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Index de Lacan 1962...

 

 

 

 

Idéal-du-moi - Identification - Imaginaire - Impossible - Individu - Inhibition - Interdit - Interprétation - Intersubjectivité - Intrusion - Jalousie - Jeu - Jouissance

 

 

IDEAL-DU-MOI



1953 - Les écrits techniques de Freud - 144 - deux narcissismes. Il y a d'abord (..) un narcissisme qui se rapporte à l'image corporelle. - donne sa forme à son Umwelt - [moi-idéal - par contre, la réflexion dans le miroir manifeste une possibilité noétique originale, et introduit un second narcissisme. Son pattern fondamental est tout de suite la relation à l'autre. / L'autre a pour l'homme valeur captivante, de par l'anticipation que représente l'image unitaire telle qu'elle est perçue soit dans le miroir, soit dans toute réalité du semblable. - 145 - Le sujet voit son être dans une réflexion par rapport à l'autre, cad par rapport à l'Ich-Ideal [idéal-du-moi] -
1953 - Les écrits techniques de Freud - 154 - L'un [moi-idéal] est sur le plan de l'imaginaire, et l'autre sur le plan du symbolique - puisque l'exigence de l'Ich-Ideal prend sa place dans l'ensemble des exigences de la loi.
1953 - Les écrits techniques de Freud - 145 - La stricte équivalence de l'objet et de l'idéal du moi dans le rapport amoureux est une des notions les plus fondamentales dans
l'œuvre de Freud. - 162 - L'amour est un phénomène qui se passe au niveau de l'imaginaire, et qui provoque une véritable subduction du symbolique, une sorte de d'annulation, de perturbation de la fonction d'idéal du moi. - 163 - L'Ich-Ideal , en tant que parlant, peut venir se situer dans le monde des objets au niveau de l'Ideal-Ich - Vous pensez bien qu'au moment où cette confusion se produit, il n'y a plus aucune espèce de régulation possible de l'appareil. Autrement dit, quand on est amoureux, on est fou - coup de foudre - coïncidence de l'objet avec l'image fondamentale
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 19/03/58 - il y a toujours quelque chose qui impliquera ce facteur commun à l'incidence du signifiant dans le désir, à ce qui le signifie, à ce qui en fait nécessairement un désir signifié. Ce facteur commun, c'est précisément le phallus. - ce facteur commun métonymique - ce qui se passe au niveau de l'idéal du Moi consiste essentiellement à l'avoir au minimum, ce facteur commun - L'idéal du Moi se constitue dans ce rapport avec le père, il implique toujours le phallus. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 19/03/58 - nous avons donc aussi bien chez le garçon que chez la fille à un moment donné, une relation à un certain objet (...), objet d'ores et déjà constitué, (...) et cet objet va devenir quelque chose qui est l'idéal du moi. Il va le devenir pas ses insignes. - constitution de cet objet comme un certain signifiant qui prend une certaine place, (...) qui devient une métaphore du sujet - [par ex.] dans le cas où la fille s'identifie à son père - ce père qu'elle a désiré et qui lui a refusé le désir de sa demande, devient quelque chose qui est à sa place. Le caractère métaphorique de la formation de l'idéal du Moi est un élément essentiel -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 19/03/58 - Ce qui est interdit [comme objet] rejette le sujet dans quelque chose où il ne trouve plus rien à se signifier. C'est ce qui en fait (...) le caractère douloureux, et c'est pour autant que le Moi peut de la part de l'idéal-du-Moi par exemple, à l'occasion se trouver dans cette position de rejet, que s'établit l'état (...) mélancolique.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 19/03/58 - après le refoulement du désir de l'Œdipe, le sujet sort nouveau, pourvu d'(...) un idéal du moi.
- identification distincte de l'identification du Moi [rapport du sujet à l'image du semblable] - l'idéal du Moi, (...) il intervient dans des fonctions qui sont souvent dépressives, voire agressives, à l'égard du sujet. - [Freud] a tendance à mettre toutes les dépressions au chef et au registre, non pas de l'idéal du Moi, mais de quelque rapport vacillant, de quelque rapport conflictuel entre le Moi et l'idéal du Moi.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 17/12/58 - idéal du moi en tant qu'il est lui-même l'héritier d'un rapport premier du sujet (...) avec le désir de sa mère, l'idéal prenant la place de ce qui, chez le sujet, a été éprouvé comme le fait d'un enfant désiré
1960 - Remarque sur le rapport de Daniel Lagache - 671 - dans la relation du sujet à l'autre de l'autorité, l'Idéal-du-Moi, suivant la loi de plaire, mène le sujet à se déplaire au gré du commandement; le Moi Idéal, au risque de déplaire, ne triomphe qu'à plaire en dépit du commandement. - l'Idéal-du-Moi comme modèle, le Moi Idéal comme aspiration, ô combien, pour ne pas dire plutôt rêve.
1960/61 - Le Transfert - 388 - On a dit, et très tôt - l'analyste prend pour l'analysé la place de son idéal du moi. - Cela ne veut pas dire du tout que cela épuise la question, ni que l'analyste puisse d'aucune façon s'en satisfaire - 391 - [il faut voir] la communauté analytique en tant que masse organisée par l'idéal du moi analytique -
1960/61 - Le Transfert - 397 - Le moi idéal, c'est le fils de famille, au volant de sa petite voiture de sport. Avec ça, il va vous faire voir du pays. Il va faire le malin. - si le gars se livre à ces exercices scabreux, c'est pourquoi ? - pour attraper une gamine. - 398 - L'idéal du moi, qui a le plus étroit rapport avec le jeu et la fonction du moi idéal, est bel et bien constitué par le fait qu'au départ, s'il a sa petite voiture de sport, c'est parce qu'il est le fils de famille, qu'il est le fils à papa, et que, pour changer de registre, si Marie-Chantal, comme vous le savez, s'inscrit au parti communiste, c'est pour faire chier père. - Mais disons bien que l'une et l'autre, Marie-Chantal et le fils à papa au volant de sa petite voiture, seraient tout simplement englobés dans le monde organisé par le père, s'il n'y avait pas justement le signifiant père , qui permet, si je puis dire, de s'en extraire pour s'imaginer le faire chier, et même pour y arriver. C'est ce qu'on exprime en disant qu'il ou elle introjecte en l'occasion l'image paternelle. - En somme, de ce signifiant introjecté le sujet tombe sous un jugement qui le réprouve, il prend par là la dimension du réprouvé, ce qui, comme chacun sait, n'a rien de narcissiquement si désavantageux. - 407 - [la théorie classique assimile l'idéal du moi à] l'introjection d'un objet impératif, interdictif, essentiellement conflictuel. - c'est dans la mesure où cet objet - le père par exemple (...) - aura été intériorisé, qu'il constituera le surmoi - [ensuite sera l'] objet d'un investissement libidinal pour le sujet. - [et enfin sera reprojeté sur un objet] comme investissement amoureux au premier chef. - 411 - [En fait, au lieu de chercher l'origine de l'idéal du moi dans le surmoi, par introjection du premier objet violent, il vaudrait mieux expliquer le moi idéal par l'idéal du moi, et celui-ci par l'Autre : l'enfant au miroir porté par l'adulte se mire tout en se retournant sans cesse vers celui-ci, et dans ce va-et-vient réside toute la nuance entre moi idéal et idéal du moi.] - 413 - l'identification se fait toujours par ein einziger Sug . - 414 - [c'est là] le caractère ponctuel de la référence originelle à l'Autre dans le rapport narcissique. - Ce regard de l'Autre, nous devons le concevoir comme s'intériorisant par un signe. Ca suffit. (...) Il n'y a pas besoin de tout un champ d'organisation et d'une introjection massive. - Il y a lieu de distinguer radicalement l'idéal du moi et le moi idéal. Le premier est une introjection symbolique, alors que le second est la source d'une projection imaginaire.
1960/61 - Le Transfert - 457 - Prenez le schéma de la Massenpsychologie par où freud nous origine l'identification de l'idéal du moi. - Pour que tous les sujets aient collectivement, au moins un instant, le même idéal, qui permet tout et n'importe quoi pendant un temps assez court, il faut, explique-t-il, que tous ces objets extérieurs soient pris en tant qu'ayant un trait commun, einziger Zug. - ce qui est vrai au niveau du collectif l'est aussi au niveau de l'individuel. C'est autour de la fonction de l'idéal que s'accommode le rapport du sujet aux objets extérieurs. - Dans le monde d'un sujet qui parle, que l'on appelle le monde humain, c'est pure et simple affaire d'essai métaphorique que de donner à tous les objets un trait commun - 458 - hors de ce registre, il est impossible de concevoir ce que veut dire Freud dans la psychologie du deuil et de la mélancolie. - -le deuil consiste à identifier la perte réelle, pièce à pièce, morceau par morceau, signe à signe, élément grand I à élément grand I, juqu'à épuisement. Quand cela est fait, fini. - l'affaire ne commence à devenir sérieuse qu'à partir du pathologique, cad de la mélancolie. L'objet y est, chose curieuse, beaucoup moins saisissable pour être certainement présent, et pour déclencher des effets infiniment plus catastrophiques, puisqu'ils vont jusqu'au tarissement de ce que Freud appelle le sentiment le plus fondamental, celui qui vous attache à la vie. - Quels traits se laissent-ils voir d'un objet si voilé, masqué, obscur ? - nous pouvons en identifier quelques-uns à travers ceux qu'il vise comme étant ses propres caractéristiques à lui. - Remarquez qu'il ne s'agit jamais de l'image spéculaire. Le mélancolique ne vous dit pas qu'il a mauvaise mine, ou qu'il a une sale gueule, ou qu'il est tordu, mais qu'il est le dernier des derniers, qu'il entraîne des catastrophes pour toute sa parente, etc. Dans ses accusations, il est entièrement dans le domaine du symbolique. Ajoutez-y l'avoir - il est ruiné. - 459 - Il s'agit de ce que j'appellerais, non pas le deuil ni la dépression au sujet de la perte d'un objet, mais un remords d'un certain type, déclenché par un dénouement qui est de l'ordre du suicide de l'objet. Un remords donc, à propos d'un objet qui est entré à quelque titre dans le champ du désir, et qui, de son fait, ou de quelque risque qu'il a couru dans l'aventure, a disparu.
1961/62 - L'identification - 28/02/62 - [Ce que Freud appelle] narcissisme des petites différences, c'est la même chose que ce que l'appelle la fonction du trait unaire (...) ; c'est à partir de cette petite différence [cad différence absolue], en tant qu'elle est la même chose que le grand I, l'Idéal-du-moi, que peut s'accomoder toute visée narcissique




