




























































|
|
- D'après une lecture de
:
- Collectif, Traits de
perversion dans les structures cliniques, Navarin, 1990
La relation du
concept de surmoi à celui de perversion s'effectue d'abord, chez Freud, dans
le cadre de la théorie du fantasme névrotique, puis directement en rapport
avec le masochisme pervers. Les distinctions de Lacan permettent précisément
de différencier les fonctions respectives du surmoi dans la névrose et dans
la perversion. Mais d'abord rappelons combien le surmoi relève d'une
père-version, à l'envers de ce que Lacan appelle la métaphore paternelle. Le
surmoi renvoie à l'identification primaire par incorporation qui convoque le
père au titre de père fouettard, de distributeur de volées ou d'engueulades,
et surtout proférateur de menaces de castration. Le surmoi et le ça
communiquent dans cette figure du père vociférant, inventant littéralement
la loi de sa propre jouissance. Le père faiseur de loi, également héritier
du complexe d'Œdipe, ne manque pas d'apparaître en même temps comme hors la
loi dans sa position de jouissance absolue. A propos du surmoi, remarquons
qu'il se présentifie dans la voix en tant qu'objet, de désir ou de
jouissance. En tant qu'objet cause de désir, il préside aux destinées de la
névrose qui confond l'objet et la demande de l'Autre. En tant qu'objet cause
de jouissance, reste mnésique vocal du père démoniaque, il est le pilier du
masochisme pervers. Structurellement, le masochisme est toujours concerné
par les effets de l'Autre sur la causation du sujet par l'objet 'a'. Par
ailleurs, "il ne peut être fondé que sur le point d'incidence de la voix de
l'Autre dans l'oreille du sujet" (Lacan). Comment distinguer alors le
masochisme moral (et parfois érogène) dans la névrose du masochisme
réellement pervers ? Le sujet névrosé reporte sa division dans l'Autre, où
l'objet demeure en souffrance, tandis que le sujet pervers se met du côté de
l'objet, au service de l'Autre et de sa jouissance. Même s'il peut parfois
réaliser son fantasme, il y aura toujours, chez le névrosé, une totale
disjonction entre son désir et une volonté de jouissance impuissante chez
lui, inopérante, puisque l'objet est abandonné dans l'Autre (alors que le
pervers, lui, incarne réellement l'objet par le biais du fétiche). Dans les
deux cas, le surmoi prend quand même valeur d'objet, en tentant de préserver
qui le désir, qui la jouissance. Dans les deux cas, l'objet 'a' reste la
voix paternelle, tantôt significantisée dans la névrose - impératif
hypothéqué par la demande -, tantôt incarnée par le sujet dans la perversion
et restituée à l'Autre pour sa jouissance supposée. Et surtout, la voix en
tant qu'objet d'"ouïssance", si l'on peut dire, conserve un statut de cause
antérieurement à toute répartition névrose/perversion, désir/jouissance. La
surmoi est la voix de l'ancêtre au sens d'une antériorité réelle, neutre
symboliquement et imaginairement.
|