Sacrifice
- Sadisme - Satisfaction
- Savoir - Science -
Sens - Séparation -
Sevrage - Sexualité -
Signifiant -
Signification - Signifié -
Société - Stade - Stade
du miroir - Structure -
Sublimation - Suicide - Sujet
- Sujet supposé savoir -
Surmoi - Symbole -
Symbolique - Symptôme
SACRIFICE
1962/63 - L'angoisse -
05/06/63 - le sacrifice est destiné, non pas du tout à
l'offrande ni au don qui se propage dans une bien autre
dimension, mais à la capture de l'autre comme tel dans le
réseau du désir. - Toute la question était de savoir si ces
dieux désiraient quelque chose. Le sacrifice ça consistait à
faire comme s'ils désiraient comme nous et s'ils désirent comme
nous, (a) a la même structure. - Apprivoiser les dieux dans le
piège du désir est essentiel à ne pas éveiller l'angoisse.
1964 - Les quatre concepts
- 247 - il y en a peu assurément pour ne pas succomber à la
fascination [fascisation, ici, littéralement] du sacrifice en
lui-même - le sacrifice signifie que, dans l'objet de nos
désirs, nous essayons de trouver le témoignage de la présence
du désir de cet Autre que j'appelle ici le Dieu obscur. - [la
loi morale] n'est rien d'autre que le désir à l'état pur,
celui-là même qui aboutit au sacrifice, à proprement parler,
de tout ce qui est l'objet de l'amour dans sa tendresse humaine -
je dis bien, non seulement au rejet de l'objet pathologique, mais
bien à son sacrifice et à son meurtre. C'est pourquoi j'ai
écrit Kant avec Sade.
SADISME
1953/54 - Les écrits techniques de Freud -
239 - Il n'y a pas une seule forme de manifestation perverse dont
la structure même (...) ne se soutienne de la relation
intersubjective [exit la notion de frustration]. - 240 - Une
chose est certaine - la relation sadique ne se soutient que pour
autant que l'autre est juste à la limite où il reste encore un
sujet. S'il n'est plus rien qu'une chair qui réagit, forme de
mollusque dont on titille les bords et qui palpite, il n'y a plus
de relation sadique. - Vous savez combien la plus grande part de
la somme clinique que nous connaissons comme perversions reste
sur le plan d'une exécution seulement ludique. Nous n'avons pas
ici affaire à des sujets soumis à un besoin. - 242 - il nous
faut partir d'une intersubjectivité radicale - C'est
rétrospectivement (...) à partir de l'expérience adulte que
nous devons aborder les expériences originelles supposées
[pré-génitales par exemple], en étageant les dégradations -
243 - [Ex.] Ce n'est pas seulement que je vois l'autre, je le
vois me voir, ce qui implique le troisième terme, à savoir
qu'il sait que je le vois. - La perversion est en somme
l'exploration privilégiée d'une possibilité existentielle [cf.
Sartre et sa description du regard] de la nature humaine - son
déchirement interne, sa béance, par où a pu entrer le monde
supra-naturel du symbolique.
1958/59 - Le désir et son interprétation - 07/01/92 - C'est à
l'instrument qu'il est ici, en fin de compte, identique - C'est
qu'en somme c'est sous ce signifiant [phallique, bien sûr] (...)
que le sujet vient à s'abolir en tant qu'il se saisit en cette
occasion dans son être essentiel.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 235 - [Freud nous
avertit] qu'il n'y a pas de commune mesure entre la satisfaction
que donne une jouissance à son état premier et celle qu'elle
donne dans les formes détournées, voire sublimées, dans
lesquelles l'engage la civilisation. - 237 - Quand on avance dans
la direction de ce vide central [de cette jouissance première]
(...) le corps du prochain se morcelle. Doctrinant la loi de la
jouissance comme pouvant fonder je ne sais quel système de
société idéalement utopique, Sade s'exprime ainsi (...) :
Prêtez-moi la partie de votre corps qui peut me satisfaire, et
jouissez, si cela vous plaît, de celle du mien qui peut veux
être agréable. - 238 - dans l'énoncé de cette loi
fondamentale [on trouve ] (...) la première manifestation
articulée de ce à quoi nous nous sommes, comme psy, arrêtés
sous le nom d'objet partiel.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 237 - Le second terme
que Sade nous enseigne, c'est de ce qui apparaît dans le
fantasme comme le caractère indestructible de l'Autre, pour
autant qu'il surgit dans la figure de sa victime. - la victime
survit à tous les mauvais traitements, elle ne se dégrade même
pas dans son caractère d'attrait voluptueux - elle a toujours
les yeux les plus jolis du monde, l'air le plus pathétique et le
plus touchant. - Il semble que tout ce qui arrive au sujet soit
incapable d'altérer l'image dont il s'agit, même à l'usure.
Mais Sade (...) va plus loin puisque nous voyons chez lui se
profiler à l'horizon l'idée d'un supplice éternel. - N'est-ce
pas dire qu'il met dans le fantasme le contenu de ce plus proche
de lui-même que nous appelons le prochain, ou encore le
metipsemus [étymologie de "même", redondance donc que
ce moi-même dans "aimer l'autre comme moi-même".
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 302 - [la limite de la
seconde mort] Je vous l'ai déjà produite dans Sade, comme celle
qui voudrait traquer la nature dans le principe même de sa
puissance formatrice, réglant les alternances de la corruption
et de la génération. - une transgression est possible, qu'il
appelle le crime. - 303 - par le crime, il est au pouvoir de
l'homme de délivrer la nature des chaînes de ses propres lois -
Ce n'est pas pour rien que le crime est pour nous un horizon de
notre exploration du désir, et que ce soit à partir d'un crime
originel que Freud ait dû tenter de reconstruire la généalogie
de la loi. - Dans le scénario sadique typique, la souffrance ne
mène pas la victime à ce point qui la disperse, et qui
l'anéantit. Il semble au contraire que l'objet des tourments
doive conserver la possibilité d'être un support
indestructible. - Et c'est en cela que gît la conjonction entre
les jeux de la douleur et les phénomènes de la beauté - Je
vous le montrerai dans le texte de Sade si manifeste que l'on
finit par ne plus le voir. Les victimes sont toujours parées,
non seulement de toutes les beautés, mais de la grâce
[éternelle] même, qui en est la fleur dernière. - 304 - Les
formes qui sont à l'uvre dans la connaissance, nous dit
Kant, sont intéressées dans le phénomène du beau, mais sans
que l'objet soit concerné. Ne saisissez-vous pas l'analogie avec
le fantasme sadique ? - où l'objet n'est là que comme pouvoir
d'une souffrance, qui n'est elle-même que le signifiant d'une
limite. La souffrance est là conçue comme une stase qui affirme
que ce qui est [existence] ne peut pas rentrer dans le néant
d'où il est sorti. C'est bien ici la limite que le christianisme
a érigée à la place de tous les autres dieux, sous la forme de
cette image exemplaire tirant à elle secrètement tous les fils
de notre désir - l'image de la crucifixion.
1962/63 - L'angoisse - 16/01/63 - le désir sadique (...) n'est articulable (...) que pour cette schize, cette dissociation,
qu'il vise essentiellement à introduire chez l'autre, (...)
cette division, cette béance qu'il y a de son existence de sujet
à ceci qu'il subit, qu'il peut pâtir dans son corps. - ce n'est
pas tellement la souffrance de l'autre qui est recherchée dans
l'intention sadique, que son angoisse - [dans le masochisme,
même si c'est bien elle qui est visée, on a une occultation de
l'angoisse au profit de la jouissance affichée de l'autre] -
06/03/63 - [il] fait de l'angoisse de la victime une condition
tout à fait exigée. - quelque chose ["la peau du con"
chez Sade] est cherché qui est en sorte l'envers du sujet -
1963 - Kant avec Sade - 778 - le sadisme rejette dans l'Autre la
douleur d'exister, mais sans qu'il voie que par ce biais
lui-même se mue en un "objet éternel" -
SATISFACTION
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 235 - Le petit
d'homme est, comme le petit animal pendant un certain temps, coapté à ce compagnonnage maternel qui sature quelque besoin
primitif - Mais il l'est beaucoup plus qu'un autre, en raison de
l'arriération de son développement. - S'il y a ainsi harmonie
préétablie, fermeture de la première relation d'objet de
l'être humain, tendance à une satisfaction parfaite, en toute
rigueur il doit en être strictement de même de l'autre côté,
du côté de la mère. - à savoir que quand on n'a plus rien à
donner, eh bien on prend - lorsqu'il n'y a plus rien à se mettre
sous la dent ["derrière la cravate"], on mange son
petit. - 236 - En résumé [pour Balint], la relation mère
enfant est là présentée comme le point de départ d'une
complémentarité du désir. [Heureusement toute cette théorie
(cf. Balint) est fausse!]
1956/57 - La relation d'objet - (5) l'objet de la frustration
c'est moins l'objet que le don. - (10) - Chaque fois qu'il y a
frustration d'amour, la frustration se compense par la
satisfaction du besoin ; c'est pour autant que la mère manque à
l'enfant qui l'appelle, qui s'accroche, qui s'accroche à son
sein et qui en fait quelque chose de plus significatif que tout -
Dés lors la valeur prévalente que prend l'objet (...) est
précisément fondée sur ceci : qu'un objet réel prend sa
fonction en tant que partie de l'objet d'amour, il prend sa
signification en tant que symbolique, il devient comme objet
réel une partie de l'objet symbolique - L'enfant donc dans la
satisfaction, écrase l'inassouvissement fondamental de cette
relation [d'amour], dans la saisie orale avec laquelle il endort
le jeu [absence/présence] - c'est précisément parce qu'elle
est entrée dans cette dialectique de substitution de la
satisfaction ou exigence d'amour, qu'elle est bien une activité
érotisée [cad qu'entre-temps, le besoin est devenu pulsion] - le
terme de régression est applicable à ce qui se passe quand
l'objet réel, et du même coup l'activité qui est faite pour le
saisir, vient se substituer à l'exigence symbolique -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - le
problème essentiel, c'est de savoir comment l'enfant sort de la
satisfaction, et non pas de la frustration, pour se construire un
monde. - un monde s'articule pour le sujet humain, qui comporte
un au-delà de la demande, quand la demande est satisfaite, et
non quand elle est frustrée, c'est cela qu'il [Winnicott] appelle
les objets transitionnels -
1964 - Les quatre concepts
- 151 - [La satisfaction de la
pulsion est-ce le but ?] Il y a une chose qui y objecte tout de
suite - Freud nous dit que la sublimation est aussi satisfaction
de la pulsion [sans refoulement], alors qu'elle est inhibée
quant à son but - la fonction de la pulsion n'a pour nous
d'autre porté que de mettre en question ce qu'il en est de la
satisfaction. Il est clair que ceux à qui nous avons affaire,
les patients, ne se satisfont pas, comme on dit, de ce qu'ils
sont. Et pourtant nous savons que tout ce qu'ils sont, tout ce
qu'ils vivent, leurs symptômes mêmes, relève de la
satisfaction. Ils satisfont quelque chose qui va sans doute à
l'encontre de ce dont ils pourraient se satisfaire, ou peut-être
mieux, ils satisfont à quelque chose. - 152 - Dans l'ensemble
(...) ce à quoi ils satisfont par les voies du déplaisir, c'est
quand même (...) la loi du plaisir. Disons que, pour cette sorte
de satisfaction, ils se donnent trop de mal. - Ce que nous avons
devant nous en analyse, c'est un système où tout s'arrange, et
qui atteint sa propre sorte de satisfaction. Si nous nous en
mêlons, c'est dans la mesure où nous pensons qu'il y a d'autres
voies, plus courtes par exemple.
1964 - Les quatre concepts
- 152 - Le chemin du sujet [dans
la satisfaction] (...) passe entre deux murailles de
l'impossible. - l'impossible n'est pas forcément [négatif] le
contraire du possible, ou bien alors, puisque l'opposé du
possible, c'est assurément le réel, nous serons amenés à
définir le réel comme l'impossible. - dans Freud, c'est sous
cette forme qu'apparaît le réel, à savoir l'obstacle au
principe du plaisir. Le réel, c'est le heurt, c'est le fait que
ça ne s'arrange pas tout de suite, comme le veut la main qui se
tend vers les objets extérieurs. - [il apparaît] par sa
désexualisation - Mais l'impossible est présent aussi dans
l'autre champ - 153 - L'idée que la fonction du principe du
plaisir est de se satisfaire par l'hallucination, est là pour
l'illustrer - La pulsion saisissant son objet apprend en quelque
sorte que ce n'est justement pas par là qu'elle est satisfaite.
[Car si on distingue au départ la pulsion du besoin] c'est
justement parce qu'aucun objet d'aucun Not, besoin, ne peut
satisfaire la pulsion.
SAVOIR
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 26 - Le but et le
paradoxe du Ménon est de nous montrer que l'épistémè [est] le
savoir lié par une cohérence formelle. - 27 - une certaine
cohérence du discours. - 28 - [qui suppose l'intervention de la
parole:] nous touchons là du doigt le clivage du plan de
l'imaginaire, ou de l'intuitif - où fonctionne en effet la
réminiscence, cad le type, la forme éternelle, ce qu'on peut
appeler aussi les intuitions a priori - et de la fonction
symbolique qui n'y est absolument pas homogène, et dont
l'introduction dans la réalité constitue un forçage. - 29 -
C'est justement dans la confusion des deux plans que gît
l'erreur, l'erreur de croire que ce que la science constitue par
l'intervention de la fonction symbolique était là depuis
toujours, que c'est donné. / Cette erreur existe dans tout
savoir, pour autant qu'il n'est qu'une cristallisation de
l'activité symbolique, et qu'une fois constitué, il l'oublie.
