François Péraldi, Le sujet : séminaire 1981-1982

JANVIER 2007

 

 

 

 

 

 
 
Liber / "Voix psychanalytiques"
 
2007
 
229 p. / 27,20 euros


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

La publication de ce séminaire sur le sujet constitue la première étape du projet plus considérable de rendre enfin accessible l'oeuvre de François Peraldi (1938-1993). Au cours des années qui viennent, et au rythme que permettra le travail éditorial, nous publierons donc aussi bien les autres séminaires que les articles de ce psychanalyste qui, pendant une vingtaine d'années, a animé d'une remarquable manière le milieu analytique québécois. Nous espérons ainsi non seulement faire connaître son apport ou le rappeler de manière tangible à ceux qui l'ont connu, mais également entretenir la continuité de la réflexion psychanalytique et du même coup contribuer à son dynamisme actuel.



 


 

 

L'auteur

 

François Peraldi est mort en 1993. Analyste, écrivain, enseignant, il a profondément marqué le paysage psychanalytique et intellectuel du Québec, où il a introduit la pensée de Jacques Lacan, et où il a mis sur pied le Réseau des cartels de Montréal et, avec d'autres, le Lacanian Clinical Forum, tout en permettant à plusieurs de se frayer une voie propre.

 

 

 

 

 

Table des matières

 

        

Trois récits cliniques
Positions épistémologiques
Les trois catégories fondamentales de la psychanalyse
Vers le symbolique
Le symbolique : Schreber, la maîtrise du signifiant
Le symbolique, signifiant et négation
La crise cardiaque, la mort et le schéma du sujet
Freud avant 1895
Les origines
Freud, 1895
Psychanalyse et traduction
Irma, I
Irma, II
L'esquisse, I
L'esquisse, II
Après l'esquisse

 

 

 

 

Citations

 

Trois récits cliniques

" Avant d'aborder l'étude du concept de sujet dans la théorie psycha­nalytique, à savoir tel qu'il a été progressivement élaboré par Freud, puis formalisé par Lacan (en réaction contre sa récupération et sa dénaturation par Y ego psychology nord-américaine), je veux vous donner une idée de la manière dont la question du sujet se pose dans ce qui fonde toute réflexion psychanalytique : la pratique quotidienne de la cure.

Heinz

Heinz est venu me voir pour continuer une psychanalyse commencée en France et qu'il avait dû interrompre au bout de quelques mois parce qu'il devait s'installer à Montréal pour des raisons professionnelles. Mon nom lui avait été indiqué avant son départ par son psychanalyste.
Disons que les motivations conscientes qui l'avaient amené à entreprendre une analyse et à désirer la poursuivre ici sont liées à une insatisfaction sexuelle précise : éjaculation précoce et, attribuée à ce dysfonctionnement, une dégradation générale de sa vie de couple. Heinz est marié, père d'une petite fille de trois ans et d'un petit garçon de quelques mois.
Il travaille à Montréal, où il est installé depuis quelques mois, dans une institution financière où il est chargé d'évaluer les demandes de prêts. Il travaille plus particulièrement avec les milieux d'affaires montréalais constitués, selon son estimation, de plus de 80% de juifs.
Heinz provient d'un milieu familial à la fois riche et bourgeois, et, de par son origine géographique, il est mi-français, mi-allemand. C'est en fait l'allemand qui fut sa langue maternelle, bien qu'il ait eu à apprendre le français très tôt.
Sa famille parentale comprend un frère de quinze ans plus âgé que lui, un père quasi inexistant, c'est du moins ainsi que Heinz le présente au début de son analyse, et une mère omniprésente et auto­ritaire, femme d'affaires peu affectueuse à la moralité rigide, qui domine tout le tableau familial en ce sens qu'elle contrôle tout. "
 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Documents liés

 

 

 

COLLOQUE DU GROUPE D’ÉTUDES PSYCHANALYTIQUES INTERDISCIPLINAIRES(GEPI)
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL(UQAM)

FRANÇOIS PERALDI  PAR LUI-MÊME
ÉCRITS PSYCHANALYTIQUES, SOUVENIRS D'UNE VOIX


27 AVRIL 2007

SALLE DS-1950
Pavillon de Sève, UQAM, 320 rue Sainte-Catherine est, Montréal

 

RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES
 
Anne Élaine Cliche : L’Écriture Peraldi
Je travaillerai certains textes de François Peraldi qui mettent en acte la dimension de l’autofiction, pour en dégager l’élaboration d’un certain fantasme : celui d’une transmission singulière que je voudrais mettre en rapport avec son enseignement (les séminaires récemment publiés) et ses «récits de cas». Le recours à l’autofiction comme constitutif d’un savoir analytique n’est pas sans effet sur la scène où doit se produire l’acte analytique. Je voudrais montrer comment la constitution de ce savoir qui s’est élaboré sur plusieurs années à travers une écriture assumée, très stylée et somptueuse, est travaillé par une fascination pour l’Autre jouissance (le féminin). Je dirai, si j’y arrive, le prix de cette fascination.

