devient la gauche et inversement. - Une surface à une seule face ne peut pas être retournée. - [Ainsi une bande de Mœbius] si vous en retournez une sur elle-même, elle sera toujours identique à elle-même. C'est ce que j'appelle n'avoir pas d'image spéculaire.




BARRE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - Toute espèce de signifiant est de sa nature quelque chose qui peut être barré. [cf. la fonction du zéro] - pour tout ce qui n'est pas signifiant, cad en particulier à l'occasion pour le réel [dualisme ici réel/signifiant... la barre au milieu], la barre devient un des modes les plus sûrs et les plus courts de son élévation à la dignité de signifiant - [cf. le fantasme de l'enfant battu [avec quelque chose comme une barre = barré = annulé comme sujet ; mais il y a un second temps:] quand il s'agit du sujet lui-même, il devient au contraire le signe qu'il est aimé, lui, le sujet, il accède en effet à l'ordre de l'amour (...) parce qu'il est battu - [ici] le sujet lui-même se trouve élevé à cette dignité de sujet signifiant, (...) il est pris à ce moment là dans on registre positif, dans son registre inaugural.




BEAU



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 279 - le beau a pour effet de suspendre, d'abaisser, de désarmer, dirai-je, le désir. La manifestation du beau intimide, interdit le désir.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 302 - [la limite de la seconde mort] Je vous l'ai déjà produite dans Sade, comme celle qui voudrait traquer la nature dans le principe même de sa puissance formatrice, réglant les alternances de la corruption et de la génération. - une transgression est possible, qu'il appelle le crime. - 303 - par le crime, il est au pouvoir de l'homme de délivrer la nature des chaînes de ses propres lois [cf. l'expression "contre-nature"] - Ce n'est pas pour rien que le crime est pour nous un horizon de notre exploration du désir, et que ce soit à partir d'un crime originel que Freud ait dû tenter de reconstruire la généalogie de la loi. - Dans le scénario sadique typique, la souffrance ne mène pas la victime à ce point qui la disperse, et qui l'anéantit. Il semble au contraire que l'objet des tourments doive conserver la possibilité d'être un support indestructible. - Et c'est en cela que gît la conjonction entre les jeux de la douleur et les phénomènes de la beauté - Je vous le montrerai dans le texte de Sade si manifeste que l'on finit par ne plus le voir. Les victimes sont toujours parées, non seulement de toutes les beautés, mais de la grâce [éternelle] même, qui en est la fleur dernière. - 304 - Les formes qui sont à l'œuvre dans la connaissance, nous dit Kant, sont intéressées dans le phénomène du beau, mais sans que l'objet soit concerné. Ne saisissez-vous pas l'analogie avec le fantasme sadique ? - où l'objet n'est là que comme pouvoir d'une souffrance, qui n'est elle-même que le signifiant d'une limite. La souffrance est là conçue comme une stase qui affirme que ce qui est [existence] ne peut pas rentrer dans le néant d'où il est sorti. C'est bien ici la limite que le christianisme a érigée à la place de tous les autres dieux, sous la forme de cette image exemplaire tirant à elle secrètement tous les fils de notre désir - l'image de la crucifixion.
1960/61 - Le Transfert - 23 - Que les analystes eux-mêmes - j'espère qu'ici, personne ne se sentira visé - ne se recommandent pas par un agrément corporel, c'est en quoi la laideur socratique donne son plus noble antécédent, en même temps, d'ailleurs, qu'elle nous rappelle que ce n'est pas du tout un obstacle à l'amour. - [Socrate, l'analyste] franchement, il porte toutes les marques de l'intouchable. - En somme l'analyse est la seule praxis où le charme soit un inconvénient. Il romprait le charme. Qui donc a entendu parler d'un analyste de charme ? -
1960/61 - Le Transfert - 152 - [Diotime] introduit la thématique de l'amour et du beau. 153 - Le beau est le mode d'une sorte d'accouchement (...) de la pénible menée de tout ce qui est mortel vers ce à quoi il aspire, c'est-à-dire l'immortalité. - 154 - S'il y a deux désirs chez l'homme, qui le captent, d'une part dans le rapport à l'éternité, et d'autre part, dans le rapport de génération, avec la corruption et la destruction qu'il comporte, c'est le désir de mort en tant qu'inapprochable , que le beau est destiné à voiler. - Le désir de beau, désir en tant qu'il s'attache à ce mirage, qu'il y est pris, est ce qui répond à la présence cachée du désir de mort. Le désir du beau, c'est ce qui, inversant cette fonction, fait le sujet choisir sa trace, les appels, de ce que lui offre l'objet, ou certains entre les objets.
1960-61 - Le Transfert - 20 - ce besoin d'en rajouter que j'ai toujours, et qui est à chercher dans mon goût de faire beau. [Lacan]
1963 - Kant avec Sade - 776 - la fonction de la beauté : barrière extrême à interdire l'accès à une horreur fondamentale.




BESOIN



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/02/58 - il n'y a pas d'état originel ni pur du besoin, et que dès l'origine le besoin est motivé sur le plan du désir, cad de quelque chose qui chez l'homme est destiné à avoir un certain rapport avec le signifiant - quelque chose qui a essentiellement un rapport fondamental avec l'absence de cet objet - [le simple fait de la faim chez l'enfant, du besoin de la faim] c'est quelque chose qui se présente déjà avec un caractère d'excès si je puis dire, d'exorbitant, c'est justement ce qu'on a déjà défendu à l'enfant, le rêve de la petite Anna Freud : cerises, fraises, framboises, flan, tout ce qui est déjà entré dans une caractéristique proprement signifiante (...), qui consiste à se présenter sous le mode de festin de choses qui passent les limites justement de ce qui est l'objet naturel de la satisfaction du besoin.




BIEN



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 85 - Eh bien, le pas fait, au niveau du principe du plaisir, par Freud, est de nous montrer que qu'il n'y a pas de Souverain Bien - que le Souverain Bien, qui est das Ding , qui est la mère, l'objet de l'inceste, est un bien interdit, et qu'il n'y a pas d'autre bien. Tel est le fondement, renversé chez Freud, de la loi morale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 270 - Le domaine du bien est la naissance du pouvoir. La notion de la disposition du bien est essentielle (...), la revendication de l'homme parvenu (...) à disposer de lui-même. - disposer de ses biens, c'est avoir le droit d'en priver les autres. - Je veux dire que le pouvoir d'en priver les autres, voilà un lien très fort d'où va surgir l'autre comme tel. - Opposant la privation à la frustration et à la castration, je vous ai dit qu'elle était une fonction instituée comme telle dans le symbolique, en ce sens que rien n'est privé de rien, ce qui n'empêche pas que le bien dont on est privé est tout à fait réel. Mais l'important est de savoir que le privateur est une fonction imaginaire. - 274 - La véritable nature du bien, sa duplicité profonde, tient à ce qu'il n'est pas purement et simplement bien naturel, réponse à un besoin, mais pouvoir possible, puissance de satisfaire ["faire" le bien]. De ce fait, tout le rapport à l'homme avec le réel des biens s'organise par rapport au pouvoir qui est celui de l'autre, l'autre imaginaire, de l'en priver. - nous définirons l'idéal du moi du sujet comme représentant le pouvoir de faire le bien - 275 - quant au moi idéal (...) il représente par lui-même celui qui nous prive.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 46 - [Le bien, et la morale du bien, ne peut pas être du côté de la vraie morale, du côté du principe de réalité:] Pourquoi toujours revenir à ce même thème du plaisir ? A quoi tient l'exigence interne qui conduit l'éthicien à tenter de réduire les antinomies qui s'attachent à ce thème - du fait que le plaisir apparaît le terme opposé à l'effort moral, et qu'il faut pourtant qu'il y trouve la référence dernière [bien = principe de plaisir, irrémédiablement] - 261 - toute méditation sur le bien de l'homme, depuis l'origine de la pensée moraliste (...) s'est faite en fonction de l'index du plaisir - [s'acharnant à distinguer] les vrais et les faux biens que le plaisir indique - [du nouveau avec Freud:] - 262 - Or le nerf du principe de plaisir se situe au niveau de la subjectivité. - la répétition du besoin [par ex., ne joue que comme] (...) besoin de répétition, ou plus exactement de la compulsion de répétition. - 265 - La question du bien est à cheval sur le principe du plaisir et le principe de réalité. - en vérité, nous faisons de la réalité avec du plaisir. Cette notion est essentielle. Elle se résume tout entière dans la notion de praxis (...) en tant qu'elle concerne, d'une part, la dimension éthique (...), d'autre part la fabrication la production ex nihilo -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 276 - Pour nous, dans le discours de la communauté, du bien en général, nous avons affaire aux effets d'un discours de la science où se montre pour la première fois dévoilée la puissance du signifiant comme tel. - une aliénation supplémentaire. - 277 - En quoi ? En ceci que c'est un discours qui, par structure, n'oublie rien. [mathématiques] C'est en cela qu'il se différencie du discours de la mémorisation première qui se poursuit en nous à notre insu, du discours mémorial de l'ics dont le centre est absent, dont la place est située par le il ne savait pas qui est proprement le signe de cette omission fondamentale où le sujet vient se situer.




BONHEUR



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 347 - La psychanalyse fait tourner tout l'accomplissement du bonheur autour de l'acte génital. - Sans doute, dans cet acte, en un seul moment, quelque chose peut-il être atteint par quoi un être pour un autre est à la place vivante et morte à la fois de la Chose. Dans cet acte, et à ce seul moment, il peut simuler avec sa chair l'accomplissement de ce qu'il n'est nulle part.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 338 - C'est du fait de l'entrée du bonheur dans la politique que la question du bonheur n'a pas pour nous de solution aristotélicienne possible - Il ne saurait y avoir de satisfaction d'aucun sans la satisfaction de tous.

 


ÇA



1955 - La Chose freudienne - 416 - "Wo Es war' soll Ich werden." / [sujet] Formule où la structuration signifiante montre assez sa prévalence. - [Ce n'est pas : là où le Ça était, le Moi doit advenir. - 417 - Contrairement à la forme que ne peut éviter la traduction anglaise : "Where the id was, there the ego shall be", freud n'a pas dit : das Es , ni : das Ich , comme il le fait habituellement pour désigner ces instances où il a ordonné alors depuis dix ans sa nouvelle topique - il apparaît ici que c'est au lieu : Wo , où Es , sujet dépourvu d'aucun das ou autre article objectivant, war , était, c'est d'un lieu d'être qu'il s'agit, et qu'en ce lieu : soll , c'est un devoir au sens moral qui là s'annonce (...), Ich , je, là dois-je (comme on annonçait : ce suis-je, avant qu'on dise : c'est moi), werden , devenir, cad non pas survenir, ni même advenir, mais venir au jour de ce lieu même en tant qu'il est lieu d'être. - [C'est donc du sujet qu'il retourne - lequel se "retourne" - dans les deux parties de la phrases :] Ainsi l'c' élidé qui va apparaître (...) nous suggère-t-il la production d'un verbe : s'être, où s'exprimerait le mode de la subjectivité absolue, en tant que Freud l'a proprement découverte dans son excentricité radicale : "là où c'était, peut-on dire, là où s'était, voudrions-nous faire qu'on entendît, c'est mon devoir que je vienne à être." [Et non pas comme dans cette traduction idiote : "le moi doit déloger le ça."]