Il y a dans tout savoir une fois constitué une dimension
d'erreur, qui est d'oublier la fonction créatrice de la vérité
sous sa forme naissante. - Mais nous autres analystes, nous ne
pouvons l'oublier, qui travaillons dans la dimension de cette
vérité à l'état naissant. - 31 - un type comme Socrate sera
mis out parce qu'il est un peu trop sorti de la société des
gentlemen . A force d'épistémè , il loupe l'orthodoxa [le
savoir constitué, la "bonne croyance" ou opinion vraie
1955 - Variantes de la cure-type - 349 - Ce que le psychanalyste
doit savoir : ignorer ce qu'il sait. - 358 - reconnaître en son
savoir le symptôme de son ignorance - [cad savoir=] censure de
la vérité - Le fruit positif de la révélation de l'ignorance
est le non-savoir, qui n'est pas une négation du savoir, mais sa
forme la plus élaborée.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 797 - la
vérité est en résorption constante dans ce qu'elle a de
perturbant, n'étant en elle-même que ce qui manque à la
réalisation du savoir. - 798 - La vérité n'est rien d'autre
que ce dont le savoir ne peut apprendre qu'il le sait qu'à faire
agir son ignorance.
1961/62 - L'identification - [gardons nous] d'attribuer ce
supposé savoir à qui que ce soit, ni à supposer aucun sujet au
savoir. Le savoir est intersubjectif, ce qui ne veut pas dire
qu'il est le savoir de tous, ni qu'il est le savoir de l'Autre -
avec un grand A -, et l'Autre nous l'avons posé. Il est
essentiel de la maintenir comme tel : L'AUTRE n'est pas un sujet,
c'est un lieu auquel on s'efforce, dit Aristote, de transférer
le savoir du sujet. - mais cela ne veut absolument pas dire que
le sujet en sache un pépin de plus sur ce de quoi il retourne.
Il n'a, si je puis dire, d'émoi qu'en fonction d'une supposition
indue, à savoir que l'Autre sache, qu'il y ait un savoir absolu,
mais l'Autre en sait encore moins que lui, pour la bonne raison
justement qu'il n'est pas un sujet. L'Autre est le dépotoir des
représentants représentatifs de cette supposition de savoir, et
c'est ceci que nous appelons l'inconscient pour autant que le
sujet s'est perdu lui-même dans cette supposition de savoir.
SCIENCE
1932 - Thèse - 311 - [nécessité d'aborder] la psychose prise
dans sa totalité - 313 - Le point de vue du social [nous offre]
une double prise scientifique : dans les armatures mentales de
compréhension qu'il engendre en fait, il offre une armature
conceptuelle communicable ; dans les interactions phénoménales
qu'il présente, il offre des faits qui ont tous les propriétés
du quantifiable - 314 - [à la recherche d'un] déterminisme, qui
soit spécifique de ces phénomènes - Ce déterminisme, nous
l'avons appelé psychogénique . Cette hypothèse mérite le nom
de postulat - en tout point homologue des postulats qui fondent
en droit toute science - [p.315 : à cette science positive,
Lacan ajoute la possibilité d'une science gnoséologique, qui
serait la "phénoménologie de la personnalité"]
1936 - Au-delà du principe de réalité - 79 - Nous ne jouons
pas au paradoxe de dénier que la science n'ait pas à connaître
de la vérité. Mais n'oublions pas que la vérité est une
valeur qui répond à l'incertitude dont l'expérience vécue de
l'homme est phénoménologiquement marquée - la vérité dans sa
valeur spécifique reste étrangère à l'ordre de la science. -
peut-on dire que le savant se demande si l'arc-en-ciel, par
exemple, est vrai ? seulement lui importe que ce phénomène soit
communicable en quelque langage (condition de l'ordre mental ),
enregistrable sous quelque forme (condition de l'ordre
expérimental ) et qu'il parvienne à l'insérer dans la chaîne
des identifications symboliques où sa science unifie le divers
de son objet propre (condition de l'ordre rationnel ).
1936 - Au-delà du principe de réalité - 75 - Cette théorie
[l'associationnisme] est fondée sur deux concepts : l'un
mécaniste, celui de l'engramme , l'autre tenu fallacieusement
pour donné dans l'expérience, celui de la liaison associative
du phénomène mental. Le premier est une formule de recherche
(...) pour désigner l'élément psycho-physique - [le second]
est fondé sur l'expérience des réactions du vivant (...)
particulièrement celui qui suppose donnée la forme mentale de
la similitude - Ainsi est introduit dans le concept explicatif le
donné même du phénomène qu'on entend expliquer [pétition de
principe]. - 76 - On dénoncera le vice théorique de
l'associationnisme, si l'on reconnaît dans sa structure la
position du problème de la connaissance sous le point de vue
philosophique. - [à savoir, depuis Locke] l'ambiguïté d'une
critique qui (
) réduit l'action du réel au point de
contact de la mythique sensation pure , cad à n'être que le
point aveugle de la connaissance, puisque rien n'y est reconnu -
78 - [conséquence] l'image, selon l'esprit du système, étant
considérée comme une sensation affaiblie dans la mesure où
elle témoigne moins sûrement de la réalité, est tenue pour
l'écho et l'ombre de la sensation, de là, identifiée à sa
trace, à l'engramme. - [a fortiori l'hallucination est-elle
tenue pour l'erreur suprême des sens] - Ainsi aux phénomènes
psychiques n'est reconnue aucune réalité propre : ceux qui
n'appartiennent pas à la réalité vraie n'ont de réalité
qu'illusoire [sentiments, rêves, délires, etc.]. Cette
réalité vraie est constituée par le système des références
qui vaut pour la science déjà établie - [or] C'est en tant
qu'elle est [justement] fonction de cette vérité que cette
psychologie n'est pas une science. - 80 - C'est un point de vue
semblable en effet qui impose au médecin cet étonnant mépris
de la réalité psychique - Mais c'est parce que c'est chez le
médecine, c'est-à-dire chez le praticien par excellence, que ce
point de vue apparaît de la façon la plus flagrante comme une
négation systématique, c'est aussi d'un médecin que devait
venir la négation du point de vue lui-même. Non pojt la
négation purement critique qui vers la même époque fleurit en
spéculation sur les "données immédiates de la
conscience", mais une négation efficace en ce qu'elle
s'affirmait en une positivité nouvelle. Freud fit ce pas fécond
: sous doute parce qu'(...) il y fut déterminé par son souci de
guérir -
1953 - Fonction et champ de la parole
- 164 - La psy a
joué un rôle dans la direction de la subjectivité moderne et
elle ne saurait le soutenir sans l'ordonner au mouvement qui dans
la science l'élucide. C'est là le problème des fondements qui
doivent assurer à notre discipline sa place dans les sciences :
problème de formalisation, à la vérité fort mal engagé. - Ce
nouvel ordre ne signifie rien d'autre qu'un retour à une notion
de la science véritable qui a déjà ses titres inscrits dans
une tradition qui part du Théétète . Cette notion s'est
dégradée, on le sait, dans le renversement positiviste qui, en
plaçant les sciences de l'homme au couronnement de l'édifice
des sciences expérimentales, les y subornne en réalité. Cette
notion provient d'une vue erronée de l'histoire de la science,
fondée sur le prestige d'un développement spécialisé de
l'expérience. - 165 -La forme de mathématisation où s'inscrit
la découverte du phonème comme fonction des couples
d'opposition formée par les plus petits éléments
discriminatifs saisissables de la sémantique, nous mène aux
fondements mêmes où la dernière doctrine de Freud désigne,
dans une connotation vocalique de la présence et de l'absence,
les sources subjectives de la fonction symbolique. - Dès lors il
est impossible de ne pas axer sur une théorie générale du
symbole une nouvelle classification de sciences où les sciences
de l'homme reprennent leur place centrale en tant que sciences de
la subjectivité. - 166 - Ici n'apparaît plus recevable
l'opposition qu'on tracerait des sciences exactes à celles pour
lesquelles il n'y a pas lieu de décliner l'appellation de
conjecturales : faute de fondement pour cette opposition. Car
l'exactitude se distingue de la vérité, et la conjecture
n'exclut pas la rigueur. Et si la science expérimentale tient
des mathématiques son exactitude, son rapport à la nature n'en
reste pas moins problématique. - 167 - Car la science
expérimentale n'est pas tant définie par la quantité à quoi
elle s'applique en effet, que par la mesure qu'elle introduit
dans le réel. Comme il se voit pour la mesure du temps sans
laquelle elle serait impossible. - Mais la MATHÉMATIQUE peut
symboliser un autre temps, notamment le temps intersubjectif qui
structure l'action humaine, dont la théorie des jeux, dite
encore stratégie (...) commence à nous livrer les formules. -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud
- 342 - c'est
quelque chose qu'on retrouve à la même place, qu'on n'ait pas
été là ou qu'on y ait été. - Les sciences exactes ont
assurément le plus grand rapport avec cette fonction du réel. -
les sciences exactes ne font pas autre chose que de lier le réel
à une syntaxe. -
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 26 - Le but et le
paradoxe du Ménon est de nous montrer que l'épistémè [est] le
savoir lié par une cohérence formelle. - 27 - une certaine
cohérence du discours. - 28 - [qui suppose l'intervention de la
parole:] nous touchons là du doigt le clivage du plan de
l'imaginaire, ou de l'intuitif - où fonctionne en effet la
réminiscence, cad le type, la forme éternelle, ce qu'on peut
appeler aussi les intuitions a priori - et de la fonction
symbolique qui n'y est absolument pas homogène, et dont
l'introduction dans la réalité constitue un forçage. - 29 -
C'est justement dans la confusion des deux plans que gît
l'erreur, l'erreur de croire que ce que la science constitue par
l'intervention de la fonction symbolique était là depuis
toujours, que c'est donné. / Cette erreur existe dans tout
savoir, pour autant qu'il n'est qu'une cristallisation de
l'activité symbolique, et qu'une fois constitué, il l'oublie.
Il y a dans tout savoir une fois constitué une dimension
d'erreur, qui est d'oublier la fonction créatrice de la vérité
sous sa forme naissante. - Mais nous autres analystes, nous ne
pouvons l'oublier, qui travaillons dans la dimension de cette
vérité à l'état naissant. - 31 - un type comme Socrate sera
mis out parce qu'il est un peu trop sorti de la société des
gentlemen . A force d'épistémè , il loupe l'orthodoxa [le
savoir constitué, la "bonne croyance" ou opinion
vraie]
1955/56 - Les psychoses - 77 - La notion que le réel, si
délicat qu'il soit à pénétrer, ne peut pas jouer au vilain
avec nous, ne nous mettra pas dedans exprès, est, encore que
personne ne s'y arrête absolument, essentiel à la constitution
du monde de la science. -
1955 - Variantes de la cure-type - 361 - C'est que l'analyse, de
progresser essentiellement dans le non-savoir, se rattache, dans
l'histoire de la science, à son état d'avant sa définition
aristotélicienne et qui s'appelle la dialectique.
1956 - Situation de la psychanalyse et formation du psychanalyste
en 1956 - 472 - [la psy comme science conjecturale] car la
conjecture n'est pas l'improbable : la stratégie peut l'ordonner
en certitude. De même le subjectif n'est-il pas la valeur de
sentiment avec quoi on le confond : les lois de
l'intersubjectivité sont mathématiques.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 157 - Quant à
l'incroyance [par ex. le discours de la science] (...) la Chose
est rejetée au sens propre de la Verwerfung . - De même que
dans l'ART il y a une Verdrangung , un refoulement de la Chose -
que dans la religion il y a peut-être une Verschiebung - c'est
à proprement parler de la Verwerfung qu'il s'agit dans le
discours de la science. Le discours de la science rejette
[forclusion] la présence de la Chose, pour autant que, dans sa
perspective, se profile l'idéal du savoir absolu, cad de quelque
chose qui pose tout de même la Chose tout en n'en faisant pas
état. - Le discours de la science est déterminé par cette
Verwerfung , et c'est probablement pourquoi - ce qui est rejeté
du symbolique reparaissant, selon ma formule, dans le réel - il
se trouve déboucher sur une perspective où c'est bien quelque
chose d'aussi énigmatique que la Chose qui se profile, au terme
de la physique [le nucléaire ?].
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 276 - Pour nous, dans
le discours de la communauté, du bien en général, nous avons
affaire aux effets d'un discours de la science où se montre pour
la première fois dévoilée la puissance du signifiant comme
tel. - une aliénation supplémentaire. - 277 - En quoi ? En ceci
que c'est un discours qui, par structure, n'oublie rien.
[mathématiques] C'est en cela qu'il se différencie du discours
de la mémorisation première qui se poursuit en nous à notre
insu, du discours mémorial de l'ics dont le centre est absent,
dont la place est située par le il ne savait pas qui est
proprement le signe de cette omission fondamentale où le sujet
vient se situer.
1961/62 - L'identification - 27/06/62 - cet objet de la
castration ["a"], c'est l'objet même par quoi nous
nous situons dans le champ de la science, je veux dire que c'est
l'objet de notre science comme le nombre ou la grandeur peuvent
être l'objet de la mathématique
1962/63 - L'angoisse - 29/11/61 - le propre de notre science - je
dis de la science qui existe depuis deux siècles parmi nous -
laisse ouverte la question que j'ai appelée tout à l'heure le cosmisme [cosmos] de l'objet. -
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 14 -
la pureté de l'âme [de l'alchimiste] de l'opérateur (...)
était un élément essentiel en l'affaire. - c'est peut-être
ça que cherche notre psychanalyse didactique [en tout cas il en
va du désir de l'analyste et plus largement du désir de l'homme
de science. S'il faut un certain objet à la science (cf.), sans
lui faut-il reconnaître un certain sujet.]
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 13 -
Ce qui spécifie une science, c'est d'avoir un objet. On peut
soutenir qu'une science est spécifiée par un objet défini, au
moins, par un certain niveau d'opération, reproductible, qu'on
appelle expérience. Mais nous devons être très prudent, parce
que cet objet change, et singulièrement, au cours de
l'évolution d'une science. - Je ne retiens pas l'exigence de
Duhem que toute science se réfère à un système unitaire, dit
système du Monde - référence en somme plus ou moins
idéaliste, puisque référence au besoin d'identification.