IDENTIFICATION



1936 - Au-delà du principe de réalité - 90 - Il faut distinguer (...) deux usages du concept de libido (...) : comme concept énergétique , réglant l'équivalence des phénomènes, comme hypothèse substantialiste , les référant à la matière. - 91 - Comme concept énergétique (...) la libido n'est que la notation symbolique de l'équivalence entre les dynamismes que les images investissent dans le comportement. C'est la condition même de l'identification symbolique et l'entité essentielle de l'ordre rationnel, sans lesquelles aucune science ne saurait se constituer. -
1936 - Au-delà du principe de réalité - 88 - C'est dans cette réalité spécifique des relations inter-humaines qu'une psychologie peut définir son objet propre et sa méthode d'investigation. - l'usage génial que [Freud] a su faire de la notion de l'image . - Cette fonction il l'a démontrée en découvrant dans l'expérience le procès de l'identification : bien différent de celui de l'imitation que distingue sa forme d'approximation partielle et tâtonnante, l'identification s'y oppose non seulement comme l'assimilation globale d'une structure, mais comme l'assimilation virtuelle du développement qu'implique cette structure à l'état encore indifférencié. - 89 - Ce qui se transmet par cette voie psychique, ce sont ces traits qui dans l'individu donnent la forme particulière de ses relations humaines, autrement dit sa PERSONNALITÉ . - C'est par la voie du complexe [= ces "relations psychiques fondamentales"] que s'instaurent dans le psychisme les images qui informent les unités les plus vastes du comportement - la fécondité PSYCHIQUE de toute insuffisance vitale.
1938 - Les complexes familiaux - 36 - [intrusion] la jalousie, dans son fonds, représente non pas une rivalité vitale mais une identification mentale. - 37 - dès ce stade s'ébauche la reconnaissance d'un rival, cad d'un "autre" comme objet. - 38 - [nécessité d'] un écart d'âge très étroitement limité - cette condition équivaut à l'exigence d'une similitude entre les sujets. Il apparaît que l'imago de l'autre est liée [initialement, au stade du miroir] à la structure du corps propre - [ensuite] [la psy] nous montre dans le frère, au sens neutre, l'objet électif des exigences de la libido qui, au stade que nous étudions, sont homosexuelles. - 39 - [dans la jalousie amoureuse] On doit la reconnaître (...) dans le puissant intérêt [ bien qu'il s'affirme comme haine] que le sujet porte à l'image du rival - Cet intérêt confond en lui l'identification et l'amour. - L'agressivité maximum qu'on rencontre dans les formes psychotiques de la passion est constituée bien plus par la négation de cet intérêt singulier que par la rivalité qui paraît la justifier. Mais c'est tout spécialement dans la situation fraternelle primitive que l'agressivité se démontre pour secondaire à l'identification. - 40 -Au reste, la doctrine analytique, en caractérisant comme sado-masochiste la tendance typique de la libido à ce même stade, souligne certes que l'agressivité domine alors l'économie affective, mais aussi qu'elle est toujours à la fois subie et agie, cad sous-tendue par une identification à l'autre, objet de la violence.
1946 - Propos sur la causalité psychique - 188 - la causalité psychique même : l'identification , laquelle est un phénomène irréductible, et l'imago est cette forme définissable dans le complexe spatio-temporel imaginaire qui a pour fonction de réaliser l'identification résolutive d'une phase psychique, autrement dit une métamorphose des relations de l'individu à son semblable. - 189 - [l'imago fonctionne aussi chez les animaux :] On sait depuis longtemps que la femelle du pigeon, isolée de ses congénères, n'ovule pas.
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 117 - Nous indiquerons comment nous en concevons la liaison [du narcissisme] avec la fonction du complexe
d'Œdipe. Celle-ci dans sa normalité est de sublimation, qui désigne très exactement un remaniement identificatoire du sujet, et, comme l'a écrit Freud dès qu'il eut ressenti la nécessité d'une coordination "topique" des dynamismes psychiques, une identification secondaire par introjection de l'imago du parent de même sexe. L'énergie de cette identification est donnée par le surgissement biologique de la libido génitale. Mais il est clair que l'effet structural d'identification au rival ne va pas de soi, sinon sur le plan de la fable, et ne se conçoit que s'il est préparé par une identification primaire qui structure le sujet comme rivalisant avec soi-même. - Mais ce qui nous intéresse ici, c'est la fonction que nous appellerons pacifiante de l'idéal du moi , la connexion de sa normativité libidinale avec une normativité culturelle, liée depuis l'orée de l'histoire à l'imago paternelle.
1953 - Les écrits techniques de Freud - 194 - Le moi, c'est un objet fait comme un oignon, on pourrait le peler, et on trouverait les identifications successives qui l'ont constitué.
1955/56 - Les psychoses - 247 - Sa gerbe n'était point avare, ni haineuse - Victor Hugo. Voilà une métaphore. - Il n'y a pas comparaison, mais identification.
1955/56 - Les psychoses - 197 - [hystérie] [Cette notion d'identification est primordiale dans l'analyse. Freud se trompe sur Dora car] Il se demande ce que Dora désire, avant de se demander qui désire dans Dora. Et Freud finit par s'apercevoir que, dans ce ballet à quatre (...) c'est Madame K. l'objet qui intéresse vraiment Dora, en tant qu'elle-même est identifiée à Monsieur K. La question de savoir où est le moi de Dora est ainsi résolue - le moi de Dora, c'est Monsieur K. - 196 - La topique freudienne du moi nous montre comment [un ou une névrosée] (...) use de son moi pour poser la question, cad justement pour ne pas le poser. La structure d'une névrose est essentiellement une question - 200 - Devenir une femme et s'interroger sur ce qu'est une femme sont deux choses essentiellement différentes. Je dirai même plus - c'est parce qu'on ne le devient pas qu'on s'interroge, et jusqu'à un certain point, s'interroger est le contraire de la devenir. - 201 - Quand sa question prend forme sous l'aspect de l'hystérie, il est très facile à la femme de la poser par la voie la plus courte, à savoir l'identification au père. - 198 - la raison de la dissymétrie se situe essentiellement au niveau symbolique - Il n'y a pas à proprement parler, dirons-nous, de symbolisation du sexe de la femme comme tel. - L'accès de la femme au complexe œdipien, son identification imaginaire [finalement en tant que femme], se fait en passant par le père, exactement comme chez le garçon, en raison de la prévalence de la forme imaginaire du phallus - 199 - [Mais] Le fait ne peut s'interpréter que dans la perspective où c'est l'ordonnance symbolique qui règle tout.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 19/03/58 - Que se passe-t-il quand le sujet (...) féminin a pris une certaine position d'identification au père ? - Si une femme dit : "je tousse comme mon père". - Alors là ce n'est pas douteux. Ce sont des éléments signifiants. - Nous les appellerons les "insignes" du père. - de la masculinité. - [par la suite, dans la transformation du désir qui s'ensuit, s'insère] tout le passé, toute la vicissitude des relations extrêmement complexes qui jusque là ont modulé les rapports de l'enfant avec la mère (...) tout particulièrement agressives - c'est dans la mesure où une femme fait une identification à son père, que dans ses rapports avec son mari elle lui fait tout le grief qu'elle avait fait à sa mère -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/06/58 - Pourquoi à un moment, dans certains cas, et dans la forme du complexe d'Œdipe inversé [homosexualité], l'objet [la Mère] qui est un objet d'attachement libidinal devient-il objet d'identification? - c'est là la question essentielle, celle du rapport entre l'amour pour un objet et l'identification - [Cela recoupe la problématique phallique de l'être et de l'avoir,] la différence qu'il y a entre l'attachement érotique libidinal à l'objet aimé [avoir] et l'identification au même [être] [comment s'opère le passage et dans quelle mesure parler de régression? Est-ce parce que, à la différence de l'identification signifiante au père, nous aurions ici une identification objectale à la mère ; ou bien est-ce le choix des signifiants qui tout simplement est en cause? Il n'est pas contradictoire avec la nature signifiante du phallus que de se faire objet cad le phallus pour le désir de la mère. Simplement l'identification (homosexuelle) qui s'ensuit, résulte d'une confusion entre la ligne de "suggestion" (la demande comme appel à la satisfaction du besoin) et la ligne de "transfert" (la demande d'amour, où le signifiant comme tel entre en jeu). Cette mise au point topique élimine à proprement parler le problème de la régression.] - [Pour constituer l'autre comme objet, voire pour se constituer comme objet pour le désir de l'autre, et ensuite pour s'identifier à lui, il faut bien que l'autre comme tel soit constitué cad symbolisé préalablement, et c'est là le fait de la demande inconditionnelle d'amour.]
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - Si j'identifie cette fonction du trait unaire, si j'en fais la figure dévoilée de cet eirziger zug de l'identification, (...) pointons qu'il s'agit de l'identification de la deuxième espèce (...] [que Freud] appelle régressive, pour autant que c'est lié à quelque abandon de l'objet qu'il définit comme l'objet aimé. Cet objet aimé va de la femme aux livres rares.
1960/61 - Le Transfert - 397 - Le moi idéal, c'est le fils de famille, au volant de sa petite voiture de sport. Avec ça, il va vous faire voir du pays. Il va faire le malin. - si le gars se livre à ces exercices scabreux, c'est pourquoi ? - pour attraper une gamine. - 398 - L'idéal du moi, qui a le plus étroit rapport avec le jeu et la fonction du moi idéal, est bel et bien constitué par le fait qu'au départ, s'il a sa petite voiture de sport, c'est parce qu'il est le fils de famille, qu'il est le fils à papa, et que, pour changer de registre, si Marie-Chantal, comme vous le savez, s'inscrit au parti communiste, c'est pour faire chier père. - Mais disons bien que l'une et l'autre, Marie-Chantal et le fils à papa au volant de sa petite voiture, seraient tout simplement englobés dans le monde organisé par le père, s'il n'y avait pas justement le signifiant père , qui permet, si je puis dire, de s'en extraire pour s'imaginer le faire chier, et même pour y arriver. C'est ce qu'on exprime en disant qu'il ou elle introjecte en l'occasion l'image paternelle. - En somme, de ce signifiant introjecté le sujet tombe sous un jugement qui le réprouve, il prend par là la dimension du réprouvé, ce qui, comme chacun sait, n'a rien de narcissiquement si désavantageux. - 407 - [la théorie classique assimile l'idéal du moi à] l'introjection d'un objet impératif, interdictif, essentiellement conflictuel. - c'est dans la mesure où cet objet - le père par exemple (...) - aura été intériorisé, qu'il constituera le surmoi - [ensuite sera l'] objet d'un investissement libidinal pour le sujet. - [et enfin sera reprojeté sur un objet] comme investissement amoureux au premier chef. - 411 - [En fait, au lieu de chercher l'origine de l'idéal du moi dans le surmoi, par introjection du premier objet violent, il vaudrait mieux expliquer le moi idéal par l'idéal du moi, et celui-ci par l'Autre : l'enfant au miroir porté par l'adulte se mire tout en se retournant sans cesse vers celui-ci, et dans ce va-et-vient réside toute la nuance entre moi idéal et idéal du moi.] - 413 - l'identification se fait toujours par ein einziger Sug . - 414 - [c'est là] le caractère ponctuel de la référence originelle à l'Autre dans le rapport narcissique. - Ce regard de l'Autre, nous devons le concevoir comme s'intériorisant par un signe. Ca suffit. (...) Il n'y a pas besoin de tout un champ d'organisation et d'une introjection massive. - Il y a lieu de distinguer radicalement l'idéal du moi et le moi idéal. Le premier est une introjection symbolique, alors que le second est la source d'une projection imaginaire.