CASTRATION



1938 - Les complexes familiaux - 60- l'examen de ces fantasmes qu'on trouve dans les rêves et dans certaines impulsions permet d'affirmer qu'ils ne se rapportent à aucun corps réel, mais à un mannequin hétéroclite, à une poupée baroque, à un trophée de membres où il faut reconnaître l'objet narcissique (...) : [dont la genèse est] conditionnée par la précession, chez l'homme, de formes imaginaires du corps sur la maîtrise du corps propre, par la valeur de défense que le sujet donne à ces formes, contre l'angoisse du déchirement vital, fait de la prématuration. Le fantasme de castration (...) représente la défense que le moi narcissique, identifié à son double spéculaire, oppose au renouveau d'angoisse qui, au premier mouvement de l'œdipe, tend à l'ébranler - A l'angoisse réveillée par cet objet, le sujet répond en reproduisant le rejet masochiste par où il a surmonté sa perte primordiale, mais il l'opère selon la structure qu'il a acquise, cad dans une localisation imaginaire [= phallique] de la tendance.
1955/56 - Les psychoses - 199 - [hystérie] Là où il n'y a pas de matériel symbolique, il y a obstacle, défaut, à la réalisation de l'identification essentielle à la réalisation de la sexualité du sujet. - 202 - [Or par ailleurs, c'est bien parce que le symbolique règle tout, mais parce qu'il est également synonyme de castration (incomplétude) que le sujet est amené à se poser la question névrotique (le symbolique est la condition de la névrose) : car malgré la "valeur explicative fondamentale" du signifiant] Il y a tout de même une chose qui échappe à la trame symbolique , c'est la procréation dans sa racine essentielle - qu'un être naisse d'un autre. La procréation est, dans l'ordre symbolique, couverte par l'ordre instauré de cette succession entre les êtres. Mais le fait de leur individuation, le fait qu'un être sorte d'un être, rien ne l'explique dans le symbolique. Tout le symbolique est là pour affirmer que la créature n'engendre pas la créature, que la créature est impensable sans une fondamentale création. [Mais la création - qui va du signifiant à la réalité - est bien, comme telle, de l'ordre du symbolique, c'est pour cela qu'il ne l'explique pas.] - Il y a en effet quelque chose de radicalement inassimilable au signifiant. C'est tout simplement l'existence singulière du sujet. - Le signifiant est incapable de lui donner la réponse, pour la bonne raison qu'il le met justement au-delà de la mort. Le signifiant le considère comme mort. - [Ambiguïté ici entre S (mort/inexistence) et A (mort/existence)] Comme telle, la question de la mort est un autre mode de la création névrotique de la question, son mode obsessionnel. [qu'est-ce qu'une femme, donnant la vie, donnant la mort ?] - 215 - l'hystérie est une question centrée autour d'un signifiant qui reste énigmatique quant à sa signification. La question de la mort [obession], celle de la naissance [hystérie], sont en effet les deux dernières qui n'ont justement pas de solution dans le signifiant. C'est ce qui donne au névrosés leur valeur existentielle. - L'hystérique se la pose de tout son être - comment peut-on ou être mâle ou être femelle ? Ce qui implique bien que l'hystérique en a tout de même la référence - avec son identification fondamentale à l'individu du sexe opposé au sien, par où son propre sexe est interrogé. A la façon hystérique de questionner ou... ou..., s'oppose la réponse de l'obsessionnel, la dénégation, ni...ni..., ni mâle, ni femelle.
1956/57 - La relation d'objet (résumé Par Pontalis) - Ce que le garçon a comme appartenance, il faut qu'il le tienne de quelqu'un d'autre : c'est ce que nous avons appelé la dette symbolique, qui inscrit la castration au cœur de la crise formatrice œdipienne [il s'agit ici du devenir-ce-que-l'on-est]
1956/57 - La relation d'objet (résumé par Pontalis) - [Pour Hans] La guérison survient au moment où s'exprime sous la forme d'une histoire très articulée (fantasme de l'installateur). Tout se passe comme si l'avènement de la castration mettait un terme à la phobie, montrant du même coup à quoi la phobie supplée. On le voit le problème de Hans consisterait à passer d'une appréhension phallique de la relation à la mère à l'appréhension castrée du couple parental. Ce serait un progrès de l'imaginaire vers le symbolique, une organisation de l'imaginaire en MYTHE qui permettrait à Hans de franchir ce passage. - La phobie commence par introduire dans son monde une structure de l'intérieur et de l'extérieur (jusque là il était en quelque sorte à l'intérieur de sa mère [comme phallus intégré]. L'intervention du pénis réel lui commande de changer profondément son mode de relation au monde ; il doit maintenant assumer qu'il y a des sujets privés de phallus, ce qui n'est pas facile -
1956/57 - La relation d'objet - 446 - [Complexe de castration. L'enfant s'aperçoit de ce qu'il a comme étant] quelque chose de misérable : il devient dès lors la proie des significations de l'autre [c'est-à-dire qu'il s'agit d'en répondre, de ce qu'on a, ou plutôt de ce qu'on a pas. D'où l'angoisse. Cette réponse, c'est dans l'imaginaire qu'elle se trouve, et c'est le père qui l'apporte (le père de Hans ne l'apporte justement pas) : par son interdiction.]
1956/57 - La relation d'objet - 472 - [Le cheval c'est d'abord la Mère phallique, dévoreuse, "au trés grand fait pipi", c'est ensuite le père en tant qu'interdicteur. Mais justement, si phobie il y a, c'est que la castration (a priori indépendante de l'interdit) n'a pas eu lieu. Elle n'a pas eu lieu, parce qu'en l'espèce la mère maintient le jeu du leurre, et parce que le père est complice de ce jeu en... ne l'interdisant pas (mais ce n'est que la conséquence de l'absence de désir entre les deux époux). Et alors, l'interdit, soit maintenant la "crainte" de la castration est vécue névrotiquement, soit précisément sous la forme de l'interdit qui n'est que refoulement de la véritable castration dont le sujet ne veut rien savoir. Plutôt l'interdit, plutôt le cheval, ses crocs, et l'angoisse, que de reconnaître l'absence de pénis chez la mère.]
1956/57 - La relation d'objet - 453 - [symbolique] La guérison arrive au moment où s'exprime de la façon la plus claire (...) la castration comme telle, c'est à savoir que "l'installateur" vient, la lui dévisse et lui en donne une autre (...) On remplace ce qui est réel par quelque chose de plus beau, de plus grand - 705 - [antériorité de la castration par la mère] en tant qu'elle implique pour l'enfant la possibilité de la dévoration et de la morsure (...). La castration paternelle en est un substitut [mais extrêment fécond, parce que susceptible d'une suite, d'un développement dialectique : il y a toujours la possibilité de tuer ou d'évirer le PÈRE, tandis que la mère c'est pas possible!] [les fantasmes - en l'absence du rôle du père - de la baignoire et du perçoir sont là pour essayer de dépasser la situation primitive de pure menace de dévoration totale par la mère.]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - le symptôme est toujours surdéterminé. Il n'y a pas de symptôme dont le signifiant ne soit apporté d'une expérience antérieure, précisément (...) au niveau (...) de ce qui est le cœur de tout ce qui est réprimé chez le sujet, à savoir ce complexe de castration, de ce signifiant de A [S(A barré)?] qui est quelque chose qui (...) s'articule dans le complexe de castration - la fameuse scène primitive, qu'est-ce que c'est, si ce n'est précisément quelque chose qui entre dans l'économie du sujet (...) toujours comme un signifiant - l'être vivant saisi comme vivant, en tant que vivant, mais avec cet écart, cette distance [transcendance] qui est justement celle qui constitue cette autonomie de la dimension signifiante, le traumatisme de la scène primitive. - cette vie qui se saisit dans une horrible aperception d'elle-même, dans son étrangeté totale, dans sa brutalité opaque comme pur signifiant - C'est ce qui apparaît de la vie à elle-même comme signifiant à l'état pur, cad comme quelque chose qui ne peut pas encore d'aucune façon se résoudre, s'articuler.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 12/03/58 - ce qui s'articule à la base de cette relation œdipienne [chez la fille], c'est que la femme doit se proposer ou plus exactement s'accepter elle-même comme un élément de ce type des échanges [élémentaires, cf. Lévi-Strauss] - y devenir elle-même cet objet d'échange. - nécessité pour une partie, une moitié effectivement de l'humanité de devenir le signifiant de l'échange. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 26/03/58 - le sens de cette crainte de la castration - [correspond à] un désir du sujet, celui de son intégrité physique - crainte narcissique - nous trouvons [corrélativement] la crainte de l'organe féminin (...) modèle de la disparition de cet organe. - [Chez M. Klein, l'angoisse de l'enfant est de retrouver au fond du vagin, ingurgité, le pénis paternel] - Mais là pour que le dernier pas soit franchi, il faut en somme que l'organe paternel à l'intérieur du sexe maternel, soit constitué comme menaçant - [dans toutes ces théories on voit] le complexe de castration s'isolant en somme, se réduisant à l'isolement d'une pulsion agressive primordiale partielle - [Un indice déjà est le fait que] Ce n'est pas une castration s'adressant aux organes génitaux dans leur ensemble, c'est bien pour cela d'ailleurs que chez la femme elle ne prend pas l'aspect d'une menace contre les organes génitaux féminins, en tant que tels, mais en tant qu'autre chose, justement en tant que le phallus [les seins aussi, par ex.?] - [Chez l'homme également, doit-on y "inclure" les testicules, etc.?] c'est quelque chose qui a un certain rapport avec les organes, mais un certains rapport dont le caractère justement signifiant déjà dès l'origine ne fait pas de doute, et c'est le caractère signifiant qui domine.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - ce qui sert de support à l'action symbolique propre qui s'appelle castration, est une image (...) choisie dans le système imaginaire - quelque chose dans l'image de l'autre est choisi pour porter la marque d'un manque qui est ce manque même par où le vivant s'aperçoit, parce qu'il est humain, cad parce qu'il est en rapport avec le langage, s'aperçoit comme exclu de l'omnitude des désirs, comme quelque chose de limité, de local, comme créature - nous sommes déjà morts par rapport (...) au mouvement lui-même de la vie, qu'à cause du langage nous sommes capables de projeter dans sa totalité, et même plus, dans sa totalité comme parvenue à sa fin. - système signifiant qui lui permet de dominer son immanence de vivant, et de s'apercevoir comme déjà mort. [Il n'y a pas d'autre explication à l'"instinct de mort"]. - Il n'y a pas d'expérience de la mort, bien entendu, qui puisse y répondre, et c'est bien pour cela que c'est symbolisé d'une autre façon. C'est symbolisé sur ce point et cet organe précis où apparaît de la façon la plus sensible, ce qui est la poussée de la vie. [phallus]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - [C'est pour autant que le phallus se trouve situé en A, comme sa barre, que] la castration s'introduit. Ce n'est jamais (...) par la voie d'une interdiction sur la masturbation par exemple. [C'est originellement l'Autre qui est castré, avant qu'il ne cherche à castrer] - [pour la fille] c'est d'abord sous la forme d'un reproche à la mère que ce qui est perçu dans la mère comme castration est donc aussi comme castration pour elle. - Et c'est parce que le père ne vient ici qu'en position de remplacement [avec un pénis symbolique, donc] pour ce dont elle se trouve d'abord frustrée, qu'elle passe au plan de la privation. - pour tout ce qui est dans la ligne de son désir, elle se trouve liée à la nécessité impliquée par la fonction du phallos (...), d'être ce phallos en tant qu'il est le signe même de ce qui est désiré - puisqu'en fin de compte tout ce qu'elle montre de sa féminité est précisément lié à cette identification profonde [au phallus] - Ne croyez pas que pour l'homme la situation soit meilleure. Elle est même plus comique. Le phallos, lui, il l'a, le malheureux - [le voilà donc sommé de donner] ce qu'il n'a pas, à un être qui n'a pas ce qu'il n'a pas -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/06/58 - le phallus est le signifiant de ce qui est frappé par l'action du signifiant, de ce qui est sujet à castration.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 29/04/92 - Il n'y a (...) dans le réel aucune espèce de faille ou de fissure. Tout manque est manque à sa place, mais manque à sa place est manque symbolique. - le réel, en tant que tel, se définit comme toujours plein. [il n'y a de privation réelle (trou) que d'un objet symbolique] - nous appelons cela "moins phi" (...) comme étant l'essentiel de la marque sur l'homme de son rapport au logos, cad la castration - cette connotation "moins phi" nous servira à définir (...) l'objet "a".
