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Le texte des Séminaires est établi par
Jacques-Alain Miller
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Le séminaire. Livre XVIII, D'un
Discours qui ne serait pas du semblant, Seuil, 2007
Titre de prime abord énigmatique. Donnons le
mot : il s’agit de l’homme et de la femme - de leurs relations les plus
concrètes, amoureuses et sexuelles, dans leur vie de tous les jours,
oui, comme dans leurs rêves et leurs fantasmes. Cela n’a rien à faire,
bien entendu, avec ce que la biologie étudie sous le nom de sexualité.
Faut-il pour autant laisser ce domaine à la poésie, au roman, aux
idéologies ? On tente ici d’en donner une logique. C’est retors. |
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Le séminaire. Livre XXIII, Le
sinthome, Seuil, 2005
Dix fois, un vieillard aux cheveux
blancs paraît sur la scène. Dix fois souffle et soupire. Dix fois
dessine lentement d'étranges arabesques multicolores qui se nouent entre
elles et aux méandres et volutes de sa parole tour à tour embarrassée et
déliée. Ils sont une foule à contempler médusés l'homme-énigme, et à
recevoir l'ipse dixit en espérant une illumination qui se fait attendre.
Non lucet, il ne fait pas clair là-dedans, et les Théodore cherchent des
allumettes. Pourtant, se disent-ils, cuicumque in sua arteperito
credendum est, qui a prouvé être habile en son art mérite créance. A
partir de quand quelqu'un est-il fou ? Le maître lui-même pose la
question. C'était jadis. C'étaient les mystères de Paris il y a trente
ans. Tel Dante prenant la main de Virgile pour s'avancer dans les
cercles de l'Enfer, Lacan prenait celle de James Joyce, l'illisible
Irlandais, et, à la suite de ce fluet Commandeur des Incroyants, entrait
d'un pas lourd et trébuchant dans la zone incandescente où brûlent et se
tordent femmes-symptômes et hommes-ravages. Une troupe équivoque
l'assistait cahin-caha : son gendre ; un écrivain ébouriffé, alors jeune
et tout aussi illisible ; deux mathématiciens dialoguant ; et un
professeur lyonnais attestant le sérieux de toute l'affaire. Quelque
Pasiphaé discrète s'employait derrière le rideau. Riez, braves gens ! Je
vous en prie. Moquez-vous ! Notre illusion comique est là pour ça. Ainsi
ne saurez-vous rien de ce qui se déroule sous vos yeux écarquillés : la
mise en question la plus méditée, la plus lucide, la plus intrépide, de
l'art sans pareil que Freud inventa, et que l'on connaît sous le
pseudonyme de psychanalyse. (Jacques-Alain Miller) |
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Le triomphe de
la religion. Précédé de Discours aux catholiques,
Seuil, 2005
"Je suis un enfant de curé ", disait Lacan. " Eduqué par
les Frères maristes, il fut un garçon pieux et acquit une connaissance
sensible, intime, des tourments et des ruses de la spiritualité
chrétienne. Il savait aussi merveilleusement parler aux catholiques et
les apprivoiser à la psychanalyse. La Société de jésus misa sur son
Ecole. Freud, vieil optimiste des Lumières, croyait que la religion
n'était qu'une illusion, que dissiperaient dans l'avenir les progrès de
l'esprit scientifique. Lacan, pas du tout : il pensait au contraire que
la vraie religion, la romaine, à la fin des temps embobinerait tout le
monde, en déversant du sens à pleins tuyaux sur le réel de plus en plus
insistant et insupportable que nous devons à la science. Jacques-Alain
Miller. |
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Des
Noms-du-Père, Seuil ,2005
Le Nom-du-Père, quel succès ! Cela parle à tout le monde.