1961/62 - L'identification - 20/06/62 - [3è identification où] le sujet se constitue comme désir - le désir de l'homme se situe au lieu de l'Autre - [comme il apparaît clairement pour l'hystérique, au point que l'on peut donner à cette identification le nom d'id. hystérique. Cf; Marini, présentation du Séminaire]
1961/62 - L'identification - 29/11/61 - si le A est A a constitué, si je puis dire, la condition de tout un âge de la pensée dont l'exploration cartésienne (...) est le terme - ce qu'on peut appeler l'âge théologique - il n'en est pas moins vrai que l'analyse linguistique est corrélative à l'avènement d'un autre âge, (...) je veux dire dans les mathématiques, d'un usage étendu du signifiant. Nous pouvons dire nous apercevoir que c'est dans la mesure où le A est A doit être mis en question que nous pouvons faire avancer le problème de l'identification. - l'un comme tel est l'Autre. c'est à partir de ceci, de cette foncière structure de l'un comme différence que nous pouvons voir apparaître cette origine d'où l'on peut voir le signifiant se constituer. - L'identification n'a rien à faire avec l'unification.
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [1ère identification] l'identification par la voix - nous parlons d'incorporation.
1962/63 - L'angoisse - 29/11/61 - deux sortes d'identifications imaginaires : 1) celle au "a" : i(a), image spéculaire (...), 2) celle plus mystérieuse à (...) l'objet du désir comme tel.
1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 03/03/65 - la nature foncière du corps a à voir avec [la libido]. - aussi bien ceci a rapport à l'existence de la reproduction sexuelle mais n'y est point identique puisque la première forme en est cette pulsion orale où s'opère l'incorporation. - ceux qui consomment la victime primordiale, le père démembré - c'est l'être de l'autre, l'essence d'une puissance primordiale qui, ici à être consommée, est assimilée - c'est dans un second temps que s'instaure (...) la dialectique de la demande et de la frustration à savoir ce que Freud nous pose comme la seconde forme de l'identification, le fait que, à partir du moment où s'introduit l'objet d'amour, c'est là que s'introduit aussi la possibilité de par la frustration, de l'identification à l'objet d'amour lui-même - alternance de l'objet à l'identification de l'objet - alternance de l'âtre et de l'avoir. - Troisième terme, nous dit Freud, c'est celle de l'identification, en quelque sorte directe, du désir au désir - c'est l'hystérique qui nous en donne le modèle
1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 13/01.93 - la demande est définie comme le discours qui vient expressément s'inscrire au lieu de l'Autre - la demande progresse vers un point qui est celui que j'ai désigné la dernière fois comme le point d'identification.
IMAGE…
1936 - Au-delà du principe de réalité - 83 - [analyse] Mais poursuivons la décomposition de l'expérience. L'auditeur y entre donc en situation d'interlocuteur . Ce rôle [pourtant] (…) le psychanalyste s'y refuse patiemment. - 84 - Mais dans sa réaction même au refus de l'auditeur, le sujet va trahir l'image qu'il lui substitue. Par son imploration, par ses imprécations, par ses insinuations, par ses provocations et par ses ruses, par les fluctuations de l'intention dont il le vise et que l'analyste enregistre, immobile mais non impassible, il lui communique le dessin de cette image. - 85 - Dès lors, en effet, l'analyste agit en sorte que le sujet prenne conscience de l'unité de l'image qui se réfracte en lui - Il opère sur les deux registres de l'élucidation intellectuelle par l'interprétation , de la manœuvre affective par le transfert - Travail d'illusionniste, nous dirait-on, s'il n'avait justement pour fruit de résoudre une illusion. - un double mouvement par où l'image , d'abord diffuse et brisée, est régressivement assimilée au réel, pour être progressivement désassimilée du réel, c'est-à-dire restaurée dans sa réalité propre. -
1953 - Les écrits techniques de Freud - 170 - l'homme, dans ses premières phases, n'arrive pas d'emblée (...) à un désir surmonté. Ce qu'il reconnaît et fixe dans cette image de l'autre, c'est un désir morcelé. - Ce que le sujet trouve dans l'autre, c'est d'abord une série de plans ambivalents, d'aliénations de son désir - d'un désir encore en morceaux.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 61 - L'image dans le miroir, qu'est-ce que c'est ? - un phénomène de conscience comme tel. - 65 - Toutes sortes de choses à l'intérieur du monde se comportent comme miroirs.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 132 - [dans la première théorie de Freud, la conscience est] un appareil qui, du monde extérieur, reflète non seulement les incitations, mais (...) la structure. - [Or cette cs est bien structurante, et pourtant elle n'explique rien, à défaut d'une théorie de l'imaginaire.] 133 - la mémoire est ici conçue comme une suite d'engrammes, comme somme de séries de frayages, et cette conception s'avère tout à fait insuffisante si nous n'y introduisons la notion d'image. Si l'on pose qu'une série de frayages (...) fait surgir une image dans un appareil psychique conçu comme une simple plaque sensible, il va de soi que, dès que la même série est réactivée par une nouvelle excitation (...), la même image se reproduit. Autrement dit, toute stimulation tend à produire une HALLUCINATION. - Voilà ce que veut dire processus primaire . - Le problème est alors celui du rapport de l'hallucination avec la réalité.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - rapport très intense, très serré entre les phénomènes du rire et la fonction chez l'homme de l'imaginaire, nommément le caractère captivant de l'image - Si quelqu'un nous fait rire quand il tombe simplement par terre, c'est [non pas à cause du "mécanique plaqué sur du vivant", comme si le vivant n'était pas mécanique] en fonction de l'image plus ou moins tendue, plus ou moins pompeuse à laquelle même nous ne faisions pas tellement attention auparavant [mais qu'il nous donnait de lui] - C'est pour autant (...) que le personnage imaginaire continue sa démarche plus ou moins apprêtée, dans notre imagination, alors que ce qui le supporte de réel est là planté et répandu par terre, c'est dans cette mesure que le rire éclate. C'est toujours par quelque chose qui est une libération de l'image. - [au double sens où] quelque chose est libéré de la contrainte de l'image, et que l'image aussi va se promener toute seule. - c'est bien pour cela aussi que le comique va entrer quelque part en connexion avec le risible -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/02/58 - [cf. Schéma R] - Que se passe-t-il au niveau du stade du miroir ? - la rencontre du sujet avec quelque chose qui est proprement une réalité, et en même temps qui ne l'est pas, à savoir une image virtuelle - l'image a cette propriété (...) d'être ce signal captivant qui s'isole dans la réalité [une limite?], qui attire de la part du sujet cette capture d'une certaine libido [i(a)] - Nous assistons à (...) un double mouvement, mouvement par quoi l'expérience de la réalité a introduit sous la forme de l'image du corps, un élément illusoire et leurrant comme fondement essentiel du repérage du sujet par rapport à la réalité, et dans toute cette mesure, dans la mesure de cet espace, de cette marge (...), la possibilité dans une direction contraire pour ses premières identifications du moi, d'entrer dans un autre champ [symbolique]
1960 - Remarque sur le rapport de Daniel Lagache - 674 spéculaire (schémas)
1960/61 - Le Transfert - 286 - - Dans le tableau, c'est Psyché qui est éclairée, et comme je vous l'enseigne depuis longtemps concernant la forme gracile de la féminité [femme], à la limite du pubère et de l'impubère, c'est elle qui est pour nous l'image phallique. Et du coup se trouve incarné que ce n'est pas la femme (...) [le phallus] c'est l'image elle-même, en tant qu'elle est reflétée - reflétée sur la forme narcissique du corps. - D'où ce conflit proprement imaginaire, qui consiste à se voir soi-même comme privé, ou non privé, de cet appendice.
1961/62 - L'identification - 22/11/61 - nous définissons l'image comme tout arrangement physique qui a pour résultat entre deux systèmes de constituer une concordance biunivoque.
1961/62 - L'identification - 30/05/62 - l'objet du fantasme "a", l'objet du désir na pas d'image et (...) l'impasse du fantasme du névrosé c'est que, dans sa quête de "a", il rencontre i de "a". - l'image spéculaire est une erreur, elle n'est pas simplement une illusion, un leurre de la Gestalt captivante dont l'agressivité ait marqué l'accent, elle est foncièrement une erreur en tant que le sujet s'y méconnaît (...), en tant que l'origine du moi et sa méconnaissance sont ici rassemblées - [si le sujet] savant, ce qui est la simple vérité, qu'il n'y a que les rapports les plus déformés d'aucune façon identifiables, entre son côté droit et son côté gauche, il ne songerait pas à s'identifier à l'image du miroir.
1962/63 - L'angoisse - 09/01/63 - Qu'est-ce qui fait qu'une image spéculaire est distincte de ce qu'elle représente ? c'est que la droite devient la gauche et inversement. - Une surface à une seule face ne peut pas être retournée. - [Ainsi une bande de Mœbius] si vous en retournez une sur elle-même, elle sera toujours identique à elle-même
. C'est ce que j'appelle n'avoir pas d'image spéculaire.
1962/63 - L'angoisse - 23/01/63 - C'est avec l'image réelle ici constituée, quand elle émerge, comme i(a), qu'on prend ou non dans l'encolure de cette image ce qui reste, la multiplicité des objets "a" représentés dans mon schéma par les fleurs réelles - C'est pourquoi nous devons saisir qu'avant le stade du miroir ce qui sera i(a) est là dans le désordre des petits "a" dont il n'est pas question encore de les avoir ou pas. Et c'est à cela que répond le vrai sens, le sens le plus profond à donner au terme d'auto-érotisme, c'est qu'on manque de soi, si je puis dire, du tout au tout. Ce n'est pas du monde extérieur qu'on manque, comme on l'exprime improprement, c'est de soi-même.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - Cette image i(a), image spéculaire, objet caractéristique du stade du miroir, a plus d'une séduction qui n'est pas seulement liée à la structure de chaque sujet mais aussi à la fonction de la connaissance : elle est formée, j'entends dire, close, elle est gestaltique, cad marquée par la prédominance d'une bonne forme -
1964 - Les quatre concepts… - 81 - La vision s'ordonne sous un mode qu'on peut appeler en général la fonction des images. Cette fonction se définit par une correspondance point par point de deux unités dans l'espace. Quels que soient les intermédiaires optiques pour établir leur relation, qu'une image soit virtuelle, qu'elle soit réelle, la correspondance point par point est essentielle. Ce qui est du mode de l'image dans le champ de la vision est donc réductible à ce schéma si simple qui permet d'établir l'anamorphose, cad au rapport d'une image, en tant qu'elle est liée à une surface, avec un certain point que nous appellerons point géométral. Pourra s'appeler image quoi que ce soit qui est déterminé par cette méthode - c'est autour des recherches sur la perspective que se centre un intérêt privilégié pour le domaine de la vision [rapport avec le cogito de Descartes comme point de perspective] -