1958/59 - Le désir et son interprétation - 13/05/59 - l'objet "a" se définit d'abord comme le support que le sujet se donne pour autant qu'il défaille. - qu'il défaille dans sa certitude de sujet. - C'est pour autant que dans l'Autre, dans ce discours de l'Autre qu'est l'ics, quelque chose fait défaut au sujet - ce quelque chose qui fait que le sujet y disparaît comme tel en tant que ce discours est le discours de l'ics - [le] sujet réel, bel et bien vivant (...) à soi tout seul n'est pas du tout un sujet - [mais] le sujet payant le prix nécessaire à ce repérage de lui-même en tant que défaillant est introduit à cette dimension toujours présente chaque fois qu'il s'agit du désir, à savoir d'avoir à payer la castration. C'est-à-dire que quelque chose de réel, sur lequel il a prise dans un rapport imaginaire, est porté à la pure et simple fonction de signifiant. C'est le sens dernier (...) de la castration comme telle.
1960/61 - Le Transfert - 274 - [le sujet] ce phallus, il l'est et il ne l'est pas. cet intervalle, l'être et ne pas l'être, la langue permet de l'apercevoir dans une formule où glisse le verbe être - il n'est pas sans l'avoir. C'est autour de cette assomption subjective entre l'être et l'avoir que joue la réalité de la castration.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 04/O2/59 - Jones fait de l'aphanisis la substance de la crainte de la castration. - C'est [au contraire] parce qu'il peut y avoir castration, (...) que dans le sujet s'élabore cette dimension où il peut prendre crainte, alarme, de la disparition possible, future de son désir. - [cad que la] prise de position du sujet dans le signifiant implique la perte, le sacrifice d'un de ses signifiants entre autre-
1958/59 - Le désir et son interprétation - 13/05/59 - Le "a", j'ai dit que c'était l'effet de la castration. Je n'ai pas dit que c'était l'objet de la castration. Cet objet de la castration nous l'appelons le phallus.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 354 - il est plus commode de subir l'interdit que d'encourir la castration.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 827 - La castration veut dire qu'il faut que la jouissance soit refusée, pour qu'elle puisse être atteinte sur l'échelle renversée de la Loi du désir.
1960-61 - Le Transfert - 114 - Le discours d'Aristophane, c'est la dérision du Sphaïros platonicien, tel qu'il est articulé dans le Timée. - 115 - ce dont il s'agit dans ces formes où rien ne dépasse et ne se laisse accrocher, a ses fondements dans la structure imaginaire - Mais à quoi tient l'adhésion à ces formes en ce qu'elle est affective ? - sinon à la Verwerfung de la castration. - Ces êtres, séparés en deux comme des hémipoires, vont (...) mourir dans une vaine étreinte à se rejoindre. - Comment la question va-t-elle se résoudre ? Aristophane nous parle là exactement comme le petit Hans - on va leur dévisser le génitoire qu'ils ont à la mauvaise place (...), à l'extérieur, et on va le leur revisser sur le ventre [opération]
1961/62 - L'identification - 27/06/62 - l'objet "a" (...) l'objet de la science analytique. - si nous voulons qualifier cet objet dans une perspective proprement logique, j'accentue : logicisante, nous n'avons rien de mieux à en dire sinon ceci qu'il est l'objet de la castration. - [à l'inverse] Ce qui caractérise la structure de l'objet aristotélicien, c'est que ce qui n'est pas hérisson est non-hérisson. C'est pourquoi je dis que c'est la logique de l'objet de la privation. - Dans la nature, il y a de la chose, si je puis m'exprimer ainsi, qui se présente avec du bord. Tout ce que nous pouvons y conquérir, qui simule une connaissance, ça n'est jamais que détacher ce bord et non pas s'en servir, mais l'oublier pour voir le reste qui, chose curieuse, de cette extraction se trouve complètement transformé, exactement comme le cross-cap vous l'image - le reste de la sphère est transformé en une surface de Mœbius par l'énucléaton de l'objet de la castration. Le monde entier s'ordonne d'une certaine façon qui nous donne, si je puis dire, l'illusion d'être un monde. - [ce monde est] un intermédiaire entre cet objet aristotélicien où cette réalité est en quelque sorte masquée et notre objet [a] - point acosmique du désir en tant qu'il est désigné par l'objet de la castration - cet objet petit "a" nous [le] voyons surgir au point de défaillance de l'Autre, au point de perte du signifiant parce que cette perte c'est la perte de cet objet même, du membre jamais retrouvé d'Osiris démembré - [et] le sujet est uniquement essentiellement coupure de cet objet - Le rapport de cet objet à l'image du monde qui l'ordonne constitue ce que Platon a appelé à proprement parler la dyade, à condition que nous nous apercevions que dans cette dyade le sujet S barré et le petit "a" sont du même côté [de l'autre : i(a)] - Par rapport [cf. schéma p.441] au corrélatif petit "a", à ce qui reste quand l'objet constitutif du fantasme s'est séparé, être et pensée sont du même côté, du côté de ce petit "a". Petit "a", c'est l'être en tant qu'il est essentiellement manquant au texte du monde. - Toute métaphore, y compris celle du symptôme cherche à faire sortir cet objet dans la signifiaction, mais toute la pullulation de sens qu'elle peut engendrer n'arrive pas à étancher ce dont il s'agit dans ce trou d'une perte centrale. - [autrement dit] "a" peut être abordé par cette voie qui est ce que l'Autre (...) désire dans le sujet défaillant, dans le fantasme, le S barré.
1962/63 - L'angoisse - 28/11/62 - Ce qui constitue l'angoisse, c'est quand quelque chose, un mécanisme, fait apparaître (...) à la place qui correspond à celle qu'occupe le "a" du désir, quelque chose (...) entendez n'importe quoi - l'Unbeimlich, c'est ce qui apparaît à cette place. - c'est le -phi, le quelque chose qui nous rappelle que ce dont tout part c'est de la castration imaginaire, qu'il n'y a pas (...) d'image du manque. Quand il apparaît quelque chose là, c'est donc, si je puis m'exprimer ainsi, que le manque vient à manquer. - 26/03/63 - le (a) prend sa valeur de venir dans le pot du (moins phi) - que ce vase-là devienne angoissant, pourquoi ? Parce que ce qui vient à demi remplir le creux constitué de la castration originelle, c'est ce petit (a) en tant qu'il vient d'ailleurs, qu'il n'est supporté, constitué que par l'intermédiaire du désir de l'Autre. Et c'est là que nous retrouvons l'angoisse et la forme ambiguë de ce bord qui, tel qu'il est fait au niveau de l'autre vase, ne nous permet de distinguer ni intérieur, ni extérieur. L'angoisse donc vient se constituer (...) dans un rapport au-delà de ce vide d'un temps premier, si je puis dire, de la castration. Et c'est pour cela que le sujet n'a qu'un désir quant à cette castration première, c'est d'y retourner. - 29/05/63 - le phallus fonctionne partout, sauf là où on l'attend (...) nommément au stade phallique - c'est cet évanouissement de la fonction phallique comme telle à ce niveau où il est attendu pour fonctionner, qui est le principe de l'angoisse de castration. D'où la notation (moins phi) dénotant cette carence - 05/06/63 - Que le phallus ne se trouve pas là où on l'attend (...) à savoir sur le plan de la médiation génitale, voilà ce qui explique que l'angoisse est la vérité de la sexualité, cad ce qui apparaît chaque fois que son flux se retire, montre le sable. La castration est le prix à payer de cette structure, elle se substitue à cette vérité. Mais en fait, ceci est un jeu illusoire, il n'y a pas de castration parce que (...) il n'y a pas d'objet à castrer - Le phallus, là où il est attendu comme sexuel, n'apparaît jamais que comme manque
1962/63 - L'angoisse - 05/12/62 - c'est dans la mesure où sont épuisées jusqu'à leur terme, jusqu'au fond du bol, toutes les formes de la demande, jusqu'à la demande des zéros, que nous voyons au fond apparaître la relation de la castration. La castration se trouve inscrite comme rapport à la limite de ce cycle régressif de la demande.
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - l'orgasme [chez l'être humain] coincide avec la mise hors de combat (...) de l'instrument par la détumescence - [cf] la première intuition de Freud sur une certaine source de l'angoisse - le coïtus interruptus [où] (...) l'instrument est mis au jour dans sa fonction, soudain déchu, de l'accompagnement de l'orgasme, en tant que l'orgasme est supposé signifier une satisfaction commune. - l'angoisse est justement provoquée par (...) la mise hors de jeu de l'instrument dans la jouissance. La subjectivité, si vous voulez, est focalisée sur la chute du phallus. -
1962/63 - L'angoisse - 05/12/62 - Ce devant quoi le névrosé recule, ce n'est pas devant la castration, c'est de faire de sa castration, la sienne, ce qui manque à l'Autre [cad n'accepte pas d'être objet]. - Vouer sa castration à cette garantie de l'Autre c'est là ce devant quoi le névrosé s'arrête ; il s'y arrête pour une raison en quelque sorte interne à l'analyse : c'est que c'est l'analyse qui l'amène à ce rendez-vous. La castration n'est en fin de compte rien d'autre que le moment de l'interprétation de la castration. -
1962/63 - L'angoisse - 26/03/63 - Que quelque chose comme un ordre puisse être apporté dans ce trou, cette défaillance constitutive de la castration primordiale, c'est ce que je crois que la circoncision incarne au sens propre du mot. - Le circoncis a (...) le rapport le plus évident avec la normativation de l'objet du désir. Le circoncis est consacré, consacré moins encore à une loi qu'à un certain rapport à l'Autre, au grand A, et c'est pour cela qu'il s'agit du petit (a). [?]
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - le phallus est plus significatif dans le vécu humain par sa chute (...) que par sa présence, c'est là ce qui désigne la possibilité de la place de la castration - elle est intimement liée aux traits de l'objet caduc - objet partiel [partiel : du point de vue du névrosé]
1964 - Les quatre concepts… - 62 - [Réponse à F. Dolto] La description des stades, formateurs de la libido, ne doit pas être référée à une pseudo-maturation naturelle, qui reste toujours opaque. Les stades s'organisent autour de l'angoisse de castration. Le fait copulatoire de l'introduction de la sexualité est traumatisant (...) et il a une fonction organisatrice pour le développement. L'angoisse de castration est comme un fil qui perfore toutes les étapes du développement. Elle oriente les relations qui sont antérieures à son apparition proprement dite - sevrage, discipline anale, etc. Elle cristallise chacun de ces moments dans une dialectique qui a pour centre une mauvaise rencontre. Si les stades sont consistants, c'est en fonction de leur registration possible en termes de mauvaise rencontre. La mauvaise rencontre centrale est au niveau du sexuel.

