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- D'après une lecture de
:
- Irène Diamantis, in
Collectif, Traits de perversion dans les structures cliniques,
Navarin, 1990
Certains
psychanalystes (comme Irène Diamantis) utilisent le concept de "disposition
perverse polymorphe" pour désigner l'univers pulsionnel en tant que sol
originaire du psychisme humain. Ils situent la phobie, dès avant
l'organisation hystérique ou obsessionnelle, au niveau de ce même dispositif
pulsionnel et la caractérisent donc comme "disposition polymorphe". Le noyau
phobique originel serait à ce titre la meilleure et la plus commune défense
contre les assauts de la perversion, en tant que structure logiquement
constituée. Dans ce registre polymorphe de la pulsion, le concept de
"séparation" semble plus pertinent que celui de castration. En effet, il ne
s'agit pas de savoir si le sujet se montre capable de surmonter un certain
nombre de contradictions, d'assumer une division constituante, mais
seulement s'il peut mettre à distance, se prémunir d'un univers imprévisible
où tout est possible, tout peut arriver, y compris et surtout l'absurde
intégral. Une peluche adorable - comme on le voit dans le film "Gremlins" -
peut très bien se mettre à mordre, à tyranniser avec la dernière cruauté
l'enfant qu'il semblait jusqu'alors protéger. Bref nous sommes dans
l'imaginaire à l'état pur, où se succèdent sans crier gare le bien et le
mal, l'amour et la haine, le rire et la peur, l'excitation et la terreur.
L'univers polymorphe de la pulsion est celui de l'inceste prescrit, annoncé,
prophétisé - nullement interdit. Mais à la différence de la perversion
proprement dite, installée, y compris d'ailleurs comme polymorphe, la
disposition perverse/phobique implique à terme la culpabilité et fait
accéder par ce biais, par ce recul imposé, au lien symbolique. Le fait de
s'abandonner au non-sens expressionniste de la pulsion est vécu comme une
faute, qui engendre la séparation. Lorsque, plus tard, la phobie est
constituée autour d'un ou plusieurs objets invariants, ceux-ci fonctionnent
comme des signaux où se repèrent le sujet, qui défend sa castration (même si
c'est dans la terreur), là où inversement le pervers s'en défend grâce au
fétiche. Inutile de préciser que cette thèse s'avère fragile, surtout en
tant qu'explicitement "analytique", et incompatible notamment avec les
formulations lacaniennes. A notre avis, il suffit d'expurger la "disposition
perverse polymorphe" de toute mention d' "originarité" (un des péchés
originels de la psychanalyse) pour la rendre opérante théoriquement et
peut-être cliniquement. De même, la "séparation" ne doit pas s'appliquer au
sujet, mais bien à la phobie elle-même et à son objet, unilatéralement ; il
n'y a pas lieu de se prémunir de la peur, de se tenir à distance de l'objet,
puisque le sujet en tant que pulsion (ou "agito") est cette mise à
distance de la peur (et) de l'objet.
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