Quatre - Question -
Réalité - Reconnaissance
- Réel - Refoulement -
Regard - Répétition -
Représentation -
Résistance - Rêve - Rire
QUATRE
1956/66 - Le séminaire sur "La Lettre
volée" - 47 - [exclusion - syntaxe -
quatre] La simple connotation par (+) et par (-) d'une série
jouant sur la seule alternative fondamentale de la présence et
de l'absence, permet de démontrer comment les plus strictes
déterminations symboliques s'accommodent d'une succession de
coups dont la réalité se répartit strictement "au
hasard". / Il suffit en effet de symboliser dans la
diachronie d'une telle série les groupes de trois qui se
concluent à chaque coup en définissant synchroniquement par
exemple par la symétrie de la constance (...) (1) ou de
l'alternance (...) (3), réservant la notation (2) à l
dissymétrie révélée par l'impair sous la forme du groupe de
deux signes semblables indifféremment précédés ou suivis du
signe contraire (...) pour qu'apparaissent (...) des
possibilités et des impossibilités de succession que le réseau
suivant résume en même temps qu'il manifeste la symétrie
concentrique dont est grosse la triade - 48 - une structure,
toute transparente qu'elle reste encore à ses données, fait
apparaître la liaison essentielle de la mémoire à la loi. /
Mais nous allons voir comment s'opacifie la détermination
symbolique en même temps que se révèle la nature du
signifiant, à seulement recombiner les éléments de notre
syntaxe, en sautant un terme pour appliquer à ce binaire une
relation quadratique. - 49 - [Soient alpha, bêta, gamma, delta
les produits de cette recombinaison, obtenue par simples
oppositions de symétries et de dissymétries] Etant reconnu en
effet qu'un quelconque de ces termes peut succéder
immédiatement à n'importe lequel des autres, et peut également
être atteint au 4è temps compté à partir de l'un d'eux, il
s'avère à l'encontre que le temps troisième, autrement dit le
temps constituant du binaire, est soumis à une loi d'exclusion
qui veut qu'à partir d'un alpha ou d'un delta on ne puisse
obtenir qu'un gamma ou un bêta, et qu'à partir d'un bêta ou
d'un gamma, on ne puisse obtenir qu'un gamma ou un delta. - On
peut démontrer qu'à fixer le 1er et la 4è terme d'une série,
il y aura toujours une lettre dont la possibilité sera exclue
des deux termes intermédiaires et qu'il y a deux autres lettres
dont l'une sera exclue du premier, l'autre du second, de ces
termes intermédiaires. - 50 - Ceci pourrait figurer un rudiment
du parcours subjectif, en montrant qu'il se fonde dans
l'actualité qui a dans son présent le futur antérieur. Que
dans l'intervalle de ce passé qu'il est déjà à ce qu'il
projette, un trou s'ouvre que constitue un certain caput mortuum
du signifiant (qui ici se taxe des trois-quarts des combinaisons
possibles où il a à se placer), voilà qui suffit à le
suspendre à de l'absence, à l'obliger à répéter son contour.
- La propriété (ou l'insuffisance) de la construction du
réseau des [4 lettres] (...) est de suggérer comment se
composent en trois étages le réel, l'imaginaire et le
symbolique, quoique ne puisse y jouer intrinsèquement que le
symbolique comme représentant les deux assises premières.[RSI]
- 54 - [parenté entre ceci et les 4 termes du schéma L] - Une
parenthèse enfermant une ou plusieurs autres parenthèses, soit
(( )) ou (( ) ( ) ... ()), tel est ce qui équivaut à la
répartition plus haut analysée des bêta et des delta où il
est facile de voir que la parenthèse redoublée est
fondamentale. / Nous l'appellerons guillemets. / C'est elle que
nous destinons à recouvrir la structure du sujet (S de notre
schéma L), en tant qu'elle implique un redoublement ou plutôt
cette sorte de division qui comporte une fonction de doublure. -
55 - L'entre-guillemets peut alors représenter la structure du S
(Es) de notre schéma L, symbolisant le sujet supposé complété
du Es freudien - Le Es y apparaît alors sous la forme que lui
donne Freud, en tant qu'il le distingue de l'ics, à savoir :
logistiquement disjoint et subjectivement silencieux (silence des
pulsions. / C'est l'alternance des O 1 [si on remplace alpha par 1
et gamma par O] qui représente alors le gril imaginaire (aa') du
schéma L. - Le hors-guillemets représentera le champ de l'Autre
(A du schéma L). La répétition y domine, sous l'espèce du I,
trait unaire, représentant (...) les temps marqués du
symbolique comme tel. [???] [voir en détail schémas pages
56/57]
1957 - La psychanalyse et son enseignement - - 448 - [symptôme=]
cet inquiétant quatrième -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 26/03/58 - ce nouveau
petit symbole losangique (...)["poinçon" ; voir p. 130
les formules du désir, de la demande, et de la fonction
phallique et commentaires pages suivantes] implique simplement
que tout ce dont il s'agit ici est commandé par quelque chose
qui est justement ce rapport quadratique que nous avons mis
depuis toujours au fondement de notre articulation du problème,
et qui pose S, qui dit qu'il n'y a pas de S concevable, ni articulable, ni possible sans ce rapport ternaire aa'AS. -
[sujet]
1963 - Kant avec Sade - 774 - Une structure quadripartite est
depuis l'ics toujours exigible dans la construction d'une
ordonnance subjective.
QUESTION
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 226 - Le pari est au
centre de toute question radicale portant sur la pensée
symbolique. Tout se ramène au to be or not to be , au choix
entre ce qui va sortir ou pas, au couple primordial du plus et du
moins . - [mais] il n'y a pas pur jeu de hasard, mais déjà
articulation d'une parole avec un autre. - En d'autres termes,
il n'y a pas jeu s'il n'y a pas question, il n'y a pas question
s'il n'y a pas structure. - 227 - La question est composée,
organisée, par la structure. / En lui-même, le jeu du symbole
représente et organise, indépendemment des particularités de
son support humain, ce quelque chose qui s'appelle un sujet. Le
sujet humain ne fomente pas ce jeu, il y prend sa place, et y
joue le rôle des petits plus et des petits moins . -
1956/57 - La relation d'objet - 626 - [question] [Le mythe :] il
est en somme la façon de faire face à une situation IMPOSSIBLE
par l'articulation successive de toutes les formes
d'impossibilité de la solution. (...) Le circuit étant
accompli, quelque chose est réalisé qui signifie que le sujet
s'est mis au niveau de la question. - 627 - [Et Lacan ajoute]
c'est en cela que Hans est un névrosé et pas un pervers [pas un
fétichiste : sur l'écran ou le voile de la petite culotte, Hans
aurait pu peindre ce qu'il aurait voulu, mais Hans n'est pas
pervers, il pose la question en "métaphysicien" comme
dit Lacan, ] c'est-à-dire au point où il y a quelque chose qui
manque. [C'est d'ailleurs bien la fonction du signifiant que de]
compléter les béances d'une signification qui ne signifie rien
["toutes les solutions possibles" : signifiants].
1955/56 - Les psychoses - 227 - Il y a une autre forme de
défense que celle que provoque une tendance ou une signification
interdite. C'est la défense qui consiste à ne pas s'approcher
de l'endroit où il n'y a pas de réponse à la question. / On
est plus tranquille comme ça, et, somme toute, c'est la
caractéristique des gens normaux. Ne nous posons pas de
questions - Nous sommes certains que les névrosés se sont
posés une question. Les psychotiques, ce n'est pas sûr. La
réponse leur est peut-être venue avant la question - c'est une
hypothèse. Ou bien la question s'est posée toute seule - ce
n'est pas impensable. / Il n'y a pas de question pour un sujet
[normal] sans qu'il y ait un autre à qui il l'a posée. -
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible
de la psychose - 549 - la condition du sujet S (névrose ou
psychose) dépend de ce qui se déroule en l'Autre A. Ce qui s'y
déroule est articulé comme un discours (l'ics est le discours
de l'Autre). - [voir schéma L p.548] tiré aux quatre coins du
schéma : à savoir S, son ineffable et stupide existence, a ,
ses objets, a' , son moi, à savoir ce qui se reflète de sa
forme dans ses objets, et A le lieu d'où peut se poser à lui la
question de son existence. - non pas sous l'espèce de l'angoisse
qu'elle suscite au niveau du moi et qui n'est qu'un élément de
son cortège, mais en tant que question articulée : "Que
suis-je-là?", concernant son sexe et sa contingence dans
l'être, à savoir qu'il est homme ou femme d'une part, d'autre
part qu'il pourrait n'être pas, les deux conjuguant leur
mystère, et le nouant dans les symboles de la procréation et de
la mort.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 21/01/59 -
[question=] signifiant de l'autre qui est en moi - 27/05/59 - le
sujet s'articule comme quoi ? Comme énigme, comme question -
1960/61 - Le transfert - 281 - A quel moment commence à
apparaître, possiblement, le manque de signifiant ? A cette
dimension qui est subjective, et qui s'appelle la question. - 282
- L'enfant, dès lors qu'il sait s'affairer et se débrouiller
avec le signifiant, s'introduit à cette dimension qui lui fait
poser à ses parents les questions les plus importunes, dont
chacun sait qu'elles provoquent le plus grand désarroi, et, à
la vérité, des réponses presque nécessairement impotentes.
Qu'est-ce que c'est, courir ? - De quoi s'agit-il, dans ce moment
de la question ? - sinon du recul du sujet par rapport à l'usage
du signifiant lui-même, et son incapacité à saisir ce que veut
dire qu'il y ait des mots, que l'on parle - L'incapacité sentie
à ce moment par l'enfant est formulée dans la question, qui
attaque le signifiant comme tel, au moment où son action est
déjà marquée sur tout, est indélébile. - en se mettant en
question sous la forme du que suis-je ? ; il [le sujet] donne en
plein dans la métaphore, à ceci près qu'il ne s'en aperçoit
pas. - 284 - La séquelle de ce que je suis apparaît sous la
forme où elle reste comme question. Cette séquelle est pour moi
le point de visée, le point corrélatif, où je me fonde comme
idéal du moi. - Au que suis-je ? , il n'y a pas d'autre réponse
au niveau de l'Autre que le laisse-toi être . Et toute
précipitation donnée à cette réponse (...) n'est que je fuis
le sens de ce laisse-toi être . Ce que veux dire cette aventure,
au point dégradé où nous la saisissons, c'est que ce dont il
s'agit dans toute question formulée n'est pas au niveau du que
suis-je ?, mais au niveau de l'Autre, et sous la forme que
l'expérience analytique nous permet de dévoiler, du que veux-tu
? Il s'agit en ce point précis de savoir ce que nous désirons
[et non ce que nous sommes] en posant la question. C'est là
qu'elle doit être comprise. Et c'est là qu'intervient le manque
de signifiant dont il s'agit dans le grand Phi du phallus.