Louise Grenier : De l'écoute avant toute chose. Place et fonction des récits cliniques dans l'œuvre de François Peraldi

Sommaire : Les articles et séminaires de François Peraldi comportent de nombreux récits cliniques, réels et fictifs, qui illustrent sa manière singulière d'écouter l'inconscient. Ces récits constituent la matière première d'une théorisation psychanalytique qui entretient avec la pensée lacanienne un rapport critique. Mon exposé en fera la synthèse pour en dégager les thèmes principaux, les dénominateurs communs, ainsi que leurs fonctions didactique et auto-analytique.

Marie Hazan : «François Peraldi et la transmission paradoxale»

La publication et la lecture du séminaire de François Peraldi marquent un moment nouveau par rapport à la transmission de sa pensée. Ses articles évoquent à travers ses thèmes de prédilection, des prises de position très marquées, dans des temps différents, le séminaire met à jour le mouvement de sa pensée dans une unité de temps et de  lieu. Et lire le séminaire dans l’après-coup provoque des effets particuliers ; j’y reconnais des idées intimement intégrées à ma pensée et à ma pratique et d’autres qui m’irritent encore.

Isabelle Lasvergnas : « Entre l’énigme d’une silhouette et le nom propre : l’héritage d’un séminaire »

La publication progressive des séminaires tenus par François Peraldi tout au long des années 80 permet au lecteur qui n’a pas suivi cet enseignement de rencontrer une voix. Une voix soutenue par un nom propre. L’écrit, comme après-coup, produit ici un double mouvement vis-à-vis d’une parole aujourd’hui éteinte : d’une part, il permet à celle-ci de continuer à cheminer, et d’autre part, il prend acte de la clôture que le fait de la mort confère au mouvement d’une pensée singulière. Une telle rencontre en différé fait du lecteur le témoin du vif d’une parole nécessairement datée : non pas tant au sens de ce que serait l’usure éventuelle d’un propos relatif à la conjoncture de l’interrogation psychanalytique d’un temps historique donné ; mais au sens où ce propos s’alimente d’un flux de pensées plurielles, dont l’inspiration transpire en pleins ou en silences dans l’énoncé. Cette rencontre en différé place le lecteur dans la position de l’héritier qui prend acte d’une pensée marquée par la filiation dont elle est porteuse et qu’elle transmet à son tour. Mais qui, afin de mieux en revisiter la part voilée, dépasse la scène originaire du moment de cet enseignement, et s’émancipe de la figure énigmatique du sujet-support-de-transferts - ce qu’est, depuis la scène du Banquet, tout enseignant pour son disciple.

Sylvère Lotringer : L'Instant de mort

Au tournant des années quatre-vingt, François Peraldi a édité a New York (avec la cinéaste Kathryn Bigelow et l’artiste Denise Green) le numéro «Polysexuality»de Semiotext(e), publie en 1982. Ce numéro proposait, textes a l’appui,  une nouvelle typologie des désirs sexuels inspirée par L’Anti-Œdipe de Gilles Deleuze et Félix Guattari.  Il y était aussi question de la jouissance et de l’instinct de mort.  Ma communication traitera de ce passage, simultanément topologique (de New York a Montréal) et théorique (de Guattari à Lacan) dans le travail de  Peraldi. Elle sera accompagnée de diapositives (du numéro « Polysexuality », de photographies et fragments de vidéos, etc. ainsi que d’une cassette spécialement enregistrée par Peraldi pour le conférencier sur la question de la mort.

Robert Pelletier : «É-cris psychanalytiques, souvenirs d’une voie ! »

Nous ne pensons que du lieu d’une intersubjectivité, nous n’élaborons que d’un entre-deux de l’inconscient d’une rencontre. Que dire alors des écrits de Peraldi, qu’entendre comme souvenirs de sa voix, si ce n’est que de ses énoncés une énonciation vient faire résonance ?  Et que cette résonance ouvre à ce que la science forclôt : le pas-tout phallique, le féminin, la jouissance, l’être pour la mort, le Réel. Bref que l’énonciation en écho dans l’énoncé peraldien redouble la voie de la psychanalyse inventée par Freud comme réponse à la souffrance hystérique, et fondée par Lacan comme symptôme de la modernité. Les écrits de Peraldi ne sont que contingents par rapport aux cris qu’ils nous font entendre ...en sourdine, et l’écho de sa voix n’ouvre qu’à la seule voie que doit reprendre celui qui prétend soutenir le désir d’analyste : se tenir sur la frange d’écume à la limite des sables et de la mèr(e).
 

Michel Peterson : «La pensée-Peraldi »

Quelques mois avant sa mort, François Peraldi lit avec discipline certains des grands penseurs qui auront, outre Freud et Lacan, orienté son travail. Parmi eux, le grand aïeul énorme, celui de sa maturité : Heidegger. C’est à l’impact de ce dernier pour une pensée psychanalytique du sujet comme nouage du temps, de la mort et du monde que je voudrais m’attarder. J’esquisserai ainsi l’analytique de la coupure re-produite par Peraldi, coupure posant la psychanalyse comme activité de pensée dans la perspective d’une critique du jugement d’existence.
 

 

 

COMITÉ ORGANISATEUR
Louise Grenier
Marie Hazan

 

 

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