Bande de Moebius - Barré
- Beau - Besoin -
Bien - Bonheur -
ça -
Castration - Cause -
Certitude - Chose -
Colère - Comédie -
Comique - Communication
- Complexe - Connaissance
- Conscience - Corps -
Coupure - Création -
Cri - Crime -
Croyance - Culpabilité
BANDE DE MŒBIUS
1962/63 - L'angoisse - 09/01/63 - Qu'est-ce qui fait qu'une image
spéculaire est distincte de ce qu'elle représente ? c'est que la droite
devient la gauche et inversement. - Une surface à une seule face ne peut pas
être retournée. - [Ainsi une bande de Mœbius] si vous en retournez une sur
elle-même, elle sera toujours identique à elle-même. C'est ce que j'appelle
n'avoir pas d'image spéculaire.
BARRE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - Toute espèce
de signifiant est de sa nature quelque chose qui peut être barré. [cf. la
fonction du zéro] - pour tout ce qui n'est pas signifiant, cad en
particulier à l'occasion pour le réel [dualisme ici réel/signifiant... la
barre au milieu], la barre devient un des modes les plus sûrs et les plus
courts de son élévation à la dignité de signifiant - [cf. le fantasme de
l'enfant battu [avec quelque chose comme une barre = barré = annulé comme
sujet ; mais il y a un second temps:] quand il s'agit du sujet lui-même, il
devient au contraire le signe qu'il est aimé, lui, le sujet, il accède en
effet à l'ordre de l'amour (...) parce qu'il est battu - [ici] le sujet
lui-même se trouve élevé à cette dignité de sujet signifiant, (...) il est
pris à ce moment là dans on registre positif, dans son registre inaugural.
BEAU
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 279 - le beau a pour effet
de suspendre, d'abaisser, de désarmer, dirai-je, le désir. La manifestation
du beau intimide, interdit le désir.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 302 - [la limite de la
seconde mort] Je vous l'ai déjà produite dans Sade, comme celle qui voudrait
traquer la nature dans le principe même de sa puissance formatrice, réglant
les alternances de la corruption et de la génération. - une transgression
est possible, qu'il appelle le crime. - 303 - par le crime, il est au
pouvoir de l'homme de délivrer la nature des chaînes de ses propres lois
[cf. l'expression "contre-nature"] - Ce n'est pas pour rien que le crime est
pour nous un horizon de notre exploration du désir, et que ce soit à partir
d'un crime originel que Freud ait dû tenter de reconstruire la généalogie de
la loi. - Dans le scénario sadique typique, la souffrance ne mène pas la
victime à ce point qui la disperse, et qui l'anéantit. Il semble au
contraire que l'objet des tourments doive conserver la possibilité d'être un
support indestructible. - Et c'est en cela que gît la conjonction entre les
jeux de la douleur et les phénomènes de la beauté - Je vous le montrerai
dans le texte de Sade si manifeste que l'on finit par ne plus le voir. Les
victimes sont toujours parées, non seulement de toutes les beautés, mais de
la grâce [éternelle] même, qui en est la fleur dernière. - 304 - Les formes
qui sont à l'œuvre dans la connaissance, nous dit Kant, sont intéressées
dans le phénomène du beau, mais sans que l'objet soit concerné. Ne
saisissez-vous pas l'analogie avec le fantasme sadique ? - où l'objet n'est
là que comme pouvoir d'une souffrance, qui n'est elle-même que le signifiant
d'une limite. La souffrance est là conçue comme une stase qui affirme que ce
qui est [existence] ne peut pas rentrer dans le néant d'où il est sorti.
C'est bien ici la limite que le christianisme a érigée à la place de tous
les autres dieux, sous la forme de cette image exemplaire tirant à elle
secrètement tous les fils de notre désir - l'image de la crucifixion.
1960/61 - Le Transfert - 23 - Que les analystes eux-mêmes - j'espère qu'ici,
personne ne se sentira visé - ne se recommandent pas par un agrément
corporel, c'est en quoi la laideur socratique donne son plus noble
antécédent, en même temps, d'ailleurs, qu'elle nous rappelle que ce n'est
pas du tout un obstacle à l'amour. - [Socrate, l'analyste] franchement, il
porte toutes les marques de l'intouchable. - En somme l'analyse est la seule
praxis où le charme soit un inconvénient. Il romprait le charme. Qui donc a
entendu parler d'un analyste de charme ? -
1960/61 - Le Transfert - 152 - [Diotime] introduit la thématique de
l'amour et du beau. 153 - Le beau est le mode d'une sorte d'accouchement
(...) de la pénible menée de tout ce qui est mortel vers ce à quoi il
aspire, c'est-à-dire l'immortalité. - 154 - S'il y a deux désirs chez
l'homme, qui le captent, d'une part dans le rapport à l'éternité, et d'autre
part, dans le rapport de génération, avec la corruption et la destruction
qu'il comporte, c'est le désir de mort en tant qu'inapprochable , que le
beau est destiné à voiler. - Le désir de beau, désir en tant qu'il s'attache
à ce mirage, qu'il y est pris, est ce qui répond à la présence cachée du
désir de mort. Le désir du beau, c'est ce qui, inversant cette fonction,
fait le sujet choisir sa trace, les appels, de ce que lui offre l'objet, ou
certains entre les objets.
1960-61 - Le Transfert - 20 - ce besoin d'en rajouter que j'ai toujours, et
qui est à chercher dans mon goût de faire beau. [Lacan]
1963 - Kant avec Sade - 776 - la fonction de la beauté : barrière extrême à
interdire l'accès à une horreur fondamentale.
BESOIN
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/02/58 - il n'y a pas
d'état originel ni pur du besoin, et que dès l'origine le besoin est motivé
sur le plan du désir, cad de quelque chose qui chez l'homme est destiné à
avoir un certain rapport avec le signifiant - quelque chose qui a
essentiellement un rapport fondamental avec l'absence de cet objet - [le
simple fait de la faim chez l'enfant, du besoin de la faim] c'est quelque
chose qui se présente déjà avec un caractère d'excès si je puis dire,
d'exorbitant, c'est justement ce qu'on a déjà défendu à l'enfant, le rêve de
la petite Anna Freud : cerises, fraises, framboises, flan, tout ce qui est
déjà entré dans une caractéristique proprement signifiante (...), qui
consiste à se présenter sous le mode de festin de choses qui passent les
limites justement de ce qui est l'objet naturel de la satisfaction du
besoin.
BIEN
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 85 - Eh bien, le pas fait,
au niveau du principe du plaisir, par Freud, est de nous montrer que qu'il
n'y a pas de Souverain Bien - que le Souverain Bien, qui est das Ding , qui
est la mère, l'objet de l'inceste, est un bien interdit, et qu'il n'y a pas
d'autre bien. Tel est le fondement, renversé chez Freud, de la loi morale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 270 - Le domaine du bien est
la naissance du pouvoir. La notion de la disposition du bien est essentielle
(...), la revendication de l'homme parvenu (...) à disposer de lui-même. -
disposer de ses biens, c'est avoir le droit d'en priver les autres. - Je
veux dire que le pouvoir d'en priver les autres, voilà un lien très fort
d'où va surgir l'autre comme tel. - Opposant la privation à la frustration
et à la castration, je vous ai dit qu'elle était une fonction instituée
comme telle dans le symbolique, en ce sens que rien n'est privé de rien, ce
qui n'empêche pas que le bien dont on est privé est tout à fait réel. Mais
l'important est de savoir que le privateur est une fonction imaginaire. -
274 - La véritable nature du bien, sa duplicité profonde, tient à ce qu'il
n'est pas purement et simplement bien naturel, réponse à un besoin, mais
pouvoir possible, puissance de satisfaire ["faire" le bien]. De ce fait,
tout le rapport à l'homme avec le réel des biens s'organise par rapport au
pouvoir qui est celui de l'autre, l'autre imaginaire, de l'en priver. - nous
définirons l'idéal du moi du sujet comme représentant le pouvoir de faire le
bien - 275 - quant au moi idéal (...) il représente par lui-même celui qui
nous prive.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 46 - [Le bien, et la morale
du bien, ne peut pas être du côté de la vraie morale, du côté du principe de
réalité:] Pourquoi toujours revenir à ce même thème du plaisir ? A quoi
tient l'exigence interne qui conduit l'éthicien à tenter de réduire les
antinomies qui s'attachent à ce thème - du fait que le plaisir apparaît le
terme opposé à l'effort moral, et qu'il faut pourtant qu'il y trouve la
référence dernière [bien = principe de plaisir, irrémédiablement] - 261 -
toute méditation sur le bien de l'homme, depuis l'origine de la pensée
moraliste (...) s'est faite en fonction de l'index du plaisir - [s'acharnant
à distinguer] les vrais et les faux biens que le plaisir indique - [du
nouveau avec Freud:] - 262 - Or le nerf du principe de plaisir se situe au
niveau de la subjectivité. - la répétition du besoin [par ex., ne joue que
comme] (...) besoin de répétition, ou plus exactement de la compulsion de
répétition. - 265 - La question du bien est à cheval sur le principe du
plaisir et le principe de réalité. - en vérité, nous faisons de la réalité
avec du plaisir. Cette notion est essentielle. Elle se résume tout entière
dans la notion de praxis (...) en tant qu'elle concerne, d'une part, la
dimension éthique (...), d'autre part la fabrication la production ex nihilo
-
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 276 - Pour nous, dans le
discours de la communauté, du bien en général, nous avons affaire aux effets
d'un discours de la science où se montre pour la première fois dévoilée la
puissance du signifiant comme tel. - une aliénation supplémentaire. - 277 -
En quoi ? En ceci que c'est un discours qui, par structure, n'oublie rien.
[mathématiques] C'est en cela qu'il se différencie du discours de la
mémorisation première qui se poursuit en nous à notre insu, du discours
mémorial de l'ics dont le centre est absent, dont la place est située par le
il ne savait pas qui est proprement le signe de cette omission fondamentale
où le sujet vient se situer.
BONHEUR
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 347 - La psychanalyse fait
tourner tout l'accomplissement du bonheur autour de l'acte génital. - Sans
doute, dans cet acte, en un seul moment, quelque chose peut-il être atteint
par quoi un être pour un autre est à la place vivante et morte à la fois de
la Chose. Dans cet acte, et à ce seul moment, il peut simuler avec sa chair
l'accomplissement de ce qu'il n'est nulle part.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 338 - C'est du fait de
l'entrée du bonheur dans la politique que la question du bonheur n'a pas
pour nous de solution aristotélicienne possible - Il ne saurait y avoir de
satisfaction d'aucun sans la satisfaction de tous.
ÇA
1955 - La Chose freudienne - 416 - "Wo Es war' soll Ich werden." /
[sujet] Formule où la structuration signifiante montre assez sa prévalence.
- [Ce n'est pas : là où le Ça était, le Moi doit advenir. - 417 -
Contrairement à la forme que ne peut éviter la traduction anglaise : "Where
the id was, there the ego shall be", freud n'a pas dit : das Es , ni : das
Ich , comme il le fait habituellement pour désigner ces instances où il a
ordonné alors depuis dix ans sa nouvelle topique - il apparaît ici que c'est
au lieu : Wo , où Es , sujet dépourvu d'aucun das ou autre article
objectivant, war , était, c'est d'un lieu d'être qu'il s'agit, et qu'en ce
lieu : soll , c'est un devoir au sens moral qui là s'annonce (...), Ich ,
je, là dois-je (comme on annonçait : ce suis-je, avant qu'on dise : c'est
moi), werden , devenir, cad non pas survenir, ni même advenir, mais venir au
jour de ce lieu même en tant qu'il est lieu d'être. - [C'est donc du sujet
qu'il retourne - lequel se "retourne" - dans les deux parties de la phrases
:] Ainsi l'c' élidé qui va apparaître (...) nous suggère-t-il la production
d'un verbe : s'être, où s'exprimerait le mode de la subjectivité absolue, en
tant que Freud l'a proprement découverte dans son excentricité radicale :
"là où c'était, peut-on dire, là où s'était, voudrions-nous faire qu'on
entendît, c'est mon devoir que je vienne à être." [Et non pas comme dans
cette traduction idiote : "le moi doit déloger le ça."]