REALITE
1955/56 - Les psychoses - 55 - Quand nous parlons de névrose,
nous faisons jouer un certain rôle à une fuite, à un
évitement, ou un conflit avec la réalité quelque part. - 56 -
[il s'agit d'] une partie de la réalité psychique .[souligne
Freud] - Cette partie est oubliée, mais continue à se faire
entendre - d'une façon symbolique. - A quoi il oppose la
psychose, où c'est avec la réalité extérieure qu'un moment il
y a eu trou, rupture - un trou, que viendra ensuite combler le
monde fantastique. - 57 - [pour expliquer la pièce rapportée du
fantasme psychotique] Nous avons à notre disposition le
mécanisme de la projection. - [Mais qui ne convient pas
vraiment] - Bien plutôt nous devons dire que ce qui est rejeté
(...) revient de l'extérieur . - 59 - [Ex. Je viens de chez le
charcutier [pour dire : "cochon!"]. Réponse du berger
à la bergère : Truie . Or ce n'est justement pas le même
message sous sa forme inversée, comme il est patent dans la
parole, qui va de a à A . Ici c'est son propre message, qui va
de a à a' .] - 62 - Qui est-ce qui parle ? Puisqu'il y a
hallucination, c'est la réalité qui parle. [soit petit a
(utre). Car ] quand l'Autre avec un grand A parle, ce n'est pas
purement et simplement la réalité devant laquelle vous êtes,
à avoir l'individu qui articule. L'Autre est au-delà de cette
réalité.
1955/56 - Les psychoses - 98 - [le principe de réalité] il
exprime exactement ceci - le sujet n'a pas à trouver l'objet de
son désir, il n'y est pas conduit par les canaux, les rails
naturels d'une adaptation instinctuelle plus ou moins
préétablie (...), il doit au contraire retrouver l'objet, dont
le surgissement est fondamentalement halluciné. Bien entendu, il
ne le retrouve jamais, et c'est précisément en cela que
consiste le principe de réalité.
1955/56 - Les psychoses - 168 - la réalité est marquée
d'emblée de la néantisation symbolique. [cf. "la paix du
soir"] - 169 - L'être humain n'est pas (...) simplement
immergé dans un phénomène comme celui de l'alternance du jour
et de la nuit. L'être humain pose le jour comme tel, et comme
ça le jour vient à la présence du jour - sur un fond qui n'est
pas un fond de nuit concrète, mais d'absence possible de jour,
où la nuit se loge, et inversement d'ailleurs. Le jour et la
nuit sont très tôt codes signifiants, et non pas des
expériences. Ils sont des connotations, et le jour empirique et
concret n'y vient que comme corrélatif imaginaire, à l'origine,
très tôt. -
1956/57 - La relation d'objet - (1) - on parle de l'objet d'une
façon implicite chaque fois qu'entre en jeu la notion de
réalité - c'est un objet retrouvé. - [Mais] répétition
impossible puisque précisément ça n'est pas le même objet,
ça ne saurait l'être. - C'est à travers la recherche d'une
satisfaction passée et dépassée que le nouvel objet est
recherché et trouvé et saisi ailleurs. - [C'est ainsi que] le
principe de plaisir tend à se réaliser en formation
profondément irréaliste (...) [tandis que] le principe de
réalité implique l'existence d'une organisation, d'une
structuration autonome différente et comporte que ce qu'elle
saisit peut-être justement quelque chose de fondamentalement
différent de ce qui est désiré.
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible
de la psychose - 552 - [cf. schéma R p.553] - Le troisième
terme du ternaire imaginaire, celui où le sujet d'identifie à
l'opposé avec son être de vivant, n'est rien d'autre que
L'IMAGE phallique. - 552 - C'est ainsi qu'à considérer les
sommets du triangle symbolique : I comme l'idéal du moi, M comme
le signifiant de l'objet primordial, et P comme la position en A
du Nom-du-Père, on peut saisir comment l'épinglage homologique
de la signification du sujet S sous le signifiant du phallus peut
retentir sur le soutien du champ de la réalité [cf. commentaire
de J.-A. Miller p.905, où il parle plutôt du Réel], délimité
par le quadrangle Mim I. Les deux autres sommets de celui-ci, i
et m , représentant les deux termes imaginaires de la relation
narcissique, soit le moi et l'image spéculaire. - On peut ainsi
situer de i à M, soit en a , les extrémités des segments Si,
Sa1, SA2, SAn, SM, où placer les figures de l'autre imaginaire
dans les relations d'agression érotique où elles se réalisent,
- de même de m à I, soit en a' , les extrémités de segments
Sm, Sa'1, Sa'2, Sa'n, SI, où le moi s'identifie, depuis son
Urbild spéculaire jusqu'à l'identification paternelle de
l'idéal du moi. [Notes de Lacan en 1966 :] - 553 - ce que le
schéma R étale, c'est un plan projectif. - la seule coupure
valable sur ce schéma (soit la coupure mi , MI), indiquent assez
que cette coupure isole dans le champ une bande de Mbius. -
554 - de pouvoir y détacher ces deux éléments hétérogènes
que sont (...) : le S barré de la bande ici à attendre où elle
vient en effet, cad recouvrant le champ R de la réalité, et le
[petit]a qui correspond aux champs J et S. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 05/02/58 - [cf.
Schéma R] - Que se passe-t-il au niveau du stade du miroir ? -
la rencontre du sujet avec quelque chose qui est proprement une
réalité, et en même temps qui ne l'est pas, à savoir une
image virtuelle - l'image a cette propriété (...) d'être ce
signal captivant qui s'isole dans la réalité [une limite?], qui
attire de la part du sujet cette capture d'une certaine libido
[i(a)] - Nous assistons à (...) un double mouvement, mouvement
par quoi l'expérience de la réalité a introduit sous la forme
de l'image du corps, un élément illusoire et leurrant comme
fondement essentiel du repérage du sujet par rapport à la
réalité, et dans toute cette mesure, dans la mesure de cet
espace, de cette marge (...), la possibilité dans une direction
contraire pour ses premières identifications du moi, d'entrer
dans un autre champ [symbolique]
1958/59 - Le désir et son interprétation - 17/06/59 - une
extension progressive du monde des objets dans une dialectique contraphobique, ceci est le mécanisme même de conquête de la
réalité.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 37 - son [Freud]
principe de plaisir est un principe d'inertie. Il s'agit
essentiellement de tout ce qui résulte des effets d'une tendance
foncière à la décharge, où une quantité est vouée à
s'écouler. - Il part d'un système qui, de sa propre pente, va
essentiellement vers le leurre et l'erreur. - Voilà ce qui fait
l'exigence de tout ce système. - l'inertie qu'au niveau des
symptômes lui opposent des choses dont il sent le caractère
irréversible. - cette expérience est en son fond d'ordre moral.
[p. 45: "je crois que l'opposition du p. de plaisir et du p.
de réalité, celle du p. primaire et du p. secondaire, sont
moins de l'ordre de la psychologie que de l'ordre de
l'expérience proprement éthique"] - comment l'appareil
supportant les processus seconds [p. de réalité] contourne les
déchaînements de catastrophes qu'entraîne fatalement un temps
de trop ou de trop peu, le laisser-aller à soi-même de
l'appareil du plaisir. - [Finalement le principe de réalité est
aussi un principe de plaisir, disons qu'il en est aussi le
"principe", sa condition. Comme "principe de
plaisir" le principe de réalité est satisfaction, et non
plaisir : p. 52-53 : "la satisfaction ne saurait être
confondue avec le principe du plaisir" - "d'une part la
recherche d'une qualité archaïque, je dirai presque
régressive, de plaisir indéfinissable, qui anime toute la
tendance ics, et d'autre part, ce qu'il peut y avoir de réalisé
et de satisfaisant au sens le plus accompli, au sens moral comme
tel"] - 40 - La réalité est précaire. - L'ambiguïté
profonde de cet abord exigé de l'homme vers le réel s'inscrit
d'abord en termes de défense. Défense qui existe déjà avant
même que ne se formulent les conditions du refoulement comme
tel. - [ce sont notamment des "pensées": ] - 41 -
toute pensée, de sa nature, s'exerce par des vois inconscientes.
[ p. 42 schéma très important]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 58 - Ce Das Ding ,
[chose] je voudrais vous le montrer aujourd'hui dans la vie, et
dans ce principe de réalité que Freud fait entrer en jeu au
départ de sa pensée, et jusqu'à son terme. - Ce qu'il y a dans
Das Ding , c'est le secret véritable. - die Not des Lebens -
Quelque chose qui veut. Le besoin et non pas les besoins. La
pression, l'urgence. L'état de Not , c'est l'état d'urgence de
la vie. - principe de réalité, qui est donc invoqué sous la
forme de son incidence de nécessité - [Mais la vie
d'"un" n'est pas "la" vie dans son ensemble,
elle s'y oppose plutôt, et il est bien clair que, comme tel] le
principe de la réalité fonctionne en fait comme isolant le
sujet de la réalité. [Ambiguïté sur le mot
"réalité", ici, que lèverait l'usage du mot
"réel".] - quelque chose trie, tamise, de telle sorte
que la réalité n'est aperçue par l'homme (...) que sous une
forme profondément choisie. L'homme a affaire à des morceaux
choisis de réalité. - C'est toute la question(...) de Das Ding
.
1960/61 - Le transfert - 285 - Ce dont il s'agit dans l'épreuve
de réalité (...) c'est assurément de contrôler une présence
réelle, mais une présence de signes. - point (...) de
contrôler si nos représentations correspondent bien à un réel
(...) mais de contrôler si nos représentations sont bien
représentées - Il s'agit de savoir si les signes sont bien là,
mais en tant que les signes (...) d'un rapport à autre chose.
