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Jean-Richard Freymann et
Michel Patris , Les cliniques du lien |
FEVRIER 2007

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Présentation par l'Editeur |
La psychanalyse doit son succès
mais aussi son impopularité d'avoir confronté chacun à l'illusion non seulement
de sa propre autonomie mais de toute forme d'autonomie dans l'appareil
psychique. Elle a suscité des espoirs de «déliaison», de désaliénation. Certains
pensent qu'elle paye aujourd'hui la dette des promesses qu'elle n'a pas tenues,
qu'elle a ouvert un chantier trop ambitieux en prétendant soulager l'humanité
des démons de la culpabilité et de sa timidité sexuelle.
D'autres lui reprochent l'inverse, d'avoir fait la promotion d'une amoralité
dangereuse pour l'ordre social et par là d'une libération perverse en
autorisant chacun à disposer à loisir des exigences de ses pulsions au mépris de
l'autre.
On ne peut cependant lui contester d'avoir soutenu les discours sur les
modalités du lien, qu'il soit duel ou collectif, passé ou présent, réel ou
imaginaire... Cet ouvrage montre que c'est grâce aux liens qui la structurent
que notre vie psychique trouve son expression possible et se constitue comme
champ clinique. Les auteurs développent que la clinique elle-même se fonde selon
le modèle hippocratique, sur un lien spécifiquement humain, à l'intersection des
rapports au corps, à la parole et au regard.
Ces dialogues enseignants consacrés, depuis trois ans, à la question du lien ont
amené les auteurs à explorer les cliniques classiques et actuelles et à déplacer
la question des pathologies sur ce qui se joue de l'un à l'autre, dans les
corps-à-corps du passage à l'acte, dans les silences du rapport totalitaire...
et dans la fuite vers la virtualité des pseudo-liaisons multimédiatiques.
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Les auteurs |
Michel Patris,
professeur de psychiatrie, psychanalyste, chef de service au CHRU de Strasbourg,
président de la commission des enseignements de la FEDEPSY.
Jean-Richard Freymann, psychanalyste, psychiatre, président de la FEDEPSY,
directeur scientifique des éditions Arcanes.
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Table des matières |
I - Liens hippocratiques et liens psychothérapeutiques
II - Les paramètres contemporains du lien
III - Les modèles du lien social sont-ils névrotiques ?
IV - Les psychoses et les perversions dans les liens sociaux
V - Liens totalitaires et liens démocratiques
VI - Place de l'échange et de l'argent dans le lien
VII - Les nouvelles pathologies du lien : déliaisons et actes
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Citations |
Début de l'introduction (p. 9)
" On ne cesse de répéter que le lien social se délite, dégénère.
Mais où va la société ? Les philosophes, les prophètes et les sociologues ont
chacun leur version du naufrage de la société et qu'en pensent les médecins, les
psychiatres et... les psychanalystes ?
Nous avons décidé de repartir du point originaire, à savoir que le lien social
définit l'homme, voire l'humanisation. Les trois éléments sont indissociables. À
l'origine, contrairement aux idées reçues, il n'y a pas eu tout d'abord quelques
individus qui se sont humanisés en fondant une petite société. La bestialité
humaine dans ses prémices, dans son état de horde, de troupeau, a été plus que
jamais prise dans la question du Lien (ligare ou foedus) avant même que ne se
pose la question de la moindre individualité, de la subjectivité, ou du sujet.
Le lien c'est en somme de là que nous sortons. Notre destin singulier est-il
pour autant de nous dégager d'un lien anencéphale ? L'humanité est-elle vouée à
retourner vers le troupeau ? Et de quelles prothèses juridiques, économiques et
éthiques sont faits les tissages sociaux ?
On peut poser la question autrement : l'état de notre rapport au langage qui,
lui aussi, nous spécifie par rapport aux êtres non parlants, n'est-il qu'un
brouillon, une préparation à une numérisation intégrale de toute forme de
communication ? Autrement dit, l'homme d'aujourd'hui n'est-il pas en train de
mal «guérir» des ambiguïtés du langage, alors que, d'une part, ce langage assure
la cohésion et la stabilité de certaines cultures, mais que, par ailleurs, ses
ambiguïtés sont telles qu'il faille, d'une manière ou d'une autre, en guérir
comme d'une imperfection, d'une faille ancestrale, en rêvant d'une communication
parfaite qui pourrait être évaluée ?
Tout en repérant, aussi bien dans les névroses, que dans les psychoses ou les
perversions, des situations conflictuelles entre les instances (les composantes
de l'appareil psychique) ou entre le sujet et le réel, vers où va la démarche
analytique quant au lien ?"
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