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Le terme de
"psychopathie" fut surtout employé en psychiatrie pour signaler un "trouble
de la personnalité", proche de la " perversion instinctive " de Dupré,
apparentant le psychopathe à une espèce particulière de délinquant ou de
criminel. C'est l'individu dangereux par excellence. Pendant longtemps,
l'école psychanalytique a qualifié cette pathologie de "névrose de caractère
" ayant pour origine une carence ou un dysfonctionnement du surmoi.
Phénoménologiquement, la psychopathie se révèle par le passage à l'acte et
se distingue notamment du délire psychotique. Lacan la définit comme une
conduite ne pouvant en aucun cas constituer la structure du sujet ni même
indiquer à elle seule une pathologie. Il articule la psychopathie avec le
surmoi comme lieu de confrontation du sujet avec la loi, ce qui a pour effet
de désocialiser la définition du concept en le recentrant sur le sujet, et
en particulier sur la confrontation du sujet avec la castration. Le surmoi,
en effet, a cette perversité de vouloir nier la castration en sommant le moi
de répondre à ses injonctions, et en le culpabilisant. Du coup, la notion de
psychopathie rejoint celle de narcissisme, en tant qu'attitude défensive du
sujet face à la castration, et à ce titre concerne tout aussi bien la
structure perverse, névrotique, que psychotique. La psychopathie caractérise
un moi identifié exclusivement au surmoi ; sa dangerosité dérive du désir
d'appliquer une loi strictement punitive, conduisant bien souvent à des
violences criminelles. Contrairement à la perversion de structure, la
loi-psychopathe ne commande pas seulement la jouissance en tant que
sexuelle, la loi commande l'acte et se promulgue précisément à cette
occasion, dans cette parousie. Notons que l'acte auto-suffisant, en phase
avec le narcissisme foncier du sujet, s'avère à terme auto-destructeur - ce
qui ne signifie pas exactement suicidaire. La mort violente et
spectaculaire, la mort apocalyptique est l'horizon des agissements du sujet.
C'est pourquoi la seule issue vers une non-psychopathie radicale (aussi bien
pour lui-même que pour ses victimes potentielles) consiste à incarner la
mort, faire le mort pour rendre tout passage à l'acte
définitivement obsolète.
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