C'est ce que veut dire l'articulation freudienne, que la
gravitation de notre ics se rapporte à un objet perdu qui n'est
jamais que retrouvé, cad jamais vraiment retrouvé. L'objet
n'est jamais que signifié. - L'objet véritable (...) est à
l'horizon de ce autour de quoi gravitent nos fantasmes. Et c'est
pourtant avec cela que nous devons faire des objets qui, eux,
soient échangeables.
RECONNAISSANCE
1953 - Discours du Congrès de Rome et réponse aux interventions
- S'il s'agissait dans celui-là [le mot] du concours de la pure
matérialité du langage avec l'effet optimum de l'acte de
reconnaissance (....) (....) [la parole, elle] apparaît avec
éclat dans le "tu es ma femme" ou le "tu es mon
maître" - A quoi se voit de façon exemplaire que la parole
n'est en aucun des sujets, mais en le serment qui les fonde -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 264 - Le grognement
du pourceau ne devient une parole que lorsque quelqu'un se pose
la question de savoir ce qu'il veut faire croire. - Et que
veulent faire croire, en grognant, les compagnons d'Ulysse
transformés en pourceaux ? - qu'ils ont encore quelque chose
d'humain. - La parole est essentiellement le moyen d'être
reconnu. - Sans cette dimension, une communication n'est que
quelque chose qui transmet -
1955 - Intervention après l'exposé de J. Favez-Boutonnier... -
Que celui [le mot] de reconnaissance lui doive lui être
substitué [au terme de "prise de conscience], comment ceci
n'est-il pas évident pour tous ceux qui pratiquent une
technique, dont le premier principe est qu'elle ne peut être
exercée par le sujet isolé, mais toujours avec quelqu'un ? -
[analyse]
REEL
1932 - Thèse - 257 - le rôle capital des fixations libidinales
dans l'élaboration du monde des objets au sens le plus
général. La fonction du "contact avec le réel"
rentrait ainsi dans l'énergétique générale de la libido. -
[tableau d'Abraham : 1) stade oral primaire : autoérotisme a-objectal = shizophrénie) 2) stade oral tardif (cannibalisme) :
narcissisme primaire (fixation au corps propre comme objet) =
groupe maniaque-dépressif, 3) stade sadique anal primaire :
narcissisme secondaire (à la fois réincorporation au moi d'une
partie de la libido, et projection sur les objets parentaux,
d'où le début de formation des mécanismes autopunitifs et de
surmoi (principe moral au-delà du principe de réalité) = forme
pathologique : paranoïa, 4) stade sadique anal secondaire =
névrose obsessionnelle, 5) Stade génital primaire (phallique) =
hystérie, 6) stade d'achèvement génital : normalité] - 255 -
[Lacan oppose cette conception du réel - objectal - à deux
doctrines psychologiques, d'ailleurs opposées. L'une situera le
trouble morbide dans la perte du sentiment du réel , cad
seulement le rendement social du sujet (Janet), son efficacité
dans l'action] - D'autres invoqueront encore la notion d'un
contact avec la réalité , mais cette fois il s'agira d'un
contact de nature vitale [contact ineffable fait d'] un échange
d'effusions et d'infusions affectives avec un état du réel que
l'on peut qualifier de primordial -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 80 - le réel, ou ce
qui est perçu comme tel, est ce qui résiste absolument à la
symbolisation [symbolique]. - En fin de compte, le sentiment du
réel ne se présente-t-il pas à son maximum, dans la brûlante
manifestation d'une réalité irréelle, hallucinatoire ?
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 122 - à propos
de l'extériorité et de l'intériorité - cette distinction n'a
aucun sens au niveau du réel. Le réel est sans fissure. - nous
n'avons aucun autre moyen de l'appréhender (...) que par
l'intermédiaire du symbolique. - 278 - Les étoiles sont
réelles, intégralement réelles, en principe, il n'y a chez
elles absolument rien qui soit de l'ordre d'une altérité à
elles-mêmes, elles sont purement et simplement ce qu'elles sont.
[Dans la mesure où elles sont reconnaissables comme telles,
toujours à la même place ; dans la mesure donc du symbolique.]
-
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 170 - [Selon le
schéma de la Science des rêves ] [Valabrega :] "Comment
expliquer l'hallucination, le rêve hallucinatoire ? Selon Freud,
le seul moyen de s'en tirer est d'admettre que l'excitation, au
lieu de se transmettre normalement vers l'extrêmité motrice,
suit une voie rétrograde. Voilà la régression." - 171 -
Ce sens est appelé régrédient par opposition au sens
progrédient du fonctionnement normal, éveillé, de l'appareil
psychique. - 175 - Il introduit la régression à partir du
moment où il met l'accent sur des facteurs temporels. Du coup,
il est forcé de l'admettre aussi sur le plan topique. [Mais le
schéma est d'emblée caduc.] - 195 - pour autant qu'il [le
rêve] ramènerait certaines exigences psychiques à leur mode
d'expression le plus primitif [hallucinatoire, imagé], qui
serait situé au niveau de la perception ? - L'analyse que nous
avons faite de ce qu'il y a de proprement figuratif [la bouche
infectée, par ex.] dans le rêve d'Irma nous impose-t-elle une
pareille interprétation ? - 196 - Il y a donc apparition
angoissante d'une image qui résume ce que nous pouvons appeler
la révélation du réel dans ce qu'il a de moins pénétrable,
du réel sans aucune médiation possible, du réel dernier, de
l'objet essentiel qui n'est plus un objet, mais ce quelque chose
devant quoi tous les mots s'arrêtent et toutes les catégories
échouent, l'objet d'angoisse par excellence. - Pouvons-nous
parler de processus de régression pour expliquer la profonde
déstructuration qui se produit alors dans le vécu du rêveur ?
- 197 - Ce n'est pas d'un état antérieur du moi qu'il s'agit,
mais, littéralement, d'une décomposition spectrale de la
fonction du moi. Nous voyons apparaître la série des moi . -
Cette décomposition spectrale est évidemment une décomposition
imaginaire. - 199 - [La perception, où l'on est censé
avoir"régressé", se pose d'emblée comme imaginaire,
ou narcissique]
1964 - Les quatre concepts
- 49 - Une pensée adéquate en
tant que pensée (...) évite toujours - fût-ce pour se
retrouver après en tout - la même chose. Le réel est ici ce
qui revient toujours à la même place - à cette place où le
sujet en tant qu'il cogite, où la res cogitans, ne le rencontre
pas.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud
- 342 - c'est
quelque chose qu'on retrouve à la même place, qu'on n'ait pas
été là ou qu'on y ait été. - Les sciences exactes ont
assurément le plus grand rapport avec cette fonction du réel. -
les sciences exactes ne font pas autre chose que de lier le réel
à une syntaxe. -
1955/56 - Les psychoses - 77 - La notion que le réel, si
délicat qu'il soit à pénétrer, ne peut pas jouer au vilain
avec nous, ne nous mettra pas dedans exprès, est, encore que
personne ne s'y arrête absolument, essentiel à la constitution
du monde de la science. -
1957 - Intervention après la communication de G. Favez... -
[autrui] Le mot réel veut dire ce qu'il veut dire ; chacun sait
à quel point le personnage réel est quelque chose que nous
rencontrons rarement, et nous le rencontrons rarement parce que
nous le cherchons peu. Nous pouvons passer une vie entière à
côté de quelqu'un, sans vouloir jamais connaître de lui que la
fonction qu'il comble à notre endroit, (...) sans soupçonner un
seul instant sa réalité de personnage réel, au sens vulgaire,
et non philosophique, du mot - Faire semblant de ne rien voir,
c'est la position fondamentale vis-à-vis de son semblable ; le
contraire serait le comble de l'inconvenance.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/07/59 - l'objet
"a", l'objet du désir, dans sa nature est un résidu,
est un reste. Il est le résidu que laisse l'être auquel le
sujet parlant est confronté comme tel à toute demande possible.
Et c'est par là que l'objet rejoint le réel. - Je dis le réel,
et non pas la réalité, car la réalité est constituée par tous
les licols que le symbolisme humain, de façon plus ou moins
perspicace, passe au cou du réel en tant qu'il en fait les
objets de son expérience. - L'objet dont il s'agit, pour autant
qu'il rejoint le réel, y participe en ceci que le réel s'y
présente justement comme ce qui résiste à la demande, ce que
j'appellerai l'inexorable. L'objet du désir est l'inexorable
comme tel - cette forme du réel qui se présente en ceci qu'il
revient toujours à la même place. Et c'est pour cela que nous
en avons vu le prototype dans les astres, curieusement. - c'est
à poser ceci que l'objet du désir est à définir foncièrement
comme signifiant. -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 29/04/92 - Il n'y a
(...) dans le réel aucune espèce de faille ou de fissure. Tout
manque est manque à sa place, mais manque à sa place est manque
symbolique. - le réel, en tant que tel, se définit comme
toujours plein. [il n'y a de privation réelle (trou) que d'un
objet symbolique] - nous appelons cela "moins phi"
(...) comme étant l'essentiel de la marque sur l'homme de son
rapport au logos, cad la castration - cette connotation
"moins phi" nous servira à définir (...) l'objet
"a".
1958/59 - Le désir et son interprétation - 14/01/92 - un affect
fondamental comme la colère n'est pas autre chose que cela : le
réel qui arrive au moment où nous avons fait une fort belle
trame symbolique, où tout va fort bien, l'ordre, la loi, notre
mérite et notre bon vouloir. On s'aperçoit tout d'un coup que
les chevilles ne rentrent pas dans les petits trous. C'est cela
le règne de l'affect de la colère -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 27/05.59 - cet
avènement du sujet au niveau de la coupure a quelque chose qu'il
faut bien appeler un réel, mais qui n'est symbolisé par rien.
[bien que la coupure, elle, soit d'abord symbolique, puis au
niveau du fantasme] - point électif du rapport du sujet à ce
que nous pouvons ici appeler son ÊTRE pur de sujet - j'ai pu
définir cette fonction remplie par le fantasme comme une
métonymie de l'être et identifier comme tel, à ce niveau, le
désir. [coupure "pure" = sujet réel; coupure fantasme
= être sujet ?]