La paternité n'a que peu d'évidence naturelle, c'est d'abord un fait de
culture. "Le Nom-du-Père, dit Lacan, crée la fonction du père." Mais
alors, ce pluriel, d'où vient-il ? Il n'est pas païen, il est dans la
Bible. Celui qui parle dans le buisson ardent dit de lui-même qu'Il n'a
pas qu'un seul Nom. Entendons : le Père n'a pas de Nom propre. Ce n'est
pas une figure, c'est une fonction. Le Père a autant de Noms qu'elle a
de supports. Sa fonction ? La fonction religieuse par excellence, celle
de lier. Quoi ? Le signifiant et le signifié, la Loi et le désir, la
pensée et le corps. Bref, le symbolique et l'imaginaire. Seulement, si
ces deux se nouent à trois avec le réel, le Nom-du-Père n'est plus qu'un
semblant. En revanche, si sans lui tout se défait, il est le symptôme du
nœud raté. Jacques-Alain Miller. |
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Le Séminaire. Livre X, L'Angoisse 1962-1963,
Seuil, 2004 Tout ce que
nous savons d'absolument nouveau et original sur la structure du sujet
et la dialectique du désir que nous avons à articuler, nous analystes,
nous l'avons appris par quelle voie ? Par la voie de l'expérience du
névrosé. Or, que nous a dit Freud à ce propos ? Que le dernier terme où
il soit arrivé en élaborant cette expérience, son point d'arrivée, sa
butée, le terme pour lui indépassable, c'est l'angoisse de castration.
Qu'est-ce à dire ? Ce terme est-il indépassable ? Que signifie cet arrêt
de la dialectique analytique sur l'angoisse de castration ? Ne
voyez-vous pas déjà, dans le seul usage du schématisme que j'emploie, se
dessiner la voie par où j'entends vous conduire ? Elle part d'une
meilleure articulation de ce fait de l'expérience que Freud a désigné
dans la butée du névrosé sur l'angoisse de castration. L'ouverture que
je vous propose, la dialectique qu'ici je vous démontre, permet
d'articuler que ce n'est point l'angoisse de castration en elle-même qui
constitue l'impasse dernière du névrosé. (Extrait du chapitre IV)
L'insecte qui se promène à la surface de la bande de Mœbius, s'il a la
représentation de ce que c'est qu'une surface, peut croire à tout
instant qu'il y a une face qu'il n'a pas explorée, celle qui est
toujours à l'envers de celle sur laquelle il se promène. Il peut croire
à cet envers, alors qu'il n'y en a pas, comme vous le savez. Lui, sans
le savoir, explore la seule face qu'il y ait, et pourtant, à chaque
instant, il y a bien un envers. Ce qui lui manque pour s'apercevoir
qu'il est passé à l'envers, c'est la petite pièce qu'un jour j'ai
matérialisée, construite, pour vous la mettre dans la main, celle que
vous dessine cette façon de couper le cross-cap. Cette petite pièce
manquante, c'est une sorte de court-circuit qui l'amènerait, par le
chemin le plus court, à l'envers du point où il était l'instant d'avant.
Cette petite pièce manquante, le a dans l'occasion, l'affaire est-elle
donc résolue parce que nous la décrivons sous cette forme paradigmatique
? Absolument pas, car c'est le fait qu'elle manque qui fait toute la
réalité du monde où se promène l'insecte. Le petit huit intérieur est
bel et bien irréductible. Autrement dit, c'est un manque auquel le
symbole ne supplée pas. (Extrait du chapitre X) |
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Le séminaire. Livre 8, Le transfert,
Seuil; 2001 Alcibiade a
voulu subordonner Socrate à l'objet de son désir à lui, Alcibiade, qui
est agalma, le bon objet. Comment ne pas reconnaître, nous analystes, ce
dont il s'agit ? C'est dit en clair - c'est le bon objet que Socrate a
dans le ventre. Socrate n'est plus là que l'enveloppe de ce qui est
l'objet du désir. C'est pour bien marquer qu'il n'est que cette
enveloppe, qu'Alcibiade a voulu manifester que Socrate est, par rapport
à lui, le serf du désir, que Socrate lui est asservi par le désir. Le
désir de Socrate, encore qu'il le connût, il a voulu le voir se
manifester dans son signe, pour savoir que l'autre, objet, agalma, était
à sa merci. Or, c'est justement d'avoir échoué dans cette entreprise qui
pour Alcibiade le couvre de honte (...) C'est que devant tous est
dévoilé dans son trait le secret le plus choquant, le dernier ressort du
désir, qui oblige toujours dans l'amour à le dissimuler plus ou moins -
sa visée est la chute de l'Autre, A, en autre, a. (Extrait du chapitre
XII) |
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Autres écrits, Seuil, 2001
PAS-A-LIRE. Définition lacanienne de l'écrit. Quelque
chose comme "Chien méchant", ou "Défense d'entrer ". Voire : " Lasciate
ogni speranza ". Disons que c'est un défi, fait pour tenter le désir.
