Etudes lacaniennes 

un site de  Didier Moulinier

Psychopathie

 

 

Perversions

 
Accueil
Acte
Amour
Autre
Castration
Chant
Contrat
Couple
Crime
Culture
Défi
Déni
Dérive
Désir-de-l'analyste
Erotomanie
Fantasme
Femme
Fétichisme
Fin
Haine
Haine du Père
Homosexualité Hommes
Homosexualité Femmes
Hystérie
Identité sexuelle
Jouissance
Loi
Mal
Masochisme
Mélancolie
Mort
Névrose
Nocivité
Nom-du-Père
Obligation de soin
Passion
Père
Perversité
Phobie
Psychopathie
Pulsion
Réponse
Sadisme
Savoir
Secret
Séduction
Signification
Sport
Sublimation
Surmoi
Symptôme
Temps
Totalitarisme
Trace
Trait primaire
Transe
Transfert
Transgression
Transmutation
Transvestisme
Volonté
Voyeurisme

 

  

 

Le terme de "psychopathie" fut surtout employé en psychiatrie pour signaler un "trouble de la personnalité", proche de la " perversion instinctive " de Dupré, apparentant le psychopathe à une espèce particulière de délinquant ou de criminel. C'est l'individu dangereux par excellence. Pendant longtemps, l'école psychanalytique a qualifié cette pathologie de "névrose de caractère " ayant pour origine une carence ou un dysfonctionnement du surmoi. Phénoménologiquement, la psychopathie se révèle par le passage à l'acte et se distingue notamment du délire psychotique. Lacan la définit comme une conduite ne pouvant en aucun cas constituer la structure du sujet ni même indiquer à elle seule une pathologie. Il articule la psychopathie avec le surmoi comme lieu de confrontation du sujet avec la loi, ce qui a pour effet de désocialiser la définition du concept en le recentrant sur le sujet, et en particulier sur la confrontation du sujet avec la castration. Le surmoi, en effet, a cette perversité de vouloir nier la castration en sommant le moi de répondre à ses injonctions, et en le culpabilisant. Du coup, la notion de psychopathie rejoint celle de narcissisme, en tant qu'attitude défensive du sujet face à la castration, et à ce titre concerne tout aussi bien la structure perverse, névrotique, que psychotique. La psychopathie caractérise un moi identifié exclusivement au surmoi ; sa dangerosité dérive du désir d'appliquer une loi strictement punitive, conduisant bien souvent à des violences criminelles. Contrairement à la perversion de structure, la loi-psychopathe ne commande pas seulement la jouissance en tant que sexuelle, la loi commande l'acte et se promulgue précisément à cette occasion, dans cette parousie. Notons que l'acte auto-suffisant, en phase avec le narcissisme foncier du sujet, s'avère à terme auto-destructeur - ce qui ne signifie pas exactement suicidaire. La mort violente et spectaculaire, la mort apocalyptique est l'horizon des agissements du sujet. C'est pourquoi la seule issue vers une non-psychopathie radicale (aussi bien pour lui-même que pour ses victimes potentielles) consiste à incarner la mort, faire le mort pour rendre tout passage à l'acte définitivement obsolète.

 

 

 

 

 

Accueil | Brèves du jour | Evénements | Liens psychanalytiques | Publications | Psychanalyse et... | Non-Psychanalyse | Lectures de Lacan | Lexique de Lacan | Jouissances | Perversions | Contact