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 30 - Sa praxis [de
l'analyse] n'est que le prélude à une action morale comme telle
- ladite action étant celle par laquelle nous débouchons dans
le réel.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 03/06/59 - L'être,
nous dirons que c'est proprement le réel en tant qu'il se
manifeste au niveau du symbolique. - Cet être il n'est nulle
part ailleurs (...) que dans les intervalles, dans les coupures,
et là où à proprement parler il est le moins signifiant des
signifiants, à savoir la coupure.
1961/62 - L'identification - 14/03.62 - [cf. tore] [Nécessité]
de définir chacun des tours comme un un, irréductiblement
différent. Pour que ceci soit réel, à savoir que cette
vérité symbolique, puisqu'elle suppose le comput, le comptage,
soit fondé, s'introduise dans le monde, il faut et il suffit que
quelque chose soit apparu dans le réel qui est le trait unaire.
On comprendra que devant ce I, qui est tout ce qui donne sa
réalité à l'idéel, c'est tout ce qu'il y a de réel dans le
symbolique et ça suffit - aux origines de la pensée [Platon]
(...) le I était le bien, le beau, le vrai, l'être suprême. -
1961/62 - L'identification - 30/05/59 - Effet de signifiant, la
coupure a d'abord été, pour nous, dans l'analyse phonématique
du langage, cette ligne temporelle, plus précisément successive
des signifiants [chaîne signifiante]. - Mais que va-t-il arriver
si maintenant je vous incite à considérer la ligne elle-même
comme coupure originelle ? - Si la ligne elle-même est coupure,
chacun de ses éléments sera donc section de coupure, et c'est
cela en somme qui introduit cet élément vif, si je puis dire,
du signifiant que j'ai appelé le huit intérieur, à savoir
précisément la boucle. La ligne se recoupe : quel est
l'intérêt de cette remarque ? La coupure portée sur le réel y
manifeste, dans le réel, ce qui est sa caractéristique et sa
fonction, et ce qu'il introduit dans notre dialectique,
contrairement à l'usage qui en est fait que le réel est le
divers, le réel, depuis toujours, je m'en suis servi de cette
fonction originelle pour vous dire que le réel est ce qui
introduit le même, ou plus exactement le réel est ce qui
revient toujours à la même place. - A n'est pas identique à A
- nul moyen de faire apparaître le même, sinon du côté du
réel. Autrement dit la coupure (...) ne peut savoir qu'elle
s'est fermée, qu'elle ne repasse par elle-même que parce que le
réel, en tant que distinct du signifiant, est le même. En
d'autre termes, seul le réel la ferme. Une courbe fermée, c'est
le réel révélé. - il faut que la coupure se recoupe - la
coupure est un trait qui se recoupe -
1962/63 - L'angoisse - 27/02/63 - la loi morale est hétéronome
; c'est pourquoi j'insiste sur ceci qu'elle provient de ce que
j'appelle le réel en tant qu'il intervient (...) en élidant le
sujet, en déterminant de par son intervention même ce qu'on
appelle le refoulement - non pas l'effacement des traces, mais le
retour du signifiant à l'état de traces, l'abolition de ce
passage de la trace au signifiant qui est constitué par (...) un
soulignage, un barrage, une marque de la trace. - Le réel
renvoyant le sujet à la trace, abolit le sujet aussi du même
coup ; car il n'y a de sujet que par le signifiant, que par ce
passage au signifiant -
1962/63 - L'angoisse - 13/03/63 - c'est bien du côté du réel
(...) que nous avons à chercher de l'angoisse, ce qui ne trompe
pas. Ce n'est pas à dire que le réel épuise la notion de ce
que vise l'angoisse. -
1962/63 - L'angoisse - 20/03/63 - Ainsi, dit-on, le réel est
toujours plein. - je n'ai jamais dit ça. Le réel fourmille de
creux et on peut même y faire le vide. Ce que je dis, c'est
qu'il ne lui manque rien, ce qui est tout différent.
1964 - Les quatre concepts
- 41 - Le réel supporte le
fantasme, le fantasme protège le réel. - 58 - La place du
réel, qui va du trauma au fantasme - en tant que le fantasme
n'est jamais que l'écran qui dissimule quelque chose de tout à
fait premier -
1964 - Les quatre concepts
- 53 - [La tuché d'Aristote]
Nous l'avons traduit par la rencontre du réel. Le réel est
au-delà de l'automaton [le réseau des signifiants], du retour,
de la revenue, de l'insistance des signes à quoi nous nous
voyons commandés par le principe du plaisir. Le réel est ce qui
gît toujours derrière l'automaton - 54 - [Mais] La répétition
est quelque chose qui, de sa véritable nature, est toujours
voilé dans l'analyse, à cause de l'identification [abusive] de
la répétition et du transfert dans la conceptualisation des
analyses. - 55 - N'est-il pas remarquable que, à l'origine de
l'expérience analytique, le réel se soit présenté sous la
forme de ce qu'il y a en lui d'inassimilable - sous la forme du
trauma - En effet, le trauma est conçu comme devant être
tamponné par l'homéostase subjectivante qui oriente tout le
fonctionnement défini par le principe du plaisir. - au sein
même des processus primaires, nous voyons conservée
l'insistance du trauma à se rappeler à nous - A cette exigence
répondent ces points radicaux dans le réel que j'appelle
rencontres, et qui nous font concevoir la réalité comme
unterlegt, untertragen, ce qui en français se traduirait par le
mot même, en sa superbe ambiguïté dans la langue française,
de souffrance. La réalité est là en souffrance, là qui
attend. - 67 - C'est pourquoi il est nécessaire de fonder
d'abord cette répétition dans la schize même qui se produit
dans le sujet à l'endroit de la rencontre. Cette schize
constitue la dimension caractéristique de la découverte et de
l'expérience analytique, qui nous fait appréhender le réel,
dans son incidence dialectique, comme originellement malvenu. -
Car après tout, pourquoi la scène primitive est-elle si
traumatique ? Pourquoi est-elle trop tôt ou trop tard ? Pourquoi
le sujet y prend-il trop de plaisir [obsession] (...) ou trop
peu, comme chez l'hystérique ? Pourquoi n'éveille-t-elle pas
tout de suite le sujet, s'il est vrai qu'il est si profondément
libidinal ? - [La réponse] c'est ce qui apparaît de factice dans
le rapport fondamental à la sexualité [= l'intervention de
l'objet] -
REFOULEMENT
1953 - Les écrits techniques de Freud - 215 - Le trauma, en tant
qu'il a une action refoulante, intervient après-coup - A ce
moment-là, quelque chose se détache du sujet dans le monde
symbolique même qu'il est en train d'intégrer. Désormais, cela
ne sera plus quelque chose du sujet. Le sujet ne le parlera plus,
ne l'intégrera plus. Néanmoins, ça restera là, quelque part,
parlé, si l'on peut dire, par quelque chose dont le sujet n'a
pas la maîtrise. - ce qu'on appellera par la suite ses
symptômes. - [C'est du même mouvement que ça refoule et que
ça "réapparaît", c'est la même chose. Le trauma, à
proprement parler, ce n'est pas l'événement, c'est le
refoulement...]
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud
- 354 - Il y a
quelque chose dans quoi il [l'homme] s'intègre et qui déjà
règne par ses combinaisons. - C'est au milieu de cela que
quelque chose de l'homme a à se faire reconnaître - [mais ce
quelque chose est refoulé] - Ce qui dans une machine ne vient
pas à temps tombe tout simplement et ne revendique rien. Chez
l'homme, ce n'est pas la même chose, la scansion est vivante, et
ce qui n'est pas venu à temps reste suspendu. C'est de cela
qu'il s'agit dans le refoulement. - [ce] qui demande à être. -
Le rapport fondamental de l'homme à cet ordre symbolique est
très précisément celui qui fonde l'ordre symbolique lui-même
- le rapport du non-être à l'être. -
1955/56 - Les psychoses - 21 - Freud admet un phénomène
d'exclusion pour lequel le terme de Verwerfung paraît valable,
et qui se distingue de la Verneinung , laquelle se produit à une
étape très ultérieure. Il peut se faire qu'un sujet refuse
l'accession, à son monde symbolique, de quelque chose que
pourtant il a expérimenté, et qui n'est rien d'autre en cette
occasion que la menace de castration. Toute la suite du
développement du sujet montre qu'il n'en veut rien savoir, Freud
le dit textuellement au sens du refoulé . - Ce qui tombe sous le
coup du refoulement fait retour, car le refoulement et le retour
du refoulé ne sont que l'endroit et l'envers d'une même chose.
- Par contre, ce qui tombe sous le coup de la Verwerfung
[forclusion] a un sort tout à fait différent. - tout ce qui est
refusé dans l'ordre symbolique, au sens de la Verwerfung ,
reparaît dans le réel. - [Cf. l'hallucination infantile de
l'Homme aux loups, manifestant le refus de l'accession à la
castration : se coupant le bout du doigt, il s'assoit sur un
banc, incapable d'en parler même à sa nourrisse .] - 170 - A
propos de la Verwerfung , Freud dit que le sujet ne voulait rien
savoir de la castration, même au sens du refoulement . En effet,
au sens du refoulement, on sait encore quelque chose de ce dont
même on ne veut, d'une certaine façon, rien savoir, et c'est
toute l'analyse de nous avoir montré qu'on le sait fort bien.
1955/56 - Les psychoses - 171 - Il s'agit du rejet [forclusion]
d'un signifiant primordial dans les ténèbres extérieures,
signifiant qui manquera dès lors à ce niveau. - Il s'agit d'un
processus primordial d'exclusion d'un dedans primitif, qui n'est
pas le dedans du corps, mais celui d'un premier corps de
signifiant. / C'est à l'intérieur de ce corps primordial que
Freud suppose se constituer le monde de la réalité, comme
déjà ponctué, déjà structuré en termes de signifiants. - La
première appréhension de la réalité par le sujet [selon
Freud], c'est le jugement d'existence, qui consiste à dire -
Ceci n'est pas mon rêve ou mon hallucination ou ma
représentation, mais un objet. / Il s'agit (...) d'une mise à
l'épreuve de l'extérieur par l'intérieur, de la constitution
de la réalité du sujet dans une retrouvaille de l'objet.
