Temps - Théorie -
Tore - Trace - Trait -
Trait d'esprit - Trait
unaire - Transfert - Trauma -
Trou - Un - Univers
- Valeur - Vérité -
Vide - Vie - Vision -
Voix - Voyeurisme
TEMPS
1945 - Le temps logique
- 204 - [logique] [sujet] La modulation du temps dans le
mouvement du sophisme : l'instant du regard, le temps pour
comprendre et le moment de conclure. - y révélant une
discontinuité tonale - 1° A être en face de deux noirs, on
sait qu'on est un blanc . - valeur instantanée de son évidence
- 205 - "A être
, alors seulement on sait qu'on
est
" - 2° Si j'étais un noir, les deux blancs que je
vois ne tarderaient pas à se reconnaître pour être des blancs
. - L'évidence de ce moment suppose la durée d'un temps de
médiation que chacun des deux blancs doit constater chez
l'autre. -Mais, ce temps ainsi objectivé dans son sens, comment
mesurer sa limite ? - Seul subsiste son sens avec la forme qu'il
engendre de sujets indéfinis sauf par leur réciprocité . - 206
- 3° Je me hâte de m'affirmer pour être un blanc, pour que ces
blancs, par moi ainsi considérés, ne me devancent pas à se
reconnaître pour ce qu'ils sont . C'est là l'ASSERTION sur soi
, par où le sujet conclut le mouvement logique dans la décision
d'un jugement . - Passé le temps pour comprendre le moment e
conclure, c'est le moment de conclure le temps pour comprendre .
- c'est sous l'urgence du mouvement logique que le sujet
précipite à la fois son jugement et son départ (...), la tête
en avant - 207 - Progressant sur les relations propositionnelles
des deux premiers moments, apodose et hypothèse , la
conjonction ici manifestée se noue en une motivation de la
conclusion, "pour qu'il n'y ait pas" (de retard qui
engendre l'erreur), où semble affleurer la forme ontologique de
l'angoisse, curieusement reflétée dans l'expression grammaticale
équivalente, "de peur que" (le retard n'engendre
l'erreur)
- [Dans cette "assertion subjective"]
le jugement qui conclut le sophisme ne peut être porté que par
le sujet qui en a formé l'assertion sur soi (...) au contraire
des relations du sujet impersonnel et du sujet indéfini
réciproque des deux premiers moments - Le "je" , sujet
de l'assertion conclusive, s'isole par un battement de temps
logique d'avec l'autre, cad avec la relation de réciprocité. -
De même que (...) le "je" psychologique se dégage
d'un transitivisme spéculaire indéterminé, par l'appoint d'une
tendance éveillée comme jalousie, le "je" dont il
s'agit ici se définit par la subjectivation d'une concurrence
avec l'autre dans la fonction du temps logique. - 209 - si le
doute, depuis Descartes, est intégré à la valeur du jugement,
(...) [ici] cette valeur tient moins au doute qui la suspend
qu'à la certitude anticipée qui l'a introduite.
1953 - Le Réel, l'Imaginaire, le Réel - C'est ce qui
caractérise l'espèce humaine, justement, d'environner le
cadavre de quelque chose qui constitue une sépulture, de
maintenir le fait que "ceci a duré". Le tumulus ou
n'importe quel autre signe de sépulture mérite très exactement
le nom de symbole, de quelque chose d'humanisant.
1953 - Les écrits techniques de Freud - dans l'analyse (...) ça
va dans le bon ordre - de l'avenir au passé. Vous pourriez
croire que vous êtes en train de chercher le passé du malade
dans une poubelle, alors qu'au contraire, c'est en fonction du
fait que le malade a un avenir que vous pouvez aller dans le sens
régressif. - 181 - Et alors, comment expliquer le retour du
refoulé? Si paradoxal que ce soit, il n'y a qu'une façon de le
faire - ça ne vient pas du passé, mais de l'avenir. - 182 - ce
que nous voyons sous le retour du REFOULE est le signal effacé
de quelque chose qui ne prendra sa valeur que dans le futur, par
sa réalisation symbolique, son intégration à l'histoire du
sujet. Littéralement, ce ne sera jamais qu'une chose qui, à un
moment donné d'accomplissement, aura été .
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud
- 335 - [cf.
l'apologue des 3 prisonniers] La parole s'introduit [quand le
sujet] (..) affirme tout simplement - Je suis blanc . - Je ne vous
donne pas ça comme un modèle de raisonnement logique, mais
comme un sophisme, destiné à manifester la distinction qu'il y
a entre le langage appliqué à l'imaginaire - car les deux
autres sujets sont parfaitement imaginaires pour le troisième,
il les imagine, ils sont seulement la structure réciproque en
tant que telle - et le moment symbolique du langage, cad le
moment de l'affirmation. - 336 - Il y a une troisième dimension
du temps qui (..) ne leur appartient pas [aux machines], et que
j'essaie de vous imaginer par ce mouvement qui n'est ni le
retard, ni l'avance, mais la hâte, liaison propre de l'être
humain au temps, au chariot du temps, qui est là, à le talonner
par derrière. C'est là que se situe la parole, et que ne situe
pas le langage [des machines], qui, lui, a tout le temps.
THEORIE
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud - 260 - La libido
permet de parler du désir en des termes qui comportent une
objectivation relative. - la notion de libido est une forme
d'unification du champ des effets psychanalytiques. [mais tout de
même peut-être liée à l'introduction du narcissisme : 1915,
quelque chose de plus précis] - son usage se situe dans la ligne
traditionnelle de toute théorie comme telle, qui tend à aboutir
à un monde. - [Or] Rien n'est plus éloigné de l'expérience
freudienne. - 261 - Le monde freudien n'est pas un monde des
choses, c'est un monde du désir en tant que tel. - Le désir est
un rapport d'être à manque. Ce manque est manque d'être à
proprement parler. Ce n'est pas manque de ceci ou de cela - La
libido, mais non plus dans son usage théorique en tant que
quantité, est le nom de ce qui anime le conflit foncier qui est
au cur de l'action humaine. - 263 - le désir sexuel n'a
rien d'objectivé dans notre expérience. Ce n'est pas une
abstraction, ni un x épuré, comme est devenue la notion de
force en physique. - Mais ce à quoi nous avons à faire, c'est
à un sujet qui est là, qui est vraiment désirant, et le désir
dont il s'agit est préalable à toute espèce de
conceptualisation - toute conceptualisation sort de lui. [cf.
Freud : la théorie sort de la libido ; elle-même n'est pas
théorique, au sens de totale]
TORE
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - une structure topologique
[qui est] nécessairement celle du sujet, laquelle comporte qu'il
y ait certains de ses lacs qui ne puissent pas être réduits -
il y a sur ce tore un certain nombre de cercles traçables ;
celui-là, en tant qu'il se bouclerait je l'appellerai (...)
"cercle plein". - supposons donc que toute énonciation
synthétique - il y en a un certain nombre au principe du sujet
et pour le construire - eh bien se déroule selon un de ces
cercles, dit cercles pleins - Voilà donc la série des tours qui
font dans la répétition unaire que ce qui revient est ce qui
caractérise le sujet primaire dans son rapport signifiant
d'automatisme de répétition. - [Mais] Il n'y a pas que cette
boucle là qui nous intéresse comme irréductible, il y en a
d'autres que vous pouvez dessiner à la surface du tore (...) que
nous appellerons les cercles vides. Ils font le tour de ce trou.
- [or] pour autant que le sujet parcourt la succession des tours
[pleins], il s'est nécessairement trompé d'un dans son compte,
et nous voyons ici reparaître le moins-un - Ceci pour la simple
raison que le tour qu'il ne peut pas compter, c'est celui qu'il a
fait en faisant le tour du tore - ce tour qui manque au compte,
c'est justement ce que le sujet inclut dans les nécessités de
sa propre surface d'être infiniment plat [on s'en aperçoit en
coupant le tore dans sa longueur comme dans son épaisseur : on
obtient une surface et un trait oblique représentant ensemble
les deux cercles] que la subjectivité ne saurait saisir, sinon
par un détour : le détour de l'Autre.
TRACE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 23/04/58 - ce qu'on
appelle le matériel signifiant participe toujours quelque peu au
caractère évanescent de la trace. - Ce n'est pourtant pas là
un signifiant. - C'est [seulement] à partir du moment où l'on
efface, où cela a un sens d'effacer, que le quelque chose qui
est trace est manifestement constitué comme signifié [ou alors
la trace n'est signifiant qu'en tant qu'elle est susceptible de
disparaître ; certainement pas au sens où, comme signe, elle
ferait disparaître une chose, et encore moins où elle en serait
l'empreinte.] - ce qui reste, c'est la place [et non la trace]
où l'on a effacé - le signifiant comme tel, c'est quelque chose
qui peut être effacé, qui ne laisse plus que sa place - Je veux
dire que l'une des dimensions fondamentales du signifiant, c'est
de pouvoir s'annuler lui-même.
1961/62 - L'identification - 24/01/62 - Une fois le signifiant
constitué, il y en a forcément deux autres avant. Un
signifiant, c'est une marque, une trace, une écriture, mais on
ne peut pas le lire seul. Deux signifiants c'est un pataque, un
coq à l'âne. Trois signifiants, c'est le retour de ce dont il
s'agit, c'est-à-dire du premier. C'est quand le pas marqué dans
la trace est transformé dans la vocalise de qui le lit en
"pas" que ce PAS, à condition qu'on oublie qu'il veut
dire le pas, peut servir d'abord dans ce qu'on appelle le
phonétisme de l'écriture, à représenter "pas", et
du même coup à transformer la trace de pas éventuellement en
le pas de trace. - 27/06/62 - une trace (....) ça ne peut
devenir un signifiant que si, cette trace, avec une paire de
ciseaux, vous en faites le tour et vous la découpez. Si vous
extrayez la trace après, cela peut devenir un sceau. Et je pense
que l'exemple vous éclaire suffisamment : un sceau représente
le sujet, l'envoyeur-pas forcément pour le destinataire : une
lettre peut toujours rester ascellée [?] ; mais le sceau est là
: pour la lettre, il est un signifiant. Eh bien, l'objet petit
"a", l'objet de la castration participe de la nature
ainsi exemplifiée de ce signifiant. C'est un objet structuré
comme cela.