IMAGINAIRE



1946 - Propos sur la causalité psychique - 188 - la causalité psychique même : l'identification , laquelle est un phénomène irréductible, et l'imago est cette forme définissable dans le complexe spatio-temporel imaginaire qui a pour fonction de réaliser l'identification résolutive d'une phase psychique, autrement dit une métamorphose des relations de l'individu à son semblable. - 189 - [l'imago fonctionne aussi chez les animaux :] On sait depuis longtemps que la femelle du pigeon, isolée de ses congénères, n'ovule pas.
1953 - Le Symbolique, l'Imaginaire, le Réel - Ainsi nous posons qu'un comportement peut être imaginaire quand son aiguillage sur des images de sa propre valeur d'image pour un autre sujet le rendent susceptible de déplacement hors du cycle qui assure la satisfaction d'un besoin naturel. - [par exemple chez le fétichiste que la pantoufle soit ] le déplacement de l'organe féminin -
1953 - Les écrits techniques de Freud - 134 - Dans la méconnaissance, le refus, le barrage opposé à la réalité par le névrotique, nous constatons un recours à la fantaisie. - Freud souligne qu'il n'y a rien de semblable dans la psychose. Le sujet psychotique, s'il perd la réalisation du réel, ne retrouve, lui, aucune substitution imaginaire. - Une des conceptions les plus répandues, c'est que le sujet délirant rêve, qu'il est en plein dans l'imaginaire. Il faut donc que, dans la conception de Freud, la fonction de l'imaginaire ne soit pas la fonction de l'irréel. - 135 - Nous verrons que ce pourrait être dans un irréel symbolique, ou un symbolique marqué d'irréel, que se situe la structure propre du psychotique. - Pour Yung, les deux domaines du symbolique et de l'imaginaire sont là complètement confondues - [Lacan veut montrer que la conception freudienne de la libido , surtout avec la notion problématique d'auto-érotisme, suppose non seulement de distinguer entre libido d'objet et libido égoïste, mais aussi nettement que possible les trois domaines distincts du réel, de l'imaginaire et du symbolique - afin d'éviter tout nivellement à la Jung.]
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 284 - le moi est une construction imaginaire. Cela ne lui retire rien, à ce pauvre moi, le fait qu'il soit imaginaire - je dirais même que c'est ce qu'il a de bien. S'il n'était pas imaginaire, nous ne serions pas des hommes, nous serions des lunes. Ce qui ne veut pas dire qu'il suffit que nous ayons ce moi imaginaire pour être des hommes. Nous pouvons être encore cette chose intermédiaire qui s'appelle un fou. Un fou est justement celui qui adhère à cet imaginaire, purement et simplement. [psychose]
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 133 - il comporte comme tel une intervention des Gestalten , prédisposant le sujet vivant à un certain rapport avec une forme typique qui lui répond spécialement, il suppose un couplage biologique de l'individu avec une image de sa propre espèce -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 196 - C'est l'image de son corps qui est le principe de toute unité qu'il [l'homme] perçoit dans les objets. Or, de cette image même, il ne perçoit l'unité qu'au-dehors [qu'au lieu de l'autre], et d'une façon anticipée. Du fait de cette relation double qu'il a avec lui-même, c'est toujours autour de l'ombre errante de son propre moi que se structureront tous les objets de son monde. - Le désir a un caractère radicalement déchiré. L'image même de l'homme y apporte une médiation, toujours imaginaire, toujours problématique - Si l'objet perçu au-dehors a sa propre unité, celle-ci met l'homme qui la voit en état de tension, parce qu'il se perçoit lui-même comme désir, et désir insatisfait. Inversement, quand il saisit son unité, c'est le monde au contraire qui pour lui se décompose, perd son sens - 199 - oscillation imaginaire - la seconde partie du rêve de l'injection d'Irma met en évidence ces composés fondamentaux du monde perceptif que constitue le rapport narcissique. - Le reflet du sujet (...) se retrouve toujours quelque part dans tout tableau perceptif - l'objet n'est jamais appréhendé qu'à travers la grille du rapport narcissique.
1955/56 - Les psychoses - 65 - Que la signification soit de la nature de l'imaginaire n'est pas douteux. Elle est, comme l'imaginaire, toujours en fin de compte évanescente, car elle est strictement liée à ce qui vous intéresse, cad ce en quoi vous êtes pris.
1955/56 - Les psychoses - 185 - le préverbal (...) est, dans la doctrine analytique, essentiellement lié au préconscient. -participe ainsi de ce que nous pouvons appeler une Gestalt intramondaine. - chatoiement innombrable de la grande signification affective. - L'universelle équivalence est la loi de ce monde-là. - 186 - on peut dire que les idées-schèmes de Kant se situent à l'orée de ce domaine -
1955/56 - Les psychoses - 100 - [psychose] Que se passe-t-il donc au moment où ce qui n'est pas symbolisé apparaît dans le réel ? - ce qui apparaît, apparaît sous le registre de la signification, et d'une s. qui ne vient de nulle part, et qui ne renvoie à rien, mais une s. essentielle, par laquelle le sujet est concerné. A ce moment, se met certainement en branle ce qui intervient chaque fois qu'il y a conflit d'ordres, à savoir du refoulement. Mais pourquoi le refoulement ne colle-t-il pas, cad n'aboutit pas à ce qui se produit quand il s'agit d'une névrose ? - Ce qui se produit alors a le caractère d'être absolument exclu [forclusion] du compromis symbolisant de la névrose, et se traduit dans un autre registre, par une véritable réaction en chaîne au niveau de l'imaginaire, soit dans la contre-diagonale de notre petit carré magique. - Le sujet, (...) faute de pouvoir faire une quelconque médiation symbolique entre ce qui est nouveau et lui-même, entre dans un autre mode de médiation, (...) substituant à la médiation symbolique un fourmillement, une prolifération imaginaire. - 101 - Le signifiant lui-même subit de profonds remaniements [mais subsiste : cf. la langue fondamentale de Schreber]. Le rapport du sujet au monde est une relation en miroir. Le monde du sujet va se composer essentiellement avec cet être qui est pour lui l'autre, cad [pour Schreber] Dieu lui-même. Quelque chose est prétendument réalisé, de la relation d'homme à femme. [En réalité ces deux termes se décomposent tous deux en une multitudes d'êtres imaginaires qui évoquent le corps morcelé, pré-moïque.]
1956/57 - La relation d'objet - 451 - [Si Hans est si excité par cette idée de faire des enfants un peu partout, c'est parce que si sa mère est comme lui, si elle a le pénis, il n'y a pas de raison pour que lui ne puisse pas enfanter.] C'est (...) le jeu de leurre avec la mère qu'il prolonge [par cette identification à la mère.] - 512 - il lui faut [Hans] que sa mère ait un phallus, ce qui ne veut pas dire (...) quelque chose de réel, à tout instant au contraire éclate dans son propos l'ambiguïté que fait apparaître ce rapport dans une perspective de jeu imaginaire]
1956/57 - La relation d'objet - 470 - [cf. la parabole des "lions"] [symbolique] C'est parce que les hommes ne savent pas beaucoup mieux compter que le lion, à savoir que ce nombre trois n'est jamais complètement intégré, qu'il est seulement articulé, que le conflit existe, parce que le lion bien entendu, le maintien de la relation duelle fondamentalement animale, ne continue pas moins à prévaloir dans une certaine zone [zoone...], celle précisément de l'imaginaire. (...) Si ce n'était pas si difficile d'arriver jusqu'à articuler le nombre trois, il n'y aurait pas ce gap entre le
pré-œedipien et l'œdipien.
1956/57 - La relation d'objet - 536 - [Ce jeu imaginaire par excellence de Hans et sa mère, jeu "scoptophillique" de voir et d'être vu : chercher le phallus? Relation imaginaire qui n'est cependant pas la relation imaginaire primitive de capture mère-enfant (animale) toute bête..., où la bête couve, menace...du regard, ou se fait voir, comme à la parade. Là il s'agit de chercher à voir], à épier comme on dit, ce qui à la fois y est et n'y est pas. (...) Quelque chose qui est là en tant qu'il reste voilé. [Degré supérieur] non pas seulement du voir et de l'être vu, mais de donner à voir et de l'être surpris.
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose - 552 - C'est (...) par la béance qu'ouvre cette prématuration dans l'imaginaire et où foisonnent les effets du stade du miroir, que l'animal humain est capable de s'imaginer mortel, non qu'on puisse dire qu'il le pourrait sans sa symbiose avec le symbolique, mais plutôt que sans cette béance qui l'aliène à sa propre image, cette symbiose avec le symbolique n'aurait pu se produire, où il se constitue comme sujet à la mort.
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose - 552 - [cf. schéma R p.553] - Le troisième terme du ternaire imaginaire, celui où le sujet d'identifie à l'opposé avec son être de vivant, n'est rien d'autre que L'IMAGE phallique. - 552 - C'est ainsi qu'à considérer les sommets du triangle symbolique : I comme l'idéal du moi, M comme le signifiant de l'objet primordial, et P comme la position en A du Nom-du-Père, on peut saisir comment l'épinglage homologique de la signification du sujet S sous le signifiant du phallus peut retentir sur le soutien du champ de la réalité [cf. commentaire de J.-A. Miller p.905, où il parle plutôt du Réel], délimité par le quadrangle Mim I. Les deux autres sommets de celui-ci, i et m , représentant les deux termes imaginaires de la relation narcissique, soit le moi et l'image spéculaire. - On peut ainsi situer de i à M, soit en a , les extrémités des segments Si, Sa1, SA2, SAn, SM, où placer les figures de l'autre imaginaire dans les relations d'agression érotique où elles se réalisent, - de même de m à I, soit en a' , les extrémités de segments Sm, Sa'1, Sa'2, Sa'n, SI, où le moi s'identifie, depuis son Urbild spéculaire jusqu'à l'identification paternelle de l'idéal du moi. [Notes de Lacan en 1966 :] - 553 - ce que le schéma R étale, c'est un plan projectif. - la seule coupure valable sur ce schéma (soit la coupure mi , MI), indiquent assez que cette coupure isole dans le champ une bande de Mœbius. - 554 - de pouvoir y détacher ces deux éléments hétérogènes que sont (...) : le S barré de la bande ici à attendre où elle vient en effet, cad recouvrant le champ R de la réalité, et le [petit]a qui correspond aux champs J et S. -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 15/04/59 - "a" [objet] , cet autre imaginaire, qu'est-ce que cela veut dire ? cela veut dire que quelque chose de plus ample qu'une personne peut s'y inclure, toute une chaîne, tout un scénario - ce que nous pouvons appler le bordel diffus pour autant qu'il devient la cause de ce qu'on appelle chez nous le sacro saint génital. -
1960/61 - Le Transfert - 278 - Le petit phi désigne le phallus imaginaire en tant qu'intéressé concrètement dans l'économie psychique au niveau du complexe de castration (...), là où le névrosé le vit d'une façon qui représente son mode particulier d'opérer et de manœuvrer, avec cette difficulté
radicale que j'essaye d'articuler devant vous par l'usage que je donne au symbole grand Phi .
1961/62 - L'identification - 13/06/62 - Il y a donc deux imaginaires, le vrai et le faux ; et le faux ne se soutient dans cette sorte de substance à laquelle restent attachés tous les mirages du "mé-connaître" - Cette relation du miroir pour être comprise comme telle, doit être située sur une base de cette relation à l'Autre qui est fondement du sujet, tant que notre sujet est le sujet du discours, le sujet du langage. C'est en situant ce qu'est S barré coupure de "a" par rapport à la déficience fondamentale de l'Autre comme lieu de la parole, par rapport à ce qui est la seule réponse définitive au niveau de l'énonciation, le signifiant de A barré, du témoin universel en tant qu'il fait défaut et qu'à un moment donné il n'a plus qu'une fonction de faux témoin, c'est en situant la fonction de "a" en ce point de défaillance, en montrant le support que trouve le sujet dans ce "a" qui est ce que nous visons dans l'analyse comme objet qui n'a rien de commun avec l'objet de l'idéalisme classique, qui n'a rien de commun avec l'objet du sujet hégélien.
1962/63 - L'angoisse - 28/11/62 - [Notre dialectique part d'un] sujet dont le modèle nous est donné par la conception classique du sujet à cette seule condition que nous le limitions au fait qu'il parle, et, dès qu'il parle, il se produit quelque chose. Dès qu'il commence à parler, le trait unaire entre en jeu. L'identification primaire à ce point de départ que constitue le fait de pouvoir dire un et un, et encore un, et encore un et que c'est toujours d'un un qu'il faut qu'on parte, c'est à partir de là (...) que s'institue la possibilité de la reconnaissance [imaginaire, mais donc d'abord symbolique] comme telle de l'unité appelée i(a). Cet i(a) est donné dans l'expérience spéculaire ; mais, comme je vous l'ai dit, cette expérience spéculaire est authentifiée par l'Autre -
1962/63 - L'angoisse - 29/11/61 - deux sortes d'identifications imaginaires : 1) celle au "a" : i(a), image spéculaire (...), 2) celle plus mystérieuse à (...) l'objet du désir comme tel.




IMPOSSIBLE



1961/62 - L'identification - 21/03.62 - L'Autre ne répond donc rien si ce n'est que rien n'est sûr, mais ceci n'a qu'un sens : c'est qu'il y a quelque chose dont il ne veut rien savoir et très précisément de cette question. A ce niveau l'impuissance de l'Autre s'enracine dans un impossible qui est bien le même sur la voie duquel nous avait déjà conduit la question du sujet. Pas possible était ce vide où venait surgir dans sa valeur divisante le trait unaire. - le désir se constitue d'abord de sa nature comme ce qui est caché à l'Autre par structure ; c'est l'impossible à l'Autre justement qui devient le désir du sujet. Le désir se constitue comme la partie de la demande qui est cachée à l'Autre. Cet Autre qui ne garantit rien justement en tant qu'Autre, en tant que lieu de la parole, c'est là qu'il prend son incidence édifiante. Il devient le voile, la couverture, le principe d'occultation de la place même du désir et c'est là que l'objet va se mettre à couvert - l'objet du désir existe comme ce rien même dont l'Autre ne peut savoir que c'est tout ce en quoi il consiste -
1964 - Les quatre concepts… - 152 - Le chemin du sujet [dans la satisfaction] (...) passe entre deux murailles de l'impossible. - l'impossible n'est pas forcément [négatif] le contraire du possible, ou bien alors, puisque l'opposé du possible, c'est assurément le réel, nous serons amenés à définir le réel comme l'impossible. - dans Freud, c'est sous cette forme qu'apparaît le réel, à savoir l'obstacle au principe du plaisir. Le réel, c'est le heurt, c'est le fait que ça ne s'arrange pas tout de suite, comme le veut la main qui se tend vers les objets extérieurs. - [il apparaît] par sa désexualisation - Mais l'impossible est présent aussi dans l'autre champ - 153 - L'idée que la fonction du principe du plaisir est de se satisfaire par l'hallucination, est là pour l'illustrer - La pulsion saisissant son objet apprend en quelque sorte que ce n'est justement pas par là qu'elle est satisfaite. [Car si on distingue au départ la pulsion du besoin] c'est justement parce qu'aucun objet d'aucun Not, besoin, ne peut satisfaire la pulsion.
INCONSCIENT…
1953 - Discours du Congrès de Rome et réponse aux interventions - Il ne s'agit pas de passer d'un étrange ics plongé dans l'obscur, à l'étage conscient, siège de la clarté, par je ne sais quel mystérieux ascenseur. C'est bien là l'objectivation, par quoi le sujet tente ordinairement d'éluder sa responsabilité, et c'est là aussi où les pourfendeurs habituels de l'intellectualisation, manifestent leur intelligence en l'en engageant plus encore. / Il s'agit en effet non pas de passage à la conscience, mais de passage à la parole, n'en déplaise à ceux qui s'obstinent à lui rester bouchés, et il faut que la parole soit entendue par quelqu'un là où elle ne pouvait même être lue par personne : message dont le chiffre est perdu ou le destinataire mort./ La lettre du message est ics l'important.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 136 - [discours] L'ics est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus souvent déjà elle est inscrite ailleurs. A savoir : - dans les monunemnts : et ceci est mon corps (...) où le symptôme hystérique montre la structure d'un langage et se déchiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave être détruite ; - dans les documents d'archives aussi : et ce sont les souvenirs de mon enfance (...) ; - dans l'évolution sémantique : et ceci répond au stock et aux acceptions du vocabulaire qui m'est particulier (...) ; - dans les traditions aussi (...) qui sous une forme héroïsée, véhiculent mon histoire ; - dans les traces, enfin, qu'en conservent inévitablement les distorsions, nécessitées par le raccord du chapitre adultéré dans les chapitres qui l'encadrent -
1953 - Fonction et champ de la parole… - 139 - Ce que nous apprenons au sujet à reconnaître comme son ics, c'est son histoire, - cad que nous l'aidonà à parfaire l'historisation actuelle des faits qui ont déterminé déjà dans son existence - Mais s'ils ont eu ce rôle, c'est déjà en tant que faits d'histoire, cad en tant que reconnus dans un certain sens ou censurés dans un certain ordre. Ainsi toute fixation à un prétendu stade instinctuel est avant tout stigmate historique : page de honte qu'on oublie ou qu'on annule, ou page de gloire qui oblige. - Pour dire bref, les stades instinctuels sont déjà quand ils sont vécus, organisés en subjectivité. - subjectivité de l'enfant qui enregistre en victoires et en défaites le geste de l'éducation de ses sphincters, y jouissant de la sexualisation imaginaire de ses orifices cloacaux, faisant agression de ses expulsion sexcrémentielles, séduction de ses rétentions, et symboles de ses relâchements
1953 - Fonction et champ de la parole… - 143 - [la télépathie montre bien que] l'ics du sujet soit le discours de l'autre - Coincidence des propos du sujet avec des faits dont il ne peut être informé, mais qui se meuvent toujours dans les liaisons d'une autre expérience où le psychanalyste est interloculeur - coïncidence aussi bien le plus souvent constituée par une convergence toute verbale, voire homonymique -
1953 - Les écrits techniques de Freud - 100 - l'inconscient est le discours de l'autre . / Voilà un cas où c'est absolument manifeste. Il n'y a aucune espèce d'ics dans le sujet. C'est le discours de Mélanie Klein qui greffe brutalement sur l'inertie moïque initiale de l'enfant les premières symbolisations de la situation œdipienne.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 245 - l'ics d'Œdipe, c'est bien ce discours fondamental qui fait que depuis longtemps, depuis toujours, l'histoire d' Œdipe est là écrite, que nous la connaissons, et qu'Œdipe l'ignore totalement, encore qu'il soit joué par elle depuis le début. - [Œdipe à Colone ] Vous y verriez que le dernier mot du rapport de l'homme à ce discours qu'il ne connaît pas, c'est la mort.
1955 - La Chose freudienne - 432 - dans cet ics (...) il [Freud] a reconnu l'instance des lois où se fondent l'alliance de la parenté, en y installant dès la Traumdeutung le complexe d'Œdipe comme sa motivation centrale. Et c'est ce qui me permet maintenant de vous dire pourquoi les motifs de l'ics se limitent (...) au désir sexuel. C'est essentiellement en effet sur la liaison sexuelle, et en l'ordonnant à la loi des alliances préférentielles et des relations interdites, que la première combinatoire des échanges de femmes entre les lignées nominales prend son appui -