J'irais même jusqu'à dire que nous pouvons nous passer du
complément transcendant implicite dans la position du
positiviste, lequel se réfère toujours à une unité de tous
les champs. - 238 - C'est pour autant que la science élide,
élude, sectionne, un champ déterminé dans la dialectique de
l'aliénation du sujet, c'est pour autant que la science se situe
au point précis que je vous ai défini comme celui de la
séparation, qu'elle peut soutenir aussi le mode d'existence du
savant, de l'homme de science. - Ce corps de la science, nous
n'en concevrons la pensée qu'à reconnaître qu'il est, dans la
relation subjective, l'équivalent de ce que j'ai appelé ici
l'objet petit "a". - 239 - l'analyse n'est pas une
religion. Elle procède du même statut que La science [au sens
moderne]. Elle s'engage dans le manque central où le sujet
s'expérimente comme désir.
1964 - Les quatre concepts
- 210 - [La démarche
cartésienne] Elle est au principe de quelque chose qui n'est pas
la science au sens où, depuis Platon et avant, elle a fait
l'objet de la méditation des philosophes - mais La science -
l'accent étant mis sur ce La et non sur le mot science? La
science, celle dans laquelle nous sommes pris, qui forme le
contexte de notre action à tous dans le temps que nous vivons
[actuel], et à laquelle ne peut pas échapper le psychanalyste
lui-même, parce qu'elle fait, à lui aussi, partie de ses
conditions, c'est La science, celle-là. [psychanalyse]
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 12 -
le terme de recherche, je m'en méfie. Pour moi, je ne me suis
jamais considéré comme un chercheur. Comme l'a dit un jour
Picasso (...) - Je ne cherche pas, je trouve. - Aussi bien, y
a-t-il sans doute quelque affinité entre la recherche qui
cherche et le registre religieux. Il s'y dit couramment - Tu ne
me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. Le déjà
trouvé est toujours derrière, mais frappé par quelque chose de
l'ordre de l'oubli. N'est-ce pas ainsi une recherche
complaisante, indéfinie, qui s'ouvre alors ? - [Dans les
sciences humaines] on y voit surgir, sous les pas de quiconque
trouve, ce que j'appelerai la revendication herméneutique, qui
est justement celle qui cherche - qui cherche la signification
toujours neuve et jamais épuisée, mais menacée d'être coupée
en herbe par celui qui trouve.
SENS
1932 - Thèse - 247 - tout phénomène de conscience en effet a
un sens [un sens "psychogénique : cf.
"Personnalité"] - 248 - Mais, pour illusoire [désir]
qu'il soit, ce sens, non plus qu'aucun phénomène, n'est sans
loi. C'est le mérite de la psychanalyse, de nous avoir appris à
connaître ces lois [par exemple du rêve] -
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 508 - L'amour
est un caillou riant dans le soleil. - On voit que la métaphore
se place au point précis où le sens se produit dans le
non-sens, cas à ce passage dont Freud a découvert que, franchi
à rebours [= par la lecture du symptôme], il donne lieu [au mot
d'esprit] (...), et où se touche que c'est sa destinée même
que L'HOMME met au défi par la dérision du signifiant. /
[Inversement] que trouve l'homme dans la METONYMIE, si ce doit
être plus que le pouvoir de tourner les obstacles de la censure
sociale ? Cette forme qui donne son champ à la vérité dans son
oppression, ne manifeste-t-elle pas quelque servitude inhérente
à sa présentation?
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/12/57 - ce n'est
pas à dire que ce soit le non-sens [mais plutôt à cause d'une
perte de sens liée à l'assomption de la valeur, disons plutôt]
(...) le peu de sens. - à la fois réussite, échec, mais forme
nécessaire de toute formulation de la demande, et qui [parce
qu'il] vient interroger l'autre à propos de ce peu de sens - [Le
trait d'esprit comme "demande de sens" à l'autre? -
Autre.] Nous éprouvons le besoin de le proposer à l'autre - Le
trait d'esprit ne s'achève qu'au-delà de ceci, cas pour autant
que l'autre accuse le coup, répond au trait d'esprit,
l'authentifie comme trait d'esprit, cad perçoit ce que dans ce
véhicule comme tel de la question sur le peu de sens, ce qu'il y
a de demande de sens, cad d'évocation d'un sens au-delà - [dans
le schéma] l'autre répond à cela (...) sur le circuit
supérieur, celui qui va de A au message [mais en passant
"par le haut"] - Je vous propose la formule de
pas-de-sens - comme dit le pas-de-vis, le pas-de-quatre, (...) le
Pas-de-Calais. - 11/12/57 - [Le sens, le pas-de-sens] ce qu'il a
de toujours métaphorique, d'allusif (...), ce en quoi le besoin
à partir du moment où il est passsé par la dialectique de la
demande introduite par l'existence du signifiant, ce beosin n'est
en quelque sorte jamais rejoint. C'est par une série de pas
semblables à ceux par lesquels Achille ne rejoint jamais la
tortue, que tout ce qui est du langage procède et tend à
recréer ce sens plein, ce sens ailleurs, ce sens pourtant jamais
atteint. - [Par ailleurs il représente bien quand même une
sorte de "décharge", une libération:] ce pas-de-sens
dans l'occasion est dans le sens d'une réduction de la valeur
[signification, ici], d'une désexorcisation de quelque chose de
fascinant [d'inhibant ; cf. l'histoire de Queneau avec le cheval]
- d'habitude le trait d'esprit est là ambiant dans tout ce que
je suis en train de raconter dès lors que je parle, et je parle
forcément dans le double registre de la métonymie et de la
métaphore. Ce peu-de-sens [métonymie?] et ce pas-de-sens
[métaphore?] sont tout le temps en train de s'entrecroiser -
SEPARATION
1964 - Les quatre concepts
- 194 - [La séparation, c'est
le second moment après l'aliénation. Celui-ci est fondé sur la
structure de l'intersection.] elle surgit du recouvrement de deux
manques. Un manque est, par le sujet, rencontré dans l'Autre,
dans l'intimation même que lui fait l'Autre par son discours.
Dans les intervalles du discours de l'Autre, surgit [la question]
(...) : il me dit ça, mais qu'est-ce qu'il veut ? - Dans cet
intervalle coupant des signifiants (...) est le gîte de (...) la
métonymie. C'est là que rampe, c'est là que glisse, c'est là
que fuit, tel le furet, ce que nous appelons le désir. Le désir
de l'Autre est appréhendé par le sujet dans ce qui ne colle
pas, dans les manques du discours de l'Autre, et tous les
pourquoi ? de l'enfant témoignent moins d'une avidité de la
raison des choses, qu'ils ne constituent une mise à l'épreuve
de l'adulte, un pourquoi est-ce que tu me dis ça ? toujours
re-suscité de son fonds, qui est l'énigme du désir de
l'adulte. Or, à répondre à cette prise, le sujet, tel
Gribouille, apporte la réponse du manque antécédent, de sa
propre disparition, qu'il vient ici situer au point du manque
aperçu dans l'Autre. Le premier objet qu'il propose à ce désir
parental dont l'objet est inconnu, c'est sa propre perte -
Veut-il me perdre ? - 195 - Le fantasme de sa mort, de sa disparition, est le premier objet que le sujet a à mettre en jeu
dans cette dialectique, et il le met en effet - (...) ne
serait-ce que par l'anorexie mentale. - Un manque recouvre
l'autre. Dès lors la dialectique des objets du désir, en tant
qu'elle fait le joint du désir du sujet au désir de l'Autre
(...) par par ceci, qu'il n'y est pas répondu directement. C'est
un manque engendré du temps précédent qui sert à répondre au
manque suscité par le temps suivant. - la non-réciprocité et
la torsion dans le retour
1964 - Les quatre concepts
- 238 - C'est pour autant que la
science élide, élude, sectionne, un champ déterminé dans la
dialectique de l'aliénation du sujet, c'est pour autant que la
science se situe au point précis que je vous ai défini comme
celui de la séparation, qu'elle peut soutenir aussi le mode
d'existence du savant, de l'homme de science. - Ce corps de la
science, nous n'en concevrons la pensée qu'à reconnaître qu'il
est, dans la relation subjective, l'équivalent de ce que j'ai
appelé ici l'objet petit "a". - 239 - l'analyse n'est
pas une religion. Elle procède du même statut que La science
[au sens moderne]. Elle s'engage dans le manque central où le
sujet s'expérimente comme désir.
1964 - Position de l'inconscient - 840-844 - Venons à la seconde
opération, où se ferme la causation du sujet, pour y éprouver
la structure du bord dans sa fonction de limite, mais aussi dans
la torsion qui motive l'empiètement de l'inconscient. Cette
opération nous l'appellerons: séparation. Nous y reconnaîtrons
ce que Freud appelle ICHSPALTUNG ou refente du sujet, et
saisirons pourquoi, dans le texte où Freud l'introduit, il la
fonde dans une refente non du sujet, mais de l'objet (phallique
nommément). La forme logique que vient à modifer
dialectiquement cette seconde opération, s'appelle en logique
symbolique : l'intersection - Par cette voie le sujet se réalise
dans la perte où il a surgi comme ics, par le manque qu'il
produit dans l'Autre, suivant le tracé que Freud découvre comme
la pulsion la plus radicale et qu'il dénomme : pulsion de mort.
- Le vel fait retour en velle. - C'est en tout cas sous
l'incidence où le sujet éprouve dans cet intervalle Autre chose
à le motiver que les effets de sens dont le sollicite un
discours, qu'il rencontre effectivement le désir de l'Autre,
avant même qu'il puisse seulement le nommer désir, encore bien
moins imaginer son objet. Ce qu'il va y placer, c'est son propre
manque sous la forme du manque qu'il produirait chez l'Autre de
sa propre disparition. Disparition qu'il a, si nous pouvons le
dire, sous la main, de la part de lui-même qui lui revient de
son aliénation première. Mais ce qu'il comble ainsi n'est pas
la faille qu'il rencontre dans l'Autre, c'est d'abord celle de la
perte constituante d'une de ses parts, et de laquelle il se
trouve en deux parts constitué. Là gît la torsion par laquelle
la séparation représente le retour de l'aliénation. C'est
qu'il opère avec sa propre perte, qui le ramène à son départ.
SEVRAGE
1938 - Les complexes familiaux - 25 - [ce complexe] représente
la forme primordiale de l'imago maternelle. - 26 - Partant, il
fonde les sentiments les plus archaïques qui unissent l'individu
à la famille. - il n'est que plus frappant de le voir
entièrement dominé par des facteurs culturels - 28 - C'est le
refus du sevrage qui fonde le positif [la réalité] du complexe,
à savoir l'imago de la relation nourricière qu'il tend à
rétablir. - 29 - Les sensations proprioceptives de la succion et
de la préhension font évidemment la base de cette amvivalence
du vécu, qui ressort de la situation même : l'être qui absorbe
est tout absorbé et le complexe archaïque lui répond dans
l'embrassement maternel. Nous ne parlerons pas ici avec Freud
d'auto-érotisme, puisque le moi n'est [p. 30] pas constitué, ni
de narcissisme, puisqu'il n'y a pas d'image du moi ; bien moins
encore d'érotisme oral, puisque la nostalgie du sein nourricier
(...) ne relève du complexe du sevrage
qu'à travers son
remaniement par le complexe d'dipe.
"Cannibalisme", mais cannibalisme fusionnel, ineffable,
à la fois actif et passif, toujours survivant dans les jeux et
mots symboliques, qui, dans l'amour le plus évolué, rappellent
le désir de la larve - 31 - [la prématuration de l'homme]
explique la généralité du complexe, et qu'il soit indépendant
des accidents de l'ablactation. Celle-ci - sevrage au sens
étroit - donne son expression psychique (...) à l'imago la plus
obscure d'un sevrage plus ancien (...) : celui qui, à la
naissance, sépare l'enfant de la matrice, séparation
prématurée d'où provient un malaise que nul soin maternel ne
peut compenser. - Seule l'imago qui imprime au plus profond du
psychisme le sevrage congénital de l'homme peut expliquer la
puissance, la richesse et la durée du sentiment maternel -
cependant que ses effets dans la conduite de la mère préservent
l'enfant de l'abandon qui lui serait fatal. - 34- l'abandon des
sécurités que comporte l'économie familiale a la portée d'une
répétition du sevrage et ce n'est, le plus souvent, qu'à cette
occasion que le complexe est suffisamment liquidé. - 35 - La
saturation du complexe fonde le sentiment maternel ; sa
sublimation contribue au sentiment familial ; sa liquidation
laisse des traces où on peut le reconnaître : c'est cette
structure de l'imago - une assimilation parfaite de la totalité
à l'être. - l'harmonie universelle [etc.] -
1938 - Les complexes familiaux - 33 - la tendance à la mort
[pulsion de mort], qui spécifie le psychisme de l'homme,
s'explique de façon satisfaisante par la conception que nous
développons ici, à savoir que le complexe, unité fonctionnelle
de ce psychisme, ne répond pas à des fonctions vitales mais à
l'insuffisance de ces fonctions. - sous la forme originelle que
lui donne le sevrage [cette tendance], se révèle dans des
suicides très spéciaux qui se caractérisent comme "non
violents", en même temps qu'y apparaît la forme orale du
complexe [anorexie, tabac, etc.] - le sujet cherche à retrouver
l'imago de la mère.
SEXUALITE
1955 - La Chose freudienne - 432 - dans cet inconscient (...) il
[Freud] a reconnu l'instance des lois où se fondent l'alliance
de la parenté, en y installant dès la Traumdeutung le complexe
d'dipe comme sa motivation centrale. Et c'est ce qui me
permet maintenant de vous dire pourquoi les motifs de l'ics se
limitent (...) au désir sexuel. C'est essentiellement en effet
sur la liaison sexuelle, et en l'ordonnant à la loi des
alliances préférentielles et des relations interdites, que la
première combinatoire des échanges de femmes entre les lignées
nominales prend son appui -
1955/56 - Les psychoses - 191 - Le sujet trouve sa place dans un
appareil symbolique préformé qui instaure la loi dans la
sexualité. Et cette loi ne permet plus au sujet de réaliser sa
sexualité que sur le plan symbolique. c'est ce que veut dire
l'dipe.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 07/05/58 - Il y a
besoin d'un au-delà de la demande pour autant (...) que la
demande par ses nécessités articulatoires [de langage], dévie,
change, transpose le besoin. Il y a donc la possibilité d'un
résidu. - c'est cela que nous appelons désir - nous devons
retrouver quelque chose où l'autre perde sa prévalence, où
(...) le besoin en tant qu'il part du sujet, reprend la première
place. - il s'agit précisément de trouver (...) la marge de ce
qui s'est perdu dans cette demande, et l'au-delà c'est
précisément le caractère de condition absolue qui est dans le
désir, ce qui se présente dans le désir comme tel, c'est ce
quelque chose qui est emprunté bien entendu au besoin sexuel.