1961/62 - L'identification - 24/01.62 - [effacer la trace] là je
suis sûr que j'ai affaire à un sujet réel. Observez que, dans
cette disparition de la trace, ce que le sujet cherche à faire
disparaître c'est son passage, de sujet, à lui. La disparition
est redoublée de la disparition visée qui est celle de l'acte
lui-même de faire disparaître. - moments de fading proprement
liés à ce battement en eclipse de ce qui n'apparaît que pour
disparaître et reparaît pour de nouveau disparaître, ce qui
est la marque du sujet comme tel. Ceci dit, si la marque est
effacée, le sujet en entoure la place d'un cerne, quelque chose
qui dès lors le concerne, lui ; le repère de l'endroit où il a
trouvé la trace, eh bien vous avez là la naissance du
signifiant.
TRAIT
1961/62 - L'identification - 10/01/62 - le nom propre en tant
qu'il spécifie comme tel l'enracinement du sujet, est plus
spécialement lié qu'un autre, non pas à la phonématisation
comme telle, à la structure du langage, mais à ce qui déjà
dans le langage est prêt, si l'on peut dire, à recevoir cette
information du trait - d'un langage à l'autre il ne se traduit
pas, puisqu'il se transpose simplement, il se transfère -
1961/62 - L'identification - 10/01/62 - le trait est ce qu'il y a
de plus détruit, de plus effacé d'un objet. Si c'est de l'objet
que le trait surgit, de quelque chose de l'objet que le trait
retient, justement son unicité - [c'est bien qu'il s'agit de] ce
rapport de l'objet à la naissance de quelque chose qui s'appelle
ici le signe, pour autant qu'il nous intéresse dans la naissance
du signifiant -
TRAIT D'ESPRIT
1953 - Fonction et champ de la parole
- 149 - Nulle part
l'intention de l'individu n'est en effet plus manifestement
dépassée par la trouvaille du sujet (...), puisque non
seulement il faut que quelque chose m'ait été étranger dans ma
trouvaille pour que j'y aie mon plaisir, mais il faut qu'il en
reste ainsi pour qu'elle porte. Ceci prenant sa place de la
nécessité (...) du tiers auditeur toujours supposé, et du fait
que le mot d'esprit ne perd pas son pouvoir dans sa transmission
au style indirect.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - [cf.
l'exemple de Freud : familionnaire avec millionnaire + familier,
à la place de familier] il y a quelque chose qui est tombé, qui
est éludé - [et] quelque chose est resté - [ce qui est
refoulé, comme le "Signor" de Freud, va se mettre à
tourner en rond entre le code et le message] - quelque chose
s'est produit qui a comprimé, embouti l'un dans l'autre, le
familier et le millionnaire - Il y a donc là quelque chose qui
est une sorte de cas particulier de la fonction de substitution,
cas particulier dont il reste en quelque sorte des traces. La
condensation (...) est une forme particulière de ce qui peut se
produire au niveau de la fonction de substitution. - [A la
formation du mot d'esprit, il y a un endroit et un envers,
métaphore et métonymie. Pour pouvoir reconnaître une
métaphore, il faut considérer deux choses : 1) le centre du
phénomène, à savoir ce qui s'est produit au niveau de la
création signifiante, 2) son essence qui est la sanction donnée
par l'Autre à cette création elle-même.] - C'est en cela
qu'est la distinction du trait d'esprit par rapport à ce qui est
pur et simple phénomène, relation de symptôme par exemple,
c'est dans le passage à la fonction seconde [cette sanction de
l'Autre] que gît le trait d'esprit lui-même. - [Dans le cad de
"familionnaire", la métaphore, le trait d'esprit dont
réussis. Il n'empêche qu'il reste un résidu, disons le déchet
même de la création métaphorique, savoir ce qui se ballade
quelque part entre code et message, le mot "familier"
bien sûr.] - 27/11/57 - [le mot d'esprit n'est tout de même pas
identique à la métaphore] [dans l'ex. donné par Lacan du
"veau d'or", l'esprit consiste au contraire] à
subvertir toutes les références où ce veau d'or est son
expression métaphorique - c'est à deux dimensions différentes
de quelque chose (...) que l'expérience du trait d'esprit se
réfère - quelque chose qui paraît escamotage, tour de
passe-passe, faute de pensée, c'est le trait commun [du trait
d'esprit] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - à l'abris
du trait d'esprit quelque chose s'est satisfait, qui est cette
tendance agressive du sujet qui ne se manifesterait pas
autrement. Il ne serait pas permis de parler (...) grossièrement
d'un confrère en littérature [par ex., sinon par un trait
d'esprit, piquant ou méchant] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 06/11/57 - il n'est
pas dans le code. Tout est là. le message en principe est fait
pour être dans un certain rapport de distinction avec le code,
mais là c'est sur le plan du signifiant lui-même que
manifestement il est en violation du code - Le message [du Witz]
gît dans sa différence même d'avec le code. - Cette
différence est sanctionnée par l'Autre. - il y a deux choses
dans le livre de Freud sur le trait d'esprit : c'est la promotion
de la technique signifiante, [et] la référence expresse à
l'Autre comme tiers - le COMIQUE est la relation duelle, mais il
faut qu'il y ait le tiers-Autre pour qu'il y ait le trait
d'esprit - L'Autre renvoie la balle, cad range dans le code en
tant que trait d'esprit, il dit dans le code que ceci est un
trait d'esprit.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 20/11/57 - Le sens
qui est à créer est justement ceci qui se situe quelque part en
suspens entre le moi et l'Autre. C'est une indication qu'il y a
quelque chose qui au moins pour l'instant laisse à désirer. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - C'est de
toutes les implications métaphoriques qui sont en quelque sorte
d'ores et déjà empilées et comprimées dans le langage, qu'il
s'agit - à l'état non actif, latent - C'est cela qui va être
recherché, c'est cela que j'invoque dans le trait d'esprit, que
je cherche à éveiller dans l'Autre, dont je confie en quelque
sorte à l'Autre le support, et pour tout dire je ne m'adresse à
lui que pour autant que ce que je fais entrer en jeu ans mon
trait d'esprit, est quelque chose que je suppose déjà reposer
en lui.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/12/57 - J'ai
insisté (...) sur le procédé d'immobilisation de l'autre (...)
la façade du mot d'esprit, ce quelque chose qui détourne en que
sorte l'attention de l'autre du chemin par où va passer le mot
d'esprit, ce quelque chose qui en somme fixe l'inhibition quelque
part, précisément pour laisser libre ailleurs le chemin par où
va passer la parole spirituelle. [adressée à l'Autre, cette
fois] -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 -
[Signorelli...] cet oubli n'est pas un oubli absolu, un trou, une
béance, c'est qu'il se présente autre chose à la place,
d'autres noms - ce qu'on peut appeler une approximation
métonymique. - une formation [non de substitution](...) mais de
combinaison. - Bosnie, Herzegovine, sont les ruines métonymiques
de l'objet dont il s'agit qui est derrière les différents
éléments particuliers qui sont venus jouer là, et dans un
passé immédiat qui est derrière cela, le "herr"
absolu, la mort. - [refoulement du signifiant "herr",
via le refoulement de "signor", qui lui est
substituable] - mais cela ne veut pas dire que la substitution
soit la métaphore. - cela veut dire que la substitution est une
possibilité d'articulation du signifiant [qui, en tant
qu'opération, sert aussi à la métonymie], et que la métaphore
s'y exerce avec sa fonction de création de signifié - [En
l'occurrence, de "herr" à "signor"] cette
substitution hétéronyme n'est pas une métaphore [mais une
métonymie] - [mais par rapport à "Signorelli", cad
son contexte propre, qui est cette spéculation autour de la
mort, "Signor" représente bien une métaphore qui va
servir à apprivoiser le signifiant refoulé "herr"] -
[ce signifiant refoulé] est renvoyé comme une balle entre le
code et le message - il tourne en rond - pour constituer une
mémoire [élémentaire, inconsciente, machinique, dans la
chaîne signifiante] - [par contre il est unterdruck au niveau du
discours] - et ce que vous retrouvez, ce qui vous permet de vous
remettre sur les traces du signifiant perdu, ce sont les restes
métonymiques de l'objet. - 20/11/57 - [il faut prêter attention
à ces restes surtout évidemment lorsque la création
métaphorique n'est pas réussie, comme c'est le cas pour l'oubli
d'un nom, que rien ne vient sauver, remplacer vraiment. [bien que
l'on puisse parler d'une tentative de création métaphorique,
création appelée par Freud] - [Pas confondre : c'est Signorelli
qui est oublié, c'est Signor qui est refoulé en tant que]
déchet signifiant refoulé de quelque chose [de subjectif] qui
se passe à la place où l'on ne retrouve pas Signorelli. - [et
ce qui se passe réellement], ce dont il s'agit, ce n'est pas
d'une perte du nom de Signorelli, c'est d'un X que je vous
introduis ici (...) ; cet X c'est cet appel de la création
significative - [c'est le désir qui est ici en jeu] - oublier un
nom, ce n'est pas simplement une négation, c'est un manque, mais
un manque (...) de ce nom. Ce n'est pas parce que ce nom n'est
pas attrapé que c'est le manque, [c'est ce nom qui est un
manque, en tant qu'à la place où ce nom devrait exercer sa
fonction,](...) un nouveau sens est requis, qui exige une
nouvelle création métaphorique. -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 11/12/57 - [être] ce
"je pense donc je suis", il est difficile de la saisir
à la pointe de son ressort, et il n'est peut-être d'ailleurs
qu'un trait d'esprit. Le cogito cartésien est effectivement
expérimenté dans la conscience de chacun de nous, non pas comme
un "je pense donc je suis", mais comme un "je suis
comme je pense" [métaphore et/ou métonymie, comme dans le
mot d'esprit], et bien entendu ceci suppose derrière un "je
pense comme je respire", naturellement.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/12/57 - [plaisir]
la façon dont il frappe d'abord par le non-sens, dont d'autre
part il nous attache et nous récompense par l'apparition de je
ne sais quel sens secret - la dimension de la surprise est
elle-même consubstantielle à ce qu'il en est du désir, pour
autant qu'il est passé au niveau de l'inconscient - [ici réside
toute l'ambiguïté du mot d'esprit] - c'est à ciel ouvert que
se produit cette balle renvoyée entre message et autre [=code] -
L'objet du mot d'esprit est de nous réévoquer cette dimension
par laquelle le désir sinon rattrape, du moins indique tout ce
qu'il a perdu en cours de route dans ce chemin, à savoir ce
qu'il a laissé au niveau de la chaîne métonymique d'une part,
de déchets, et d'autre part ce qu'il ne réalise pas pleinement
au niveau de la métaphore [en quoi consiste en quelque sorte le
fait d'obtenir satisfaction à sa demande ; le plaisir du mot
d'esprit consiste alors à reprendre, de réévoquer, à l'aide
du signifiant, de la création verbale, cette mythique
satisfaction.]