Lacan résumait d'une phrase la leçon des Ecrits : " l'inconscient relève
du logique pur, autrement dit du signifiant". Les Autres écrits
enseignent de la jouissance qu'elle aussi relève du signifiant, mais à
son joint avec le vivant ; qu'elle se produit de "manipulations" non pas
génétiques mais langagières, affectant le vivant qui parle, celui que la
langue traumatise. Il s'ensuit : que la jouissance, cynique comme telle,
ne condescend au désir que par la voie de l'amour ; qu'elle fait
obstacle à toute programmation du rapport sexuel ; que, féminine, elle
répugne à l'universel et s'accorde à l'infini ; que, phallique, elle est
"hors-corps" ; et autres théorèmes jusqu'alors inouïs dans la
psychanalyse. On n'en trouvera pas le répondant dans le génome, dont le
décryptage pourtant fait promesse, de noces nouvelles du signifiant et
du vivant. On pressent l'avènement du self-made-man. Nous l'appellerons
: LOM du XXIe siècle. Ce recueil pourrait être son viatique. A le
déchiffrer, on saura mieux y faire avec les symptômes inconnus de
demain. |
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Le Séminaire. Livre 5, les
formations de l'inconscient, Seuil, 1998
"Le séminaire Les Formations de l'inconscient représente
un palier dans l'enseignement de Lacan. Il y récapitule le chemin
parcouru, durant les quatre années précédentes, pour faire ressortir la
question qui sera au premier plan durant l'année 1957-1958 : la fonction
du signifiant dans l'inconscient. L'enjeu est de montrer comment
l'oeuvre de Freud permet d'approfondir la théorie du signe linguistique
de Ferdinand de Saussure ou, plus exactement, comment l'analyse des
formations de l'inconscient éclaire la relation entre les notions
saussuriennes de signifiant et de signifié. Pour mener à bien ce projet
véritablement fondateur, qui le conduit au cours des chapitres à
réarticuler les grandes notions et les principaux axes de son
enseignement, Lacan prend comme point de départ l'analyse de l'oeuvre de
Freud consacrée au trait d'esprit, Le Mot d'esprit et sa relation à
l'inconscient. Il s'agit en effet de montrer que l'inconscient n'est
qu'un vaste jeu de mots..."
Émilio Balturi
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Le Séminaire.
Livre 4, La relation d'objet, Seuil, 1994
Cette mère inassouvie, insatisfaite, autour de laquelle
se construit toute la montée de l'enfant dans le chemin du narcissisme,
c'est quelqu'un de réel, elle est là, et comme tous les êtres
inassouvis, elle cherche ce qu'elle va dévorer, quaerens quem devoret.
