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Index de Lacan 1962...

 

 

 

 

Temps - Théorie - Tore - Trace - Trait - Trait d'esprit - Trait unaire - Transfert - Trauma - Trou - Un - Univers - Valeur - Vérité - Vide - Vie - Vision - Voix - Voyeurisme

 




TEMPS



1945 - Le temps logique… - 204 - [logique] [sujet] La modulation du temps dans le mouvement du sophisme : l'instant du regard, le temps pour comprendre et le moment de conclure. - y révélant une discontinuité tonale - 1° A être en face de deux noirs, on sait qu'on est un blanc . - valeur instantanée de son évidence - 205 - "A être…, alors seulement on sait qu'on est…" - 2° Si j'étais un noir, les deux blancs que je vois ne tarderaient pas à se reconnaître pour être des blancs . - L'évidence de ce moment suppose la durée d'un temps de médiation que chacun des deux blancs doit constater chez l'autre. -Mais, ce temps ainsi objectivé dans son sens, comment mesurer sa limite ? - Seul subsiste son sens avec la forme qu'il engendre de sujets indéfinis sauf par leur réciprocité . - 206 - 3° Je me hâte de m'affirmer pour être un blanc, pour que ces blancs, par moi ainsi considérés, ne me devancent pas à se reconnaître pour ce qu'ils sont . C'est là l'ASSERTION sur soi , par où le sujet conclut le mouvement logique dans la décision d'un jugement . - Passé le temps pour comprendre le moment e conclure, c'est le moment de conclure le temps pour comprendre . - c'est sous l'urgence du mouvement logique que le sujet précipite à la fois son jugement et son départ (...), la tête en avant - 207 - Progressant sur les relations propositionnelles des deux premiers moments, apodose et hypothèse , la conjonction ici manifestée se noue en une motivation de la conclusion, "pour qu'il n'y ait pas" (de retard qui engendre l'erreur), où semble affleurer la forme ontologique de l'angoisse, curieusement reflétée dans l'expression grammaticale équivalente, "de peur que" (le retard n'engendre l'erreur)… - [Dans cette "assertion subjective"] le jugement qui conclut le sophisme ne peut être porté que par le sujet qui en a formé l'assertion sur soi (...) au contraire des relations du sujet impersonnel et du sujet indéfini réciproque des deux premiers moments - Le "je" , sujet de l'assertion conclusive, s'isole par un battement de temps logique d'avec l'autre, cad avec la relation de réciprocité. - De même que (...) le "je" psychologique se dégage d'un transitivisme spéculaire indéterminé, par l'appoint d'une tendance éveillée comme jalousie, le "je" dont il s'agit ici se définit par la subjectivation d'une concurrence avec l'autre dans la fonction du temps logique. - 209 - si le doute, depuis Descartes, est intégré à la valeur du jugement, (...) [ici] cette valeur tient moins au doute qui la suspend qu'à la certitude anticipée qui l'a introduite.
1953 - Le Réel, l'Imaginaire, le Réel - C'est ce qui caractérise l'espèce humaine, justement, d'environner le cadavre de quelque chose qui constitue une sépulture, de maintenir le fait que "ceci a duré". Le tumulus ou n'importe quel autre signe de sépulture mérite très exactement le nom de symbole, de quelque chose d'humanisant.
1953 - Les écrits techniques de Freud - dans l'analyse (...) ça va dans le bon ordre - de l'avenir au passé. Vous pourriez croire que vous êtes en train de chercher le passé du malade dans une poubelle, alors qu'au contraire, c'est en fonction du fait que le malade a un avenir que vous pouvez aller dans le sens régressif. - 181 - Et alors, comment expliquer le retour du refoulé? Si paradoxal que ce soit, il n'y a qu'une façon de le faire - ça ne vient pas du passé, mais de l'avenir. - 182 - ce que nous voyons sous le retour du REFOULE est le signal effacé de quelque chose qui ne prendra sa valeur que dans le futur, par sa réalisation symbolique, son intégration à l'histoire du sujet. Littéralement, ce ne sera jamais qu'une chose qui, à un moment donné d'accomplissement, aura été .
1954/55 -
Le moi dans la théorie de Freud… - 335 - [cf. l'apologue des 3 prisonniers] La parole s'introduit [quand le sujet] (..) affirme tout simplement - Je suis blanc . - Je ne vous donne pas ça comme un modèle de raisonnement logique, mais comme un sophisme, destiné à manifester la distinction qu'il y a entre le langage appliqué à l'imaginaire - car les deux autres sujets sont parfaitement imaginaires pour le troisième, il les imagine, ils sont seulement la structure réciproque en tant que telle - et le moment symbolique du langage, cad le moment de l'affirmation. - 336 - Il y a une troisième dimension du temps qui (..) ne leur appartient pas [aux machines], et que j'essaie de vous imaginer par ce mouvement qui n'est ni le retard, ni l'avance, mais la hâte, liaison propre de l'être humain au temps, au chariot du temps, qui est là, à le talonner par derrière. C'est là que se situe la parole, et que ne situe pas le langage [des machines], qui, lui, a tout le temps.




THEORIE



1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 260 - La libido permet de parler du désir en des termes qui comportent une objectivation relative. - la notion de libido est une forme d'unification du champ des effets psychanalytiques. [mais tout de même peut-être liée à l'introduction du narcissisme : 1915, quelque chose de plus précis] - son usage se situe dans la ligne traditionnelle de toute théorie comme telle, qui tend à aboutir à un monde. - [Or] Rien n'est plus éloigné de l'expérience freudienne. - 261 - Le monde freudien n'est pas un monde des choses, c'est un monde du désir en tant que tel. - Le désir est un rapport d'être à manque. Ce manque est manque d'être à proprement parler. Ce n'est pas manque de ceci ou de cela - La libido, mais non plus dans son usage théorique en tant que quantité, est le nom de ce qui anime le conflit foncier qui est au
cœur de l'action humaine. - 263 - le désir sexuel n'a rien d'objectivé dans notre expérience. Ce n'est pas une abstraction, ni un x épuré, comme est devenue la notion de force en physique. - Mais ce à quoi nous avons à faire, c'est à un sujet qui est là, qui est vraiment désirant, et le désir dont il s'agit est préalable à toute espèce de conceptualisation - toute conceptualisation sort de lui. [cf. Freud : la théorie sort de la libido ; elle-même n'est pas théorique, au sens de totale]




TORE



1961/62 - L'identification - 07/03.62 - une structure topologique [qui est] nécessairement celle du sujet, laquelle comporte qu'il y ait certains de ses lacs qui ne puissent pas être réduits - il y a sur ce tore un certain nombre de cercles traçables ; celui-là, en tant qu'il se bouclerait je l'appellerai (...) "cercle plein". - supposons donc que toute énonciation synthétique - il y en a un certain nombre au principe du sujet et pour le construire - eh bien se déroule selon un de ces cercles, dit cercles pleins - Voilà donc la série des tours qui font dans la répétition unaire que ce qui revient est ce qui caractérise le sujet primaire dans son rapport signifiant d'automatisme de répétition. - [Mais] Il n'y a pas que cette boucle là qui nous intéresse comme irréductible, il y en a d'autres que vous pouvez dessiner à la surface du tore (...) que nous appellerons les cercles vides. Ils font le tour de ce trou. - [or] pour autant que le sujet parcourt la succession des tours [pleins], il s'est nécessairement trompé d'un dans son compte, et nous voyons ici reparaître le moins-un - Ceci pour la simple raison que le tour qu'il ne peut pas compter, c'est celui qu'il a fait en faisant le tour du tore - ce tour qui manque au compte, c'est justement ce que le sujet inclut dans les nécessités de sa propre surface d'être infiniment plat [on s'en aperçoit en coupant le tore dans sa longueur comme dans son épaisseur : on obtient une surface et un trait oblique représentant ensemble les deux cercles] que la subjectivité ne saurait saisir, sinon par un détour : le détour de l'Autre.




TRACE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - ce qu'on appelle le matériel signifiant participe toujours quelque peu au caractère évanescent de la trace. - Ce n'est pourtant pas là un signifiant. - C'est [seulement] à partir du moment où l'on efface, où cela a un sens d'effacer, que le quelque chose qui est trace est manifestement constitué comme signifié [ou alors la trace n'est signifiant qu'en tant qu'elle est susceptible de disparaître ; certainement pas au sens où, comme signe, elle ferait disparaître une chose, et encore moins où elle en serait l'empreinte.] - ce qui reste, c'est la place [et non la trace] où l'on a effacé - le signifiant comme tel, c'est quelque chose qui peut être effacé, qui ne laisse plus que sa place - Je veux dire que l'une des dimensions fondamentales du signifiant, c'est de pouvoir s'annuler lui-même.
1961/62 - L'identification - 24/01/62 - Une fois le signifiant constitué, il y en a forcément deux autres avant. Un signifiant, c'est une marque, une trace, une écriture, mais on ne peut pas le lire seul. Deux signifiants c'est un pataque, un coq à l'âne. Trois signifiants, c'est le retour de ce dont il s'agit, c'est-à-dire du premier. C'est quand le pas marqué dans la trace est transformé dans la vocalise de qui le lit en "pas" que ce PAS, à condition qu'on oublie qu'il veut dire le pas, peut servir d'abord dans ce qu'on appelle le phonétisme de l'écriture, à représenter "pas", et du même coup à transformer la trace de pas éventuellement en le pas de trace. - 27/06/62 - une trace (....) ça ne peut devenir un signifiant que si, cette trace, avec une paire de ciseaux, vous en faites le tour et vous la découpez. Si vous extrayez la trace après, cela peut devenir un sceau. Et je pense que l'exemple vous éclaire suffisamment : un sceau représente le sujet, l'envoyeur-pas forcément pour le destinataire : une lettre peut toujours rester ascellée [?] ; mais le sceau est là : pour la lettre, il est un signifiant. Eh bien, l'objet petit "a", l'objet de la castration participe de la nature ainsi exemplifiée de ce signifiant. C'est un objet structuré comme cela.
1961/62 - L'identification - 24/01.62 - [effacer la trace] là je suis sûr que j'ai affaire à un sujet réel. Observez que, dans cette disparition de la trace, ce que le sujet cherche à faire disparaître c'est son passage, de sujet, à lui. La disparition est redoublée de la disparition visée qui est celle de l'acte lui-même de faire disparaître. - moments de fading proprement liés à ce battement en eclipse de ce qui n'apparaît que pour disparaître et reparaît pour de nouveau disparaître, ce qui est la marque du sujet comme tel. Ceci dit, si la marque est effacée, le sujet en entoure la place d'un cerne, quelque chose qui dès lors le concerne, lui ; le repère de l'endroit où il a trouvé la trace, eh bien vous avez là la naissance du signifiant.