Comment ferions-nous nos désirs, si ce n'est en empruntant la
matière première à nos besoins ? Mais cela passe à un
caractère non pas d'inconditionné [comme la demande], puisqu'il
s'agit de quelque chose d'emprunté à un besoin particulier,
mais d'une condition absolue, sans mesure avec aucune proportion
du besoin à un objet quelconque, (...) elle abolit là la
dimension de l'autre, (...) c'est une exigence où l'autre n'a
pas à répondre oui ou non. - Le désir (...) c'est ce quelque
chose d'arraché au terrain des besoins, qui prend forme de
condition absolue par rapport à l'autre. C'est précisément la
marge, le résultat de la soustraction si l'on peut dire, de
l'exigence du besoin par rapport à la demande d'amour. - C'est
en raison de cela que le désir sexuel va venir à cette place,
justement dans la mesure où le désir sexuel se présente par
rapport au sujet (...) essentiellement problématique , et sur
deux plans - un besoin qui incontestablement le pousse à des
extrémités aberrantes, pour la raison qu'il ne correspond à
aucun besoin immédiatement rationalisable, mais qui introduit
dans l'individu, disons ce qu'on a appelé la dialectique de
l'espèce. - D'autre part, au regard de la demande d'amour (...),
dans toutes les langues, formuler sa demande est problématique -
[car en matière sexuelle] se profile ceci : c'est que l'autre
entre en jeu (...) sous la forme de l'instrument du désir. - il
n'y a pas de mot pour exprimer (...) le désir, pour exprimer le
désir, comme la sagesse populaire le sait dort bien, il n'y a
que du baratin. La question du signifiant du désir se pose donc
comme telle, et c'est pour cela que ce qui l'exprime n'est pas un
signifiant comme les autres, c'est [côté besoin] quelque chose
qui en effet est emprunté à une forme prévalente de la
poussée du flux vital (...), mais qui n'en est pas moins pris
dans cette dialectique au titre de signifiant - [et côté
demande] la mortification ambiguë se présente très
précisément sous la forme du VOILE. [particulièrement chez
l'hystérique qui suspend si opiniâtrement son désir à la
demande] - J'ai fait allusion à ce voile qui recouvre très
régulièrement [même chez les primitifs] chez l'homme le
phallus. C'est exactement la même chose qui recouvre à peu
près normalement la totalité de l'être de la femme, pour
autant que ce qu'il s'agit justement qui soit derrière, ce qui
est voilé, c'est le signifiant du phallus. -
1958 - La signification du phallus - 695 - [phallus] [Alors que
chez la femme] convergent sur le même objet une expérience
d'amour qui comme telle (...) la prive idéalement de ce qu'il
donne [son homme], et un désir qui y trouve [métaphoriquement]
son signifiant] - Si l'homme trouve (...) à satisfaire sa
demande d'amour dans la relation à la femme pour autant que le
signifiant du phallus la constitue bien comme donnant dans
l'amour ce qu'elle n'a pas - inversement son propre désir du
phallus fera surgir [métonymiquement] son signifiant dans sa
divergence rémanente vers "une autre femme" qui peut
signifier ce phallus à divers titres, soit comme vierge, soit
comme prostituée. Il en résulte une tendance centrifuge de sa
pulsion génitale dans la vie amoureuse, qui rend chez lui
l'impuissance beaucoup plus mal supportée [que la frigidité
chez la femme] - Il ne faudrait pas croire que la sorte
d'infidélité qui apparaîtrait là constitutive de la fonction
masculine, lui soit propre. Car si l'on y regarde de près le
même dédoublement se retrouve chez la femme, à ceci près que
l'Autre de l'Amour comme tel, cad en tant qu'il est privé de ce
qu'il donne, s'aperçoit mal dans le recul où il se substitue à
l'être du même homme dont elle chérit les attributs. [Cad
qu'il y en a toujours un autre qu'elle aime?]
1962/63 - L'angoisse - 29/05/63 - le phallus fonctionne partout,
sauf là où on l'attend (...) nommément au stade phallique -
c'est cet évanouissement de la fonction phallique comme telle à
ce niveau où il est attendu pour fonctionner, qui est le
principe de l'angoisse de castration. D'où la notation (moins
phi) dénotant cette carence - 05/06/63 - Que le phallus ne se
trouve pas là où on l'attend (...) à savoir sur le plan de la
médiation génitale, voilà ce qui explique que l'angoisse est
la vérité de la sexualité, cad ce qui apparaît chaque fois
que son flux se retire, montre le sable. La castration est le
prix à payer de cette structure, elle se substitue à cette
vérité. Mais en fait, ceci est un jeu illusoire, il n'y a pas
de castration parce que (...) il n'y a pas d'objet à castrer -
Le phallus, là où il est attendu comme sexuel, n'apparaît
jamais que comme manque -
1964 - Position de l'inconscient - 448-449 - La libido est cette
lamelle que glisse l'être de l'organisme à sa véritable
limite, qui va plus loin que celle du corps. - Le sujet parlant a
ce privilège de révéler le sens mortifère de cet organe, et
par là son rapport à la sexualité. Ceci parce que le
signifiant comme tel, a, en barrant le sujet par première
intention, fait entrer en lui le sens de la mort. (La lettre tue,
mais nous le savons de la lettre elle-même.) C'est ce par quoi
toute pulsion est virtuellement pulsion de mort. - Il n'est pas
d'autre voie où se manifeste dans le sujet d'incidence de la
sexualité. La pulsion en tant qu'elle représente la sexualité
dans l'inconscient n'est jamais que pulsion partielle. - Ce que
notre expérience démontre de vacillation dans le sujet
concernant son être de masculin ou de féminin, n'est pas
tellement à rapporter à sa bisexualité biologique, qu'à ce
qu'il n'y a rien dans sa dialectique qui représente la
bipolarité du sexe, si ce n'est l'activité et la passivité,
c'est-à-dire une polarité pulsion-action-de-l'extérieur, qui
est tout à fait impropre à la représenter dans son fonds.
C'est là où nous voulons en venir en ce discours, que la
sexualité se répartit d'un côté à l'autre de notre bord en
tant que seuil de l'inconscient, comme suit : Du côté du vivant
en tant qu'être à être pris dans la parole (...) il n'y a
d'accès à l'Autre du sexe opposé que par la voie des pulsions
dites partielles où le sujet cherche un objet qui lui remplace
cette perte de vie qui est la sienne d'être sexué. Du côté de
l'Autre, du lieu où la parole se vérifie de rencontrer
l'échange des signifiants, les idéaux qu'ils supportent, les
structures élémentaires de la parenté, la métaphore du père
comme principe de la séparation, la division toujours rouverte
dans le sujet dans son aliénation première, de ce côté
seulement et par ces voies que nous venons de dire, l'ordre et la
norme doivent s'instaurer qui disent au sujet ce qu'il faut faire
comme homme ou femme.
1964 - Les quatre concepts
- 160 - au regard de la
finalité biologique de la sexualité, à savoir la reproduction,
les pulsions (...) sont des pulsions partielles. - C'est en
raison de la réalité du système homéostasique que la
sexualité n'entre en jeu que sous la forme des pulsions
partielles. La pulsion est précisément ce montage par quoi la
sexualité participe à la vie psychique, d'une façon qui doit
se conformer à la structure de béance qui est celle de l'ics.
Plaçons-nous aux deux extrêmes de l'expérience analytique. La
refoulé primordial est un signifiant, et ce qui s'édifie
par-dessus pour constituer le symptôme, nous pouvons toujours le
considérer comme échafaudage de signifiants. - 161 - A l'autre
extrémité, il y a l'interprétation. - une structure temporelle
spéciale, que j'ai essayé de définir par la métonymie.
L'interprétation, dans son terme, pointe le désir, auquel, en
un certain sens, elle est identique. - Dans l'intervalle, la
sexualité - sous la forme des pulsions partielles -
L'intégration de la sexualité à la dialectique du désir passe
par la mise en jeu de ce qui, dans le corps, méritera que nous
le désignions par le terme d'appareil - si vous voulez bien
entendre par là ce dont le corps, au regard de la sexualité,
peut s'appareiller, à distinguer de ce dont les corps peuvent
s'apparier.
1964 - Les quatre concepts
- 62 - [Réponse à F. Dolto] La
description des stades, formateurs de la libido, ne doit pas
être référée à une pseudo-maturation naturelle, qui reste toujours opaque. Les
stades s'organisent autour de l'angoisse de castration. Le fait copulatoire de
l'introduction de la sexualité est traumatisant (...) et il a une fonction
organisatrice pour le développement. L'angoisse de castration est comme un fil
qui perfore toutes les étapes du développement. Elle oriente les relations qui
sont antérieures à son apparition proprement dite - sevrage, discipline anale,
etc. Elle cristallise chacun de ces moments dans une dialectique qui a pour
centre une mauvaise rencontre. Si les stades sont consistants, c'est en fonction
de leur registration possible en termes de mauvaise rencontre. La mauvaise
rencontre centrale est au niveau du sexuel.
SIGNIFIANT
1955 - La Chose freudienne - 414 - Le premier réseau, du
signifiant, est la structure synchronique du matériel du langage
en tant que chaque élément y prend son emploi exact d'être
différent des autres -
1955/56 - Les psychoses - 154 - [Le sujet entend peut-être ce
qu'il articule, mais au fond c'est le cas de tout le monde.
L'halluciné attribue ce discours à un Autre, à son usage.] -
160 - Ce qui signe l'hallucination, c'est ce sentiment
particulier du sujet, à la limite du sentiment de réalité et
du sentiment d'irréalité, sentiment de proche naissance, de
nouveauté, et pas n'importe laquelle, de nouveauté à son usage
faisant irruption dans le monde extérieur. Ce n'est pas du même
ordre que ce qui apparaît en rapport avec la signification et la
signifiance. - 156 - [Par ex.] Vous êtes au déclin d'une
journée d'orage et de fatigue, vous considérez l'ombre qui
commence d'envahir ce qui vous entoure, et quelque chose vous
vient à l'esprit, qui s'incarne dans la formulation la paix du
soir. - surpris que nous sommes par cette formulation plus ou
moins endophasique, plus ou moins inspirée, qui nous vient comme
un murmure de l'extérieur. - 157 - limite où le discours, s'il
débouche sur quelque chose au-delà de la signification, c'est
sur du signifiant dans le réel. - une certaine façon de prendre
ce moment du soir comme signifiant - 158 - S'il y a quelque chose
par quoi la parole vient se combiner avec une fonction vocale
absolument a-signifiante, et qui contient pourtant tous les
signifiants possibles, c'est bien ce qui nous fait frissonner
dans le hurlement du chien devant la lune.- le hurlement est un
pur signifiant [sans signification], tandis que l'appel à l'aide
a une signification
1955/56 - Les psychoses - 229 - Dans la psychose, c'est le
signifiant qui est en cause, et comme le signifiant n'est jamais
solitaire (...) - c'est la signifiance même du signifiant - le
manque d'un signifiant amène nécessairement le sujet à
remettre en cause l'ensemble du signifiant. - Dans les névroses,
c'est la signification qui pour un temps disparaît, éclipsée,
et va se nicher ailleurs, tandis que la réalité, elle, tient le
coup. De telles défenses ne sont pas suffisantes dans le cas de
la psychose, et c'est dans la réalité qu'apparaît ce qui doit
protéger le sujet. - 345 - au-delà de tout signifiant qui
puisse être significatif pour le sujet, la réponse ne peut
être que l'usage permanent, et je dirais, constamment
sensibilisé, du signifiant dans son ensemble. - le commentaire
mémorisant qui accompagne tous les actes humains, se trouve
aussitôt vivifié, sonorisé sous ses formes les plus vides et
les plus neutres - 246 - [Si le langage parle tout seul, c'est
bien là l'occasion ou jamais d'utiliser le terme d'AUTOMATISME
-]
1956/66 - Le séminaire sur "La Lettre volée" - 26 -
Si l'on pouvait dire qu'une lettre a comblé son destin après
avoir rempli sa fonction, la cérémonie de rendre les lettres
serait moins admise à servir de clôture à l'extinction des
feux des fêtes de l'amour. Le signifiant n'est pas fonctionnel.
Et aussi bien la mobilisation du joli monde dont nous suivons ici
les ébats [dans le conte de Poe], n'aurait pas de sens, si la
lettre, elle, se contentait d'en avoir un. - 28 - cette lettre
est le symbole d'un pacte [pacte qu'elle met en jeu, entre le Roi
et la Reine, qui ne connote pas seulement l'offense personnelle
à sa majesté, mais aussi la plus haute trahison à l'Etat] -
[dès lors] la propriété de la lettre n'est pas moins
contestable à sa destinataire qu'à n'importe qui elle puisse
venir entre les mains - 29 - [Elle] est le sujet véritable du
conte - 30 - A tomber en possession de la lettre - admirable
ambiguïté du langage, - c'est son sens qui les possède [les
personnages]. - 32 - la lettre n'existe comme moyen de pouvoir
que par les assignations ultimes du pur signifiant, soit :
prolonger son détour - [Mais à ce petit jeu c'est la lettre qui
a tout pouvoir et ceux qui croient s'en servir (en la gardant) en
sont les premières victimes, pris qu'ils sont eux-mêmes dans
les (dé-)filets du signifiant.] - 34 - Tel l'homme qui s'est
retiré dans une île pour oublier, quoi ? il a oublié, - tel le
ministre à ne pas faire usage de la lettre, en vient à
l'oublier. - Mais la lettre, pas plus que l'ics du névrosé, ne
l'oublie. Elle l'oublie si peu qu'elle le transforme de plus en
plus à l'image de celle qui l'a offerte à sa surprise, et qu'il
va maintenant la céder à son exemple à une surprise semblable.