1955/56 - Les psychoses - 127 - [l'ics] cette phrase, cette construction symbolique, recouvre de sa trame tout le vécu humain - 128 - Ce monologue soi-disant intérieur est en parfaite continuité avec le dialogue extérieur, et c'est bien pour cette raison que nous pouvons dire que l'ics est ausi le discours de l'autre. - la phrase évangélique ils ont des oreilles pour ne point entendre est à prendre au pied de la lettre. C'est une fonction du moi que nous n'avons pas perpétuellement à entendre cette articulation qui organise nos actions comme des actions parlées. - 129 - Dès lors, nous n'avons pas de raison de nous refuser de reconnaître ses voix [du psychotique : HALLUCINATION] au moment où le sujet nous en témoigne comme de quelque chose qui fait partie du texte même de son vécu.
1955/56 - Les psychoses - 149 - le psychotique est un martyr de l'inconscient, en donnant au terme de martyr son sens, qui est celui d'être témoin. Il s'agit d'un temoignage ouvert. Le névrotique aussi est un témoin de l'existence de l'ics, il donne un témoignage couvert qu'il faut déchiffrer.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 522 - L'ics n'est ni le primordial, ni l'instinctuel, et d'élémentaire il ne connaît que les éléments du signifiant.
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose - 548 - Ça pense plutôt mal, mais ça pense ferme : car c'est en ces termes qu'il [Freud] nous annonce l'ics -
1957 - La psychanalyse et son enseignement - 439 - L'ics est ce discours de l'Autre où le sujet reçoit, sous la forme inversée qui convient à la promesse, son propre message oublié.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 25/06/58 - ce désir du sujet rencontré comme l'au-delà de la demande, est ce qui le fait opaque à notre demande, et ce qui aussi installe son propre discours comme quelque chose qui est absolument nécessaire à notre structure, mais qui nous est par certains côtés impénétrable, qui en fait un discours inconscient [1° car au-delà de la demande (consciente), 2° car c'est le désir de l'autre] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 08/01/58 - Il peut y avoir dans la chaîne des signifiants un signifiant ou une lettre qui manque - L'espace du signifiant, l'espace de l'ics est un espace typographique.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 20/11/57 - ce n'est pas simplement le genre ou la classe particulière, mais même l'exemple particulier [individu] qui nous permet de saisir les propriétés les plus significatives [de l'ics].
1958/59 - Le désir et son interprétation - 20/05/59 - le sujet y est intéressé [inter-esse entre deux signifiants au moins] - le sujet y est comme étant dans l'intervalle, comme étant ce qui est dans l'intervalle du discours de l'inconscient, comme étant à proprement parler la métonymie de cet être qui s'exprime dans la chaîne ics.
1961 - Maurice Merleau-Ponty - 251 - c'est l'inconscient dont je démontre le statut quand je m'emploie à y faire concevoir le sujet comme rejeté de la chaîne signifiante, qui du même coup se constitue comme refoulé primordial.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 247 - la raison, le discours, l'articulation signifiante comme telle, est là au départ, ab ovo , elle est là à l'état ics, avant la naissance de toute chose pour ce qui est de l'expérience humaine, elle est là enfouie, inconnue, non maîtrisée, non sue par celui-là même qui en est le support. - La prise de l'homme de l'ics a un caractère primitif, fondamental. Or ce champ, en tant qu'il est d'ores et déjà logiquement organisé, comporte une Spaltung , qui se maintient dans toute la suite du développement, et c'est par rapport à cette Spaltung que doit être articulé dans sa fonction le DÉSIR comme tel. 
1960-61 - Le Transfert - 51 - Celui qui vient nous trouver, par principe de cette supposition qu'il ne sait pas ce qu'il a - déjà là est toute l'implication de l'inconscient, du il ne sait pas fondamental. C'est par là que s'établit le pont qui peut relier notre science nouvelle à toute la tradition du connais-toi toi-même [à ceci près, donc, que la formule socratique, avec la philosophie, sous-entend la connaissance (et forcément aussi l'inconnaissance) de L'ÊTRE alors que l'analytique parle du non savoir de l'AVOIR (du non s'a-voir) : autrement dit je vais voir le psy parce que je ne sais décidément pas ce que j'ai (parce que je ne suis pas bien) ; alors que je cherche ce que je suis où qui je suis dans la philosophie (où il me semble que j'ai le bien, à portée de main)]
1960-61 - Le Transfert - 216 - c'est à la communication des ics qu'en fin de compte il faudrait se fier pour que se produisent au mieux chez l'analyste les aperceptions décisives. - on pourrait même concevoir un inconscient réserve [dont le sujet averti] (...) par l'expérience de l'analyse didactique, sache, en quelque sorte, en jouer comme d'un instrument, comme de la caisse du violon dont par ailleurs il possède les cordes. Ce n'est tout de même pas d'un ics brut, qu'il s'agit chez lui, mais d'un ics assoupli, d'un ics plus l'expérience de cet ics. - Ce n'est pas qu'il soit accessible aux hommes de bonne volonté - il ne l'est pas. C'est dans des conditions strictement limitées que l'on peut l'atteindre, par un détour, le détour de l'Autre, qui rend nécessaire l'analyse, et réduit de façon infrangible les possibilités de l'auto-analyse - 218 - Toute découverte de son propre ics se présente comme un stade de la traduction en cours d'un ics qui est d'abord ics de l'Autre.
1960/61 - Le Transfert - 312 - il y a cette supposition - que le désir ne se présente pas à visage découvert [comme dans la philosophie] - les désirs sont partout, et au cœur même de nos efforts pour nous en rendre maîtres. Bien loin de là, même à les combattre, nous ne faisons guère plus que d'y satisfaire. Je dis y et non les , car dire les satisfaire serait encore trop, ce serait les tenir pour saisissable - Y satisfaire se dit ici comme on dit, dans le sens opposé, y couper , ou n'y pas couper - à mesure même d'un dessein fondamental, justement, d'y couper. - 313 - l'accent y est mis sur une extension (...) de la méconnaissance fondamentale
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - le problème de l'inconscient pour nous, c'est [celui] de l'autonomie du sujet pour autant qu'elle n'est pas seulement préservée, qu'elle est accentuée comme jamais elle ne le fut dans notre champ, et précisément de ce paradoxe que ces cheminements que nous y découvrons ne sont point concevables si à proprement parler ce n'est le sujet qui en est le guide et de façon d'autant plus sûre que c'est sans le savoir, sans en être complice, si, je puis dire : "conscius", parce qu'il ne peut progresser vers rien ni en rien qu'à ne le repérer qu'après-coup, car rien qui ne soit par lui engendré justement qu'à mesure de le méconaître d'abord. - De cette permanence du sujet, je vous montre la référence et non la presence -
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 25 - Elle [la cause] se distingue de ce qu'il y a de déterminant dans une chaîne, autrement dit de la loi. Pour l'exemplifier, pensez à ce quis 'image dans la loi de l'action et de la réaction. Il n'y a ici, si vous voulez, qu'un seul tenant. l'un ne va pas sans l'autre. - Au contraire, chaque fois que nous parlons de cause, il y a toujours quelque chose d'anticonceptuel, d'indéfini. Les phases de la lune sont la cause des marées - ça, c'est vivant, nous savons à ce moment-là que le mot cause est bien employé. Ou encore, les miasmes sont la cause de la fièvre - ça aussi, ça ne veut rien dire, il y a un trou, et quelque chose qui vient osciller dans l'intervalle. Bref, il n'y a de cause que ce qui cloche. Eh bien ! l'ics freudien, c'est à ce point que j'essaie de vous faire viser par approximation qu'il se situe, à ce point où, entre la cause et ce qu'elle affecte, il y a toujours la clocherie. L'important n'est pas que l'ics détermine la névrose - là-dessus Freud a très volontiers le geste pilatique de se laver les mains. Un jour ou l'autre, on trouvera peut-être quelque chose, des déterminants humoraux, peu importe - ça lui est égal. car l'ics nous montre la béance par où la névrose se raccorde à un réel - réel qui peut bien, lui, n'être pas déterminé. - et qu'est-ce qu'il trouve, dans le trou, dans la fente, dans la béance caractéristique de la cause ? Quelque chose de l'ordre du non-réalisé. On parle de refus. C'est aller trop vite en la matière - L'ics, d'abord, se manifeste à nous comme quelque chose qui se tient en attente dans l'aire, dirai-je, du non-né. Que le refoulement y déverse quelque chose, n'est pas étonnant. - ces actifs orthopédeutes qe sont dévenus les analystes de la seconde et de la troisième génération, (...) se sont employés, en psychologisant la théorie analytique, à suturer cette béance. - Achoppement, défaillance, fêlure. Dans une phrase prononcée, écrite, quelque chose vient à trébucher. - Là, quelque chose d'autre demande à se réaliser - qui apparaît comme intentionnel, certes, mais d'une étrange temporalité. Ce qui se produit dans cette béance, au sens plein du terme se produire, se présente comme la trouvaille. - Or cette trouvaille, dès qu'elle se présente, est retrouvaille, et qui plus est, elle est toujours prête à se dérober à nouveau, instaurant la dimension de la perte.
1964 - Les quatre concepts… - 116 - L'ics est la somme des effets de la parole sur un sujet, à ce niveau où le sujet se constitue des effets du signifiant.
1964 - Les quatre concepts… - 32 - l'ordre de l'ics, - c'est que ce n'est ni être, ni non-être, c'est du non-réalisé. - 34 - Le statut de l'cis (...) est éthique. - 40 - Rien, en effet, ne peut être fondé sur le hasard - calcul de chances, stratégies - qui n'implique au départ une structuration limitée de la situation, et cela en termes de signifiants. Quand la théorie moderne des jeux élabore la stratégie des deux partenaires, ils se rencontrent avec les chances maxima, chacun, de l'emporter à condition de, chacun, raisonner comme l'autre. Qu'est-ce qui donne sa valeur à une opération de cette espèce ? - sinon que, déjà, la carte est faite, les points de repère signifiants du problème y sont inscrits, et la solution ne les dépassera jamais. Eh bien ! pour ce qui est de l'ics, Freud réduit tout ce qui vient à portée de son écoute, à la fonction de purs signifiants. C'est à partir de cette réduction que ça opére, et que peut apparaît, dit Freud, un moment de conclure - un moment où il se sent le courage de juger et de conclure. C'est là [dans cette situation… logique] ce qui fait partie de ce que j'ai appelé son témoignage éthique.
1964 - Les quatre concepts… - 138 - La réalité de l'ics, c'est - vérité insoutenable - la réalité sexuelle. - 140 - nous devons considérer l'ics comme une rémanence de cette jonction archaïque de la pensée avec la réalité sexuelle. - 142 - Seule la présence du sujet qui désire, et qui désire sexuellement, nous apporte cette dimension de métaphore naturelle, d'où se décide la prétendue identité de la perception [caractérisant l'ics selon Freud]. - Ce n'est qu'en raison de la sexualisation de ces objets que l'hallucination du rêve est possible - car, vous pouvez le remarquer, la petite Anna n'hallucine que les objets interdits. - la dimension de signification est absolument essentielle à repérer dans toute hallucination pour nous permettre de saisir ce dont il s'agit dans le principe du plaisir.
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 28 - Vous m'accorderez que le un qui est introduit par l'expérience de l'ics, c'est le un de la fente, du trait, de la rupture. - Où est le fond ? Est-ce l'absence ? Non pas. La rupture, la fente, le trait de l'ouverture fait surgir l'absence - comme le cri non pas se profile sur fond de silence, mais au contraire le fait surgir comme silence. - Voilà où nous retrouvons la structure basale, qui rend possible, de façon opératoire, que quelque chose prenne la fonction de barrer, de rayer, une autre chose. Niveau plus primordial, structuralement, que le refoulement dont nous parlerons plus tard. Eh bien, cet élément opératoire de l'effacement, c'est ce que Freud désgine, dès l'origine, dans la fonction de la CENSURE. - c'est bien là ce sur quoi porte, de la façon la plus efficiente, le dynamisme de l'inconscient.
1964 - Position de l'inconscient - 830 - L'ics n'est pas une espèce définissant dans la réalité psychique le cercle de ce qui n'a pas l'attribut (ou la vertu) de la conscience. - l'ics d'avant Freud n'est pas purement et simplement - L'ics avant Freud n'est rien de plus consistant que cet in-noir, soit l'ensemble de ce qu'on ordonnerait aux sens divers du mot noir - 832 - La seule fonction homogène de la conscience est dans la capture imaginaire du moi par son reflet spéculaire et dans la fonction de méconnaissance qui lui en reste attachée.
1964 - Position de l'inconscient - 839 - Le sujet, le sujet cartésien, est le présupposé de l'ics - L'Autre est la dimension exigée de ce que la parole s'affirme en vérité. L'ics est entre eux leur coupure en acte.
1964 - Position de l'inconscient - 830 - L'ics est un concept forgé sur la trace de ce qui opère pour constituer le sujet.
1964 - Position de l'inconscient - 834 - la présence de l'ics, pour se situer au lieu de l'Autre, est à chercher en tout discours, en son énonciation.