 


CAUSE



1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 8 - Considérons maintenant la question du sujet. Quand on l'introduit, on s'introduit soi-même. - Soi-même est donc en cause. / Ainsi, dès l'origine, Freud sait qu'il ne fera de progrès dans l'analyse des névroses que s'il s'analyse.
1962/63 - L'angoisse - 16/01/63 - cet objet doit par nous être conçu comme la cause du désir, et, pour reprendre ma métaphore de tout à l'heure, l'objet est derrière le désir. - [dans le fétiche] se dévoile cette dimension de l'objet comme cause du désir. Car ce n'est pas le petit soulier, ni le sein, ni quoi que ce soit où vous incarniez le fétiche, qui est désiré ; mais le fétiche cause le désir qui s'en va s'accrocher où il peut, sur celle dont il n'est pas absolument nécessaire que ce soit elle qui porte le petit soulier -
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - Qu'est-ce que le symptôme, c'est la fuite du robinet. Le passage à l'acte c'est l'ouvrir, mais l'ouvrir sans savoir ce qu'on fait. - Quelque chose se produit qui libère une cause - Quant à l'acting-out, (...) ce n'est pas le fait d'ouvrir le robinet, (...) c'est simplement la présence ou non du jet.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - la cause surgit toujours en corrélation du fait que quelque chose est omis dans la considération de la connaissance, que quelque chose est précisément le désir qui anime la fonction de la connaissance.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - l'objectivité est le corrélat d'une raison pure - l'objectalité est le corrélat d'un pathos de coupure - rejoint (...) ce qui reste pétri de causalité [objet] - Partout la cause et sa fonction s'avère irréfutable même si elle est irréductible, presque insaisissable à la critique. - c'est ce morceau charnel (...), cette part de nous-mêmes prise dans la machine, à jamais irrécupérable, cet objet comme perdu, aux différents niveaux de l'expérience corporelle où se produit sa coupure, c'est lui qui est le support, le substrat authentique de toute fonction comme telle de la cause. - il convient de rappeler qu'elle est corps - c'est ce qui reste au dernier terme, désir du corps, désir du corps de l'autre et rien que désir de son corps.
1962/63 - L'angoisse - 12/06/63 - [Par rapport à la cause impliquée dans la question du symptôme] le symptôme n'est pas l'effet. Il en est le résultat. L'effet c'est le désir, mais c'est un effet unique et tout à fait étrange - c'est que l'effet primordial de cette cause, (a) (...) c'est un effet qui n'a rien d'effectué. Le désir (...) se situe en effet essentiellement comme un manque d'effet. La cause, ainsi, se constitue, comme supposant des effets, de ce fait que primordialement l'effet y fait défaut. - Le hiatus entre la cause et l'effet, à mesure qu'il est comblé, c'est bien cela qui s'appelle (...) le progrès de la science, fait s'évanouir la fonction de la cause - l'explication de quoi que ce soit aboutit à mesure qu'elle s'achève à n'y laisser que des connexions signifiantes, à volatiliser ce qui l'animait (...) cad la béance effective - 19/06/63 - [ex.] L'excrément ne joue pas le rôle d'effet de ce que nous situons comme désir anal, il en est la cause.
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 25 - Elle se distingue de ce qu'il y a de déterminant dans une chaîne, autrement dit de la loi. Pour l'exemplifier, pensez à ce qui s'image dans la loi de l'action et de la réaction. Il n'y a ici, si vous voulez, qu'un seul tenant. L'un ne va pas sans l'autre. - Au contraire, chaque fois que nous parlons de cause, il y a toujours quelque chose d'anti-conceptuel, d'indéfini. Les phases de la lune sont la cause des marées - ça, c'est vivant, nous savons à ce moment-là que le mot cause est bien employé. Ou encore, les miasmes sont la cause de la fièvre - ça aussi, ça ne veut rien dire, il y a un trou, et quelque chose qui vient osciller dans l'intervalle. Bref, il n'y a de cause que ce qui cloche. Eh bien ! l'inconscient freudien, c'est à ce point que j'essaie de vous faire viser par approximation qu'il se situe, à ce point où, entre la cause et ce qu'elle affecte, il y a toujours la clocherie. L'important n'est pas que l'ics détermine la névrose - là-dessus Freud a très volontiers le geste pilatique de se laver les mains. Un jour ou l'autre, on trouvera peut-être quelque chose, des déterminants humoraux, peu importe - ça lui est égal. car l'ics nous montre la béance par où la névrose se raccorde à un réel - réel qui peut bien, lui, n'être pas déterminé. - et qu'est-ce qu'il trouve, dans le trou, dans la fente, dans la béance caractéristique de la cause ? Quelque chose de l'ordre du non-réalisé. On parle de refus. C'est aller trop vite en la matière - L'ics, d'abord, se manifeste à nous comme quelque chose qui se tient en attente dans l'aire, dirai-je, du non-né. Que le refoulement y déverse quelque chose, n'est pas étonnant. - ces actifs orthopédeutes qe sont devenus les analystes de la seconde et de la troisième génération, (...) se sont employés, en psychologisant la théorie analytique, à suturer cette béance. - Achoppement, défaillance, fêlure. Dans une phrase prononcée, écrite, quelque chose vient à trébucher. - Là, quelque chose d'autre demande à se réaliser - qui apparaît comme intentionnel, certes, mais d'une étrange temporalité. Ce qui se produit dans cette béance, au sens plein du terme se produire, se présente comme la trouvaille. - Or cette trouvaille, dès qu'elle se présente, est retrouvaille, et qui plus est, elle est toujours prête à se dérober à nouveau, instaurant la dimension de la perte.
1964 - Position de l'inconscient - 835 - L'effet de langage, c'est la cause introduite dans le sujet. Par cet effet il n'est pas cause de lui-même, il porte en lui le ver de la cause qui le refend. Car sa cause, c'est le signifant sans lequel il n'y aurait aucun sujet dans le réel.




CERTITUDE



1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - Le désir reste illusoire. Pourquoi ? Parce qu'il s'adresse toujours ailleurs, à un reste. A un reste constitué par la relation du sujet à l'autre qui vient s'y substituer. Mais ceci laisse ouvert le lieu où peut être trouvé ce que nous désignons du nom de certitude [= angoisse]. Nul phallus à demeure, nul phallus tout puissant n'est de nature à clore la dialectique du rapport du sujet à l'autre et au réel par quoi que ce soit qui soit d'un ordre apaisant.
1964 - Les quatre concepts… - 36 - La démarche de Freud est cartésienne - en ce sens qu'elle part du fondement du sujet de la certitude. - Descartes nous dit - Je suis assuré, de ce que je doute, de penser et (...) De penser, je suis. - ce je pense, pour nous, ne peut assurément pas être détaché du fait qu'il ne peut le formuler qu'à nous le dire, implicitement - D'une façon exactement analogique, Freud, là où il doute - car enfin ce sont ses rêves, et c'est lui qui, au départ, doute - est assurée qu'une pensée est là, qui est ics, ce qui veut dire qu'elle se révèle comme absente. - 37 - Pour Descartes, dans le cogito initial (...) ce que vise le je pense en tant qu'il bascule dans le je suis, c'est un réel - mais le vrai reste tellement au-dehors qu'il faut ensuite à Descartes s'assurer, de quoi ? - sinon d'un Autre qui ne soit pas trompeur, et qui, par-dessus le marché, puisse de sa seule existence garantir les bases de la VÉRITÉ - [En psy] le corrélatif du sujet n'est plus maintenant de l'Autre trompeur, il est de l'Autre trompé. - Ce que le sujet craint le plus, c'est de nous tromper, de nous mettre sur une fausse piste, ou plus simplement, que nous nous trompions.