- 37 - [Quant à Dupin, on pourrait croire qu'il se retire du
circuit de la lettre lorsque, tel le psychanalyste, il l'échange
contre de l'argent:] nous qui nous faisons les émissaires de
toutes les lettres volées qui pour un temps au moins seront chez
nous en SOUFFRANCE dans le transfert. Et n'est-ce pas la
responsabilité que leur transfert comporte, que nous
neutralisons en la faisant équivaloir au signifiant le plus
annihilant qui soit de toute signification, à savoir L'ARGENT. /
Mais ce n'est pas tout. Ce bénéfice si allègrement tiré par
Dupin de son exploit (...) n'en rend que plus paradoxale, voire
choquante, la prise à partie, et disons le coup en dessous,
qu'il se permet soudain à l'endroit du ministre - [Incapable de
s'en défaire] Il est donc bien partie prenante dans la triade
intersubjective, et comme tel dans la position médiane qu'ont
occupée précédemment le Reine et le Ministre. - 38 - S'il a
réussi à remettre la lettre dans son droit chemin, il reste à
la faire parvenir à son adresse. - le Roi, puisque c'est là
qu'elle devait rentrer dans l'ordre de la Loi. - [Mais] ni le
Roi, ni la Police qui l'a relayé à cette place, n'étaient
capables de la lire parce que cette place comportait
l'aveuglement . [Roi névrosé ?] - 39 - [Dupin est finalement
aussi joueur que le ministre] Il ne lui reste justement plus
qu'à répondre à cette question même, de ce qu'il reste d'un
signifiant quand il n'a plus de signification. - Car la passion
du joueur n'est autre que cette question posée au signifiant,
que figure l'automaton du hasard. - figure du dé - [=] présence
de la mort - 40 - ... Un destin si funeste, / S'il n'est digne
d'Atrée, est digne de Thyeste. - 41 - C'est ainsi que ce que
veut dire "la lettre volée", voire "en
souffrance", c'est qu'une lettre arrive toujours à
destination. [? commande toujours au destin ?]
1955/56 - Les psychoses - 188 - le signifiant est un signe qui ne
renvoie pas à un objet, même à l'état de trace - Il est lui
aussi le signe d'une absence. Mais en tant qu'il fait partie du
langage, le st est un signe qui renvoie à un autre signe, qui
est comme tel structuré pour signifier l'absence d'un autre
signe, en d'autres termes pour s'opposer à lui dans un couple.
1955/56 - Les psychoses - 212 - [il y a communication à partir
du moment où à une émission correspond une réception, et
mieux encore quand] il revient quelque chose au point de départ.
C'est le schéma du feed-back. - Mais pour autant, sommes-nous au
niveau de la fonction du signifiant ? [Non] - 213 - Il y a usage
propre du st à partir du moment où, au niveau du récepteur, ce
qui importe n'est pas l'effet du contenu du message (...) mais
ceci - qu'au point d'arrivée du message, on prend acte du
message. - C'est l'accusé de réception qui est l'essentiel de
la communication en tant qu'elle est, non pas significative, mais
signifiante. -
1955/56 - Les psychoses - 248 - Sans la structure signifiante, cad sans l'articulation prédicative, sans la distance maintenue
entre le sujet et ses attributs, on ne pourrait qualifier la
gerbe d'avare et de haine. C'est parce qu'il y a une syntaxe, un
ordre primordial de signifiant - Cette phase du symbolisme qui
s'exprime dans la métaphore suppose la similarité, laquelle est
manifestée uniquement par la position [et non le sens]. C'est
par le fait que la gerbe est le sujet de avare et de haineuse ,
qu'elle peut être identifiée à Booz dans son manque d'avarice
et de générosité. - [La syntaxe est d'ordre plutôt
métonymique, mais c'est le fait de tenir compte de cet ordre qui
permet l'émergence de la métaphore, le fait que
"gerbe" soit à la place de "Booz":
émergence d'une signification] - 257 -J'admets très bien que
quelqu'un m'objecte que la gerbe de Booz est métonymique - Mais
ce n'est pas cela qui fait la vertu métaphorique de cette gerbe,
c'est qu'elle est mise en position de sujet dans la proposition,
à la place de Booz. - 256 - L'important est l'opposition entre
deux sortes de liens qui sont eux-mêmes internes au signifiant.
/ D'abord le lien positionnel, qui est le fondement
[métonymique] du lien que j'ai appelé tout à l'heure
propositionnel. - l'ordre des mots. - coexistence synchronique
des termes. - 257 - [A l'opposé on trouve un] lien de
similarité [métaphore] (...) lié à la possibilité indéfinie
de la fonction de substitution, [mais] laquelle n'est concevable
que sur le fondement de la relation positionnelle.
1955/56 - Les psychoses - 171 - Qu'est-ce que veut dire le
signifiant primordial ? Il est clair que, très exactement, ça
ne veut rien dire. - 172 - Ce que je vous raconte est aussi un
mythe, car je ne crois nullement qu'il y ait nulle part un
moment, une étape où le sujet acquiert d'abord le signifiant
primitif, et qu'après cela s'introduise le jeu des
significations, et puis qu'après encore, signifiant et signifié
s'étant donné le bras, nous entrions dans le domaine du
discours - 225 - Essayez d'imaginer (...) ce que peut-être
l'apparition d'un pur signifiant. - 226 - présence du signifiant
dans le REEL. - l'apparition d'un registre comme celui d'une
nouvelle religion, par exemple - l'apparition d'une nouvelle
structure dans les relations entre les signifiants de base, la
création d'un nouveau terme dans l'ordre du signifiant, ont un
caractère ravageant. -
1955/56 - Les psychoses - 208 - Dégager une loi naturelle, c'est
dégager une formule insignifiante. [Mais avec du signifiant]
Moins elle signifie quelque chose, plus nous sommes contents. -
209 - Il ne faudrait pas croire pour autant que notre physique
implique la réduction de toute signification. A la limite il y
en a une, mais sans personne pour la signifier. A l'intérieur de
la physique, la seule existence d'un système signifiant implique
au moins cette signification, qu'il y en ait un, d'Umwelt
[univers]. - 213 - le développement de l'être humain n'est
d'aucune façon directement déductible de la construction, des
interférences, de la composition des significations, cad des
instincts. -
1955/56 - Les psychoses - 218 - Dès qu'il y a sujet et usage du
signifiant, il y a usage possible de l'entre-je, cad du sujet
interposé. Cette immixtion des sujets est l'un des éléments
les plus manifestes du rêve de l'injection d'Irma. - 219 -
n'est-ce pas précisément [aussi] ce qui nous apparaît dans le
délire ?
1955/56 - Les psychoses - 325 - l'Autre comme tel (...) à
proprement parler insaisissable - il ne soutient pas, il ne peut
jamais soutenir totalement la gageure que nous lui proposons. -
326 - Inversement, le point de vue que j'essaie de soutenir
devant vous comporte un certain matérialisme des éléments en
cause, en ce sens que les signifiants sont bel et bien incarnés,
matérialisés, ce sont des mots qui se promènent, et c'est
comme tels qu'ils jouent leur fonction d'agrafage -
1955/56 - Les psychoses - 303 - vous me permettrez de
représenter la fonction du signifiant par un artifice
spatialisant (...) un point de capiton. - c'est là le point où
viennent se nouer le signifié et le signifiant, entre la masse
toujours flottante des significations [cf. Saussure] - et le
texte. - [Dans Athalie de Racine] Le point de capiton est le mot
crainte , avec toutes ses connotations trans-significatives.
Autour de ce signifiant, tout s'irradie et tout s'organise, à la
façon de ces petites lignes de force formées à la surface
d'une trame par le point de capiton. C'est le point de
convergence qui permet de situer rétroactivement et
prospectivement tout ce qui se passe dans ce discours. - 304 -
pourquoi ce privilège du complexe d'dipe ? - Pourquoi
est-ce là un nud qui lui [Freud] paraît si essentiel
(...) - si ce n'est parce que la notion du père, très voisine
de celle de crainte de Dieu, lui donne l'élément le plus
sensible dans l'expérience de ce que j'ai appelé le point de
capiton entre le signifiant et le signifié. - [Dans la psychose]
le signifiant et le signifié se présentent sous une forme
complètement divisée. - [Combien faut-il de ces] points
d'attache fondamentaux entre le sa et la sé nécessaires à ce
qu'un être humain soit dit normal, et qui, lorsqu'ils ne sont
pas établis, ou qu'ils lâchent, font le psychotique - 327 - La
différence qu'il y a entre la grand'route et le sentier des
éléphants, c'est que nous, nous nous y arrêtons (...), au
point de nous agglomérer - Il arrive que nous allions nous
promener sur la grand-route, exprès (...) pour faire le même
chemin en sens contraire. Ce mouvement d'aller et retour est tout
à fait essentiel, et nous mène sur le chemin de cette évidence
- c'est que la grand-route est un site, autour de quoi non
seulement s'agglomèrent toutes sortes d'habitations, de lieux de
séjour, mais aussi qui polarise, en tant que signifiants [points
de capiton], les significations. - les villes se sont formées
(...) au nud des routes.
1956/57 - La relation d'objet - (3) Inversement de même que
cette mort qui est là reflétée au fond du signifié, de même
il y a toute une série de choses dans le signifié qui sont là
mais qui sont empruntées par le signifiant (...), à savoir le
corps. Il y a un certain nombre d'éléments, d'accidents du
corps qui sont donnés dans l'expérience (...) dont justement le
terme phallique [le phallus comme signifiant, donc], la pure et
simple érection, la pure et simple pierre dressée -
1956/57 - La relation d'objet - Ce Saint-Esprit dans son ensemble
est la venue au monde, l'entrée dans le monde de signifiants.
Qu'est-ce que c'est? C'est très certainement ce que Freud nous
apporte sous le terme d'instinct de mort, c'est cette limite du
signifié qui n'est jamais atteinte par aucun être vivant (...).
(...) c'est très précisément à cette possibilité de
suppression, de mise entre parenthèse de tout ce qui est vécu
(...), c'est la mort qui est le support, la base, l'opération du
Saint-Esprit par laquelle le signifiant existe [cf. Heidegger].
(...) c'est-à-dire du fait que le sujet est amené à se
comporter d'une façon essentiellement signifiante en répétant
indéfiniment quelque chose qui lui est à proprement parler
mortel. (3)
1956/57 - La relation d'objet - 559 - [Le cheval représente la
mère quand il est attelé à une voiture pleine (grossesse). Le
cheval : un signifiant pouvant recouvrir maints signifiés.] -
582 - on peut même dire que c'est à chacune des interventions
du père que cette fomentation mythique en quelque sorte
stimulée, rebondit. [On ne peut pas expliquer ni même décrire
la phobie par son seul objet, par exemple ici le cheval, sans ôter à celui-ci sa valeur de signifiant, surtout si ce
signifiant est central...] [Le cheval] une espèce de figure
héraldique qui centre tout le champ. [Freud lui, et Lacan le
cite, parle expressément non pas du cheval mais du
"complexe du cheval". Le cheval est
"extensible" en tant que signifiant, non en tant que
signifié comme l'explique Jones.] [Le cheval structure un monde
(il peut donc être n'importe quoi successivement), mais aussi le
limite, et sacrément : par la peur.]
1957 - Dialogue avec les philosophes français - [Signorelli,
lettre] c'est le côté "machine à sous" de cette
présentation qui me comble -
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible
de la psychose - 551 - Le quatrième terme est donné par le
sujet dans sa réalité, comme telle forclose dans le système et
n'entrant que sous le mode du mort dans le jeu des signifiants,
mais devenant le sujet véritable à mesure que ce jeu des
signifiants va le faire signifier.
1957 - D'une question préliminaire à tout traitement possible
de la psychose - 557 - formule de la métaphore, ou de la substitution signifiante : S/S. S'/x => S(1/s), où les grands
S sont des signifiants, x la signification inconnue et s le
signifié induit par la métaphore, laquelle consiste dans la
substitution dans la chaîne signifiante de S à S'. L'élision
de S', ici représenté par sa rature, est la condition de la
réussite de la métaphore.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 507 -
L'étincelle créatrice de la métaphore ne jaillit pas de la
mise en présence de deux images, cad de deux signifiants
également actualisés. Elle jaillit entre deux signifiants dont
l'un s'est substitué à l'autre en prenant sa place dans la
chaîne signifiante, le signifiant occulté [refoulé? il y
aurait refoulement par la métaphore dans la névrose, et
forclusion de toute métaphore dans la psychose cad la
métonymie]. - Un mot pour un autre, telle est la formule de la
métaphore.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 502 - les
corrélations du signifiant au signifiant y [dans une langue]
donnent l'étalon de toute recherche de signification - Car le
signifiant de sa nature anticipe toujours sur le sens en
déployant en quelque sorte au devant de lui sa dimension. Comme
il se voit au niveau de la phrase quand elle s'interrompt avant
le terme signification : Jamais je ne..., Toujours est-il...,
Peut-être encore... Elle n'en fait pas moins sens, et d'autant
plus oppressant qu'il se suffit à se faire attendre. - D'où
l'on peut dire que c'est dans la chaîne du signifiant que le
sens insiste , mais qu'aucun des éléments de la chaîne ne
consiste dans la signification dont il est capable au moment
même.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 06/11/57 - [graphe]
Il s'agit des deux états, des deux fonctions que nous pouvons
appréhender d'une suite signifiante. Dans le premier temps de
cette première ligne, nous avons la chaîne signifiante en tant
qu'elle reste entièrement perméable aux effets proprement
signifiants de la métaphore et de la métonymie, ce qui implique
l'actualisation possible des effets signifiants à tous les
niveaux, à savoir particulièrement jusqu'au niveau phonématique, jusqu'au niveau de l'élément phonologique -
L'autre ligne est celle du discours rationnel dans lequel est
déjà intégré un certain nombre de points de repère, de
choses fixes (...) ce qu'on appelle les emplois du signifiant -
Ceci [2] est le discours concret du sujet individuel, de celui
qui parle et qui se fait entendre. - L'un va dans le sens
contraire de l'autre, pour la simple raison justement qu'ils
glissent l'un sur l'autre : mais l'un recoupe l'autre [en deux
endroits] - Si nous partons du discours, le premier point (...)