CASTRATION
1938 - Les complexes familiaux - 60- l'examen de ces fantasmes qu'on
trouve dans les rêves et dans certaines impulsions permet d'affirmer qu'ils
ne se rapportent à aucun corps réel, mais à un mannequin hétéroclite, à une
poupée baroque, à un trophée de membres où il faut reconnaître l'objet
narcissique (...) : [dont la genèse est] conditionnée par la précession,
chez l'homme, de formes imaginaires du corps sur la maîtrise du corps
propre, par la valeur de défense que le sujet donne à ces formes, contre
l'angoisse du déchirement vital, fait de la prématuration. Le fantasme de
castration (...) représente la défense que le moi narcissique, identifié à
son double spéculaire, oppose au renouveau d'angoisse qui, au premier
mouvement de l'œdipe, tend à l'ébranler - A l'angoisse réveillée par cet
objet, le sujet répond en reproduisant le rejet masochiste par où il a
surmonté sa perte primordiale, mais il l'opère selon la structure qu'il a
acquise, cad dans une localisation imaginaire [= phallique] de la tendance.
1955/56 - Les psychoses - 199 - [hystérie] Là où il n'y a pas de
matériel symbolique, il y a obstacle, défaut, à la réalisation de
l'identification essentielle à la réalisation de la sexualité du sujet. -
202 - [Or par ailleurs, c'est bien parce que le symbolique règle tout, mais
parce qu'il est également synonyme de castration (incomplétude) que le sujet
est amené à se poser la question névrotique (le symbolique est la condition
de la névrose) : car malgré la "valeur explicative fondamentale" du
signifiant] Il y a tout de même une chose qui échappe à la trame symbolique
, c'est la procréation dans sa racine essentielle - qu'un être naisse d'un
autre. La procréation est, dans l'ordre symbolique, couverte par l'ordre
instauré de cette succession entre les êtres. Mais le fait de leur
individuation, le fait qu'un être sorte d'un être, rien ne l'explique dans
le symbolique. Tout le symbolique est là pour affirmer que la créature
n'engendre pas la créature, que la créature est impensable sans une
fondamentale création. [Mais la création - qui va du signifiant à la réalité
- est bien, comme telle, de l'ordre du symbolique, c'est pour cela qu'il ne
l'explique pas.] - Il y a en effet quelque chose de radicalement
inassimilable au signifiant. C'est tout simplement l'existence singulière du
sujet. - Le signifiant est incapable de lui donner la réponse, pour la bonne
raison qu'il le met justement au-delà de la mort. Le signifiant le considère
comme mort. - [Ambiguïté ici entre S (mort/inexistence) et A
(mort/existence)] Comme telle, la question de la mort est un autre mode de
la création névrotique de la question, son mode obsessionnel. [qu'est-ce
qu'une femme, donnant la vie, donnant la mort ?] - 215 - l'hystérie est une
question centrée autour d'un signifiant qui reste énigmatique quant à sa
signification. La question de la mort [obession], celle de la naissance
[hystérie], sont en effet les deux dernières qui n'ont justement pas de
solution dans le signifiant. C'est ce qui donne au névrosés leur valeur
existentielle. - L'hystérique se la pose de tout son être - comment peut-on
ou être mâle ou être femelle ? Ce qui implique bien que l'hystérique en a
tout de même la référence - avec son identification fondamentale à
l'individu du sexe opposé au sien, par où son propre sexe est interrogé. A
la façon hystérique de questionner ou... ou..., s'oppose la réponse de
l'obsessionnel, la dénégation, ni...ni..., ni mâle, ni femelle.
1956/57 - La relation d'objet (résumé Par Pontalis) - Ce que le
garçon a comme appartenance, il faut qu'il le tienne de quelqu'un d'autre :
c'est ce que nous avons appelé la dette symbolique, qui inscrit la
castration au cœur de la crise formatrice œdipienne [il s'agit ici du
devenir-ce-que-l'on-est]
1956/57 - La relation d'objet (résumé par Pontalis) - [Pour Hans] La
guérison survient au moment où s'exprime sous la forme d'une histoire très
articulée (fantasme de l'installateur). Tout se passe comme si l'avènement
de la castration mettait un terme à la phobie, montrant du même coup à quoi
la phobie supplée. On le voit le problème de Hans consisterait à passer
d'une appréhension phallique de la relation à la mère à l'appréhension
castrée du couple parental. Ce serait un progrès de l'imaginaire vers le
symbolique, une organisation de l'imaginaire en MYTHE qui permettrait à Hans
de franchir ce passage. - La phobie commence par introduire dans son monde
une structure de l'intérieur et de l'extérieur (jusque là il était en
quelque sorte à l'intérieur de sa mère [comme phallus intégré].
L'intervention du pénis réel lui commande de changer profondément son mode
de relation au monde ; il doit maintenant assumer qu'il y a des sujets
privés de phallus, ce qui n'est pas facile -
1956/57 - La relation d'objet - 446 - [Complexe de castration.
L'enfant s'aperçoit de ce qu'il a comme étant] quelque chose de misérable :
il devient dès lors la proie des significations de l'autre [c'est-à-dire
qu'il s'agit d'en répondre, de ce qu'on a, ou plutôt de ce qu'on a pas. D'où
l'angoisse. Cette réponse, c'est dans l'imaginaire qu'elle se trouve, et
c'est le père qui l'apporte (le père de Hans ne l'apporte justement pas) :
par son interdiction.]
1956/57 - La relation d'objet - 472 - [Le cheval c'est d'abord la
Mère phallique, dévoreuse, "au trés grand fait pipi", c'est ensuite le père
en tant qu'interdicteur. Mais justement, si phobie il y a, c'est que la
castration (a priori indépendante de l'interdit) n'a pas eu lieu. Elle n'a
pas eu lieu, parce qu'en l'espèce la mère maintient le jeu du leurre, et
parce que le père est complice de ce jeu en... ne l'interdisant pas (mais ce
n'est que la conséquence de l'absence de désir entre les deux époux). Et
alors, l'interdit, soit maintenant la "crainte" de la castration est vécue
névrotiquement, soit précisément sous la forme de l'interdit qui n'est que
refoulement de la véritable castration dont le sujet ne veut rien savoir.
Plutôt l'interdit, plutôt le cheval, ses crocs, et l'angoisse, que de
reconnaître l'absence de pénis chez la mère.]
1956/57 - La relation d'objet - 453 - [symbolique] La guérison arrive
au moment où s'exprime de la façon la plus claire (...) la castration comme
telle, c'est à savoir que "l'installateur" vient, la lui dévisse et lui en
donne une autre (...) On remplace ce qui est réel par quelque chose de plus
beau, de plus grand - 705 - [antériorité de la castration par la mère] en
tant qu'elle implique pour l'enfant la possibilité de la dévoration et de la
morsure (...). La castration paternelle en est un substitut [mais extrêment
fécond, parce que susceptible d'une suite, d'un développement dialectique :
il y a toujours la possibilité de tuer ou d'évirer le PÈRE, tandis que la
mère c'est pas possible!] [les fantasmes - en l'absence du rôle du père - de
la baignoire et du perçoir sont là pour essayer de dépasser la situation
primitive de pure menace de dévoration totale par la mère.]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - le symptôme
est toujours surdéterminé. Il n'y a pas de symptôme dont le signifiant ne
soit apporté d'une expérience antérieure, précisément (...) au niveau (...)
de ce qui est le cœur de tout ce qui est réprimé chez le sujet, à savoir ce
complexe de castration, de ce signifiant de A [S(A barré)?] qui est quelque
chose qui (...) s'articule dans le complexe de castration - la fameuse scène
primitive, qu'est-ce que c'est, si ce n'est précisément quelque chose qui
entre dans l'économie du sujet (...) toujours comme un signifiant - l'être
vivant saisi comme vivant, en tant que vivant, mais avec cet écart, cette
distance [transcendance] qui est justement celle qui constitue cette
autonomie de la dimension signifiante, le traumatisme de la scène primitive.
- cette vie qui se saisit dans une horrible aperception d'elle-même, dans
son étrangeté totale, dans sa brutalité opaque comme pur signifiant - C'est
ce qui apparaît de la vie à elle-même comme signifiant à l'état pur, cad
comme quelque chose qui ne peut pas encore d'aucune façon se résoudre,
s'articuler.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 12/03/58 - ce qui
s'articule à la base de cette relation œdipienne [chez la fille], c'est que
la femme doit se proposer ou plus exactement s'accepter elle-même comme un
élément de ce type des échanges [élémentaires, cf. Lévi-Strauss] - y devenir
elle-même cet objet d'échange. - nécessité pour une partie, une moitié
effectivement de l'humanité de devenir le signifiant de l'échange. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 26/03/58 - le sens de
cette crainte de la castration - [correspond à] un désir du sujet, celui de
son intégrité physique - crainte narcissique - nous trouvons
[corrélativement] la crainte de l'organe féminin (...) modèle de la
disparition de cet organe. - [Chez M. Klein, l'angoisse de l'enfant est de
retrouver au fond du vagin, ingurgité, le pénis paternel] - Mais là pour que
le dernier pas soit franchi, il faut en somme que l'organe paternel à
l'intérieur du sexe maternel, soit constitué comme menaçant - [dans toutes
ces théories on voit] le complexe de castration s'isolant en somme, se
réduisant à l'isolement d'une pulsion agressive primordiale partielle - [Un
indice déjà est le fait que] Ce n'est pas une castration s'adressant aux
organes génitaux dans leur ensemble, c'est bien pour cela d'ailleurs que
chez la femme elle ne prend pas l'aspect d'une menace contre les organes
génitaux féminins, en tant que tels, mais en tant qu'autre chose, justement
en tant que le phallus [les seins aussi, par ex.?] - [Chez l'homme
également, doit-on y "inclure" les testicules, etc.?] c'est quelque chose
qui a un certain rapport avec les organes, mais un certains rapport dont le
caractère justement signifiant déjà dès l'origine ne fait pas de doute, et
c'est le caractère signifiant qui domine.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - ce qui sert de
support à l'action symbolique propre qui s'appelle castration, est une image
(...) choisie dans le système imaginaire - quelque chose dans l'image de
l'autre est choisi pour porter la marque d'un manque qui est ce manque même
par où le vivant s'aperçoit, parce qu'il est humain, cad parce qu'il est en
rapport avec le langage, s'aperçoit comme exclu de l'omnitude des désirs,
comme quelque chose de limité, de local, comme créature - nous sommes déjà
morts par rapport (...) au mouvement lui-même de la vie, qu'à cause du
langage nous sommes capables de projeter dans sa totalité, et même plus,
dans sa totalité comme parvenue à sa fin. - système signifiant qui lui
permet de dominer son immanence de vivant, et de s'apercevoir comme déjà
mort. [Il n'y a pas d'autre explication à l'"instinct de mort"]. - Il n'y a
pas d'expérience de la mort, bien entendu, qui puisse y répondre, et c'est
bien pour cela que c'est symbolisé d'une autre façon. C'est symbolisé sur ce
point et cet organe précis où apparaît de la façon la plus sensible, ce qui
est la poussée de la vie. [phallus]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - [C'est pour
autant que le phallus se trouve situé en A, comme sa barre, que] la
castration s'introduit. Ce n'est jamais (...) par la voie d'une interdiction
sur la masturbation par exemple. [C'est originellement l'Autre qui est
castré, avant qu'il ne cherche à castrer] - [pour la fille] c'est d'abord
sous la forme d'un reproche à la mère que ce qui est perçu dans la mère
comme castration est donc aussi comme castration pour elle. - Et c'est parce
que le père ne vient ici qu'en position de remplacement [avec un pénis
symbolique, donc] pour ce dont elle se trouve d'abord frustrée, qu'elle
passe au plan de la privation. - pour tout ce qui est dans la ligne de son
désir, elle se trouve liée à la nécessité impliquée par la fonction du
phallos (...), d'être ce phallos en tant qu'il est le signe même de ce qui
est désiré - puisqu'en fin de compte tout ce qu'elle montre de sa féminité
est précisément lié à cette identification profonde [au phallus] - Ne croyez
pas que pour l'homme la situation soit meilleure. Elle est même plus
comique. Le phallos, lui, il l'a, le malheureux - [le voilà donc sommé de
donner] ce qu'il n'a pas, à un être qui n'a pas ce qu'il n'a pas -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/06/58 - le phallus est
le signifiant de ce qui est frappé par l'action du signifiant, de ce qui est
sujet à castration.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 29/04/92 - Il n'y a (...)
dans le réel aucune espèce de faille ou de fissure. Tout manque est manque à
sa place, mais manque à sa place est manque symbolique. - le réel, en tant
que tel, se définit comme toujours plein. [il n'y a de privation réelle
(trou) que d'un objet symbolique] - nous appelons cela "moins phi" (...)
comme étant l'essentiel de la marque sur l'homme de son rapport au logos,
cad la castration - cette connotation "moins phi" nous servira à définir
(...) l'objet "a".