Ce que l'enfant lui-même a trouvé autrefois pour écraser son
inassouvissement symbolique, il le retrouve possiblement devant lui
comme une gueule ouverte. [...] Voilà le grand danger que nous révèlent
ses fantasmes, être dévoré. [...] il nous donne la forme essentielle
sous laquelle se présente la phobie. Nous rencontrons cela dans les
craintes du petit Hans. [...] Avec le support de ce que je viens de vous
apporter aujourd'hui, vous verrez mieux les relations de la phobie et de
la perversion. [...] J'irai jusqu'à dire que le cas du petit Hans, vous
l'interpréterez mieux que Freud n'a pu le faire. (Extrait du chapitre
XI) La castration, ce n'est pas pour rien qu'on s'est aperçu, de façon
ténébreuse, qu'elle avait tout autant de rapport avec la mère qu'avec le
père. La castration maternelle - nous le voyons dans la description de
la situation primitive - implique pour l'enfant la possibilité de la
dévoration et de la morsure. Il y a antériorité de la castration
maternelle, et la castration paternelle en est un substitut. (Extrait du
chapitre XXI) (Dans le cas du petit Hans) la transformation qui
s'avérera décisive [est] celle de la morsure en dévissage de la
baignoire. D'ici à là, le rapport des personnages change du tout au
tout. Ce n'est pas pareil, que de mordre goulûment la mère, appréhension
de sa signification naturelle, voire de craindre en retour cette fameuse
morsure qu'incarne le cheval - ou de dévisser la mère, de la
déboulonner, de la mobiliser dans cette affaire, de faire qu'elle entre
elle aussi dans l'ensemble du système, et, pour la première fois, comme
un élément mobile et, du même coup, équivalent aux autres. (Extrait du
chapitre XXIII) |
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Le Séminaire. Livre 8, Le transfert,
Seuil, 1991
Alcibiade a voulu subordonner Socrate à l'objet de son
désir à lui, Alcibiade, qui est agalma, le bon objet. Comment ne pas
reconnaître, nous analystes, ce dont il s'agit ? C'est dit en clair
c'est le bon objet que Socrate a dans le ventre. Socrate n'est plus là
que l'enveloppe de ce qui est l'objet du désir.
C'est pour bien marquer qu'il n'est que cette enveloppe, qu'Alcibiade a
voulu manifester que Socrate est, par rapport à lui, le serf du désir,
que Socrate lui est asservi par le désir. Le désir de Socrate, encore
qu'il le connût, il a voulu le voir se manifester dans son signe, pour
savoir que l'autre, objet, agalma, était à sa merci.
Or, c'est justement d'avoir échoué dans cette entreprise qui pour
Alcibiade le couvre de honte (...) C'est que devant tous est dévoilé
dans son trait le secret le plus choquant, le dernier ressort du désir,
qui oblige toujours dans l'amour à le dissimuler plus ou moins sa visée
est la chute de l'Autre, A, en autre, a. |
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Le Séminaire.
Livre VII, L'éthique de la
psychanalyse, Seuil, 1986
Il convient que nous nous arrêtions à ce défilé, à ce
passage étroit où Freud lui-même s'arrête, et recule avec une horreur
motivée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même, ce commandement lui
paraît inhumain.
Ne peut-on dire que Sade nous enseigne une tentative de découvrir les
lois de l'espace du prochain comme tel ? - ce prochain en tant que le
plus proche, que nous avons quelquefois, et ne serait-ce que pour l'acte
de l'amour, à prendre dans nos bras. Je ne parle pas ici d'un amour
idéal, mais de l'acte de faire l'amour.
Nous savons très bien combien les images du moi peuvent contrarier notre
propulsion dans cet espace.
De celui qui s'y avance dans un discours plus qu'atroce, n'avons-nous
pas quelque chose à apprendre sur les lois de cet espace en tant que
nous y leurre la captivation imaginaire par l'image du semblable ? |
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Le
Séminaire. Livre III, Les
psychoses, Seuil, 1981
C'est à partir du célèbre cas Schreber,
dont Freud a étudié les écrits, que Jacques Lacan tente d'expliquer,
lors de son séminaire 1955-1956, les psychoses. Face à ce trouble
psychique grave, la psychanalyse s'est longtemps sentie impuissante au
niveau thérapeutique et théorique. La thèse soutenue ressemble à un défi
: expliquer les psychoses, c'est avoir compris ce que veut dire "être
père".