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/12/57 - ce n'est
pas à dire que ce soit le non-sens [mais plutôt à cause d'une
perte de sens liée à l'assomption de la valeur, disons plutôt]
(...) le peu de sens. - à la fois réussite, échec, mais forme
nécessaire de toute formulation de la demande, et qui [parce
qu'il] vient interroger l'autre à propos de ce peu de sens - [Le
trait d'esprit comme "demande de sens" à l'autre? -
Autre.] Nous éprouvons le besoin de le proposer à l'autre - Le
trait d'esprit ne s'achève qu'au-delà de ceci, cas pour autant
que l'autre accuse le coup, répond au trait d'esprit,
l'authentifie comme trait d'esprit, cad perçoit ce que dans ce
véhicule comme tel de la question sur le peu de sens, ce qu'il y
a de demande de sens, cad d'évocation d'un sens au-delà - [dans
le schéma] l'autre répond à cela (...) sur le circuit
supérieur, celui qui va de A au message [mais en passant
"par le haut"] - Je vous propose la formule de
pas-de-sens - comme dit le pas-de-vis, le pas-de-quatre, (...) le
Pas-de-Calais. - 11/12/57 - [Le sens, le pas-de-sens] ce qu'il a
de toujours métaphorique, d'allusif (...), ce en quoi le besoin
à partir du moment où il est passé par la dialectique de la
demande introduite par l'existence du signifiant, ce besoin n'est
en quelque sorte jamais rejoint. C'est par une série de pas
semblables à ceux par lesquels Achille ne rejoint jamais la
tortue, que tout ce qui est du langage procède et tend à
recréer ce sens plein, ce sens ailleurs, ce sens pourtant jamais
atteint. - [Par ailleurs il représente bien quand même une
sorte de "décharge", une libération:] ce pas-de-sens
dans l'occasion est dans le sens d'une réduction de la valeur
[signification, ici], d'une désexorcisation de quelque chose de
fascinant [d'inhibant ; cf. l'histoire de Queneau avec le cheval]
- d'habitude le trait d'esprit est là ambiant dans tout ce que
je suis en train de raconter dès lors que je parle, et je parle
forcément dans le double registre de la métonymie et de la
métaphore. Ce peu-de-sens [métonymie?] et ce pas-de-sens
[métaphore?] sont tout le temps en train de s'entrecroiser -
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 - une
fonction signifiante qui lui est propre en tant que signifiant
échappant au code - Il y a là quelque chose de nouveau qui
apparaît, qui peut être noué au ressort même de ce qu'on peut
appeler le progrès de la langue, son changement.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 13/11/57 -
"...vivre maritablement [maritalement + misérablement] -
Vous voyez là à quel point le message dépasse, non pas celui
que j'appellerais le messager, car c'est vraiment le messager des
dieux qui parle par la bouche de cet innocent, mais dépasse le
support de la parole [attendu que le patient de Lacan n'a pas
fait un mot d'esprit volontaire] - Il n'en reste pas moins que
mis à sa place, justement dans l'Autre, c'est un mot d'esprit
particulièrement sensationnel et brillant. - cela peut-être un
mot d'esprit, cela peut être un lapsus, je dirais même plus :
cela peut être purement et simplement une sottise, une naïveté
linguistique [cf. mots d'enfants] - 11/12/57 - [dans le mot
d'esprit] le sujet est bien là celui qui parle - [mais à la
condition] d'en faire l'épreuve sur l'autre - cet Autre qui est
en quelque sorte le corrélatif du sujet.
TRAIT UNAIRE
1961/62 - L'identification - 22/11/61 - [Descartes] met en
question le sujet lui-même et, malgré qu'il ne le sache pas,
c'est du sujet supposé savoir qu'il s'agit ; ce n'est pas de se
reconnaître dans ce dont l'esprit est capable qu'il s'agit pour
nous, c'est du sujet lui-même comme acte inaugural qu'il est
question. - cette démarche insensée de Descartes (...) a tous
les caractères de ce que nous appelons (...) un passage à
l'acte. - Il se situe au niveau de ce stade nécessairement
insuffisant, et en même temps nécessairement primordial, toute
tentative ayant le rapport le plus radical, le plus originel au
désir - [Quant au Dieu de Descartes,il ] est ce Dieu qui doit
assurer la vérité de tout ce qui s'articule comme tel. c'est le
vrai du vrai, le garant que la vérité existe et d'autant plus
garant qu'elle pourrait être autre - Qu'est-ce à dire ? sinon
que nous nous trouvons là dans tout ce qu'on peut appeler la
batterie du signifiant confrontée à ce trait unique (...) que
nous connaissons déjà, et pour autant qu'à la rigueur il
pourrait être substitué à tous les éléments de ce qui
constitue la chaîne signifiante, la supporter cette chaîne à
lui seul et simplement d'être toujours le même. Ce que nous
trouvons à la limite de l'expérience cartésienne comme tel du
sujet évanouissant, c'est la nécessité de ce garant, du trait
de structure le plus simple - La fondation de l'un que constitue
ce trait n'est nulle part prise ailleurs que dans son unicité :
comme tel on ne peut dire de lui autre chose sinon qu'il est ce
qu'a de commun tout signifiant d'être avant tout constitué
comme trait, d'avoir ce trait pour support. - [il s'agit à]
cette pente presque nécessairement idéaliste qu'a toute
articulation du sujet dans la tradition classique, lui substituer
cette fonction d'idéalisation en tant que sur elle repose cette
nécessité structurale qui est la même que j'ai déjà devant
articulée sous la forme de l'idéal du moi, en tant que c'est à
partir de ce point, non pas mythique, mais parfaitement concret
d'identification inaugurale du sujet au signifiant radical (...)
du trait unique comme tel, que toute la perspective du sujet
comme ne sachant pas peut se déployer d'une façon rigoureuse.
1961/62 - L'identification - 29/11/61 - c'est sur lui que se
concentre pour nous la fonction d'indiquer la place où est
suspendue dans le signifiant (...) la question de sa garantie, de
sa fonction, de ce à quoi ça sert, ce signifiant, dans
l'avènement de la vérité. -
1961/62 - L'identification - 14/03.62 - [cf. tore] [Nécessité]
de définir chacun des tours comme un un, irréductiblement
différent. Pour que ceci soit réel, à savoir que cette
vérité symbolique, puisqu'elle suppose le comput, le comptage,
soit fondé, s'introduise dans le monde, il faut et il suffit que
quelque chose soit apparu dans le réel qui est le trait unaire.
On comprendra que devant ce I, qui est tout ce qui donne sa
réalité à l'idéel, c'est tout ce qu'il y a de réel dans le
symbolique et ça suffit - aux origines de la pensée [Platon]
(...) le I était le bien, le beau, le vrai, l'être suprême. -
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - [le trait unaire] c'est
l'unicité comme telle du tour dans la répétition. - la notion
de la fonction de la répétition dans l'ics se distingue
absolument de tout cycle naturel; en ce sens que ce qui est
accentué ça n'est pas son retour, c'est (...) son unicité
signifiante, et en tant qu'un des tours de la répétition, si
l'on peut dire, a marqué le sujet qui se met à répéter ce
qu'il ne saurait bien sûr que répéter puisque cela ne sera
jamais qu'une répétition, mais dans le but de faire ressurgir
l'unaire primitif d'un de ses tours.
1961/62 - L'identification - 07/03.62 - [exclusion] pourquoi ne
pas voir que, dans la structure de la classe elle-même comme
telle, un nouveau départ nous est offert si, au rapport
d'inclusion, nous substituons un rapport d'exclusion comme le
rapport radical ? - le vrai fondement de la classe n'est ni son
extension, ni sa compréhension - Autrement dit les mammifères,
par exemple (...) c'est ce qu'on exclut des vertébrés par le
trait unaire "mamme". - Cela veut dire que le fait
primitif est que le trait unaire peut manquer, qu'il y a d'abord
absence de mamme et qu'on dit : il peut se faire que la mamme
manque, voilà ce qui constitue la classe des mammifères.