1958/59 - Le désir et son interprétation - 13/05/59 - l'objet "a" se
définit d'abord comme le support que le sujet se donne pour autant qu'il
défaille. - qu'il défaille dans sa certitude de sujet. - C'est pour autant
que dans l'Autre, dans ce discours de l'Autre qu'est l'ics, quelque chose
fait défaut au sujet - ce quelque chose qui fait que le sujet y disparaît
comme tel en tant que ce discours est le discours de l'ics - [le] sujet
réel, bel et bien vivant (...) à soi tout seul n'est pas du tout un sujet -
[mais] le sujet payant le prix nécessaire à ce repérage de lui-même en tant
que défaillant est introduit à cette dimension toujours présente chaque fois
qu'il s'agit du désir, à savoir d'avoir à payer la castration. C'est-à-dire
que quelque chose de réel, sur lequel il a prise dans un rapport imaginaire,
est porté à la pure et simple fonction de signifiant. C'est le sens dernier
(...) de la castration comme telle.
1960/61 - Le Transfert - 274 - [le sujet] ce phallus, il l'est et il
ne l'est pas. cet intervalle, l'être et ne pas l'être, la langue permet de
l'apercevoir dans une formule où glisse le verbe être - il n'est pas sans
l'avoir. C'est autour de cette assomption subjective entre l'être et l'avoir
que joue la réalité de la castration.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 04/O2/59 - Jones fait de
l'aphanisis la substance de la crainte de la castration. - C'est [au
contraire] parce qu'il peut y avoir castration, (...) que dans le sujet
s'élabore cette dimension où il peut prendre crainte, alarme, de la
disparition possible, future de son désir. - [cad que la] prise de position
du sujet dans le signifiant implique la perte, le sacrifice d'un de ses
signifiants entre autre-
1958/59 - Le désir et son interprétation - 13/05/59 - Le "a", j'ai
dit que c'était l'effet de la castration. Je n'ai pas dit que c'était
l'objet de la castration. Cet objet de la castration nous l'appelons le
phallus.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 354 - il est plus commode de
subir l'interdit que d'encourir la castration.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 827 - La
castration veut dire qu'il faut que la jouissance soit refusée, pour qu'elle
puisse être atteinte sur l'échelle renversée de la Loi du désir.
1960-61 - Le Transfert - 114 - Le discours d'Aristophane, c'est la
dérision du Sphaïros platonicien, tel qu'il est articulé dans le Timée. -
115 - ce dont il s'agit dans ces formes où rien ne dépasse et ne se laisse
accrocher, a ses fondements dans la structure imaginaire - Mais à quoi tient
l'adhésion à ces formes en ce qu'elle est affective ? - sinon à la
Verwerfung de la castration. - Ces êtres, séparés en deux comme des
hémipoires, vont (...) mourir dans une vaine étreinte à se rejoindre. -
Comment la question va-t-elle se résoudre ? Aristophane nous parle là
exactement comme le petit Hans - on va leur dévisser le génitoire qu'ils ont
à la mauvaise place (...), à l'extérieur, et on va le leur revisser sur le
ventre [opération]
1961/62 - L'identification - 27/06/62 - l'objet "a" (...) l'objet de
la science analytique. - si nous voulons qualifier cet objet dans une
perspective proprement logique, j'accentue : logicisante, nous n'avons rien
de mieux à en dire sinon ceci qu'il est l'objet de la castration. - [à
l'inverse] Ce qui caractérise la structure de l'objet aristotélicien, c'est
que ce qui n'est pas hérisson est non-hérisson. C'est pourquoi je dis que
c'est la logique de l'objet de la privation. - Dans la nature, il y a de la
chose, si je puis m'exprimer ainsi, qui se présente avec du bord. Tout ce
que nous pouvons y conquérir, qui simule une connaissance, ça n'est jamais
que détacher ce bord et non pas s'en servir, mais l'oublier pour voir le
reste qui, chose curieuse, de cette extraction se trouve complètement
transformé, exactement comme le cross-cap vous l'image - le reste de la
sphère est transformé en une surface de Mœbius par l'énucléaton de l'objet
de la castration. Le monde entier s'ordonne d'une certaine façon qui nous
donne, si je puis dire, l'illusion d'être un monde. - [ce monde est] un
intermédiaire entre cet objet aristotélicien où cette réalité est en quelque
sorte masquée et notre objet [a] - point acosmique du désir en tant qu'il
est désigné par l'objet de la castration - cet objet petit "a" nous [le]
voyons surgir au point de défaillance de l'Autre, au point de perte du
signifiant parce que cette perte c'est la perte de cet objet même, du membre
jamais retrouvé d'Osiris démembré - [et] le sujet est uniquement
essentiellement coupure de cet objet - Le rapport de cet objet à l'image du
monde qui l'ordonne constitue ce que Platon a appelé à proprement parler la
dyade, à condition que nous nous apercevions que dans cette dyade le sujet S
barré et le petit "a" sont du même côté [de l'autre : i(a)] - Par rapport
[cf. schéma p.441] au corrélatif petit "a", à ce qui reste quand l'objet
constitutif du fantasme s'est séparé, être et pensée sont du même côté, du
côté de ce petit "a". Petit "a", c'est l'être en tant qu'il est
essentiellement manquant au texte du monde. - Toute métaphore, y compris
celle du symptôme cherche à faire sortir cet objet dans la signifiaction,
mais toute la pullulation de sens qu'elle peut engendrer n'arrive pas à
étancher ce dont il s'agit dans ce trou d'une perte centrale. - [autrement
dit] "a" peut être abordé par cette voie qui est ce que l'Autre (...) désire
dans le sujet défaillant, dans le fantasme, le S barré.
1962/63 - L'angoisse - 28/11/62 - Ce qui constitue l'angoisse, c'est
quand quelque chose, un mécanisme, fait apparaître (...) à la place qui
correspond à celle qu'occupe le "a" du désir, quelque chose (...) entendez
n'importe quoi - l'Unbeimlich, c'est ce qui apparaît à cette place. - c'est
le -phi, le quelque chose qui nous rappelle que ce dont tout part c'est de
la castration imaginaire, qu'il n'y a pas (...) d'image du manque. Quand il
apparaît quelque chose là, c'est donc, si je puis m'exprimer ainsi, que le
manque vient à manquer. - 26/03/63 - le (a) prend sa valeur de venir dans le
pot du (moins phi) - que ce vase-là devienne angoissant, pourquoi ? Parce
que ce qui vient à demi remplir le creux constitué de la castration
originelle, c'est ce petit (a) en tant qu'il vient d'ailleurs, qu'il n'est
supporté, constitué que par l'intermédiaire du désir de l'Autre. Et c'est là
que nous retrouvons l'angoisse et la forme ambiguë de ce bord qui, tel qu'il
est fait au niveau de l'autre vase, ne nous permet de distinguer ni
intérieur, ni extérieur. L'angoisse donc vient se constituer (...) dans un
rapport au-delà de ce vide d'un temps premier, si je puis dire, de la
castration. Et c'est pour cela que le sujet n'a qu'un désir quant à cette
castration première, c'est d'y retourner. - 29/05/63 - le phallus fonctionne
partout, sauf là où on l'attend (...) nommément au stade phallique - c'est
cet évanouissement de la fonction phallique comme telle à ce niveau où il
est attendu pour fonctionner, qui est le principe de l'angoisse de
castration. D'où la notation (moins phi) dénotant cette carence - 05/06/63 -
Que le phallus ne se trouve pas là où on l'attend (...) à savoir sur le plan
de la médiation génitale, voilà ce qui explique que l'angoisse est la vérité
de la sexualité, cad ce qui apparaît chaque fois que son flux se retire,
montre le sable. La castration est le prix à payer de cette structure, elle
se substitue à cette vérité. Mais en fait, ceci est un jeu illusoire, il n'y
a pas de castration parce que (...) il n'y a pas d'objet à castrer - Le
phallus, là où il est attendu comme sexuel, n'apparaît jamais que comme
manque
1962/63 - L'angoisse - 05/12/62 - c'est dans la mesure où sont
épuisées jusqu'à leur terme, jusqu'au fond du bol, toutes les formes de la
demande, jusqu'à la demande des zéros, que nous voyons au fond apparaître la
relation de la castration. La castration se trouve inscrite comme rapport à
la limite de ce cycle régressif de la demande.
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - l'orgasme [chez l'être humain]
coincide avec la mise hors de combat (...) de l'instrument par la
détumescence - [cf] la première intuition de Freud sur une certaine source
de l'angoisse - le coïtus interruptus [où] (...) l'instrument est mis au
jour dans sa fonction, soudain déchu, de l'accompagnement de l'orgasme, en
tant que l'orgasme est supposé signifier une satisfaction commune. -
l'angoisse est justement provoquée par (...) la mise hors de jeu de l'instrument
dans la jouissance. La subjectivité, si vous voulez, est focalisée sur la
chute du phallus. -
1962/63 - L'angoisse - 05/12/62 - Ce devant quoi le névrosé recule,
ce n'est pas devant la castration, c'est de faire de sa castration, la
sienne, ce qui manque à l'Autre [cad n'accepte pas d'être objet]. - Vouer sa
castration à cette garantie de l'Autre c'est là ce devant quoi le névrosé
s'arrête ; il s'y arrête pour une raison en quelque sorte interne à
l'analyse : c'est que c'est l'analyse qui l'amène à ce rendez-vous. La
castration n'est en fin de compte rien d'autre que le moment de
l'interprétation de la castration. -
1962/63 - L'angoisse - 26/03/63 - Que quelque chose comme un ordre
puisse être apporté dans ce trou, cette défaillance constitutive de la
castration primordiale, c'est ce que je crois que la circoncision incarne au
sens propre du mot. - Le circoncis a (...) le rapport le plus évident avec
la normativation de l'objet du désir. Le circoncis est consacré, consacré
moins encore à une loi qu'à un certain rapport à l'Autre, au grand A, et
c'est pour cela qu'il s'agit du petit (a). [?]
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - le phallus est plus significatif
dans le vécu humain par sa chute (...) que par sa présence, c'est là ce qui
désigne la possibilité de la place de la castration - elle est intimement
liée aux traits de l'objet caduc - objet partiel [partiel : du point de vue
du névrosé]
1964 - Les quatre concepts… - 62 - [Réponse à F. Dolto] La
description des stades, formateurs de la libido, ne doit pas être référée à
une pseudo-maturation naturelle, qui reste toujours opaque. Les stades
s'organisent autour de l'angoisse de castration. Le fait copulatoire de
l'introduction de la sexualité est traumatisant (...) et il a une fonction
organisatrice pour le développement. L'angoisse de castration est comme un
fil qui perfore toutes les étapes du développement. Elle oriente les
relations qui sont antérieures à son apparition proprement dite - sevrage,
discipline anale, etc. Elle cristallise chacun de ces moments dans une
dialectique qui a pour centre une mauvaise rencontre. Si les stades sont
consistants, c'est en fonction de leur registration possible en termes de
mauvaise rencontre. La mauvaise rencontre centrale est au niveau du sexuel.
CAUSE
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 8 - Considérons maintenant
la question du sujet. Quand on l'introduit, on s'introduit soi-même. -
Soi-même est donc en cause. / Ainsi, dès l'origine, Freud sait qu'il ne fera
de progrès dans l'analyse des névroses que s'il s'analyse.
1962/63 - L'angoisse - 16/01/63 - cet objet doit par nous être conçu
comme la cause du désir, et, pour reprendre ma métaphore de tout à l'heure,
l'objet est derrière le désir. - [dans le fétiche] se dévoile cette
dimension de l'objet comme cause du désir. Car ce n'est pas le petit
soulier, ni le sein, ni quoi que ce soit où vous incarniez le fétiche, qui
est désiré ; mais le fétiche cause le désir qui s'en va s'accrocher où il
peut, sur celle dont il n'est pas absolument nécessaire que ce soit elle qui
porte le petit soulier -
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - Qu'est-ce que le symptôme, c'est la
fuite du robinet. Le passage à l'acte c'est l'ouvrir, mais l'ouvrir sans
savoir ce qu'on fait. - Quelque chose se produit qui libère une cause -
Quant à l'acting-out, (...) ce n'est pas le fait d'ouvrir le robinet, (...)
c'est simplement la présence ou non du jet.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - la cause surgit toujours en
corrélation du fait que quelque chose est omis dans la considération de la
connaissance, que quelque chose est précisément le désir qui anime la
fonction de la connaissance.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - l'objectivité est le corrélat d'une
raison pure - l'objectalité est le corrélat d'un pathos de coupure - rejoint
(...) ce qui reste pétri de causalité [objet] - Partout la cause et sa
fonction s'avère irréfutable même si elle est irréductible, presque
insaisissable à la critique. - c'est ce morceau charnel (...), cette part de
nous-mêmes prise dans la machine, à jamais irrécupérable, cet objet comme
perdu, aux différents niveaux de l'expérience corporelle où se produit sa
coupure, c'est lui qui est le support, le substrat authentique de toute
fonction comme telle de la cause. - il convient de rappeler qu'elle est
corps - c'est ce qui reste au dernier terme, désir du corps, désir du corps
de l'autre et rien que désir de son corps.