Les analyses de Lacan privilégient le cas du délire paranoïaque qui est
une reconstruction de la réalité. Que nous font-elles découvrir ? Que
les psychoses sont l'effet d'une opération psychique très précoce, bien
antérieure au refoulement et au conflit oedipien, antérieure même à
l'acquisition du langage et qui compromet l'accès de l'être humain à la
condition de sujet parlant en son nom propre.
C'est dans ce séminaire que l'enseignement de Lacan rencontre pour la
première fois la question du père et de son rôle structurant dans le
devenir psychique de l'enfant. Ce texte, d'une grande richesse, corrige
l'idée reçue selon laquelle la psychanalyse se réduirait à la découverte
de la relation érotique de l'enfant à sa mère. (Émilio Balturi) |
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Le Séminaire. Livre 2, le moi dans
la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse,
Seuil, 1978 J'ai trouvé à votre
usage une très curieuse ordonnance de 1277. A ces époques de ténèbres et
de foi, on était forcé de réprimer les gens qui, sur les bancs de
l'école, en Sorbonne et ailleurs, blasphémaient ouvertement pendant la
messe le nom de Jésus et de Marie. Vous ne faites plus ça. J'ai connu
quant à moi des gens fort surréalistes qui se seraient fait pendre
plutôt que de publier un poème blasphématoire contre la Vierge, parce
qu'ils pensaient qu'il pourrait quand même leur en arriver quelque
chose. Les punitions les plus sévères étaient édictées contre ceux qui
jouaient aux dés pendant le saint sacrifice. Ces choses me semblent
suggérer l'existence d'une dimension d'efficace qui manque
singulièrement à notre époque. Et ce n'est pas pour rien que je vous
fais jouer au jeu de pair ou impair. ( ... ) C'est avec le symbolisme,
c'est de ce dé qui roule que surgit le désir. Je ne dis pas désir humain
car, en fin de compte, l'homme qui joue avec le dé est captif du désir
ainsi mis en jeu. Il ne sait pas l'origine de son désir, roulant avec le
symbole écrit sur les six faces. |
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Le
séminaire. Livre 20, Encore, Seuil, 1975
Vous n'avez qu'à aller regarder
à Rome la statue du Bernin pour comprendre tout de suite qu'elle jouit,
sainte Thérèse, ça ne fait pas de doute. Et de quoi jouit-elle ? Il est
clair que le témoignage essentiel des mystiques, c'est justement de dire
qu'ils l'éprouvent, mais qu'ils n'en savent rien. Ces jaculations
mystiques, ce n'est ni du bavardage, ni du verbiage, c'est en somme ce
qu'on peut lire de mieux. Ce qui se tentait à la fin du siècle dernier,
au temps de Freud, ce qu'ils cherchaient, toutes sortes de braves gens
dans l'entourage de Charcot et des autres, c'était de ramener la
mystique à des affaires de foutre. Si vous y regardez de près, ce n'est
pas ça du tout. Cette jouissance qu'on éprouve et dont on ne sait rien,
n'est-ce pas ce qui nous met sur la voie de l'ex-sistence ? Et pourquoi
ne pas interpréter une face de l'Autre, la face de Dieu, comme supportée
par la jouissance féminine ? |
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Le Séminaire. Livre I, Les
écrits techniques de Freud, Seuil, 1975
Le maître interrompt le silence par
n'importe quoi, un sarcasme, un coup de pied.
C'est ainsi que procède dans la recherche du sens un maître bouddhiste,
selon la technique zen, car il appartient aux élèves eux-mêmes de
chercher la réponse à leurs propres questions. Le maître n'enseigne pas
ex cathedra une science toute faite, il apporte la réponse quand les
élèves sont sur le point de la trouver.
Cet enseignement est un refus de tout système. Il découvre une pensée en
mouvement - prête néanmoins au système, car elle présente nécessairement
une face dogmatique. La pensée de Freud est la plus perpétuellement
ouverte à la révision. C'est une erreur de la réduire à des mots usés.