L'objet est retrouvé dans une quête, et on ne retrouve
d'ailleurs jamais le même objet. [Mais, y a-t-il forclusion avec
le jugement d'inexistence (ce qui paraîtrait logique) ou
d'existence (puisque poser l'existence de l'objet c'est nier,
rejeter le fait qu'il s'agit d'une représentation ?] - [Quand au
refoulement , il apparaît avec le jugement d'attribution : c'est
ou ce n'est pas le même objet. Même remarque : il y a alors un
refoulement originaire, puisque ce n'est jamais le même objet.]
1957 - Entretien (L'Express) - ce n'est pas quelque chose de
vague, de confus, qui est refoulé ; ce n'est pas une sorte de
besoin, de tendance, qui aurait à être articulée (et qui ne
s'articulerait pas puisque refoulé), c'est un discours déjà
articulé, déjà formé dans un langage. Tout est là. - [le
refoulement est] inséparable d'un phénomène appelé "le
retour du refoulé". - Cette notion est difficile à
comprendre parce que lorsque l'on parle de
"refoulement" on imagine immédiatement une pression -
Or en psychanalyse le refoulement n'est pas le refoulement d'une
chose, c'est le refoulement d'une vérité. Qu'est-ce qui se
passe lorsque l'on veut refouler une vérité ? - elle s'exprime
ailleurs, dans un autre registre, en langage chiffré,
clandestin. - Et ce lieu, cet en-dehors du sujet, c'est
strictement ce qu'on appelle l'ics.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 12/02/58 - [le
refoulement] ne peut se concevoir qu'en tant que lié à une
chaîne signifiante articulée - c'est pour autant que le sujet
ne veut pas reconnaître quelque chose qui nécessiterait (...)
[la reconnaissance d'] un certain nombre de termes essentiels
(...) qui sont les termes dipiens. - Pour la perversion,
c'est exactement la même chose.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - la
métaphore n'est pas une injection de sens comme si c'était
possible, comme si les sens étaient quelque part, où que ce
soit dans un réservoir. Le mot "attérré" n'apporte
pas le sens en tant qu'il a une signification, mais en tant que
signifiant, cad qu'ayant le phonème "ter", il a le
même phonème qui est dans "terreur". C'est par la
voie signifiante, c'est par la voie de l'équivoque, c'est par la
voie de l'homophonie, cad de la chose la plus non-sens qui soit,
qu'il vient engendrer cette nuance de sens - cette nuance (...)
implique une certaine domination et un certain apprivoisement de
la terreur. - la terreur n'y est pas complète. - la terreur est
dans une demie ombre à cette occasion. - disons le mot : le
signifiant est refoulé à proprement parler. Dans tous les cas,
dès que s'est établi dans sa nuance actuelle l'usage du mot
"atterré", le modèle, sauf recours au dictionnaire, au
discours savant, n'est plus à votre disposition. A propos du mot
"atterré" il est comme "terre",
"terra", refoulé. C'est dans le rapport S/S', cad d'un
signifiant à un signifiant, que va s'engendrer un certain
rapport S/s, cad signifiant sur signifié. - [c'est avec] la
réserve homonymique avec laquelle travaille, que nous le voyions
ou que nous ne le voyions pas, la métaphore.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 26/11/58 -
soustraction étant à ce moment là exactement le sens du terme
dont il se sert pour désigner l'opération du refoulement dans
sa forme pure [Freud] -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 19/11/58 - ne sont
jamais, ne peuvent être jamais refoulés que les éléments
signifiants. - 26/11/58 - ce qu'il appelle "VORSTELLUNGS
REPRESENTANZ" [représentations ics] - représentations de
quoi ? Du mouvement pulsionnel [qui lui n'est ni ics ni cs, mais
une donnée objective] - [l'AFFECT] [Freud] lui dénie
formellement toute possibilité d'une incidence inconsciente
[c'est un de ses représentants, qui éventuellement peut être
refoulé, remplacé par un autre. Mais l'affect en soi est la
transformation du facteur purement quantitatif de la pulsion :
rien qui puisse se trouver dans l'ics.]
1958/59 - Le désir et son interprétation - 14/01/92 - Autre
chose est ce qui s'articule dans [les] signifiants refoulés, et
qui est toujours une demande, autre chose est le désir, pour
autant que le désir est quelque chose par quoi le sujet se
situe, du fait de l'existence du discours, par rapport à cette
demande.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 01/04/59 - les
nécessités sociologiques ne sont pas du tout exhaustives pour
expliquer cette sorte d'interdit [ou de censure] d'où surgit
chez les êtres humains la dimension de l'ics. Cela suffit si peu
qu'il a fallu que Freud invente un mythe originel, pré-social ne
l'oublions pas puisque c'est lui qui fonde la société, à
savoir Totem et Tabou, pouvant expliquer les principes mêmes du
refoulement.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 67 - Das Ding [chose]
est originellement ce que nous appellerons le hors-signifié.
C'est en fonction (...) d'un rapport pathétique à lui, que le
sujet conserve sa distance, et se constitue dans un monde de
rapport, d'affect primaire, antérieur à tout refoulement. -
[dans le cas précis du refoulement] c'est par rapport à ce das
Ding originel que se fait la première orientation, le premier
choix (...) le choix de la névrose
1962/63 - L'angoisse - 14/11/61 - [affect] On le retrouve
déplacé, fou, inversé, métabolisé, mais il n'est pas
refoulé. Ce qui est refoulé, ce sont les signifiants qui
l'amareent.
1962/63 - L'angoisse - 27/02/63 - la loi morale est hétéronome
; c'est pourquoi j'insiste sur ceci qu'elle provient de ce que
j'appelle le réel en tant qu'il intervient (...) en élidant le
sujet, en déterminant de par son intervention même ce qu'on
appelle le refoulement - non pas l'effacement des traces, mais le
retour du signifiant à l'état de traces, l'abolition de ce
passage de la trace au signifiant qui est constitué par (...) un
soulignage, un barrage, une marque de la trace. - Le réel
renvoyant le sujet à la trace, abolit le sujet aussi du même
coup ; car il n'y a de sujet que par le signifiant, que par ce
passage au signifiant -
REGARD
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 245 - Le regard ne se
situe pas simplement au niveau des yeux. - Le regard n'est pas
forcément la face de notre semblable, mais aussi bien la
fenêtre derrière laquelle nous supposons qu'il nous guette.
C'est un x , l'objet devant quoi le sujet devient objet.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 249 - C'est la
guerre. J'avance dans la plaine, et je me suppose sous un regard
qui me guette. - Ce qui m'importe le plus est de savoir ce que
l'autre imagine, détecte de mes intentions à moi qui m'avance,
parce qu'il me faut lui dérober mes mouvements. - Ce qui compte,
ce n'est pas que l'autre vois où je suis, c'est qu'il voit où
je vais [comme sujet], cad, très exactement, qu'il voit où je
ne suis pas.
1956/57 - La relation d'objet - 536 - [Ce jeu imaginaire par
excellence de Hans et sa mère, jeu "scoptophillique"
de voir et d'être vu : chercher le phallus? Relation imaginaire
qui n'est cependant pas la relation imaginaire primitive de
capture mère-enfant (animale) toute bête..., où la bête
couve, menace...du regard, ou se fait voir, comme à la parade.
Là il s'agit de chercher à voir], à épier comme on dit, ce
qui à la fois y est et n'y est pas. (...) Quelque chose qui est
là en tant qu'il reste voilé. [Degré supérieur] non pas
seulement du voir et de l'être vu, mais de donner à voir et de
l'être surpris.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - cet objet central (a), en tant
qu'il est, non seulement séparé mais élidé, toujours ailleurs
(...), ce caractère d'élusion n'est nulle part plus manifeste
qu'au niveau de la fonction de l'il, et c'est en quoi le
support le plus satisfaisant de la fonction du désir, le
fantasme, est toujours marqué d'une parenté avec les modèles
visuels où il fonctionne communément -
1964 - Les quatre concepts
- 78 - l'intérêt que le sujet
prend à sa propre schize est lié à ce qui la détermine - à
savoir, un objet privilégié, surgi de quelque séparation
primitive, de quelque automutilation induite par l'approche même
du réel, dont le nom, en notre algèbre, est objet
"a". - 79 - Dans le rapport scopique, l'objet d'où
dépend le fantasme auquel le sujet est appendu dans une
vascillation essentielle, est le regard. - le regard se spécifie
comme insaisissable. C'est pour cela qu'il est, plus que tout
autre objet, méconnu, et c'est peut-être pour cette raison
aussi que le sujet trouve si heureusement à symboliser son
propre trait évanouissant et punctiforme dans l'illusion de la
conscience de se voir se voir, où s'élide le regard. - un
regard par moi imaginé au champ de l'Autre. - 80 - Le regard
dont il s'agit est bien présence d'autrui comme tel. Mais est-ce
à dire qu'originellement c'est dans le rapport de sujet à
sujet, dans la fonction de l'existence d'autrui comme me
regardant [Sartre], que nous saisissons ce dont il s'agit dans le
regard ? N'est-il pas clair que le regard n'intervient ici que
pour autant que ce n'est pas le sujet néantisant, corrélatif du
monde de l'objectivité, qui s'y sent surpris, mais le sujet se
soutenant dans une fonction de désir ? N'est-ce pas justement
parce que le désir s'instaure ici dans le domaine de la voyure,
que nous pouvons l'escamoter ?
1964 - Les quatre concepts
- 102 - l'uvre, ça les
apaise, les gens, ça les réconforte, en leur montrant qu'il
peut y en avoir quelques uns qui vivent de l'exploitation de leur
désir. - quelque chose ici s'indique de cette fonction que j'ai
appelée du dompte-regard. - je dirai que c'est d'une sorte de
désir à l'Autre qu'il s'agit, au bout duquel est le
donner-à-voir. En quoi ce donner à voir apaise-t-il quelque
chose ? - sinon en ceci qu'il y a un appétit de l'il chez
celui qui regarde. Cet appétit de l'il qu'il s'agit de
nourrir fait la valeur de charme de la peinture. Celle-ci est,
pour nous, à chercher sur un plan beaucoup moins élevé qu'on
ne le suppose, dans ce qu'il en est de la vraie fonction de
l'organe de l'il, l'il plein de voracité, qui est le
mauvais il. Il est frappant (...) qu'il n'y ait trace nulle
part d'un bon il, d'un il qui bénit. Qu'est-ce à
dire ? - sinon que l'il porte avec lui la fonction mortelle
d'être en lui-même doué (...) d'un pouvoir séparatif. -
Invidia vient de videre. L'invidia la plus exemplaire (...) est
celle (...) relevée dans Augustin (...), à savoir celle du
petit enfant regardant son frère pendu au sein de sa mère -
1964 - Les quatre concepts
- 98 - dans le champ scopique,
le regard est au-dehors, je suis regardé, cad je suis tableau.