1962/63 - L'angoisse - 12/06/63 - [Par rapport à la cause impliquée
dans la question du symptôme] le symptôme n'est pas l'effet. Il en est le
résultat. L'effet c'est le désir, mais c'est un effet unique et tout à fait
étrange - c'est que l'effet primordial de cette cause, (a) (...) c'est un
effet qui n'a rien d'effectué. Le désir (...) se situe en effet
essentiellement comme un manque d'effet. La cause, ainsi, se constitue,
comme supposant des effets, de ce fait que primordialement l'effet y fait
défaut. - Le hiatus entre la cause et l'effet, à mesure qu'il est comblé,
c'est bien cela qui s'appelle (...) le progrès de la science, fait
s'évanouir la fonction de la cause - l'explication de quoi que ce soit
aboutit à mesure qu'elle s'achève à n'y laisser que des connexions
signifiantes, à volatiliser ce qui l'animait (...) cad la béance effective -
19/06/63 - [ex.] L'excrément ne joue pas le rôle d'effet de ce que nous
situons comme désir anal, il en est la cause.
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 25 -
Elle se distingue de ce qu'il y a de déterminant dans une chaîne, autrement
dit de la loi. Pour l'exemplifier, pensez à ce qui s'image dans la loi de
l'action et de la réaction. Il n'y a ici, si vous voulez, qu'un seul tenant.
L'un ne va pas sans l'autre. - Au contraire, chaque fois que nous parlons de
cause, il y a toujours quelque chose d'anti-conceptuel, d'indéfini. Les
phases de la lune sont la cause des marées - ça, c'est vivant, nous savons à
ce moment-là que le mot cause est bien employé. Ou encore, les miasmes sont
la cause de la fièvre - ça aussi, ça ne veut rien dire, il y a un trou, et
quelque chose qui vient osciller dans l'intervalle. Bref, il n'y a de cause
que ce qui cloche. Eh bien ! l'inconscient freudien, c'est à ce point que
j'essaie de vous faire viser par approximation qu'il se situe, à ce point
où, entre la cause et ce qu'elle affecte, il y a toujours la clocherie.
L'important n'est pas que l'ics détermine la névrose - là-dessus Freud a
très volontiers le geste pilatique de se laver les mains. Un jour ou
l'autre, on trouvera peut-être quelque chose, des déterminants humoraux, peu
importe - ça lui est égal. car l'ics nous montre la béance par où la névrose
se raccorde à un réel - réel qui peut bien, lui, n'être pas déterminé. - et
qu'est-ce qu'il trouve, dans le trou, dans la fente, dans la béance
caractéristique de la cause ? Quelque chose de l'ordre du non-réalisé. On
parle de refus. C'est aller trop vite en la matière - L'ics, d'abord, se
manifeste à nous comme quelque chose qui se tient en attente dans l'aire,
dirai-je, du non-né. Que le refoulement y déverse quelque chose, n'est pas
étonnant. - ces actifs orthopédeutes qe sont devenus les analystes de la
seconde et de la troisième génération, (...) se sont employés, en
psychologisant la théorie analytique, à suturer cette béance. - Achoppement,
défaillance, fêlure. Dans une phrase prononcée, écrite, quelque chose vient
à trébucher. - Là, quelque chose d'autre demande à se réaliser - qui
apparaît comme intentionnel, certes, mais d'une étrange temporalité. Ce qui
se produit dans cette béance, au sens plein du terme se produire, se
présente comme la trouvaille. - Or cette trouvaille, dès qu'elle se
présente, est retrouvaille, et qui plus est, elle est toujours prête à se
dérober à nouveau, instaurant la dimension de la perte.
1964 - Position de l'inconscient - 835 - L'effet de langage, c'est la
cause introduite dans le sujet. Par cet effet il n'est pas cause de
lui-même, il porte en lui le ver de la cause qui le refend. Car sa cause,
c'est le signifant sans lequel il n'y aurait aucun sujet dans le réel.
CERTITUDE
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - Le désir reste illusoire. Pourquoi
? Parce qu'il s'adresse toujours ailleurs, à un reste. A un reste constitué
par la relation du sujet à l'autre qui vient s'y substituer. Mais ceci
laisse ouvert le lieu où peut être trouvé ce que nous désignons du nom de
certitude [= angoisse]. Nul phallus à demeure, nul phallus tout puissant
n'est de nature à clore la dialectique du rapport du sujet à l'autre et au
réel par quoi que ce soit qui soit d'un ordre apaisant.
1964 - Les quatre concepts… - 36 - La démarche de Freud est
cartésienne - en ce sens qu'elle part du fondement du sujet de la certitude.
- Descartes nous dit - Je suis assuré, de ce que je doute, de penser et
(...) De penser, je suis. - ce je pense, pour nous, ne peut assurément pas
être détaché du fait qu'il ne peut le formuler qu'à nous le dire,
implicitement - D'une façon exactement analogique, Freud, là où il doute -
car enfin ce sont ses rêves, et c'est lui qui, au départ, doute - est
assurée qu'une pensée est là, qui est ics, ce qui veut dire qu'elle se
révèle comme absente. - 37 - Pour Descartes, dans le cogito initial (...) ce
que vise le je pense en tant qu'il bascule dans le je suis, c'est un réel -
mais le vrai reste tellement au-dehors qu'il faut ensuite à Descartes
s'assurer, de quoi ? - sinon d'un Autre qui ne soit pas trompeur, et qui,
par-dessus le marché, puisse de sa seule existence garantir les bases de la
VÉRITÉ - [En psy] le corrélatif du sujet n'est plus maintenant de l'Autre
trompeur, il est de l'Autre trompé. - Ce que le sujet craint le plus, c'est
de nous tromper, de nous mettre sur une fausse piste, ou plus simplement,
que nous nous trompions.
CHOSE
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 87 - ce das Ding est
justement au centre au sens où il est exclu. - cet Autre préhistorique
impossible à oublier
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 82 - Freud désigne dans
l'interdiction de l'inceste le principe de la loi primordiale (...) et en
même temps, il identifie l'inceste au désir le plus fondamental. - Il est
important qu'il y ait eu un homme qui, à un moment donné de l'histoire, se
soit levé pour dire - C'est là le déir essentiel. - pourquoi le père
n'épouse pas sa fille [là on connaît la réponse] - il faut que les filles
soient échangées. Mais pourquoi le fils ne couche-t-il pas avec sa mère ?
Là, quelque chose reste voilé. - 83 - Ce que nous trouvons dans la loi de
l'inceste se situe comme tel au niveau du rapport ics avec das Ding , la
Chose. Le désir pour la mère ne saurait être satisfait parce qu'il est la
fin, le terme, l'abolition de tout le monde de la demande, qui est celui qui
structure le plus profondément l'ics de l'homme [le langage]. - 84 - [les
fameux 10 commandements] ne sont peut-être que les commandements de la
parole, je veux dire qu'ils explicitent ce sans quoi il n'y a pas de parole
- je n'ai pas dit de discours - possible. - dans ces dix commandements nulle
part il n'est signalé qu'il ne faut pas coucher avec sa mère.- ne
pourrions-nous (...) les interpréter comme quelque chose de fort proche de
ce qui fonctionne effectivement dans le refoulement de l'ics ? Les dix
commandements sont interprétables comme destinés à tenir le sujet à distance
de toute réalisation de l'inceste, à une condition et à une seule, c'est que
nous nous apercevions que l'interdiction de l'inceste n'est pas autre chose
que la condition pour que subsiste la parole. - [parole et non discours. De
même] que personne, je vous en prie, ne s'arrête à l'idée que les dix
commandements seraient la condition de toute vie sociale. Car à la vérité
comment, sous un autre angle, ne pas s'apercevoir (...) qu'ils sont en
quelque sorte le catalogue et le chapitre de nos transactions de chaque
instant ? Ils étalent la dimension de nos actions en tant que proprement
humaines. En d'autres termes, nous passons notre temps à violer les dix
commandements, et c'est bien pour cela qu'une société est possible. - 85 -
Eh bien, le pas fait, au niveau du principe du plaisir, par Freud, est de
nous montrer que qu'il n'y a pas de Souverain Bien - que le Souverain Bien,
qui est das Ding , qui est la mère, l'objet de l'inceste, est un bien
interdit, et qu'il n'y a pas d'autre bien. Tel est le fondement, renversé
chez Freud, de la loi morale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 89 - Das Ding se présente au
niveau de l'expérience ics comme ce qui déjà fait loi. - C'est une loi de
caprice, d'arbitraire, d'oracle aussi, une loi de signes où le sujet n'est
garanti par rien - Encore faut-il dire que das Ding n'est pas à ce niveau
distingué comme mauvais. Le sujet n'a au mauvais objet pas la moindre
approche, puisque déjà, par rapport au bon, il se tient à distance. Il ne
peut pas supporter l'extrême du bien que peut lui apporter das Ding - 101 -
Est-ce que la Loi est la Chose ? Que non pas. Toutefois je n'ai eu
connaissance de la Chose que par la Loi. En effet je n'aurais pas eu l'idée
de la convoiter si la Loi n'avait dit - Tu ne la convoiteras pas. - car sans
la Loi la Chose est morte. Or, moi j'étais vivant jadis, sans la Loi. Mais
quand le commandement est venu, la Chose a flambé, est venue à nouveau,
alors que moi, j'ai trouvé la mort. Et pour moi, le commandement qui devait
mener à la vie s'est trouvé mener à la mort, car la Chose trouvant
l'occasion m'a séduit grâce au commandement, et par lui m'a fait désir de
mort. - à une toute petite modification près - Chose à la place de péché -,
ceci est le discours de Saint Paul concernant les rapports de la loi et du
péché - Le rapport dialectique du désir et de la Loi fait notre désir ne
flamber que dans un rapport à la Loi , par où il devient désir de mort. -
l'éthique psy nous laisse-t-elle devant cette dialectique ? Nous avons à
explorer ce qu'au cours des âges l'être humain a été capable d'élaborer qui
transgresse cette Loi, le mette dans un rapport au désir qui franchisse ce
lien d'interdiction, et introduise, au-dessus de la morale, une érotique.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 68 - la Chose ne se présente
à nous que pour autant qu'elle fait mot, comme on dit faire mouche . Dans le
texte de Freud, la façon dont l'étranger, l'hostile, apparaît dans la
première expérience de la réalité pour le sujet humain, c'est le cri. Ce
cri, dirai-je, nous n'en avons pas besoin. [cf. Rousseau]. - En allemand,
das Wort est à la fois le mot et la parole. En français, - Mot , c'est essen,tiellement
point de réponse [motus]. Mot , dit quelque part La Fontaine, c'est ce qui
se tait, c'est justement ce à quoi aucun mot n'est prononcé. - Les choses
dont il s'agit (...) sont les choses en tant que muettes. Et des choses
muettes, ce n'est pas tout à fait la même chose que des choses qui n'ont
aucun rapport avec les paroles.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 67 - [névrose] La conduite
de l'hystérique (...) a pour but de recréer un état centré par l'objet, en
tant que cet objet, das Ding , est (...) le support d'une aversion. C'est en
tant que l'objet premier est objet d'insatisfaction - A l'opposé (...) dans
la névrose obsessionnelle, l'objet par rapport à quoi s'organise
l'expérience de fond, l'expérience de plaisir, est un objet qui,
littéralement, apporte trop de plaisir. - Ce que, dans ses cheminements
divers et dans tous ses ruisselets, indique et signifie le comportement de
l'obsessionnel, c'est qu'il se règle toujours pour éviter ce que le sujet
voit assez souvent clairement comme étant le but et la fin de son désir. La
motivation de cet évitement est extraordinairement radicale, puisque le
principe du plaisir nous est effectivement donné pour avoir un mode de
fonctionnement qui est d'éviter l'excès, le trop d'excès [donc l'obs
recherche bel et bien le plaisir!] -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 65 - Le Ding est l'élément
qui est à l'origine isolé par le sujet (...) comme étant de sa nature
étranger - Le complexe de l'objet est en deux parties - Tout ce qui, de
l'objet, est qualité, peut être formulé comme attribut, rentre dans l'investisement
du système [ics] et y constitue les Vorstellungen primitives autour
desquelles se jouera le destin de ce qui est réglé selon les loins du Lust
et del'Unlust , du plaisir et du déplaisir, dans ce qu'on peut appeler les
entrées primitives du sujet. Das Ding est tout à fait autre chose. - [C'est]
ce qui, du dedans du sujet, se trouve à l'origine porté dans un premier
dehors - un dehors, nous dit Freud, qui n'a rien à faire avec cette réalité
dans laquelle le sujet aura ensuite à repérer les Qualitätszeichen , qui lui
indiquent qu'il est dans la bonne voie pour la recherche de sa satisfaction.