TRAIT



1961/62 - L'identification - 10/01/62 - le nom propre en tant qu'il spécifie comme tel l'enracinement du sujet, est plus spécialement lié qu'un autre, non pas à la phonématisation comme telle, à la structure du langage, mais à ce qui déjà dans le langage est prêt, si l'on peut dire, à recevoir cette information du trait - d'un langage à l'autre il ne se traduit pas, puisqu'il se transpose simplement, il se transfère -
1961/62 - L'identification - 10/01/62 - le trait est ce qu'il y a de plus détruit, de plus effacé d'un objet. Si c'est de l'objet que le trait surgit, de quelque chose de l'objet que le trait retient, justement son unicité - [c'est bien qu'il s'agit de] ce rapport de l'objet à la naissance de quelque chose qui s'appelle ici le signe, pour autant qu'il nous intéresse dans la naissance du signifiant -




TRAIT D'ESPRIT



1953 - Fonction et champ de la parole… - 149 - Nulle part l'intention de l'individu n'est en effet plus manifestement dépassée par la trouvaille du sujet (...), puisque non seulement il faut que quelque chose m'ait été étranger dans ma trouvaille pour que j'y aie mon plaisir, mais il faut qu'il en reste ainsi pour qu'elle porte. Ceci prenant sa place de la nécessité (...) du tiers auditeur toujours supposé, et du fait que le mot d'esprit ne perd pas son pouvoir dans sa transmission au style indirect.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - [cf. l'exemple de Freud : familionnaire avec millionnaire + familier, à la place de familier] il y a quelque chose qui est tombé, qui est éludé - [et] quelque chose est resté - [ce qui est refoulé, comme le "Signor" de Freud, va se mettre à tourner en rond entre le code et le message] - quelque chose s'est produit qui a comprimé, embouti l'un dans l'autre, le familier et le millionnaire - Il y a donc là quelque chose qui est une sorte de cas particulier de la fonction de substitution, cas particulier dont il reste en quelque sorte des traces. La condensation (...) est une forme particulière de ce qui peut se produire au niveau de la fonction de substitution. - [A la formation du mot d'esprit, il y a un endroit et un envers, métaphore et métonymie. Pour pouvoir reconnaître une métaphore, il faut considérer deux choses : 1) le centre du phénomène, à savoir ce qui s'est produit au niveau de la création signifiante, 2) son essence qui est la sanction donnée par l'Autre à cette création elle-même.] - C'est en cela qu'est la distinction du trait d'esprit par rapport à ce qui est pur et simple phénomène, relation de symptôme par exemple, c'est dans le passage à la fonction seconde [cette sanction de l'Autre] que gît le trait d'esprit lui-même. - [Dans le cad de "familionnaire", la métaphore, le trait d'esprit dont réussis. Il n'empêche qu'il reste un résidu, disons le déchet même de la création métaphorique, savoir ce qui se ballade quelque part entre code et message, le mot "familier" bien sûr.] - 27/11/57 - [le mot d'esprit n'est tout de même pas identique à la métaphore] [dans l'ex. donné par Lacan du "veau d'or", l'esprit consiste au contraire] à subvertir toutes les références où ce veau d'or est son expression métaphorique - c'est à deux dimensions différentes de quelque chose (...) que l'expérience du trait d'esprit se réfère - quelque chose qui paraît escamotage, tour de passe-passe, faute de pensée, c'est le trait commun [du trait d'esprit] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - à l'abris du trait d'esprit quelque chose s'est satisfait, qui est cette tendance agressive du sujet qui ne se manifesterait pas autrement. Il ne serait pas permis de parler (...) grossièrement d'un confrère en littérature [par ex., sinon par un trait d'esprit, piquant ou méchant] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 06/11/57 - il n'est pas dans le code. Tout est là. le message en principe est fait pour être dans un certain rapport de distinction avec le code, mais là c'est sur le plan du signifiant lui-même que manifestement il est en violation du code - Le message [du Witz] gît dans sa différence même d'avec le code. - Cette différence est sanctionnée par l'Autre. - il y a deux choses dans le livre de Freud sur le trait d'esprit : c'est la promotion de la technique signifiante, [et] la référence expresse à l'Autre comme tiers - le COMIQUE est la relation duelle, mais il faut qu'il y ait le tiers-Autre pour qu'il y ait le trait d'esprit - L'Autre renvoie la balle, cad range dans le code en tant que trait d'esprit, il dit dans le code que ceci est un trait d'esprit.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 20/11/57 - Le sens qui est à créer est justement ceci qui se situe quelque part en suspens entre le moi et l'Autre. C'est une indication qu'il y a quelque chose qui au moins pour l'instant laisse à désirer. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - C'est de toutes les implications métaphoriques qui sont en quelque sorte d'ores et déjà empilées et comprimées dans le langage, qu'il s'agit - à l'état non actif, latent - C'est cela qui va être recherché, c'est cela que j'invoque dans le trait d'esprit, que je cherche à éveiller dans l'Autre, dont je confie en quelque sorte à l'Autre le support, et pour tout dire je ne m'adresse à lui que pour autant que ce que je fais entrer en jeu ans mon trait d'esprit, est quelque chose que je suppose déjà reposer en lui.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - J'ai insisté (...) sur le procédé d'immobilisation de l'autre (...) la façade du mot d'esprit, ce quelque chose qui détourne en que sorte l'attention de l'autre du chemin par où va passer le mot d'esprit, ce quelque chose qui en somme fixe l'inhibition quelque part, précisément pour laisser libre ailleurs le chemin par où va passer la parole spirituelle. [adressée à l'Autre, cette fois] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - [Signorelli...] cet oubli n'est pas un oubli absolu, un trou, une béance, c'est qu'il se présente autre chose à la place, d'autres noms - ce qu'on peut appeler une approximation métonymique. - une formation [non de substitution](...) mais de combinaison. - Bosnie, Herzegovine, sont les ruines métonymiques de l'objet dont il s'agit qui est derrière les différents éléments particuliers qui sont venus jouer là, et dans un passé immédiat qui est derrière cela, le "herr" absolu, la mort. - [refoulement du signifiant "herr", via le refoulement de "signor", qui lui est substituable] - mais cela ne veut pas dire que la substitution soit la métaphore. - cela veut dire que la substitution est une possibilité d'articulation du signifiant [qui, en tant qu'opération, sert aussi à la métonymie], et que la métaphore s'y exerce avec sa fonction de création de signifié - [En l'occurrence, de "herr" à "signor"] cette substitution hétéronyme n'est pas une métaphore [mais une métonymie] - [mais par rapport à "Signorelli", cad son contexte propre, qui est cette spéculation autour de la mort, "Signor" représente bien une métaphore qui va servir à apprivoiser le signifiant refoulé "herr"] - [ce signifiant refoulé] est renvoyé comme une balle entre le code et le message - il tourne en rond - pour constituer une mémoire [élémentaire, inconsciente, machinique, dans la chaîne signifiante] - [par contre il est unterdruck au niveau du discours] - et ce que vous retrouvez, ce qui vous permet de vous remettre sur les traces du signifiant perdu, ce sont les restes métonymiques de l'objet. - 20/11/57 - [il faut prêter attention à ces restes surtout évidemment lorsque la création métaphorique n'est pas réussie, comme c'est le cas pour l'oubli d'un nom, que rien ne vient sauver, remplacer vraiment. [bien que l'on puisse parler d'une tentative de création métaphorique, création appelée par Freud] - [Pas confondre : c'est Signorelli qui est oublié, c'est Signor qui est refoulé en tant que] déchet signifiant refoulé de quelque chose [de subjectif] qui se passe à la place où l'on ne retrouve pas Signorelli. - [et ce qui se passe réellement], ce dont il s'agit, ce n'est pas d'une perte du nom de Signorelli, c'est d'un X que je vous introduis ici (...) ; cet X c'est cet appel de la création significative - [c'est le désir qui est ici en jeu] - oublier un nom, ce n'est pas simplement une négation, c'est un manque, mais un manque (...) de ce nom. Ce n'est pas parce que ce nom n'est pas attrapé que c'est le manque, [c'est ce nom qui est un manque, en tant qu'à la place où ce nom devrait exercer sa fonction,](...) un nouveau sens est requis, qui exige une nouvelle création métaphorique. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - [être] ce "je pense donc je suis", il est difficile de la saisir à la pointe de son ressort, et il n'est peut-être d'ailleurs qu'un trait d'esprit. Le cogito cartésien est effectivement expérimenté dans la conscience de chacun de nous, non pas comme un "je pense donc je suis", mais comme un "je suis comme je pense" [métaphore et/ou métonymie, comme dans le mot d'esprit], et bien entendu ceci suppose derrière un "je pense comme je respire", naturellement.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/12/57 - [plaisir] la façon dont il frappe d'abord par le non-sens, dont d'autre part il nous attache et nous récompense par l'apparition de je ne sais quel sens secret - la dimension de la surprise est elle-même consubstantielle à ce qu'il en est du désir, pour autant qu'il est passé au niveau de l'inconscient - [ici réside toute l'ambiguïté du mot d'esprit] - c'est à ciel ouvert que se produit cette balle renvoyée entre message et autre [=code] - L'objet du mot d'esprit est de nous réévoquer cette dimension par laquelle le désir sinon rattrape, du moins indique tout ce qu'il a perdu en cours de route dans ce chemin, à savoir ce qu'il a laissé au niveau de la chaîne métonymique d'une part, de déchets, et d'autre part ce qu'il ne réalise pas pleinement au niveau de la métaphore [en quoi consiste en quelque sorte le fait d'obtenir satisfaction à sa demande ; le plaisir du mot d'esprit consiste alors à reprendre, de réévoquer, à l'aide du signifiant, de la création verbale, cette mythique satisfaction.]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/12/57 - ce n'est pas à dire que ce soit le non-sens [mais plutôt à cause d'une perte de sens liée à l'assomption de la valeur, disons plutôt] (...) le peu de sens. - à la fois réussite, échec, mais forme nécessaire de toute formulation de la demande, et qui [parce qu'il] vient interroger l'autre à propos de ce peu de sens - [Le trait d'esprit comme "demande de sens" à l'autre? - Autre.] Nous éprouvons le besoin de le proposer à l'autre - Le trait d'esprit ne s'achève qu'au-delà de ceci, cas pour autant que l'autre accuse le coup, répond au trait d'esprit, l'authentifie comme trait d'esprit, cad perçoit ce que dans ce véhicule comme tel de la question sur le peu de sens, ce qu'il y a de demande de sens, cad d'évocation d'un sens au-delà - [dans le schéma] l'autre répond à cela (...) sur le circuit supérieur, celui qui va de A au message [mais en passant "par le haut"] - Je vous propose la formule de pas-de-sens - comme dit le pas-de-vis, le pas-de-quatre, (...) le Pas-de-Calais. - 11/12/57 - [Le sens, le pas-de-sens] ce qu'il a de toujours métaphorique, d'allusif (...), ce en quoi le besoin à partir du moment où il est passé par la dialectique de la demande introduite par l'existence du signifiant, ce besoin n'est en quelque sorte jamais rejoint. C'est par une série de pas semblables à ceux par lesquels Achille ne rejoint jamais la tortue, que tout ce qui est du langage procède et tend à recréer ce sens plein, ce sens ailleurs, ce sens pourtant jamais atteint. - [Par ailleurs il représente bien quand même une sorte de "décharge", une libération:] ce pas-de-sens dans l'occasion est dans le sens d'une réduction de la valeur [signification, ici], d'une désexorcisation de quelque chose de fascinant [d'inhibant ; cf. l'histoire de Queneau avec le cheval] - d'habitude le trait d'esprit est là ambiant dans tout ce que je suis en train de raconter dès lors que je parle, et je parle forcément dans le double registre de la métonymie et de la métaphore. Ce peu-de-sens [métonymie?] et ce pas-de-sens [métaphore?] sont tout le temps en train de s'entrecroiser -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - une fonction signifiante qui lui est propre en tant que signifiant échappant au code - Il y a là quelque chose de nouveau qui apparaît, qui peut être noué au ressort même de ce qu'on peut appeler le progrès de la langue, son changement.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - "...vivre maritablement [maritalement + misérablement] - Vous voyez là à quel point le message dépasse, non pas celui que j'appellerais le messager, car c'est vraiment le messager des dieux qui parle par la bouche de cet innocent, mais dépasse le support de la parole [attendu que le patient de Lacan n'a pas fait un mot d'esprit volontaire] - Il n'en reste pas moins que mis à sa place, justement dans l'Autre, c'est un mot d'esprit particulièrement sensationnel et brillant. - cela peut-être un mot d'esprit, cela peut être un lapsus, je dirais même plus : cela peut être purement et simplement une sottise, une naïveté linguistique [cf. mots d'enfants] - 11/12/57 - [dans le mot d'esprit] le sujet est bien là celui qui parle - [mais à la condition] d'en faire l'épreuve sur l'autre - cet Autre qui est en quelque sorte le corrélatif du sujet. 