C'est là la fonction qui se trouve au plus intime de
l'institution du sujet dans le visible. - 99 - [Mais le sujet]
s'y repère. Comment ? Dans la mesure où il isole, lui [pas
l'animal], la fonction de l'écran, et en joue. l'homme, en
effet, sait jouer du masque comme étant ce au-delà de quoi il y
a le regard. - C'est, au niveau perceptif, le phénomène d'une
relation qui est à prendre dans une fonction plus essentielle,
à savoir que, dans son rapport au désir, la réalité
n'apparaît que marginale. - En effet, il y a quelque chose dont
toujours, dans un tableau, on peut noter l'absence - au contraire
de ce qu'il en est dans la perception. C'est le champ central,
où le pouvoir séparatif de l'il s'exerce au maximum dans
la vision. Dans tout tableau , il ne peut qu'être absent, et
remplacé par un trou - reflet, en somme, de la pupille derière
laquelle est le regard. Par conséquent, et pour autant que le
tableau entre dans un rapport au désir, la place d'un écran
central est toujours marquée, qui est justement ce par quoi,
devant le tableau, je suis élidé comme sujet du plan
géométral. C'est par là que le tableau ne joue pas dans le
champ de la représentation. Sa fin et son effet sont ailleurs.
1964 - Les quatre concepts
- 68 - [Ce que nous indique
Merleau-Ponty] c'est la préexistence d'un regard - je ne vois
que d'un seul point, mais dans mon existence je suis regardé de
partout. - Mais ce n'est pas entre l'invisible et le visible que
nous allons, nous avoir à passer. - L'il et le regard,
telle est pour nous la schize dans laquelle se manifeste la
pulsion au niveau du champ scopique. - 70 - Dans notre rapport
aux choses, tel qu'il est constitué par la voie de la vision, et
ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose
glisse, passe, se transmet, d'étage en étage, pour y être
toujours à quelque degré éludé - c'est ça qui s'appelle le
regard. - 71 - [La fonction de la tache, assimilée à celle
regard, on la retrouve] à tous les étages de la constitution du
monde dans le champ scopique. - [elle] échappe toujours à la
saisie de cette forme de la vision qui se satisfait d'elle-même
en s'imaginant comme conscience. Ce en quoi la conscience peut se
retourner sur elle-même - se saisir, telle la Jeune Parque de
Valéry, comme se voyant se voir - représente un escamotage. Un
évitement s'y opère de la fonction du regard. - De même, dans
cet ordre particulièrement satisfaisant pour le sujet que
l'expérience analytique a connoté du nom de narcissisme [et
jusqu'à la "contemplation" des philosophes] - [Il y a
élision du fait que] nous sommes des êtres regardés, dans le
spectacle du monde. - C'est bien là le fantasme que nous
trouvons dans la perstecive platonicienne, [à ceci près qu'il
s'agit là] d'un être absolu à qui est transférée la qualité
de l'omnivoyant. - ce côté omnivoyeur se pointe dans la
satisfaction d'une femme à se savoir [se sa-voir] regardée, à
condition qu'on ne le lui montre pas. - 94 - - nous voyons, dans
la dialectique de l'il et du regard, qu'il n'y a point
coïncidence, mais foncièrement leurre. Quand, dans l'amour, je
demande un regard, ce qu'il y a de foncièrement insatisfaisant
et de toujours manqué, c'est que - Jamais tu ne me regardes là
où je te voix. Inversement, ce que je regarde n'est jamais ce
que je veux voir.
REGRESSION
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 128 - un symbole,
et non un mécanisme qui se déroulerait dans la réalité. -
Voyons-nous jamais quelqu'un, un adulte, régresser vraiment,
revenir à l'état de petit enfant, se mettre à vagir ? La
régression n'existe pas. - c'est un symptôme qui doit être
interprété comme tel. Il y a régression sur le plan de la
signification -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 170 - [réel]
[Selon le schéma de la Science des rêves ] [Valabrega :]
"Comment expliquer l'hallucination, le rêve hallucinatoire
? Selon Freud, le seul moyen de s'en tirer est d'admettre que
l'excitation, au lieu de se transmettre normalement vers
l'extrémité motrice, suit une voie rétrograde. Voilà la
régression." - 171 - Ce sens est appelé régrédient par
opposition au sens progrédient du fonctionnement normal,
éveillé, de l'appareil psychique. - 175 - Il introduit la
régression à partir du moment où il met l'accent sur des
facteurs temporels. Du coup, il est forcé de l'admettre aussi
sur le plan topique. [Mais le schéma est d'emblée caduc.] - 195
- pour autant qu'il [le rêve] ramènerait certaines exigences
psychiques à leur mode d'expression le plus primitif
[hallucinatoire, imagé], qui serait situé au niveau de la
perception ? - L'analyse que nous avons faite de ce qu'il y a de
proprement figuratif [la bouche infectée, par ex.] dans le rêve
d'Irma nous impose-t-elle une pareille interprétation ? - 196 -
Il y a donc apparition angoissante d'une image qui résume ce que
nous pouvons appeler la révélation du réel dans ce qu'il a de
moins pénétrable, du réel sans aucune médiation possible, du
réel dernier, de l'objet essentiel qui n'est plus un objet, mais
ce quelque chose devant quoi tous les mots s'arrêtent et toutes
les catégories échouent, l'objet d'angoisse par excellence. -
Pouvons-nous parler de processus de régression pour expliquer la
profonde déstructuration qui se produit alors dans le vécu du
rêveur ? - 197 - Ce n'est pas d'un état antérieur du moi qu'il
s'agit, mais, littéralement, d'une décomposition spectrale de
la fonction du moi. Nous voyons apparaître la série des moi . -
Cette décomposition spectrale est évidemment une décomposition
imaginaire. - 199 - [La perception, où l'on est censé
avoir"régressé", se pose d'emblée comme imaginaire,
ou narcissique]
1958/59 - Le désir et son interprétation - 03/12/92 - Le
processus primaire signifie la présence du désir, (...) du
désir là où il se présente comme le plus morcelé - Le
processus primaire quand il est seul en jeu, aboutit à
l'hallucination (...) par un procès de régression - C'est
toujours quand [selon Freud] l'issue vers la motilité de
l'incitation est pour une raison quelconque barrée - le
résultat du processus primaire, c'est qu'en quelque sorte sur ce
circuit quelque chose s'allume. - ceci ne répond nullement au
principe du besoin, car bien entendu aucun besoin n'est satisfait
par une satisfaction hallucinatoire. Le besoin exige, pour être
satisfait, l'intervention du processus secondaire - [les besoins]
sont soumis au principe de réalité. - En fin de compte selon
Freud la réalité humaine se construit sur un fond
d'hallucination préalable, lequel est l'univers du plaisir - Le
processus primaire ne vise pas la recherche d'un objet nouveau,
mais d'un objet à retrouver, et ceci par la voie d'une
Vorstellung réévoquée, parce que (...) correspondant à un
premier frayage alors que l'allumage de cette lampe donne droit
à une prime (...), et c'est cela le principe de plaisir. Mais
pour que cette prime soit honorée, il faut qu'il y ait une
certaine réserve de sous dans la machine, et la réserve de sous
dans la machine dans l'occasion elle est vouée à ce second
système de processus qui s'appelle les processus secondaires. En
d'autres termes, l'allumage de la lampe n'est une satisfaction
qu'à l'intérieur de la convention totale de la machine en tant
que cette machine est celle du joueur, à partir du moment où il
joue.
REPETITION
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 124 - deux
structurations tout à fait différentes de l'expérience
humaine. - celle de la réminiscence, qui support un accord, une
harmonie entre l'homme et le monde des objets, qui fait qu'il les
reconnaît, parce qu'en quelque sorte, il les connaît depuis
toujours - et, au contraire, la conquête, la structuration du
monde dans un effort de travail, par la voie de la répétition.
Dans la mesure où ce qui se présente à lui ne coïncide que
partiellement avec ce qui lui a déjà procuré satisfaction, le
sujet se met en quête, et répète indéfiniment sa recherche
jusqu'à ce qu'il retrouve cet objet. / L'objet se rencontre et
se structure sur la voie d'une répétition - retrouver l'objet,
répéter l'objet. Seulement, ce n'est jamais le même objet que
le sujet rencontre. Autrement dit, il ne cesse d'engendrer des
objets substitutifs.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 79 - [Pulsion de
mort] [Partons du principe d'homéostase, lequel] tempère
l'irruption des quantités d'énergie venue du monde extérieur.
/ Cette régulation, appelons-la fonction restitutive de
l'organisation psychique . - Freud n'a pas le terme
d'homéostase, il emploie celui d'inertie - Décharge et retour
à la position d'équilibre, cette loi de régulation vaut pour
les deux systèmes - C'est ici que Freud s'aperçoit que quelque
chose ne satisfait pas au principe du plaisir. Il s'aperçoit que
ce qui sort d'un des systèmes - celui de l'ics - est d'une
insistance (...) toute particulière. - automatisme de
répétition - [ou plutôt] compulsion à la répétition - 81 -
Il y a une fonction restitutive, qui est celle du principe de
plaisir. Mais il y a aussi une fonction répétitive [au-delà
non seulement du principe de plaisir de l'opposition
plaisir/réalité]. - L'introduction de l'instinct de mort
correspond à cette découverte sur le plan purement abstrait
et/ou énergétique. - l'opposition du principe de plaisir et du
principe de réalité est toute relative : si "dans le
principe du plaisir, le plaisir, par définition, tend à sa
fin", "le principe de réalité consiste en ce que le
jeu dure, cad que le plaisir se renouvelle". Le principe de
réalité ne peut donc pas simplement être "introduit par
cette simple remarque qu'à trop chercher son plaisir, il arrive
toutes sortes d'accidents - on se brûle les doigts, on attrape
une chaude-pisse, on se casse la gueule."(p.107).