C'est là quelque chose qui, avant l'épreuve de cette recherche, en pose le
terme, le but et la visée. C'est cela que Freud nous désigne quand il nous
dit que le but premier et le plus proche de l'épreuve de la réalité n'est
pas de trouver dans la perception réelle un objet qui corresponde à ce que
le sujet se représente sur le moment, mais c'est de le retrouver, de se
témoigner qu'il est encore présent dans la réalité. - C'est de sa nature que
l'objet est perdu comme tel. Il ne sera jamais retrouvé. Quelque chose est
là en attendant mieux, ou en attendant pire, mais en attendant. Le monde
freudien, cad de notre expérience, comporte que c'est cet objet, das Ding ,
en tant qu'Autre absolu du sujet, qu'il s'agit de retrouver. - Ce n'est pas
lui que l'on retrouve, mais ses coordonnées de plaisir.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 117 - [chose] Entre l'objet
tel qu'il est structuré [initialement] par la relation narcissique et das
Ding , il y a une différence, et c'est justement dans la pente de cette
différence que se situe pour nous le problème de la sublimation. - 118 - au
niveau de la S, l'objet est inséparable d'élaborations imaginaires et très
spécialement culturelles. Ce n'est pas que la collectivité les reconnaisse
simplement comme des objets utiles - elle y trouve le champ de détente par
où elle peut, en quelque sorte, se leurrer sur das Ding, coloniser avec ses
formations imaginaires le champ de das Ding . - 119 - Dans des formes
spécifiées historiquement, socialement, les éléments a , éléments
imaginaires du fantasme, viennent à recouvrir, à leurrer le sujet au point
même de das Ding 1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 144 - La
notion de la création doit être maintenant promue par nous (...) parce
qu'elle est centrale, non seulement dans (...) le motif de la sublimation,
mais dans celui de l'éthique au sens le plus large. Je pose ceci, qu'un
objet peut remplir cette fonction qui lui permet de ne pas éviter la Chose
comme signifiant, mais de la représenter, en tant que cet objet est créé. -
146 - [le vase =] un objet fait pour représenter l'existence du vide au
centre du réel qui s'appelle la Chose - le potier (...) crée le vase autour
de ce vide avec sa main, (...) ex nihilo , à partir du trou. - il y a
identité entre le façonnement du signifiant et l'introduction dans le réel
d'une béance, d'un trou. - 147 - la science moderne, celle née de Galilée
[et l'efficacité depuis de la saisie symbolique] n'avait pu se développer
qu'à partir de l'idéologie biblique, judaïque - [de plus, avec la création]
c'est bien ainsi qu'au cours des âges (...) est située l'articulation, la
balance du problème moral [ETHIQUE]. - 150 - Il s'agit en effet de la Chose
en tant qu'elle est définie par ceci qu'elle définit l'humain [homme "en
fonction de médium entre le réel et le signifiant" p.155] - encore que
justement, l'humain nous échappe. En ce point, ce que nous appelons l'humain
ne serait pas défini autrement que de la façon dont j'ai défini tout à
l'heure la Chose, à savoir ce qui du réel pâtit du signifiant. - Il s'agit
du fait que l'homme façonne ce signifiant [par ex. le vase] et l'introduit
dans le monde - autrement dit, de savoir ce qu'il fait en le façonnant à
l'image de la Chose, alors que celle-ci se caractérise en ceci, qu'il nous
est impossible de l'imaginer. C'est là que se situe le problème de la
sublimation.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - Ce premier étranger par
rapport à quoi le sujet a à se référer d'abord, le paranoïaque n'y croit
pas. [bien sûr: il n'a de foi qu'en son moi]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 205 - [parole] je voudrais
bien savoir en face de qui, en face de quoi, il était sur le Sinaï et sur l'Hreb.
Mais enfin, faute d'avoir pu soutenir l'éclat de la face de celui qui a dit
Je suis ce que je suis , nous nous contenterons de dire (...) que le buisson
ardent, c'était la Chose de Moïse -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 58 - Ce Das Ding , je voudrais vous
le montrer aujourd'hui dans la vie, et dans ce principe de réalité que Freud
fait entrer en jeu au départ de sa pensée, et jusqu'à son terme. - Ce qu'il
y a dans Das Ding , c'est le secret véritable. - die Not des Lebens -
Quelque chose qui veut. Le besoin et non pas les besoins. La pression,
l'urgence. L'état de Not , c'est l'état d'urgence de la vie. - principe de
réalité, qui est donc invoqué sous la forme de son incidence de nécessité -
[Mais la vie d'"un" n'est pas "la" vie dans son ensemble, elle s'y oppose
plutôt, et il est bien clair que, comme tel] le principe de la réalité
fonctionne en fait comme isolant le sujet de la réalité. [Ambiguïté sur le
mot "réalité", ici, que lèverait l'usage du mot "réel".] - quelque chose
trie, tamise, de telle sorte que la réalité n'est aperçue par l'homme (...)
que sous une forme profondément choisie. L'homme a affaire à des morceaux
choisis de réalité. - C'est toute la question(...) de Das Ding .
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 67 - Das Ding est
originellement ce que nous appellerons le hors-signifié. C'est en fonction
(...) d'un rapport pathétique à lui, que le sujet conserve sa distance, et
se constitue dans un monde de rapport, d'affect primaire, antérieur à tout
refoulement. - [dans le cas précis du refoulement] c'est par rapport à ce
das Ding originel que se fait la première orientation, le premier choix
(...) le choix de la névrose
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 55-58 - Sa référence
étymologique juridique ["causa"] nous indique ce qui se présente pour nous
comme l'enveloppe et la désignation du concret. -[En allemand] La Sache est
la chose mise en question juridique, ou, dans notre vocabulaire, la passage
à l'ordre symbolique, d'un conflit entre les hommes. - [Mais il y aussi Das
Ding ] Freud parle de Sachvorstellungen [représentation] et non pas de
Dingvorstellung . Aussi n'est-il pas vain que les Sachvorstellungen soient
liées aux Wortvorstellungen, nous montrant par-là qu'il y a un rapport entre
chose et mot. - La Sache est bien la chose, produit de l'industrie ou de
l'action humaine en tant que gournernées par le langage. - les choses sont
toujours à la surface, toujours à portée d'être explicitées. Pour autant
qu'elle est sous-jacente, implicite à toute action humaine, l'activité dont
les choses sont les fruits est de l'ordre du préconscient - Das Ding se
situe ailleurs. - au niveau des Vorstellungen , la Chose, non pas n'est
rien, mais littéralement n'est pas - elle se distingue comme absente,
étrangère.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 142 - Là où elle s'affirme,
elle s'affirme dans des champs domestiqués. - elle se présente toujours
comme unité voilée. - elle est (...) ce qui du réel (...) pâtit du
signifiant. - [C'est bien en cela qu'elle se présente comme l'objet à
retrouver.] - [1°] L'objet est de sa nature un objet retrouvé. Qu'il ait été
perdu, en est la conséquence - mais après coup. - [2°] de sa nature, elle
est, dans les retrouvailles de l'objet, représentée par autre chose. - L'Autre
chose [cf. désir], c'est essentiellement la Chose. - [retrouvailles : Je ne
cherche pas, je trouve. ]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 127 - L'articulation
kleinienne consiste en ceci - avoir mis à la place centrale de das Ding , le
corps mythique de la mère. - Mais je vous dis tout de suite que la réduction
de la notion de sublimation à un effort restitutif du sujet par rapport au
fantasme lésé du corps maternel n'est assurément pas la solution la
meilleure du problème de la sublimation - 128 - L'ensemble de ce qui se met
sous la rubrique des Beaux-ARTS, cad un certain nombre d'exercices
gymnastiques, dansatoires et autres, sont supposés pouvoir apporter au sujet
des satisfactions, (...) un équilibre. - On laisse ainsi complètement de
côté ceci, qui doit toujours être accentué concernant ce que l'on peut
appeler une production artistique (...) à savoir la reconnaissance sociale.
- 129 - Car c'est en fonction du problème éthique que cette sublimation,
nous avons à la juger, en tant que créatrice de dites valeurs, socialement
reconnues. - En présence de das Ding , pour autant que nous espérons qu'il
fasse le poids du bon côté, opposé à cela, nous avons la formule kantienne
du devoir. - Le poids de la raison.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 157 - Quant à l'incroyance
[par ex. le discours de la science] (...) la Chose est rejetée au sens
propre de la Verwerfung . - De même que dans l'ART il y a une Verdrangung ,
un refoulement de la Chose - que dans la religion il y a peut-être une
Verschiebung - c'est à proprement parler de la Verwerfung qu'il s'agit dans
le discours de la science. Le discours de la science rejette [forclusion] la
présence de la Chose, pour autant que, dans sa perspective, se profile
l'idéal du savoir absolu, cad de quelque chose qui pose tout de même la
Chose tout en n'en faisant pas état. - Le discours de la science est
déterminé par cette Verwerfung , et c'est probablement pourquoi - ce qui est
rejeté du symbolique reparaissant, selon ma formule, dans le réel - il se
trouve déboucher sur une perspective où c'est bien quelque chose d'aussi
énigmatique que la Chose qui se profile, au terme de la physique [le
nucléaire ?].
1962/63 - L'angoisse - 19/12/62 - le désir et la loi, ce qui paraît
s'opposer dans un rapport d'antithèse, ne sont qu'une seule et même barrière
pour nous barrer l'accès de la chose.
1962/63 - L'angoisse - 26/06/63 - ce caractère d'être sans cause,
mais non pas sans objet - non seulement elle [l'angoisse] n'est pas sans
objet mais elle désigne très probablement l'objet, si je puis dire, le plus
profond, l'objet dernier, la chose, c'est en ce sens (...) qu'elle est ce
qui ne trompe pas.
COLERE
1958/59 - Le désir et son interprétation - 14/01/92 - un affect
fondamental comme la colère n'est pas autre chose que cela : le réel qui
arrive au moment où nous avons fait une fort belle trame symbolique, où tout
va fort bien, l'ordre, la loi, notre mérite et notre bon vouloir. On
s'aperçoit tout d'un coup que les chevilles ne rentrent pas dans les petits
trous. C'est cela le règne de l'affect de la colère -
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 123 - comme une réaction du
sujet à une déception, à l'échec d'une corrélation attendue entre un ordre
symbolique et la réponse du réel. Autrement dit (...) - c'est quand les
petites chevilles ne vont pas dans les petits trous.
COMEDIE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/03/58 - ce quelque
chose dans lequel il [le sujet] a à s'articuler lui-même comme celui qui en
profite, qui en jouit, qui le consomme - en tant qu'il recueille, qu'il
assume, qu'il jouit de la relation à un fait, qui lui est fondamentalement
dans un certain rapport avec l'ordre signifiant, l'apparition de ce signifié
qui s'appelle le phallus. - [Cf. "Le Balcon" de Jean Genet, le jeu de la
jouissance/perversion où l'on voit] le sujet pervers (...) se complaire à
chercher sa satisfaction dans (...) une image, une image pourtant en tant
qu'elle est le reflet de quelque chose d'essentiellement signifiant. -
qu'est-ce que cela peut bien être que de jouir de son état d'évêque, de juge
ou de général ? - Genêt, en trois grandes scènes, nous (...) incarne sur le
plan de la perversion (...) tout le bordel dans lequel nous vivons, en tant
que c'est comme toute société, toujours plus ou moins en état de
dégradation, car la société de saurait se définir autrement que par un état
plus ou moins avancé de dégradation de la culture - [ceci étant lié à un
certain rapport réglé à la jouissance, soit un ordre] Or, ce rapport au
maintien de L'ORDRE, à quoi se réduit-il si une société est venue à son plus
extrême désordre ? Il se réduit à quelque chose qui s'appelle la police.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 03/06/59 - la comédie est
un très curieux attrape-désir - le désir, dans la comédie, est démasqué,
mais non réfuté. - [Alors que] la tragédie finit avec le nom et avec la
totale identification du héros. Hamlet est Hamlet, il est tel nom. C'est
même parce que son père était déjà Hamlet qu'en fin de compte tout se résout
là, à savoir qu'Hamlet est définitivement aboli dans son désir.