 



TRAIT UNAIRE



1961/62 - L'identification - 22/11/61 - [Descartes] met en question le sujet lui-même et, malgré qu'il ne le sache pas, c'est du sujet supposé savoir qu'il s'agit ; ce n'est pas de se reconnaître dans ce dont l'esprit est capable qu'il s'agit pour nous, c'est du sujet lui-même comme acte inaugural qu'il est question. - cette démarche insensée de Descartes (...) a tous les caractères de ce que nous appelons (...) un passage à l'acte. - Il se situe au niveau de ce stade nécessairement insuffisant, et en même temps nécessairement primordial, toute tentative ayant le rapport le plus radical, le plus originel au désir - [Quant au Dieu de Descartes,il ] est ce Dieu qui doit assurer la vérité de tout ce qui s'articule comme tel. c'est le vrai du vrai, le garant que la vérité existe et d'autant plus garant qu'elle pourrait être autre - Qu'est-ce à dire ? sinon que nous nous trouvons là dans tout ce qu'on peut appeler la batterie du signifiant confrontée à ce trait unique (...) que nous connaissons déjà, et pour autant qu'à la rigueur il pourrait être substitué à tous les éléments de ce qui constitue la chaîne signifiante, la supporter cette chaîne à lui seul et simplement d'être toujours le même. Ce que nous trouvons à la limite de l'expérience cartésienne comme tel du sujet évanouissant, c'est la nécessité de ce garant, du trait de structure le plus simple - La fondation de l'un que constitue ce trait n'est nulle part prise ailleurs que dans son unicité : comme tel on ne peut dire de lui autre chose sinon qu'il est ce qu'a de commun tout signifiant d'être avant tout constitué comme trait, d'avoir ce trait pour support. - [il s'agit à] cette pente presque nécessairement idéaliste qu'a toute articulation du sujet dans la tradition classique, lui substituer cette fonction d'idéalisation en tant que sur elle repose cette nécessité structurale qui est la même que j'ai déjà devant articulée sous la forme de l'idéal du moi, en tant que c'est à partir de ce point, non pas mythique, mais parfaitement concret d'identification inaugurale du sujet au signifiant radical (...) du trait unique comme tel, que toute la perspective du sujet comme ne sachant pas peut se déployer d'une façon rigoureuse.
1961/62 - L'identification - 29/11/61 - c'est sur lui que se concentre pour nous la fonction d'indiquer la place où est suspendue dans le signifiant (...) la question de sa garantie, de sa fonction, de ce à quoi ça sert, ce signifiant, dans l'avènement de la vérité. -
1961/62 - L'identification - 14/03.62 - [cf. tore] [Nécessité] de définir chacun des tours comme un un, irréductiblement différent. Pour que ceci soit réel, à savoir que cette vérité symbolique, puisqu'elle suppose le comput, le comptage, soit fondé, s'introduise dans le monde, il faut et il suffit que quelque chose soit apparu dans le réel qui est le trait unaire. On comprendra que devant ce I, qui est tout ce qui donne sa réalité à l'idéel, c'est tout ce qu'il y a de réel dans le symbolique et ça suffit - aux origines de la pensée [Platon] (...) le I était le bien, le beau, le vrai, l'être suprême. -
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - [le trait unaire] c'est l'unicité comme telle du tour dans la répétition. - la notion de la fonction de la répétition dans l'ics se distingue absolument de tout cycle naturel; en ce sens que ce qui est accentué ça n'est pas son retour, c'est (...) son unicité signifiante, et en tant qu'un des tours de la répétition, si l'on peut dire, a marqué le sujet qui se met à répéter ce qu'il ne saurait bien sûr que répéter puisque cela ne sera jamais qu'une répétition, mais dans le but de faire ressurgir l'unaire primitif d'un de ses tours.
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - [exclusion] pourquoi ne pas voir que, dans la structure de la classe elle-même comme telle, un nouveau départ nous est offert si, au rapport d'inclusion, nous substituons un rapport d'exclusion comme le rapport radical ? - le vrai fondement de la classe n'est ni son extension, ni sa compréhension - Autrement dit les mammifères, par exemple (...) c'est ce qu'on exclut des vertébrés par le trait unaire "mamme". - Cela veut dire que le fait primitif est que le trait unaire peut manquer, qu'il y a d'abord absence de mamme et qu'on dit : il peut se faire que la mamme manque, voilà ce qui constitue la classe des mammifères.
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - Si j'identifie cette fonction du trait unaire, si j'en fais la figure dévoilée de cet eirziger zug de l'identification, (...) pointons qu'il s'agit de l'identification de la deuxième espèce (...] [que Freud] appelle régressive, pour autant que c'est lié à quelque abandon de l'objet qu'il définit comme l'objet aimé. Cet objet aimé va de la femme aux livres rares.
1961/62 - L'identification - 28/02/62 - [Ce que Freud appelle] narcissisme des petites différences, c'est la même chose que ce que l'appelle la fonction du trait unaire (...) ; c'est à partir de cette petite différence [cad différence absolue], en tant qu'elle est la même chose que le grand I, l'Idéal-du-moi, que peut s'accommoder toute visée narcissique