1961/62 - L'identification - 13/12/61 - Si j'identifie cette
fonction du trait unaire, si j'en fais la figure dévoilée de
cet eirziger zug de l'identification, (...) pointons qu'il s'agit
de l'identification de la deuxième espèce (...] [que Freud]
appelle régressive, pour autant que c'est lié à quelque
abandon de l'objet qu'il définit comme l'objet aimé. Cet objet
aimé va de la femme aux livres rares.
1961/62 - L'identification - 28/02/62 - [Ce que Freud appelle]
narcissisme des petites différences, c'est la même chose que ce
que l'appelle la fonction du trait unaire (...) ; c'est à partir
de cette petite différence [cad différence absolue], en tant
qu'elle est la même chose que le grand I, l'Idéal-du-moi, que
peut s'accommoder toute visée narcissique
TRANSFERT
1948 - L'agressivité en psychanalyse - 106 - Thèse III : Les
ressorts D'AGRESSIVITÉ décident des raisons qui motivent la
technique de L'ANALYSE. - 107 - c'est la participation à son mal
que le malade attend de nous. - [Mais] Seuls les saints sont
assez détachés de la plus profonde des passions communes pour
éviter les contrecoups agressifs de la charité. - Nous devons
pourtant mettre en jeu l'agressivité du sujet à notre endroit,
puisque ces intentions, on le sait, forment le transfert négatif
qui est le nud inaugural du drame analytique. Ce transfert
représente chez le patient le transfert imaginaire sur notre
personne d'une des imagos plus ou moins archaïques - 108 - Loin
de l'attaquer de front, la maïeutique analytique adopte un
détour qui revient en somme à induire dans le sujet une
PARANOIA dirigée - opérer la projection de ce que Mélanie
Klein appelle les mauvais objets internes , mécanisme
paranoïaque certes, mais ici bien systématisé, filtré en
quelque sorte et étanché à mesure. - Encore, répétons-le,
cette imago ne se révèle-t-elle que pour autant que notre
attitude offre au sujet le miroir pur d'une surface sans
accidents.
1951 - Intervention sur le transfert - 225 - Ne peut-on ici le
considérer [le contre transfert] comme une entité toute
relative au contre-transfert défini comme la somme des
préjugés, des passions, des embarras, voire de l'insuffisante
information de l'analyste à tel moment du procès dialectique ?
1953 - Les écrits techniques de Freud - 127 - Dans son essence,
le transfert (...) c'est tout simplement l'acte de la parole.
Chaque fois qu'un homme parle à un autre d'une façon
authentique et pleine (...) - il se passe quelque chose qui
change la nature des deux êtres en présence. / Mais il s'agit
là d'un autre transfert que celui qui s'est d'abord présenté
dans l'analyse non seulement comme un problème, mais comme un
obstacle. Cette [dernière] fonction, en effet, est à situer sur
le plan imaginaire.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 130 - Il ne s'agit
pas de l'amour en tant qu'Eros (...) mais de l'amour-passion
(...) comme une sorte de catastrophe psychologique.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 50 - "Toutes les
fois que l'on se rapproche d'un complexe pathogène, c'est
d'abord la partie complexe pouvant devenir transfert qui se
trouve poussée vers le conscient et que le patient s'obstine à
défendre avec la plus grande ténacité." (Freud) - [La
résistance est donc un phénomène lié au transfert ; elle n'a
pas d'existence autonome. Plus exactement] - 52 - Quand cette
résistance devient trop forte, surgit le transfert. [lequel est
identiquement un phénomène de résistance, donc].
1957 - Entretien (L'Express) - Ce n'est pas d'effets instinctuels
à leur puissance première que Freud traite. Ce qui est
analysable l'est pour autant qu'il est déjà articulé dans ce
qui fait la singularité de l'histoire du sujet. Si le sujet peut
s'y reconnaître, c'est dans la mesure où la psychanalyse permet
le "transfert" de cette articulation.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 518 - C'est
dans une mémoire, comparable à ce qu'on dénomme de ce nom dans
nos modernes machines-à-penser (fondées sur une réalisation
électronique de la composition signifiante), que gît cette
chaîne qui insiste à se reproduire dans le transfert, et qui
est celle d'un désir MORT. / C'est la vérité de ce que ce
désir a été dans son histoire, que le sujet crie par son
symptôme - 519 - C'est aussi pourquoi la psychanalyse seule
permet de différencier, dans la mémoire, la fonction de
remémoration. Enracinée dans le signifiant, elle résout, par
l'ascendant de l'histoire dans l'homme, les apories
platoniciennes de la réminiscence.
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 04/06/58 - C'est donc
que le transfert est autre chose que l'usage d'un pouvoir, le
transfert est déjà un champ ouvert, la possibilité d'une
articulation signifiante autre et différente de celle qui
enferme le sujet dans sa demande [de sa demande quotidienne, ou
de sa demande immédiate de satisfaction en analyse ; en
arrière-plan se trouve la demande d'amour au niveau du transfert
comme tel.] - [notre attitude en la matière est
"abstentionniste", ou "abstinence", elle]
consiste à ne jamais comme telle gratifier la demande. - [Entre
les deux lignes, il y a le désir, et ce qui résiste à toute
suggestion, particulièrement dans l'analyse face aux interprétations parfois hâtives de l'analyste , c'est ceci : le
désir d'avoir son désir. - cette RÉSISTANCE (...) est la même
chose que le transfert [elle se situe au même niveau, qui n'est
pas celui où on la place d'habitude].
1960-61 - Le Transfert - [métaphore] C'est en tant que la
fonction de l'érastès, de l'aimant, pour autant qu'il est le
sujet du manque, vient à la place, se substitue à la fonction
de l'érôménos, l'objet aimé, que se produit la signification
de l'amour. - 67 [et] quand c'est vous qui étiez d'abord
l'érôménos, l'objet aimé, et que soudain vous devenez
l'érastès, celui qui désire. - 68 - Aussi bien cette symétrie
n'en est pas une, car en tant que la main se tend [désirante],
c'est vers un objet. La main qui apparaît de l'autre côté est
le miracle [de l'amour] - [il en résulte que même si l'amour
apporte en quelque sorte une "réponse" au DÉSIR, la
structure de l'amour est bien initialement de désir] - 179 -
[Dès l'entrée d'Alcibiade] il va être question de faire
l'ÉLOGE, épaïnos , de l'autre, et c'est précisément en cela,
quant au dialogue, que réside le passage de la métaphore.
L'éloge de l'autre se substitue non pas à l'éloge de l'amour,
mais à l'amour lui-même [faire l'éloge c'est faire l'amour,
c'est déjà aimer] - 183 - le fait que Socrate se refuse à
entrer lui-même dans le jeu de l'amour est étroitement lié à
ceci (...) que, pour lui, il n'y a rien en lui qui soit aimable.
Son essence est ce vide, ce creux - [au contraire d'Agathon qui,
lui, est "plein"... comme un uf] A savoir que,
sauf concernant les choses de l'amour, il ne sait rien. - 190 -
[Accessoirement - et c'est là qu'il faut interpréter -
Alcibiade s'est tourné vers Agathon et le met en garde contre
Socrate ; mais l'on voit que tel est le but, depuis le départ,
d'Alcibiade : draguer Agathon ; il aura fallu pour cela que
Socrate fasse l'éloge d'Agathon - c'est cela le "désir de
l'analyste" - afin de] faire passer [c'est cela le
transfert], moi Socrate, l'image de toi aimant, c'est par là que
tu vas entrer dans la voie des identifications supérieures que
trace le chemin de la beauté. Ce serait oublier que] le désir
dans sa racine et son essence, c'est le désir de l'Autre, et
c'est ici à proprement parler qu'est le ressort de la naissance
de l'amour, si l'amour, c'est ce qui se passe dans cet objet vers
lequel nous tendons la main par notre propre désir, et qui, au
moment où notre désir fait éclater son incendie, nous laisse
apparaître un instant cette réponse, cette autre main qui se
tend vers nous comme son désir.
1960/61 - Le transfert - 368 - La nécessité où nous sommes de
répondre au transfert intéresse-t-il notre être [d'analyste],
où s'agit-il simplement de définir une conduite à tenir, un handling (...), un how to , une comment faire ? cela intéresse
notre être. Ne vous y trompez pas, cette espèce de remarque
massive me paraît tout ce qu'il y a de plus heurtant, dans la
mesure précisément où elle dit quelque chose de juste, et où
elle le dit d'une façon qui ferme tout de suite la porte. Elle
est bien faite pour me mettre en boule. - l'analyste joue son
rôle transférentiel précisément dans la mesure où il est
pour le malade ce qu'il n'est pas sur le plan de ce qu'on peut
appeler la réalité. C'est ce qui nous permet (...) de faire
apercevoir au malade à quel point il est loin du réel, à cause
de ce qu'il produit de fictif à l'aide du transfert.
1960/61 - Le Transfert - 229 - Du seul fait qu'il y a transfert,
nous sommes impliqués dans la position d'être celui qui
contient l'agalma - C'est un effet légitime du transfert. Il
n'est pas besoin de faire intervenir pour autant le
contre-transfert, comme s'il s'agissait de quelque chose qui
serait la part propre, et bien plus encore, la part fautive de
l'analyste. Seulement, pour le reconnaître, il faut que
l'analyste sache certaines choses. Il faut qu'il sache en
particulier que le critère de sa position correcte n'est pas
qu'il comprenne ou qu'il ne comprenne pas. Il n'est pas
absolument essentiel qu'il comprenne. [Ce n'est pas quand il ne
comprend pas, c'est quand l'analyste cherche à comprendre que se
produit le contre-transfert.] - 230 - C'est seulement en tant,
certes, qu'il sait ce que c'est que le désir, mais qu'il ne sait
pas ce que ce sujet, avec lequel il est embarqué dans l'aventure
analytique, désire, - qu'il est en position d'en avoir en lui,
de ce désir, l'objet. - [Et lorsque l'analysant comprend que
l'analyste "ne sait pas vraiment, alors il le désire en fin
comme désirant, cad qu'enfin il désire le désir.]
