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Nous sommes conduits à nous
interroger sur les relations entre le trait de perversion et le symptôme,
notamment à travers les aspects phobiques de ce dernier. Par rapport au
symptôme en général, l'objet phobique prend d'ailleurs une valeur
paradigmatique, de même que le fétiche apparaît comme la manifestation
typique des perversions. Il convient ensuite de spécifier le trait pervers,
et son usage dans la névrose, de la perversion structurellement organisée.
Généralement, le névrosé répond au manque dans l'Autre avec son symptôme,
empruntant ce "trait" signifiant à l'idéal du moi. Il pare ainsi à son
angoisse. Mais il arrive que le symptôme ne suffise plus face aux
manifestations inopinées de la jouissance, risquant de submerger le sujet
dans l'angoisse. Il se remparde alors d'un trait pervers, fondé sur
l'opération psychique du déni : le manque dans l'Autre étant intolérable, il
est bouché par l'objet que vient incarner le sujet lui-même, réduit à une
pure pulsion, en dehors de toute symbolisation (à la différence du vécu du
symptôme). A ce moment là, le sujet choisit l'être au détriment du sens,
évitant ainsi le non-sens et l'angoisse ; l'acte sexuel lui apparaît comme
une certitude, la jouissance comme un impératif. Le trait pervers s'érige à
partir d'un signifiant-maître redoublant l'idéal-du-moi, et renvoyant à un
objet prélevé sur le corps de l'Autre, auquel le sujet s'identifie sans
réserve. Il pallie ainsi aux défaillances du Nom-du-Père qui composent sa
structure. Cette façon de compenser une perte de sens au moyen d'une
identification à l'objet prouve néanmoins que le sujet pervers, parce qu'il
est sujet justement, reste attaché à la quête du Nom-du-Père. Cela tend à
montrer que l'objet phobique, l'objet-symptôme en question, est le
corrélat réel du sujet en-deça de son identification au fétiche, et cela
donne raison aux théoriciens qui voient dans la phobie le mode de formation
initial de l'objet. |