TRANSFERT



1948 - L'agressivité en psychanalyse - 106 - Thèse III : Les ressorts D'AGRESSIVITÉ décident des raisons qui motivent la technique de L'ANALYSE. - 107 - c'est la participation à son mal que le malade attend de nous. - [Mais] Seuls les saints sont assez détachés de la plus profonde des passions communes pour éviter les contrecoups agressifs de la charité. - Nous devons pourtant mettre en jeu l'agressivité du sujet à notre endroit, puisque ces intentions, on le sait, forment le transfert négatif qui est le nœud inaugural du drame analytique. Ce transfert représente chez le patient le transfert imaginaire sur notre personne d'une des imagos plus ou moins archaïques - 108 - Loin de l'attaquer de front, la maïeutique analytique adopte un détour qui revient en somme à induire dans le sujet une PARANOIA dirigée - opérer la projection de ce que Mélanie Klein appelle les mauvais objets internes , mécanisme paranoïaque certes, mais ici bien systématisé, filtré en quelque sorte et étanché à mesure. - Encore, répétons-le, cette imago ne se révèle-t-elle que pour autant que notre attitude offre au sujet le miroir pur d'une surface sans accidents.
1951 - Intervention sur le transfert - 225 - Ne peut-on ici le considérer [le contre transfert] comme une entité toute relative au contre-transfert défini comme la somme des préjugés, des passions, des embarras, voire de l'insuffisante information de l'analyste à tel moment du procès dialectique ?
1953 - Les écrits techniques de Freud - 127 - Dans son essence, le transfert (...) c'est tout simplement l'acte de la parole. Chaque fois qu'un homme parle à un autre d'une façon authentique et pleine (...) - il se passe quelque chose qui change la nature des deux êtres en présence. / Mais il s'agit là d'un autre transfert que celui qui s'est d'abord présenté dans l'analyse non seulement comme un problème, mais comme un obstacle. Cette [dernière] fonction, en effet, est à situer sur le plan imaginaire.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 130 - Il ne s'agit pas de l'amour en tant qu'Eros (...) mais de l'amour-passion (...) comme une sorte de catastrophe psychologique.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 50 - "Toutes les fois que l'on se rapproche d'un complexe pathogène, c'est d'abord la partie complexe pouvant devenir transfert qui se trouve poussée vers le conscient et que le patient s'obstine à défendre avec la plus grande ténacité." (Freud) - [La résistance est donc un phénomène lié au transfert ; elle n'a pas d'existence autonome. Plus exactement] - 52 - Quand cette résistance devient trop forte, surgit le transfert. [lequel est identiquement un phénomène de résistance, donc].
1957 - Entretien (L'Express) - Ce n'est pas d'effets instinctuels à leur puissance première que Freud traite. Ce qui est analysable l'est pour autant qu'il est déjà articulé dans ce qui fait la singularité de l'histoire du sujet. Si le sujet peut s'y reconnaître, c'est dans la mesure où la psychanalyse permet le "transfert" de cette articulation.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 518 - C'est dans une mémoire, comparable à ce qu'on dénomme de ce nom dans nos modernes machines-à-penser (fondées sur une réalisation électronique de la composition signifiante), que gît cette chaîne qui insiste à se reproduire dans le transfert, et qui est celle d'un désir MORT. / C'est la vérité de ce que ce désir a été dans son histoire, que le sujet crie par son symptôme - 519 - C'est aussi pourquoi la psychanalyse seule permet de différencier, dans la mémoire, la fonction de remémoration. Enracinée dans le signifiant, elle résout, par l'ascendant de l'histoire dans l'homme, les apories platoniciennes de la réminiscence.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/06/58 - C'est donc que le transfert est autre chose que l'usage d'un pouvoir, le transfert est déjà un champ ouvert, la possibilité d'une articulation signifiante autre et différente de celle qui enferme le sujet dans sa demande [de sa demande quotidienne, ou de sa demande immédiate de satisfaction en analyse ; en arrière-plan se trouve la demande d'amour au niveau du transfert comme tel.] - [notre attitude en la matière est "abstentionniste", ou "abstinence", elle] consiste à ne jamais comme telle gratifier la demande. - [Entre les deux lignes, il y a le désir, et ce qui résiste à toute suggestion, particulièrement dans l'analyse face aux interprétations parfois hâtives de l'analyste , c'est ceci : le désir d'avoir son désir. - cette RÉSISTANCE (...) est la même chose que le transfert [elle se situe au même niveau, qui n'est pas celui où on la place d'habitude].
1960-61 - Le Transfert - [métaphore] C'est en tant que la fonction de l'érastès, de l'aimant, pour autant qu'il est le sujet du manque, vient à la place, se substitue à la fonction de l'érôménos, l'objet aimé, que se produit la signification de l'amour. - 67 [et] quand c'est vous qui étiez d'abord l'érôménos, l'objet aimé, et que soudain vous devenez l'érastès, celui qui désire. - 68 - Aussi bien cette symétrie n'en est pas une, car en tant que la main se tend [désirante], c'est vers un objet. La main qui apparaît de l'autre côté est le miracle [de l'amour] - [il en résulte que même si l'amour apporte en quelque sorte une "réponse" au DÉSIR, la structure de l'amour est bien initialement de désir] - 179 - [Dès l'entrée d'Alcibiade] il va être question de faire l'ÉLOGE, épaïnos , de l'autre, et c'est précisément en cela, quant au dialogue, que réside le passage de la métaphore. L'éloge de l'autre se substitue non pas à l'éloge de l'amour, mais à l'amour lui-même [faire l'éloge c'est faire l'amour, c'est déjà aimer] - 183 - le fait que Socrate se refuse à entrer lui-même dans le jeu de l'amour est étroitement lié à ceci (...) que, pour lui, il n'y a rien en lui qui soit aimable. Son essence est ce vide, ce creux - [au contraire d'Agathon qui, lui, est "plein"... comme
un œuf] A savoir que, sauf concernant les choses de l'amour, il ne sait rien. - 190 - [Accessoirement - et c'est là qu'il faut interpréter - Alcibiade s'est tourné vers Agathon et le met en garde contre Socrate ; mais l'on voit que tel est le but, depuis le départ, d'Alcibiade : draguer Agathon ; il aura fallu pour cela que Socrate fasse l'éloge d'Agathon - c'est cela le "désir de l'analyste" - afin de] faire passer [c'est cela le transfert], moi Socrate, l'image de toi aimant, c'est par là que tu vas entrer dans la voie des identifications supérieures que trace le chemin de la beauté. Ce serait oublier que] le désir dans sa racine et son essence, c'est le désir de l'Autre, et c'est ici à proprement parler qu'est le ressort de la naissance de l'amour, si l'amour, c'est ce qui se passe dans cet objet vers lequel nous tendons la main par notre propre désir, et qui, au moment où notre désir fait éclater son incendie, nous laisse apparaître un instant cette réponse, cette autre main qui se tend vers nous comme son désir.
1960/61 - Le transfert - 368 - La nécessité où nous sommes de répondre au transfert intéresse-t-il notre être [d'analyste], où s'agit-il simplement de définir une conduite à tenir, un handling (...), un how to , une comment faire ? cela intéresse notre être. Ne vous y trompez pas, cette espèce de remarque massive me paraît tout ce qu'il y a de plus heurtant, dans la mesure précisément où elle dit quelque chose de juste, et où elle le dit d'une façon qui ferme tout de suite la porte. Elle est bien faite pour me mettre en boule. - l'analyste joue son rôle transférentiel précisément dans la mesure où il est pour le malade ce qu'il n'est pas sur le plan de ce qu'on peut appeler la réalité. C'est ce qui nous permet (...) de faire apercevoir au malade à quel point il est loin du réel, à cause de ce qu'il produit de fictif à l'aide du transfert.
1960/61 - Le Transfert - 229 - Du seul fait qu'il y a transfert, nous sommes impliqués dans la position d'être celui qui contient l'agalma - C'est un effet légitime du transfert. Il n'est pas besoin de faire intervenir pour autant le contre-transfert, comme s'il s'agissait de quelque chose qui serait la part propre, et bien plus encore, la part fautive de l'analyste. Seulement, pour le reconnaître, il faut que l'analyste sache certaines choses. Il faut qu'il sache en particulier que le critère de sa position correcte n'est pas qu'il comprenne ou qu'il ne comprenne pas. Il n'est pas absolument essentiel qu'il comprenne. [Ce n'est pas quand il ne comprend pas, c'est quand l'analyste cherche à comprendre que se produit le contre-transfert.] - 230 - C'est seulement en tant, certes, qu'il sait ce que c'est que le désir, mais qu'il ne sait pas ce que ce sujet, avec lequel il est embarqué dans l'aventure analytique, désire, - qu'il est en position d'en avoir en lui, de ce désir, l'objet. - [Et lorsque l'analysant comprend que l'analyste "ne sait pas vraiment, alors il le désire en fin comme désirant, cad qu'enfin il désire le désir.]