Conservation de l'énergie et entropie, etc. L'instinct de mort
dont il s'agit "au-delà du principe de plaisir" n'a
rien à voir avec la mort des êtres vivants. Il n'est pas
régulateur, il est perturbateur comme le rêve, comme le
symbolique.]
1956/66 - Le séminaire sur "La Lettre volée" - 11 -
l'automatisme de répétition prend son principe dans ce que nous
avons appelé l'insistance de la chaîne signifiante. Cette
notion elle-même, nous l'avons dégagée comme corrélative de
l'ex-sistence (soit : de la place excentrique) où il nous faut
situer le sujet de l'ics - 14 - C'est l'intersubjectivité où
les deux actions [les deux scènes] se motivent que nous voulons
relever [2 qui fait déjà répétition], et les trois termes
dont elle les structure. / Le privilège de ceux-ci se juge à ce
qu'ils répondent à la fois aux trois temps logiques par quoi la
décision se précipite, et aux trois places qu'elle assigne aux
sujets qu'elle départage. - 15 - Le premier est d'un regard qui
ne voit rien : c'est le Roi, et c'est la police. / Le second d'un
regard qui voit que le premier ne voit rien et se leurre d'en
voir couvert ce qu'il cache : c'est la reine, puis c'est le
ministre. / Le troisième qui de ces deux regards voit qu'ils
laissent ce qui est à cacher à découvert pour qui voudra s'en
emparer : c'est le ministre, et c'est Dupin enfin. - 16 - Nous
verrons que leur déplacement est déterminé par la place qui
vient à occuper le pur signifiant qu'est la lettre volée, dans
leur trio. Et c'est là ce qui pour nous le confirmera comme
automatisme de répétition.
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - l'automatisme de
répétition (...) c'est ceci : c'est que si un cycle déterminé
qui ne fût que celui-là - c'est ici que se profile l'ombre du
"trauma" (...) ce n'est pas son effet traumatique que
je retiens, mais seulement son unicité - celui-là donc qui se
désigne par un certain signifiant que seul peut supporter ce que
nous apprendrons dans la suite à définir comme une lettre
(...), ce cycle là et pas un autre équivaut à un certain
signifiant, c'est à ce titre que le comportement se répète
pour faire ressurgir ce signifiant qu'il est comme tel -
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - [le trait unaire] c'est
l'unicité comme telle du tour dans la répétition. - la notion
de la fonction de la répétition dans l'ics se distingue
absolument de tout cycle naturel; en ce sens que ce qui est
accentué ça n'est pas son retour, c'est (...) son unicité
signifiante, et en tant qu'un des tours de la répétition, si
l'on peut dire, a marqué le sujet qui se met à répéter ce
qu'il ne saurait bien sûr que répéter puisque cela ne sera
jamais qu'une répétition, mais dans le but de faire ressurgir
l'unaire primitif d'un de ses tours.
1961/62 - L'identification - 09/05/62 - le désir, c'est ce qui
supporte le mouvement, sans doute circulaire, de la demande
toujours répétée, mais dont un certain nombre de répétitions
peuvent être conçues - c'est là l'usage de la topologie du
tore - comme achevant quelque chose. Le mouvement de bobine de la
répétition de la demande se boucle quelque part même
virtuellement, définissant une autre boucle qui s'achève par
cette répétition même et qui désigne quoi ? L'objet du
désir. - c'est que cet objet ne reste pas objet du besoin -
C'est justement parce que l'objet devient reconnaissable comme
signifiant d'une demande latente qu'il prend valeur d'un désir
qui est d'un autre registre.
1964 - Les quatre concepts
- 53 - [La tuché d'Aristote]
Nous l'avons traduit par la rencontre du réel. Le réel est
au-delà de l'automaton [le réseau des signifiants], du retour,
de la revenue, de l'insistance des signes à quoi nous nous
voyons commandés par le principe du plaisir. Le réel est ce qui
gît toujours derrière l'automaton - 54 - [Mais] La répétition
est quelque chose qui, de sa véritable nature, est toujours
voilé dans l'analyse, à cause de l'identification [abusive] de
la répétition et du transfert dans la conceptualisation des
analyses. - 55 - N'est-il pas remarquable que, à l'origine de
l'expérience analytique, le réel se soit présenté sous la
forme de ce qu'il y a en lui d'inassimilable - sous la forme du
trauma - En effet, le trauma est conçu comme devant être
tamponné par l'homéostase subjectivante qui oriente tout le
fonctionnement défini par le principe du plaisir. - au sein
même des processus primaires, nous voyons conservée
l'insistance du trauma à se rappeler à nous - A cette exigence
répondent ces points radicaux dans le réel que j'appelle
rencontres, et qui nous font concevoir la réalité comme
unterlegt, untertragen, ce qui en français se traduirait par le
mot même, en sa superbe ambiguïté dans la langue française,
de souffrance. La réalité est là en souffrance, là qui
attend. - 67 - C'est pourquoi il est nécessaire de fonder
d'abord cette répétition dans la schize même qui se produit
dans le sujet à l'endroit de la rencontre. Cette schize
constitue la dimension caractéristique de la découverte et de
l'expérience analytique, qui nous fait appréhender le réel,
dans son incidence dialectique, comme originellement malvenu. -
Car après tout, pourquoi la scène primitive est-elle si
traumatique ? Pourquoi est-elle trop tôt ou trop tard ? Pourquoi
le sujet y prend-il trop de plaisir [obsession] (...) ou trop
peu, comme chez l'hystérique ? Pourquoi n'éveille-t-elle pas
tout de suite le sujet, s'il est vrai qu'il est si profondément
libidinal ? - [La réponse] c'est ce qui apparaît de factice dans
le rapport fondamental à la sexualité [= l'intervention de
l'objet] -
1964 - Les quatre concepts
- 59 - il ne s'agit dans Freud
d'aucune répétition qui s'assoie dans le naturel, d'aucun
retour du besoin. - Tout ce qui, dans la répétition, se varie,
se module, n'est qu'aliénation de son sens. L'adulte, voire
l'enfant plus avancé, exigent dans leurs activités, dans le
jeu, du nouveau. Mais ce glissement voile ce qui est le vrai
secret du ludique, à savoir la diversité plus radicale que
constitue la répétition en elle-même. Voyez-la chez l'enfant,
dans son premier mouvement, au moment où il se forme comme être
humain, se manifester comme exigence que le conte soit toujours
le même, que sa réalisation racontée soit ritualisée, cad
textuellement la même.
1964 - Les quatre concepts
- 59 - Freud, lorsqu'il saisit
la répétition dans le jeu de son petit-fils, dans le fort-da
réitéré, peut bien souligner que l'enfant tamponne l'effet de
la disparition de sa mère en s'en faisant l'agent - ce
phénomène est secondaire. - ce qui choit, ce n'est pas l'autre
en tant que figure où se projette le sujet, mais cette bobine
liée à lui-même par un fil qu'il retient - où s'exprime ce
qui, de lui, se détache dans cette épreuve, l'automutilation à
partir de quoi l'ordre de la signifiance va se mettre en
perspective. - Cette bobine, ce n'est pas la mère réduite à
une petite boule par je ne sais quel jeu digne des jivaros -
c'est un petit quelque chose du sujet qui se détache tout en
étant encore bien à lui, encore retenu. [objet "a"]
REPRESENTATION
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 55-58 - [chose] Sa
référence étymologique juridique ["causa"] nous
indique ce qui se présente pour nous comme l'enveloppe et la
désignation du concret. -[En allemand] La Sache est la chose
mise en question juridique, ou, dans notre vocabulaire, la
passage à l'ordre symbolique, d'un conflit entre les hommes. -
[Mais il y aussi Das Ding ] Freud parle de Sachvorstellungen et
non pas de Dingvorstellung . Aussi n'est-il pas vain que les
Sachvorstellungen soient liées aux Wortvorstellungen, nous
montrant par-là qu'il y a un rapport entre chose et mot. - La
Sache est bien la chose, produit de l'industrie ou de l'action
humaine en tant que gouvernées par le langage. - les choses
sont toujours à la surface, toujours à portée d'être
explicitées. Pour autant qu'elle est sous-jacente, implicite à
toute action humaine, l'activité dont les choses sont les fruits
est de l'ordre du préconscient - Das Ding se situe ailleurs. -
au niveau des Vorstellungen , la Chose, non pas n'est rien, mais
littéralement n'est pas - elle se distingue comme absente,
étrangère.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 75 - La Vorstellun est
prise dans Freud dans son caractère radical - il lui assigne
jusqu'à l'extrême le caractère auquel les philosophes
précisément n'ont pu se résoudre à la réduire, celui d'un
corps vide, d'un fantôme, d'un pâle incube de la relation au
monde, d'une jouissance exténuée qui en fait à travers
l'interrogation du philosophe le trait essentiel. Et en l'isolant
dans cette fonction, Freud l'arrache à la tradition. Et la
sphère, l'ordre, la gravitation des Vorstellungen, où les
place-t-il ? - entre perception et conscience, comme on dit entre
cuir et chair. C'est entre perception et conscience que s'insère
ce qui fonctionne au niveau du principe de plaisir. C'est-à-dire
quoi ? - les processus de pensée pour autant qu'ils règlent par
le principe du plaisir l'investissement des V,, et la structure
dans laquelle l'ics s'organise, la structure dans laquelle la
sous-jacence des mécanismes ics se flocule, ce qui fait le
grumeau de la représentation, à savoir quelque chose qui a la
même structure (...) que le signifiant. - ce qui fait de la
Vorstellung un élément associatif, combinatoire. - [c'est pour
cela que ces processus] ne seraient rien pour la conscience s'ils
ne pouvaient lui être apportés par l'intermédiaire d'un
discours [dans le préconscient]. - Les Wortvorstellungen
instaurent un discours qui s'articule sur les processus de la
pensée [vorstellungen, métaphore et métonymie] - 78 - la
réaction typique de l'organisme en tant que réglé par
l'appareil neuronique, c'est l'élidement. Les choses sont
vermeidet , élidées. Le niveau des Vorstellungsrepräsentanzen
est le lieu élu de la Verdrängung [refoulement]. Le niveau des
Wortvorstellungen est celui de la Verneinung [dénégation] . -
79 -Le Verneinen [est] la façon paradoxale par où se situe dans
le discours prononcé, énoncé, dans le discours du Bewustwerden
, ce qui est caché, verbergen , dans l'ics, la façon sous
laquelle s'avoue ce qui pour le sujet se trouve à la fois
présentifié et renié.