[est] le code. [cad le faisceau des emplois] - Ce code est très
évidemment dans le grand A qui est là, cad dans l'Autre en tant
qu'il est le compagnon du langage. Cet Autre, il faut absolument
qu'il existe, et je vous prie de noter à l'occasion qu'il n'y a
absolument pas besoin de l'appeler de ce nom imbécile et
délirant qui s'appelle la conscience collective. Un Autre c'est
un Autre, il en suffit d'un seul pour qu'une langue soit vivante
- Et dans l'autre, la seconde rencontre qui achève la boucle,
qui constitue à proprement parler le sens, qui le constitue à
partir du code (...) c'est le résultat de cette conjonction du
discours avec le signifiant comme support créateur du sens ;
c'est le message. - la vérité qu'il y a à annoncer, si
vérité il y a, est là dans le message. La plupart du temps
aucune vérité n'est annoncée, pour la simple raison que le
discours ne passe absolument pas à travers la chaîne
signifiante, qu'il est le pur et simple ronron de la répétition
et du moulin à paroles - C'est le discours commun de ces mots
pour ne rien dire - Ces deux points b et b', comme nuds
minimum du court-circuit du discours, sont très facilement
reconnaissables. C'est précisément l'objet [métonymique] (...)
; c'est d'autre part le je en tant qu'il indique dans le discours
lui-même, la place de celui qui parle.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - la
métaphore n'est pas une injection de sens comme si c'était
possible, comme si les sens étaient quelque part, où que ce
soit dans un réservoir. Le mot "atterré" n'apporte
pas le sens en tant qu'il a une signification, mais en tant que
signifiant, cad qu'ayant le phonème "ter", il a le
même phonème qui est dans "terreur". C'est par la
voie signifiante, c'est par la voie de l'équivoque, c'est par la
voie de l'homophonie, cad de la chose la plus non-sens qui soit,
qu'il vient engendrer cette nuance de sens - cette nuance (...)
implique une certaine domination et un certain apprivoisement de
la terreur. - la terreur n'y est pas complète. - la terreur est
dans une demie ombre à cette occasion. - disons le mot : le
signifiant est refoulé [refoulement] à proprement parler. Dans
tous les cas, dès que s'est établi dans sa nuance actuelle
l'usage du mot "atterré", le modèle, sauf recours au
dictionnaire, au discours savant, n'est plus à votre
disposition. A propos du mot "atterré" il est comme
"terre", "terra", refoulé. C'est dans le
rapport S/S', cad d'un signifiant à un signifiant, que va
s'engendrer un certain rapport S/s, cad signifiant sur signifié.
- [c'est avec] la réserve homonymique avec laquelle travaille,
que nous le voyions ou que nous ne le voyions pas, la métaphore.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 08/01/58 - Le désir
arrive (...) comme signifié autre que ce qu'il était au
départ, et voilà pourquoi (...) votre désir est toujours cocu.
- c'est-à-dire qu'il croise la ligne signifiante, et qu'au
niveau de ce croisement (...) il rencontre l'Autre. - vous-mêmes
êtes trahi en ceci que votre désir a couché avec le
signifiant. C'est essentiel. - 05.03/58 - Rappelons brièvement
ceci, que le désir est installé essentiellement dans un rapport
à la chaîne signifiante, que le désir se pose et se propose
d'abord dans l'évolution du sujet humain comme demande, que la
frustration dans Freud est "Versagung", cad refus, plus
exactement encore, dédit.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - ce qu'on
appelle le matériel signifiant participe toujours quelque peu au
caractère évanescent de la trace. - Ce n'est pourtant pas là
un signifiant. - C'est [seulement] à partir du moment où l'on
efface, où cela a un sens d'effacer, que le quelque chose qui
est trace est manifestement constitué comme signifié [ou alors
la trace n'est signifiant qu'en tant qu'elle est susceptible de
disparaître ; certainement pas au sens où, comme signe, elle
ferait disparaître une chose, et encore moins où elle en serait
l'empreinte.] - ce qui reste, c'est la place [et non la trace]
où l'on a effacé - le signifiant comme tel, c'est quelque chose
qui peut être effacé, qui ne laisse plus que sa place - Je veux
dire que l'une des dimensions fondamentales du signifiant, c'est
de pouvoir s'annuler lui-même. - Toute espèce de signifiant est
de sa nature quelque chose qui peut être barré. [cf. la
dfnction du zéro] - pour tout ce qui n'est pas signifiant, cad
en particulier à l'occasion pour le réel [dualisme ici
réel/signifiant... la barre au milieu], la barre devient un des
modes les plus sûrs et les plus courts de son élévation à la
dignité de signifiant - [cf. le fantasme de l'enfant battu [avec
quelque chose comme une barre = barré = annulé comme sujet ;
mais il y a un second temps:] quand il s'agit du sujet lui-même,
il devient au contraire le signe qu'il est aimé, lui, le sujet,
il accède en effet à l'ordre de l'amour (...) parce qu'il est
battu - [ici] le sujet lui-même se trouve élevé à cette
dignité de sujet signifiant, (...) il est pris à ce moment là
dans on registre positif, dans son registre inaugural -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 07/05/58 - [phallus]
Un signifiant. Cela ne suffit pas de dire qu'il est un
signifiant. Lequel ? Il est un signifiant, il est le signifiant
du désir - si le phallus n'est pas l'objet du désir, mais le
signifiant du désir, toute cette ambiguïté va résider dans ce dilemme, c'est à savoir que ce signifiant, le sujet peut l'avoir
ou qu'il peut l'être.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - Le sujet
se trouve en proie de ce qu'on appelle cette destruction (...)
magique [verbale, en fait] (...) de l'autre - cette crainte de
faire mal par des pensées [comme si Dieu, pour le croyant, ou
les parents dans le cas du petit enfant, avait le pouvoir de les
connaître toutes] - cette obsession du blasphème aussi -
quelque chose qui fait déchoir un signifiant éminent (...) au
rang d'objet, qui identifie en quelque sorte le logos à son
effet métonymique - [En attendant, c'est toujours un usage du
signifiant] l'obsessionnel est un homme qui vit dans le
signifiant, il y est très solidement installé (...), ce
signifiant suffit pour lui à préserver la dimension de l'autre
[pas de risque de psychose en général] - ce qu'articule le
sujet à l'autre, c'est un "tu es celui qui me..."
(...) "tu es celui qui me tues". - Ce rapport avec
l'autre est fondé sur une articulation qui en quelque sorte se
forme elle-même esur la destruction de l'autre, mais qui du fait
qu'elle est articulation, et articulation signifiante, le fait
subsister. -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 21/01/59 -
[question=] signifiant de l'autre qui est en moi - 27/05/59 - le
sujet s'articule comme quoi ? Comme énigme, comme question -
1958/59 - Le désir et son interprétation - 10/12/58 -
[Négation] Cette sorte de ne du je ne dis pas qui fait que
précisément en disant que l'on ne le dit pas on le dit -
[c'est] la propriété la plus radicale si l'on peut dire du
signifiant - le rapport qu'il y a entre le signifiant et une
certaine espèce d'indice ou de signe que j'ai appelé la trace
que déjà lui-même porte la marque de ne sais quelle espèce
d'envers de l'empreinte du réel. - le signifiant commence, non
pas à la trace, mais à ceci qu'on efface la trace, et ce n'est
pas la trace effacée qui constitue le signifiant, c'est quelque
chose qui se pose comme pouvant être effacé, qui inaugure le
signifiant. Autrement dit, Robinson Crusoé efface la trace du
pas de Vendredi, mais que fait-il à la place ? S'il veut la
garder cette place du pied de Vendredi, il fait au minimum une
croix, cad une barre et une autre barre sur celle-ci. Ceci est le
signifiant spécifique, le signifiant spécifique est quelque
chose qui se présente comme pouvant être effacé. - Ce que
laisse l'homme derrière lui, c'est un signifiant, c'est une
croix [QUATRE], c'est une barre en tant que barrée, en tant que
recouverte par une autre barre d'une part qui indique que comme
telle elle est effacée.
1958/59 - Le désir et son interprtation - 04/02/59 - [comme aux
échecs] ce qui se passe c'est la progressive réduction du
nombre des signifiants qui sont dans le coup. - pour qu'on sente
bien où est la position du sujet dans leur intérieur. [analyse]
1959 - A la mémoire d'Ernest Jones : Sur sa théorie du
symbolisme - [le phallus] est le signifiant de la perte même que
le sujet subit par le morcellement du signifiant.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 253 - C'est
paradoxalement dans la seule perspective créationniste
[création] que peut s'envisager l'élimination de la notion
toujours renaissante de l'intention créatrice comme supportée
par une seule personne. Dans la pensée évolutionniste, Dieu,
pour n'être nommable nulle part, est littéralement
omniprésent. Une évolution qui s'oblige à déduire d'un
processus continu le mouvement ascendant qui abouti au sommet de
la conscience et de la pensée, implique forcément que cette
conscience et cette pensée étaient à l'origine. - C'est parce
qu'il en est ainsi que nous ne pouvons effectivement trouver la
pensée (...) que dans les intervalles du signifiant.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 264 - Ce qu'un sujet
représente originellement n'est pas autre chose que ceci - il
peut oublier. Supprimez ce il - le sujet est littéralement, à
son origine, et comme tel, l'élision d'un signifiant, le
signifiant sauté dans la chaîne.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 142 - Là où elle
s'affirme, elle s'affirme dans des champs domestiqués. - elle se
présente toujours comme unité voilée. - elle est (...) ce qui
du réel (...) pâtit du signifiant. - [C'est bien en cela
qu'elle se présente comme l'objet à retrouver.] - [1°] L'objet
est de sa nature un objet retrouvé. Qu'il ait été perdu, en
est la conséquence - mais après coup. - [2°] de sa nature,
elle est, dans les retrouvailles de l'objet, représentée par
autre chose. - L'Autre chose [cf. désir], c'est essentiellement
la Chose. - [retrouvailles : Je ne cherche pas, je trouve. ]
1960 - Ethique de la psychanalyse (leçons à la Faculté de
Saint-Louis) - [Freud] traite les éléments de l'association,
non comme des idées exigeant la genèse de leur épuration à
partir de l'expérience, mais comme des signifiants dont la
constitution implique d'abord (...) le principe de la permutation
: à savoir qu'une chose puisse être mise à la place d'une
autre par quelqu'un et par cela seulement la représente. Il
s'agit d'un tout autre sens du mot représentation qui celui des
peintures, (...) où le réel censé jouer avec nous d'on ne sait
quel strip-tease.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 801 - il
nous faut tout ramener à la fonction de coupure dans le
discours, la plus forte étant celle qui fait barre entre le
signifiant et le signifié. - le discours dans la séance
analytique ne vaut que de ce qu'il trébuche ou même
s'interrompt - Cette coupure de la chaîne signifiante est seule
à vérifier la structure du sujet comme discontinuité dans le
réel.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 818 - [S(A
barré)=] signifiant d'un manque dans l'Autre - 819 -
[Conformément à la définition du signifiant] Ce signifiant
sera donc le signifiant pour quoi tous les autre signifiants
représentent le sujet : c'est dire que faute de ce signifiant,
tous les autres ne représentent rien. - Or la batterie des
signifiants, en tant qu'elle est, étant par là même complète,
ce signifiant ne peut être qu'un trait qui se trace de son
cercle sans pouvoir y être compté. Symbolisable par
l'inhérence d'un (-1) à l'ensemble des signifiants. - C'est ce
qui manque au sujet pour se penser épuisé par son cogito , à
savoir ce qu'il est d'impensable. Mais d'où provient cet être
qui apparaît en quelque sorte en défaut dans la mer des noms
propres ? - cette place fait languir l'Etre lui-même. Elle
s'appelle la jouissance, et c'est elle dont le défaut rendrait
vain l'univers. - 820 - Cette jouissance dont le manque fait
l'Autre inconsistant, est-elle donc la mienne ? L'expérience
prouve qu'elle m'est ordinairement interdite - 821 - Ce à quoi
il faut se tenir, c'est que la jouissance est interdite à qui
parle comme tel, ou encore qu'elle ne puisse être dite qu'entre
les lignes pour quiconque est sujet de la Loi, puisque la Loi se
fonde de cette interdiction même. La Loi en effet
commanderait-elle : Jouis, que le sujet ne pourrait y répondre
que par un : J'ouïs, où la jouissance ne serait plus que
sous-entendue.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 819 - Notre
définition du signifiant (il n'y en a pas d'autre) est : un
signifiant, c'est ce qui représente le sujet pour un autre
signifiant.
1960/61 - Le transfert - 286 - Quel est le rapport du sujet au
signifiant ? - L'imposition du signifiant au sujet le fige dans
la position propre du signifiant. Ce dont il s'agit, c'est de
retrouver le garant de cette chaîne qui, transférant le sens de
signe [signifiant] en signe, doit s'arrêter quelque part - de
trouver ce qui nous donne le signe que nous sommes en droit
d'opérer avec des signes. C'est là que le privilège de Grand
Phi entre tous les signifiants. - Ce signifiant est toujours
caché, toujours voilé. - n'est-ce pas celui qui réunit en
lui-même le signe et le moyen d'action, et la présence même du
désir comme tel ? Laisser venir au jour le phallus dans sa
présence réelle, c'est-ce pas de nature à arrêter le renvoi
qui a lieu dans la chaînes des signes (...) ? - Entre ce
signifiant du désir et toute la chaîne signifiante, s'établit
un rapport d'ou bien..., ou bien... La Psyché était bien
heureuse dans un rapport avec ce qui n'était point un
signifiant, mais la réalité de son amour pour Eros. Mais
voilà, c'est Psyché, et elle veut savoir. Elle se pose la
QUESTION [sujet], parce que le langage existe déjà, et que l'on
ne passe pas seulement sa vie à faire l'amour, mais aussi à
papoter avec ses surs.