1960-61 - Le Transfert - 46 - Il y a deux choses dans mon discours passé que j'ai notées concernant l'amour, et je vous les rappelle. La première est que l'amour est un sentiment comique [le tragique renverrai à une conception de l'amour divin, plato- et néoplatonicien]. - La seconde (...) c'est que l'amour, c'est de donner ce qu'on a pas. [exit la complémentarité] - l'amour grec nous permet de dégager dans la relation de l'amour les deux partenaires au neutre. Il s'agit de ce quelque chose de pur qui s'exprime naturellement au genre masculin - saisir le moment de bascule, de retournement où de la conjonction du désir avec son objet en tant qu'inadéquat, doit surgir cette signification qui s'appelle l'amour - [l'amour surgit comme signification parce qu'il est transfert de a à z, cad comme métaphore, simple 'transport' ou substitut de ce qu'il en est réellement du désir et qui ne peut qu'échouer à son objet] -
1960/61 - Le transfert - 206 - La présence du passé, donc, telle est la réalité du T. - C'est une présence un peu plus que présence - c'est une présence en acte (...) une reproduction [une création : cf. plus bas, Fiction]
1962/63 - L'angoisse - 23/01/63 - Le transfert sans l'analyse, c'est l'acting-out, l'acting-out sans l'analyse, c'est le transfert.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - cet objet (a) est à situer comme tel dans le champ de l'autre (...) et c'est cela qu'on appelle la possibilité de transfert.
1964 - Les quatre concepts… - 210 - Dès qu'il y a quelque part le SSS (...) il y a transfert.- [Inversement, au début du transfert] le sujet, quand il entre dans l'analyse, est loin de lui donner cette place. Laissons pour l'instant l'hypothèse cartésienne que le psy soit trompeur. - Mais la psy nous montre que ce qui, surtout dans la phase de départ, limite le plus la confidence du patient, son abandon à la règle analytique, c'est la menace que le psy soit, lui, trompé. - 212 - [Par ex.] le patient peut penser que l'analyste sera trompé s'il lui donne certains éléments. Il retient certains éléments pour l'analyse n'aille pas trop vite. - [Et cependant, malgré cela, le SsS est bien en place car] Etant admis que l'analyste puisse être, chez certains sujets, mis en question à son départ même, et soupçonné d'être un leurre,- comment se fait-il qu'autour de ce se tromper quelque chose s'arrête ? Même au psy mis en question, il est fait le crédit d'une certaine infaillibilité quelque part, qui, même à l'analyste mis en question, fera attribuer quelques fois, à propos d'un geste de hasard, des intentions. Vous l'avez fait pour me mettre à l'épreuve !
1964 - Les quatre concepts… - 228 - Le T est impensable, sinon à prendre son départ dans le SSS. - le sujet est supposé savoir, de seulement être sujet du désir. Or, que se passe-t-il ? Il se passe ce qu'on appelle (...) effet de transfert. Cet effet est d'amour. - comme tout amour, il n'est repérable (...) que dans le champ du narcissisme. Aimer, c'est essentiellement vouloir être aimé. - 229 - sa fonction de tromperie. L'amour, sans doute, est un effet de T, mais c'en est la face de résistance. Nous sommes liés à attendre cet effet de T pour pouvoir interpréter, et en même temps, nous savons qu'il ferme le sujet à l'effet de notre interprétation. - l'effet d'aliénation (...) est ici absolument manifeste. - Cela veut dire que le T n'est pas, de sa nature, l'ombre de quelque chose qui eût été auparavant vécu. Bien au contraire, le sujet, en tant qu'assujetti au désir de l'analyste, désire le tromper de cet assujettissement, en se faisant aimer de lui - C'est pourquoi, derrière l'amour dit de T, nous pouvons dire que ce qu'il y a, c'est l'affirmation du lien du désir de l'analyste au désir du patient.
1964 - Les quatre concepts… - 118 - quand Freud nous le présente il nous dit - Ce qui ne peut être remémoré se répète dans la conduite. Cette conduite, pour révéler ce qu'elle répète, est livrée à la reconstruction de l'analyse. [Et certes, l'analyse ne peut commencer justement avant cela. Mais cette répétition, ou ce transfert au sens restreint, n'est pas le seul vrai transfert où se désigne l'interférence de l'Autre. En suivant Freud, certes] On peut aller à croire que l'opacité du traumatisme - (...) cad pour nous la résistance de la signification - est alors nommément tenue pour responsable de la limite de la remémoration. Et après tout, nous pourrions nous y trouver à l'aise (...) de reconnaître qu'il y a là un moment fort significatif de la passation de pouvoir du sujet à l'Autre, celui que nous appelons le grand Autre, le lieu de la parole, virtuellement le lieu de la vérité. - [Mais en réalité] L'Autre, latent ou pas, est, dès avant, présent dans la révélation subjective. Il est déjà là quand quelque chose a commencé à se livrer de l'ics. L'interprétation de l'analyste ne fait que recouvrir le fait que l'ics (...) a déjà dans ses formations (...) procédé par interprétation. - 119 - Ce que Freud nous indique (...) c'est que le transfert est essentiellement résistant. - Le transfert est le moyen par où s'interrompt la communication de l'ics, par où l'ics se referme. - [paradoxe que] l'analyste doit attendre le transfert pour commencer à donner l'interprétation. - [La tendance actuelle de la psy:] Faire appel à une partie saine du sujet, qui serait là dans le réel, apte à juger avec l'analyste ce qui se passe dans le transfert, c'est méconnaître que c'est justement cette partie là qui est intéressée dans le transfert, que c'est elle qui ferme la porte - Or, le discours de l'Autre qu'il s'agit de réaliser, celui de l'ics, il n'est pas au-delà de la fermeture, il est au-dehors. c'est lui qui, par la bouche de l'analyste, en appelle à la réouverture du volet. - 120 - La contradiction de sa fonction [du transfert], qui le fait saisir comme le point d'impact de la portée interprétative en ceci même que, par rapport à l'ics, il est moment de fermeture - voilà ce qui nécessite que nous le traitions comme ce qu'il est, à savoir un nœud.
1964 - Les quatre concepts… - 133 - le transfert est la mise en acte de la réalité de l'inconscient.
1964 - Les quatre concepts… - 243 - l'opération et la manœuvre du transfert sont à régler
d'une façon qui maintienne la distance entre le point d'où le sujet se voit aimable, - et cet autre point où le sujet se voit causé comme manque par "a", et où "a" vient boucher la béance que constitue la division inaugurale du sujet. - 244 [cf. schéma] - Toute analyse que l'on doctrine comme devant se terminer par l'identification à l'analyste révèle (...) que son véritable moteur est élidé. Il y a un au-delà à cette identification, et cet au-delà est défini par la rapport et la distance de l'objet petit "a" au grand I idéalisant de l'identification. - Freud donne ainsi son statut à l'hypnose en superposant à la même place l'objet "a" comme tel et ce repérage signifiant qui s'appelle l'idéal du moi. - 245 - l'objet y est (...) le regard de l'hypnotiseur. - [D'une façon générale, cf. ] la fonction du regard, de ses relations fondamentales à la tache, du fait qu'il y a déjà dans le monde quelque chose qui regarde avant qu'il y ait une vue pour le voir - Vous saisissez du même coup la fonction du regard dans l'hypnose, qui peut être remplie en somme par un bouchon de cristal, ou n'importe quoi, pour peu que ça brille. Définir l'hypnose par la confusion, en un point, de signifiant idéal où se repère le sujet avec le "a", c'est la définition structurale la plus assurée qui ait été avancée. Or, qui ne sait que c'est en se distinguant de l'hypnose que l'analyse s'est instituée ? car le ressort fondamental de l'opération analytique, c'est le maintien de la distance entre le I et le "a". si le T est ce qui, de la pulsion, écarte la demande, le désir de l'analyste est ce qui l'y ramène. Et par cette voie, il isole le "a", il le met à la plus grande distance possible du I que lui, l'analyste, est appelé par le sujet à incarner. C'est de cette idéalisation que l'analyste a à déchoir pour être le support de l'"a" séparateur, dans la mesure où son désir lui permet, dans une hypnose à l'envers, d'incarner, lui, l'hypnotisé. - C'est au-delà de la fonction du "a" que la courbe [de l'analyse] se referme - A savoir, après le repérage du sujet par rapport au "a", l'expérience du fantasme fondamental devient la pulsion. - 246 - Comment un sujet qui a traversé le fantasme fondamental peut-il vivre la pulsion ?