COMIQUE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - pour qu'il y
ait la possibilité de parler de la relation du comique, il faut que nous
plaçions cette relation de la demande à sa satisfaction, non plus dans un
moment instantané [ou fulgurant, comme c'est le cas dans le mot d'esprit],
mais dans quelque chose qui lui donne sa stabilité et sa constance, sa voie
dans son rapport à un autre déterminé. - la solution fondamentale [à ce
problème], celle que tous les êtres humains cherchent (...), puisque tout
dépend de l'autre (...) en somme la solution c'est d'avoir un autre tout à
soi. C'est ce qu'on appelle l'amour. - Or le problème de l'autre et de
l'amour est au centre du comique. - [Or] c'est en fin de compte pour revenir
à la jouissance et à la plus élémentaire - [notamment avoir quelqu'un de
disponible] pour les besoins du sexe, et tous les besoins cachés en général.
Voilà ce que vous voyez sur la scène Aristophanesque - La nouvelle comédie
[elle] est quelque chose qui nous montre les gens engagés en général de la
façon la plus fascinée et la plus butée, sur quelque objet métonymique. -
L'amour est un sentiment comique. - toutes les passions s'équivalent, toutes
les passions sont également métonymiques. C'est le principe de la comédie de
les poser comme telles -
1960/61 - Le Transfert - 132 - L'important est que ce soit dans la
perspective du poète tragique que nous soit fait sur l'amour le seul
discours qui soit ouvertement et complètement dérisoire. - 134 - chaque fois
qu'il se manifeste comme amour pur et simple, et non comme amour noir, amour
de jalousie, [l'amour] est irrésistiblement comique. - 138 - [Inversement
c'est Aristophane le comique qui en parle] dans son sens de passion, avec un
accent presque moderne.
1960/61 - L'éthique de la psychanalyse - 362 - Le dimension comique
est créée en son centre d'un signifiant caché, mais qui, dans l'ancienne
comédie, est là en personne - le phallus. - ce qui nous satisfait, nous fait
rire dans la comédie (...) ce n'est pas tant le triomphe de la vie que son
échappée, le fait que le vie glisse, se dérobe, fuit, échappe à tout ce qui
lui est opposé de barrières - Le phallus n'est rien d'autre qu'un
signifiant, le signifiant de cette échappée. - Quand le héros comique
trébuche, tombe dans la mélasse, eh bien, quand même, petit bonhomme vit
encore.
COMMUNICATION
1955/56 - Les psychoses - 212 - [il y a communication à partir du
moment où à une émission correspond une réception, et mieux encore quand] il
revient quelque chose au point de départ. C'est le schéma du feed-back. -
Mais pour autant, sommes-nous au niveau de la fonction du signifiant ? [Non]
- 213 - Il y a usage propre du st à partir du moment où, au niveau du
récepteur, ce qui importe n'est pas l'effet du contenu du message (...) mais
ceci - qu'au point d'arrivée du message, on prend acte du message. - C'est
l'accusé de réception qui est l'essentiel de la communication en tant
qu'elle est, non pas significative, mais signifiante. -
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - La communication comme telle n'est
pas ce qui est primitif puisque, à l'origine, S n'a rien à communiquer pour
la raison que tous les instruments de la communication sont de l'autre côté,
dans le champ de l'Autre, et qu'il a à les recevoir de lui - la première
émergence, celle qui s'inscrit dans ce tableau n'est qu'un "qui suis-je?"
ics puisqu'informulable auquel répond avant qu'il se formule un "tu es", cad
qu'il reçoit d'abord son propre message sous une forme inversée [sujet]
COMPLEXE
1938 - Les complexes familiaux - 24 - admettre comme élément
fondamental du complexe cette entité paradoxale : une représentation
inconsciente désignée sous le nom d'imago.
1938 - Les complexes familiaux - 33 - la tendance à la mort [pulsion
de mort], qui spécifie le psychisme de l'homme, s'explique de façon
satisfaisante par la conception que nous développons ici, à savoir que le
complexe, unité fonctionnelle de ce psychisme, ne répond pas à des fonctions
vitales mais à l'insuffisance de ces fonctions. - sous la forme originelle
que lui donne le sevrage [cette tendance], se révèle dans des suicides très
spéciaux qui se caractérisent comme "non violents", en même temps qu'y
apparaît la forme orale du complexe [anorexie, tabac, etc.] - le sujet
cherche à retrouver l'imago de la mère.
1938 - Les complexes familiaux - 83 - Ainsi, selon que les réactions
sont plus relatives aux fantasmes et que s'objective plus le thème du
délire, le moi tend à se confondre avec l'expression du complexe et le
complexe à s'exprimer dans l'intentionnalité du moi. - C'est que les thèmes
familiaux que nous isolons dans les psychoses ne sont que des effets
virtuels et statiques de leur structure, des représentations où se stabilise
le moi ; ils ne présentent donc que la morphologie du complexe sans révéler
son organisation, ni par conséquent la hiérarchie de ses caractères.
1938 - Les complexes familiaux - 32 - Alors que l'instinct a un
support organique et n'est rien d'autre que la régulation de celui-ci dans
une fonction vitale, le complexe n'a qu'à l'occasion un rapport organique,
quand il supplée à une insuffisance vitale par la régulation d'une fonction
sociale. - [voir Intrusion, Sevrage, Oedipe]
1938 - Les complexes familiaux - 21 - [on] n'objective jamais des
instincts, mais toujours des complexes. - 22 - le complexe est dominé par
des facteurs culturels : dans son contenu, représentatif d'un objet ; dans
sa forme, liée à une étape vécue de l'objectivation ; enfin dans sa
manifestation de carence objective à l'égard d'une situation actuelle - le
complexe se comprend par sa référence à l'objet. Or, toute identification
objective exige d'être communicable, cad repose sur un critère culturel -
CONNAISSANCE
1936 - Au-delà du principe de réalité - 75 - Cette théorie
[l'associationnisme] est fondée sur deux concepts : l'un mécaniste, celui de
l'engramme , l'autre tenu fallacieusement pour donné dans l'expérience,
celui de la liaison associative du phénomène mental. Le premier est une
formule de recherche (...) pour désigner l'élément psycho-physique - [le
second] est fondé sur l'expérience des réactions du vivant (...)
particulièrement celui qui suppose donnée la forme mentale de la similitude
- Ainsi est introduit dans le concept explicatif le donné même du phénomène
qu'on entend expliquer [pétition de principe]. - 76 - On dénoncera le vice
théorique de l'associationnisme, si l'on reconnaît dans sa structure la
position du problème de la connaissance sous le point de vue philosophique.
- [à savoir, depuis Locke] l'ambiguïté d'une critique qui (…) réduit
l'action du réel au point de contact de la mythique sensation pure , cad à
n'être que le point aveugle de la connaissance, puisque rien n'y est reconnu
- 78 - [conséquence] l'image, selon l'esprit du système, étant considérée
comme une sensation affaiblie dans la mesure où elle témoigne moins sûrement
de la réalité, est tenue pour l'écho et l'ombre de la sensation, de là,
identifiée à sa trace, à l'engramme. - [a fortiori l'hallucination est-elle
tenue pour l'erreur suprême des sens] - Ainsi aux phénomènes psychiques
n'est reconnue aucune réalité propre : ceux qui n'appartiennent pas à la
réalité vraie n'ont de réalité qu'illusoire [sentiments, rêves, délires,
etc.]. Cette réalité vraie est constituée par le système des références qui
vaut pour la science déjà établie - [or] C'est en tant qu'elle est
[justement] fonction de cette vérité que cette psychologie n'est pas une
science. - 80 - C'est un point de vue semblable en effet qui impose au
médecin cet étonnant mépris de la réalité psychique - Mais c'est parce que
c'est chez le médecine, c'est-à-dire chez le praticien par excellence, que
ce point de vue apparaît de la façon la plus flagrante comme une négation
systématique, c'est aussi d'un médecin que devait venir la négation du point
de vue lui-même. Non pojt la négation purement critique qui vers la même
époque fleurit en spéculation sur les "données immédiates de la conscience",
mais une négation efficace en ce qu'elle s'affirmait en une positivité
nouvelle. Freud fit ce pas fécond : sous doute parce qu'(...) il y fut
déterminé par son souci de guérir -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 305 - nous connaissons
moins de nos jours le sentiment de la haine que dans des époques où l'homme
était plus ouvert à sa destinée. - 306 - Et pourquoi ? Parce que nous sommes
déjà très suffisamment une civilisation de la haine. - Peut-être est-ce cet
état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l'appel à la
destruction de l'être. Comme si l'objectivation de l'être humain dans notre
civilisation correspondait exactement à ce qui, dans la structure de l'ego,
est le pôle de la haine.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 67 - La fascination
est absolument essentielle au phénomène de constitution du moi. C'est en
tant que fascinée que la diversité incoordonnée, incohérente, du morcelage
primitif prend son unité. La réflexion est aussi fascination, blocage. - une
machine peut faire des [cette] expérience. Le mouvement de la machine est
ainsi coordonné par la perception d'un certain stade atteint par l'autre.
C'est ce qui correspond à l'élément de fascination. - ce vers quoi se
dirigera la première dépendra toujours de ce vers quoi se dirigera l'autre.
/ Il n'en résultera rien de moins que la situation en impasse qui est celle
de la constitution de l'objet humain. [en effet elle se détruiront sur le
point de convergence de leur désir] - Un objet appréhendé, désiré, c'est lui
ou moi qui l'aura, il faut bien que ce soit l'un ou l'autre. - Cette
rivalité constitutive de la connaissance à l'état pur, est évidemment
virtuelle. Il n'y a pas de connaissance à l'état pur, car la stricte
communauté de moi et de l'autre dans le désir de l'objet amorce tout autre
chose, à savoir la reconnaissance. - 68 -La reconnaissance suppose très
évidemment un troisième - que nous trouvons dans l'ics. - il faudrait, pour
que le sujet humain apparaisse, que la machine, dans les informations
qu'elle donne, se compte elle-même, comme une unité parmi les autres. Et
c'est précisément la seule chose qu'elle ne peut pas faire. - Où l'individu
en fonction subjective se compte-t-il lui-même - sinon dans l'ics
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 209 - La connaissance
humaine (...) est faite d'un certain rapport à cette structure que nous
appelons l'ego [MOI] , autour de laquelle se centre la relation imaginaire.
- [cet ego ] prend son départ et son point d'appui dans l'autre. C'est de
cet ego que tous les objets sont regardés. / Mais c'est bien du sujet, d'un
sujet primitivement désaccordé, fondamentalement morcelé par cet ego , que
tous les objets sont désirés. [désir] - 210 - Le sujet ne peut pas désirer
sans lui-même se dissoudre, et sans voir, de ce fait même, l'objet lui
échapper, dans une série de déplacements infinis. -
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - Cette image i(a), image spéculaire,
objet caractéristique du stade du miroir, a plus d'une séduction qui n'est
pas seulement liée à la structure de chaque sujet mais aussi à la fonction
de la connaissance : elle est formée, j'entends dire, close, elle est
gestaltique, cad marquée par la prédominance d'une bonne forme -
CONSCIENCE
1953 - Discours du Congrès de Rome et réponse aux interventions - Il
ne s'agit pas de passer d'un étrange ics plongé dans l'obscur, à l'étage
conscient, siège de la clarté, par je ne sais quel mystérieux ascenseur.