1960/61 - Le Transfert - 272 - si phi , le phallus comme
signifiant, a une place, c'est très précisément celle de
suppléer au point où, dans l'Autre, disparaît la signifiance -
où l'Autre est constitué en ceci, qu'il y a quelque part un
signifiant manquant. - 273 - Et c'est pour cette raison qu'il
peut devenir identique au sujet lui-même - 278 - je dis
signifiant , pour autant qu'il est utilisé comme tel. [Mais
"grand Phi c'est] le symbole phallus ["comme symbole à
la place où se produit le manque de signifiant"], et c'est
peut-être en effet le seul signifiant qui mérite dans notre
registre, et d'une façon absolue, le titre de symbole. - 306 -
[Si c'est le défaut su signifiant] Est-ce donc qu'il n'y peut
rentrer que comme artifice, contrebande et dégradation ? - et
c'est bien pourquoi nous ne le voyons jamais qu'en fonction de
phi imaginaire. Mais alors, qu'est-ce qui nous permet d'en parler
tout de même comme signifiant, et d'isoler Phi comme tel ? C'est
ce que j'appelle le mécanisme pervers. - [cf. "la fameuse
équivalence Girl = Phallus " perverse]. - 307 - le
signifiant, ce n'est pas simplement faire signe à quelqu'un,
mais, dans le même moment (...), faire signe de quelqu'un -
faire (...) que le quelqu'un devienne lui aussi ce signifiant.
C'est dans ce moment que je désigne expressément comme pervers,
que nous touchons du doigt l'instance du phallus. Que le phallus
qui se montre a pour effet de produire aussi chez le sujet à qui
il est montré, l'érection du phallus, ce n'est pas une
condition qui satisfasse, en quoi que ce soit, à quelque
exigence naturelle. - le phallus comme signe du désir se
manifeste comme objet du désir, comme objet d'attrait pour le
désir.
1960/61 - Le transfert - 281 - A quel moment commence à
apparaître, possiblement, le manque de signifiant ? A cette
dimension qui est subjective, et qui s'appelle la question. - 282
- L'enfant, dès lors qu'il sait s'affairer et se débrouiller
avec le signifiant, s'introduit à cette dimension qui lui fait
poser à ses parents les questions les plus importunes, dont
chacun sait qu'elles provoquent le plus grand désarroi, et, à
la vérité, des réponses presque nécessairement impotentes.
Qu'est-ce que c'est, courir ? - De quoi s'agit-il, dans ce moment
de la question ? - sinon du recul du sujet par rapport à l'usage
du signifiant lui-même, et son incapacité à saisir ce que veut
dire qu'il y ait des mots, que l'on parle - L'incapacité sentie
à ce moment par l'enfant est formulée dans la question, qui
attaque le signifiant comme tel, au moment où son action est
déjà marquée sur tout, est indélébile. - en se mettant en
question sous la forme du que suis-je ? ; il [le sujet] donne en
plein dans la métaphore, à ceci près qu'il ne s'en aperçoit
pas. - 284 - La séquelle de ce que je suis apparaît sous la
forme où elle reste comme question. Cette séquelle est pour moi
le point de visée, le point corrélatif, où je me fonde comme
idéal du moi. - Au que suis-je ? , il n'y a pas d'autre réponse
au niveau de l'Autre que le laisse-toi être . Et toute
précipitation donnée à cette réponse (...) n'est que je fuis
le sens de ce laisse-toi être . Ce que veux dire cette aventure,
au point dégradé où nous la saisissons, c'est que ce dont il
s'agit dans toute question formulée n'est pas au niveau du que
suis-je ?, mais au niveau de l'Autre, et sous la forme que
l'expérience analytique nous permet de dévoiler, du que veux-tu
? Il s'agit en ce point précis de savoir ce que nous désirons
[et non ce que nous sommes] en posant la question. C'est là
qu'elle doit être comprise. Et c'est là qu'intervient le manque
de signifiant dont il s'agit dans le grand Phi du phallus.
1961/62 - L'identification - 06/12/61 - Cette fécondité, cette
sorte de détermination qui est suspendue à ce signifié du
"A est A" ne saurait reposer sur sa vérité
puisqu'elle n'est pas vraie, cette affirmation. - le signifiant
[est fécond] de ne pouvoir être identique à
lui-même.[différence] - il n'y a pas de tautologie dans le fait
de dire que "la guerre est la guerre". Tout le monde
sait cela.
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - l'automatisme de
répétition (...) c'est ceci : c'est que si un cycle déterminé
qui ne fût que celui-là - c'est ici que se profile l'ombre du
"trauma" (...) ce n'est pas son effet traumatique que
je retiens, mais seulement son unicité - celui-là donc qui se
désigne par un certain signifiant que seul peut supporter ce que
nous apprendrons dans la suite à définir comme une lettre
(...), ce cycle là et pas un autre équivaut à un certain
signifiant, c'est à ce titre que le comportement se répète
pour faire ressurgir ce signifiant qu'il est comme tel -
1961/62 - L'identification - 06/12/61 - C'est le signifiant qui
tranche, c'est lui qui introduit la différence comme telle dans
le réel, et justement dans la mesure où ce dont ils 'agit n'est
point de différences qualitatives. -
1961/62 - L'identification - 06/12/61 - Le signifiant, à
l'envers du signe, n'est pas ce qui représente quelque chose
pour quelqu'un, c'est ce qui représente précisément le sujet
pour un autre signifiant -
1961/62 - L'identification - 24/01/62 - Une fois le signifiant
constitué, il y en a forcément deux autres avant. Un
signifiant, c'est une marque, une trace, une écriture, mais on
ne peut pas le lire seul. Deux signifiants c'est un pataque, un
coq à l'âne. Trois signifiants, c'est le retour de ce dont il
s'agit, c'est-à-dire du premier. C'est quand le pas marqué dans
la trace est transformé dans la vocalise de qui le lit en
"pas" que ce PAS, à condition qu'on oublie qu'il veut
dire le pas, peut servir d'abord dans ce qu'on appelle le
phonétisme de l'écriture, à représenter "pas", et
du même coup à transformer la trace de pas éventuellement en
le pas de trace. - 27/06/62 - une trace (....) ça ne peut
devenir un signifiant que si, cette trace, avec une paire de
ciseaux, vous en faites le tour et vous la découpez. Si vous
extrayez la trace après, cela peut devenir un sceau. Et je pense
que l'exemple vous éclaire suffisamment : un sceau représente
le sujet, l'envoyeur-pas forcément pour le destinataire : une
lettre peut toujours rester ascellée [?] ; mais le sceau est là
: pour la lettre, il est un signifiant. Eh bien, l'objet petit
"a", l'objet de la castration participe de la nature
ainsi exemplifiée de ce signifiant. C'est un objet structuré
comme cela.
1961/62 - L'identification - 28/02/62 - [c'est avec la
répétition de l'apparemment identique] qu'est créé, dégagé,
ce que j'appelle, non pas le symbole, mais l'entrée dans le
réel comme signifiant inscrit - et c'est là ce que veut dire
le terme de primauté de l'écriture. L'entrée dans le réel,
c'est la forme de ce trait répété par le chasseur primitif de
la différence absolue en tant qu'elle est là.
1961/62 - L'identification - 14/03.62 - [le névrosé] Il veut
savoir ce qu'il y a de réel dans ce dont il est la passion, à
savoir ce qu'il y a de réel dans l'effet du signifiant. - Ce
signifiant qu'il est lui-même (...) pour rien d'autre que pour
un autre signifiant. - [or] Le névrosé se livre à une curieuse retransformation de ce dont il subit l'effet. Le névrosé, somme
toute, est un innocent : il veut savoir. Pour savoir il s'en va
dans la direction la plus naturelle, et c'est naturellement du
même coup par là qu'il est leurré. Le névrosé veut
retransformer le signifiant en ce dont il est le signe. Le
névrosé ne sait pas, et pour cause, que c'est en tant que sujet
qu'il a fomenté ceci : l'avènement du signifiant en tant que le
signifiant est l'effaçage principal de la chose, que c'est lui,
le sujet qui en effaçant tous les traits de la chose fait le
signifiant. Le névrosé veut effacer cet effacement, il veut
faire que ça ne soit pas arrivé. C'est là le sens le plus
profond du comportement sommaire et exemplaire de l'obsessionnel.
Ce sur quoi il revient toujours, sans jamais bien entendu pouvoir
en abolir l'effet - car chacun de ses efforts pour l'abolir ne
fait que le renforcer - c'est de faire que cet avènement à la
fonction de signifiant ne se soit pas produit, qu'on retrouve ce
qu'il y a de réel à l'origine, à savoir de quoi tout ça est
le signe.
1961/62 - L'identification - 21/03.62 - S(A barré), le
signifiant de l'Autre en tant que l'Autre au dernier terme ne
peut se formaliser, se significantiser que comme marqué
lui-même par le signifiant, autrement dit en tant qu'il nous
impose la renonciation à tout métalangage.
1961/62 - L'identification - 09/05/62 - [la fonction de
signifiance] nous pouvons la définir par la fonction de la
coupure. - 16/05/62 - le sujet en tant que marqué par le
signifiant est proprement, dans le fantasme, coupure de a. -
23/05/62 - [prenons] la ligne du zéro originel de l'histoire
effective de la logique - nul c'est la racine du tous - Cette
ligne, pour nous, nous l'appelons coupure, une ligne - c'est
notre départ - qu'il nous faut tenir a priori pour fermée.
C'est là l'essence de sa nature signifiante - il est de la
nature de chacun de ces tours de se fonder comme différents -
C'est justement cela qui nous permet d'appréhender le réel.
1964 - Les quatre concepts
- 200 - Ce dont le sujet a à se
libérer, c'est de l'effet aphanisique du signifiant binaire [ce
pourquoi le sujet est représenté par un autre signifiant]
[aphanisis]
1964 - Les quatre concepts
- 214 - L'aliénation est liée
de façon essentielle à la fonction du couple des signifiants. -
à savoir que le signifiant est ce qui représente le sujet pour
l'autre signifiant. D'où il résulte qu'au niveau de l'autre
signifiant [S2], le sujet s'évanouit. - cf. schéma p.215 - 216
- [Fort-da] Dans les deux phonèmes, s'incarnent les mécanismes
proprement de l'aliénation - qui s'expriment (...) au niveau du
fort. Pas de fort sans da et, si l'on peut dire, sans Dasein. -
Mais justement (...) il n'y a pas de Dasein avec le fort . Cad
qu'on n'a pas le choix. Si le petit sujet peut s'exercer à ce
jeu du fort-da, c'est justement qu'il ne s'y exerce pas du tout,
car nul sujet ne peut saisir cette articulation radicale. Il s'y
exerce à l'aide d'une petite bobine, cad avec l'objet
"a". La fonction de l'exercice avec cet OBJET se
réfère à une aliénation, et non pas à une quelconque et
supposée maîtrise.
SIGNIFICATION
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 272 - la
signification d'un terme doit être définie par l'ensemble de
ses emplois possibles. Cela peut s'étendre aussi à des groupes
de termes. - Mais [comme le lui a dit Benveniste] il y a une
limite, et c'est celle-ci - la phrase, elle, n'a pas d'emploi. Il
y a donc deux zones de la signification [: la parole et le
langage]
1955/56 - Les psychoses - 185 - le préverbal (...) est, dans la
doctrine analytique, essentiellement lié au préconscient.
-participe ainsi de ce que nous pouvons appeler une Gestalt
intramondaine. - chatoiement innombrable de la grande
signification affective. - L'universelle équivalence est la loi
de ce monde-là. - 186 - on peut dire que les idées-schèmes de
Kant se situent à l'orée de ce domaine [imaginaire] -
1955/56 - Les psychoses - 208 - Dégager une loi naturelle, c'est
dégager une formule insignifiante. [Mais avec du signifiant]
Moins elle signifie quelque chose, plus nous sommes contents. -
209 - Il ne faudrait pas croire pour autant que notre physique
implique la réduction de toute signification. A la limite il y
en a une, mais sans personne pour la signifier. A l'intérieur de
la physique, la seule existence d'un système signifiant implique
au moins cette signification, qu'il y en ait un, d'Umwelt
[univers]. - 213 - le développement de l'être humain n'est
d'aucune façon directement déductible de la construction, des
interférences, de la composition des significations, cad des
instincts. -
1955/56 - Les psychoses - 310 - le je n'est jamais là où il
apparaît sous la forme d'un signifiant particulier. - Le je est
le je qui prononce le discours. - C'est à l'intérieur de cette
énonciation que le tu apparaît. - 314 - la QUESTION que je me
pose sur ce que je suis (... - ...) affleure sous des formes qui
n'ont rien d'interrogatif, comme Puissé-je y arriver ! -
toujours latente, jamais posée - 315 - si elle surgit, c'est
toujours en raison d'un mode d'apparition de la parole que nous
pouvons appeler de différentes façons, la mission, le mandat,
la délégation, ou encore, la dévolution, par référence à
Heidegger. C'est le fondement de la parole fondatrice - tu es
ceci, ma femme, mon maître - [En effet] au tu es mon maître ,
répond un certain que suis-je ? - Que suis-je pour l'être, si
tant est que je le sois ? Ce l apostrophe n'est pas le maître
pris comme objet [ce serait alors un "petit maître",
un surmoi], c'est l'énonciation totale [là est le sujet] de la
phrase qui dit je suis ton maître , comme si ton maître avait
un sens par le seul hommage que j'en reçoit. - Quelle est la
différence entre tu es celui qui me suivras partout [1] et tu es
celui qui me suivra partout [2] ? - 316 - Nous avons une
principale à la deuxième personne, tu es celui . Qui est
l'écran? Va-t-il ou non laisser passer dans la relation le tu ?