TRAUMA



1953 - Les écrits techniques de Freud - 215 - Le trauma, en tant qu'il a une action refoulante, intervient après-coup - A ce moment-là, quelque chose se détache du sujet dans le monde symbolique même qu'il est en train d'intégrer. Désormais, cela ne sera plus quelque chose du sujet. Le sujet ne le parlera plus, ne l'intégrera plus. Néanmoins, ça restera là, quelque part, parlé, si l'on peut dire, par quelque chose dont le sujet n'a pas la maîtrise. - ce qu'on appellera par la suite ses symptômes. - [C'est du même mouvement que ça refoule et que ça "réapparaît", c'est la même chose. Le trauma, à proprement parler, ce n'est pas l'événement, c'est le refoulement...]
1953 - Les écrits techniques de Freud - 222 - c'est à l'approche des éléments traumatiques - fondés dans une image qui n'a jamais été intégrée - que se produisent les trous, les points de fracture, dans l'unification, la synthèse, de l'histoire du sujet. - Un énoncé discordant, ignoré dans la loi, un énoncé promu au premier plan par un événement traumatique, qui réduit la loi en une pointe au caractère inadmissible, inintégrable - voilà ce qu'est cette instance aveugle, répétitive, que nous définissons habituellement dans le terme de surmoi.




TROU



1961/62 - L'identification
- 23/05/59 - s'il y a quelque chose qui pour nous supporte l'intuition du tore, c'est cela : un macaroni qui se rejoint, qui se mord la queue ; c'est ce qu'il y a de plus exemplaire dans la fonction du trou. Il y en a un au milieu du macaroni et il y en a un courant d'air (...) ce trou courant d'air irréductible, et si nous le cernons d'une coupure, c'est proprement là que se tient, dans les effets de la fonction signifiante, "a", l'objet en tant que tel. Ceci veut dire que l'objet est raté, puisqu'il ne saurait en aucun cas y avoir là que le contour de l'objet, dans tous les sens que nous pouvons donner au mot contour. [cf. cross-cap] - [la place du trou] Cette surface ainsi structurée est particulièrement propice à faire fonctionner devant nous cet élément le plus insaisissable qui s'appelle le désir en tant que tel, autrement dit le manque.




UN



1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 20/01/65 - le un est ce qui va représenter le zéro pour un autre un. -
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 28 - Vous m'accorderez que le un qui est introduit par l'expérience de l'inconscient, c'est le un de la fente, du trait, de la rupture. - Où est le fond ? Est-ce l'absence ? Non pas. La rupture, la fente, le trait de l'ouverture fait surgir l'absence - comme le cri non pas se profile sur fond de silence, mais au contraire le fait surgir comme silence. - Voilà où nous retrouvons la structure basale, qui rend possible, de façon opératoire, que quelque chose prenne la fonction de barrer, de rayer, une autre chose. Niveau plus primordial, structuralement, que le refoulement dont nous parlerons plus tard. Eh bien, cet élément opératoire de l'effacement, c'est ce que Freud désigne, dès l'origine, dans la fonction de la CENSURE. - c'est bien là ce sur quoi porte, de la façon la plus efficiente, le dynamisme de l'inconscient.
1964 - Acte de fondation - Je fonde - aussi seul que je l'ai toujours été dans ma relation à la cause analytique (...) [psychanalyse] - Pour l'exécution du travail, nous adopterons le principe d'une élaboration soutenue dans un petit groupe. (...) quatre est la juste mesure. PLUS UNE chargée de la sélection, de la discussion et de l'issue à réserver au travail de chacun.




UNIVERS



1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 41 - La fonction symbolique n'est pas nouvelle en tant que fonction, elle a des amorces ailleurs que dans l'ordre humain - [mais en tant qu'elle] intervient à tous les moments et à tous les degrés de son existence [de l'HOMME]. - 42 - il faut que nous partions de l'idée que cet ordre [humain] constitue une TOTALITÉ. La totalité dans l'ordre symbolique s'appelle un univers. L'ordre symbolique est donné d'abord dans son caractère universel. / Ce n'est pas peu à peu qu'il se constitue. Dès que le symbole vient, il y a un univers de symboles. - Ce n'est pas pour rien que Lévi-Strauss appelle ses structures élémentaires - il ne dit pas primitives . Elémentaire est le contraire de complexe . - Plus nous nous rapprochons, non de l'origine, mais de L'ÉLÉMENT, plus s'imposent la structuration, l'ampleur, l'intrication du système proprement symbolique de la nomenclature. - 43 - Quelle solution pourrait-on bien attendre du mot de COLLECTIF en cette occasion, alors que le collectif et l'individuel, c'est strictement la même chose ? Non, il ne s'agit pas de supposer quelque part une âme commune où tous ces calculs auraient lieu, il ne s'agit d'aucune entification psychologique - une espèce de grand animal - (...) c'est ça, l'ics collectif.


VALEUR



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 27/11/57 - [La métonymie est] à l'opposé de la dimension du sens, cad dans la diversité de ces objets déjà constitués par le langage - qui est la dimension de la valeur. - [Cf. Le 1er livre du Capital] - institution de cette sorte d'équivalence fondamentale. - [ex.] quelque chose doit se structurer dans l'équivalence toile-vêtement, à savoir que des vêtements peuvent représenter la valeur de la toile - le vêtement peut devenir le signifiant de la valeur de la toile. - en d'autres termes, l'équivalence qui s'appelle valeur, tient proprement à l'abandon [PERTE] de la part d'un ou de deux des deux termes, d'une partie également très importante de leur sens. - une perspective qui (...) nous permet de rejoindre le plan de l'inconscient.