CHOSE



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 87 - ce das Ding est justement au centre au sens où il est exclu. - cet Autre préhistorique impossible à oublier
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 82 - Freud désigne dans l'interdiction de l'inceste le principe de la loi primordiale (...) et en même temps, il identifie l'inceste au désir le plus fondamental. - Il est important qu'il y ait eu un homme qui, à un moment donné de l'histoire, se soit levé pour dire - C'est là le déir essentiel. - pourquoi le père n'épouse pas sa fille [là on connaît la réponse] - il faut que les filles soient échangées. Mais pourquoi le fils ne couche-t-il pas avec sa mère ? Là, quelque chose reste voilé. - 83 - Ce que nous trouvons dans la loi de l'inceste se situe comme tel au niveau du rapport ics avec das Ding , la Chose. Le désir pour la mère ne saurait être satisfait parce qu'il est la fin, le terme, l'abolition de tout le monde de la demande, qui est celui qui structure le plus profondément l'ics de l'homme [le langage]. - 84 - [les fameux 10 commandements] ne sont peut-être que les commandements de la parole, je veux dire qu'ils explicitent ce sans quoi il n'y a pas de parole - je n'ai pas dit de discours - possible. - dans ces dix commandements nulle part il n'est signalé qu'il ne faut pas coucher avec sa mère.- ne pourrions-nous (...) les interpréter comme quelque chose de fort proche de ce qui fonctionne effectivement dans le refoulement de l'ics ? Les dix commandements sont interprétables comme destinés à tenir le sujet à distance de toute réalisation de l'inceste, à une condition et à une seule, c'est que nous nous apercevions que l'interdiction de l'inceste n'est pas autre chose que la condition pour que subsiste la parole. - [parole et non discours. De même] que personne, je vous en prie, ne s'arrête à l'idée que les dix commandements seraient la condition de toute vie sociale. Car à la vérité comment, sous un autre angle, ne pas s'apercevoir (...) qu'ils sont en quelque sorte le catalogue et le chapitre de nos transactions de chaque instant ? Ils étalent la dimension de nos actions en tant que proprement humaines. En d'autres termes, nous passons notre temps à violer les dix commandements, et c'est bien pour cela qu'une société est possible. - 85 - Eh bien, le pas fait, au niveau du principe du plaisir, par Freud, est de nous montrer que qu'il n'y a pas de Souverain Bien - que le Souverain Bien, qui est das Ding , qui est la mère, l'objet de l'inceste, est un bien interdit, et qu'il n'y a pas d'autre bien. Tel est le fondement, renversé chez Freud, de la loi morale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 89 - Das Ding se présente au niveau de l'expérience ics comme ce qui déjà fait loi. - C'est une loi de caprice, d'arbitraire, d'oracle aussi, une loi de signes où le sujet n'est garanti par rien - Encore faut-il dire que das Ding n'est pas à ce niveau distingué comme mauvais. Le sujet n'a au mauvais objet pas la moindre approche, puisque déjà, par rapport au bon, il se tient à distance. Il ne peut pas supporter l'extrême du bien que peut lui apporter das Ding - 101 - Est-ce que la Loi est la Chose ? Que non pas. Toutefois je n'ai eu connaissance de la Chose que par la Loi. En effet je n'aurais pas eu l'idée de la convoiter si la Loi n'avait dit - Tu ne la convoiteras pas. - car sans la Loi la Chose est morte. Or, moi j'étais vivant jadis, sans la Loi. Mais quand le commandement est venu, la Chose a flambé, est venue à nouveau, alors que moi, j'ai trouvé la mort. Et pour moi, le commandement qui devait mener à la vie s'est trouvé mener à la mort, car la Chose trouvant l'occasion m'a séduit grâce au commandement, et par lui m'a fait désir de mort. - à une toute petite modification près - Chose à la place de péché -, ceci est le discours de Saint Paul concernant les rapports de la loi et du péché - Le rapport dialectique du désir et de la Loi fait notre désir ne flamber que dans un rapport à la Loi , par où il devient désir de mort. - l'éthique psy nous laisse-t-elle devant cette dialectique ? Nous avons à explorer ce qu'au cours des âges l'être humain a été capable d'élaborer qui transgresse cette Loi, le mette dans un rapport au désir qui franchisse ce lien d'interdiction, et introduise, au-dessus de la morale, une érotique.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 68 - la Chose ne se présente à nous que pour autant qu'elle fait mot, comme on dit faire mouche . Dans le texte de Freud, la façon dont l'étranger, l'hostile, apparaît dans la première expérience de la réalité pour le sujet humain, c'est le cri. Ce cri, dirai-je, nous n'en avons pas besoin. [cf. Rousseau]. - En allemand, das Wort est à la fois le mot et la parole. En français, - Mot , c'est essen,tiellement point de réponse [motus]. Mot , dit quelque part La Fontaine, c'est ce qui se tait, c'est justement ce à quoi aucun mot n'est prononcé. - Les choses dont il s'agit (...) sont les choses en tant que muettes. Et des choses muettes, ce n'est pas tout à fait la même chose que des choses qui n'ont aucun rapport avec les paroles.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 67 - [névrose] La conduite de l'hystérique (...) a pour but de recréer un état centré par l'objet, en tant que cet objet, das Ding , est (...) le support d'une aversion. C'est en tant que l'objet premier est objet d'insatisfaction - A l'opposé (...) dans la névrose obsessionnelle, l'objet par rapport à quoi s'organise l'expérience de fond, l'expérience de plaisir, est un objet qui, littéralement, apporte trop de plaisir. - Ce que, dans ses cheminements divers et dans tous ses ruisselets, indique et signifie le comportement de l'obsessionnel, c'est qu'il se règle toujours pour éviter ce que le sujet voit assez souvent clairement comme étant le but et la fin de son désir. La motivation de cet évitement est extraordinairement radicale, puisque le principe du plaisir nous est effectivement donné pour avoir un mode de fonctionnement qui est d'éviter l'excès, le trop d'excès [donc l'obs recherche bel et bien le plaisir!] -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 65 - Le Ding est l'élément qui est à l'origine isolé par le sujet (...) comme étant de sa nature étranger - Le complexe de l'objet est en deux parties - Tout ce qui, de l'objet, est qualité, peut être formulé comme attribut, rentre dans l'investisement du système [ics] et y constitue les Vorstellungen primitives autour desquelles se jouera le destin de ce qui est réglé selon les loins du Lust et del'Unlust , du plaisir et du déplaisir, dans ce qu'on peut appeler les entrées primitives du sujet. Das Ding est tout à fait autre chose. - [C'est] ce qui, du dedans du sujet, se trouve à l'origine porté dans un premier dehors - un dehors, nous dit Freud, qui n'a rien à faire avec cette réalité dans laquelle le sujet aura ensuite à repérer les Qualitätszeichen , qui lui indiquent qu'il est dans la bonne voie pour la recherche de sa satisfaction. C'est là quelque chose qui, avant l'épreuve de cette recherche, en pose le terme, le but et la visée. C'est cela que Freud nous désigne quand il nous dit que le but premier et le plus proche de l'épreuve de la réalité n'est pas de trouver dans la perception réelle un objet qui corresponde à ce que le sujet se représente sur le moment, mais c'est de le retrouver, de se témoigner qu'il est encore présent dans la réalité. - C'est de sa nature que l'objet est perdu comme tel. Il ne sera jamais retrouvé. Quelque chose est là en attendant mieux, ou en attendant pire, mais en attendant. Le monde freudien, cad de notre expérience, comporte que c'est cet objet, das Ding , en tant qu'Autre absolu du sujet, qu'il s'agit de retrouver. - Ce n'est pas lui que l'on retrouve, mais ses coordonnées de plaisir.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 117 - [chose] Entre l'objet tel qu'il est structuré [initialement] par la relation narcissique et das Ding , il y a une différence, et c'est justement dans la pente de cette différence que se situe pour nous le problème de la sublimation. - 118 - au niveau de la S, l'objet est inséparable d'élaborations imaginaires et très spécialement culturelles. Ce n'est pas que la collectivité les reconnaisse simplement comme des objets utiles - elle y trouve le champ de détente par où elle peut, en quelque sorte, se leurrer sur das Ding, coloniser avec ses formations imaginaires le champ de das Ding . - 119 - Dans des formes spécifiées historiquement, socialement, les éléments a , éléments imaginaires du fantasme, viennent à recouvrir, à leurrer le sujet au point même de das Ding 1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 144 - La notion de la création doit être maintenant promue par nous (...) parce qu'elle est centrale, non seulement dans (...) le motif de la sublimation, mais dans celui de l'éthique au sens le plus large. Je pose ceci, qu'un objet peut remplir cette fonction qui lui permet de ne pas éviter la Chose comme signifiant, mais de la représenter, en tant que cet objet est créé. - 146 - [le vase =] un objet fait pour représenter l'existence du vide au centre du réel qui s'appelle la Chose - le potier (...) crée le vase autour de ce vide avec sa main, (...) ex nihilo , à partir du trou. - il y a identité entre le façonnement du signifiant et l'introduction dans le réel d'une béance, d'un trou. - 147 - la science moderne, celle née de Galilée [et l'efficacité depuis de la saisie symbolique] n'avait pu se développer qu'à partir de l'idéologie biblique, judaïque - [de plus, avec la création] c'est bien ainsi qu'au cours des âges (...) est située l'articulation, la balance du problème moral [ETHIQUE]. - 150 - Il s'agit en effet de la Chose en tant qu'elle est définie par ceci qu'elle définit l'humain [homme "en fonction de médium entre le réel et le signifiant" p.155] - encore que justement, l'humain nous échappe. En ce point, ce que nous appelons l'humain ne serait pas défini autrement que de la façon dont j'ai défini tout à l'heure la Chose, à savoir ce qui du réel pâtit du signifiant. - Il s'agit du fait que l'homme façonne ce signifiant [par ex. le vase] et l'introduit dans le monde - autrement dit, de savoir ce qu'il fait en le façonnant à l'image de la Chose, alors que celle-ci se caractérise en ceci, qu'il nous est impossible de l'imaginer. C'est là que se situe le problème de la sublimation.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - Ce premier étranger par rapport à quoi le sujet a à se référer d'abord, le paranoïaque n'y croit pas. [bien sûr: il n'a de foi qu'en son moi]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 205 - [parole] je voudrais bien savoir en face de qui, en face de quoi, il était sur le Sinaï et sur l'Hreb. Mais enfin, faute d'avoir pu soutenir l'éclat de la face de celui qui a dit Je suis ce que je suis , nous nous contenterons de dire (...) que le buisson ardent, c'était la Chose de Moïse -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 58 - Ce Das Ding , je voudrais vous le montrer aujourd'hui dans la vie, et dans ce principe de réalité que Freud fait entrer en jeu au départ de sa pensée, et jusqu'à son terme. - Ce qu'il y a dans Das Ding , c'est le secret véritable. - die Not des Lebens - Quelque chose qui veut. Le besoin et non pas les besoins. La pression, l'urgence. L'état de Not , c'est l'état d'urgence de la vie. - principe de réalité, qui est donc invoqué sous la forme de son incidence de nécessité - [Mais la vie d'"un" n'est pas "la" vie dans son ensemble, elle s'y oppose plutôt, et il est bien clair que, comme tel] le principe de la réalité fonctionne en fait comme isolant le sujet de la réalité. [Ambiguïté sur le mot "réalité", ici, que lèverait l'usage du mot "réel".] - quelque chose trie, tamise, de telle sorte que la réalité n'est aperçue par l'homme (...) que sous une forme profondément choisie. L'homme a affaire à des morceaux choisis de réalité. - C'est toute la question(...) de Das Ding .
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 67 - Das Ding est originellement ce que nous appellerons le hors-signifié. C'est en fonction (...) d'un rapport pathétique à lui, que le sujet conserve sa distance, et se constitue dans un monde de rapport, d'affect primaire, antérieur à tout refoulement. - [dans le cas précis du refoulement] c'est par rapport à ce das Ding originel que se fait la première orientation, le premier choix (...) le choix de la névrose
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 55-58 - Sa référence étymologique juridique ["causa"] nous indique ce qui se présente pour nous comme l'enveloppe et la désignation du concret. -[En allemand] La Sache est la chose mise en question juridique, ou, dans notre vocabulaire, la passage à l'ordre symbolique, d'un conflit entre les hommes. - [Mais il y aussi Das Ding ] Freud parle de Sachvorstellungen [représentation] et non pas de Dingvorstellung . Aussi n'est-il pas vain que les Sachvorstellungen soient liées aux Wortvorstellungen, nous montrant par-là qu'il y a un rapport entre chose et mot. - La Sache est bien la chose, produit de l'industrie ou de l'action humaine en tant que gournernées par le langage. - les choses sont toujours à la surface, toujours à portée d'être explicitées. Pour autant qu'elle est sous-jacente, implicite à toute action humaine, l'activité dont les choses sont les fruits est de l'ordre du préconscient - Das Ding se situe ailleurs. - au niveau des Vorstellungen , la Chose, non pas n'est rien, mais littéralement n'est pas - elle se distingue comme absente, étrangère.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 142 - Là où elle s'affirme, elle s'affirme dans des champs domestiqués. - elle se présente toujours comme unité voilée. - elle est (...) ce qui du réel (...) pâtit du signifiant. - [C'est bien en cela qu'elle se présente comme l'objet à retrouver.] - [1°] L'objet est de sa nature un objet retrouvé. Qu'il ait été perdu, en est la conséquence - mais après coup. - [2°] de sa nature, elle est, dans les retrouvailles de l'objet, représentée par autre chose. - L'Autre chose [cf. désir], c'est essentiellement la Chose. - [retrouvailles : Je ne cherche pas, je trouve. ]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 127 - L'articulation kleinienne consiste en ceci - avoir mis à la place centrale de das Ding , le corps mythique de la mère. - Mais je vous dis tout de suite que la réduction de la notion de sublimation à un effort restitutif du sujet par rapport au fantasme lésé du corps maternel n'est assurément pas la solution la meilleure du problème de la sublimation - 128 - L'ensemble de ce qui se met sous la rubrique des Beaux-ARTS, cad un certain nombre d'exercices gymnastiques, dansatoires et autres, sont supposés pouvoir apporter au sujet des satisfactions, (...) un équilibre. - On laisse ainsi complètement de côté ceci, qui doit toujours être accentué concernant ce que l'on peut appeler une production artistique (...) à savoir la reconnaissance sociale. - 129 - Car c'est en fonction du problème éthique que cette sublimation, nous avons à la juger, en tant que créatrice de dites valeurs, socialement reconnues. - En présence de das Ding , pour autant que nous espérons qu'il fasse le poids du bon côté, opposé à cela, nous avons la formule kantienne du devoir. - Le poids de la raison.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 157 - Quant à l'incroyance [par ex. le discours de la science] (...) la Chose est rejetée au sens propre de la Verwerfung . - De même que dans l'ART il y a une Verdrangung , un refoulement de la Chose - que dans la religion il y a peut-être une Verschiebung - c'est à proprement parler de la Verwerfung qu'il s'agit dans le discours de la science. Le discours de la science rejette [forclusion] la présence de la Chose, pour autant que, dans sa perspective, se profile l'idéal du savoir absolu, cad de quelque chose qui pose tout de même la Chose tout en n'en faisant pas état. - Le discours de la science est déterminé par cette Verwerfung , et c'est probablement pourquoi - ce qui est rejeté du symbolique reparaissant, selon ma formule, dans le réel - il se trouve déboucher sur une perspective où c'est bien quelque chose d'aussi énigmatique que la Chose qui se profile, au terme de la physique [le nucléaire ?].
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - le désir et la loi, ce qui paraît s'opposer dans un rapport d'antithèse, ne sont qu'une seule et même barrière pour nous barrer l'accès de la chose.
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - ce caractère d'être sans cause, mais non pas sans objet - non seulement elle [l'angoisse] n'est pas sans objet mais elle désigne très probablement l'objet, si je puis dire, le plus profond, l'objet dernier, la chose, c'est en ce sens (...) qu'elle est ce qui ne trompe pas.




COLERE



1958/59 - Le désir et son interprétation - 14/01/92 - un affect fondamental comme la colère n'est pas autre chose que cela : le réel qui arrive au moment où nous avons fait une fort belle trame symbolique, où tout va fort bien, l'ordre, la loi, notre mérite et notre bon vouloir. On s'aperçoit tout d'un coup que les chevilles ne rentrent pas dans les petits trous. C'est cela le règne de l'affect de la colère -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 123 - comme une réaction du sujet à une déception, à l'échec d'une corrélation attendue entre un ordre symbolique et la réponse du réel. Autrement dit (...) - c'est quand les petites chevilles ne vont pas dans les petits trous.




COMEDIE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/03/58 - ce quelque chose dans lequel il [le sujet] a à s'articuler lui-même comme celui qui en profite, qui en jouit, qui le consomme - en tant qu'il recueille, qu'il assume, qu'il jouit de la relation à un fait, qui lui est fondamentalement dans un certain rapport avec l'ordre signifiant, l'apparition de ce signifié qui s'appelle le phallus. - [Cf. "Le Balcon" de Jean Genet, le jeu de la jouissance/perversion où l'on voit] le sujet pervers (...) se complaire à chercher sa satisfaction dans (...) une image, une image pourtant en tant qu'elle est le reflet de quelque chose d'essentiellement signifiant. - qu'est-ce que cela peut bien être que de jouir de son état d'évêque, de juge ou de général ? - Genêt, en trois grandes scènes, nous (...) incarne sur le plan de la perversion (...) tout le bordel dans lequel nous vivons, en tant que c'est comme toute société, toujours plus ou moins en état de dégradation, car la société de saurait se définir autrement que par un état plus ou moins avancé de dégradation de la culture - [ceci étant lié à un certain rapport réglé à la jouissance, soit un ordre] Or, ce rapport au maintien de L'ORDRE, à quoi se réduit-il si une société est venue à son plus extrême désordre ? Il se réduit à quelque chose qui s'appelle la police.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 03/06/59 - la comédie est un très curieux attrape-désir - le désir, dans la comédie, est démasqué, mais non réfuté. - [Alors que] la tragédie finit avec le nom et avec la totale identification du héros. Hamlet est Hamlet, il est tel nom. C'est même parce que son père était déjà Hamlet qu'en fin de compte tout se résout là, à savoir qu'Hamlet est définitivement aboli dans son désir.