1960-61 - Le Transfert - 46 - Il y a deux choses dans mon
discours passé que j'ai notées concernant l'amour, et je vous
les rappelle. La première est que l'amour est un sentiment
comique [le tragique renverrai à une conception de l'amour
divin, plato- et néoplatonicien]. - La seconde (...) c'est que
l'amour, c'est de donner ce qu'on a pas. [exit la
complémentarité] - l'amour grec nous permet de dégager dans la
relation de l'amour les deux partenaires au neutre. Il s'agit de
ce quelque chose de pur qui s'exprime naturellement au genre
masculin - saisir le moment de bascule, de retournement où de la
conjonction du désir avec son objet en tant qu'inadéquat, doit
surgir cette signification qui s'appelle l'amour - [l'amour
surgit comme signification parce qu'il est transfert de a à z,
cad comme métaphore, simple 'transport' ou substitut de ce qu'il
en est réellement du désir et qui ne peut qu'échouer à son
objet] -
1960/61 - Le transfert - 206 - La présence du passé, donc,
telle est la réalité du T. - C'est une présence un peu plus
que présence - c'est une présence en acte (...) une
reproduction [une création : cf. plus bas, Fiction]
1962/63 - L'angoisse - 23/01/63 - Le transfert sans l'analyse,
c'est l'acting-out, l'acting-out sans l'analyse, c'est le
transfert.
1962/63 - L'angoisse - 03/07/63 - cet objet (a) est à situer
comme tel dans le champ de l'autre (...) et c'est cela qu'on
appelle la possibilité de transfert.
1964 - Les quatre concepts
- 210 - Dès qu'il y a quelque
part le SSS (...) il y a transfert.- [Inversement, au début du
transfert] le sujet, quand il entre dans l'analyse, est loin de
lui donner cette place. Laissons pour l'instant l'hypothèse
cartésienne que le psy soit trompeur. - Mais la psy nous montre
que ce qui, surtout dans la phase de départ, limite le plus la
confidence du patient, son abandon à la règle analytique, c'est
la menace que le psy soit, lui, trompé. - 212 - [Par ex.] le
patient peut penser que l'analyste sera trompé s'il lui donne
certains éléments. Il retient certains éléments pour
l'analyse n'aille pas trop vite. - [Et cependant, malgré cela,
le SsS est bien en place car] Etant admis que l'analyste puisse
être, chez certains sujets, mis en question à son départ
même, et soupçonné d'être un leurre,- comment se fait-il
qu'autour de ce se tromper quelque chose s'arrête ? Même au psy
mis en question, il est fait le crédit d'une certaine
infaillibilité quelque part, qui, même à l'analyste mis en
question, fera attribuer quelques fois, à propos d'un geste de
hasard, des intentions. Vous l'avez fait pour me mettre à
l'épreuve !
1964 - Les quatre concepts
- 228 - Le T est impensable,
sinon à prendre son départ dans le SSS. - le sujet est supposé
savoir, de seulement être sujet du désir. Or, que se passe-t-il
? Il se passe ce qu'on appelle (...) effet de transfert. Cet
effet est d'amour. - comme tout amour, il n'est repérable (...)
que dans le champ du narcissisme. Aimer, c'est essentiellement
vouloir être aimé. - 229 - sa fonction de tromperie. L'amour,
sans doute, est un effet de T, mais c'en est la face de
résistance. Nous sommes liés à attendre cet effet de T pour
pouvoir interpréter, et en même temps, nous savons qu'il ferme
le sujet à l'effet de notre interprétation. - l'effet
d'aliénation (...) est ici absolument manifeste. - Cela veut
dire que le T n'est pas, de sa nature, l'ombre de quelque chose
qui eût été auparavant vécu. Bien au contraire, le sujet, en
tant qu'assujetti au désir de l'analyste, désire le tromper de
cet assujettissement, en se faisant aimer de lui - C'est
pourquoi, derrière l'amour dit de T, nous pouvons dire que ce
qu'il y a, c'est l'affirmation du lien du désir de l'analyste au
désir du patient.
1964 - Les quatre concepts
- 118 - quand Freud nous le
présente il nous dit - Ce qui ne peut être remémoré se
répète dans la conduite. Cette conduite, pour révéler ce
qu'elle répète, est livrée à la reconstruction de l'analyse.
[Et certes, l'analyse ne peut commencer justement avant cela.
Mais cette répétition, ou ce transfert au sens restreint, n'est
pas le seul vrai transfert où se désigne l'interférence de
l'Autre. En suivant Freud, certes] On peut aller à croire que
l'opacité du traumatisme - (...) cad pour nous la résistance de
la signification - est alors nommément tenue pour responsable de
la limite de la remémoration. Et après tout, nous pourrions
nous y trouver à l'aise (...) de reconnaître qu'il y a là un
moment fort significatif de la passation de pouvoir du sujet à
l'Autre, celui que nous appelons le grand Autre, le lieu de la
parole, virtuellement le lieu de la vérité. - [Mais en
réalité] L'Autre, latent ou pas, est, dès avant, présent dans
la révélation subjective. Il est déjà là quand quelque chose
a commencé à se livrer de l'ics. L'interprétation de
l'analyste ne fait que recouvrir le fait que l'ics (...) a déjà
dans ses formations (...) procédé par interprétation. - 119 -
Ce que Freud nous indique (...) c'est que le transfert est
essentiellement résistant. - Le transfert est le moyen par où
s'interrompt la communication de l'ics, par où l'ics se referme.
- [paradoxe que] l'analyste doit attendre le transfert pour
commencer à donner l'interprétation. - [La tendance actuelle de
la psy:] Faire appel à une partie saine du sujet, qui serait là
dans le réel, apte à juger avec l'analyste ce qui se passe dans
le transfert, c'est méconnaître que c'est justement cette
partie là qui est intéressée dans le transfert, que c'est elle
qui ferme la porte - Or, le discours de l'Autre qu'il s'agit de
réaliser, celui de l'ics, il n'est pas au-delà de la fermeture,
il est au-dehors. c'est lui qui, par la bouche de l'analyste, en
appelle à la réouverture du volet. - 120 - La contradiction de
sa fonction [du transfert], qui le fait saisir comme le point
d'impact de la portée interprétative en ceci même que, par
rapport à l'ics, il est moment de fermeture - voilà ce qui
nécessite que nous le traitions comme ce qu'il est, à savoir un
nud.
1964 - Les quatre concepts
- 133 - le transfert est la mise
en acte de la réalité de l'inconscient.
1964 - Les quatre concepts
- 243 - l'opération et la
manuvre du transfert sont à régler
d'une façon qui
maintienne la distance entre le point d'où le sujet se voit
aimable, - et cet autre point où le sujet se voit causé comme
manque par "a", et où "a" vient boucher la
béance que constitue la division inaugurale du sujet. - 244 [cf.
schéma] - Toute analyse que l'on doctrine comme devant se
terminer par l'identification à l'analyste révèle (...) que
son véritable moteur est élidé. Il y a un au-delà à cette
identification, et cet au-delà est défini par la rapport et la
distance de l'objet petit "a" au grand I idéalisant de
l'identification. - Freud donne ainsi son statut à l'hypnose en
superposant à la même place l'objet "a" comme tel et
ce repérage signifiant qui s'appelle l'idéal du moi. - 245 -
l'objet y est (...) le regard de l'hypnotiseur. - [D'une façon
générale, cf. ] la fonction du regard, de ses relations
fondamentales à la tache, du fait qu'il y a déjà dans le monde
quelque chose qui regarde avant qu'il y ait une vue pour le voir
- Vous saisissez du même coup la fonction du regard dans
l'hypnose, qui peut être remplie en somme par un bouchon de
cristal, ou n'importe quoi, pour peu que ça brille. Définir
l'hypnose par la confusion, en un point, de signifiant idéal où
se repère le sujet avec le "a", c'est la définition
structurale la plus assurée qui ait été avancée. Or, qui ne
sait que c'est en se distinguant de l'hypnose que l'analyse s'est
instituée ? car le ressort fondamental de l'opération
analytique, c'est le maintien de la distance entre le I et le
"a". si le T est ce qui, de la pulsion, écarte la
demande, le désir de l'analyste est ce qui l'y ramène. Et par
cette voie, il isole le "a", il le met à la plus
grande distance possible du I que lui, l'analyste, est appelé
par le sujet à incarner. C'est de cette idéalisation que
l'analyste a à déchoir pour être le support de l'"a"
séparateur, dans la mesure où son désir lui permet, dans une
hypnose à l'envers, d'incarner, lui, l'hypnotisé. - C'est
au-delà de la fonction du "a" que la courbe [de
l'analyse] se referme - A savoir, après le repérage du sujet
par rapport au "a", l'expérience du fantasme
fondamental devient la pulsion. - 246 - Comment un sujet qui a
traversé le fantasme fondamental peut-il vivre la pulsion ?
TRAUMA
1953 - Les écrits techniques de Freud - 215 - Le trauma, en tant
qu'il a une action refoulante, intervient après-coup - A ce
moment-là, quelque chose se détache du sujet dans le monde
symbolique même qu'il est en train d'intégrer. Désormais, cela
ne sera plus quelque chose du sujet. Le sujet ne le parlera plus,
ne l'intégrera plus. Néanmoins, ça restera là, quelque part,
parlé, si l'on peut dire, par quelque chose dont le sujet n'a
pas la maîtrise. - ce qu'on appellera par la suite ses
symptômes. - [C'est du même mouvement que ça refoule et que
ça "réapparaît", c'est la même chose. Le trauma, à
proprement parler, ce n'est pas l'événement, c'est le
refoulement...]