Chaque notion y possède sa vie propre. C'est ce qu'on appelle
précisément la dialectique |
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De la Psychose paranoïaque dans ses
rapports avec la personnalité suivi de Premiers écrits sur
la paranoïa, Seuil, 1975 Thèse publiée
sans réticence. A prétexter que l'enseignement passe par le détour de
midire la vérité. Y ajoutant : à condition que l'erreur rectifiée, ceci
démontre le nécessaire de son détour. Que ce texte ne l'impose pas,
justifierait la réticence. De la psychose paranoïaque dans ses rapports
avec la personnalité constituait la thèse de doctorat en médecine de
Jacques LACAN, éditée une première fois en octobre 1932. |
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Télévision, Seuil, 1974
Les psychologues, les psychothérapeutes, les psychiatres,
tous les travailleurs de la santé mentale - c'est à la base et à la dure
qu'ils se coltinent la misère du monde. Et l'analyste, pendant ce temps
? - Depuis vingt ans que vous avez avancé votre formule, que
l'inconscient est structuré comme un langage, on vous oppose sous des
formes diverses : "Des mots, des mots, des mots". Quid de l'énergie
psychique, ou de l'affect, ou de la pulsion? La guérison, est-ce aussi
un fantasme ? Il y a une rumeur qui chante : si on jouit si mal, c'est
qu'il y a répression sur le sexe, et c'est la faute à la famille, à la
société, au capitalisme. - D'où vous vient l'assurance de prophétiser la
montée du racisme ? - Trois questions résument pour Kant - l'intérêt de
notre raison: "Que puis-je savoir? Que dois-je faire ? Que m'est-il
permis d'espérer ? Y répondre à votre tour, ou y trouver à redire. -
Titillez donc voir la vérité que Boileau versifie" ce que l'on conçoit
bien s'énonce clairement -. Votre style, etc. Ce sont là quelques-unes
des questions qui sont ici lancées à Jacques Lacan et sur lesquelles il
parle, au nom de l'objet Télévision. |
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Le Séminaire.
Livre 11, les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse,
Seuil, 1973
À la suite de son "excommunication" de la Société
psychanalytique internationale, Jacques Lacan est accueilli en 1963 à
l'École normale supérieure pour son onzième séminaire. Son thème : les
fondements de la psychanalyse. L'heure est en effet aux refondations !
Lacan retient de Freud quatre notions importantes qu'il présente comme
les piliers du savoir analytique : l'inconscient, la répétition, le
transfert et la pulsion. À partir d'elles, il procède à une relecture
vivante et vivifiante du texte freudien. C'est sur le fond de ce travail
que Lacan situe ses propres innovations qui écartent bon nombre
d'interprétations sommaires. Ainsi montre-t-il que la notion freudienne
d'"inconscient" ne renvoie à aucune région de forces obscures étrangères
à la conscience, mais au contraire à une "structure" analogue à ce qui
se passe au niveau du sujet conscient : "ça parle, et ça fonctionne
d'une façon aussi élaborée" que la raison consciente. Aux antipodes du
romantisme ou de la mystique, l'inconscient structural de Lacan restaure
la rationalité de l'inconscient freudien. (Emilio Balturi) |
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Ecrits, Seuil, 1966
Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y
sentir que s'y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il
paraître dater, se reconnaît pour être le débat des lumières. C'est
qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé
dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont
le moi se fait titre à parader de l'existence. L'obscur y passe pour
objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs. Nulle
surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui
se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques
Lacan. Le lecteur apprendra ce qui s'y démontre l'inconscient relève du
logique pur, autrement dit du signifiant. L'épistémologie ici fera
toujours défaut, si elle ne part d'une réforme, qui est subversion du
sujet. L'avènement ne peut s'en produire que réellement, et à une place
que tiennent présentement les psychanalystes, C'est à transcrire cette
subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan
s'emploie pour eux depuis quinze ans. La chose a trop d'intérêt pour
tous, pour qu'elle ne fasse pas rumeur. C'est pour qu'elle ne vienne pas
à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces
écrits fait appel à l'attention. |
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