INDIVIDU
 


1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 17 - le sujet est décentré par rapport à l'individu. C'est ce que veut dire Je est un autre .
1961/62 - L'identification - 20/12/61 - C'est donc dans cet accolement structural de quelque chose d'inséré radicalement dans cette individualité vitale avec cette fonction signifiante, que nous sommes dans l'expérience analytique - Où est le sujet là-dedans ? Il est dans l'individualité radicale, réelle, dans le patient pur de cette capture, dans l'organisme dès lors aspiré par les effets du "ça parle" - Est-il, à l'autre extrême identifiable au jeu même du signifiant ? - Notre effort cette année, s'il a un sens, justement c'est de montrer comment s'articule la fonction du sujet ailleurs que dans l'un ou l'autre de ces pôles, jouant entre les deux.




INHIBITION



1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 133 - Freud est amené à restaurer le système de la conscience et son autonomie paradoxale du point de vue énergétique. Si l'enchaînement des expériences a des effets hallucinatoires, il faut un appareil correcteur, un test de la réalité. - A quelles hypothèses supplémentaires est-il conduit ? - 135 - inhibition et information. - il faut que le moi (...) inhibe au maximum les passages d'énergie dans ce système. - 137 - Jugement, pensée, etc., sont des décharges énergétiques en tant qu'inhibées. - 144 - [Dans la Science des rêves, la théorie de Freud, remaniée, s'oppose à un nouveau paradoxe : ] le paradoxe du système de la cs - il faut qu'il soit là et qu'il ne soit pas là. - 169 - la façon dont le schéma est construit a la singularité de représenter comme dissociés, aux deux points terminaux de la circulation orientée par l'élaboration psychique, l'envers et l'endroit d'une même fonction, à savoir la perception et la cs.




INTERDIT



1956/57 - La relation d'objet - 472 - [Le cheval c'est d'abord la Mère phallique, dévoreuse, "au très grand fait pipi", c'est ensuite le père en tant qu'interdicteur. Mais justement, si phobie il y a, c'est que la castration (a priori indépendante de l'interdit) n'a pas eu lieu. Elle n'a pas eu lieu, parce qu'en l'espèce la mère maintient le jeu du leurre, et parce que le père est complice de ce jeu en... ne l'interdisant pas (mais ce n'est que la conséquence de l'absence de désir entre les deux époux). Et alors, l'interdit, soit maintenant la "crainte" de la castration est vécue névrotiquement, soit précisément sous la forme de l'interdit qui n'est que refoulement de la véritable castration dont le sujet ne veut rien savoir. Plutôt l'interdit, plutôt le cheval, ses crocs, et l'angoisse, que de reconnaître l'absence de pénis chez la mère.] [PHOBIE]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 354 - il est plus commode de subir l'interdit que d'encourir la castration.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 207 - non seulement le meurtre du père n'ouvre pas la voie à la jouissance que la présence de celui-ci était censée interdire, mais il en renforce l'interdiction. - L'obstacle étant exterminé sous la forme du meurtre, la jouissance n'en reste pas moins interdite, et bien plus - 208 - tout ce qui est viré de la jouissance à l'interdiction va dans le sens d'un renforcement toujours croissant de l'interdiction. Quiconque s'applique à se soumettre à la loi morale voit toujours se renforcer les exigences toujours plus minutieuses, plus cruelles, de son surmoi. - [inversement, quiconque s'avance dans la voie de la jouissance sans frein (...) rencontre des obstacles - C'est au point que nous arrivons à la formule qu'une transgression est nécessaire pour accéder à cette jouissance, et que (...) c'est très précisément à cela que sert la Loi. - Si les voies vers la jouissance ont en elles-mêmes quelque chose qui s'amortit, qui tend à être impraticable, c'est l'interdiction qui lui sert, si je puis dire, de véhicule tout terrain, d'autochenille, pour sortir de ces boucles qui ramènent toujours l'homme, tournant en rond, vers l'ornière d'une satisfaction courte et piétinée.


 

INTERPRETATION



1932 - Thèse - 291 - [délire] pour Kraepelin, "l'ordre logique est conservé dans les pensées, les actes et le vouloir". Ces affirmations répondent assurément [et seulement] au caractère clinique, par lequel les délires paranoïaques sont des délires compréhensibles . [? des délires paraphréniques] - [or] la perception, tout d'abord, n'apparaît plus être exacte [mécanismes oniroïdes, psychasthénie] - 293 - [certes les délires ont un sens , une "clarté significative ", dit Lacan, parfaitement congruente, mais] Qu'y deviennent les principes logiques fondamentaux de la contradiction, de la localisation spatiale et temporelle, de la causalité? - [sens du délire:] On peut dire que, contrairement aux rêves, qui doivent êtres interprétés , le délire est par lui-même une activité interprétative de l'inconscient. - Qu'on interroge cependant le malade sur les origines historiques de ses convictions délirantes, alors apparaîtra le second trait caractéristique du délire, à savoir son imprécision logique . - Nous avons parlé d'amnésie élective - Il ne s'agit aucunement de troubles de la remémoration - Il s'agit en réalité d'un trouble de la croyance . - 294 - Pour que le malade adjoigne en effet à l'image évoquée par les associations délirantes le coefficient de croyance ["je nie que l'homme reste sans rien affirmer pour autant qu'il imagine", Spinoza, cité par Lacan en note] qui en fait une image intégrée à son passé [alors qu'elle n'y est pas], une image-souvenir , il faut qu'il ne s'embarrasse d'aucune référence à ce système cohérent (...) des principes de lieu, de temps, de cause et d'identité . En fait, l'image ne se présente pas à lui autrement que dans le cas idéal forgé par James, selon lequel "Tout objet (imaginatif) qui ne rencontre pas de contradiction devient ipso facto un objet de croyance et est posé comme une réalité absolue." Ce que nous trouvons dans la genèse du délire, c'est donc une déficience du principe de CONTRADICTION, pris dans son sens le plus général [c'est-à-dire le LANGAGE] - 295 - il exprime clairement des tendances psychiques dont seule l'expression logique normale est refoulée. - 297 - [structure conceptuelle propre au système du délire: 1) clarté significative, 2) Imprécision logique, 3) Valeur de réalité d'un complexe ou d'un conflit, ignoré par le sujet, 4) organisation de ces conceptions par un principe prélogique d'identification itérative (thème du double, de l'éternel retour, etc.) -
1933 - "Le problème du style..." (Thèse) - 386 - [délire] D'une part (...) le champ de la perception est empreint chez ces sujets [délirants] d'un caractère immanent et imminent de "signification personnelle" (symptôme dit "interprétation") et ce caractère est exclusif de cette neutralité affective de l'objet qu'exige au moins virtuellement la connaissance rationnelle. D'autre part, l'altération, notable chez eux, des intuitions spacio-temporelles modifie la portée de la conviction de réalité (illusions du souvenir, croyances délirantes).
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 266 - la résistance, c'est l'état actuel d'une interprétation du sujet. - un point idéal abstrait. - C'est vous qui appelez ça résistance [effectivement : "ça résiste", ça ne va pas tout seul]. Ça veut simplement dire qu'il ne peut pas avancer plus vite, et vous n'avez rien à dire à ça. - 267 - [il y a donc une contradiction à poser cette résistance comme un point mort par rapport à une force, et ensuite demander sa suppression ("liquider" comme on dit). - Il n'y a qu'une seule résistance, c'est la résistance de l'analyste. L'analyste résiste quand il ne comprend pas à quoi il a affaire. Il ne comprend pas à quoi il a affaire quand il croit qu'interpréter, c'est montrer au sujet ce qu'il désire, c'est tel objet sexuel. Il se trompe. -
1955/56 - Les psychoses - 30 - la difficulté d'aborder le problème de la paranoïa tient précisément à ce qu'elle se situe justement sur le plan de la compréhension. - le phénomène élémentaire, irréductible, est ici au niveau de l'interprétation. - En d'autres termes, il [le paranoïaque] symbolise ce qui se passe en termes de signification. [C'est ce qui a pu entretenir l'idée que la paranoïa manifestait un comble de logique, voire d'intelligence] [l'illusion pour l'analyste serait, à son tour, de vouloir comprendre, du style : Le sujet a voulu dire ça . ] 31 - [Il se peut qu'il y ait] en effet un noyau complètement compréhensible, si vous y tenez. Ça n'a strictement aucun intérêt qu'il le soit. Ce qui est par contre tout à fait frappant, c'est qu'il est inaccessible, inerte, stagnant par rapport à toute dialectique. [et tout dialogue] -
1958 - La direction de la cure... - 623 - dans le rêve ne l'intéresse [Freud] que son élaboration. - ce que nous traduisons par sa structure de langage. - [Donc si] l'élaboration du rêve est nourrie par le désir - le désir (...) ne se saisit que dans l'interprétation.
1964 - Les quatre concepts… - 224 - il s'agit, dans la métaphore, de marquer l'effet de sens - 225 - ce qui se passe est qu'un signifiant substitutif est venu à la place d'un autre signifiant, constituer l'effet de métaphore. Il renvoie ailleurs le signifiant qu'il a chassé. Si on veut justement conserver la possibilité d'un maniement de type fractionnel, on mettra le signifiant disparu, le signifiant refoulé, au-dessous de la barre principale - Par conséquent, il est faux qu'on puisse dire que l'interprétation (...) est ouverte à tout sens sous prétexte qu'il ne s'agit que de la liaison d'un signifiant à un signifiant, et par conséquent d'une liaison folle. - 226 - L'interprétation est une signification qui n'est pas n'importe laquelle. Elle vient à la place du s , et renverse le rapport qui fait que le signifiant a pour effet, dans le langage, le signifié. Elle a pour effet de faire surgir un signifiant irréductible. - Elle est une interprétation significative, et qui ne doit pas être manquée. Cela n'empêche pas que ce n'est pas cette signification qui est, par l'avènement du sujet, essentielle. Ce qui est essentiel, c'est voir, au-delà de cette signification, à quel signifiant (...) il est, comme sujet, assujetti. - à savoir dans quelque chose d'irréductible, de non-sensical qui fonctionne comme signifiant originellement refoulé - cf. schéma p.226 - En tant que le signifiant primordial est pur non-sens, il devient porteur de l'infinitisation de la valeur du sujet, non point ouverte à tous les sens, mais les abolissant tous, ce qui est différent.
1964 - Les quatre concepts… - 188 - Plus d'un élément de rêve, presque tous, peuvent être le point où nous le situerons [le sujet] diversement dans l'interprétation. - [Mais] L'interprétation n'est pas pliable à tout sens. Elle ne désigne qu'une seule suite de signifiants. Mais le sujet peut en effet occuper diverses places, selon qu'on le met sous l'un ou l'autre de ces signifiants. - 190 - Le petit v de la moitié inférieure du losange, disons ici que c'est le vel constitué de la première opération [: aliénation ; l'autre est la séparation : cf.] - 191 - [ce vel] condamne le sujet à n'apparaître que dans cette division [à savoir que] (...) que, s'il apparaît d'un côté comme sens, produit par le signifiant, de l'autre il apparaît comme aphanisis. - [cela correspond] à la forme logique de la réunion [? addition : la réunion ne compte pas deux fois les mêmes éléments] - il y a, dans la réunion, un élément qui comporte que, quelque soit le choix qui s'opère, il a pour conséquence un ni l'un ni l'autre. Le choix n'y est donc que de savoir si l'on entend garder une des parties, l'autre disparaissant en tout cas. [ex. :] La bourse ou la vie ! Si je choisis la bourse, je perds les deux. Si je choisis la vie, j'ai la vie sans la bourse, à savoir, une vie écornée. - 193 -[dans la liberté ou la mort, c'est différent] parce que la mort entre en jeu - C'est que, dans les deux cas, j'aurai les deux - 192 - Illustrons-le par ce qui nous intéresse, l'être du sujet, celui qui est là sous le sens. Nous choisissions l'être, le sujet disparaît, il nous échappe, il tombe dans le non-sens - nous choisissons le sens, et le sens ne subsiste qu'écorné de cette partie de non-sens qui est (...) l'ics. En d'autres termes, il est de la nature de ce sens tel qu'il vient à émerger au champ de l'Autre, d'être dans une grande partie de son champ, éclipsé par la disparition de l'être, induite par la fonction même du signifiant. [cf. schéma] - L'interprétation ne vise pas tellement le sens que de réduire les signifiants dans leur non-sens pour que nous puissions retrouver les déterminants de toute la conduite du sujet.