1953 - Les écrits techniques de Freud - 222 - c'est à
l'approche des éléments traumatiques - fondés dans une image
qui n'a jamais été intégrée - que se produisent les trous,
les points de fracture, dans l'unification, la synthèse, de
l'histoire du sujet. - Un énoncé discordant, ignoré dans la
loi, un énoncé promu au premier plan par un événement
traumatique, qui réduit la loi en une pointe au caractère inadmissible, inintégrable - voilà ce qu'est cette instance
aveugle, répétitive, que nous définissons habituellement dans
le terme de surmoi.
TROU
1961/62 - L'identification - 23/05/59 - s'il y a quelque chose
qui pour nous supporte l'intuition du tore, c'est cela : un
macaroni qui se rejoint, qui se mord la queue ; c'est ce qu'il y
a de plus exemplaire dans la fonction du trou. Il y en a un au
milieu du macaroni et il y en a un courant d'air (...) ce trou
courant d'air irréductible, et si nous le cernons d'une coupure,
c'est proprement là que se tient, dans les effets de la fonction
signifiante, "a", l'objet en tant que tel. Ceci veut
dire que l'objet est raté, puisqu'il ne saurait en aucun cas y
avoir là que le contour de l'objet, dans tous les sens que nous
pouvons donner au mot contour. [cf. cross-cap] - [la place du
trou] Cette surface ainsi structurée est particulièrement
propice à faire fonctionner devant nous cet élément le plus
insaisissable qui s'appelle le désir en tant que tel, autrement
dit le manque.
UN
1964/65 - Problèmes cruciaux pour la psychanalyse - 20/01/65 - le
un est ce qui va représenter le zéro pour un autre un. -
1964 - Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse - 28 -
Vous m'accorderez que le un qui est introduit par l'expérience
de l'inconscient, c'est le un de la fente, du trait, de la
rupture. - Où est le fond ? Est-ce l'absence ? Non pas. La
rupture, la fente, le trait de l'ouverture fait surgir l'absence
- comme le cri non pas se profile sur fond de silence, mais au
contraire le fait surgir comme silence. - Voilà où nous
retrouvons la structure basale, qui rend possible, de façon
opératoire, que quelque chose prenne la fonction de barrer, de
rayer, une autre chose. Niveau plus primordial, structuralement,
que le refoulement dont nous parlerons plus tard. Eh bien, cet
élément opératoire de l'effacement, c'est ce que Freud
désigne, dès l'origine, dans la fonction de la CENSURE. - c'est
bien là ce sur quoi porte, de la façon la plus efficiente, le
dynamisme de l'inconscient.
1964 - Acte de fondation - Je fonde - aussi seul que je l'ai
toujours été dans ma relation à la cause analytique (...)
[psychanalyse] - Pour l'exécution du travail, nous adopterons le
principe d'une élaboration soutenue dans un petit groupe. (...)
quatre est la juste mesure. PLUS UNE chargée de la sélection,
de la discussion et de l'issue à réserver au travail de chacun.
UNIVERS
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 41 - La fonction
symbolique n'est pas nouvelle en tant que fonction, elle a des
amorces ailleurs que dans l'ordre humain - [mais en tant qu'elle]
intervient à tous les moments et à tous les degrés de son
existence [de l'HOMME]. - 42 - il faut que nous partions de
l'idée que cet ordre [humain] constitue une TOTALITÉ. La
totalité dans l'ordre symbolique s'appelle un univers. L'ordre
symbolique est donné d'abord dans son caractère universel. / Ce
n'est pas peu à peu qu'il se constitue. Dès que le symbole
vient, il y a un univers de symboles. - Ce n'est pas pour rien
que Lévi-Strauss appelle ses structures élémentaires - il ne
dit pas primitives . Elémentaire est le contraire de complexe .
- Plus nous nous rapprochons, non de l'origine, mais de
L'ÉLÉMENT, plus s'imposent la structuration, l'ampleur,
l'intrication du système proprement symbolique de la
nomenclature. - 43 - Quelle solution pourrait-on bien attendre du
mot de COLLECTIF en cette occasion, alors que le collectif et
l'individuel, c'est strictement la même chose ? Non, il ne
s'agit pas de supposer quelque part une âme commune où tous ces
calculs auraient lieu, il ne s'agit d'aucune entification
psychologique - une espèce de grand animal - (...) c'est ça,
l'ics collectif.
VALEUR
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 27/11/57 - [La
métonymie est] à l'opposé de la dimension du sens, cad dans la
diversité de ces objets déjà constitués par le langage - qui
est la dimension de la valeur. - [Cf. Le 1er livre du Capital] -
institution de cette sorte d'équivalence fondamentale. - [ex.]
quelque chose doit se structurer dans l'équivalence
toile-vêtement, à savoir que des vêtements peuvent représenter la valeur de la
toile - le vêtement peut devenir le signifiant de la valeur de la toile. - en
d'autres termes, l'équivalence qui s'appelle valeur, tient proprement à
l'abandon [PERTE] de la part d'un ou de deux des deux termes, d'une partie
également très importante de leur sens. - une perspective qui (...) nous permet
de rejoindre le plan de l'inconscient.
VERITE
1936 - Au-delà du principe de réalité - 79 - Nous ne jouons
pas au paradoxe de dénier que la science n'ait pas à connaître
de la vérité. Mais n'oublions pas que la vérité est une
valeur qui répond à l'incertitude dont l'expérience vécue de
l'homme est phénoménologiquement marquée - la vérité dans sa
valeur spécifique reste étrangère à l'ordre de la science. -
peut-on dire que le savant se demande si l'arc-en-ciel, par
exemple, est vrai ? seulement lui importe que ce phénomène soit
communicable en quelque langage (condition de l'ordre mental ),
enregistrable sous quelque forme (condition de l'ordre
expérimental ) et qu'il parvienne à l'insérer dans la chaîne
des identifications symboliques où sa science unifie le divers
de son objet propre (condition de l'ordre rationnel ).
1950 - Intervention au 1er congrès mondial de psychiatrie - nous
ne pouvons pas (...) cesser de la soutenir [la notion de
vérité] dans sa vigueur socratique : cad oublier que la
vérité est un mouvement du discours, qui peut valablement
éclairer la confusion d'un passé qu'elle élève à la dignité
de l'histoire, sans en épuiser l'impensable réalité. - La
vérité qui fera son salut [de l'analysant], il n'est pas en
votre pouvoir de la lui donner, car elle n'est nulle part, ni
dans sa profondeur, ni dans quelque besace, ni devant lui, ni
devant vous. Elle est, quand il la réalise, et si vous êtes là
pour lui répondre quand elle arrive, vous ne pouvez la forcer en
prenant la parole en sa place.
1953 - Fonction et champ de la parole
- 136 - [discours]
L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué
par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre
censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus
souvent déjà elle est inscrite ailleurs. A savoir : - dans les
monuments : et ceci est mon corps (...) où le symptôme
hystérique montre la structure d'un langage et se déchiffre
comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte
grave être détruite ; - dans les documents d'archives aussi :
et ce sont les souvenirs de mon enfance (...) ; - dans
l'évolution sémantique : et ceci répond au stock et aux
acceptions du vocabulaire qui m'est particulier (...) ; - dans
les traditions aussi (...) qui sous une forme héroïsée,
véhiculent mon histoire ; - dans les traces, enfin, qu'en
conservent inévitablement les distorsions, nécessitées par le
raccord du chapitre adultéré dans les chapitres qui
l'encadrent -
1953 - Fonction et champ de la parole
- 133 - Soyons
catégorique, il ne s'agit pas dans l'anamnèse psychanalytique
de réalité, mais de vérité, parce que c'est l'effet d'une
parole pleine de réordonner les contingences passées en leur
donnant le sens des nécessités à venir, telles que les
constitue le peu de liberté par où le sujet les fait
présentes.
1953 - Fonction et champ de la parole
- 142 - Le sujet va
bien au-delà de ce que l'individu éprouve
"subjectivement", aussi loin exactement que la vérité
qu'il peut atteindre -
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - [parole] Le moment
où le sujet s'interrompt, c'est (...) le moment le plus
significatif de son approche vers la vérité.
1953/54 - Les écrits techniques de Freud - 126 - La parole
pleine est celle qui vise, qui forme la vérité telle qu'elle
s'établit dans la reconnaissance de l'un par l'autre. La parole
pleine est parole qui fait acte. Un des sujets se trouve, après,
autre qu'il n'était avant. - [Le paradoxe c'est qu'apparemment
la méthode psychanalytique] parte par une voie strictement
opposée, pour autant qu'elle donne comme consigne au sujet de
délinéer une parole aussi dénouée que possible de toute
supposition de responsabilité, et qu'elle le libère même de
toute exigence d'authenticité. Elle lui enjoint de dire tout ce
qui lui passe par la tête. -289 - Toute parole formulée comme
telle introduit dans le monde le nouveau de l'émergence du sens.
Ce n'est pas qu'elle s'affirme comme vérité, mais plutôt
qu'elle introduit dans le réel la dimension de la vérité. -
l'erreur est l'incarnation habituelle de la vérité - 290 - [En
règle générale] l'Erreur se démontre telle en ce que, à un
moment donné, elle aboutit à une contradiction. - 291 - Le
propre du champ psychanalytique est de supposer en effet que le
discours du sujet se développe normalement (...) dans l'ordre de
l'erreur, de la méconnaissance, voire de la dénégation - ce
n'est pas tout à fait le mensonge, c'est entre l'erreur et le
mensonge. - Mais - voici le nouveau - pendant l'analyse, dans ce
discours qui se développe dans le registre de l'erreur, quelque
chose arrive par où la vérité fait irruption, et ce n'est pas
la contradiction. - 292 - Nos actes manqués sont des actes qui
réussissent, nos paroles qui achoppent sont des paroles qui
avouent. - la vérité rattrape l'erreur au collet dans la
méprise. - [Le sujet] C'est qu'il en dit toujours plus qu'il ne
veut en dire, toujours plus qu'il ne sais en dire. - 293 -
[Objection possible :] Pourquoi le discours, que vous décelez
derrière le discours de la méprise ne tombe-t-il pas sous la
même objection que celui-ci ? Si c'est un discours comme
l'autre, pourquoi n'est-il pas, lui aussi, également plongé
dans l'erreur ? / Toute conception de style jungien, (...) qui
fait de l'ics, sous le nom d'archétype, [mais aussi l'ics de
type philosophique] le lieu réel d'un autre discours, tombe en
effet, d'une façon catégorique, sous cette objection.
