Serge André, Devenir psychanalyste ...et le rester

OCTOBRE 2007

 

 

 

nouvelle édition

 

 
 
Editions Luc Pire / "QUE"
 
2007
 
304 p. / 29,90 euros


 
 

 

Présentation par l'Editeur




DEVENIR PSYCHANALYSTE... ET LE RESTER. Cet intitulé comporte trois éléments et j’y ajouterai un quatrième, dont l’absence, intentionnelle, doit être soulignée : c’est : être. Il ne s’agit en aucune manière, dans mon projet, d’être psychanalyste, pour la bonne raison qu’il n’y a pas d’être psychanalyste. Ce n’est pas d’un être qu’il s’agit, mais d’une fonction qui se faufile entre réel et fiction, et qui est produite par le discours de l’analysant. « Devenir analyste » - moment inaugural qui n’est pas seulement le moment où l’analysant décide de s’installer un divan en tel lieu de son choix, mais aussi celui qui se joue au départ de chaque psychanalyse qui commence - et ensuite « le rester » - moment final, au sens où c’est de la fin visée par l’expérience qu’il s’agit -, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas du même désir qu’il s’agit. Entre les deux, trois petits points de suspension nous indiquent un temps d’élaboration, de mutation, temps sur lequel l’expérience dite de la passe devrait permettre de jeter un certain éclairage, si elle réussit un jour.

« Lacan dit que... », cette formule tend irrésistiblement à devenir, dans le cercle des analystes qui se réclament de lui, non pas une clef pour ouvrir la discussion, mais au contraire un verrou qui la clôture. C’est contre cet usage, ce mesurage de la parole de Lacan - comme de Freud aussi bien - que je lutte, parce que je suis convaincu que les paroles de Freud et de Lacan ne sont ni des paroles d’évangile, ni des versets de liturgie, ni même des vérités établies, mais avant tout des formulations d’un désir qui vise l’origine ou la cause du fait humain.





 


 

 

L'auteur

 

Serge André est l'auteur de Que veut une femme et de L'imposture perverse. Depuis sa mort en 2003 et l'édition régulière de ses travaux, il apparaît de plus en plus clairement qu'il fut un auteur et un psychanalyste de tout premier plan, et qu'il nous laisse une œuvre majeure. Ce n'est pas un hasard si Serge André, l'écrivain, l'auteur de FLAC, avait choisi en épigraphe de son récit, cette phrase d'Artaud : " cogner à mort et foutre la gueule , foutre sur la gueule est la dernière langue, la dernière musique que je connais ".
 

 

 

 

 

Table des matières

 

 

LE DESIR DE L’ANALYSTE

FERENCZI ET PERRIER : VICTIMES DE BOURREAUX ?

FANTASME SADIQUE ET RELATION PSYCHANALYTIQUE

KANT AVEC SADE

LE FANTASME DE L’ANALYSTE

L’HYPOTHESE DE L’ANALYSTE

LE PHILOSOPHE, LE PSYCHANALYSTE ET LE TYRAN

LE DISCOURS DU MAÎTRE

LE SIGNIFIANT-MAÎTRE

LOU ANDREAS SALOME

L’ANALYSTE ET LA FEMME

L’INQUIÉTANTE ETRANGETÉ

L’ACTE ET L’INTERPRETATION ETRE UN SAINT

 

 

 

 

Citations

 

Début Introduction (p. 7)


" Avancer. Avancer vers ce que je ne sais pas, donc me mesurer avec ce qui forme le fond de tout projet d'en savoir un peu plus: la passion de l'ignorance.
On dit que certains êtres sont animés par un désir de savoir. Freud lui-même se présente ainsi à son lecteur dans sa Selbstdarstellung. Et pourtant, le psychanalyste nous amène à tenir ce désir de savoir en suspicion. La manière dont il s'explicite indique le plus souvent soit un désir de voyeur (voir c'est savoir), soit un désir de boulimique (on est « assoiffé de savoir », on« dévore des livres »). Le désir de savoir apparaît donc comme un masque qui camoufle plus ou moins élégamment une jouissance vorace, de l'œil ou de la bouche, jouissance qui, elle, se moque éperdument de savoir - et qui est même antinomique
au savoir.

Jouissance et ignorance sont solidaires. Ce sont les deux mamelles de l'être; et l'être ne demande qu'une chose, c'est qu'on lui fiche la paix, soit: qu'on ne dérange pas sa jouissance. Or, telle est précisément l'ambition de l'expérience analytique : déranger le sujet dans son lien à la jouissance qui fait le fond de son être. Ce sujet qui passe son temps à rêver ou à élaborer des symptômes, nous devons certes l'aider à décrypter la signification de ces rêves et symptômes, mais plus radicalement, nous devons l'amener à réaliser que toutes ces significations sont certes passionnantes, mais qu'il ne sert à rien de les déchiffrer si l'on n'en vient pas à mettre en cause la fonction même du chiffrage.  "


 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Documents liés

 

 

Libération, cahier livres du jeudi2/vendredi 3 octobre


Considérant que les paroles de Freud et de Lacan ne sont ni des paroles d’évangile, ni des versets de liturgie, l’auteur, à qui l’on doit déjà « L’imposture perverse » (Seuil), propose une analyse serrée et parfois paradoxale des articulations entre haine, ignorance et jouissance. En quoi la psychanalyse a-t-elle rapport avec l’émerge de la haine ? Si l’analysant accepte qu’on remette en question ses représentations, ses identifications, ses signifiants-maîtres, peut-il accepter que l’on dérange ce qui est au-delà de toute représentation, son point fixe, la « jouissance d’être » à quoi tient sa jouissance ?

 

 

 

 

 

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