C'est bien là l'objectivation, par quoi le sujet tente ordinairement
d'éluder sa responsabilité, et c'est là aussi où les pourfendeurs habituels
de l'intellectualisation, manifestent leur intelligence en l'en engageant
plus encore. / Il s'agit en effet non pas de passage à la conscience, mais
de passage à la parole, n'en déplaise à ceux qui s'obstinent à lui rester
bouchés, et il faut que la parole soit entendue par quelqu'un là où elle ne
pouvait même être lue par personne : message dont le chiffre est perdu ou le
destinataire mort./ La lettre du message est icic l'important.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 61 - L'image dans le
miroir, qu'est-ce que c'est ? - un phénomène de cs comme tel. - 65 - Toutes
sortes de choses à l'intérieur du monde se comportent comme miroirs.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 66 - Le moi est bel et
bien un objet. Le moi, que vous percevez soi-disant à l'intérieur du champ
de cs claire comme étant l'unité de celui-ci, est précisément ce vis-à-vis
de quoi l'immédiat de la sensation est mis en tension. Cette unité n'est pas
du tout homogène avec ce qui se passe à la surface de ce champ, qui est
neutre. La cs comme phénomène physique est précisément ce qui engendre cette
tension. - 67 - La fascination est absolument essentielle au phénomène de
constitution du moi. C'est en tant que fascinée que la diversité
incoordonnée, incohérente, du morcelage primitif prend son unité. La
réflexion est aussi fascination, blocage. - une machine peut faire des
[cette] expérience. Le mouvement de la machine est ainsi coordonné par la
perception d'un certain stade atteint par l'autre. C'est ce qui correspond à
l'élément de fascination. - ce vers quoi se dirigera la première dépendra
toujours de ce vers quoi se dirigera l'autre. / Il n'en résultera rien de
moins que la situation en impasse qui est celle de la constitution de
l'objet humain. [en effet elle se détruiront sur le point de convergence de
leur désir] - Un objet appréhendé, désiré, c'est lui ou moi qui l'aura, il
faut bien que ce soit l'un ou l'autre. - Cette rivalité constitutive de la
connaissance à l'état pur, est évidemment virtuelle. Il n'y a pas de
connaissance à l'état pur, car la stricte communauté de moi et de l'autre
dans le désir de l'objet amorce tout autre chose, à savoir la
reconnaissance. - 68 -La reconnaissance suppose très évidemment un troisième
- que nous trouvons dans l'ics. - il faudrait, pour que le sujet humain
apparaisse, que la machine, dans les informations qu'elle donne, se compte
elle-même, comme une unité parmi les autres. Et c'est précisément la seule
chose qu'elle ne peut pas faire. - Où l'individu en fonction subjective se
compte-t-il lui-même - sinon dans l'ics
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 132 - [dans la
première théorie de Freud, la cs est] un appareil qui, du monde extérieur,
reflète non seulement les incitations, mais (...) la structure. - [Or cette
cs est bien structurante, et pourtant elle n'explique rien, à défaut d'une
théorie de l'imaginaire.] 133 - la mémoire est ici conçue comme une suite
d'engrammes, comme somme de séries de frayages, et cette conception s'avère
tout à fait insuffisante si nous n'y introduisons la notion d'image. Si l'on
pose qu'une série de frayages (...) fait surgir une image dans un appareil
psychique conçu comme une simple plaque sensible, il va de soi que, dès que
la même série est réactivée par une nouvelle excitation (...), la même image
se reproduit. Autrement dit, toute stimulation tend à produire une
HALLUCINATION. - Voilà ce que veut dire processus primaire . - Le problème
est alors celui du rapport de l'hallucination avec la réalité.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 133 - Freud est amené
à restaurer le système de la cs et son autonomie paradoxale du point de vue
énergétique. Si l'enchaînement des expériences a des effets hallucinatoires,
il faut un appareil correcteur, un test de la réalité. - A quelles
hypothèses supplémentaires est-il conduit ? - 135 - inhibition et
information. - il faut que le moi (...) inhibe au maximum les passages
d'énergie dans ce système. - 137 - Jugement, pensée, etc., sont des
décharges énergétiques en tant qu'inhibées. - 144 - [Dans la Science des
rêves, la théorie de Freud, remaniée, s'oppose à un nouveau paradoxe : ] le
paradoxe du système de la cs - il faut qu'il soit là et qu'il ne soit pas
là. - 169 - la façon dont le schéma est construit a la singularité de
représenter comme dissociés, aux deux points terminaux de la circulation
orientée par l'élaboration psychique, l'envers et l'endroit d'une même
fonction, à savoir la perception et la cs.
1964 - Position de l'inconscient - 830 - L'inconscient n'est pas une
espèce définissant dans la réalité psychique le cercle de ce qui n'a pas
l'attribut (ou la vertu) de la conscience. - l'ics d'avant Freud n'est pas
purement et simplement - L'ics avant Freud n'est rien de plus consistant que
cet in-noir, soit l'ensemble de ce qu'on ordonnerait aux sens divers du mot
noir - 832 - La seule fonction homogène de la conscience est dans la capture
imaginaire du moi par son reflet spéculaire et dans la fonction de
méconnaissance qui lui en reste attachée.
CORPS
1938 - Les complexes familiaux - 98 - Le symptôme hystérique
[hystérie] , qui est une désintégration d'une fonction somatiquement
localisée : paralysie, anesthésie, algie, inhibition, scotomisation, prend
son sens du symbolisme organomorphique - structure fondamentale du psychisme
humain selon Freud, manifestant par une sorte de mutilation le refoulement
de la satisfaction génitale. Ce symbolisme, pour être cette structure
mentale par où l'objet participe aux formes du corps propre, doit être conçu
comme la forme spécifique des données psychiques du corps morcelé - C'est
par un sacrifice mutilateur que l'angoisse est ici occultée .
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - l'objectivité est le corrélat d'une
raison pure - l'objectalité est le corrélat d'un pathos de coupure - rejoint
(...) ce qui reste pétri de causalité [objet] - Partout la cause et sa
fonction s'avère irréfutable même si elle est irréductible, presque
insaisissable à la critique. - c'est ce morceau charnel (...), cette part de
nous-mêmes prise dans la machine, à jamais irrécupérable, cet objet comme
perdu, aux différents niveaux de l'expérience corporelle où se produit sa
coupure, c'est lui qui est le support, le substrat authentique de toute
fonction comme telle de la cause. - il convient de rappeler qu'elle est
corps - c'est ce qui reste au dernier terme, désir du corps, désir du corps
de l'autre et rien que désir de son corps.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - après que de longs siècles nous
aient fait, dans l'art, un corps spiritualisé, le corps de la phénoménologie
contemporaine est une âme corporéisée.
1962/63 - L'angoisse - 08/05/63 - le sujet, dès qu'il parle, est déjà
dans son corps, par cette parole impliquée. - il y a toujours dans le corps,
et du fait même de cet engagement de la dialectique signifiante, quelque
chose de séparé, quelque chose de statufié, quelque chose de, dès lors
inerte, il y a la livre de chair. - c'est toujours de notre chair que nous
devons solder la dette- [cf. les sources du sentiment anti-sémite] ce peuple
en tant qu'il se présente, en tant qu'il subsiste de lui-même dans la
fonction qu'à propos du (a), j'ai déjà articulé, d'un nom que j'ai appelé
celle du reste - [quant à la solution chrétienne, elle se présente comme
issue masochiste] dans ce rapport irréductible à l'objet de la coupure. Pour
autant que le chrétien a appris, à travers la dialectique de la rédemption,
à s'identifier idéalement à celui qui, un temps, s'est fait identique à cet
objet même, au déchet laissé par la vengeance divine.
COUPURE
1958/59 - Le désir et son interprétation - 20/05/59 - Il y en a trois
espèces - 1° - cet animal, tout humain qu'il soit, n'est après tout qu'un
boyau avec deux orifices, celui par où ça rentre et l'autre par où ça sort.
- c'est là ce par quoi se constitue l'objet dit prégénital, pour autant
qu'il vient remplir sa fonction signifiante [= de coupure] dans le fantasme.
C'est pour autant que ce dont se nourrit le sujet se coupe à quelque moment
de lui (....) [ou bien inversement, stade sadique-oral,le sujet] le coupe,
ou tout au moins fasse effort pour le couper, et mordre. - 2° - c'est le le
phallus qui se trouve symboliser le sujet. - Ici au niveau du complexe de
castration, nous lui retrouvons une autre forme [de coupure] qui est celle
de la mutilation. - c'est une coupure. C'est ce qui fait que le sujet qui a
subi la mutilation comme un individu particulier dans le troupeau porte
désormais sur lui la marque d'un signifiant qui l'extrait d'un état premier
pour le porter, l'identifier à une puissance d'être différente, supérieure.
C'est le sens de toute espèce d'expérience de traversée initiatique [" se
couper de", d'un monde, etc.] - [3° ce sont les objet du délire : la voix
(le regard n'est pas encore théorisé ici), objets du délire au sens où Freud
dit qu'il y tient "comme à lui-même" le psychotique - Par ailleurs faut-il
parler vraiment d'objets du délire ou d'objets de l'hallucination ?] - la
voix dans le délire répond tout spécialement aux exigences formelles de ce
"a", pour autant qu'il peut être élevé à la fonction signifiante de la
coupure, de l'intervalle comme tel -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 27/05.59 - cet avènement
du sujet au niveau de la coupure a quelque chose qu'il faut bien appeler un
réel, mais qui n'est symbolisé par rien. [bien que la coupure, elle, soit
d'abord symbolique, puis au niveau du fantasme] - point électif du rapport
du sujet à ce que nous pouvons ici appeler son ÊTRE pur de sujet - j'ai pu
définir cette fonction remplie par le fantasme comme une métonymie de l'être
et identifier comme tel, à ce niveau, le désir. [coupure "pure" = sujet
réel; coupure fantasme = être sujet ?]
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/07/59 - notre désir
[d'analyste] doit se limiter à ce vide, à cette place que nous laissons au
sujet pour qu'il s'y situe, à la coupure - la coupure qui est sans doute le
mode le plus efficace de l'intervention, et de l'interprétation
analytique. - dans cette coupure il y a (...) cet objet phallique latent à
tout rapport de demande comme signifiant du désir.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 29/01/59 - le fantasme a
toujours cette structure ; il n'est pas simplement relation d'objet. Le
fantasme est quelque chose qui coupe, un certain évanouissement, une certaine
syncope signifiante du sujet en présence d'un objet. -24/06/59 - dans le
fantasme le sujet est présent comme sujet du discours ics - il est
représenté (...) par la fonction de coupure.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 24/06/59 - C'est en tant
que la coupure est à la fois constitutive et en même temps irrémédiablement
externe au discours en tant qu'elle le constitue, qu'on peut dire que le
sujet, en tant qu'il s'identifie à la coupure, est vervorfen [rejeté]. C'est
bien à cela qu'il appréhende, ou s'aperçoit comme réel. - c'est en tant
qu'il est la coupure de ce discours qu'il est au suprême degré un "je suis"
- cette possibilité de couper quelque part le discours, de mettre la
ponctuation. Cette propriété où gît son être essentiel, son être où il
s'aperçoit en tant que la seule intrusion réelle qu'il apporte radicalement
dans le monde comme sujet, l'exclut pourtant (..) de toutes les autre
relations vivantes -
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 801 - il nous
faut tout ramener à la fonction de coupure dans le discours, la plus forte
étant celle qui fait barre entre le signifiant et le signifié. - le discours
dans la séance analytique ne vaut que de ce qu'il trébuche ou même
s'interrompt - Cette coupure de la chaîne signifiante est seule à vérifier
la structure du sujet comme discontinuité dans le réel.
1961/62 - L'identification - 09/05/62 - [la fonction de signifiance]
nous pouvons la définir par la fonction de la coupure. - 16/05/62 - le sujet
en tant que marqué par le signifiant est proprement, dans le fantasme,
coupure de a. - 23/05/62 - [prenons] la ligne du zéro originel de l'histoire
effective de la logique - nul c'est la racine du tous - Cette ligne, pour
nous, nous l'appelons coupure, une ligne - c'est notre départ - qu'il nous
faut tenir a priori pour fermée. C'est là l'essence de sa nature signifiante
- il est de la nature de chacun de ces tours de se fonder comme différents -
C'est justement cela qui nous permet d'appréhender le réel.
1962/63 - L'angoisse - 06/03/63 - l'angoisse apparaît dans la
séparation - ce sont des objets séparables, ils ne sont pas séparables par
hasard, comme la patte d'une sauterelle, ils sont séparables parce qu'ils
ont déjà (...) un caractère plaqué. Ils sont là, accrochés. - fait vraiment
tout à fait analogique par rapport à ce sein (...), il y a cet élément
irréductible à la division de l'œuf en lui-même qui s'appelle le placenta
(...) il y a là aussi quelque chose de plaqué. - privilège à un certain
niveau, d'éléments qui nous pouvons qualifier d'ambocepteurs. - [pour la
mère ou pour l'enfant] il y a deux coupures si distantes qu'elles laissent
même pour les deux des déchets si différents car la coupure du cordon pour
l'enfant laisse séparée de lui une chute qui s'appelle les enveloppes - Pour
la mère, la coupure se place au niveau du placenta, c'est même pour ça qu'on
appelle ça des caducs, et la caducité de cet objet (a) est là ce qui fait sa
fonction.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - la lèvre, elle-même incarnation, si
l'on peut dire d'une coupure (...) nous évoque singulièrement ce qu'il y
aura (...) au niveau de l'articulation signifiante, au niveau des phonèmes -
Il y a derrière la lèvre ce qu'Homère appelle "l'enclos des dents" et la
morsure. C'est là autour que nous faisons jouer (...) sa thématique
agressive, l'isolation fantasmatique de l'extrémité du sein - un objet non
seulement partiel mais sectionné - [mais la vraie coupure est ailleurs] elle
n'est pas conditionnée par l'agression sur le corps maternel - la coupure
est intérieure à l'unité individuelle primordiale telle qu'elle se présente
au niveau de la naissance, où la coupure se fait entre ce qui va devenir
l'individu jeté dans le monde extérieur et ses enveloppes qui sont parties
de lui-même - l'œuf, dans sa position intra-utérine, se présente dans une
relation semi-parasitaire à l'organisme de la mère. - je dirai que la mamme
se présente comme quelque chose d'intermédiaire et que c'est entre la mamme
et l'organisme maternel qu'il nous faut concevoir que réside la coupure - la
mamme est en quelque sorte plaquée, implantée sur la mère, c'est cela qui
permet à la mamme de fonctionner structuralement au niveau du (a). C'est
parce que le (a) est quelque chose dont l'enfant est séparé d'une façon en
quelque sorte interne (...) qu'il est bel et bien le (a).