[Justement, ce n'est pas un autre discours, mais une parole.] -
294 - une parole émerge qui dépasse le sujet discourant. - Car,
observez-le bien, chaque fois qu'il y a refoulement (...) il y a
toujours interruption du discours. Le sujet dit que le mot lui
manque.
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 25 - [Mannoni :
"ce qui revient au jour dans la maïeutique analytique,
c'est la vérité dans l'erreur et l'erreur dans la vérité.
C'est tout à fait différent de ce qui se passe dans une
perspective platonicienne. - c'est une vérité historique [=
subjective]] [psychanalyse]
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - Ce qui est
scandaleux chez La Rochefoucaul, ce n'est pas que l'amour-propre
soit pour lui au fondement de tous les comportements humains,
c'est qu'il est trompeur, inauthentique. - tradition des
moralistes. Ce ne sont pas des gens qui se spécialisent dans la
morale, mais qui introduisent une dimension dite de vérité dans
l'observation des comportements moraux et des murs. - [et
cela jusqu'à Nietzsche] [attitude] selon laquelle le
comportement humain est comme tel leurré. C'est dans ce creux,
dans ce bol, que vient se déverser la vérité freudienne.
[psychanalyse]
1955 - La Chose freudienne - 405 - la découverte de Freud met en
question la vérité [psychanalyse]
1955 - La Chose freudienne - 409 - [parole] [Prosopopée de la
vérité:] Mais pour que vous me trouviez où je suis, je vais
vous apprendre à quel signe me reconnaître. Hommes, écoutez,
je vous en donne le secret. Moi, la vérité, je parle. - Le
discours de l'erreur, son articulation en acte, pouvait [peut]
témoigner de la vérité contre l'évidence elle-même. - 410 -
je vagabonde dans ce que vous tenez pour être le moins vrai par
essence : dans le rêve, dans le défi au sens de la pointe la
plus gongorique et le nonsense du calembour le plus grotesque,
dans le hasard, et non pas dans sa loi, mais dans sa contingence
- Le commerce au long cours de la vérité ne passe plus par la
pensée : chose étrange, il semble que ce soit désormais par
les choses : rébus , c'est par vous que je communique - 413 -
ça parle, et là sans doute où l'on s'y attendait le moins, là
où ça souffre. - La vérité a dit : "Je parle". Pour
que nous reconnaissions ce "je" à ce qu'il parle,
peut-être n'était-ce pas sur le "je" qu'il fallait
nous jeter, mais aux arêtes du parler que nous devions nous
arrêter. "Il n'est de de parole que de langage" nous
rappelle que le langage est un ordre que des lois constituent,
desquelles nous pourrions apprendre au moins ce qu'elles
excluent. Par exemple que la langage, c'est différent de
l'expression naturelle et que ce n'est pas non plus un code ; que
ça ne se confond pas avec l'information -
1955 - Variantes de la cure-type - 351 - La parole apparaît donc
d'autant plus vraiment une parole que sa vérité est moins
fondée dans ce qu'on appelle l'adéquation à la chose : la
vraie parole s'oppose ainsi paradoxalement au discours vrai, leur
vérité se distinguant par ceci que la première constitue la
reconnaissance par les sujets de leurs êtres en ce qu'il y sont intéressés, tandis que la seconde est constituée par la
connaissance du réel, en tant qu'il est visé par le sujet dans
les objets. Mais chacune des vérités ici distinguées s'altère
à croiser l'autre dans sa voie. - 352 - Comment (...) le
discours intermédiaire, celui où le sujet, dans son dessein de
se faire reconnaître, adresse la parole à l'autre en tenant
compte de ce qu'il sait de son être comme donné, ne serait-il
pas contraint aux cheminements de la ruse ?
1955/56 - Les psychoses - 244 - la vérité entre de façon
vivante dans la vie - par l'intermédiaire de la signification
dernière de l'idée du père. - par le biais de ce drame an-historique (...) - le meurtre du père.
1956/66 - Le séminaire sur "La Lettre volée" - 20 -
[le registre de la vérité] se situe tout à fait ailleurs [que
le champ de l'exactitude], soit proprement à la fondation de
l'intersubjectivité. Il se situe là où le sujet ne peut rien
saisir sinon la subjectivité même qui constitue un Autre en
absolu.
1957 - L'instance de la lettre dans l'inconscient - 521 -
[refoulement] C'est qu'à cette vérité nouvelle [la
psychanalyse], on ne peut se contenter de faire sa place, car
c'est de prendre notre place en elle qu'il s'agit. Elle exige
qu'on se dérange. On ne saurait y parvenir à s'y habituer
seulement. On s'habituer au réel. La vérité, on la refoule.
1960 - Subversion du sujet et dialectique du désir - 797 - la
vérité est en résorption constante dans ce qu'elle a de
perturbant, n'étant en elle-même que ce qui manque à la
réalisation du savoir. - 798 - La vérité n'est rien d'autre
que ce dont le savoir ne peut apprendre qu'il le sait qu'à faire
agir son ignorance.
1960-61 - Le Transfert - 16 - Socrate ainsi mis à l'origine
(...) du plus long transfert (...) qu'ait connu l'histoire. -
Socrate prétend ne rien savoir, sinon savoir reconnaître ce que
c'est que l'amour. - là où il les rencontre, où est l'amant et
où est l'aimé. - 17 - Ce serait un curieux dénominateur commun
de Freud et Socrate, Socrate dont vous savez que lui aussi avait
affaire à la maison à une ménagère pas commode. - C'est de
Socrate que procède cette idée nouvelle et essentielle, qu'il
faut d'abord garantir le savoir. - c'est que le discours engendre
la dimension de la vérité. - Quand Socrate dit que c'est la
vérité, et non pas lui-même, qui réfute son interlocuteur -
il ramène la vérité au discours [et non moins le discours à
la vérité - mais non pas à l'"homme", comme
Protagoras]. - Nul tragique, nul sentiment tragique (...) ne
soutient l'atopia de Socrate.
1961/62 - L'identification - 29/11/61 - c'est sur lui [trait unaire] que se concentre pour nous la fonction d'indiquer la
place où est suspendue dans le signifiant (...) la question de
sa garantie, de sa fonction, de ce à quoi ça sert, ce
signifiant, dans l'avènement de la vérité. -
1964 - Les quatre concepts
- 127 - Il est tout à fait faux
de répondre à ce je mens qui si tu dis je mens, c'est que tu
dis la vérité, et donc tu ne mens pas, ainsi de suite. - En
effet, le je qui énonce, le je de l'énonciation, n'est pas le
même que le je de l'énoncé -Dès lors, du point où je
l'énonce, il m'est parfaitement possible de formuler de façon
valable que le je - le je qui, à ce moment là, formule
l'énoncé - est en train de mentir - 128 - le mens [de
l'énoncé] est un signifiant, faisant partie, dans l'Autre, du
trésor du vocabulaire où le je, déterminé rétroactivement,
devient signification engendrée au niveau de l'énoncé, de ce
qu'il produit au niveau de l'énonciation - c'est un je te trompe
qui en résulte. [Voir schéma] Le je te trompe provient du point
d'où l'analyste attend le sujet, et lui renvoie (...) son propre
message dans sa signification véritable, cad sous une forme
inversée. Il lui dit - dans ce je te trompe, ce que tu envoie
comme message, c'est ce que moi je t'exprime, et ce faisant, tu
dis la vérité. - Dans le chemin de tromperie où le sujet
s'aventure, l'analyste est en posture de formuler ce tu dis la
vérité, et notre interprétation n'a jamais de sens que dans
cette dimension. - Reportons sur ce schéma le je pense
cartésien. - Disons que c'est de prendre sa place au niveau de
l'énonciation qui donne sa certitude au COGITO. Mais le statut
du je pense est aussi réduit, aussi minimal, aussi ponctuel
(...) que celui du je mens de tout à l'heure.
VIDE
1954/55 - Le moi dans la théorie de Freud... - 315 - Ce n'est
d'ailleurs pas le pénis, mais le phallus, cad quelque chose dont
l'usage symbolique est possible parce qu'il se voit, qu'il est
érigé. De ce qui ne se voit pas, de ce qui est caché, il n'y a
pas d'usage symbolique [imaginaire ?] possible.