1960 - Ethique de la psychanalyse (leçons à la Faculté de
Saint-Louis) - [Freud] traite les éléments de l'association,
non comme des idées exigeant la genèse de leur épuration à
partir de l'expérience, mais comme des signifiants dont la
constitution implique d'abord (...) le principe de la permutation
: à savoir qu'une chose puisse être mise à la place d'une
autre par quelqu'un et par cela seulement la représente. Il
s'agit d'un tout autre sens du mot représentation qui celui des
peintures, (...) où le réel censé jouer avec nous d'on ne sait
quel strip-tease.
RESISTANCE
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 30 - [Selon Freud] La
résistance s'exerce dans le sens radial, quand on veut se
rapprocher des fils qui sont au centre du faisceau. ["masse
idéationnelle"] - Une force de répulsion positive s'exerce
à partir du noyau refoulé - on l'appréhende au cours de
l'expérience (...) dans le discours du sujet. - 44 - "Tout
ce qui détruit la continuation du travail est une
résistance" (Freud) -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 50 - "Toutes les
fois que l'on se rapproche d'un complexe pathogène, c'est
d'abord la partie complexe pouvant devenir transfert qui se
trouve poussée vers le conscient et que le patient s'obstine à
défendre avec la plus grande ténacité." (Freud) - [La
résistance est donc un phénomène lié au transfert ; elle n'a
pas d'existence autonome. Plus exactement] - 52 - Quand cette
résistance devient trop forte, surgit le transfert. [lequel est
identiquement un phénomène de résistance, donc].
1954 - Introduction et réponse au commentaire de Jean
Hyppolite... - 373 - c'est en tant que le sujet arrive à la
limite de ce que le moment permet à son discours d'effectuer de
la parole, que se produit (...) la résistance à la dialectique
analytique. Car ce moment et cette limite s'équilibrent dans
l'émergence, hors du discours du sujet, du trait qui peut le
plus particulièrement s'adresser à vous dans ce qu'il est en
train de dire. Et cette conjoncture est promue à la fonction de
ponctuation de sa parole. [D'où l'ineptie de "toute
analyse des résistances" si cette "résistance"
est constitutive de l'analyse (elle n'est pas à analyser)] - la
parole du sujet bascule vers la présence de l'auditeur. - [Comme
le remarque Freud : quand le sujet s'interrompt dans son
discours, vous pouvez être sûr qu'une pensée l'occupe qui se
rapporte à l'analyste. -
1954 - Réponse au commentaire de Jean Hyppolite... - 398 -
analyse des résistances qui consiste à s'attaquer au monde (aux
patterns ) du sujet pour le remodeler sur celui de l'analyste, au
nom de l'analyse des défenses.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 153 - Eh bien ,
la dégradation, voire l'oubli, du texte du rêve, importe si
peu, nous dit Freud, que n'en resterait-il qu'un seul élément,
un élément sur lequel on doute, un petit bout de bout, une
ombre d'ombre, nous pouvons continuer à lui accorder un sens.
C'est un message. Sa dégradation n'est pas due au hasard - une
censure est une intention - transmission d'un sens, une parole
articulée, ce qu'il appelle les pensées, Gedenken , du rêve. -
c'est le message comme discours interrompu, et qui insiste - ce
sont des phénomènes d'un tout autre ordre que le psychologique.
- 154 - Pour lui, l'important n'est pas qu'on rêve d'être un
papillon, mais ce que veut dire le rêve, ce qu'il veut dire à
quelqu'un. Quel est ce quelqu'un ? Toute la question est là. -
155 - Si le sujet doute, vous dites-vous, c'est qu'il s'agit de
résistance, mais ne parlons pas pour l'instant de résistance.
Le doute fait partie du message. - Nous classons tout ce qui
s'oppose à l'interprétation comme une résistance - c'est une
question de définition. - Avouez que cette généralisation du
thème de la résistance nous permet de penser qu'il ne l'inclut
pas dans un processus psychologique. La résistance ne prend sa
valeur que par rapport au travail. Elle n'est pas du tout
envisagée sous l'angle des propriétés psychiques du sujet. -
La censure ne se situe pas au même niveau que la résistance. -
156 - ce qui est censure a toujours rapport avec ce qui, dans le
discours, se rapporte à la loi en tant qu'incomprise. - 158 -Le
surmoi, c'est ça, pour autant que cela terrorise effectivement
le sujet, que ça construit en lui des symptômes efficaces (...)
qui se chargent de représenter ce point où la loi n'est pas
comprise du sujet, mais jouée par lui. - 159 - La censure n'est
ni au niveau du sujet, ni à celui de l'individu, mais au niveau
du discours, (...) univers complet (...) [mais] discordant, dans
toutes ses parties. - 160 - La censure est au même niveau que le
transfert. Il y a une résistance de censure comme il y a une
résistance de transfert - en tant qu'il s'opposent au travail
analytique. - 163 - La censure, une qualification spéciale de
cette résistance.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 266 - la
résistance, c'est l'état actuel d'une interprétation du sujet.
- un point idéal abstrait. - C'est vous qui appelez ça
résistance [effectivement : "ça résiste", ça ne va
pas tout seul]. Ça veut simplement dire qu'il ne peut pas
avancer plus vite, et vous n'avez rien à dire à ça. - 267 -
[il y a donc une contradiction à poser cette résistance comme
un point mort par rapport à une force, et ensuite demander sa
suppression ("liquider" comme on dit). - Il n'y a
qu'une seule résistance, c'est la résistance de l'analyste.
L'analyste résiste qund il ne comprend pas à quoi il a affaire. Il ne comprend
pas à quoi il a affaire quand il croit qu'interpréter, c'est montrer au sujet ce
qu'il désire, c'est tel objet sexuel. Il se trompe.
REVE
1954 - Introduction au commentaire de Jean Hyppolite... - 378 -
[Freud] seule l'intéresse l'élaboration du rêve en tant
qu'elle se poursuit dans le récit lui-même, cad que le rêve ne
vaut pour lui que comme vecteur de la parole. Si bien que tous
les phénomènes qu'il donne d'oubli, voire de doute, qui
viennent entraver le récit, sont à interpréter comme
signifiants dans cette parole - bout brisé de ce qui dans le
rêve constitue sa pointe transférentielle, autrement dit ce qui
dans ledit rêve s'adresse directement à l'analyste.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 150 - Ils n'ont
de commun qu'une grammaire [LE symptôme avec le rêve]. - [Pour
le reste] Ils sont aussi différents qu'un poème épique l'est
d'un ouvrage sur la thermo-dynamique. Le rêve permet de saisir
la fonction symbolique en jeu et c'est, à ce titre, capital pour
comprendre le symptôme. Mais un symptôme est toujours inséré
dans un état économique global du sujet, alors que le rêve est
un état localisé dans le temps -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 208 - La vision du
rêve apparaît à Freud comme le renversement de la fascination
du regard. C'est dans le regard de ces loups (...) que Freud voit
l'équivalent du regard fasciné de l'enfant devant la scène qui
l'a marqué profondément dans l'imaginaire - Il y a là comme
une révélation unique et décisive du sujet, où se concentre
je ne sais quoi d'indicible, où le sujet est pour un temps
perdu, éclaté - en ses divers moi . - 209 - [Comme dans le
rêve de l'injection d'Irma] nous nous trouvons devant une sorte
de vécu dernier, devant l'appréhension d'un réel ultime. - Et
pourtant le logos n'y perd pas ses droits, puisque c'est là que
commence la signification essentielle du rêve.
1964 - Les quatre concepts
- 45 - Freud s'adresse au sujet
pour lui dire : "Ici, dans le champ du rêve, tu es chez
toi. Wo es war, soll Ich werden. - [Il s'agit du sujet] le lieu
complet, total, du réseau des signifiants, cad le sujet, là où
c'était, depuis toujours, le rêve.
RIRE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 16/04/58 - [Par
ailleurs, c'est par la présence, en tant qu'elle est justement
au-delà de la simple satisfaction - par exemple la présence de
la mère après le biberon, ou bien hors de tout contexte
semblable -, cad] contient en lui [l'enfant] l'accord de son
désir, que le rire se produit et que la présence familière
(...) est là appelée, appréhendée [symbolique] - [Le rire
exprime] ce dont il s'agit quand la demande vient ici à bon
port, à savoir au-delà du masque, (...) non pas la satisfaction
mais le message de cette présence - à la façon dont le sujet
accuse qu'il a bien devant lui la source de tous les biens, ici
éclate assurément le rire - Le rire répond aussi bien
d'ailleurs à tous ces jeux maternels qui sont les premiers
exercices dans lesquels lui est apporté la modulation,
l'articulation comme telle. - [Le désir étant à proprement
parlé lié à un signifiant, dans l'occasion le signifiant de la
présence] l'identification est très exactement le corrélatif
de ce rire, car l'opposé du rire bien entendu n'est pas les
pleurs. Les pleurs expriment la colique, expriment le besoin, les
pleurs ne sont pas une communication, les pleurs sont une
expression. Mais le rire, pour autant que je suis forcé de
l'articuler pourquoi, est une communication - [le contraire du
rire c'est simplement] le contraire, on ne rit plus, on est
sérieux comme un pape ou comme un papa -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - rapport
très intense, très serré entre les phénomènes du rire et la
fonction chez l'homme de l'imaginaire, nommément le caractère
captivant de l'image - Si quelqu'un nous fait rire quand il tombe
simplement par terre, c'est [non pas à cause du "mécanique
plaqué sur du vivant", comme si le vivant n'était pas
mécanique] en fonction de l'image plus ou moins tendue, plus ou
moins pompeuse à laquelle même nous ne faisions pas tellement
attention auparavant [mais qu'il nous donnait de lui] - C'est
pour autant (...) que le personnage imaginaire continue sa
démarche plus ou moins apprêtée, dans notre imagination, alors
que ce qui le supporte de réel est là planté et répandu par
terre, c'est dans cette mesure que le rire éclate. C'est
toujours par quelque chose qui est une libération de l'image. -
[au double sens où] quelque chose est libéré de la contrainte
de l'image, et que l'image aussi va se promener toute seule. -
c'est bien pour cela aussi que le comique va entrer quelque part
en connexion avec le risible -