- [1] est à tout le moins une élection (...), une dévolution,
une délégation, un investissement. [2] est une constatation
[plutôt navrée]. - Si d'un côté ça verse au sacrement, de
l'autre ça irait assez vite du côté de la persécution -
[ambiguïté en français du verbe suivre. Au mieux] ça reste
ouvert. - c'est un nud, un point de serrage dans un
faisceau de significations, acquis ou non par le sujet - La
présence du tu dans le suivras intéresse la personnaison du
sujet auquel on s'adresse. - [tu es la femme qui ne m'abandonnera
pas // tu es la femme qui ne m'abandonneras pas ] je manifeste,
dans le premier cas, une beaucoup plus grande certitude, et dans
le second, une beaucoup plus grande confiance.- 317 - [cf.
également la "voix moyenne dans les langues
indo-européennes où] le sujet fait pour lui l'action dont il
s'agit. Il y a par exemple deux formes différentes pour dire Je
sacrifie , selon que c'est comme sacrificateur ou comme celui qui
offre le sacrifice. - le sujet se constitue comme tel dans le
procès ou l'état que le verbe exprime. - 318 - Tout (...)
change selon l'accent donné au signifiant - l'accent que va
prendre pour le sujet la première partie de la phrase, tu es
celui qui... , selon que la partie signifiante aura été par lui
conquise, et assumée, ou au contraire verworfen , rejetée.
[Dans l'écriture, le seul indice de changement, c'est la lettre,
le s] - 319 - Que se passe-t-il si manque le signifiant qui donne
à la phrase son poids, et son accent au tu ? Si ce signifiant
est entendu, mais si rien chez le sujet ne peut y répondre ? La
fonction de la phrase se réduit alors à la seule portée du tu
- Le tu est [tu es... : tuez] exactement celui auquel je
m'adresse, et rien d'autre. - C'est exactement ce qu'on observe
dans les phrases interrompues de Schreber, qui s'arrêtent
précisément au point où va surgir un signifiant qui reste
problématique, chargé d'une signification certaine, mais on ne
sait pas laquelle. - [Par rapport au schéma L qui est] celui de
la parole - le A est niveau du tu , le petit a' au niveau de qui
me , et le S au niveau de suivras . - 336 - tu n'a aucun sens
propre. - Il ne se confond nullement avec l'allocutaire, à
savoir celui à qui on parle. C'est évident, puisqu'il est très
souvent absent. - [Il est aussi bien dans] Au feu ! [puisque que]
ce n'est pas sans provoquer quelque réaction. - Le tu est
l'ameçonnage de l'Autre dans l'onde de la signification. / Ce
terme qui sert à identifier l'autre en un point de cette onde,
est en fin de compte (...) une ponctuation. - 338 - la
ponctuation est ce qui y joue ce rôle d'accrochage le plus
décisif. - que faut-il pour le promouvoir à la subjectivité ?
- 339 - Eh bien, je crois que c'est essentiellement quand il est
pris dans la fonction copulaire à l'état pur, et dans la
fonction ostensive. - [tu es celui qui me suivras doit se
traduire en c'est toi qui me suivra , où l'on retrouve la copule
et l'ostension. Bien entendu, cela peut déraper:] 340 - du même
coup, je sors l'autre de cet univers, je l'objective, je lui
désigne ses relations d'objet, pour peu qu'il ne demande que
ça, comme c'est le cas du névrosé. - 341 - [On retombe alors
sur] le plan du moi ou toi , l'un ou l'autre [rivalité
narcissique] - c'est le tu es celui qui me tues. [tu es celui qui
me...(forclusion) tu es celui etc = tu es celui qui me tu, qui me
tues] - ce que nous appellerons la tutoïté - [cf. Surmoi, Loi] -
343 - [Dans l'autre sens, au sens plein] C'est au tu lui-même
que nous nous adressons en tant qu'inconnu. C'est là ce qui fait
son aisance, sa force aussi, et aussi qu'il passe de tu es dans
le suivras de la seconde partie en y persistant. Il y persiste
précisément parce que dans l'intervalle il peut y défaillir.
Dans cette formule, ce n'est donc pas à un moi en tant que je le
fais voir, que je m'adresse, mais à tous les signifiants qui
composent le sujet auquel je suis opposé. Je dis tous les
signifiants qu'il possède, jusques et y compris ses symptômes.
C'est à ses dieux comme à ses démons que nous nous adressons -
et c'est pourquoi je pense que le terme d'invocation est propre
à désigner la forme la plus élevée de la phrase - Vous venez
de voir en quoi le tu dépend du signifiant comme tel.
1955/56 - Les psychoses - 303 - vous me permettrez de
représenter la fonction du signifiant par un artifice
spatialisant (...) un point de capiton. - c'est là le point où
viennent se nouer le signifié et le signifiant, entre la masse
toujours flottante des significations [cf. Saussure] - et le
texte. - [Dans Athalie de Racine] Le point de capiton est le mot
crainte , avec toutes ses connotations trans-significatives.
Autour de ce signifiant, tout s'irradie et tout s'organise, à la
façon de ces petites lignes de force formées à la surface
d'une trame par le point de capiton. C'est le point de
convergence qui permet de situer rétroactivement et
prospectivement tout ce qui se passe dans ce discours. - 304 -
pourquoi ce privilège du complexe d'dipe ? - Pourquoi
est-ce là un nud qui lui [Freud] paraît si essentiel
(...) - si ce n'est parce que la notion du père, très voisine
de celle de crainte de Dieu, lui donne l'élément le plus
sensible dans l'expérience de ce que j'ai appelé le point de
capiton entre le signifiant et le signifié. - [Dans la psychose]
le signifiant et le signifié se présentent sous une forme
complètement divisée. - [Combien faut-il de ces] points
d'attache fondamentaux entre le sa et la sé nécessaires à ce
qu'un être humain soit dit normal, et qui, lorsqu'ils ne sont
pas établis, ou qu'ils lâchent, font le psychotique - 327 - La
différence qu'il y a entre la grand'route et le sentier des
éléphants, c'est que nous, nous nous y arrêtons (...), au
point de nous agglomérer - Il arrive que nous allions nous
promener sur la grand-route, exprès (...) pour faire le même
chemin en sens contraire. Ce mouvement d'aller et retour est tout
à fait essentiel, et nous mène sur le chemin de cette évidence
- c'est que la grand-route est un site, autour de quoi non
seulement s'agglomèrent toutes sortes d'habitations, de lieux de
séjour, mais aussi qui polarise, en tant que signifiants [points
de capiton], les significations. - les villes se sont formées
(...) au nud des routes.
1955/56 - Les psychoses - 43 - [délire] [Alors que normalement
le signifiant renvoie toujours à un autre s., dans la cas du
paranoïaque] C'est une signification qui ne renvoie
foncièrement à rien qu'elle-même, qui reste irréductible. -
qui renvoie à la s. en tant que telle. - Le malade souligne
lui-même que le mot fait poids en lui-même - [Sur le plan du
signifiant on distingue] deux types de phénomènes où se
distingue le néologisme - l'intuition et la formule. /
L'intuition délirante est un phénomène plein qui a pour le
sujet un caractère comblant, inondant. - Là, le mot - avec sa
pleine emphase, comme on dit le mot de l'énigme - est l'âme de
la situation. / A l'opposé, il y a la forme que prend la s.
quand elle ne renvoie plus à rien. C'est la formule qui se
répète, qui se réitère, qui se serine avec une insistance
stéréotypée. - 44 - C'est ce que nous pouvons appeler, à
l'opposé du mot, la ritournelle.
1955/56 - Les psychoses - 65 - Que la signification soit de la
nature de l'imaginaire n'est pas douteux. Elle est, comme
l'imaginaire, toujours en fin de compte évanescente, car elle
est strictement liée à ce qui vous intéresse, cad ce en quoi
vous êtes pris.
1955/56 - Les psychoses - 327 - [forclusion] La différence qu'il
y a entre la grand'route et le sentier des éléphants, c'est que
nous, nous nous y arrêtons (...), au point de nous agglomérer -
la grand-route est un site, autour de quoi non seulement
s'agglomèrent toutes sortes d'habitations, de lieux de séjour,
mais aussi qui polarise, en tant que signifiants [points de
capiton], les significations. - les villes se sont formées (...)
au nud des routes. - 329 - Quel est le signifiant qui est
mis en suspens dans sa crise inaugurale [de Schreber] ? C'est le
signifiant procréation - la sommation de ces faits - copuler
avec une femme, qu'elle porte ensuite quelque chose pendant un
certain temps dans son ventre, que ce produit finisse par être
éjecté - n'aboutira jamais à constituer la notion de ce que
c'est qu'être père . Je ne parle même pas de tout le faisceau
culturel [imaginaire] impliqué dans le terme. - 330 - Le
signifiant être père est ce qui fait la grand route entre les
relations sexuelles avec une femme. Si la grand-route n'existe
pas, on se trouve devant un certain nombre de petits chemins
élémentaires, copuler et ensuite la grossesse d'une femme. -
Cad que, là où le signifiant ne fonctionne pas, ça se met à
parler tout seul au bord de la route, des mots écrits
apparaissent sur des écriteaux. [hallucination]
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 502 - les
corrélations du signifiant au signifiant y [dans une langue]
donnent l'étalon de toute recherche de signification - Car le
signifiant de sa nature anticipe toujours sur le sens en
déployant en quelque sorte au devant de lui sa dimension. Comme
il se voit au niveau de la phrase quand elle s'interrompt avant
le terme signification : Jamais je ne..., Toujours est-il...,
Peut-être encore... Elle n'en fait pas moins sens, et d'autant
plus oppressant qu'il se suffit à se faire attendre. - D'où
l'on peut dire que c'est dans la chaîne du signifiant que le
sens insiste , mais qu'aucun des éléments de la chaîne ne
consiste dans la signification dont il est capable au moment
même.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 20/11/57 - Il faut
que nous considérions toutes les significations humaines comme
ayant été à quelque moment métaphoriquement engendrées par
des conjonctions signifiantes - [métaphore]
1958/59 - Le désir et son interprétation - Ici le deuxième
point de recoupement [sur le graphe] est le point où se produit
le message, et est constitué par ceci : c'est que c'est toujours
par un jeu rétroactif de la suite des signifiants que la
signification s'affirme et se précise, cad que c'est après coup
que le message prend forme à partir du signifiant qui est là en
avant de lui, du code qui est en avant de lui, et sur lequel
inversement lui, le message, pendant qu'il se formule à tout
instant, anticipe, tire une traite.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 805 - Ce
point de capiton, trouvez-en la fonction diachronique dans la
phrase, pour autant qu'elle ne boucle sa signification qu'avec
son dernier terme, chaque terme étant anticipé dans la
construction des autres, et inversement scellant leur sens par
son effet rétroactif. - [cf. graphe] s(A) est ce qu'on peut
appeler la ponctuation où la signification se constitue comme
produit fini. Observons la dissymétrie de l'un [A] qui est un
lieu (place plutôt qu'espace) à l'autre [s(A)] qui est un
moment (scansion plutôt que durée).
1964 - Les quatre concepts
- 224 - il s'agit, dans la
métaphore, de marquer l'effet de sens - 225 - ce qui se passe
est qu'un signifiant substitutif est venu à la place d'un autre
signifiant, constituer l'effet de métaphore. Il renvoie ailleurs
le signifiant qu'il a chassé. Si on veut justement conserver la
possibilité d'un maniement de type fractionnel, on mettra le
signifiant disparu, le signifiant refoulé, au-dessous de la
barre principale - Par conséquent, il est faux qu'on puisse dire
que l'interprétation (...) est ouverte à tout sens sous prétexte qu'il ne s'agit que de la liaison d'un signifiant
à un signifiant, et par conséquent d'une liaison folle. - 226 -
L'interprétation est une signification qui n'est pas n'importe
laquelle. Elle vient à la place du s , et renverse le rapport
qui fait que le signifiant a pour effet, dans le langage, le
signifié. Elle a pour effet de faire surgir un signifiant
irréductible. - Elle est une interprétation significative, et
qui ne doit pas être manquée. Cela n'empêche pas que ce n'est
pas cette signification qui est, par l'avènement du sujet,
essentielle. Ce qui est essentiel, c'est voir, au-delà de cette
signification, à quel signifiant (...) il est, comme sujet,
assujetti. - à savoir dans quelque chose d'irréductible, de
non-sensical qui fonctionne comme signifiant originellement
refoulé - cf. schéma p.226 - En tant que le signifiant
primordial est pur non-sens, il devient porteur de
l'infinitisation de la valeur du sujet, non point ouverte à tous
les sens, mais les abolissant tous, ce qui est différent.
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 12 -
le terme de recherche, je m'en méfie. Pour moi, je ne me suis
jamais considéré comme un chercheur. Comme l'a dit un jour
Picasso (...) - Je ne cherche pas, je trouve. - Aussi bien, y
a-t-il sans doute quelque affinité entre la recherche qui
cherche et le registre religieux. Il s'y dit couramment - Tu ne
me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. Le déjà
trouvé est toujours derrière, mais frappé par quelque chose de
l'ordre de l'oubli. N'est-ce pas ainsi une recherche
complaisante, indéfinie, qui s'ouvre alors ? - [Dans les
sciences humaines] on y voit surgir, sous les pas de quiconque
trouve, ce que j'appellerai la revendication herméneutique, qui
est justement celle qui cherche - qui cherche la signification
toujours neuve et jamais épuisée, mais menacée d'être coupée
en herbe par celui qui trouve.
SIGNIFIE
1955 - La Chose freudienne - 414 - Le second réseau, du
signifié, est l'ensemble diachronique des discours concrètement
prononcés, lequel réagit historiquement sur le premier
[signifiant], de même que la structure de celui-ci commande les
voies du second. Ici, ce qui domine, c'est l'unité de
signification, laquelle s'avère ne jam