Etudes lacaniennes

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D'après une lecture de :
Jacques Lacan

 

 

L'homosexualité apparaît comme la manifestation perverse la plus répandue dans les névroses, sans qu'elle soit spécialement vécue comme un symptôme ou une souffrance. Cela prouve que l'opposition entre ces deux structures n'est pas simplement celle du manifeste et du latent, du réel et du symbolique, donc d'une homosexualité " heureuse " et déclarée dans la perversion et d'une homosexualité honteuse et refoulée dans la névrose. Au sein de celle-ci, nous pouvons cependant distinguer un concept d'homosexualité qui s'attache à la signification des symptômes, d'un autre qui s'applique aux actes et aux pratiques effectivement homosexuelles. Dans ce réel, le névrosé recherche essentiellement un bénéfice imaginaire : à travers ses fantasmes, réalisés ou non dans l'homosexualité, il s'assure de l'existence d'un Autre dont le désir ne lui ferait pas énigme et ne serait pas cause d'angoisse. Comme un pervers, il œuvre pour la jouissance de l'Autre, de peur d'affronter son désir c'est-à-dire sa castration. Certains traits fétichistes peuvent servir d'appoint à cette dérobade, d'autant que dans l'homosexualité le pénis prend à l'évidence une valeur de fétiche. Il faut maintenant distinguer hystérie et obsession. Concernant l'obsessionnel, c'est parce que la jouissance de la femme doit être simulée à défaut d'être interrogée, que le sujet adopte une position féminine et que la forme homosexuelle perverse doit tout spécialement être privilégiée. Cela n'empêche pas qu'il soit structurellement identifié au père imaginaire, comme tout névrosé, et que la structure de son désir névrotique situe ce Père comme grand Autre de la demande, demande visée au lieu de l'objet (désirer la demande de l'Autre, pour y répondre, étant le meilleur moyen de rejeter sa castration). L'hystérique questionne davantage le désir de l'Autre femme, c'est pourquoi elle peut adopter une position homosexuelle (cf. Dora avec Mme K.) et fixer son idéal féminin sur une image agalmatique précise. En cela, elle ne fait que mimer le désir masculin, auquel elle s'identifie, à seule fin de soutenir le désir du père, comme chez toute hystérique. Il en résulte une croyance en La femme, effectivement analogue à celle du pervers authentique. Dans tous les cas l'identification se porte structurellement sur un père trop aimé, à défaut de reconnaître et relayer son désir en tant que castré. Relevons ce préjugé selon lequel le choix d'objet sexuel (homo- ou non) relève en général d'une identification et d'une position subjective dont le préalable reste une relation originelle à l'Autre, dualité non critiquée en tant que telle. Partant de l'hypothèse inverse, celle d'une altérité radicale du sujet comme identique à l'Autre, le choix de la névrose tout comme le choix homosexuel ne sont que des modalités singulières d'une jouissance de la relation elle-même, jouissance ludique du "relationnel" dans toutes ses dimensions cliniques possibles (ici la prévention contre la castration de l'Autre).

 

 

 

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