Etudes lacaniennes 

un site de  Didier Moulinier

Amour

 

 

Perversions

 
Accueil
Acte
Amour
Autre
Castration
Chant
Contrat
Couple
Crime
Culture
Défi
Déni
Dérive
Désir-de-l'analyste
Erotomanie
Fantasme
Femme
Fétichisme
Fin
Haine
Haine du Père
Homosexualité Hommes
Homosexualité Femmes
Hystérie
Identité sexuelle
Jouissance
Loi
Mal
Masochisme
Mélancolie
Mort
Névrose
Nocivité
Nom-du-Père
Obligation de soin
Passion
Père
Perversité
Phobie
Psychopathie
Pulsion
Réponse
Sadisme
Savoir
Secret
Séduction
Signification
Sport
Sublimation
Surmoi
Symptôme
Temps
Totalitarisme
Trace
Trait primaire
Transe
Transfert
Transgression
Transmutation
Transvestisme
Volonté
Voyeurisme

 

 

 

 

 

Partant du fait que le sujet pervers s'identifie à l'objet pulsionnel, par essence dépourvu de spécularité, on peut en déduire que le semblable n'existe pas pour lui, au sens où le semblable, l'analogue, est une première étape dans la reconnaissance du prochain. Il ne vise pas, comme le sujet névrosé, à recouvrir le manque dans l'Autre du voile de l'amour, amour qui ressortit en cela à l'imaginaire. A la place, il soumet sa victime à un jeu cruel destiné à lui faire porter tout le poids de la question et de la division, sur le mode de l'angoisse, tandis qu'il se pose, lui, comme objet-réponse du côté de la jouissance. A la question : le pervers est-il capable d'amour ?, il faut associer celle-ci : de quel amour paternel tente-t-il de se protéger ? Il y a le père aimant et aimable qu'idéalise le névrosé, celui que le sujet doit tuer symboliquement à l'issue du complexe d'Oedipe. Cet amour qui fonctionne comme une métaphore pourra faire advenir, chez le névrosé, un amour de transfert nécessaire à la conduite d'une cure. Et puis il y la brute jouisseuse, le père de la horde que l'on ne peut rejoindre qu'au moyen d'un amour-passion arbitraire et violent, littéralement "dévorant". Le pervers pédophile s'identifie volontiers à ce père jouisseur qui, sous des dehors protecteurs, parvient généralement à hypnotiser et à méduser ses victimes. Par conséquent, même s'il n'est pas vécu sur le mode sentimental, l'amour vrai ne fait pas faute au pervers, c'est le cas de le dire. Tout le problème est là : il ne manque pas, il ne consiste pas à donner le manque, selon la formule de Lacan. Il veut tout donner, tout prendre, la vie, la mort, et l'amour lui-même dans un comble de narcissisme idéaliste. Car, bien sûr, ce n'est pas pour l'amour des enfants, comme il le prétend, qu'un pervers pédophile s'en approche et tente de les séduire, mais bien au nom de l'amour lui-même : Eros incarné ! S'identifiant au père aimant, au père traumatisant, il ne peut que traumatiser à son tour au nom de l'amour. Aussi faut-il réviser l'image trompeuse du pervers au passé d'enfant mal-aimé ou maltraité ; la seule mal-aimance ou mal-traitance est ici imputable à l'excès d'amour, cet amour possessif et exclusif directement interprété comme volonté de jouissance (sexuelle). Ignorant la fatalité de ce cercle, celui de la causalité empirico-idéaliste où l'aimé violenté devient à son tour amant violent pour avoir justement sacrifié l'aimé à un désir d'amour idéal, nous préférons poser d'abord l'identité de l'aimé - avant d'être un sujet mal ou trop aimé, tout homme est aimé -, et ensuite seulement le sujet amoureux dans son principe nécessairement narcissique. En tant que radicalement secondaire (irréalisé, détaché, désangoissé, etc.), l'amour narcissique totalement assumé constitue l'unique alternative aux déboires et aux perversions de l'amour altruiste.

 

 

Accueil | Brèves du jour | Evénements | Liens psychanalytiques | Publications | Psychanalyse et... | Non-Psychanalyse | Lectures de Lacan | Lexique de Lacan | Jouissances | Perversions | Contact