1959/60 - L'éthique de la psychanalyse - 155 - dans toute forme
de sublimation, le vide sera déterminatif. - Tout ART se
caractérise par un certain mode d'organisation autour de ce
vide. - La RELIGION consiste dans tous les modes d'éviter ce
vide (...) ; un mot comme respecter ce vide va peut-être plus
loin. - Pour le troisième terme, à savoir le discours de la
SCIENCE, en tant qu'il est originé pour notre tradition dans le
discours de la sagesse, dans le discours de la PHILOSOPHIE, y
prend sa pleine valeur le terme employé par Freud à propos de
la paranoïa (...) - Unglauben . [rejet]
VIE
1957/58 - Les formations de l'inconscient - 18/06/58 - le
symptôme est toujours surdéterminé. Il n'y a pas de symptôme
dont le signifiant ne soit apporté d'une expérience
antérieure, précisément (...) au niveau (...)
de ce qui est le
cur de tout ce qui est réprimé chez le sujet, à savoir
ce complexe de castration, de ce signifiant de A [S(A barré)?]
qui est quelque chose qui (...) s'articule dans le complexe de
castration - la fameuse scène primitive, qu'est-ce que c'est, si
ce n'est précisément quelque chose qui entre dans l'économie
du sujet (...) toujours comme un signifiant - l'être vivant
saisi comme vivant, en tant que vivant, mais avec cet écart,
cette distance [transcendance] qui est justement celle qui
constitue cette autonomie de la dimension signifiante, le
traumatisme de la scène primitive. - cette vie qui se saisit
dans une horrible aperception d'elle-même, dans son étrangeté
totale, dans sa brutalité opaque comme pur signifiant - C'est ce
qui apparaît de la vie à elle-même comme signifiant à l'état
pur, cad comme quelque chose qui ne peut pas encore d'aucune
façon se résoudre, s'articuler.
VISION
1964 - Les quatre concepts
- 68 - [Ce que nous indique
Merleau-Ponty] c'est la préexistence d'un regard - je ne vois
que d'un seul point, mais dans mon existence je suis regardé de
partout. - Mais ce n'est pas entre l'invisible et le visible que
nous allons, nous avoir à passer. - L'il et le regard,
telle est pour nous la schize dans laquelle se manifeste la
pulsion au niveau du champ scopique. - 70 - Dans notre rapport
aux choses, tel qu'il est constitué par la voie de la vision, et
ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose
glisse, passe, se transmet, d'étage en étage, pour y être
toujours à quelque degré éludé - c'est ça qui s'appelle le
regard. - 71 - [La fonction de la tache, assimilée à celle
regard, on la retrouve] à tous les étages de la constitution du
monde dans le champ scopique. - [elle] échappe toujours à la
saisie de cette forme de la vision qui se satisfait d'elle-même
en s'imaginant comme conscience. Ce en quoi la conscience peut se
retourner sur elle-même - se saisir, telle la Jeune Parque de
Valéry, comme se voyant se voir - représente un escamotage. Un
évitement s'y opère de la fonction du regard. - De même, dans
cet ordre particulièrement satisfaisant pour le sujet que
l'expérience analytique a connoté du nom de narcissisme [et
jusqu'à la "contemplation" des philosophes] - [Il y a
élision du fait que] nous sommes des êtres regardés, dans le
spectacle du monde. - C'est bien là le fantasme que nous
trouvons dans la perspective platonicienne, [à ceci près qu'il
s'agit là] d'un être absolu à qui est transférée la qualité
de l'omnivoyant. - ce côté omnivoyeur se pointe dans la
satisfaction d'une femme à se savoir [se sa-voir] regardée, à
condition qu'on ne le lui montre pas. - 94 - - nous voyons, dans
la dialectique de l'il et du regard, qu'il n'y a point
coïncidence, mais foncièrement leurre. Quand, dans l'amour, je
demande un regard, ce qu'il y a de foncièrement insatisfaisant
et de toujours manqué, c'est que - Jamais tu ne me regardes là
où je te voix. Inversement, ce que je regarde n'est jamais ce
que je veux voir.
1964 - Les quatre concepts
- 81 - La vision s'ordonne sous
un mode qu'on peut appeler en général la fonction des images.
Cette fonction se définit par une correspondance point par point
de deux unités dans l'espace. Quels que soient les
intermédiaires optiques pour établir leur relation, qu'une
image soit virtuelle, qu'elle soit réelle, la correspondance
point par point est essentielle. Ce qui est du mode de l'image
dans le champ de la vision est donc réductible à ce schéma si
simple qui permet d'établir l'anamorphose, cad au rapport d'une
image, en tant qu'elle est liée à une surface, avec un certain
point que nous appellerons point géométral. Pourra s'appeler
image quoi que ce soit qui est déterminé par cette méthode -
c'est autour des recherches sur la perspective que se centre un
intérêt privilégié pour le domaine de la vision [rapport avec
le cogito de Descartes comme point de perspective] -
VOIX
1955/56 - Les psychoses - 127 - [l'inconscient] cette phrase,
cette construction symbolique, recouvre de sa trame tout le vécu
humain - 128 - Ce monologue soi-disant intérieur est en parfaite
continuité avec le dialogue extérieur, et c'est bien pour cette
raison que nous pouvons dire que l'ics est aussi le discours de
l'autre. - la phrase évangélique ils ont des oreilles pour ne
point entendre est à prendre au pied de la lettre. C'est une
fonction du moi que nous n'avons pas perpétuellement à entendre
cette articulation qui organise nos actions comme des actions
parlées. - 129 - Dès lors, nous n'avons pas de raison de nous
refuser de reconnaître ses voix [du psychotique : HALLUCINATION]
au moment où le sujet nous en témoigne comme de quelque chose
qui fait partie du texte même de son vécu.
1960 - Remarque sur le rapport de Daniel Lagache - 684 - le
Surmoi en son intime impératif est bien la "voix de la
conscience" en effet, cad une voix d'abord, et bien vocale,
et sans plus d'autorité que d'être la grosse voix
1960/61 - Le désir et son interprétation - la voix dans le
délire répond tout spécialement aux exigences formelles de ce
"a" [objet], pour autant qu'il peut être élevé à la
fonction signifiante de la coupure, de l'intervalle comme tel -
Le sujet produit la voix. Et je dirai plus, nous aurons à faire
intervenir cette fonction de la voix pour autant que faisant
intervenir le poids du sujet, le poids réel du sujet dans le
discours, dans la formation de l'instance du sur-moi, la grosse
voix est à faire entrer en jeu comme quelque chose qui représente l'instance d'un autre se manifestant comme réel. -
[pour résumer 3 caractères de la voix : articulation pure,
subsistante et existante, tranchante et imposante] - 27/05/59 -
la voix hallucinatoire comme telle, [est] moins voix incarnée
que discours en tant qu'interrompu, que coupée du monologue
intérieur -
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [suite de Autre, plus bas] une
voix (...) s'incorpore - modeler notre vide - [cf. le choffar de
la synagogue :] Il modèle le lieu de notre angoisse mais
observons-le seulement après que le désir de l'autre ait pris forme de
commandement. C'est pourquoi il peut jouer sa fonction éminente à donner à
l'angoisse sa résolution qui s'appelle culpabilité ou pardon
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [la voix] résonne dans un vide
qui est le vide de l'Autre comme tel, l'ex nihilo à proprement
parler - la voix répond à ce qui se dit mais elle ne peut pas
en répondre. Autrement dit, pour qu'elle réponde, nous devons
incorporer la voix comme l'altérité de ce qui se dit. C'est
bien pour cela et non pour autre chose que détachée de nous
notre voix nous apparaît avec un son étranger. Il est de la
structure de l'autre de constituer un certain vide, le vide de
son manque de garantie, la vérité entre dans le monde avec le
signifiant et avant tout contrôle. Elle s'éprouve, elle se
renvoie seulement par ses échos dans le réel. Or c'est dans ce
vide que la voix en tant que distincte des sonorités, voix non
pas modulée mais articulée, résonne. La voix dont il s'agit,
c'est la voix en tant qu'impérative, (...) elle se situe non par
rapport à la musique mais par rapport à la parole.
1962/63 - L'angoisse - 05/06/63 - [1ère identification]
l'identification par la voix - nous parlons d'incorporation.
1962/63 - L'angoisse - 15/05/63 - [pour être énoncé le
dernier, cet objet n'en est pas moins] le plus originel -
05/06/63 -pour le sujet entrain de se constituer, c'est aussi du
côté d'une voix détachée de son support que nous devons
chercher ce reste. - Tout ce que le sujet reçoit de l'Autre par
le langage, l'expérience ordinaire est qu'il le reçoit sous
forme vocale.
VOYEURISME
1959/60 - Le désir et son interprétation - [dates ? cf.
perversion] l'important est que ce qui est vu soit intéressé
dans l'affaire. Ceci fait partie du fantasme. - quelque chose
dans l'objet s'y prête à cette fonction de spectacle (...), y
est ouvert, (...) participe en puissance [involontairement] à
cette dimension de l'indiscrétion - La créature surprise sera
d'autant plus érotisable dirai-je, que quelque chose dans ses
gestes peut nous la révéler comme s'offrant à ce que
j'appellerai les hôtes invisibles de l'air. [!!] - dans les deux
cas, le sujet se réduit lui-même à l'artifice de la fente
comme tel. - en tant qu'il est dans le fantasme il est la fente.
- quelque chose dans le réel à la fois trou et éclair - il ne
réalise pas la fonction de la coupure qui l'abolit dans un
automatisme clandestin - Il ne connaît lui que cette
manuvre d'animal honteux, cette manoeuvre oblique (...) qui
l'expose aux horizons. Pourtant cette fente, (...) volet ou
télescope, ou n'importe quel écran, cette fente c'est là ce
qui le fait entrer dans le désir de l'autre. -
1963/64 - Les quatre concepts
- 166 - Qu'est-ce qui se
passe dans le voyeurisme ? où est le sujet, où est l'objet ? -
le sujet n'est pas là en tant qu'il s'agit de voir (...), il ne
se situe qu'à l'aboutissement de la boucle. Quant à l'objet
(...) la boucle tourne autour de lui - L'objet est ici regard -
regard qui est le sujet, qui l'attend [puisque le sujet pervers
se positionne en objet] - C'est que l'autre le surprend, lui, le
sujet, comme tout entier regard caché. - Le regard est cet objet
perdu, et soudain retrouvé, dans la conflagration de la honte,
par l'introduction de l'autre. - qu'est-ce que le sujet cherche
à voir ? - c'est l'objet en tant qu'absence. - ce n'est pas,
comme on dit, le phallus - mais justement son absence -