COMIQUE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - pour qu'il y ait la possibilité de parler de la relation du comique, il faut que nous plaçions cette relation de la demande à sa satisfaction, non plus dans un moment instantané [ou fulgurant, comme c'est le cas dans le mot d'esprit], mais dans quelque chose qui lui donne sa stabilité et sa constance, sa voie dans son rapport à un autre déterminé. - la solution fondamentale [à ce problème], celle que tous les êtres humains cherchent (...), puisque tout dépend de l'autre (...) en somme la solution c'est d'avoir un autre tout à soi. C'est ce qu'on appelle l'amour. - Or le problème de l'autre et de l'amour est au centre du comique. - [Or] c'est en fin de compte pour revenir à la jouissance et à la plus élémentaire - [notamment avoir quelqu'un de disponible] pour les besoins du sexe, et tous les besoins cachés en général. Voilà ce que vous voyez sur la scène Aristophanesque - La nouvelle comédie [elle] est quelque chose qui nous montre les gens engagés en général de la façon la plus fascinée et la plus butée, sur quelque objet métonymique. - L'amour est un sentiment comique. - toutes les passions s'équivalent, toutes les passions sont également métonymiques. C'est le principe de la comédie de les poser comme telles -
1960/61 - Le Transfert - 132 - L'important est que ce soit dans la perspective du poète tragique que nous soit fait sur l'amour le seul discours qui soit ouvertement et complètement dérisoire. - 134 - chaque fois qu'il se manifeste comme amour pur et simple, et non comme amour noir, amour de jalousie, [l'amour] est irrésistiblement comique. - 138 - [Inversement c'est Aristophane le comique qui en parle] dans son sens de passion, avec un accent presque moderne.
1960/61 - L'éthique de la psychanalyse - 362 - Le dimension comique est créée en son centre d'un signifiant caché, mais qui, dans l'ancienne comédie, est là en personne - le phallus. - ce qui nous satisfait, nous fait rire dans la comédie (...) ce n'est pas tant le triomphe de la vie que son échappée, le fait que le vie glisse, se dérobe, fuit, échappe à tout ce qui lui est opposé de barrières - Le phallus n'est rien d'autre qu'un signifiant, le signifiant de cette échappée. - Quand le héros comique trébuche, tombe dans la mélasse, eh bien, quand même, petit bonhomme vit encore.




COMMUNICATION



1955/56 - Les psychoses - 212 - [il y a communication à partir du moment où à une émission correspond une réception, et mieux encore quand] il revient quelque chose au point de départ. C'est le schéma du feed-back. - Mais pour autant, sommes-nous au niveau de la fonction du signifiant ? [Non] - 213 - Il y a usage propre du st à partir du moment où, au niveau du récepteur, ce qui importe n'est pas l'effet du contenu du message (...) mais ceci - qu'au point d'arrivée du message, on prend acte du message. - C'est l'accusé de réception qui est l'essentiel de la communication en tant qu'elle est, non pas significative, mais signifiante. -
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - La communication comme telle n'est pas ce qui est primitif puisque, à l'origine, S n'a rien à communiquer pour la raison que tous les instruments de la communication sont de l'autre côté, dans le champ de l'Autre, et qu'il a à les recevoir de lui - la première émergence, celle qui s'inscrit dans ce tableau n'est qu'un "qui suis-je?" ics puisqu'informulable auquel répond avant qu'il se formule un "tu es", cad qu'il reçoit d'abord son propre message sous une forme inversée [sujet]

 


COMPLEXE



1938 - Les complexes familiaux - 24 - admettre comme élément fondamental du complexe cette entité paradoxale : une représentation inconsciente désignée sous le nom d'imago.
1938 - Les complexes familiaux - 33 - la tendance à la mort [pulsion de mort], qui spécifie le psychisme de l'homme, s'explique de façon satisfaisante par la conception que nous développons ici, à savoir que le complexe, unité fonctionnelle de ce psychisme, ne répond pas à des fonctions vitales mais à l'insuffisance de ces fonctions. - sous la forme originelle que lui donne le sevrage [cette tendance], se révèle dans des suicides très spéciaux qui se caractérisent comme "non violents", en même temps qu'y apparaît la forme orale du complexe [anorexie, tabac, etc.] - le sujet cherche à retrouver l'imago de la mère.
1938 - Les complexes familiaux - 83 - Ainsi, selon que les réactions sont plus relatives aux fantasmes et que s'objective plus le thème du délire, le moi tend à se confondre avec l'expression du complexe et le complexe à s'exprimer dans l'intentionnalité du moi. - C'est que les thèmes familiaux que nous isolons dans les psychoses ne sont que des effets virtuels et statiques de leur structure, des représentations où se stabilise le moi ; ils ne présentent donc que la morphologie du complexe sans révéler son organisation, ni par conséquent la hiérarchie de ses caractères.
1938 - Les complexes familiaux - 32 - Alors que l'instinct a un support organique et n'est rien d'autre que la régulation de celui-ci dans une fonction vitale, le complexe n'a qu'à l'occasion un rapport organique, quand il supplée à une insuffisance vitale par la régulation d'une fonction sociale. - [voir Intrusion, Sevrage, Oedipe]
1938 - Les complexes familiaux - 21 - [on] n'objective jamais des instincts, mais toujours des complexes. - 22 - le complexe est dominé par des facteurs culturels : dans son contenu, représentatif d'un objet ; dans sa forme, liée à une étape vécue de l'objectivation ; enfin dans sa manifestation de carence objective à l'égard d'une situation actuelle - le complexe se comprend par sa référence à l'objet. Or, toute identification objective exige d'être communicable, cad repose sur un critère culturel -




CONNAISSANCE



1936 - Au-delà du principe de réalité - 75 - Cette théorie [l'associationnisme] est fondée sur deux concepts : l'un mécaniste, celui de l'engramme , l'autre tenu fallacieusement pour donné dans l'expérience, celui de la liaison associative du phénomène mental. Le premier est une formule de recherche (...) pour désigner l'élément psycho-physique - [le second] est fondé sur l'expérience des réactions du vivant (...) particulièrement celui qui suppose donnée la forme mentale de la similitude - Ainsi est introduit dans le concept explicatif le donné même du phénomène qu'on entend expliquer [pétition de principe]. - 76 - On dénoncera le vice théorique de l'associationnisme, si l'on reconnaît dans sa structure la position du problème de la connaissance sous le point de vue philosophique. - [à savoir, depuis Locke] l'ambiguïté d'une critique qui (…) réduit l'action du réel au point de contact de la mythique sensation pure , cad à n'être que le point aveugle de la connaissance, puisque rien n'y est reconnu - 78 - [conséquence] l'image, selon l'esprit du système, étant considérée comme une sensation affaiblie dans la mesure où elle témoigne moins sûrement de la réalité, est tenue pour l'écho et l'ombre de la sensation, de là, identifiée à sa trace, à l'engramme. - [a fortiori l'hallucination est-elle tenue pour l'erreur suprême des sens] - Ainsi aux phénomènes psychiques n'est reconnue aucune réalité propre : ceux qui n'appartiennent pas à la réalité vraie n'ont de réalité qu'illusoire [sentiments, rêves, délires, etc.]. Cette réalité vraie est constituée par le système des références qui vaut pour la science déjà établie - [or] C'est en tant qu'elle est [justement] fonction de cette vérité que cette psychologie n'est pas une science. - 80 - C'est un point de vue semblable en effet qui impose au médecin cet étonnant mépris de la réalité psychique - Mais c'est parce que c'est chez le médecine, c'est-à-dire chez le praticien par excellence, que ce point de vue apparaît de la façon la plus flagrante comme une négation systématique, c'est aussi d'un médecin que devait venir la négation du point de vue lui-même. Non pojt la négation purement critique qui vers la même époque fleurit en spéculation sur les "données immédiates de la conscience", mais une négation efficace en ce qu'elle s'affirmait en une positivité nouvelle. Freud fit ce pas fécond : sous doute parce qu'(...) il y fut déterminé par son souci de guérir -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 305 - nous connaissons moins de nos jours le sentiment de la haine que dans des époques où l'homme était plus ouvert à sa destinée. - 306 - Et pourquoi ? Parce que nous sommes déjà très suffisamment une civilisation de la haine. - Peut-être est-ce cet état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l'appel à la destruction de l'être. Comme si l'objectivation de l'être humain dans notre civilisation correspondait exactement à ce qui, dans la structure de l'ego, est le pôle de la haine.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 67 - La fascination est absolument essentielle au phénomène de constitution du moi. C'est en tant que fascinée que la diversité incoordonnée, incohérente, du morcelage primitif prend son unité. La réflexion est aussi fascination, blocage. - une machine peut faire des [cette] expérience. Le mouvement de la machine est ainsi coordonné par la perception d'un certain stade atteint par l'autre. C'est ce qui correspond à l'élément de fascination. - ce vers quoi se dirigera la première dépendra toujours de ce vers quoi se dirigera l'autre. / Il n'en résultera rien de moins que la situation en impasse qui est celle de la constitution de l'objet humain. [en effet elle se détruiront sur le point de convergence de leur désir] - Un objet appréhendé, désiré, c'est lui ou moi qui l'aura, il faut bien que ce soit l'un ou l'autre. - Cette rivalité constitutive de la connaissance à l'état pur, est évidemment virtuelle. Il n'y a pas de connaissance à l'état pur, car la stricte communauté de moi et de l'autre dans le désir de l'objet amorce tout autre chose, à savoir la reconnaissance. - 68 -La reconnaissance suppose très évidemment un troisième - que nous trouvons dans l'ics. - il faudrait, pour que le sujet humain apparaisse, que la machine, dans les informations qu'elle donne, se compte elle-même, comme une unité parmi les autres. Et c'est précisément la seule chose qu'elle ne peut pas faire. - Où l'individu en fonction subjective se compte-t-il lui-même - sinon dans l'ics 
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 209 - La connaissance humaine (...) est faite d'un certain rapport à cette structure que nous appelons l'ego [MOI] , autour de laquelle se centre la relation imaginaire. - [cet ego ] prend son départ et son point d'appui dans l'autre. C'est de cet ego que tous les objets sont regardés. / Mais c'est bien du sujet, d'un sujet primitivement désaccordé, fondamentalement morcelé par cet ego , que tous les objets sont désirés. [désir] - 210 - Le sujet ne peut pas désirer sans lui-même se dissoudre, et sans voir, de ce fait même, l'objet lui échapper, dans une série de déplacements infinis. -
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - Cette image i(a), image spéculaire, objet caractéristique du stade du miroir, a plus d'une séduction qui n'est pas seulement liée à la structure de chaque sujet mais aussi à la fonction de la connaissance : elle est formée, j'entends dire, close, elle est gestaltique, cad marquée par la prédominance d'une bonne forme -