VERITE



1936 - Au-delà du principe de réalité - 79 - Nous ne jouons pas au paradoxe de dénier que la science n'ait pas à connaître de la vérité. Mais n'oublions pas que la vérité est une valeur qui répond à l'incertitude dont l'expérience vécue de l'homme est phénoménologiquement marquée - la vérité dans sa valeur spécifique reste étrangère à l'ordre de la science. - peut-on dire que le savant se demande si l'arc-en-ciel, par exemple, est vrai ? seulement lui importe que ce phénomène soit communicable en quelque langage (condition de l'ordre mental ), enregistrable sous quelque forme (condition de l'ordre expérimental ) et qu'il parvienne à l'insérer dans la chaîne des identifications symboliques où sa science unifie le divers de son objet propre (condition de l'ordre rationnel ).
1950 - Intervention au 1er congrès mondial de psychiatrie - nous ne pouvons pas (...) cesser de la soutenir [la notion de vérité] dans sa vigueur socratique : cad oublier que la vérité est un mouvement du discours, qui peut valablement éclairer la confusion d'un passé qu'elle élève à la dignité de l'histoire, sans en épuiser l'impensable réalité. - La vérité qui fera son salut [de l'analysant], il n'est pas en votre pouvoir de la lui donner, car elle n'est nulle part, ni dans sa profondeur, ni dans quelque besace, ni devant lui, ni devant vous. Elle est, quand il la réalise, et si vous êtes là pour lui répondre quand elle arrive, vous ne pouvez la forcer en prenant la parole en sa place.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 136 - [discours] L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus souvent déjà elle est inscrite ailleurs. A savoir : - dans les monuments : et ceci est mon corps (...) où le symptôme hystérique montre la structure d'un langage et se déchiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave être détruite ; - dans les documents d'archives aussi : et ce sont les souvenirs de mon enfance (...) ; - dans l'évolution sémantique : et ceci répond au stock et aux acceptions du vocabulaire qui m'est particulier (...) ; - dans les traditions aussi (...) qui sous une forme héroïsée, véhiculent mon histoire ; - dans les traces, enfin, qu'en conservent inévitablement les distorsions, nécessitées par le raccord du chapitre adultéré dans les chapitres qui l'encadrent -
1953 - Fonction et champ de la parole… - 133 - Soyons catégorique, il ne s'agit pas dans l'anamnèse psychanalytique de réalité, mais de vérité, parce que c'est l'effet d'une parole pleine de réordonner les contingences passées en leur donnant le sens des nécessités à venir, telles que les constitue le peu de liberté par où le sujet les fait présentes.
1953 - Fonction et champ de la parole… - 142 - Le sujet va bien au-delà de ce que l'individu éprouve "subjectivement", aussi loin exactement que la vérité qu'il peut atteindre -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - [parole] Le moment où le sujet s'interrompt, c'est (...) le moment le plus significatif de son approche vers la vérité.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 126 - La parole pleine est celle qui vise, qui forme la vérité telle qu'elle s'établit dans la reconnaissance de l'un par l'autre. La parole pleine est parole qui fait acte. Un des sujets se trouve, après, autre qu'il n'était avant. - [Le paradoxe c'est qu'apparemment la méthode psychanalytique] parte par une voie strictement opposée, pour autant qu'elle donne comme consigne au sujet de délinéer une parole aussi dénouée que possible de toute supposition de responsabilité, et qu'elle le libère même de toute exigence d'authenticité. Elle lui enjoint de dire tout ce qui lui passe par la tête. -289 - Toute parole formulée comme telle introduit dans le monde le nouveau de l'émergence du sens. Ce n'est pas qu'elle s'affirme comme vérité, mais plutôt qu'elle introduit dans le réel la dimension de la vérité. - l'erreur est l'incarnation habituelle de la vérité - 290 - [En règle générale] l'Erreur se démontre telle en ce que, à un moment donné, elle aboutit à une contradiction. - 291 - Le propre du champ psychanalytique est de supposer en effet que le discours du sujet se développe normalement (...) dans l'ordre de l'erreur, de la méconnaissance, voire de la dénégation - ce n'est pas tout à fait le mensonge, c'est entre l'erreur et le mensonge. - Mais - voici le nouveau - pendant l'analyse, dans ce discours qui se développe dans le registre de l'erreur, quelque chose arrive par où la vérité fait irruption, et ce n'est pas la contradiction. - 292 - Nos actes manqués sont des actes qui réussissent, nos paroles qui achoppent sont des paroles qui avouent. - la vérité rattrape l'erreur au collet dans la méprise. - [Le sujet] C'est qu'il en dit toujours plus qu'il ne veut en dire, toujours plus qu'il ne sais en dire. - 293 - [Objection possible :] Pourquoi le discours, que vous décelez derrière le discours de la méprise ne tombe-t-il pas sous la même objection que celui-ci ? Si c'est un discours comme l'autre, pourquoi n'est-il pas, lui aussi, également plongé dans l'erreur ? / Toute conception de style jungien, (...) qui fait de l'ics, sous le nom d'archétype, [mais aussi l'ics de type philosophique] le lieu réel d'un autre discours, tombe en effet, d'une façon catégorique, sous cette objection. [Justement, ce n'est pas un autre discours, mais une parole.] - 294 - une parole émerge qui dépasse le sujet discourant. - Car, observez-le bien, chaque fois qu'il y a refoulement (...) il y a toujours interruption du discours. Le sujet dit que le mot lui manque.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 25 - [Mannoni : "ce qui revient au jour dans la maïeutique analytique, c'est la vérité dans l'erreur et l'erreur dans la vérité. C'est tout à fait différent de ce qui se passe dans une perspective platonicienne. - c'est une vérité historique [= subjective]] [psychanalyse]
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - Ce qui est scandaleux chez La Rochefoucaul, ce n'est pas que l'amour-propre soit pour lui au fondement de tous les comportements humains, c'est qu'il est trompeur, inauthentique. - tradition des moralistes. Ce ne sont pas des gens qui se spécialisent dans la morale, mais qui introduisent une dimension dite de vérité dans l'observation des comportements
moraux et des mœurs. - [et cela jusqu'à Nietzsche] [attitude] selon laquelle le comportement humain est comme tel leurré. C'est dans ce creux, dans ce bol, que vient se déverser la vérité freudienne. [psychanalyse]
1955 - La Chose freudienne - 405 - la découverte de Freud met en question la vérité [psychanalyse]
1955 - La Chose freudienne - 409 - [parole] [Prosopopée de la vérité:] Mais pour que vous me trouviez où je suis, je vais vous apprendre à quel signe me reconnaître. Hommes, écoutez, je vous en donne le secret. Moi, la vérité, je parle. - Le discours de l'erreur, son articulation en acte, pouvait [peut] témoigner de la vérité contre l'évidence elle-même. - 410 - je vagabonde dans ce que vous tenez pour être le moins vrai par essence : dans le rêve, dans le défi au sens de la pointe la plus gongorique et le nonsense du calembour le plus grotesque, dans le hasard, et non pas dans sa loi, mais dans sa contingence - Le commerce au long cours de la vérité ne passe plus par la pensée : chose étrange, il semble que ce soit désormais par les choses : rébus , c'est par vous que je communique - 413 - ça parle, et là sans doute où l'on s'y attendait le moins, là où ça souffre. - La vérité a dit : "Je parle". Pour que nous reconnaissions ce "je" à ce qu'il parle, peut-être n'était-ce pas sur le "je" qu'il fallait nous jeter, mais aux arêtes du parler que nous devions nous arrêter. "Il n'est de de parole que de langage" nous rappelle que le langage est un ordre que des lois constituent, desquelles nous pourrions apprendre au moins ce qu'elles excluent. Par exemple que la langage, c'est différent de l'expression naturelle et que ce n'est pas non plus un code ; que ça ne se confond pas avec l'information -
1955 - Variantes de la cure-type - 351 - La parole apparaît donc d'autant plus vraiment une parole que sa vérité est moins fondée dans ce qu'on appelle l'adéquation à la chose : la vraie parole s'oppose ainsi paradoxalement au discours vrai, leur vérité se distinguant par ceci que la première constitue la reconnaissance par les sujets de leurs êtres en ce qu'il y sont intéressés, tandis que la seconde est constituée par la connaissance du réel, en tant qu'il est visé par le sujet dans les objets. Mais chacune des vérités ici distinguées s'altère à croiser l'autre dans sa voie. - 352 - Comment (...) le discours intermédiaire, celui où le sujet, dans son dessein de se faire reconnaître, adresse la parole à l'autre en tenant compte de ce qu'il sait de son être comme donné, ne serait-il pas contraint aux cheminements de la ruse ?
1955/56 - Les psychoses - 244 - la vérité entre de façon vivante dans la vie - par l'intermédiaire de la signification dernière de l'idée du père. - par le biais de ce drame an-historique (...) - le meurtre du père.
1956/66 - Le séminaire sur "La Lettre volée" - 20 - [le registre de la vérité] se situe tout à fait ailleurs [que le champ de l'exactitude], soit proprement à la fondation de l'intersubjectivité. Il se situe là où le sujet ne peut rien saisir sinon la subjectivité même qui constitue un Autre en absolu.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 521 - [refoulement] C'est qu'à cette vérité nouvelle [la psychanalyse], on ne peut se contenter de faire sa place, car c'est de prendre notre place en elle qu'il s'agit. Elle exige qu'on se dérange. On ne saurait y parvenir à s'y habituer seulement. On s'habituer au réel. La vérité, on la refoule.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 797 - la vérité est en résorption constante dans ce qu'elle a de perturbant, n'étant en elle-même que ce qui manque à la réalisation du savoir. - 798 - La vérité n'est rien d'autre que ce dont le savoir ne peut apprendre qu'il le sait qu'à faire agir son ignorance.
1960-61 - Le Transfert - 16 - Socrate ainsi mis à l'origine (...) du plus long transfert (...) qu'ait connu l'histoire. - Socrate prétend ne rien savoir, sinon savoir reconnaître ce que c'est que l'amour. - là où il les rencontre, où est l'amant et où est l'aimé. - 17 - Ce serait un curieux dénominateur commun de Freud et Socrate, Socrate dont vous savez que lui aussi avait affaire à la maison à une ménagère pas commode. - C'est de Socrate que procède cette idée nouvelle et essentielle, qu'il faut d'abord garantir le savoir. - c'est que le discours engendre la dimension de la vérité. - Quand Socrate dit que c'est la vérité, et non pas lui-même, qui réfute son interlocuteur - il ramène la vérité au discours [et non moins le discours à la vérité - mais non pas à l'"homme", comme Protagoras]. - Nul tragique, nul sentiment tragique (...) ne soutient l'atopia de Socrate.
1961/62 - L'identification - 29/11/61 - c'est sur lui [trait unaire] que se concentre pour nous la fonction d'indiquer la place où est suspendue dans le signifiant (...) la question de sa garantie, de sa fonction, de ce à quoi ça sert, ce signifiant, dans l'avènement de la vérité. -
1964 - Les quatre concepts… - 127 - Il est tout à fait faux de répondre à ce je mens qui si tu dis je mens, c'est que tu dis la vérité, et donc tu ne mens pas, ainsi de suite. - En effet, le je qui énonce, le je de l'énonciation, n'est pas le même que le je de l'énoncé -Dès lors, du point où je l'énonce, il m'est parfaitement possible de formuler de façon valable que le je - le je qui, à ce moment là, formule l'énoncé - est en train de mentir - 128 - le mens [de l'énoncé] est un signifiant, faisant partie, dans l'Autre, du trésor du vocabulaire où le je, déterminé rétroactivement, devient signification engendrée au niveau de l'énoncé, de ce qu'il produit au niveau de l'énonciation - c'est un je te trompe qui en résulte. [Voir schéma] Le je te trompe provient du point d'où l'analyste attend le sujet, et lui renvoie (...) son propre message dans sa signification véritable, cad sous une forme inversée. Il lui dit - dans ce je te trompe, ce que tu envoie comme message, c'est ce que moi je t'exprime, et ce faisant, tu dis la vérité. - Dans le chemin de tromperie où le sujet s'aventure, l'analyste est en posture de formuler ce tu dis la vérité, et notre interprétation n'a jamais de sens que dans cette dimension. - Reportons sur ce schéma le je pense cartésien. - Disons que c'est de prendre sa place au niveau de l'énonciation qui donne sa certitude au COGITO. Mais le statut du je pense est aussi réduit, aussi minimal, aussi ponctuel (...) que celui du je mens de tout à l'heure.




VIDE



1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 315 - Ce n'est d'ailleurs pas le pénis, mais le phallus, cad quelque chose dont l'usage symbolique est possible parce qu'il se voit, qu'il est érigé. De ce qui ne se voit pas, de ce qui est caché, il n'y a pas d'usage symbolique [imaginaire ?] possible.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 155 - dans toute forme de sublimation, le vide sera déterminatif. - Tout ART se caractérise par un certain mode d'organisation autour de ce vide. - La RELIGION consiste dans tous les modes d'éviter ce vide (...) ; un mot comme respecter ce vide va peut-être plus loin. - Pour le troisième terme, à savoir le discours de la SCIENCE, en tant qu'il est originé pour notre tradition dans le discours de la sagesse, dans le discours de la PHILOSOPHIE, y prend sa pleine valeur le terme employé par Freud à propos de la paranoïa (...) - Unglauben . [rejet]




VIE



1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - le symptôme est toujours surdéterminé. Il n'y a pas de symptôme dont le signifiant ne soit apporté d'une expérience antérieure, précisément (...) au niveau (...)
de ce qui est le cœur de tout ce qui est réprimé chez le sujet, à savoir ce complexe de castration, de ce signifiant de A [S(A barré)?] qui est quelque chose qui (...) s'articule dans le complexe de castration - la fameuse scène primitive, qu'est-ce que c'est, si ce n'est précisément quelque chose qui entre dans l'économie du sujet (...) toujours comme un signifiant - l'être vivant saisi comme vivant, en tant que vivant, mais avec cet écart, cette distance [transcendance] qui est justement celle qui constitue cette autonomie de la dimension signifiante, le traumatisme de la scène primitive. - cette vie qui se saisit dans une horrible aperception d'elle-même, dans son étrangeté totale, dans sa brutalité opaque comme pur signifiant - C'est ce qui apparaît de la vie à elle-même comme signifiant à l'état pur, cad comme quelque chose qui ne peut pas encore d'aucune façon se résoudre, s'articuler.