INTERSUBJECTIVITE



1953 - Fonction et champ de la parole… - 180 - le langage humain constituerait donc une communication où l'émetteur reçoit du récepteur son propre message sous une forme inversée (...) à savoir que la parole inclut toujours subjectivement sa réponse, que le "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé" ne fait qu'homologuer cette vérité, et que c'est la raison pourquoi dans le refus paranoïaque de la reconnaissance, c'est sous la forme d'une verbalisation négative que l'inavouable sentiment vient à surgir dans l'"interprétation" persécutive. - Finalement c'est à l'intersubjectivité du "nous" qu'il assume, que se mesure en un langage sa valeur de parole. - 181 - Car la fonction du langage n'y est pas d'informer, mais d'évoquer. Ce que je recherche dans la parole, c'est la réponse de l'autre. Ce qui me constitue comme sujet, c'est ma question. Pour me faire reconnaître de l'autre, je ne profère ce qui fut qu'en vue de ce qui sera. Pour le trouver, je l'appelle d'un nom qu'il doit assumer ou refuser pour me répondre. / Je m'identifie dans le langage, mais seulement à m'y perdre comme un objet. Ce qui se réalise dans mon histoire, n'est pas le passé défini de ce qui fut puisqu'il n'est plus, ni même le parfait de ce qui a été dans ce que je suis, mais le futur antérieur de ce qu'aurais été pour ce que je suis en train de devenir. - 182 - Si je presse sur un bouton électrique et que la lumière se fasse, il n'y a de réponse que pour mon désir. - Mais si j'appelle celui à qui je parle, par le nom quel qu'il soit que je lui donne, je lui intime la fonction subjective qu'il reprendra pour me répondre, même si c'est pour la répudier. / Dès lors apparaît la fonction décisive de ma propre réponse et qui n'est pas comme on le dit d'être reçue par le sujet comme approbation ou rejet de son discours, mais vraiment de le reconnaître ou de l'abolir comme sujet. Telle est la responsabilité de l'analyste chaque fois qu'il intervient par la parole. - la question de l'exactitude [de l'interprétation] passe au second plan.
1956 - Situation de la psychanalyse et formation du psychanalyste en 1956 - 472 - [la psy comme science conjecturale] car la conjecture n'est pas l'improbable : la stratégie peut l'ordonner en certitude. De même le subjectif n'est-il pas la valeur de sentiment avec quoi on le confond : les lois de l'intersubjectivité sont mathématiques.
1960/61 - Le Transfert - 20 - l'Intersubjectivité n'est-elle pas ce qui est le plus étranger à la rencontre analytique ? Y pointerait-elle que nous nous y dérobons, sûrs qu'il faut l'éviter. - 21 - éviter toute attitude qui prête à imputation de réconfort, a fortiori de séduction. - 21 - Le patient lui-même le sait, il l'appelle, il se veut surpris ailleurs. [analyse]




INTRUSION



1938 - Les complexes familiaux - 36 - la jalousie, dans son fonds, représente non pas une rivalité vitale mais une identification mentale. - 37 - dès ce stade s'ébauche la reconnaissance d'un rival, cad d'un "autre" comme objet. - 38 - [nécessité d'] un écart d'âge très étroitement limité - cette condition équivaut à l'exigence d'une similitude entre les sujets. Il apparaît que l'imago de l'autre est liée [initialement, au stade du miroir] à la structure du corps propre - [ensuite] [la psy] nous montre dans le frère, au sens neutre, l'objet électif des exigences de la libido qui, au stade que nous étudions, sont homosexuelles. - 39 - [dans la jalousie amoureuse] On doit la reconnaître (...) dans le puissant intérêt [ bien qu'il s'affirme comme haine] que le sujet porte à l'image du rival - Cet intérêt confond en lui l'identification et l'amour. - L'agressivité maximum qu'on rencontre dans les formes psychotiques de la passion est constituée bien plus par la négation de cet intérêt singulier que par la rivalité qui paraît la justifier. Mais c'est tout spécialement dans la situation fraternelle primitive que l'agressivité se démontre pour secondaire à l'identification. - 40 -Au reste, la doctrine analytique, en caractérisant comme sado-masochiste la tendance typique de la libido à ce même stade, souligne certes que l'agressivité domine alors l'économie affective, mais aussi qu'elle est toujours à la fois subie et agie, cad sous-tendue par une identification à l'autre, objet de la violence.
1938 - Les complexes familiaux - 46 - Le moi se constitue en même temps que l'autrui dans le drame de la jalousie - Elle implique l'introduction d'un tiers objet qui, à la confusion affective, comme à l'ambiguïté spectaculaire, substitue la concurrence d'une situation triangulaire. - Ainsi le sujet (...) ou bien il retrouve l'objet maternel et va s'accrocher au refus du réel et à la destruction de l'autre ; ou bien, conduit à quelque autre objet, il le reçoit (...) comme objet communicable, puisque concurrence implique à la fois rivalité et accord ; mais en même temps il reconnaît l'autre avec lequel s'engage la lutte ou le contrat - [la jalousie] se révèle comme l'archétype des sentiments sociaux. -
1938 - Les complexes familiaux - 40 - Rappelons que (...) c'est l'énigme que constitue le masochisme dans l'économie des instincts vitaux qui a conduit Freud à affirmer un instinct de mort .- 41 - cette joie de la première enfance de rejeter un objet du champ de son regard, puis, l'objet retrouvé, d'en renouveler inépuisablement l'exclusion, signifie bien que c'est le pathétique du sevrage que le sujet s'inflige à nouveau (...), mais dont il triomphe maintenant qu'il est actif dans sa reproduction. [Or] Le dédoublement ainsi ébauché, c'est l'identification au frère qui lui permet de s'achever : elle fournit l'image qui fixe l'un des pôles du masochisme primaire. Ainsi la non-violence du suicide primordial engendre la violence du meurtre imaginaire du frère. L'image du frère non sevré n'attire une agression [agressivité] spéciale que parce qu'elle répète dans le sujet l'imago de la situation maternelle et avec elle le désir de la mort. Ce phénomène est secondaire à l'identification.
1938 - Les complexes familiaux - 43 - [stade du miroir] le phénomène reçoit [son sens] des conditions libidinales qui entourent son apparition. Ces conditions ne sont que les tensions psychiques issues des mois de prématuration - d'une part, l'intérêt psychique se trouve déplacé sur des tendances visant à quelque recollement du corps propre ; d'autre part, la réalité, soumise d'abord à un morcellement perceptif (...) s'ordonne en reflétant les formes du corps, qui donnent en quelque sorte le modèle de tous les objets. - 44 - La tendance par où le sujet restaure l'unité perdue de soi-même prend place dès l'origine au centre de la conscience. - prédominance des fonctions visuelles - [la forme "la plus intuitive" de cette unité] en est donnée, à cette phase, par l'image spéculaire. Ce que le sujet salue en elle, c'est l'unité mentale qui lui est inhérente. Ce qu'il y reconnaît, c'est l'idéal de l'imago du double. - Le monde propre à cette phase est donc un monde narcissique. - 45 - le sujet ne se distingue pas de l'image elle-même. Appelons-là intrusion narcissique : l'unité qu'elle introduit dans les tendances contribuera pourtant à la formation du moi. - [en attendant cette image] l'aliène primordialement.
1938 - Les complexes familiaux - 48 - Les connexions de la paranoïa avec le complexe fraternel se manifestent par la fréquence des thèmes de filiation, d'usurpation, de spoliation, comme sa structure narcissique se révèle dans les thèmes plus paranoïdes de l'intrusion, de l'influence, du dédoublement, du double et de toutes les transmutations délirantes du corps. Ces connexions s'expliquent en ce que le groupe familial, réduit à la mère et à la fratrie, dessine un complexe psychique où la réalité tend à rester imaginaire -

 


JALOUSIE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 25/06/58 - Freud dit : "ce n'est pas moi qu'il aime, c'est elle". Qu'est-ce que cela veut dire, si ce n'est précisément que le délire de jalousie, pour autant qu'il fait obstacle à ce pur et simple déchaînement de la parole [en limitant les hallucinations au délire] (...) est justement ce quelque chose qu'il essaye de restaurer, de restituer, le désir de l'Autre ; la structure du désir de jalousie, c'est justement d'attribuer à l'Autre un désir qui est cette sorte de désir esquissé, ébauché dans l'imaginaire, qui est celui du sujet. - [ébauché mais non réalisé chez le psychotique car] nulle part ne s'est produit cette métaphore essentielle qui donne au désir de l'Autre ce signifiant primordial [qu'est le phallus] -




JEU



1964 - Les quatre concepts… - 59 - il ne s'agit dans Freud d'aucune répétition qui s'assoie dans le naturel, d'aucun retour du besoin. - Tout ce qui, dans la répétition, se varie, se module, n'est qu'aliénation de son sens. L'adulte, voire l'enfant plus avancé, exigent dans leurs activités, dans le jeu, du nouveau. Mais ce glissement voile ce qui est le vrai secret du ludique, à savoir la diversité plus radicale que constitue la répétition en elle-même. Voyez-la chez l'enfant, dans son premier mouvement, au moment où il se forme comme être humain, se manifester comme exigence que le conte soit toujours le même, que sa réalisation racontée soit ritualisée, cad textuellement la même.