1961/62 - L'identification - 30/05/59 - Effet de signifiant, la
coupure a d'abord été, pour nous, dans l'analyse phonématique du langage,
cette ligne temporelle, plus précisément successive des signifiants [chaîne
signifiante]. - Mais que va-t-il arriver si maintenant je vous incite à
considérer la ligne elle-même comme coupure originelle ? - Si la ligne
elle-même est coupure, chacun de ses éléments sera donc section de coupure,
et c'est cela en somme qui introduit cet élément vif, si je puis dire, du
signifiant que jai appelé le huit intérieur, à savoir précisément la boucle.
La ligne se recoupe : quel est l'intérêt de cette remarque ? La coupure
portée sur le réel y manifeste, dans le réel, ce qui est sa caractéristique
et sa fonction, et ce qu'il introduit dans notre dialectique, contrairement
à l'usage qui en est fait que le réel est le divers, le réel, depuis
toujours, je m'en suis servi de cette fonction originelle pour vous dire que
le réel est ce qui introduit le même, ou plus exactement le réel est ce qui
revient toujours à la même place. - A n'est pas identique à A - nul moyen de
faire apparaître le même, sinon du côté du réel. Autrement dit la coupure
(...) ne peut savoir qu'elle s'est fermée, qu'elle ne repasse par elle-même
que parce que le réel, en tant que distinct du signifiant, est le même. En
d'autre termes, seul le réel la ferme. Une courbe fermée, c'est le réel
révélé. - il faut que la coupure se recoupe - la coupure est un trait qui se
recoupe -
1964 - Position de l'inconscient - 839 - Le sujet, le sujet
cartésien, est le présupposé de l'ics - L'Autre est la dimension exigée de
ce que la parole s'affirme en vérité. L'ics est entre eux leur coupure en
acte.
CREATION
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 144 - La notion de la
création doit être maintenant promue par nous (...) parce qu'elle est
centrale, non seulement dans (...) le motif de la sublimation, mais dans
celui de l'éthique au sens le plus large. Je pose ceci, qu'un objet peut
remplir cette fonction qui lui permet de ne pas éviter la Chose comme
signifiant, mais de la représenter, en tant que cet objet est créé. - 146 -
[le vase =] un objet fait pour représenter l'existence du vide au centre du
réel qui s'appelle la Chose - le potier (...) crée le vase autour de ce vide
avec sa main, (...) ex nihilo , à partir du trou. - il y a identité entre le
façonnement du signifiant et l'introduction dans le réel d'une béance, d'un
trou. - 147 - la science moderne, celle née de Galilée [et l'efficacité
depuis de la saisie symbolique] n'avait pu se développer qu'à partir de
l'idéologie biblique, judaïque - [de plus, avec la création] c'est bien
ainsi qu'au cours des âges (...) est située l'articulation, la balance du
problème moral [ETHIQUE]. - 150 - Il s'agit en effet de la Chose en tant
qu'elle est définie par ceci qu'elle définit l'humain [homme "en fonction de
médium entre le réel et le signifiant" p.155] - encore que justement,
l'humain nous échappe. En ce point, ce que nous appelons l'humain ne serait
pas défini autrement que de la façon dont j'ai défini tout à l'heure la
Chose, à savoir ce qui du réel pâtit du signifiant. - Il s'agit du fait que
l'homme façonne ce signifiant [par ex. le vase] et l'introduit dans le monde
- autrement dit, de savoir ce qu'il fait en le façonnant à l'image de la
Chose, alors que celle-ci se caractérise en ceci, qu'il nous est impossible
de l'imaginer. C'est là que se situe le problème de la sublimation.
CRI
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 68 - la Chose ne se présente
à nous que pour autant qu'elle fait mot, comme on dit faire mouche . Dans le
texte de Freud, la façon dont l'étranger, l'hostile, apparaît dans la
première expérience de la réalité pour le sujet humain, c'est le cri. Ce
cri, dirai-je, nous n'en avons pas besoin. [cf. Rousseau]. - En allemand,
das Wort est à la fois le mot et la parole. En français, - Mot , c'est essentiellement
point de réponse [motus]. Mot , dit quelque part La Fontaine, c'est ce qui
se tait, c'est justement ce à quoi aucun mot n'est prononcé. - Les choses
dont il s'agit (...) sont les choses en tant que muettes. Et des choses
muettes, ce n'est pas tout à fait la même chose que des choses qui n'ont
aucun rapport avec les paroles.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - cette manifestation de l'angoisse
coincidant avec l'émergence même au monde de celui qui sera le sujet, c'est
le cri : le cri (...) comme rapport non pas originel mais terminal à ce que
nous devons considérer comme étant le cœur même de cet Autre, en tant qu'il
s'achève pour nous à un moment comme notre prochain.
1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 17/03/65 - Le cri
fait en quelque sorte le silence se pelotonner dans l'impasse même d'où il
jaillit - le cri est traversé par l'espace du silence, sans qu'il l'habite ;
il ne sont liés ni d'être ensemble ni de se succéder ; le cri fait le
gouffre où le silence se rue. - ce qui le fait différent, même de toute
forme les plus réduites du langage, c'est la simplicité, la réduction de
l'appareil mis en cause. Ici le larynx n'est plus que syrinx. L'implosion,
l'explosion, la coupure, manquent. - Ce silence c'est le lieu même où
apparaît le tissu sur quoi se déroule le message du sujet - Le se taire
n'est pas le silence - faites silence et taisez-vous, ce sont deux choses
différentes ; la présence du silence n'implique nullement qu'il n'y ait pas
un qui parle.
CRIME
1932 - Thèse - 302 - [la doctrine freudienne permet d'établir une
distinction entre les crimes du Moi (où rentrent tous les crimes dits
d'intérêts) et les crimes du Soi (où rentrent les crimes purement
pulsionnels, tels qu'on les rencontre typiquement dans la démence
précoce.[le criminel ne veut tuer ici non plus son moi ou son sur-moi, mais
sa maladie ou, plus généralement, le "mal": agression symbolique] - Entre
ces deux classes (...) notre étude permet de déterminer un type de crimes,
les crimes des délires de quérulance et des délires d'autopunition , qui
sont des crimes du Surmoi. - [intermédiaire entre le Moi et le Soi] - 303 -
dans la technique [psychanalytique] applicable aux psychoses en clinique
fermée (...) on trouve un test d'évaluation rigoureuse des pulsions
agressives d'un sujet donné. -
1933 - "Motifs du crime paranoïaque..." (Thèse) - 392 - La pulsion
agressive, qui se résout dans le meurtre, apparaît (...) comme l'affection
qui sert de base à la psychose. On peut la dire inconsciente, ce qui
signifie que le contenu intensionnel qui la traduit dans la conscience ne
peut se manifester sans un compromis avec les exigences sociales intégrées
par le sujet, cad sans un camouflage de motifs, qui est précisément tout le
délire. Mais cette pulsion est empreinte en elle-même de relativité sociale
: elle a toujours l'intentionnalité d'un crime, presque constamment celle
d'une vengeance, souvent le sens d'une punition, cad d'une sanction issue
des idéaux sociaux, parfois enfin elle s'identifie à l'acte achevé de la
moralité, elle a la portée d'une expiation (autopunition).- 393 - Le contenu
intellectuel du délire nous apparaît (...) comme une superstructure à la
fois justificative et négatrice de la pulsion criminelle [elle la diffère :
délirer c'est différer un meurtre]. Nous le concevons donc comme soumis aux
variations de cette pulsion, à la chute qui résulte par exemple de son
assouvissement - Les défaut corrélatifs des descriptions et des explications
classiques, ont longtemps fait méconnaître l'existence, pourtant capitale,
de telles variations, en affirmant la stabilité des délires paranoïaques,
alors qu'il n'y a que constance de structure [la psychose (structure) n'est
pas le délire] -
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 141 - Ainsi la
tension agressive intégrant la pulsion frustrée chaque fois que le défaut
d'adéquation de l'"autre" [dans la dialectique du moi et de son semblable -
la pulsion se faisant alors pulsion de mort] fait avorter l'identification
résolutive, elle détermine par là un type d'objet qui devient criminogène
dans la suspension de la dialectique du moi.
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 132 - [le
crime] l'individu en tant qu'il est normal s'en sert pour des conduites
réelles ; en tant qu'il est psychopathe, il les exprime par des conduites
symboliques. - 135 - [or] en irréalisant le crime, elle [la psychanalyse] ne
déshumanise pas le criminel.
1950 - Fonctions de la psychanalyse en criminologie - 129 - la
première situation dont encore nous sommes redevables à l'initiative
freudienne d'avoir amené la notion (...) c'est justement celle du crime dans
ses deux formes les plus abhorrées, l'Inceste et le Parricide, dont l'ombre
engendre toute la pathogénie de l'Œdipe. - 130 - Dieu est mort, plus rien
n'est permis. [= névrose] / Ces maux et ces gestes, la signification de l'auto-punition
les couvre tous. Va-t-il donc falloir l'étendre à tous les criminels (...) ?
- 132 - les effets psychopathologiques en leur majeure partie (...) où sont
révélées les tensions issues de l'œdipisme (...) expriment une déhiscence du
groupe familial au sein de la société. - 133 - Cette conception qui se
justifie par la réduction de plus en plus étroite de ce groupe à sa forme
conjugale, et par la conséquence qui s'ensuit du rôle formateur de plus en
plus exclusif qui lui est réservé dans les premières identifications de
l'enfant comme dans l'apprentissages des premières disciplines, explique
l'accroissement de la puissance captatrice de ce groupe sur l'individu à
mesure même du déclin de sa puissance sociale.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 302 - [la limite de la
seconde mort] Je vous l'ai déjà produite dans Sade, comme celle qui voudrait
traquer la nature dans le principe même de sa puissance formatrice, réglant
les alternances de la corruption et de la génération. - une transgression
est possible, qu'il appelle le crime. - 303 - par le crime, il est au
pouvoir de l'homme de délivrer la nature des chaînes de ses propres lois
[cf. l'expression "contre-nature"] - Ce n'est pas pour rien que le crime est
pour nous un horizon de notre exploration du désir, et que ce soit à partir
d'un crime originel que Freud ait dû tenter de reconstruire la généalogie de
la loi. - Dans le scénario sadique typique, la souffrance ne mène pas la
victime à ce point qui la disperse, et qui l'anéantit. Il semble au
contraire que l'objet des tourments doive conserver la possibilité d'être un
support indestructible. - Et c'est en cela que gît la conjonction entre les
jeux de la douleur et les phénomènes de la beauté - Je vous le montrerai
dans le texte de Sade si manifeste que l'on finit par ne plus le voir. Les
victimes sont toujours parées, non seulement de toutes les beautés, mais de
la grâce [éternelle] même, qui en est la fleur dernière. - 304 - Les formes
qui sont à l'œuvre dans la connaissance, nous dit Kant, sont intéressées
dans le phénomène du beau, mais sans que l'objet soit concerné. Ne
saisissez-vous pas l'analogie avec le fantasme sadique ? - où l'objet n'est
là que comme pouvoir d'une souffrance, qui n'est elle-même que le signifiant
d'une limite. La souffrance est là conçue comme une stase qui affirme que ce
qui est [existence] ne peut pas rentrer dans le néant d'où il est sorti.
C'est bien ici la limite que le christianisme a érigée à la place de tous
les autres dieux, sous la forme de cette image exemplaire tirant à elle
secrètement tous les fils de notre désir - l'image de la crucifixion.
CROYANCE