CONSCIENCE



1953 - Discours du Congrès de Rome et réponse aux interventions - Il ne s'agit pas de passer d'un étrange ics plongé dans l'obscur, à l'étage conscient, siège de la clarté, par je ne sais quel mystérieux ascenseur. C'est bien là l'objectivation, par quoi le sujet tente ordinairement d'éluder sa responsabilité, et c'est là aussi où les pourfendeurs habituels de l'intellectualisation, manifestent leur intelligence en l'en engageant plus encore. / Il s'agit en effet non pas de passage à la conscience, mais de passage à la parole, n'en déplaise à ceux qui s'obstinent à lui rester bouchés, et il faut que la parole soit entendue par quelqu'un là où elle ne pouvait même être lue par personne : message dont le chiffre est perdu ou le destinataire mort./ La lettre du message est icic l'important.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 61 - L'image dans le miroir, qu'est-ce que c'est ? - un phénomène de cs comme tel. - 65 - Toutes sortes de choses à l'intérieur du monde se comportent comme miroirs.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 66 - Le moi est bel et bien un objet. Le moi, que vous percevez soi-disant à l'intérieur du champ de cs claire comme étant l'unité de celui-ci, est précisément ce vis-à-vis de quoi l'immédiat de la sensation est mis en tension. Cette unité n'est pas du tout homogène avec ce qui se passe à la surface de ce champ, qui est neutre. La cs comme phénomène physique est précisément ce qui engendre cette tension. - 67 - La fascination est absolument essentielle au phénomène de constitution du moi. C'est en tant que fascinée que la diversité incoordonnée, incohérente, du morcelage primitif prend son unité. La réflexion est aussi fascination, blocage. - une machine peut faire des [cette] expérience. Le mouvement de la machine est ainsi coordonné par la perception d'un certain stade atteint par l'autre. C'est ce qui correspond à l'élément de fascination. - ce vers quoi se dirigera la première dépendra toujours de ce vers quoi se dirigera l'autre. / Il n'en résultera rien de moins que la situation en impasse qui est celle de la constitution de l'objet humain. [en effet elle se détruiront sur le point de convergence de leur désir] - Un objet appréhendé, désiré, c'est lui ou moi qui l'aura, il faut bien que ce soit l'un ou l'autre. - Cette rivalité constitutive de la connaissance à l'état pur, est évidemment virtuelle. Il n'y a pas de connaissance à l'état pur, car la stricte communauté de moi et de l'autre dans le désir de l'objet amorce tout autre chose, à savoir la reconnaissance. - 68 -La reconnaissance suppose très évidemment un troisième - que nous trouvons dans l'ics. - il faudrait, pour que le sujet humain apparaisse, que la machine, dans les informations qu'elle donne, se compte elle-même, comme une unité parmi les autres. Et c'est précisément la seule chose qu'elle ne peut pas faire. - Où l'individu en fonction subjective se compte-t-il lui-même - sinon dans l'ics 
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 132 - [dans la première théorie de Freud, la cs est] un appareil qui, du monde extérieur, reflète non seulement les incitations, mais (...) la structure. - [Or cette cs est bien structurante, et pourtant elle n'explique rien, à défaut d'une théorie de l'imaginaire.] 133 - la mémoire est ici conçue comme une suite d'engrammes, comme somme de séries de frayages, et cette conception s'avère tout à fait insuffisante si nous n'y introduisons la notion d'image. Si l'on pose qu'une série de frayages (...) fait surgir une image dans un appareil psychique conçu comme une simple plaque sensible, il va de soi que, dès que la même série est réactivée par une nouvelle excitation (...), la même image se reproduit. Autrement dit, toute stimulation tend à produire une HALLUCINATION. - Voilà ce que veut dire processus primaire . - Le problème est alors celui du rapport de l'hallucination avec la réalité.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 133 - Freud est amené à restaurer le système de la cs et son autonomie paradoxale du point de vue énergétique. Si l'enchaînement des expériences a des effets hallucinatoires, il faut un appareil correcteur, un test de la réalité. - A quelles hypothèses supplémentaires est-il conduit ? - 135 - inhibition et information. - il faut que le moi (...) inhibe au maximum les passages d'énergie dans ce système. - 137 - Jugement, pensée, etc., sont des décharges énergétiques en tant qu'inhibées. - 144 - [Dans la Science des rêves, la théorie de Freud, remaniée, s'oppose à un nouveau paradoxe : ] le paradoxe du système de la cs - il faut qu'il soit là et qu'il ne soit pas là. - 169 - la façon dont le schéma est construit a la singularité de représenter comme dissociés, aux deux points terminaux de la circulation orientée par l'élaboration psychique, l'envers et l'endroit d'une même fonction, à savoir la perception et la cs.
1964 - Position de l'inconscient - 830 - L'inconscient n'est pas une espèce définissant dans la réalité psychique le cercle de ce qui n'a pas l'attribut (ou la vertu) de la conscience. - l'ics d'avant Freud n'est pas purement et simplement - L'ics avant Freud n'est rien de plus consistant que cet in-noir, soit l'ensemble de ce qu'on ordonnerait aux sens divers du mot noir - 832 - La seule fonction homogène de la conscience est dans la capture imaginaire du moi par son reflet spéculaire et dans la fonction de méconnaissance qui lui en reste attachée.




CORPS



1938 - Les complexes familiaux - 98 - Le symptôme hystérique [hystérie] , qui est une désintégration d'une fonction somatiquement localisée : paralysie, anesthésie, algie, inhibition, scotomisation, prend son sens du symbolisme organomorphique - structure fondamentale du psychisme humain selon Freud, manifestant par une sorte de mutilation le refoulement de la satisfaction génitale. Ce symbolisme, pour être cette structure mentale par où l'objet participe aux formes du corps propre, doit être conçu comme la forme spécifique des données psychiques du corps morcelé - C'est par un sacrifice mutilateur que l'angoisse est ici occultée .
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - l'objectivité est le corrélat d'une raison pure - l'objectalité est le corrélat d'un pathos de coupure - rejoint (...) ce qui reste pétri de causalité [objet] - Partout la cause et sa fonction s'avère irréfutable même si elle est irréductible, presque insaisissable à la critique. - c'est ce morceau charnel (...), cette part de nous-mêmes prise dans la machine, à jamais irrécupérable, cet objet comme perdu, aux différents niveaux de l'expérience corporelle où se produit sa coupure, c'est lui qui est le support, le substrat authentique de toute fonction comme telle de la cause. - il convient de rappeler qu'elle est corps - c'est ce qui reste au dernier terme, désir du corps, désir du corps de l'autre et rien que désir de son corps.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - après que de longs siècles nous aient fait, dans l'art, un corps spiritualisé, le corps de la phénoménologie contemporaine est une âme corporéisée.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - le sujet, dès qu'il parle, est déjà dans son corps, par cette parole impliquée. - il y a toujours dans le corps, et du fait même de cet engagement de la dialectique signifiante, quelque chose de séparé, quelque chose de statufié, quelque chose de, dès lors inerte, il y a la livre de chair. - c'est toujours de notre chair que nous devons solder la dette- [cf. les sources du sentiment anti-sémite] ce peuple en tant qu'il se présente, en tant qu'il subsiste de lui-même dans la fonction qu'à propos du (a), j'ai déjà articulé, d'un nom que j'ai appelé celle du reste - [quant à la solution chrétienne, elle se présente comme issue masochiste] dans ce rapport irréductible à l'objet de la coupure. Pour autant que le chrétien a appris, à travers la dialectique de la rédemption, à s'identifier idéalement à celui qui, un temps, s'est fait identique à cet objet même, au déchet laissé par la vengeance divine.




COUPURE



1958/59 - Le désir et son interprétation - 20/05/59 - Il y en a trois espèces - 1° - cet animal, tout humain qu'il soit, n'est après tout qu'un boyau avec deux orifices, celui par où ça rentre et l'autre par où ça sort. - c'est là ce par quoi se constitue l'objet dit prégénital, pour autant qu'il vient remplir sa fonction signifiante [= de coupure] dans le fantasme. C'est pour autant que ce dont se nourrit le sujet se coupe à quelque moment de lui (....) [ou bien inversement, stade sadique-oral,le sujet] le coupe, ou tout au moins fasse effort pour le couper, et mordre. - 2° - c'est le le phallus qui se trouve symboliser le sujet. - Ici au niveau du complexe de castration, nous lui retrouvons une autre forme [de coupure] qui est celle de la mutilation. - c'est une coupure. C'est ce qui fait que le sujet qui a subi la mutilation comme un individu particulier dans le troupeau porte désormais sur lui la marque d'un signifiant qui l'extrait d'un état premier pour le porter, l'identifier à une puissance d'être différente, supérieure. C'est le sens de toute espèce d'expérience de traversée initiatique [" se couper de", d'un monde, etc.] - [3° ce sont les objet du délire : la voix (le regard n'est pas encore théorisé ici), objets du délire au sens où Freud dit qu'il y tient "comme à lui-même" le psychotique - Par ailleurs faut-il parler vraiment d'objets du délire ou d'objets de l'hallucination ?] - la voix dans le délire répond tout spécialement aux exigences formelles de ce "a", pour autant qu'il peut être élevé à la fonction signifiante de la coupure, de l'intervalle comme tel -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 27/05.59 - cet avènement du sujet au niveau de la coupure a quelque chose qu'il faut bien appeler un réel, mais qui n'est symbolisé par rien. [bien que la coupure, elle, soit d'abord symbolique, puis au niveau du fantasme] - point électif du rapport du sujet à ce que nous pouvons ici appeler son ÊTRE pur de sujet - j'ai pu définir cette fonction remplie par le fantasme comme une métonymie de l'être et identifier comme tel, à ce niveau, le désir. [coupure "pure" = sujet réel; coupure fantasme = être sujet ?]
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/07/59 - notre désir [d'analyste] doit se limiter à ce vide, à cette place que nous laissons au sujet pour qu'il s'y situe, à la coupure - la coupure qui est sans doute le mode le plus efficace de l'intervention, et de l'interprétation analytique. - dans cette coupure il y a (...) cet objet phallique latent à tout rapport de demande comme signifiant du désir.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 29/01/59 - le fantasme a toujours cette structure ; il n'est pas simplement relation d'objet. Le fantasme est quelque chose qui coupe, un certain évanouissement, une certaine syncope signifiante du sujet en présence d'un objet. -24/06/59 - dans le fantasme le sujet est présent comme sujet du discours ics - il est représenté (...) par la fonction de coupure.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 24/06/59 - C'est en tant que la coupure est à la fois constitutive et en même temps irrémédiablement externe au discours en tant qu'elle le constitue, qu'on peut dire que le sujet, en tant qu'il s'identifie à la coupure, est vervorfen [rejeté]. C'est bien à cela qu'il appréhende, ou s'aperçoit comme réel. - c'est en tant qu'il est la coupure de ce discours qu'il est au suprême degré un "je suis" - cette possibilité de couper quelque part le discours, de mettre la ponctuation. Cette propriété où gît son être essentiel, son être où il s'aperçoit en tant que la seule intrusion réelle qu'il apporte radicalement dans le monde comme sujet, l'exclut pourtant (..) de toutes les autre relations vivantes -
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 801 - il nous faut tout ramener à la fonction de coupure dans le discours, la plus forte étant celle qui fait barre entre le signifiant et le signifié. - le discours dans la séance analytique ne vaut que de ce qu'il trébuche ou même s'interrompt - Cette coupure de la chaîne signifiante est seule à vérifier la structure du sujet comme discontinuité dans le réel.
1961/62 - L'identification - 09/05/62 - [la fonction de signifiance] nous pouvons la définir par la fonction de la coupure. - 16/05/62 - le sujet en tant que marqué par le signifiant est proprement, dans le fantasme, coupure de a. - 23/05/62 - [prenons] la ligne du zéro originel de l'histoire effective de la logique - nul c'est la racine du tous - Cette ligne, pour nous, nous l'appelons coupure, une ligne - c'est notre départ - qu'il nous faut tenir a priori pour fermée. C'est là l'essence de sa nature signifiante - il est de la nature de chacun de ces tours de se fonder comme différents - C'est justement cela qui nous permet d'appréhender le réel.
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - l'angoisse apparaît dans la séparation - ce sont des objets séparables, ils ne sont pas séparables par hasard, comme la patte d'une sauterelle, ils sont séparables parce qu'ils ont déjà (...) un caractère plaqué. Ils sont là, accrochés. - fait vraiment tout à fait analogique par rapport à ce sein (...), il y a cet élément irréductible à la division de l'œuf en lui-même qui s'appelle le placenta (...) il y a là aussi quelque chose de plaqué. - privilège à un certain niveau, d'éléments qui nous pouvons qualifier d'ambocepteurs. - [pour la mère ou pour l'enfant] il y a deux coupures si distantes qu'elles laissent même pour les deux des déchets si différents car la coupure du cordon pour l'enfant laisse séparée de lui une chute qui s'appelle les enveloppes - Pour la mère, la coupure se place au niveau du placenta, c'est même pour ça qu'on appelle ça des caducs, et la caducité de cet objet (a) est là ce qui fait sa fonction.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - la lèvre, elle-même incarnation, si l'on peut dire d'une coupure (...) nous évoque singulièrement ce qu'il y aura (...) au niveau de l'articulation signifiante, au niveau des phonèmes - Il y a derrière la lèvre ce qu'Homère appelle "l'enclos des dents" et la morsure. C'est là autour que nous faisons jouer (...) sa thématique agressive, l'isolation fantasmatique de l'extrémité du sein - un objet non seulement partiel mais sectionné - [mais la vraie coupure est ailleurs] elle n'est pas conditionnée par l'agression sur le corps maternel - la coupure est intérieure à l'unité individuelle primordiale telle qu'elle se présente au niveau de la naissance, où la coupure se fait entre ce qui va devenir l'individu jeté dans le monde extérieur et ses enveloppes qui sont parties de lui-même - l'œuf, dans sa position intra-utérine, se présente dans une relation semi-parasitaire à l'organisme de la mère. - je dirai que la mamme se présente comme quelque chose d'intermédiaire et que c'est entre la mamme et l'organisme maternel qu'il nous faut concevoir que réside la coupure - la mamme est en quelque sorte plaquée, implantée sur la mère, c'est cela qui permet à la mamme de fonctionner structuralement au niveau du (a). C'est parce que le (a) est quelque chose dont l'enfant est séparé d'une façon en quelque sorte interne (...) qu'il est bel et bien le (a).
1961/62 - L'identification - 30/05/59 - Effet de signifiant, la coupure a d'abord été, pour nous, dans l'analyse phonématique du langage, cette ligne temporelle, plus précisément successive des signifiants [chaîne signifiante]. - Mais que va-t-il arriver si maintenant je vous incite à considérer la ligne elle-même comme coupure originelle ? - Si la ligne elle-même est coupure, chacun de ses éléments sera donc section de coupure, et c'est cela en somme qui introduit cet élément vif, si je puis dire, du signifiant que jai appelé le huit intérieur, à savoir précisément la boucle. La ligne se recoupe : quel est l'intérêt de cette remarque ? La coupure portée sur le réel y manifeste, dans le réel, ce qui est sa caractéristique et sa fonction, et ce qu'il introduit dans notre dialectique, contrairement à l'usage qui en est fait que le réel est le divers, le réel, depuis toujours, je m'en suis servi de cette fonction originelle pour vous dire que le réel est ce qui introduit le même, ou plus exactement le réel est ce qui revient toujours à la même place. - A n'est pas identique à A - nul moyen de faire apparaître le même, sinon du côté du réel. Autrement dit la coupure (...) ne peut savoir qu'elle s'est fermée, qu'elle ne repasse par elle-même que parce que le réel, en tant que distinct du signifiant, est le même. En d'autre termes, seul le réel la ferme. Une courbe fermée, c'est le réel révélé. - il faut que la coupure se recoupe - la coupure est un trait qui se recoupe -
1964 - Position de l'inconscient - 839 - Le sujet, le sujet cartésien, est le présupposé de l'ics - L'Autre est la dimension exigée de ce que la parole s'affirme en vérité. L'ics est entre eux leur coupure en acte.