JOUISSANCE



1958/59 - Le désir et son interprétation - 10/06/59 - [masturbation] la jouissance masturbatoire n'est pas la solution du désir, elle en est l'écrasement, exactement comme l'enfant à la mamelle dans la satisfaction du nourrissage écrase la demande d'amour à l'endroit de la mère. - Et toute perspective à proprement parler hédoniste participe de cette position d'exclusion - [comme] Diogène le cynique affichait, au point de le faire en public à la manière d'un acte démonstratoire, et non pas exhibitionniste, que la solution du problème du désir était, si je puis dire, à la portée de la main de chacun, et il le démontrait brillamment en se masturbant.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 235 - [sadisme] [Freud nous avertit] qu'il n'y a pas de commune mesure entre la satisfaction que donne une jouissance à son état premier et celle qu'elle donne dans les formes détournées, voire sublimées, dans lesquelles l'engage la civilisation. - 237 - Quand on avance dans la direction de ce vide central [de cette jouissance première] (...) le corps du prochain se morcelle. Doctrinant la loi de la jouissance comme pouvant fonder je ne sais quel système de société idéalement utopique, Sade s'exprime ainsi (...) : Prêtez-moi la partie de votre corps qui peut me satisfaire, et jouissez, si cela vous plaît, de celle du mien qui peut veux être agréable. - 238 - dans l'énoncé de cette loi fondamentale [on trouve ] (...) la première manifestation articulée de ce à quoi nous nous sommes, comme psy, arrêtés sous le nom d'objet partiel.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 207 - non seulement le meurtre du père n'ouvre pas la voie à la jouissance que la présence de celui-ci était censée interdire, mais il en renforce l'interdiction. - L'obstacle étant exterminé sous la forme du meurtre, la jouissance n'en reste pas moins interdite, et bien plus - 208 - tout ce qui est viré de la jouissance à l'interdiction va dans le sens d'un renforcement toujours croissant de l'interdiction. Quiconque s'applique à se soumettre à la loi MORALE voit toujours se renforcer les exigences toujours plus minutieuses, plus cruelles, de son surmoi. - [inversement, quiconque s'avance dans la voie de la jouissance sans fein (...) rencontre des obstacles - C'est au point que nous arrivons à la formule qu'une transgression est nécessaire pour accèder à cette jouissance, et que (...) c'est très précisément à cela que sert la LOI. - Si les voies vers la jouissance ont en elles-mêmes quelque chose qui s'amortit, qui tend à être impraticable, c'est l'interdiction qui lui sert, si je puis dire, de véhicule tout terrain, d'autochenille, pour sortir de ces boucles qui ramènent toujours l'homme, tournant en rond, vers l'ornière d'une satisfaction courte et piétinée.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 217 - [selon Freud] la jouissance est un mal. - elle est un mal parce qu'elle comporte le mal du prochain. - c'est ce que l'on appelle l'au-delà du principe du plaisir - 219 - [Il en est de même avec le commandement de l'amour du prochain, car] ce qui surgit, c'est cette méchanceté foncière qui habite en ce prochain [et en moi-même] - 229 - Je recule à aimer mon prochain comme moi-même, pour autant qu'à cet horizon il y a quelque chose qui participe de je en sais quelle intolérable cruauté.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 222 - [cf. l'historiette de Kant concernant] le personnage mis en posture d'être à la sortie exécuté, s'il veut aller trouver la dame qu'il désire illégalement - Là-dessus, Kant, le cher Kant dans toute son innocence, sa rouerie innocente, nous dit que (...) tout un chacun, tout homme de bon sens, dira non. Personne n'aura la folie, pour passer une nuit avec sa belle, de courir à une issue fatale, puisqu'il ne s'agit pas seulement d'une lutte, mais d'une exécution au gibet. Pour Kant, la question ne fait pas un pli. - Mais remarquez ceci - il suffit que, par un effort de conception, nous fassions passer la nuit avec la dame de la rubrique du plaisir à celle de la jouissance, en tant que la jouissance - nul besoin de sublimation pour cela - implique précisément l'acceptation de la mort [y compris d'autrui...], pour que l'exemple soit anéanti. Autrement dit, il suffit que la jouissance soit un mal pour que la chose change complètement de face, et que le sens de la loi morale soit dans l'occasion complètement changé. Tout un chacun s'apercevra en effet que, si la loi morale est susceptible de jouer ici quelque rôle, c'est précisément à servir d'appui à cette jouissance, à faire que le péché devienne ce que saint Paul appelle démesurément pécheur [? cannibalisme : surmoi/voix -> jouissance/bouche]. Voilà ce qu'en cette occasion Kant ignore simplement.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 247 - [le jouissance] se présente comme enfouie dans un champ central, avec des caractères d'inaccessibilité, d'obscurité et d'opacité (...) peut-être pour autant que la jouissance se présente non purement et simplement comme la satisfaction d'un besoin, mais comme la satisfaction d'une pulsion [cad possession de l'objet, et non simple appréciation plaisante d'une qualité] - [La pulsion] n'est pas réductible à la complexité de la tendance (...) au sens de l'énergétique. Elle comporte une dimension historique - Cette dimension se marque à l'insistance avec laquelle elle se présente, en tant qu'elle se rapporte à quelque chose de mémorable parce que mémorisé [idée du retour]. C'est aussi là (...) qu'entre dans le registre de l'expérience, la destruction [de la Chose parce qu'inaccessible ? parce que sujette au signifiant ?]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 371 - Manger le livre [cf. st Paul], c'est bien là où nous touchons du doigt ce que veut dire Freud quand il parle de la sublimation comme d'un changement non d'objet, mais de but. - La faim dont il s'agit, la faim sublimée, tombe dans l'intervalle entre les deux, parce que ce n'est pas le livre que nous remplit l'estomac. Quand j'ai mangé le livre, je ne suis pas pour autant devenu livre, pas plus que le livre n'est devenu chair. Le livre me devient si je puis dire. Mais pour que cette opération puisse se produire (...) il faut bien que je paie quelque chose. - Sublimez tout ce que vous voudrez, il faut le payer avec quelque chose. Ce quelque chose s'appelle la jouissance. Cette opération mystique, je la paie avec une livre de chair. Voilà l'objet, le bien, que l'on paie pour la satisfaction du désir. - C'est là (...) que gît l'opération religieuse - Ce qui est sacrifié pour le bien du désir - (...) ce qui est perdu de désir pour le bien -, cette livre de chair, c'est justement ce que la religion se fait office et emploi de récupérer. C'est le seul trait commun à toutes les religions -
1961/62 - L'identification - 14/03.62 - que la visée de la jouissance subsiste et est en un certain sens réalisée dans toute activité de sublimation, qu'il n'y a pas de refoulement, qu'il n'y a pas effacement, qu'il n'y a même pas compromis avec la jouissance, qu'il y a paradoxe, qu'il y a détour, que c'est par les voies en apparence contraires à la jouissance que la jouissance est obtenue.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 818 - [S(A barré)=] signifiant d'un manque dans l'Autre - 819 - [Conformément à la définition du signifiant] Ce signifiant sera donc le signifiant pour quoi tous les autre signifiants représentent le sujet : c'est dire que faute de ce signifiant, tous les autres ne représentent rien. - Or la batterie des signifiants, en tant qu'elle est, étant par là même complète, ce signifiant ne peut être qu'un trait qui se trace de son cercle sans pouvoir y être compté. Symbolisable par l'inhérence d'un (-1) à l'ensemble des signifiants. - C'est ce qui manque au sujet pour se penser épuisé par son cogito , à savoir ce qu'il est d'impensable. Mais d'où provient cet être qui apparaît en quelque sorte en défaut dans la mer des noms propres ? - cette place fait languir l'Etre lui-même. Elle s'appelle la jouissance, et c'est elle dont le défaut rendrait vain l'univers. - 820 - Cette jouissance dont le manque fait l'Autre inconsistant, est-elle donc la mienne ? L'expérience prouve qu'elle m'est ordinairement interdite - 821 - Ce à quoi il faut se tenir, c'est que la jouissance est interdite à qui parle comme tel, ou encore qu'elle ne puisse être dite qu'entre les lignes pour quiconque est sujet de la Loi, puisque la Loi se fonde de cette interdiction même. La Loi en effet commanderait-elle : Jouis, que le sujet ne pourrait y répondre que par un : J'ouïs, où la jouissance ne serait plus que sous-entendue.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 825 - disons que le pervers s'imagine être l'Autre pour assurer sa jouissance, et que c'est ce que révèle le névrosé en s'imaginant être un pervers : lui pour s'assurer de l'Autre. - 826 - Chez le névrosé, le (- phi) se glisse sous le S barré du fantasme, favorisant l'imagination qui lui est propre, celle du moi. Car la castration imaginaire, le névrosé l'a subie au départ, c'est elle qui soutient ce moi fort, qui est le sien, si fort, peut-on dire, que son nom propre l'importune, que le névrosé est au fond un Sans-Nom. Oui, ce moi que certains analystes choisissent de renforcer encore, c'est ce sous quoi le névrosé couvre la castration qu'il nie. Mais cette castration, contre cette apparence, il y tient. Ce que le névrosé ne veut pas, ce qu'il refuse avec acharnement jusqu'à la fin de l'analyse, c'est de sacrifier sa castration à la jouissance de l'Autre, en l'y laissant servir. Et bien sûr n'a-t-il pas tort, car encore qu'il se sente au fond ce qu'il y a de plus vain à exister, un Manque-à-être ou un En-Trop, pourquoi sacrifierait-il sa différence (tout mais pas ça) à la jouissance d'un Autre qui, ne l'oublions pas, n'existe pas. Oui, mais si par hasard il existait, il en jouirait. Et c'est cela que le névrosé ne veut pas. Car il se figure que l'Autre demande sa castration.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 827 - La castration veut dire qu'il faut que la jouissance soit refusée, pour qu'elle puisse être atteinte sur l'échelle renversée de la Loi du désir.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 822 - C'est la seule indication de cette jouissance dans son infinitude qui comporte la marque de son interdiction, et pour constituer cette marque, implique un sacrifice : celui qui tient en un seul et même acte avec le choix de son symbole, le phallus. Ce choix a permis de ce que le phallus, soit l'image du pénis, destine le phallus à donner corps à la jouissance, dans la dialectique du désir. - C'est ainsi que l'organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui-même, ni même en tant qu'image, mais en tant que partie manquante à l'image désirée.
1960 - Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine - 735 - Bien loin que réponde en effet à ce désir la passivité de l'acte, la sexualité féminine apparaît comme l'effort d'une jouissance enveloppée dans sa propre contiguïté (dont peut-être toute circoncision indique-t-elle la rupture symbolique) pour se réaliser à l'envi du désir que la castration libère chez le mâle en lui donnant son signifiant dans le phallus. Est-ce alors ce privilège de signifiant que Freud vise en suggérant qu'il n'y a peut-être qu'une libido et qu'elle est marquée du signe mâle ?
1961/62 - L'identification - 04/04/62 - Si c'est le fait que la jouissance en tant que jouissance de la chose, est interdite en son accès fondamental (...), nous pouvons formuler que l'Autre (...), en tant que son support c'est le signifiant pur, le signifiant de la loi, que l'Autre se présente ici comme métaphore de cette interdiction. Dire que l'Autre c'est la loi ou que c'est la jouissance en tant qu'interdite, c'est la même chose. - le seul Autre réel, puisqu'il n'y a nul Autre de l'Autre, rien qui garantisse la vérité de la loi, le seul Autre réel étant ce dont on pourrait jouir sans la loi. Cette virtualité définit l'Autre comme lieu, la chose en somme élidée, réduite à son lieu.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - je suis à jamais l'objet cessible (...) et cet objet est le principe qui me fait désirer, qui me fait le désirant d'un manque, qui n'est pas un manque du sujet, mais un défaut fait à la jouissance qui se situe au niveau de l'autre. C'est en cela que toute fonction du (a) ne se réfère qu'à cette béance centrale qui sépare, au niveau sexuel, le désir du lieu de la jouissance, qui nous condamne à cette nécessité qui veut que la jouissance ne soit pas de nature, pour nous, promise au désir, que le désir ne peut faire que d'aller à sa rencontre -
1962/63 - L'angoisse - 27/02/63 - [le désir pervers] est en fait bel et bien le support d'une loi. S'il y a quelque chose que nous savons maintenant du pervers, c'est que ce qui apparaît du dehors comme satisfaction sans frein est défense, est bel et bien mise en jeu, en exercice d'une loi en tant qu'elle freine, qu'elle suspend, qu'elle arrête précisément sur ce chemin de la jouissance. La volonté de jouissance chez le pervers comme chez tout autre, est volonté qui échoue, qui rencontre sa propre limite, son propre freinage, dans l'exercice même comme tel du désir pervers. Pour tout dire, le pervers (...) ne sait pas au service de quelle jouissance s'exerce son activité. Ce n'est en tous les cas pas au service de la sienne.
1962/63 - L'angoisse - 19/06/63 - Le fait que le désir mâle rencontre sa propre chute, avant l'entrée dans la jouissance du partenaire féminin, et même, si l'on peut dire, que la jouissance de la femme "s'écrase" (...) dans la nostalgie phallique (...) est dès lors nécessité [pour elle] à n'aimer l'autre mâle qu'en un point situé au-delà de ce qui (...) l'arrête comme désir. [amour] - La jouissance de la femme est en elle-même et ne se conjoint pas à l'Autre.
1962/63 - L'angoisse - 13/03/63 - [objet] la jouissance ne connaîtra pas l'autre A, sinon par ce reste (a) [et donc par le sujet barré, dans le fantasme] - je pourrais suggérer que (a) vient à prendre une sorte de fonction de métaphore, du sujet de la jouissance - ça ne serait juste que si (a) est assimilable à un signifiant, et justement, c'est ce qui résiste à cette assimilation à la fonction du signifiant, c'est bien pour cela que (a) symbolise, ce que, dans la s