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Serge André, L'épreuve d'Antonin Artaud et l'expérience de la psychanalyse |
OCTOBRE 2007
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Présentation par l'Editeur |
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L'auteur |
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Table des matières |
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Citations |
" Si j'ai choisi cet intitulé, c'est bien pour mettre ces deux
termes d'épreuve et d'expérience en parallèle. Il s'agit d'une épreuve à
différents niveaux. Antonin Artaud lui-même ne cesse de nous le dire: c'est en
premier lieu une épreuve au sens d'une souffrance, d'un obstacle qu'il tente de
traverser. On pourrait à cet égard parler des «tribulations» d'Artaud si vous
vous souvenez que ce terme veut dire, en latin ecclésiastique, «tourment,
détresse» (tribulatio) et qu'il remonte au latin classique tribulum,
qui désigne un instrument utilisé pour retourner les champs, une sorte de herse
- or, on peut dire que c'est bien de quelque chose de cet ordre qu'Artaud a
éprouvé le passage, dans sa pensée et dans son corps.
C'est aussi une épreuve en ce sens que les tribulations d'Artaud mettent
à l'épreuve un certain nombre d'idées reçues, telle celle que nous pourrions
nous faire de l'expérience analytique et du savoir qui s'en dégage. Il me semble
difficile, et en tout cas il me semblerait indécent, de vouloir se servir
d'Artaud comme d'un cas, d'un exemple clinique démontrant le bien-fondé d'un
savoir analytique préétabli. L'intérêt qu'il y a à mettre en parallèle l'épreuve
d'Artaud et l'expérience de la psychanalyse est précisément lié au fait
qu'Artaud éprouve le savoir psychanalytique. Je n'entends donc nullement
l'envisager comme un phénomène extérieur, un cas exemplaire, mais comme quelque
chose qui nous met, nous, à l'épreuve. "
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