CREATION



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 144 - La notion de la création doit être maintenant promue par nous (...) parce qu'elle est centrale, non seulement dans (...) le motif de la sublimation, mais dans celui de l'éthique au sens le plus large. Je pose ceci, qu'un objet peut remplir cette fonction qui lui permet de ne pas éviter la Chose comme signifiant, mais de la représenter, en tant que cet objet est créé. - 146 - [le vase =] un objet fait pour représenter l'existence du vide au centre du réel qui s'appelle la Chose - le potier (...) crée le vase autour de ce vide avec sa main, (...) ex nihilo , à partir du trou. - il y a identité entre le façonnement du signifiant et l'introduction dans le réel d'une béance, d'un trou. - 147 - la science moderne, celle née de Galilée [et l'efficacité depuis de la saisie symbolique] n'avait pu se développer qu'à partir de l'idéologie biblique, judaïque - [de plus, avec la création] c'est bien ainsi qu'au cours des âges (...) est située l'articulation, la balance du problème moral [ETHIQUE]. - 150 - Il s'agit en effet de la Chose en tant qu'elle est définie par ceci qu'elle définit l'humain [homme "en fonction de médium entre le réel et le signifiant" p.155] - encore que justement, l'humain nous échappe. En ce point, ce que nous appelons l'humain ne serait pas défini autrement que de la façon dont j'ai défini tout à l'heure la Chose, à savoir ce qui du réel pâtit du signifiant. - Il s'agit du fait que l'homme façonne ce signifiant [par ex. le vase] et l'introduit dans le monde - autrement dit, de savoir ce qu'il fait en le façonnant à l'image de la Chose, alors que celle-ci se caractérise en ceci, qu'il nous est impossible de l'imaginer. C'est là que se situe le problème de la sublimation.




CRI



1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 68 - la Chose ne se présente à nous que pour autant qu'elle fait mot, comme on dit faire mouche . Dans le texte de Freud, la façon dont l'étranger, l'hostile, apparaît dans la première expérience de la réalité pour le sujet humain, c'est le cri. Ce cri, dirai-je, nous n'en avons pas besoin. [cf. Rousseau]. - En allemand, das Wort est à la fois le mot et la parole. En français, - Mot , c'est essentiellement point de réponse [motus]. Mot , dit quelque part La Fontaine, c'est ce qui se tait, c'est justement ce à quoi aucun mot n'est prononcé. - Les choses dont il s'agit (...) sont les choses en tant que muettes. Et des choses muettes, ce n'est pas tout à fait la même chose que des choses qui n'ont aucun rapport avec les paroles.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - cette manifestation de l'angoisse coincidant avec l'émergence même au monde de celui qui sera le sujet, c'est le cri : le cri (...) comme rapport non pas originel mais terminal à ce que nous devons considérer comme étant le cœur même de cet Autre, en tant qu'il s'achève pour nous à un moment comme notre prochain.
1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 17/03/65 - Le cri fait en quelque sorte le silence se pelotonner dans l'impasse même d'où il jaillit - le cri est traversé par l'espace du silence, sans qu'il l'habite ; il ne sont liés ni d'être ensemble ni de se succéder ; le cri fait le gouffre où le silence se rue. - ce qui le fait différent, même de toute forme les plus réduites du langage, c'est la simplicité, la réduction de l'appareil mis en cause. Ici le larynx n'est plus que syrinx. L'implosion, l'explosion, la coupure, manquent. - Ce silence c'est le lieu même où apparaît le tissu sur quoi se déroule le message du sujet - Le se taire n'est pas le silence - faites silence et taisez-vous, ce sont deux choses différentes ; la présence du silence n'implique nullement qu'il n'y ait pas un qui parle.


 

CRIME



1932 - Thèse - 302 - [la doctrine freudienne permet d'établir une distinction entre les crimes du Moi (où rentrent tous les crimes dits d'intérêts) et les crimes du Soi (où rentrent les crimes purement pulsionnels, tels qu'on les rencontre typiquement dans la démence précoce.[le criminel ne veut tuer ici non plus son moi ou son sur-moi, mais sa maladie ou, plus généralement, le "mal": agression symbolique] - Entre ces deux classes (...) notre étude permet de déterminer un type de crimes, les crimes des délires de quérulance et des délires d'autopunition , qui sont des crimes du Surmoi. - [intermédiaire entre le Moi et le Soi] - 303 - dans la technique [psychanalytique] applicable aux psychoses en clinique fermée (...) on trouve un test d'évaluation rigoureuse des pulsions agressives d'un sujet donné. -
1933 - "Motifs du crime paranoïaque..." (Thèse) - 392 - La pulsion agressive, qui se résout dans le meurtre, apparaît (...) comme l'affection qui sert de base à la psychose. On peut la dire inconsciente, ce qui signifie que le contenu intensionnel qui la traduit dans la conscience ne peut se manifester sans un compromis avec les exigences sociales intégrées par le sujet, cad sans un camouflage de motifs, qui est précisément tout le délire. Mais cette pulsion est empreinte en elle-même de relativité sociale : elle a toujours l'intentionnalité d'un crime, presque constamment celle d'une vengeance, souvent le sens d'une punition, cad d'une sanction issue des idéaux sociaux, parfois enfin elle s'identifie à l'acte achevé de la moralité, elle a la portée d'une expiation (autopunition).- 393 - Le contenu intellectuel du délire nous apparaît (...) comme une superstructure à la fois justificative et négatrice de la pulsion criminelle [elle la diffère : délirer c'est différer un meurtre]. Nous le concevons donc comme soumis aux variations de cette pulsion, à la chute qui résulte par exemple de son assouvissement - Les défaut corrélatifs des descriptions et des explications classiques, ont longtemps fait méconnaître l'existence, pourtant capitale, de telles variations, en affirmant la stabilité des délires paranoïaques, alors qu'il n'y a que constance de structure [la psychose (structure) n'est pas le délire] -
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 141 - Ainsi la tension agressive intégrant la pulsion frustrée chaque fois que le défaut d'adéquation de l'"autre" [dans la dialectique du moi et de son semblable - la pulsion se faisant alors pulsion de mort] fait avorter l'identification résolutive, elle détermine par là un type d'objet qui devient criminogène dans la suspension de la dialectique du moi.
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 132 - [le crime] l'individu en tant qu'il est normal s'en sert pour des conduites réelles ; en tant qu'il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques. - 135 - [or] en irréalisant le crime, elle [la psychanalyse] ne déshumanise pas le criminel.
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 129 - la première situation dont encore nous sommes redevables à l'initiative freudienne d'avoir amené la notion (...) c'est justement celle du crime dans ses deux formes les plus abhorrées, l'Inceste et le Parricide, dont l'ombre engendre toute la pathogénie de l'Œdipe. - 130 - Dieu est mort, plus rien n'est permis. [= névrose] / Ces maux et ces gestes, la signification de l'auto-punition les couvre tous. Va-t-il donc falloir l'étendre à tous les criminels (...) ? - 132 - les effets psychopathologiques en leur majeure partie (...) où sont révélées les tensions issues de l'œdipisme (...) expriment une déhiscence du groupe familial au sein de la société. - 133 - Cette conception qui se justifie par la réduction de plus en plus étroite de ce groupe à sa forme conjugale, et par la conséquence qui s'ensuit du rôle formateur de plus en plus exclusif qui lui est réservé dans les premières identifications de l'enfant comme dans l'apprentissages des premières disciplines, explique l'accroissement de la puissance captatrice de ce groupe sur l'individu à mesure même du déclin de sa puissance sociale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 302 - [la limite de la seconde mort] Je vous l'ai déjà produite dans Sade, comme celle qui voudrait traquer la nature dans le principe même de sa puissance formatrice, réglant les alternances de la corruption et de la génération. - une transgression est possible, qu'il appelle le crime. - 303 - par le crime, il est au pouvoir de l'homme de délivrer la nature des chaînes de ses propres lois [cf. l'expression "contre-nature"] - Ce n'est pas pour rien que le crime est pour nous un horizon de notre exploration du désir, et que ce soit à partir d'un crime originel que Freud ait dû tenter de reconstruire la généalogie de la loi. - Dans le scénario sadique typique, la souffrance ne mène pas la victime à ce point qui la disperse, et qui l'anéantit. Il semble au contraire que l'objet des tourments doive conserver la possibilité d'être un support indestructible. - Et c'est en cela que gît la conjonction entre les jeux de la douleur et les phénomènes de la beauté - Je vous le montrerai dans le texte de Sade si manifeste que l'on finit par ne plus le voir. Les victimes sont toujours parées, non seulement de toutes les beautés, mais de la grâce [éternelle] même, qui en est la fleur dernière. - 304 - Les formes qui sont à l'œuvre dans la connaissance, nous dit Kant, sont intéressées dans le phénomène du beau, mais sans que l'objet soit concerné. Ne saisissez-vous pas l'analogie avec le fantasme sadique ? - où l'objet n'est là que comme pouvoir d'une souffrance, qui n'est elle-même que le signifiant d'une limite. La souffrance est là conçue comme une stase qui affirme que ce qui est [existence] ne peut pas rentrer dans le néant d'où il est sorti. C'est bien ici la limite que le christianisme a érigée à la place de tous les autres dieux, sous la forme de cette image exemplaire tirant à elle secrètement tous les fils de notre désir - l'image de la crucifixion.




CROYANCE