VISION



1964 - Les quatre concepts… - 68 - [Ce que nous indique Merleau-Ponty] c'est la préexistence d'un regard - je ne vois que d'un seul point, mais dans mon existence je suis regardé de partout. - Mais ce n'est pas entre l'invisible et le visible que nous allons, nous avoir à passer. - L'œil et le regard, telle est pour nous la schize dans laquelle se manifeste la pulsion au niveau du champ scopique. - 70 - Dans notre rapport aux choses, tel qu'il est constitué par la voie de la vision, et ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose glisse, passe, se transmet, d'étage en étage, pour y être toujours à quelque degré éludé - c'est ça qui s'appelle le regard. - 71 - [La fonction de la tache, assimilée à celle regard, on la retrouve] à tous les étages de la constitution du monde dans le champ scopique. - [elle] échappe toujours à la saisie de cette forme de la vision qui se satisfait d'elle-même en s'imaginant comme conscience. Ce en quoi la conscience peut se retourner sur elle-même - se saisir, telle la Jeune Parque de Valéry, comme se voyant se voir - représente un escamotage. Un évitement s'y opère de la fonction du regard. - De même, dans cet ordre particulièrement satisfaisant pour le sujet que l'expérience analytique a connoté du nom de narcissisme [et jusqu'à la "contemplation" des philosophes] - [Il y a élision du fait que] nous sommes des êtres regardés, dans le spectacle du monde. - C'est bien là le fantasme que nous trouvons dans la perspective platonicienne, [à ceci près qu'il s'agit là] d'un être absolu à qui est transférée la qualité de l'omnivoyant. - ce côté omnivoyeur se pointe dans la satisfaction d'une femme à se savoir [se sa-voir] regardée, à condition qu'on ne le lui montre pas. - 94 - - nous voyons, dans la dialectique de l'œil et du regard, qu'il n'y a point coïncidence, mais foncièrement leurre. Quand, dans l'amour, je demande un regard, ce qu'il y a de foncièrement insatisfaisant et de toujours manqué, c'est que - Jamais tu ne me regardes là où je te voix. Inversement, ce que je regarde n'est jamais ce que je veux voir.
1964 - Les quatre concepts… - 81 - La vision s'ordonne sous un mode qu'on peut appeler en général la fonction des images. Cette fonction se définit par une correspondance point par point de deux unités dans l'espace. Quels que soient les intermédiaires optiques pour établir leur relation, qu'une image soit virtuelle, qu'elle soit réelle, la correspondance point par point est essentielle. Ce qui est du mode de l'image dans le champ de la vision est donc réductible à ce schéma si simple qui permet d'établir l'anamorphose, cad au rapport d'une image, en tant qu'elle est liée à une surface, avec un certain point que nous appellerons point géométral. Pourra s'appeler image quoi que ce soit qui est déterminé par cette méthode - c'est autour des recherches sur la perspective que se centre un intérêt privilégié pour le domaine de la vision [rapport avec le cogito de Descartes comme point de perspective] -




VOIX



1955/56 - Les psychoses - 127 - [l'inconscient] cette phrase, cette construction symbolique, recouvre de sa trame tout le vécu humain - 128 - Ce monologue soi-disant intérieur est en parfaite continuité avec le dialogue extérieur, et c'est bien pour cette raison que nous pouvons dire que l'ics est aussi le discours de l'autre. - la phrase évangélique ils ont des oreilles pour ne point entendre est à prendre au pied de la lettre. C'est une fonction du moi que nous n'avons pas perpétuellement à entendre cette articulation qui organise nos actions comme des actions parlées. - 129 - Dès lors, nous n'avons pas de raison de nous refuser de reconnaître ses voix [du psychotique : HALLUCINATION] au moment où le sujet nous en témoigne comme de quelque chose qui fait partie du texte même de son vécu.
1960 - Remarque sur le rapport de Daniel Lagache - 684 - le Surmoi en son intime impératif est bien la "voix de la conscience" en effet, cad une voix d'abord, et bien vocale, et sans plus d'autorité que d'être la grosse voix
1960/61 - Le désir et son interprétation - la voix dans le délire répond tout spécialement aux exigences formelles de ce "a" [objet], pour autant qu'il peut être élevé à la fonction signifiante de la coupure, de l'intervalle comme tel - Le sujet produit la voix. Et je dirai plus, nous aurons à faire intervenir cette fonction de la voix pour autant que faisant intervenir le poids du sujet, le poids réel du sujet dans le discours, dans la formation de l'instance du sur-moi, la grosse voix est à faire entrer en jeu comme quelque chose qui représente l'instance d'un autre se manifestant comme réel. - [pour résumer 3 caractères de la voix : articulation pure, subsistante et existante, tranchante et imposante] - 27/05/59 - la voix hallucinatoire comme telle, [est] moins voix incarnée que discours en tant qu'interrompu, que coupée du monologue intérieur -
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [suite de Autre, plus bas] une voix (...) s'incorpore - modeler notre vide - [cf. le choffar de la synagogue :] Il modèle le lieu de notre angoisse mais observons-le seulement après que le désir de l'autre ait pris forme de commandement. C'est pourquoi il peut jouer sa fonction éminente à donner à l'angoisse sa résolution qui s'appelle culpabilité ou pardon
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [la voix] résonne dans un vide qui est le vide de l'Autre comme tel, l'ex nihilo à proprement parler - la voix répond à ce qui se dit mais elle ne peut pas en répondre. Autrement dit, pour qu'elle réponde, nous devons incorporer la voix comme l'altérité de ce qui se dit. C'est bien pour cela et non pour autre chose que détachée de nous notre voix nous apparaît avec un son étranger. Il est de la structure de l'autre de constituer un certain vide, le vide de son manque de garantie, la vérité entre dans le monde avec le signifiant et avant tout contrôle. Elle s'éprouve, elle se renvoie seulement par ses échos dans le réel. Or c'est dans ce vide que la voix en tant que distincte des sonorités, voix non pas modulée mais articulée, résonne. La voix dont il s'agit, c'est la voix en tant qu'impérative, (...) elle se situe non par rapport à la musique mais par rapport à la parole.
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [1ère identification] l'identification par la voix - nous parlons d'incorporation.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - [pour être énoncé le dernier, cet objet n'en est pas moins] le plus originel - 05/06/63 -pour le sujet entrain de se constituer, c'est aussi du côté d'une voix détachée de son support que nous devons chercher ce reste. - Tout ce que le sujet reçoit de l'Autre par le langage, l'expérience ordinaire est qu'il le reçoit sous forme vocale.




VOYEURISME



1959/60 - Le désir et son interprétation - [dates ? cf. perversion] l'important est que ce qui est vu soit intéressé dans l'affaire. Ceci fait partie du fantasme. - quelque chose dans l'objet s'y prête à cette fonction de spectacle (...), y est ouvert, (...) participe en puissance [involontairement] à cette dimension de l'indiscrétion - La créature surprise sera d'autant plus érotisable dirai-je, que quelque chose dans ses gestes peut nous la révéler comme s'offrant à ce que j'appellerai les hôtes invisibles de l'air. [!!] - dans les deux cas, le sujet se réduit lui-même à l'artifice de la fente comme tel. - en tant qu'il est dans le fantasme il est la fente. - quelque chose dans le réel à la fois trou et éclair - il ne réalise pas la fonction de la coupure qui l'abolit dans un automatisme clandestin - I
l ne connaît lui que cette manœuvre d'animal honteux, cette manoeuvre oblique (...) qui l'expose aux horizons. Pourtant cette fente, (...) volet ou télescope, ou n'importe quel écran, cette fente c'est là ce qui le fait entrer dans le désir de l'autre. -
1963/64 - Les quatre concepts… - 166 - Qu'est-ce qui se passe dans le voyeurisme ? où est le sujet, où est l'objet ? - le sujet n'est pas là en tant qu'il s'agit de voir (...), il ne se situe qu'à l'aboutissement de la boucle. Quant à l'objet (...) la boucle tourne autour de lui - L'objet est ici regard - regard qui est le sujet, qui l'attend [puisque le sujet pervers se positionne en objet] - C'est que l'autre le surprend, lui, le sujet, comme tout entier regard caché. - Le regard est cet objet perdu, et soudain retrouvé, dans la conflagration de la honte, par l'introduction de l'autre. - qu'est-ce que le sujet cherche à voir ? - c'est l'objet en tant qu'absence. - ce n'est pas, comme on dit, le phallus - mais justement son absence -

 

 

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