Etudes lacaniennes 

un site de  Didier Moulinier

Surmoi

 

 

Perversions

 
Accueil
Acte
Amour
Autre
Castration
Chant
Contrat
Couple
Crime
Culture
Défi
Déni
Dérive
Désir-de-l'analyste
Erotomanie
Fantasme
Femme
Fétichisme
Fin
Haine
Haine du Père
Homosexualité Hommes
Homosexualité Femmes
Hystérie
Identité sexuelle
Jouissance
Loi
Mal
Masochisme
Mélancolie
Mort
Névrose
Nocivité
Nom-du-Père
Obligation de soin
Passion
Père
Perversité
Phobie
Psychopathie
Pulsion
Réponse
Sadisme
Savoir
Secret
Séduction
Signification
Sport
Sublimation
Surmoi
Symptôme
Temps
Totalitarisme
Trace
Trait primaire
Transe
Transfert
Transgression
Transmutation
Transvestisme
Volonté
Voyeurisme

 

  

D'après une lecture de
Collectif, Traits de perversion dans les structures cliniques, Navarin, 1990

 

 

La relation du concept de surmoi à celui de perversion s'effectue d'abord, chez Freud, dans le cadre de la théorie du fantasme névrotique, puis directement en rapport avec le masochisme pervers. Les distinctions de Lacan permettent précisément de différencier les fonctions respectives du surmoi dans la névrose et dans la perversion. Mais d'abord rappelons combien le surmoi relève d'une père-version, à l'envers de ce que Lacan appelle la métaphore paternelle. Le surmoi renvoie à l'identification primaire par incorporation qui convoque le père au titre de père fouettard, de distributeur de volées ou d'engueulades, et surtout proférateur de menaces de castration. Le surmoi et le ça communiquent dans cette figure du père vociférant, inventant littéralement la loi de sa propre jouissance. Le père faiseur de loi, également héritier du complexe d'Œdipe, ne manque pas d'apparaître en même temps comme hors la loi dans sa position de jouissance absolue. A propos du surmoi, remarquons qu'il se présentifie dans la voix en tant qu'objet, de désir ou de jouissance. En tant qu'objet cause de désir, il préside aux destinées de la névrose qui confond l'objet et la demande de l'Autre. En tant qu'objet cause de jouissance, reste mnésique vocal du père démoniaque, il est le pilier du masochisme pervers. Structurellement, le masochisme est toujours concerné par les effets de l'Autre sur la causation du sujet par l'objet 'a'. Par ailleurs, "il ne peut être fondé que sur le point d'incidence de la voix de l'Autre dans l'oreille du sujet" (Lacan). Comment distinguer alors le masochisme moral (et parfois érogène) dans la névrose du masochisme réellement pervers ? Le sujet névrosé reporte sa division dans l'Autre, où l'objet demeure en souffrance, tandis que le sujet pervers se met du côté de l'objet, au service de l'Autre et de sa jouissance. Même s'il peut parfois réaliser son fantasme, il y aura toujours, chez le névrosé, une totale disjonction entre son désir et une volonté de jouissance impuissante chez lui, inopérante, puisque l'objet est abandonné dans l'Autre (alors que le pervers, lui, incarne réellement l'objet par le biais du fétiche). Dans les deux cas, le surmoi prend quand même valeur d'objet, en tentant de préserver qui le désir, qui la jouissance. Dans les deux cas, l'objet 'a' reste la voix paternelle, tantôt significantisée dans la névrose - impératif hypothéqué par la demande -, tantôt incarnée par le sujet dans la perversion et restituée à l'Autre pour sa jouissance supposée. Et surtout, la voix en tant qu'objet d'"ouïssance", si l'on peut dire, conserve un statut de cause antérieurement à toute répartition névrose/perversion, désir/jouissance. La surmoi est la voix de l'ancêtre au sens d'une antériorité réelle, neutre symboliquement et imaginairement.

 

Accueil | Brèves du jour | Evénements | Liens psychanalytiques | Publications | Psychanalyse et... | Non-Psychanalyse | Lectures de Lacan | Lexique de Lacan | Jouissances | Perversions | Contact