Jean-Richard Freymann et Michel Patris , Les cliniques du lien
Nouvelles pathologies ?

FEVRIER 2007

 

 

 

 
 
 
Erès / Arcanes
coll. "hypothèses"
2007
 
224 pages, 23 euros
 
 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

La psychanalyse doit son succès mais aussi son impopularité d'avoir confronté chacun à l'illusion non seulement de sa propre autonomie mais de toute forme d'autonomie dans l'appareil psychique. Elle a suscité des espoirs de «déliaison», de désaliénation. Certains pensent qu'elle paye aujourd'hui la dette des promesses qu'elle n'a pas tenues, qu'elle a ouvert un chantier trop ambitieux en prétendant soulager l'humanité des démons de la culpabilité et de sa timidité sexuelle.

D'autres lui reprochent l'inverse, d'avoir fait la promotion d'une amoralité dange­reuse pour l'ordre social et par là d'une libération perverse en autorisant chacun à disposer à loisir des exigences de ses pulsions au mépris de l'autre.

On ne peut cependant lui contester d'avoir soutenu les discours sur les modalités du lien, qu'il soit duel ou collectif, passé ou présent, réel ou imaginaire... Cet ouvrage montre que c'est grâce aux liens qui la structurent que notre vie psychique trouve son expression possible et se constitue comme champ clinique. Les auteurs développent que la clinique elle-même se fonde selon le modèle hippocratique, sur un lien spécifiquement humain, à l'intersection des rapports au corps, à la parole et au regard.

Ces dialogues enseignants consacrés, depuis trois ans, à la question du lien ont amené les auteurs à explorer les cliniques classiques et actuelles et à déplacer la question des pathologies sur ce qui se joue de l'un à l'autre, dans les corps-à-corps du passage à l'acte, dans les silences du rapport totalitaire... et dans la fuite vers la virtualité des pseudo-liaisons multimédiatiques.



 

> sur le site de l'éditeur

 

 

 

 

Les auteurs

 

Michel Patris, professeur de psychiatrie, psychanalyste, chef de service au CHRU de Strasbourg, président de la commission des enseignements de la FEDEPSY.
Jean-Richard Freymann, psychanalyste, psychiatre, président de la FEDEPSY, directeur scientifique des éditions Arcanes.


 

 

 

 

Table des matières



 

I - Liens hippocratiques et liens psychothérapeutiques
II - Les paramètres contemporains du lien
III - Les modèles du lien social sont-ils névrotiques ?
IV - Les psychoses et les perversions dans les liens sociaux
V - Liens totalitaires et liens démocratiques
VI - Place de l'échange et de l'argent dans le lien
VII - Les nouvelles pathologies du lien : déliaisons et actes


 

 

 

Citations

 

 

Début de l'introduction (p. 9)

" On ne cesse de répéter que le lien social se délite, dégénère. Mais où va la société ? Les philosophes, les prophètes et les sociologues ont chacun leur version du naufrage de la société et qu'en pensent les médecins, les psychiatres et... les psychanalystes ?
Nous avons décidé de repartir du point originaire, à savoir que le lien social définit l'homme, voire l'humanisation. Les trois éléments sont indissociables. À l'origine, contrairement aux idées reçues, il n'y a pas eu tout d'abord quelques individus qui se sont humanisés en fondant une petite société. La bestialité humaine dans ses prémices, dans son état de horde, de troupeau, a été plus que jamais prise dans la question du Lien (ligare ou foedus) avant même que ne se pose la question de la moindre individualité, de la subjectivité, ou du sujet.
Le lien c'est en somme de là que nous sortons. Notre destin singulier est-il pour autant de nous dégager d'un lien anencéphale ? L'humanité est-elle vouée à retourner vers le troupeau ? Et de quelles prothèses juridiques, économiques et éthiques sont faits les tissages sociaux ?
On peut poser la question autrement : l'état de notre rapport au langage qui, lui aussi, nous spécifie par rapport aux êtres non parlants, n'est-il qu'un brouillon, une préparation à une numérisation intégrale de toute forme de communication ? Autrement dit, l'homme d'aujourd'hui n'est-il pas en train de mal «guérir» des ambiguïtés du langage, alors que, d'une part, ce langage assure la cohésion et la stabilité de certaines cultures, mais que, par ailleurs, ses ambiguïtés sont telles qu'il faille, d'une manière ou d'une autre, en guérir comme d'une imperfection, d'une faille ancestrale, en rêvant d'une communication parfaite qui pourrait être évaluée ?
Tout en repérant, aussi bien dans les névroses, que dans les psychoses ou les perversions, des situations conflictuelles entre les instances (les composantes de l'appareil psychique) ou entre le sujet et le réel, vers où va la démarche analytique quant au lien ?"

 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

 

( à venir)

 

 

 

 

retour > www.etudes-lacaniennes.net (publications)